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Le Franc-Maçon

Le Franc-Maçon

Travaux de recherche maçonnique

Les Textes maçonniques Les Plus Secrets Mystères des Hauts Grades de la Maçonnerie dévoilés

Rite Écossais Ancien et Accepté · Avant le Rite · 1766

Les Plus Secrets Mystères des Hauts Grades de la Maçonnerie dévoilés

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9sections
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françaislangue

Texte établi sur le fac-similé de [Bérage], « Les Plus Secrets Mystères des Hauts Grades de la Maçonnerie dévoilés, ou le vrai Rose-Croix » (« Jérusalem », 1766) : numérisation archive.org

Sommaire

Texte établi sur le fac-similé : océrisation à 400 dpi de l'exemplaire numérisé par archive.org, fusionnée avec la couche texte de la numérisation, puis relue mot à mot sur les images, page par page. Les s longs (ſ) de la typographie de 1766, que la reconnaissance optique lit comme des f, ont été restitués par confrontation au lexique. L'orthographe de 1766 est conservée telle qu'imprimée (ornemens, Freres, sçavez, très-Sage, craïonnée), y compris les coquilles de l'édition, que la table des errata relève en fin de volume. Les repères entre crochets droits donnent la pagination de l'original. Les trois gravures sur bois du corps du volume sont reproduites à leur place ; les estampes hors texte annoncées par les liminaires manquent à l'exemplaire numérisé.

Histoire de l’origine de la Maçonnerie

Les huit feuillets liminaires du volume portent l'histoire légendaire de l'Ordre puis l'explication des estampes gravées. Le fac-similé consulté est rogné du côté de la reliure sur ces pages : les lettres perdues sont restituées entre crochets droits quand la lecture est sûre, remplacées par […] sinon. Les estampes elles-mêmes manquent à cet exemplaire numérisé.

CET Ordre fut institué par Godefroi de Bouillon, dans la Palestine en 1330, après la décadence des Armées Chrétiennes, & n'a été communiqué aux François Maçons, que du temps après, & à un très-petit nombre, en récompense des obligeans services qu'ils ont rendus à plusieurs de nos Chevaliers Anglois & Ecossois, dont la vraie Maçonnerie est [p. vj] tirée. Leur Métropole Loge est située sur la montagne d'Hérédon, où s'est tenue la premiere Loge en Europe, & qui existe dans toute sa splendeur. Le Conseil général s'y tient toujours, & c'est le siége du souverain Grand-Maître en exercice. Cette Montagne est située entre l'Ouest & le Nord de l'Ecosse, à soixante milles d'Edimbourg.

Il est d'autres secrets dans la Maçonnerie qui n'ont jamais été connus parmi les François, & qui n'ont aucun rapport à l'Apprentif, Compagnons & Maîtres, Grades qui ont été faits pour la généralité des Maçons, & qui ont paru en public sous le titre des Maçons trahis, & autres. Ces hauts Grades qui vous développent le vrai but pour lequel la Maçonnerie a été faite, & les vrais secrets qui [p. vij] n'ont jamais été sçus, ne sont autre chose que ce qui suit.

Les Sarrasins s'étant emparés des Lieux Saints, autrement dits la Palestine, où se sont passés tous les mystères de notre Ordre auguste, qu'ils faisoient servir aux exercices les plus profanes ; les Chrétiens se liguerent pour conquérir ce beau Pays, & chasser ces barbares d'une terre aussi respectable.

Ils réussirent à aborder en ces lieux, à la faveur des Armées nombreuses que tous les Princes Chrétiens avoient envoyées, & qui avoient pris le nom de Croisés de la Guerre Sainte ; mais les pertes considérables qu'ils firent, les obligerent de vivre, & de rester confondus parmi cette Secte ; ce qui occasionnoit tous les jours des disputes, dont la fin étoit tragique [p. viij] aux fidèles Croisés ; la fureur de ces barbares fut même portée si loin, qu'au seul nom de Chétien, ils massacroient tous ceux qui en faisoient leur bonheur.

Ce fut ce qui détermina Godefroi de Bouillon, leur Chef, vers la fin du troisième siècle, à cacher & à couvrir les mystères de la Religion sous les figures qui sont tracées dans les Estampes ci-jointes, où l'on a eu soin de faire graver, avec l'attention la plus scrupuleuse, ces emblêmes & ces allégories. On voit par-là que ce fut le motif qui fit que les zélés Chrétiens choisirent le Temple de Salomon, qui a tant de rapport à l'Eglise Chrétienne, dont cet édifice sacré si superbe est vraiment l'emblême & le symbole. C'est donc par cette raison que les Chrétiens cacherent le mystère de l'édifi- [p. ix] cation de l'Eglise sous celui de la construction du Temple, & qu'ils se donnerent le nom de Maçons, d'Architectes ou Bâtisseurs, puisqu'ils s'occupoient à édifier la foi ; ils firent donc un tableau semblable à l'Estampe, page 1, & s'assembloient, sous le prétexte de lever des plans d'Architecture, afin de suivre la Religion Chrétienne, par tous les emblêmes & toutes les allégories que la Maçonnerie pouvoit fournir, & pour mettre leur vie à l'abri des cruautés du peuple Sarrasin.

Comme les mystères de la Maçonnerie n'étoient dans leur principe, & ne sont encore autre chose que ceux de la Religion Chrétienne ; on fut extrêmement scrupuleux à ne confier ce secret important qu'à ceux dont la discrétion étoit [p. x] éprouvée, & dont on étoit bien sûr. C'est pourquoi on imagina de faire des Grades pour éprouver ceux à qui l'on vouloit les confier, & on ne leur donnoit d'abord que le secret symbolique d'Hiram, sur lequel est fondé tout le mystère de la Maçonnerie bleue, tant pour l'Apprentif, le Compagnon que pour le Maître ; ce qui est, au vrai, le seul secret de cet Ordre connu du Public, & qui ne consiste que dans le mot Macbenac, qui n'a aucun rapport à la vraie Maçonnerie.

On ne leur expliquoit pas autre chose, crainte d'être trahis, & on leur avoit seulement conféré ces Grades comme un moyen propre pour se reconnoître entre eux, malgré la confusion où ils étoient parmi les barbares. Pour y réussir plus efficacement, il fut résolu qu'on se servi- [p. xj] roit de signes, de paroles & de marques différentes à chaque Grade, pour les distinguer non-seulement des profanes Sarrasins ; mais pour marquer les différens Grades, qui furent fixés au nombre de sept, à l'exemple du Grand Architecte qui bâtit l'Univers en six jours, & se reposa le septième, de même qu'on demeura sept ans à construire le Temple de Salomon, qu'on avoit choisi pour base figurative de la Maçonnerie, & sous le nom d'Hiram, dont la Maîtrise ne donne qu'une fausse explication, le vrai secret n'étant dévoilé que dans cet ouvrage ici.

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EXPLICATION DES EMBLÊMES DES ESTAMPES

L'ACACIA, figure I, si renomm[é dans] la Maîtrise, est pour rappeller [la mé-]moire de la Croix du Sauveur du m[onde,] parce qu'elle fut faite de ce bois, [dont la] Palestine est remplie ; c'est la [raison] pourquoi le Bijou du Grand-[Maître] est tel qu'il est ici tracé, Fig. IV[.]

Figure II. La captivité, en […] Ecossois, désigne la persécution, [& les tri-]bulations de l'Eglise sous les Emp[ereurs] Romains, & la liberté sous le […] Constantin.

Figure III. Le Songe de Cyrus[, expli-]qué dans les Chevaliers de l'Epée[, page] 100.

[p. xiij]

Figure IV. L'Equerre & le Compas qui forment le Bijou, représentent l'union de l'Ancien Testament & du Nouveau.

Figure V. L'Arche d'Alliance qui contenoit les Tables de la Loi, la Verge d'Aaron, &c.

Figure VI. Le triple Triangle représente la Gloire de l'Eternel, emblême des trois Unités de la Trinité.

Figure VII. Les sept Sceaux qui sont sur ce livre, désignent les sept Grades de la Maçonnerie ; & l'Agneau couché dessus, qui est le Stekenna, nous montre que, comme il est seul digne de lever ces sceaux, il n'y a de même que le vrai Rose-Croix qui jouisse du privilége de lire dans le livre qui contient la doctrine complette des Maçons, & d'en [p. xiv] pénétrer les plus secrets mystères. Voyez les pages 91 & 92.

Figure VIII. L'Autel qui contient les Pains de Proposition, désigne l'union qui doit regner entre les Freres qui participent au même banquet.

Figure IX. L'Autel des Parfums représente les vœux d'un parfait Maçon, toujours purs, & s'élevant jusqu'au Ciel.

Figure X. Le Chandelier à sept branches représente les sept Sacremens.

Figure XI. Les dix Cuves représentent les dix Commandemens de Dieu.

Figure XII. L'Autel des sacrifices est l'emblême du sacrifice sanglant du Sauveur.

Figure XIII. La Navette qui renferme l'encens, représente un cœur pur, qui ne doit être rempli que d'un zèle vif &

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d'un amour ardent, dignes d'être offerts au Seigneur.

Figure XIV. L'urne remplie de manne représente un cœur rempli de la grace divine.

Figure XV. Les douze Bouvillons qui soutenoient la Mer d'airain.

Figure XVI. Les douze Apôtres qui ont triomphé de tous les obstacles, & qui ont forcé les passages les mieux défendus pour porter la foi par-tout.

Figure XVII. Les trois lettres qui sont sur le pont signifient que les obstacles sont détruits, & liberté de passer.

Figure XVIII. Le Sanctuaire représente nos cœurs, renfermant les mystères de la Loi.

XIX. L'enceinte des murailles signifie le soin que l'on doit avoir à ne pas se lais-

La numérisation s'arrête ici, en cours de phrase : la fin de l'explication des estampes et les estampes elles-mêmes manquent à l'exemplaire.

9e degré — Parfait Maçon Élu

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ORNEMENS NÉCESSAIRES

La Loge qui représente le Cabinet de Salomon, doit être proprement décorée. La tapisserie peut être de plusieurs couleurs. L'orient doit être assez large pour contenir deux fauteuils dessous. Sur la même ligne au pied du trône à la droite, on placera un petit autel couvert d'un tapis qui portera trois bougies de cire jaune placées en équerre, & le Livre de la Sagesse. La Loge doit être éclairée [p. 2] par neuf bougies jaunes suspendues dans un lustre, ou placées indistinctement dans des flambeaux à terre; mais il faut qu'il y en ait une séparée des autres au moins d'un pied. Si on veut l'éclairer davantage, on peut représenter le Buisson ardent avec des feuilles & des branches d'arbres qu'on éclairera par des lampions. La Loge doit être craïonnée sur le carreau de la salle, comme elle est représentée ci-après. Tout autour seront des siéges sur lesquels s'asseoient les Freres. Cette Loge étant le conseil des neuf, on ne peut absolument la tenir qu'on ne soit neuf, dont les deux premiers sont Salomon & Hiram Roi de Tyr, qui tous deux occupent le Trône; mais Salomon préside à la droite. Ces deux Rois doivent avoir la couronne en tête. Celle de Salomon est enrichie de pierreries; il n'y en aura point à celle du Roi de Tyr; il portera seulement un sceptre bleu doré à filets & surmonté d'un triangle lumineux, emblême de la Sagesse & de la perfection. Le Roi de Tyr tiendra en main un grand poignard. Le reste de l'habillement sera semblable à celui des Freres, excepté que Salomon aura des gands garnis d'une frange, & le tablier bordé d'une dentelle d'argent. Tous les Freres seront vêtus de noir & porteront un petit plastron sur le côté gauche, [p. 3] sur lequel sera brodée une tête de mort avec un os & un poignard en sautoir en argent; le tout entouré de la devise, vaincre ou mourir. Ils auront un grand cordon noir-moiré large de quatre doigts pendant de droite à gauche, portant sur le devant cette devise, vaincre ou mourir; brodée en argent. Au bas du cordon il doit y avoir une rosette de ruban blanc au bout de laquelle pend un petit poignard dans son fourreau. Le tablier doit être de peau blanche doublée de noir; sur la bavette sera brodée une tête de mort avec un os & une épée en sautoir, soumise à une équerre brodée en or. Sur la poche du tablier sera une grosse larme, au bas & sur les côtés huit autres larmes plus petites; au bout de la poche une branche d'acacia. Les gands seront doublés de taffetas noir & bordés de même.

TITRES

Le Maître se nomme très-Sage, le Roi de Tyr très-Puissant, & les Freres très-Respectables. Il n'y a point de Surveillant; mais le très-Sage, aussi-tôt qu'il est monté au trône, nomme un Frere, qu'on appelle l'Intime du Conseil.

[p. 4]

COMMENCEMENT DU TRAVAIL

Le très-Sage, la couronne en tête, étant assis, dit au Roi de Tyr, qui se présente au pied du trône : « Très-puissant Roi de Tyr, que venez-vous faire ici ? » Le Roi de Tyr répond : « Très-Sage, je viens vous demander vengeance de la mort de l'Architecte du Temple, laquelle jusqu'à ce jour est restée impunie ». Le très-Sage dit : « Prenez place, mon Frere, & soyez témoin des recherches que je vais ordonner de faire du meurtrier ». Le Roi de Tyr monte au trône & se place. Salomon nomme un frere, qui, à l'instant, vient mettre un genou en terre au pied du trône. Salomon prend son sceptre, & le lui pose sur la tête, en lui disant : « Frere, je vous constitue l'Ancien du Conseil, pour veiller à la sûreté de la loge; commencez vos fonctions par vous assûrer des qualités des Freres ici présens ». Le Frere se leve, salue les deux Rois, puis va prendre le signe, l'attouchement & la parole de chaque Frere; de retour au pied du trône, il dit en s'inclinant très-profondément : « Très-Sage, le Conseil n'a que des sujets fideles ».

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Salomon se leve, & dit : « Mes Freres, que le grand Architecte nous éclaire, que l'équité nous dirige, & que la vérité prononce. Frere ancien, écartez tous les Profanes, & souvenez-vous que sous ce nom nous comprenons les Maçons qui ne sont pas honorés du nom de Maître élu ».

Le Frere ancien va visiter tous les environs, place un Frere en sentinelle en-dedans de la porte, l'épée à la main, & revient au pied du trône, où s'étant incliné, il dit : « Tout est couvert : les gardes environnent les portes du Palais, & nul Profane ne peut pénétrer nos mystères ». Salomon fait signe au Frere ancien d'aller aux extrémités des ouvrages. Sitôt qu'il y est arrivé, le très-Sage dit : Quelle heure est-il ? La pointe, ou le commencement du jour ? Salomon frappe sept coups égaux & deux précipités, en disant N. N. M. qui signifie vengeance. Les Freres répétent de même N. N. M. & frappent neuf coups dans leurs mains. Après quoi Salomon dit : Mes très-respectables Freres, la Loge est ouverte. Il fait le signe de demande, & les Freres celui de réponse; puis il continue : « Vous savez avec quelle douleur j'ai appris la perte du grand homme que j'avois commis à la direc- [p. 6] tion de nos ouvrages; en vain j'ai tout mis en œuvre pour découvrir les malheureux qui ont commis ce crime détestable, tout doit nous porter à sa vengeance, le Roi de Tyr vient ici la reclamer; je lui laisse le soin de vous inspirer de justes sentimens qui vous animent pour venger la mort funeste d'un homme qui étoit si digne de ma confiance ».

Le Roi de Tyr descend du trône, vient sur le tableau, tire son épée, & montre avec la pointe le fils d'Hiram, qui y est représenté, & dit : « Voilà, mes Freres, le gage sacré que vous a laissé ce grand homme. Il doit s'attendre que si sa mémoire vous est chere, les cris de cet enfant, ses larmes & ses prieres vous toucheront. Il vous demande vengeance de la mort de son pere, qui étoit votre compagnon & votre ami. Unissons donc nos efforts pour découvrir l'assassin. Qu'il éprouve ce qu'il mérite ». Alors tous les Freres mettent la main sur leur poignard, le tirent, & s'écrient N. N. M. Le Roi de Tyr remonte au trône, & comme Salomon se leve pour recueillir les voix, l'on entend un grand bruit à la porte, qui se termine par neuf coups que frappe le Récipiendaire, averti par un coup qu'a donné en dedans le Frere

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sentinelle : Salomon paroît s'en indigner, & dit avec colere : « Frere Intime, voyez qui occasionne ce bruit, & comment mes ordres sont exécutés ». Le Frere sort, & rentrant tout-à-coup d'un air surpris dit : Très-Sage, le Conseil est trahi. Tous les Freres mettent l'épée à la main, & disent N. N. M. Salomon en impose en disant, le sceptre levé : « Que notre indignation céde un instant à la nécessité d'entendre le Frere Intime en son rapport. Dites-nous, Frere Intime, qui a causé cette rumeur, & qui a eu l'audace de troubler notre auguste Conseil ? » Le Frere ancien au signe de réponse dit : « Je viens de voir avec surprise qu'un Frere s'est glissé clandestinement dans l'extérieur de cet appartement. Il est à craindre qu'il n'ait entendu les secrets du Conseil. Je dirai même en tremblant qu'il est à présumer qu'il est souillé de quelque grand crime : ses mains sont teintes de sang, & le glaive tranchant qu'il tient dépose contre lui, & tout excite mes soupçons ».

Salomon leve son poignard, & dit, qu'il soit sacrifié aux mânes d'Hiram. Le Roi de Tyr se léve, & dit : « Mon Frere, écoutez votre sagesse ordinaire, & ne précipitons rien. Si j'en crois mes soupçons & mon cœur, cet homme est [p. 8] le meurtrier que nous cherchons, ou du moins pourra-t-il nous en donner quelques nouvelles. Mon avis seroit qu'il fût désarmé & introduit, le col, le corps & les mains liés, les yeux couverts d'un bandeau, afin que dans cet état il répondît aux interrogations que votre sagesse vous inspirera ». Salomon levant son sceptre dit : « Mes très-respectables Freres, vous avez entendu les motifs de confiance du très-puissant Roi de Tyr, les précautions que sa sagesse & sa prudence lui suggérent; êtes-vous d'avis qu'on suive son sentiment ? »

Tous les Freres qui veulent consentir étendent la main à la maniere accoutumée; ensuite Salomon dit : « Frere ancien, vous avez entendu ce que le Conseil vient de décider. Allez trouver le téméraire, inspirez-lui de la confiance & de la terreur; amenez-le au pied de notre trône dans l'état dit ». Le Frere Intime sort pour aller chercher le Candidat.

PRÉPARATION DU RÉCIPIENDAIRE

Le Frere Ancien en arrivant se saisit de son épée, la lui ôte, & l'envoie à la Loge par un Frere qu'il a eu soin d'emmener avec lui. Ce

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Frere en le présentant au très-Sage, lui dit, il est desarmé. Le Frere Ancien le mene au bout de la Loge, il lui passe un cordon ou ruban rouge pardessus le col, avec lequel on lui attache les mains, & dans lequel on lui enferme le corps. Après on lui fait ôter tout-à-fait ses souliers, on lui met un bandeau fort épais sur les yeux, & des gands ensanglantés dans les mains, ayant son chapeau ôté & son tablier mis en Maçon. Quand il est en état, le Frere Ancien lui dit : « Sondez votre cœur, mon Frere, on vous soupçonne d'un grand crime digne d'un châtiment capable d'épouvanter le cœur le plus féroce. Vous pouvez cependant espérer de l'indulgence, si la sincérité guide vos paroles. Si vous êtes innocent, suivez-moi avec confiance ». Ensuite le Frere Ancien met son poignard sur le cœur du Récipiendaire, le mene à la porte de la Loge, il en doit avoir la clef, il ouvre, il introduit le Candidat, & le met à l'occident. Lorsqu'il y est, & que tous les Freres sont assis, Salomon dit au Récipiendaire : Que cherches-tu ? Le Frere Ancien lui dicte ses réponse : La récompense qu'il m'est dûe.

D. Crois-tu que les Maçons autorisent le crime & le meurtre ? Tremble plutôt du [p. 10] juste châtiment qui t'est réservé ! Qui es-tu ?

R. Le meilleur des Maçons, le plus zélé de tous les Freres, ou du moins le plus digne de ce titre.

D. Vil assassin ! qu'oses-tu dire quand tu te présentes dans ce lieu sacré, les mains teintes d'un sang sans doute innocent ? Tout dépose contre toi, tout annonce le meurtre.

R. Je me soumets à tout, si je suis coupable.

Le Roi de Tyr dit : Hiram Abif soit vengé.

Tous les Freres disent N. N. M.

Mes Freres, soyez contens, le meurtrier d'Hiram est découvert.

D. L'imposture est trop grossiere, il est déjà coupable, puisqu'il cherche à nous tromper; que réponds-tu ?

R. Que c'est à tort qu'on me soupçonne du meurtre d'un Maître dont je respecte la mémoire; je ne viens qu'à dessein de vous en donner des nouvelles, par les découvertes que j'ai faites.

D. Quelles sont donc ces nouvelles ?

R. Une caverne, un buisson ardent, une fontaine jaillissante, un chien pour guide, m'ont indiqué le lieu de sa retraite.

D. Quels en sont les garants ?

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R. Mes mains trempées dans le sang de trois animaux, le lion, le tigre & l'ours, qu'il avoit apprivoisés pour garder l'entrée de sa caverne, & que j'ai détruits pour y parvenir.

D. Que viens-tu demander ?

R. Me jetter aux pieds du Roi pour prendre ses ordres, & s'il veut que je lui livre Abiram mort ou vif.

D. Quelle preuve donnes-tu de ta foi ?

R. Les promesses les plus sacrées seront le garant de mon innocence, & les supplices les plus rigoureux auxquels je consens d'être exposé, si je suis reconnu criminel.

Frere Intime, puisque ce Frere commence à calmer nos soupçons, faites-le avancer par neuf pas, trois d'Apprentif, trois de Compagnon & trois de Maître, jusqu'au trône, pour y venir prêter son obligation entre nos mains.

Le Frere Intime fait avancer le Récipiendaire ainsi qu'il est ordonné, jusqu'au trône, où étant arrivé, il met le genou droit à terre, la main droite nue sur le livre de la Sagesse, lequel tenant de la gauche le compas qui embrasse un maillet, Salomon lui pose son poignard sur le front, & le Frere Intime lui met une épée nue sur le dos; puis le très-Sage en frappant un coup de son [p. 12] sceptre sur l'autel, pour que tous les Freres se lévent, il lui dit : « Prenez garde à ce que vous allez faire. Le moment est critique. Si vous cherchez à nous tromper, notre indulgence augmentera la rigueur des supplices qui la suivront. Si vous êtes sincere, prononcez avec nous.

OBLIGATION

« Je promets foi d'honnête homme, & devant cette auguste assemblée, au pied de la plus haute puissance de la Maçonnerie, de ne jamais révéler à aucun homme qui n'ait pas fait ce que j'ai fait, les secrets qui font parvenir & donnent le titre sublime de Maître Elu. Je promets d'en remplir scrupuleusement les obligations au péril de mon sang, en telle rencontre que ce puisse être, de sacrifier aux mânes d'Hiram les parjures qui pourroient révéler quelqu'un de nos secrets aux Profanes. Je tiendrai mes engagemens; ou que la mort la plus affreuse soit l'expiation de mon parjure; après que mes yeux auront été privés de la lumiere par le fer rouge, que mon corps devienne la proie des vautours, que ma mémoire soit en exécration aux enfans de la veuve par toute la terre. Ainsi soit-il ».

[p. 13]

Salomon dit N. N. M. ce que tous les Freres répétent ensemble. Ensuite il dit : « Mes respectables Freres, vous avez entendu, jugez-vous à propos que ce Frere achéve maintenant la vengeance ? » Tous les Freres marquent leur acquiescement par le signe de réponse.

Alors Salomon reléve le Récipiendaire, & dit : « Frere Intime, faites retourner le Frere à l'extrémité de la Loge, comme il est venu au Trône en arriere, pour lui apprendre qu'on n'a rien sans peine, & qu'il ne doit jamais s'offenser des mortifications ordonnées par le jugement de la Loge, l'humilité étant le véritable chemin de la perfection maçonne ». Ensuite le très-Sage adresse la parole au Roi de Tyr en lui disant : Très-puissant Monarque, êtes-vous satisfait ?

R. Je le ferai lorsque l'Inconnu aura rempli ses obligations, en nous livrant Abiram mort ou vif.

Salomon dit : « Frere Intime, déliez les mains à l'Inconnu, armez-le de son glaive, & le mettez en état d'aller effectuer ses promesses ». Après qu'il est délié, que le Frere Intime lui a remis son chapeau & son épée, Salomon lui dit : « Consomme ton ouvrage à la faveur des ténébres, & te rends digne du choix que nous [p. 14]

avons bien voulu faire de toi pour faire expirer sous tes coups le meurtrier d'Hiram ; mais tâche de nous le livrer vivant ».

Le Frere Intime prenant le Récipiendaire par les mains, le fait voyager par sept tours lents & deux précipités ; au neuvieme on ouvre la porte de la Loge doucement, & on le conduit, s'il se peut, sans qu'il s'en apperçoive, à la chambre obscure, qui doit être ainsi disposée.

[p. 15]

CHAMBRE OBSCURE

Cette Chambre doit être tendue de noir. Au fond d'un côté doit être une espèce d'antre ou caverne couverte de branches d'arbre. L'entrée ni le fond n'en doivent pas être éclairés. Dans la caverne doit être un phantôme assis dans les branches ; la tête doit être garnie de cheveux, & seulement posée sur le reste du corps. On la met dans une attitude convenable dans la Chambre tendue de noir ; il doit y avoir une table & un tabouret devant ; en face doit être un tableau en transparent, représentant un bras tenant un poignard, & ce mot écrit, vengeance. Sur la table doit être un gobelet ; à terre doivent être un grand poignard & une lampe qui puisse se prendre à la main, & qui fasse une foible lumière. A l'autre côté doit être une fontaine avec de l'eau, & quelque chose dessous pour la recevoir, parce qu'il faut la laisser couler.

Lorsque tout est ainsi disposé, & que le Frere Intime a conduit le Récipiendaire dans cet appartement, il le place sur le tabouret devant la [p. 16] table, sa tête appuyée sur un de ses poignets ; en cet état, il lui dit : « Ne bougez pas, mon Frere, de cette situation, que vous n'entendiez frapper trois coups, qui vous serviront de signal pour vous découvrir les yeux. Suivez exactement ce que je vous prescris, sans cela vous ne pourriez jamais être admis dans l'auguste Loge de Maître Elu ».

Le Frere Intime après ce discours sort, ferme la porte avec force, on abandonne le Récipiendaire quelques instans à ses réflexions ; puis on frappe trois coups, & on lui donne le temps d'examiner ce qui est autour de lui. Ensuite le Frere Intime rentre avec un air très-sérieux, & lui dit : « Courage, mon Frere, voyez-vous cette fontaine ? Prenez ce gobelet, puisez de l'eau & buvez ; car il vous reste bien de l'ouvrage à faire ».

Quand le Récipiendaire a bû : « Prenez, lui dit Frere Intime, cette lampe ; armez-vous de ce poignard, entrez au fond de cette caverne, & frappez tout ce que vous trouverez qui vous résistera. Défendez-vous, vengez votre Maître, rendez-vous digne d'être élu ».

Le Récipiendaire entre le poignard levé, la lampe de la main gauche. Le Frere Intime le suit [p. 17] en lui montrant le phantôme ou la tête, il lui crie : « Frappez, vengez Hiram ; voilà son assassin ». Le Récipiendaire frappe de son poignard, ensuite le Frere Intime lui dit : « Quittez cette lampe, prenez cette tête par les cheveux, levez votre poignard, & suivez-moi ».

Nota. On a soin d'avoir du sang ou quelque drogue rouge dont le Frere Ancien teint le poignard & les mains du Récipiendaire avant de sortir de la caverne ; puis il le conduit à la Loge, où le Frere Intime entre le premier ; le Récipiendaire le suit, & est présenté à tous les Freres qui sont debout, & font le signe lorsqu'il passe devant eux.

Aussi-tôt qu'il est en Loge, le très-Sage met sa main sur son poignard, le léve au signe, & dit N. N. M. Le Frere Intime fait avancer le Récipiendaire à l'autel par trois grands pas précipités. Au troisième, il s'incline, met un genou en terre, pose la tête & le poignard sur l'autel & reste à genoux. Salomon lui dit : Malheureux, qu'avez vous fait ? je ne vous avois pas dit de le tuer. Tous les Elus mettent à l'instant un genou en terre, & disent : Grace, très sage Roi, c'est le zèle qui l'a emporté, grace, grace, grace. Salomon répond : « Qu'elle lui soit accordée comme vous [p. 18] le desirez, mes Freres ; levez-vous & concourez avec moi à récompenser le zèle & la fermeté de ce Frere ; & vous, mon Frere, levez-vous, venez & apprenez que tout ce que vous venez de faire est une image des obligations que vous contractez aujourd'hui. Vous allez remplacer un des neuf Maîtres que Salomon jugea assez parfaits pour leur confier la poursuite d'Hiram, quoique tous fussent animés d'une même ardeur que Nistokin, qui avoit déjà découvert le corps du Respectable ; néanmoins aucun des Maîtres n'auroit pu le trouver, ni la retraite de ce malheureux, si un inconnu ne l'eût indiquée à Salomon, qui y envoya aussi-tôt neuf zélés Maîtres ; mais un d'eux étant entré précipitamment dans la caverne qui lui servoit d'asile, ne vit pas plutôt Abiram, qu'il lui porta un furieux coup de poignard dont il tomba mort sur le champ ».

Venez maintenant, mon Frere, recevoir la récompense dûe à votre constance.

EN LUI DONNANT LE TABLIER

« Ce Tablier marque le deuil que portent tous [p. 19] les Elus de la mort d'Hiram, & vous fait connoître le chagrin qu'en doit avoir tout bon Maçon ».

EN LUI DONNANT LES GANDS

« Ces gands vous apprennent que l'innocence seule a du chagrin sans remords ».

Nous avons en ce grade, comme dans tous les autres, un signe, une parole & un attouchement.

Le signe se fait par celui qui le demande, en tirant son poignard de la main droite, & le levant comme pour frapper au front.

Celui qui répond ferme la main droite, & le poing ainsi fermé le léve, & puis le renverse.

L'attouchement pour celui qui le demande est, après avoir fermé la main droite, d'en lever le pouce, & de le présenter à celui à qui on le demande. Il doit répondre en saisissant de la même main le pouce à pleine main ; ensuite le Demandant répete la même chose, & le Répondant le fait encore une fois.

Le mot est N. N. M.

« Allez maintenant vous faire reconnoître à tous les Freres, en leur donnant le signe, [p. 20] l'attouchement & la parole que vous leur donnerez, comme vous les avez reçus, ce que vous me reviendrez ensuite rendre » : Il va à tous les Freres, ensuite au Maître.

Mes Freres, dit Salomon, aidez-moi à faire un Elu. Les Freres tendent tous les mains du côté du Récipiendaire ; puis le très-Sage lui dit en le touchant de son sceptre : « Mon respectable Frere, je vous fais Maître Elu du consentement de la très-auguste Loge, & vous remets ce poignard ».

EN LUI PASSANT LE CORDON

« Mais souvenez-vous qu'il n'est fait que pour punir le crime, secourir vos Freres, & châtier le meurtre. C'est dans cette vûe que nous vous en ornons, & que vous devez le garder. Prenez séance parmi les Freres, les anciens de notre Conseil ; suivez leur exemple, & pour vous instruire, prêtez une oreille attentive à l'instruction qui va être faire. Elle vous éclairera sur ce qui paroît à vos yeux, & dont vous n'avez pu jusqu'à présent avoir l'intelligence ».

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CATÉCHISME

D. Etes-vous Maître Elu ?

R. Oui, très-Sage, je le suis.

D. A quoi le connoîtrai-je ?

R. Au signe, à l'attouchement, à la parole.

D. Donnez-les.

R. Il les donne.

D. Où avez-vous été reçu Maître Elu ?

R. Dans la Salle de Salomon.

D. Quel motif vous a porté à solliciter ce titre ?

R. Le desir de venger la mort d'Hiram.

D. Qui fut l'homicide d'Hiram.

R. Abiram, dont le nom signifie meurtrier ou assassin.

D. Par où êtes-vous parvenu au lieu de la vengeance ?

R. Par des chemins obscurs & inconnus.

D. Qui vous y a conduit ?

R. Un inconnu.

D. Où étoit situé le lieu de la vengeance ?

R. Au pied d'un buisson ardent dans un antre obscur.

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D. Que trouvâtes-vous dans cette caverne ?

R. Le traître Abiram, une lumiere, une fontaine & un poignard.

D. Quel étoit l'usage de tout cela ?

R. La lumiére m'a éclairé, la fontaine m'a désaltéré, le poignard étoit réservé pour venger la mort d'Hiram par le coup que reçut Abiram, qui le fit tomber mort sur la place.

D. Ce malheureux dit-il quelque parole ?

R. Oui, une parole, mais que je ne puis proférer à haute voix.

D. Donnez-moi la premiere lettre, je vous dirai la derniere.

R. Nekar, nekam.

D. Que fîtes-vous du corps d'Abiram ?

R. Je lui coupai la tête, que je portai à Salomon, pour lui apprendre que la vengeance étoit accomplie.

D. Quelle heure étoit-il quand vous êtes arrivé ?

R. La pointe du jour.

D. Combien y avoit-il de Maîtres Elus pour cette vengeance ?

R. Neuf.

D. Que vous reste-t-il à faire ?

R. Rien, puisque tout est accompli.

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D. Quelle heure est-il ?

R. L'entrée de la nuit, l'heure à laquelle je suis sorti de la caverne.

D. Quel est le mot de passage ?

R. STOKIN.

Mes Freres, qu'une heure si mémorable nous soit toûjours présente à l'esprit, & nous rappelle sans cesse le zèle des neuf Maîtres pour les imiter.

Salomon frappe sept coups égaux sur l'autel, & Hiram frappe les deux derniers précipités, après lesquels le très-Sage dit : « Mes Freres, la vengeance est accomplie ; le Conseil peut se retirer, la Loge des Maîtres Elus est fermée ». Tous les Freres frappent neuf coups dans leurs mains, sept égaux, deux précipités, & on fait les acclamations.

Nota. Lorsque la Loge s'assemble, que tous les Freres sont habillés, à l'exception du cordon qu'ils doivent passer sur le bras gauche, le très-Sage se met au bas de l'autel, & passe le cordon noir à tous les Freres l'un après l'autre, observant de le faire baiser à tous les Freres, à chacun en particulier, avant de le passer au col.

Les Maîtres Elus ne doivent jamais se trouver en aucune Loge soit inférieure, soit supé- [p. 24] rieure, sans porter leur cordon noir & leur poignard, quoiqu'ils ne doivent se servir du dernier qu'aux Loges d'Elus.

LOGE DE TABLE

La Loge de table se tient comme les autres, à l'exception qu'il n'y a point de Surveillant ; mais le Frere Ancien, placé en face des deux Rois, en fait la fonction. On ouvre la Loge par neuf coups, puis on fait quelques demandes du catéchisme, & on annonce que la Loge d'Elu est ouverte. Quand on tire les santés, les Freres tirent leur poignard, le mettent en travers sur leur canon ; on le retire, & on le met à côté du canon. L'on tire à l'ordinaire, & on met tout de suite le poignard sur le canon en trois temps sans bruit. Celui qui commande la santé fait le signe de demande, & tous les Freres celui de réponse, de même lorsqu'on veut demander la parole. Les couteaux se nomment poignards.

Lorsqu'on tient Loge d'Elu, & qu'il y a quelque réception, l'on ouvre en Maître. Le Récipiendaire y assiste. Lorsque la Loge est ouverte, le

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Respectable fait asseoir le Récipiendaire au pied de l'autel. Tous les Freres s'asseoient sur des siéges qu'on apporte derriere eux, puis le Respectable les exhorte à prêter une oreille attentive au discours qu'on va leur faire, & qui concerne leur réception. Le discours fini, on fait lever les Récipiendaires, on les envoie à la chambre de réflexion ; on ferme la Loge de Maître, & on ouvre celle d'Elu, comme il est décrit au commencement de ce traité.

Fin du premier Grade.

9e degré — Élu de Pérignan

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Le très-respectable Grand-Maître frappe un grand coup & demande au second Surveillant.

D. Quel est votre devoir ?

R. C'est de voir si nous sommes couverts.

Dites à un Frere Maître Elu d'y voir, & de nous en informer, dit le très Respectable. Cet ordre s'exécute, & on avertit le Maître que tout est en régle, & il fait tout de suite les demandes suivantes avant d'ouvrir la Loge.

D. Vénérable premier Surveillant, sçavez-vous, en qualité d'Elu, d'autres mysteres que ceux des lettres N. N. M. ?

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R. Oui, je connois la lettre P.

D. Que signifie cette lettre ?

R. C'est l'initiale du nom de l'Inconnu qui avertit Salomon de la retraite d'Abiram, & qui s'offrit d'y conduire les neuf Maîtres Elus.

D. A quelle heure s'ouvre la Loge de ce grade ?

R. A l'entrée de la nuit, ou au declin du jour.

D. Quelle heure est-il ?

R. Le jour est fini.

Le très-Respectable frappe alors vingt-sept coups par trois fois neuf, fait le signe & dit : « Vénérable premier Surveillant, faites votre devoir, en avertissant sur vos colonnes, que la Loge du second Elu est ouverte » ; ce qu'il exécute. Après quoi on fait les acclamations ordinaires. Ensuite le très-Respectable dit : « Vénérables premier & second Surveillans, informez-vous sur vos colonnes si quelque Elu auroit quelque chose à proposer », & ils le font.

Alors le Maître des Cérémonies se léve, & dit : « Qu'il y a un Maître Elu du premier grade qui souhaiteroit connoître les mystères du second ». Le très-Respectable demande : « Si

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le scrutin lui a été favorable à la précédente assemblée », & pour lors il ordonne au Maître des cérémonies de l'introduire, après l'avoir examiné sur les grades qu'il posséde, & sur-tout sur le premier Elu. Cet examen fait, il conduit le Récipiendaire avec tous ses habits, & son Cordon, & le place entre les deux Surveillans. Le très-Respectable lui demande ce qu'il desire ; à quoi il répond : « Connoître le second grade d'Elu. »

D. Mes Freres, l'en croyez vous digne ?

R. Le second Surveillant & le Maître des Cérémonies répondent oui. Le Récipiendaire parcourt les quatre points cardinaux par deux fois, c'est-à dire, que partant de l'occident où il se trouve, il monte à l'orient par le midi, & redescend à l'occident par la même voie. Là il parcourt deux fois l'occident, allant & venant. Il en fait de même à l'orient, ensuite au septentrion, & revient après se remettre à sa place, d'où il traverse la Loge pour aller prêter son obligation. Cette traverse fait les neuf voyages. Il faut combiner qu'en les faisant, on salue neuf fois le trône.

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OBLIGATION

« Je jure & promets, parole d'honneur, foi d'honnête homme, en présence du Grand Architecte de l'Univers, & devant cette Assemblée, de garder & observer les mystères du second grade d'Elu qu'on va me confier, non-seulement vis-à-vis les Profanes, mais encore envers les Freres qui sont dans les grades inférieurs à celui-ci ; le tout sous les peines portées par ma premiere obligation ; consentant de plus d'avoir la langue arrachée, & de passer pour un infâme, dont Dieu veuille me préserver, & me soit en aide. Amen. »

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CATÉCHISME

D. Connoissez-vous d'autre Elu que celui des lettres N. N. M. ?

R. Oui, je connois la lettre P.

D. Que signifie cette lettre ?

R. C'est l'initiale du nom de l'Inconnu qui vint découvrir à Salomon la retraite d'Abiram.

D. Prononcez son nom entier.

R. Pérignan, dont ce grade porte le nom.

D. Comment avez-vous été introduit en Loge ?

R. Par vingt-sept coups frappés en différens temps de neuf en neuf.

D. Que signifient ces coups ainsi répétés ?

R. Trois choses : la premiere, que j'étois un des neuf Elus qui furent à la recherche de l'assassin, ou du moins que je desirois d'en être. La seconde, les neuf Maîtres qui furent à la recherche du cadavre de notre cher Maître Hiram. La troisiéme, les coups qui furent portés aux trois portes par les trois faux Freres.

D. Que signifient ces trois lettres R. G. A. qui sont dans le tracé de la Loge ?

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R. Le nom des assassins du Maître Hiram.

D. Nommez-les.

R. Romvel, Gravelot, Abiram.

D. Comment s'étoient placés ces trois misérables pour exécuter leur détestable crime ?

R. Romvel, à la porte d'occident, armé d'une régle, Gravelot à celle du nord, armé d'un maillet, & Abiram à celle du midi, armé d'un levier. Ce fut lui qui le renversa par terre, & le laissa mort.

D. Quel fut le sort de Romvel & de Gravelot ? Notre premier Elu ne nous apprend que celui d'Abiram ?

R. Salomon découvrit qu'ils avoient péri misérablement dans le pays Cabule, où il s'étoient réfugiés.

D. Comment Pérignan, cet inconnu du premier grade, sçut-il qu'Abiram s'étoit réfugié dans sa caverne ?

R. Pérignan travaillant à un buisson, au pied duquel étoit la caverne, son chien se mit à aboyer, il regarde & voit entrer un homme tout effarouché. Sa curiosité le porta à sçavoir qui il étoit. Abiram se voyant découvert par cet Inconnu se jetta à ses pieds, lui confia son secret, en le priant de ne le point révéler à Solomon,

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lui baisa les mains pour l'attendrir, & le pria de le secourir dans la pressante faim qui le dévoroit.

D. Pourquoi l'Inconnu avertit-il Salomon ?

R. Pour satisfaire à l'Edit porté par ce sage Roi, & en obtenir la récompense.

D. Combien Pérignan nourrit-il Abiram avant de le découvrir à Salomon ?

R. Sept jours entiers.

D. Pourquoi tarda-t-il tant à le déclarer ?

R. Parce qu'il n'apprit l'Edit du Roi que sept jours après la découverte, allant à la ville chercher des vivres pour lui & pour Abiram.

D. Quel est le mot sacré de ce grade ?

R. Mocbon.

D. Que signifie ce mot ?

R. Loué soit Dieu de ce que le crime & le criminel sont punis.

D. Quel est le signe de ce grade ?

R. C'est de faire semblant de s'arracher la langue, en étendant les mains.

D. Quelle est la réponse de ce signe ?

R. C'est de lever les mains & les yeux au Ciel, comme pour implorer miséricorde.

D. D'où tirez-vous ce signe ?

R. Partie de mon obligation, partie de la [p. 33] surprise où fut Abiram se voyant découvert.

D. Quel est votre attouchement ?

R. De présenter la main à celui qu'on veut reconnoître, lequel doit la prendre & la baiser.

D. A quoi cet attouchement est-il relatif ?

R. Au baiser de main qu'Abiram fit à Pérignan pour le porter à se taire.

D. Quel est le mot de passe ?

R. ABIRAM, qui signifie meurtrier ou assassin.

D. Que devint la tête de ce malheureux ?

R. Elle fut embaumée, & Salomon la fit mettre au bout d'une pique avec un poignard au-dessous en sautoir, & exposée au septentrion du Temple, pour faire voir que le crime ne reste pas impuni.

D. Que signifient les neuf tours que vous avez faits dans votre voyage, avant de prêter votre obligation ?

R. Les neuf jours qu'Abiram resta caché dans la caverne.

DISCOURS

Vous voilà enfin parvenu au grade de second Elu, vénérable Maître, à ce grade qui faisoit, depuis long-temps, l'objet de vos [p. 34] desirs, que votre zèle & vos travaux vous ont procuré ; permettez que je vous en félicite : Nous vous l'avons confié de bon cœur, & d'autant plus volontiers, que cette faveur va sans doute vous rendre digne, par vos efforts, de mériter les sublimes mystères qui nous restent à vous découvrir. Vous avez appris dans le premier Grade d'Elu le sort du perfide Abiram ; & le second vous instruit de la fin funeste des deux autres scélérats, Romvel & Gravelot, qui, après avoir long-temps erré de province en province, traînant partout le remords de leur crime, périrent misérablement. Juste effet de la vengeance divine, qui ne laisse jamais le crime sans punition. Toute l'allégorie que renferme ce nouveau Grade, est bien aisée à développer. Vous la trouverez toute tracée dans ce tableau qui s'offre à vos yeux, & dont le principal & le plus frappant objet d'horreur & d'épouvante à tous ceux qui continuent de travailler au Temple, est de leur apprendre que quiconque trahit ses Freres, ses Maîtres & ses Amis, mérite un pareil sort. Tous les mystères de ce Grade d'Elu ont un rapport moral, comme ceux des autres Grades que vous possédez. Le signe de celui-ci, en faisant semblant de s'arracher la langue, nous apprend par [p. 35] là combien grande doit être notre discrétion, & la peine dûe aux indiscrets. La réponse à ce signe en levant les mains & les yeux au Ciel, nous désigne l'état d'un homme surpris & interdit à l'aspect d'un événement frappant que la Providence a ménagé pour le ramener à son devoir, ou pour le punir. Le mot sacré que nous prononçons, marque notre résignation aux volontés de l'Etre Suprême, & la satisfaction que nous ressentons de voir le crime & le criminel puni.

Au reste ce Grade, tout éminent qu'il est, n'est, pour ainsi dire, que préparatoire au troisième Grade dont il annonce la sublimité, & dont vous connoîtrez un jour le profond mystère, si votre zèle, votre discrétion, & vos autres bonnes qualités ne se démentent point.

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MANIERE DE FERMER LA LOGE

D. Connoissez-vous, en qualité d'Elu, d'autres lettres que celles de N. N. M. ?

R. Oui : je connois la lettre P.

D. A quelle heure se ferme la Loge ?

R. A la pointe du jour.

D. Quelle heure est-il ?

R. Le jour va paroître.

Puisqu'il est jour, & que nos travaux sont finis, vénérables premier & second Surveillans, annoncez sur vos colonnes que la Loge est fermée. Ce qu'ils exécutent ; après on fait les applaudissemens & les acclamations ordinaires.

10e degré — Élu des Quinze

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La Loge doit être tendue de noir, & parsemée de larmes rouges & blanches. A l'Orient il doit y avoir un squelette, qui représente le traître Abiram, suivant le grade d'Elu des neuf, dont le vrai nom est Hoben. A l'Occident du côté du Nord il y a un autre squelette représentant Oterfut ; à l'Orient du côté du Midi un autre squelette représentant Sterkin, chacun desquels doit être armé de l'instrument fatal avec lequel les meurtriers frapperent notre respectable Maître.

La Loge s'ouvre par cinq coups répétés par [p. 38] trois fois : le Maître ayant frappé, on allume les cinq lumieres qui sont placées à l'Orient à la gauche. Ensuite le premier Surveillant frappe de même ; on allume les cinq autres, & le second Surveillant ayant frappé, on allume les cinq restantes sur trois chandeliers à cinq branches. Il doit y avoir aussi trois lustres au plancher posés triangulairement, où il y aura de même cinq lumieres à chacun, qui s'allument avant que d'entrer en Loge. Lorsqu'il y a réception, on ne peut être que quinze. Quand les quinze coups sont frappés, & que la Loge est entierement éclairée, le Maître demande au Surveillant : « Quelle heure est - il » ? il répond : « Il est cinq heures ».

Le Maître dit alors : « Il est donc temps de travailler, & de commencer l'ouvrage, mes très-chers Freres, la Loge de Grand Elu est ouverte ». Après quoi chaque Frere frappe cinq coups dans la main. Lorsqu'il y a réception, on dit : « Voici un Maître Elu des neuf qui desire ardemment de connoître les deux autres assassins d'Hiram, & parvenir au grade de Maître Elu des quinze ». Avant d'instruire le Récipiendaire, on doit observer qu'il soit habillé en Maître Elu des neuf, avec deux [p. 39] têtes de mort, une de chaque main, & un poignard à la tête de la main droite, traversé sous la mâchoire ; après quoi le Maître dit au premier Surveillant : « Faites - le entrer par quinze pas triangulaires, pour parvenir au pied de l'autel », où il reste environ un quart-d'heure debout, en tenant toujours les têtes de mort.

Le Maître & tous les Freres tirent leur poignard, & mettent les mains entrelacées sur le front à l'envers, en demandant grace pour lui au Grand - Maître, & répondant qu'il n'est pas coupable. « S'il n'est pas coupable, dit le Grand-Maître, pourquoi donc me demandez-vous grace » ?

Le premier Surveillant prend seul la parole : « La seule grace que je demande, c'est celle de recevoir ce Frere Maître Elu ».

D. En est-il digne ?

Tous répondent : « Oui, très-respectable Maître. Faites - le avancer, dit le Grand-Maître, auprès du Trône ». Cela fait il lui dit : « Les quinze Maîtres Elus des quinze m'ont demandé la grace de vous recevoir Maître Elu des quinze, & de vous rendre leur semblable. Vous sentez-vous capable de garder un secret, qui doit être inviolable ? Vou- [p. 40] lez-vous vous y obliger à la maniere accoutumée » ? Il répond : Oui, & répéte l'obligation.

OBLIGATION

« Moi, N., je m'oblige, sur le S. Evangile, de ne déclarer ni confier où j'ai été reçu, ni qui a assisté à ma réception, ni de recevoir qui que ce puisse être, à moins que je n'en aie reçu le pouvoir exprès. En cas d'indiscrétion, je consens d'avoir le corps ouvert, la tête coupée, pour qu'elle soit représentée au Respectable qui m'a reçu. Dieu me soit en aide. »

Après l'obligation, on raconte l'histoire des autres meurtriers d'Hiram. Mon très-cher Frere, vous avez appris dans le grade de Maître Elu des neuf par lequel vous avez passé, qu'Abiram tué dans la caverne au - dessous du buisson ardent, étoit un meurtrier d'Hiram. Il est bien vrai que cet homme fut un de ses assassins. Son nom est Hoben. C'est lui qui étoit à la porte de l'Orient, armé d'un levier, qui assomma votre Maître, & dont Salomon fit embaumer la tête, pour qu'elle pût se conserver, & être exposée en public avec celles de ses complices, lorsqu'on les [p. 41] auroit découverts. Ce qui ne tarda pas, puisque six mois après, Bengalet, l'un des Intendans de Salomon, par les recherches qu'il fit faire aux environs du pays de Geth, qui étoit tributaire de Salomon ; Bengalin, dis-je, apprit que Sterkin & Oterfut, les autres assassins d'Hiram, s'y étoient réfugiés, dans l'espérance d'y être en sûreté. Salomon ayant appris cette nouvelle, écrivit sur le champ à Maaca, Roi de Geth, pour le prier de livrer ces assassins aux personnes de confiance qu'il envoyoit pour les emmener à Jérusalem, y recevoir le châtiment dû à leur crime.

En conséquence Salomon arma le même jour quinze Maîtres des plus zélés, du nombre desquels étoient les neuf qui avoient été à la recherche d'Hoben. Il leur donna des troupes suffisantes pour les escorter. Ils se mirent en marche le 15 du mois, qui répond à notre mois de Juin, & arriverent au pays de Geth le 28 du même mois. Ils rendirent la lettre de Salomon au Roi Maaca, qui frissonnant à cette nouvelle, ordonna à l'instant qu'on fît une recherche exacte de ces deux meurtriers, & qu'on les livrât sans retard aux Israëlites ; de plus qu'il se trouvoit heureux que ses Etats fussent purgés de deux monstres [p. 42] semblables. On fit donc une recherche exacte, & on les trouva dans une carriere nommée Bendeca, le quinzième jour de la recherche. Zéomet & Eléham furent les premiers qui les découvrirent. On les saisit, & on leur mit des chaînes, où le genre du supplice qu'ils avoient à souffrir étoit gravé dessus. Ils arriverent le 15 du mois suivant, & furent conduits aussi-tôt à Salomon, qui, après les avoir accablés de reproches, ordonna qu'on les mît dans les cachots d'une tour nommée Haizac, pour les faire mourir le lendemain de la mort la plus cruelle. Ce qui fut exécuté à dix heures du matin. Ils furent attachés à deux poteaux par les pieds, le col & les bras liés derriere. On leur ouvrit le corps depuis la poitrine jusqu'aux parties honteuses, & on les laissa de cette façon à l'ardeur du soleil l'espace de huit heures. Les mouches & les autres insectes s'abreuverent de leur sang. Ils faisoient des plaintes si lamentables, qu'ils émeurent leurs bourreaux de compassion ; ce qui les obligea à leur couper la tête. Leurs corps furent jettés hors de Jérusalem, pour être exposés aux bêtes féroces. Salomon ordonna ensuite qu'on remît la tête d'Hoben, afin que toutes les trois fussent exposées hors de la ville sur des pieux [p. 43] dans le même ordre que ces meurtriers s'étoient placés dans le Temple pour assassiner Hiram, afin de donner un exemple à tous ses sujets, & particulierement aux ouvriers Maçons. En conséquence la tête de Sterkin fut mise à la porte du Midi, celle d'Oterfut à celle d'Occident, & celle d'Hoben à celle d'Orient. Voilà la fin de l'abrégé de l'histoire des assassins d'Hiram, que Salomon vengea par leur mort. Je prie le grand Architecte de l'Univers de nous préserver d'un semblable malheur. Ensuite il donne au Récipiendaire les signes, le mot & l'attouchement, après l'avoir revêtu du Cordon.

SIGNES

Le premier est de fermer la main droite, le pouce élevé comme tenant un poignard, se le porter sous le menton, le descendre le long du corps, comme voulant se l'ouvrir. Le second, qui est la réponse de l'Examinateur, est d'étendre la main, en faisant semblant de se couper le col avec le pouce.

Le mot sacré est ZÉOMET ; & la réponse ELÉHAM, qui servira aussi de passage pour entrer au Temple.

Le premier attouchement est de se donner deux [p. 44] petits coups de l'index sur la jointure du petit doigt, ce qui fait allusion aux deux traîtres découverts. Le second est de prendre la main droite de l'Examinateur avec les cinq doigts de la main droite étendus ; ce qui signifie trois fois cinq, & par conséquent le nombre des quinze Elus.

Le cordon du Grand-Maître Elu est de ruban noir de la plus grande largeur, avec trois bouts de ruban ponceau, au bout desquels on attachera une tête de mort : le dessus du cordon sera brodé de quinze larmes en argent.

MANIERE D'INTRODUIRE LE RÉCIPIENDAIRE

Il doit être habillé en Elu des neuf, & tenir deux têtes de mort, comme il est dit ci-devant. Lorsqu'il n'y a pas de réception, la Loge s'ouvre comme ci-après, à la réserve que quand les quinze lumieres sont éclairées, le Grand-Maître dit : « Aidez-moi à ouvrir la Loge » ; ensuite tous les Freres debout, & la tête découverte, font le même signe.

D. Quelle heure est-il ?

R. Cinq heures du soir.

D. Pourquoi ?

R. Parce que c'est à cette heure que les meur- [p. 45] triers d'Hiram furent découverts & saisis, pour être conduits à Jérusalem.

D. Ont-ils été découverts ?

R. Oui, très-Respectable, ils l'ont été & présentés à Salomon.

« Mes Freres, dit le Grand - Maître, puisque ces deux meurtriers ont été découverts & arrêtés, mettons-nous en devoir de les faire punir, & sçavoir qui ils sont, afin de montrer notre zèle pour venger la mort d'Hiram. »

Tous les Freres frappent trois fois cinq coups dans leurs mains, s'asséyent & se découvrent.

INSTRUCTION

D. Etes-vous Grand-Maître Elu ?

R. Oui : mon zèle & mon travail m'ont procuré ce grade avec l'estime de mes Supérieurs.

D. Où avez-vous été reçu ?

R. Dans le cabinet de Salomon.

D. Quand vous a-t-il reçu ?

R. Lorsqu'il m'envoya avec mes Freres chercher les deux derniers assassins d'Hiram.

D. Vous avez donc été vous-même à la recherche ?

R. Oui, très-Respectable.

[p. 46]

D. Ressentîtes-vous une grande joie, lorsque les assassins furent punis ?

R. Les trois têtes qui sont à mon cordon en font la preuve.

D. Que signifient ces trois têtes ?

R. Celles des trois assassins d'Hiram.

D. Vous dites que vous avez été à la recherche de deux.

R. Cela est vrai ; mais le troisième avoit déjà été puni.

D. Comment s'appelloient les deux que vous conduisîtes à Jérusalem ?

R. Sterkin & Oterfut.

D. Comment furent-ils découverts ?

R. Par la perquisition qu'en fit Bengalet.

D. Comment fit Salomon pour les avoir ?

R. Il écrivit une lettre à Maaca, pour l'engager à en faire la recherche.

D. Qui rendit cette lettre ?

R. Zéomel.

D. Le Roi Maaca ne fit-il aucune difficulté ?

R. Non ; au contraire, il nous donna des guides & des escortes.

D. Où les trouvâtes-vous ?

R. Dans une carriere de Bendicat.

D. Qui étoit Bendicat ?

[p. 47]

R. Un des Intendans de Salomon & son gendre.

D. Quels sont les Maîtres qui les prirent les premiers ?

R. Zéomet & Eléham, après quinze jours de recherches.

D. Comment les avez-vous conduits à Jérusalem ?

R. Ils étoient enchaînés par les deux mains.

D. Comment étoient faites leurs chaînes ?

R. En forme de régle & de maillet, où étoit gravé le genre du supplice qu'ils devoient souffrir.

D. Quel jour arrivâtes-vous à Jérusalem ?

R. Le 15 du mois, qui répond au mois de Juillet.

D. Combien restâtes-vous dans ce voyage ?

R. Un mois.

D. Combien de Maîtres Salomon élut-il pour cette recherche ?

R. Quinze, dont j'étois du nombre.

D. Qu'ordonna Salomon ?

R. Après les avoir accablés de reproches, il donna ordre à Hézar, Grand-Maître de sa maison, de les faire conduire dans la Tour qui porte son nom, & de les faire mourir le lendemain à dix heures du matin.

[p. 48]

D. De quel genre de mort furent-ils punis ?

R. Ils furent attachés nuds à des poteaux par les pieds, les bras & le col. On leur ouvrit le corps depuis la poitrine jusqu'aux parties honteuses.

D. Resterent-ils long-temps en cet état ?

R. Huit heures exposés au soleil, harcelés par les mouches, & autres insectes. Leurs lamentables cris émurent leurs bourreaux, qui leur couperent la tête, & leurs corps furent jettés hors de la Ville, pour être la pâture des corbeaux.

D. Que fit-on de leurs têtes ?

R. Elles furent exposées à deux portes de la Ville, ainsi que celle du premier assassin, suivant l'Elu des neuf.

D. Comment se nommoit-il ?

R. Abiram. Ce nom étoit un emblême, & ne signifioit qu'un meurtrier.

D. Quel étoit son vrai nom ?

R. Hoben.

D. Comment nommez-vous les trois portes où les trois têtes furent mises ?

R. Celles du Midi, de l'Occident & de l'Orient.

D. Quelle fut la tête exposée au Midi ?

R. Celle de Sterkin.

[p. 49]

D. A la porte d'Occident ?

R. Celle d'Oterfut.

D. A la porte d'Orient ?

R. Celle d'Hoben.

D. Pourquoi exposa-t-on ces trois têtes à trois portes ?

R. Pour faire connoître leur posture lorsqu'ils assassinerent Hiram.

D. Quel est le mot sacré du Grand - Maître Elu ?

R. Zéomet.

D. Quel est le mot de passe ?

R. Eléham.

D. Quelle heure est-il ?

R. Six heures du soir.

D. Pourquoi six heures du soir ?

R. Parce que c'est à cette heure que les meurtriers eurent la tête tranchée.

« Mes Freres, dit le Grand-Maître, puisque la mort de notre Grand-Maître Hiram a été vengée par celle de ses assassins, nous devons être satisfaits ». La Loge est fermée ; on frappe trois fois cinq coups.

[p. 50]

FAÇON DU TABLIER

Il est de peau blanche, bordée d'un ruban noir. Au milieu il doit y avoir une tour brodée en argent, trois rosettes de ruban noir, une à chaque coin, & une sur la bavette, qui signifient les trois têtes ; au - dessous de la bavette sera mis H ; au-dessous de la rosette à gauche O, & à la droite S.

CATÉCHISME DE L'ELU PARFAIT

D. Etes-vous Elu ?

R. Je le suis.

D. Quel est l'ouvrage de l'Elu parfait ?

R. De rectifier les mœurs.

D. Où voyagent les Elus parfaits ?

R. A la voûte Souveraine.

D. Par où avez-vous passé ?

R. Par un long corridor éclairé par 3, 5, 7, & 9.

D. Que signifie le nombre 3 ?

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R. Les trois principales colonnes F. S. B. âge d'un apprentif.

D. Que signifie le nombre 5 ?

R. Les cinq ordres d'Architecture, l'Ionique, le Dorique, le Toscan, le Corinthien & le Composite, âge d'un Compagnon.

D. Que signifie le nombre 9 ?

R. Les neuf Maîtres, âge d'un parfait Maçon.

D. Qu'avez - vous trouvé avant le Corridor ?

R. Un respectable Elu, qui m'a demandé le mot de passe.

D. Comment lui avez-vous donné ?

R. CHIBOT par trois fois.

D. Que renferme la voûte sacrée ?

R. La parole.

D. Quelle est cette parole ?

R. Celle qui fut perdue dans les ruines du Temple.

D. A qui donna-t-on cette parole en premier lieu ?

R. A Moïse dans un buisson ardent.

D. A qui fut-elle transmise ?

R. Aux seuls Elus parfaits.

D. A quoi servoit cette parole ?

[p. 52]

R. A ceux qui cherchoient les meurtriers d'Hiram.

D. Donnez-la-moi.

R. Je ne le puis, très-Respectable.

D. Avez-vous trouvé le meurtrier ?

R. Je l'ai puni.

D. Où l'avez-vous trouvé ?

R. Dans la caverne obscure, près la fontaine de Siloé.

D. Dans quelle posture étoit-il ?

R. Dans celle-ci, très-Respectable, (en la faisant).

D. Que signifie cette posture ?

R. Le remords & la tristesse.

D. Comment s'appelloit-il ?

R. Abiram.

D. Quels sont les outils de l'Elu parfait ?

R. Le marteau, la pelle, la pince.

D. Donnez-moi l'attouchement.

R. J'obéis, en disant N. N. M. qu'il prononce.

D. Donnez-moi l'explication de N. N. M.

R. Parfait.

D. Donnez-moi le mot de vengeance.

R. Sterkin.

D. Quel âge avez-vous ?

[p. 53]

R. Neuf ans, très-Respectable.

D. Les rayons du Soleil luisent-ils sur nous ?

R. Notre respectable Maître est vengé.

D. Quel est le mot de passe ?

R. Bérit-neder Aliam.

D. Quel est le signe ?

R. En se donnant la main, la renverser deux fois.

DISCOURS DU MAÎTRE

« Vous sçavez tous, mes Freres, que notre respectable Maître Hiram a été massacré par la scélératesse de trois Compagnons ; que l'un d'eux lui a porté le coup de la mort, & que nous devons tous nous employer pour en trouver le meurtrier, & le punir de son crime. Nos Maîtres se détacherent donc pour aller à sa recherche. L'un deux, après avoir traversé avec des peines incroyables, les montagnes les plus escarpées, les chemins les moins frayés, accablé de fatigue, fut se retirer sur le bord d'une fontaine appellée la Civi.... Il apperçut de loin une caverne obscure. La curiosité le porta à y aller. Lorsqu'il fut à l'entrée, il vit dans l'enfon- [p. 54] cement une foible lumière, à la lueur de laquelle il découvrit un homme couché dans la même posture où vous me voyez. (Il fait la posture d'un homme accablé de remords). Il lui demanda son nom ; il lui répondit qu'il s'appelloit Abdacam, & qu'il fuyoit les poursuites qu'on pouvoit faire contre lui ; qu'il étoit le meurtrier d'Hiram, & que depuis ce temps, il ne trouvoit aucun asyle contre le remords dont il étoit dévoré. A ces mots le Maître transporté de colere, s'avança, & lui plongea un poignard dans le sein, en disant Sterkin, qui signifie vengeance. Voilà, mes Freres, l'institut de la Classe des Maîtres Elus, qui est une suite juste de la Maçonnerie, & le sujet pour lequel la respectable Loge s'est assemblée aujourd'hui. »

Fin du troisième Grade.

12e degré — Petit Architecte

[p. 55]

LA Loge sera tendue de noir, pour témoigner le deuil qu'on ressent de la perte d'Hiram. Elle est éclairée par 72 lumieres, posées par neuf sur trois chandeliers ; le Trône sera aussi sur trois degrés. A côté il y aura un petit autel sur lequel seront posés une bible, un compas, une équerre, un triangle, un chandelier à trois branches, une urne ou vase, dans lequel il y aura une truelle d'or de moyenne grandeur, dont la suite enseignera l'usage. Tous les Freres seront placés à l'ordinaire. Le tablier sera doublé & bordé de [p. 56] ponceau. Le Maître & tous les Freres porteront au col un large cordon ponceau moiré, soutenant le bijou du grade sur la poitrine, attaché à une petite rosette bleue. Le bijou est un triangle, & les Officiers auront celui de leurs charges enfermé dedans. Tous les Freres auront l'épée au côté, le chapeau sur la tête, orné d'une cocarde ponceau. Le Maître, qui représente Salomon, se nomme Puissant Maître ; les Surveillans Respectables, & tous les Freres Vénérables. On ouvre la Loge par sept coups distans de 3 à 4, ce que les Surveillans répétent ; puis Salomon dit : « Aidez-moi à ouvrir la Loge de petit Architecte, premier grade & apprentissage Ecossois ». Les Surveillans répondent. Le Maître dit ensuite :

D. Quel est le premier soin d'un Architecte ?

R. C'est de voir si la Loge est bien couverte.

« Frere Surveillant, faites-y voir, & en même temps, pour nous mettre à couvert de toutes surprises, prenez de chacun les signes, le mot & l'attouchement des grades dont nous voulons ouvrir la Loge ». Il le fait, & vient dire : « Très-puissant Maître, nous sommes à l'abri de toutes surprises ». Les Freres sont tous petits Architectes.

[p. 57]

D. Frere premier Surveillant, quelle est l'heure de l'Architecture ?

R. Le premier instant, la premiere heure, le premier jour que le grand Architecte employa à la création de l'Univers.

« Mes Freres, voici le premier jour, la premiere heure, le premier instant que le grand Architecte employa à la création de l'Univers. Voici la premiere heure, le premier jour, la premiere année que Salomon travailla à construire le Temple. Voici le premier jour, la premiere heure, le premier instant où s'ouvre la Loge. Il est temps de nous mettre à l'ouvrage ».

Les Surveillans répétent l'un après l'autre : « Mes Freres, voici le premier jour, la premiere heure, le premier instant où le puissant Maître ouvre & tient la Loge de petit Architecte. La Loge de petit Architecte est ouverte ». Ensuite le Maître dit au Maître des Cérémonies d'aller préparer le Candidat. Pour cet effet, il sort avec le plus jeune des Freres, qu'il amene avec lui.

[p. 58]

PRÉPARATION DU CANDIDAT

Le Récipiendaire, en arrivant, doit être présenté au Maître, qui le conduit dans une chambre, qui ne reçoit de clarté que celle d'une petite lampe placée à terre, puis il l'engage à se préparer à recevoir le grade qui va lui être conféré, par un grand recueillement. Il se retire ensuite pour ouvrir la Loge, puis il donne la clef au Secrétaire & au Trésorier, qui vont lui demander la rétribution à laquelle il aura été taxé. Ensuite le Maître des Cérémonies va le préparer, comme il va être dit. Il entrera, l'épée à la main, qu'il va poser sur une table ; il ordonnera au Récipiendaire de se dépouiller de toutes armes offensives & défensives, comme couteau, ciseaux, &c. ainsi que de ses bijoux, comme bague, montre, &c. il envoyera le tout dans la Loge, puis il couvrira les yeux du Récipiendaire d'un voile impénétrable à la lumiere, il lui liera d'un nœud coulant le poignet, de façon que le bout soit assez long pour pouvoir le conduire. Cela fait, il le mene à la porte de la Loge, où il l'introduit à la maniere accoutumée, & le campe en Maçon entre les deux Surveillans, qui avertissent le Maître qu'il est introduit.

[p. 59]

RÉCEPTION

D. Mon Frere vénérable ; le grade d'Architecte, que vous desirez obtenir, ne peut s'acquérir qu'après que vous aurez donné des preuves que vous n'avez été en rien complice de la mort de notre Maître Hiram. Pour nous en assurer, nous exigeons que vous participiez à l'oblation symbolique du cœur de ce respectable Maître, réduit en figure mistique, que nous conservons depuis l'assassinat. Vous sentez-vous la force d'avaler la parcelle de ce cœur, qui vous sera présentée, que tout fidele Maçon reçoit ; mais qui ne peut demeurer dans le corps des parjures ? Sondez vos dispositions, & répondez-moi, êtes-vous disposé de subir cette épreuve ?

R. Oui, puissant Maître.

« En ce cas, très-respectable Surveillant, faites-le avancer par trois pas d'Apprentif jusqu'au lieu où repose l'urne qui renferme la mixtion mystérieuse de notre très-respectable Maître ». Ce qui s'exécute. Il met un genou en terre, les deux mains sur le triangle posé sur la Bible.

D. Avant de vous admettre à cette auguste & formidable participation, nous devons nous [p. 60] assurer de vous ; voulez-vous vous engager, & prendre part à nos mystères ?

R. Oui, puissant Maître.

En ce cas, dit le Grand-Maître, répétez avec moi avec attention.

OBLIGATION

« Je promets sur les mêmes obligations que j'ai contractées dans les grades précédens, & devant cette auguste Assemblée, de tenir, garder & cacher les secrets des Architectes, de ne jamais les révéler à aucun Frere des grades inférieurs ou profanes, sous peine d'être privé de la sépulture honorable qui fut accordée à notre respectable Maître. Enfin, je promets de soutenir de tout mon pouvoir la Maçonnerie, & d'assister, autant que je pourrai, tous mes Freres. Ainsi soit-il ».

Le puissant Maître prend la truelle qui est dans l'urne, la couvre de pâte mistique, la présente à la bouche du Récipiendaire pour en avaler, en lui disant : « Que cette portion mistique que nous partageons avec vous, forme à jamais un lien si indissoluble, que rien ne soit capable de le rompre : dites avec nous, ainsi que tous les Freres disent, malheur à qui nous désunira ». Ensuite le Maître le fait reconduire à

[p. 61]

l'Occident par les Surveillans, qui lui font faire trois pas d'Apprentif en arriere. Lorsqu'il y est, il lui dit : « Mon Frere, ce que vous venez de faire, vous apprend que vous ne devez jamais refuser de faire l'aveu de vos fautes, que l'opiniâtreté & l'entêtement doivent être bannis du cœur de tout bon Maçon ». Aussitôt les Surveillans saisissent le Récipiendaire, & le renversent la face contre terre, de façon qu'il soit sur les mains & sur ses genoux, le visage dessus l'étoile flamboyante, & la bouche collée sur la lettre G, en cette posture. Le second Surveillant lui débouche les yeux, & le premier Surveillant lui jette sur le corps un drap noir. Ensuite le Maître dit :

D. Mon Frere, qu'appercevez-vous ?

R. La lettre G dans une étoile flamboyante.

D. Que signifie-t-elle ?

R. Gloire, grandeur & Géométrie.

D. Ne la connoissez-vous pas sous un autre nom ?

R. Oui, sous celui de God.

« Mon Frere, c'est le nom du grand Architecte de l'Univers ; la situation dans laquelle vous êtes, vous représente celle dans laquelle notre respectable Maître fut inhumé, c'est-à-dire, la face renversée dans l'étoile [p. 62] flamboyante, la bouche sur la lettre G, gravée sur une plaque d'or en triangle, qui est l'emblême définitif des trois angles mistiques réunis en un. Le cercle représente l'immensité universelle, ainsi que l'espace qui étoit dans la troisième partie du Temple, qu'on nommoit Saint des Saints, & en hébreu, Hekal ».

D. Nous promettez vous, que si pendant le voyage figuratif que vous allez faire au travers des bois & des montagnes ; vous rencontrez les autres assassins d'Hiram, vous les arrêterez au péril de votre vie ?

R. Oui, je le promets.

Le Maître frappe un coup pour signal aux Freres de le faire relever, lui délie les mains & le col, & lui fait faire sept fois le tour de la Loge du Septentrion au Midi, pour se rendre à l'Occident. Cela fait, les Surveillans l'annoncent à la maniere accoutumée au puissant Maître.

D. N'avez-vous point trouvé d'obstacle à votre route ?

R. Oui, puissant Maître. « C'est avec une joie infinie, dit le Maître, que je vais récompenser votre zèle pour la Maçonnerie, en vous conférant la qualité d'Architecte, avec la direction [p. 63] des ouvrages du Temple. Approchez, je vais vous instruire des mystères de ce grade ».

Le Surveillant lui ôte son tablier, qu'il jette à terre, & le fait avancer au Trône par derriere les Freres du Midi.

Le puissant Maître lui donnant le tablier doublé de ponceau lui dit : « La différence que vous remarquez de ce tablier avec celui que vous quittez, vous annonce qu'une partie de ce qui vous a été dit jusqu'à présent, n'est plus d'usage dans nos Loges d'Architectes. Votre occupation désormais sera plus élevée, puisque vous ne vous appliquerez plus qu'à l'Architecture & à l'ornement du Temple ». Il donne le cordon, soutenant le bijou, ainsi que les gands.

Nous avons en ce grade un attouchement, une parole & deux signes ; l'un appellé de passage, appellé ainsi, parce qu'on ne peut entrer dans nos Loges sans le donner. Celui qui demande : Etes-vous Architecte Ecossois ? pose aussitôt sa main droite sur la hanche du même côté, en la serrant du pouce & de l'index ; léve en même temps les yeux au ciel, fait un mouvement du corps, comme s'il vouloit se reculer, [p. 64] celui qui répond fait la même chose du côté opposé, en disant, je le suis.

L'autre signe, qui est d'usage général, se demande en portant la main droite sur le cœur dans l'attitude du signe de Maître, puis décrivant une ligne diagonale en avant, & à la hauteur du visage, & la ramene dans sa position horisontale, le pouce appuyé sur le front, ce qui forme un triangle, puis la laisse tomber dans la position du signe de Maître. La réponse est de porter la main droite à plat sur le flanc droit, en faisant un mouvement, comme si on vouloit se retirer, en passant le pied droit derriere le gauche, ce qui forme une équerre.

L'attouchement se donne comme celui de Maître, en passant rapidement l'un & l'autre la main sous le coude, qu'on prend dans la paume de la main, pour se tirer par trois secousses, en prononçant chaque fois une syllabe du mot Gabaon. Allez maintenant vous faire reconnoître à tous les Freres, puis vous reviendrez à moi, ce qui s'exécute. A son retour il lui dit :

« Mon Frere, après la mort d'Hiram, les travaux alloient nonchalamment ; Salomon voulant relever l'ardeur des Maîtres, résolut de choisir un nouveau Surintendant des ouvrages.

[p. 65]

Pour cet effet, il fit assembler les Maîtres les plus dignes de cette place par leur génie, capacité & mœurs dans la salle de son Palais. Par les plans qui lui furent présentés, il reconnut que le premier édifice étoit parvenu en perfections ; il leur ordonna de mettre les mêmes proportion à la seconde élévation, & nomma Architecte leur Maître. Ceux-ci s'y engagerent par de nouvelles promesses, qui sont celles que vous venez de faire, & qui vont vous associer à leur rang. Puissiez-vous jouir long-temps de ce bonheur parmi nous » !

CATÉCHISME

LE puissant Maître faisant le signe de passage, dit au premier Surveillant :

D. Respectable Frere premier Surveillant, êtes-vous Architecte ?

R. Faisant le même signe opposé : puissant Maître, je le suis.

D. En quel lieu avez-vous été reçu ?

R. Dans le cercle de la quadrature, & le Saint des Saints.

[p. 66]

D. Que signifie le cercle ?

R. L'immensité du grand Architecte, qui n'a ni commencement, ni fin.

D. La quadrature ?

R. L'espace du quarré long du tombeau d'Hiram.

D. Le Saint des Saints ?

R. L'espace qui est dans le triangle, où est gravé le nom de grand Architecte.

D. Par quel moyen avez-vous été reçu Architecte ?

R. Par le ciment qui fut employé à lier les pierres du Temple.

D. Quel ciment employa-t-on ?

R. Un ciment mistique, composé de lait, d'huile, de vin & de farine.

D. Quel est le sens de cette mixtion ?

R. Le lait représente la douceur, l'huile la sagesse, le vin la force, & la farine la bonté, qui étoient les qualités respectables de notre Maître.

D. Comment Hiram fut-il inhumé ?

R. La face vers le centre, la bouche sur la lettre G, gravée dans l'étoile flamboyante incrustée dans les angles du triangle, & communiquant au cercle.

D. En quel lieu fut-il inhumé ?

[p. 67]

R. Derriere le Sanctuaire dans les avantcours du Temple.

D. Salomon laissa-t-il la mort d'Hiram impunie ?

R. Non : il nomma Architectes ceux qui voulurent s'engager par de nouvelles promesses à poursuivre les auteurs de son meurtre.

D. Comment voyagent les Architectes ?

R. Par trois fois sept fois, ils firent le tour du Mont Liban, des montagnes les plus voisines, & visiterent les endroits les plus secrets.

D. Les assassins furent-ils trouvés ?

R. Oui, puissant Maître.

D. Comment s'appelloit celui qui tua Hiram ?

R. Abiram, qui signifie assassin ou meurtrier.

D. Comment êtes-vous parvenu à ce grade ?

R. Par trois pas d'Apprentif en avant & en arriere.

D. A quoi vous occupez-vous ?

R. A la parfaite Architecture, aux soins de purger les différends entre les Ouvriers, & à travailler au triangle posé sur le tombeau d'Hiram.

D. Décrivez m'en l'ouvrage.

[p. 68]

R. Le milieu renferme la lettre G & les lettres S. U. G.

D. Que signifie le G ?

R. Gain, qui signifie, ô vous soul éternel.

D. L'S ?

R. Soumission, pour faire connoître que quoiqu'Architectes, nous sommes sujets, & devons obéir à nos Supérieurs.

D. L'U ?

R. L'union qui doit régner parmi nous.

D. La lettre G hors du triangle ?

R. Gomez, qui veut dire beauté. Elle est la maîtresse parole, & qu'on dit être la premiere que prononça le premier homme.

D. N'y a-t-il pas d'autres lettres dans votre Loge ?

R. Oui, puissant Maître ; M. B., qui signifient le mot que nous ne pouvons prononcer à haute voix, & que nous proférâmes en levant le corps de notre respectable Maître, & trois autres d'airain incrustées sur le bord du tombeau, M. H. S.

D. Que signifient-elles ?

R. M. signifie Moria, vrai nom du mont où fut bâti le Temple. H. dénote le nom d'Hiram, & S. Stolkin, nom du Maçon qui découvrit le premier le corps d'Hiram.

[p. 69]

D. Votre ouvrage fut-il borné à construire le seul Temple ?

R. Non ; je traçai le cercle par une circonférence sur l'espace du lieu que nous nommons le Saint des Saints.

D. Que signifie cette circonférence ?

R. L'infinité d'une Puissance suprême que la Géométrie nous représente sous cet emblême.

D. Quelles sont vos marques ?

R. Deux signes, une parole & un attouchement.

D. Comment nommez-vous l'attouchement ?

R. La double voûte.

D. Donnez la parole de passage.

R. Gabaon.

D. Donnez la maîtresse parole.

R. Gomez.

« Mes Freres, voici le dernier instant, la derniere heure, le dernier jour, que le Maître de l'Univers a employé à la création ; idem, que Salomon travailla à construire le Temple, & c'est le dernier instant que les Architectes doivent travailler. Il est temps de nous reposer ».

[p. 70]

Il frappe sept coups distants du trois au quatre : ce que les Surveillans répétent, & le Grand-Maître annonce que la Loge est fermée.

Fin du quatrième Grade.

12e degré — Grand Architecte

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PREMIER APPARTEMENT

LA Loge exige deux tentures, l'une noire & l'autre rouge, pour les deux points de la réception. La Loge doit être éclairée par vingt-sept lumieres, placées comme dans le petit Architecte. Le plan de la Loge doit être aussi semblable, excepté qu'il doit être tracé un cercle autour du Saint des Saints. Le Maître représente Salomon, & se nomme très-Puissant Maître ; les Surveillans très-Respectables, les Officiers très-

[p. 72]

Vénérables, & les Freres très-Honorables, ou Grands Architectes. Le Maître sera placé comme à l'ordinaire. Le bijou qu'il doit porter au col sera un double triangle. Les Surveillans & autres Dignitaires portent leur bijou ordinaire, mais renfermé dans un double triangle. Tous les cordons du premier Appartement doivent être noirs.

SECOND APPARTEMENT

DERRIERE le Trône du Maître il doit y avoir un rideau noir, pour cacher ce qui va être expliqué, lequel rideau se tire, & disparoît lorsqu'il est temps.

L'Autel doit être garni des attributs de la Maçonnerie, soit sculptés ou peints ; il doit y avoir sept marches, & doit être environné de 81 lumieres placées en triangle. Derriere le rideau noir sera un tableau en transparent, représentant la gloire du Grand Architecte entouré de sept Intelligences célestes ; au milieu sera un triangle lumineux, portant le nom de Dieu écrit en hébreu.

[p. 73]

Aux extrémités de la nuë seront sept têtes d'Anges montées sur des aîles. Sur l'Autel il y aura en élévation l'Arche d'alliance, supportée par deux Chérubins, qui la couvriront de leurs aîles. Le devant de l'Arche doit être sculpté ; l'Agneau de vie reposant sur un livre, d'où sortiront les sept sceaux. Au côté droit de l'Arche sur le devant sera la Mer d'airain montée sur douze bouvillons dorés. Si on veut que la Loge soit dans la derniere exactitude, il faudra placer les dix urnes, cinq de chaque côté, & la mer au bout du côté de l'Occident, tirant sur le Midi. Au Midi sera placée une table d'airain, nommée l'Autel des holocaustes. Le chandelier à sept branches sera en face de l'Arche. À côté du Septentrion sera une table nommée des pains de proposition, sur laquelle il en sera mis onze l'un sur l'autre, vrais ou figurés. On mettra aussi des Vases, des Coupes, des Urnes pour les offrandes.

La tenture noire doit être posée pardessus la rouge, de façon qu'on puisse la relever, ou la faire descendre avec vitesse lorsqu'il en sera temps. La tapisserie doit être parsemée de fleurs de hyacinte ; lorsqu'on change la tenture, les

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Freres quittent le cordon noir, pour prendre le rouge.

Entre les deux Surveillans, à l'Occident il doit y avoir une petite table, sur laquelle sera une Bible, un double triangle, une équerre, un compas. Au-devant de cette table il y aura un tabouret où l'on doit faire asseoir le Récipiendaire, la tête baissée sur la table, pendant qu'on fait le changement de la Loge. Sur la planche à tracer doit être dessiné d'un côté le Temple de Salomon, monté jusqu'au troisieme corps de l'édifice non achevé, & au bas seront représentés des matériaux & des outils ; de l'autre côté le nom de tous les Freres qui ont passé par ce grade, qu'ils doivent écrire eux-mêmes, & au bout un espace pour mettre le mot exclus, si à l'instant de la réception il s'étoit retiré, & ce à perpétuité.

ORNEMENS

Le Grand Architecte porte le cordon ponceau en sautoir, & le bijou au bas duquel est celui de petit Architecte, excepté le cercle, qui doit être doré, & qu'au-dessous de l'étoile qui sert de tête au compas, il y aura un Soleil d'or, dont les rayons d'en bas seront sur la tête du niveau.

[p. 75]

PRÉPARATION

Le Maître des Cérémonies doit ôter au Récipiendaire toutes les armes offensives & défensives, sans exiger ses bijoux, & lui faire signer son nom sur la planche à tracer tout au bas des Freres. Il lui bouche les yeux, lui fait un discours sur le grade qu'il va recevoir, lui déclarant qu'il est destiné à remplacer Hiram, dont on regrette encore la perte ; mais qu'il faut qu'il soit présenté à Salomon & au Grand Architecte, que c'est l'instant où il doit s'armer de fermeté ; puisque, faute de courage, il seroit exclu pour jamais ; que cependant ce grade n'a rien qui le doive effrayer plus que les autres précédens, qu'ainsi il doit avoir toute confiance en lui.

OUVERTURE DE LA LOGE

LE Maître frappe un coup & dit : « Mes Freres, aidez-moi à ouvrir la Loge de Grand Architecte ». Les Surveillans répètent, chacun de son côté, l'un après l'autre. Le très-Puissant dit :

D. Très-respectable premier Surveillant, quel est le premier soin d'un Maçon ?

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R. Très-Puissant, c'est de voir si la Loge est bien couverte.

« Voyez, mes Freres, chacun de votre côté, si tous les Freres ici présens sont en état d'assister au grade dont nous allons ouvrir la Loge ». Ils le font, chacun de son côté. Lorsqu'ils ont bien examiné, ils se mettent à leur place, disent chacun, l'un après l'autre, très-Puissant, la Loge est bien couverte, & les Freres ici présens sont tous Grands Architectes.

D. Frere premier Surveillant, quelle heure est-il ?

R. L'heure du parfait Maçon, c'est-à-dire, le premier instant, la premiere heure, le premier jour que le Grand Architecte de l'Univers employa à la création du monde.

« Mes Freres, voici le premier instant, la premiere heure, le premier jour que le Grand Architecte de l'Univers employa à la création du monde. Voici la premiere heure, le premier jour, la premiere année que Salomon employa à construire le Temple. Il est temps de nous mettre à l'ouvrage ». Les Surveillans répètent, chacun de son côté, ensuite tous les Freres frappent trois fois trois coups dans leurs mains ; on fait les acclamations ordinaires. La Loge est ouverte.

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RÉCEPTION

Après les formalités ordinaires, le Maître des Cérémonies conduit le Candidat à la porte de la Loge, & frappe en petit Architecte. Le second Surveillant lui répond en grand ; ensuite le premier Surveillant & puis le très-Puissant ; le second dit : « Très-respectable Frere premier Surveillant, on frappe à la porte de la Loge en petit Architecte ». Le premier Surveillant dit : « Très-puissant, on frappe à la porte de la Loge en petit Architecte ».

« Très-vénérable Frere premier Surveillant, voyez qui frappe ».

Le second va à la porte, frappe en petit Architecte, on lui répond, & il demande : « Que voulez-vous » ?

Le Maître des Cérémonies dit : « C'est un Frere Architecte qui demande à être examiné pour acquérir la qualité de Surintendant des ouvrages, en méritant celle de Grand-Architecte ».

Le second Surveillant ferme, & vient rendre compte au premier Surveillant, qui le dit au Maître, qui dit : « Très-respectable Frere second Surveillant, demandez-lui son nom, son surnom, [p. 78] s'il est en état convenable & dans la résolution de passer par des épreuves plus fortes & plus rigoureuses que toutes celles par où il a passé ». Le second Surveillant va à la porte, fait les questions au Frere Maître des Cérémonies, qui apprend au Récipiendaire ce qu'il doit répondre ; lorsque le Récipiendaire a répondu, le second Surveillant va le rapporter au premier Surveillant, qui le dit au très-puissant Maître.

Après cela, tous les Freres qui, pendant ce temps, ont été assis, se levent, & le très-puissant Maître dit : « Mes Freres, la deuxième élévation étant venue à sa perfection, conformément aux ordres suprêmes, il faut nous occuper à en élever une troisième, qui terminera la hauteur que le Temple doit avoir, selon les desseins qui en furent donnés par le Grand Architecte de l'Univers. La direction de ce troisième étage étoit sans doute réservée au Surintendant qui doit remplacer Hiram, & que nous avons différé de nommer jusqu'à présent. L'ouvrage ne pouvant plus long-temps être suspendu, il faut qu'il soit terminé dans ce jour heureux qui nous rassemble. Il convient que l'Architecte qui se présente, nous fasse connoître la perfection où il a fait parvenir [p. 79] ses desseins ; car il n'appartient qu'aux grands Architectes de bâtir des tabernacles. Cet ouvrage exige une délicatesse de dessein, que l'ouvrier inférieur ne doit connoître que pour l'admirer. Donnons donc dans notre Temple un successeur à Hiram, que la mort a soustrait à ses travaux. Moabon peut lui succéder ; qu'il vive avec honneur, gloire & prospérité parmi nos Grands Architectes ; que la vue & la possession de nos tabernacles lui soient livrées, & qu'il mette le comble à notre félicité par l'accomplissement des ordres suprêmes, en mettant la derniere main à l'ouvrage & à la perfection de nos travaux ».

« Est-ce votre sentiment, mes honorables Freres » ? Chacun porte la main sur le tracé de la Loge, frappe trois coups dans sa main, & fait l'acclamation ordinaire.

Le très-puissant Maître dit : « Introduisez Moabon dans la Loge à la maniere accoutumée ». Le second Surveillant va à la porte, puis amene le Candidat à l'Occident, les pieds sur les pointes de l'équerre, ce qui en forme une double ; le très-Puissant frappe un coup pour le silence ; le second Surveillant frappe sept coups en grand Architecte, que le premier Surveillant

[p. 80]

rend ; ensuite le Maître, puis le second dit : « Très-puissant Maître, voici Moabon qui desire obtenir le grade de Grand Architecte, & à qui l'entrée de cette Loge a été accordée à cet effet ».

Le très-Puissant dit : « Mon Frere, le grade que vous desirez est fort élevé ; l'art de bâtir des tabernacles, & de mettre la perfection à notre Temple, est d'une supériorité si grande, que nous craignons de vous voir succomber aux épreuves que nous exigeons des sujets que nous y admettons. Cependant la nécessité de donner un successeur à notre Maître Hiram, nous engage d'éprouver tous ceux qu'on peut juger capables d'approcher de la science.

« Pour commencer, il vous est ordonné de faire trois fois vingt-sept fois le tour des ouvrages du Temple par le Septentrion à l'Orient, par le Midi à l'Occident, que je reduits à neuf. Ayez soin de lever le plan avec exactitude ; vous le présenterez au Grand Architecte, afin qu'il juge si vous êtes digne de remplacer notre Maître Hiram, que nous avons perdu ».

Le très-Puissant frappe un coup pour donner au second Serveillant le signe du départ ; il voyage [p. 81] comme les petits Architectes. Le second Surveillant met entre les mains du Récipiendaire un carton quarré, qu'on nomme la planche à tracer ; le second Surveillant frappe sept coups sur le maillet du premier Surveillant, qui lui dit :

Premier Surveillant. Que demandez-vous ?

Second Surveillant. Très-respectable Frere premier Surveillant, le voyage mystérieux de Moabon est fini.

Le premier Surveillant le répéte au très-Puissant.

Le très-Puissant. Mon Frere, quels sont les fruits de votre voyage ?

Le Récipiendaire. Très-Puissant, j'ai levé le plan des ouvrages du Temple, & je vous apporte les desseins.

Le très-Puissant. Mon Frere, présentez-les moi par trois pas de Compagnon.

Le Récipiendaire les présente de façon, que le troisième pas le met au pied du Trône, où il met le genou droit à terre.

Le très-Puissant lui prend la planche à tracer, la regarde, & la donne par sa droite au Frere le plus proche de lui, qui lui faire faire le tour de la Loge de main en main, jusqu'à ce qu'elle re- [p. 82] vienne au très-puissant Maître, qui, l'ayant reçue, met la main du Récipiendaire sur l'équerre & le double triangle qui sont sur l'Autel, le compas sur le poignet, l'épée par dessus ; il lui fait prêter son obligation en ces termes.

PREMIERE OBLIGATION

« Je promets, sur les mêmes obligations que j'ai prises dans mes précédens grades Maçons, de ne jamais révéler les secrets des Grands Architectes à aucun Architecte, Maître, Compagnon, Apprentif, Maçon, sous les peines d'être exclus de notre ordre & de nos Loges. Amen.

Le très-Puissant. Levez-vous : Frere premier Surveillant, faites faire au Frere trois pas de Compagnon en arriere pour apprendre à garder la même fermeté dans le chemin de la vertu, malgré l'humilité que dans cette vue l'on exige quelquefois de nous.

Lorsqu'il est à l'Occident, les Surveillans lui font tourner le dos vers l'Orient, le placent sur le tabouret qui est devant le tableau, & le retournent vers l'Orient. Ensuite le Maître dit : « Persistez-vous à garder le silence sur nos Mys- [p. 83] tères » ? Le Récipiendaire répond : « Oui, très-puissant Maître ».

Le très-Puissant. « Frere premier Surveillant, ôtez-lui le premier voile de son obscurité, jusqu'à ce qu'il soit capable de voir l'éclat de notre Tabernacle ». Le très-Puissant frappe un coup. À l'instant le bandeau doit tomber. On lui fait saluer le Maître & tous les Freres.

Le très-Puissant. Frere, êtes-vous en état de nous rendre l'instruction de tous les grades par lesquels vous avez passé ?

Le Récipiendaire dit : « Oui, très-puissant Maître ». On lui fait un abrégé de l'instruction de tous les grades, auquel le Récipiendaire doit répondre : ensuite le Maître dit ce qui suit.

« Mon Frere, quoique vous ayez passé par tous les grades, cependant vous n'êtes pas parvenu à la perfection. Il reste à vous faire appercevoir cette éclatante lumière que la Maçonnerie vous promet dans tous les grades, & qu'elle n'accorde enfin qu'après bien des épreuves. Il en est encore de fortes à supporter. C'est à vous à vous décider, nous sommes encore prêts à vous dégager de vos promesses, même de celles que vous avez faites avec nous. La crainte de les voir profaner ne [p. 84] sçauroit nous arrêter. Il nous faut un autre engagement que tous ceux que vous avez pris, ils se sont passés dans l'obscurité. Celui-ci doit se passer en pleine liberté. Vous pouvez même en faire la lecture. Il est tracé sur ce papier qui se présente à vous. Lisez-le bas ; si vous y consentez, vous le répéterez haut ».

DEUXIÉME OBLIGATION

« Sur toute la liberté que je professe dans tous les cinq sens naturels, sur l'existence de ma raison & de mon esprit, que je déclare n'être aucunement assujetti, sur l'intelligence qui me soutient, me guide & m'éclaire : oui, je promets, je jure, je fais vœu de garder inviolablement tous les secrets, signes & mystères qui m'ont été jusqu'à présent dévoilés, & qui me seront révélés à l'avenir dans les cinq premiers grades des parfaits Maçons & de la parfaite Maçonnerie auxquels je suis initié, approuvant à haute & intelligible voix, & sans crainte, à présent que ma vie est libre, & mon esprit non préoccupé, que je n'ai aucun regret de m'être engagé, quoique dans l'obscurité, dans nos Loges, le déclarant de cœur, & les tenant pour inviolables, permettant, si je les révéle, que mon corps subisse toutes les [p. 85]

« peines & rigueurs qui m'y engagent ; qu'on m'ouvre les veines des temples & de la gorge, & qu'exposé nud sur la plus haute piramide, je sois exposé à souffrir sur cet hémisphère les rigueurs des vents, l'ardeur du soleil & les fraîcheurs de la nuit ; que mon sang coule lentement de mes veines, jusqu'à l'extinction de l'esprit qui anime la substance, la matiere corporelle ; & pour augmenter les souffrances du corps & de l'esprit, que je sois forcé de prendre chaque jour une nourriture proportionnée & suffisante pour prolonger & conserver une faim dévorante & cruelle, n'y ayant rien de trop rigoureux pour un parjure ; que les loix de la Maçonnerie soient mes guides pour m'en garantir, & que le Grand Architecte de l'Univers me soit en aide. Amen ».

Le très-Puissant. « Eh bien, mon Frere, rien ne vous arrête-t-il ? Etes-vous dans la ferme résolution de prononcer de cœur comme de bouche, à haute voix devant cette auguste Assemblée, avec toute la liberté de la vue, du cœur & de l'esprit qui vous est accordée » ?

Si le Frere refuse, les deux Surveillans lui mettent la pointe de l'épée sur le dos ; ils lui font faire avec rapidité les 27 tours de Grand

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Architecte, les 18 de Petit Architecte, les 9 de Maître, les 5 de Compagnon, & les trois d'Apprentif, & après lui avoir fait essuyer la cérémonie de la pompe, ils le chassent comme un cœur foible.

S'il accepte, il prononcera à voix haute & intelligible, & dès qu'il aura prononcé, le second Surveillant ira brûler le papier à une des lumieres. Si-tôt qu'il est consumé, on frappe trois coups, & on fait les acclamations à l'ordinaire, & le Maître dit : « Mon Frere, puisque votre zèle pour la Maçonnerie vous a engagé à persévérer avec toute la fermeté d'un bon Maçon, nous allons vous reconnoître pour Grand Architecte du Temple & des Tabernacles que nous élevons. Vous mettrez la derniere main à l'œuvre, & vous succéderez à notre très-respectable Maître Hiram ; mais avant que votre proclamation se fasse à l'Orient du Temple, nous devons, par un sincere sentiment de douleur rendre un secret hommage aux mânes de notre Maître dont nous avons jusqu'à présent pleuré l'homicide ; que nos cœurs se livrent à la méditation, & que notre esprit s'entretienne de sa mémoire dans un profond silence (Civi), qui signifie fléchissez le genou ». Tous les Freres mettent le genou en [p. 87] terre ; le très-Puissant frappe un coup, & tous les Freres, la tête panchée sur les mains, restent en silence.

Le très-Puissant frappe un autre coup, & les Surveillans font mettre le Récipiendaire à genoux devant une table, la tête panchée sur le livre qui doit être dessus, couvrant exactement son visage de ses mains, & les Surveillans croisent leurs épées sur son col ; pendant qu'il est dans cette posture, on ouvre le rideau, la tenture change le plus promptement qu'il est possible ; les Freres mettent leur cordon rouge ; quand tout le changement est fait, le Maître frappe un coup pour faire silence, ensuite il en frappe un autre, & prononce (ca ki), qui signifie levez-vous tous. Les Freres se levent, & les Surveillans tirent leurs épées du col du Récipiendaire ; ensuite ils le font relever, puis saluer le Maître & l'Assemblée. A l'instant que le Récipiendaire se leve, le très-puissant Maître frappe un coup, & tous les Freres disent, Hiram est mort ; Moabon vit. Après un instant de silence, le très-Puissant dit : « C'est avec plaisir, mon Frere, que je vois votre proclamation au grade de Grand Architecte, nous ne pourrons en marquer assez de satisfaction. Nous allons avec [p. 88] plaisir, mon Frere, vous confier les mystères qui sont réservés pour ce grade. Avancez, je vais vous en instruire ».

Il lui donne le cordon & le bijou. « Ce cordon & ce bijou vous donnent le commandement en chef sur tous les autres Maçons des grades inférieurs. Ces gands appartiennent à ce grade.

« Nous avons pour nous reconnoître un signe de demande & de réponse, un attouchement & une parole.

« Le signe de demande est de porter les deux mains sur l'estomach, & d'y former un triangle avec le pouce & l'index de chaque main, & se nomme signe d'appel.

« Le signe de réponse est de porter les deux mains dans la même forme au-dessus de la tête. On ne doit s'en servir qu'en Loge, ou dans de grands besoins ; il se nomme signe de secours.

« L'attouchement se fait en se prenant l'un & l'autre la main droite indifféremment, & en les renversant l'une après l'autre trois fois, l'une dessus, l'autre dessous alternativement.

« La parole est Moabon. Cette parole ne doit se prononcer que par syllabes, en faisant le [p. 89] renversement de la main. Ensuite on s'embrasse.

« Allez, mon Frere, vous faire reconnoître à tous les Freres, & leur donnez les signes, la parole, l'attouchement, l'accolade, & vous reviendrez me les rendre ». Lorsqu'il a donné les signes, l'attouchement & la parole au Maître, il lui releve un coin de son tablier dans la ceinture, & lui apprend que c'est ainsi que le portent les Architectes ; puis il lui dit : « Mon Frere, passez ici à la tête de la Loge, & prêtez attention à ce qui va se dire ».

Nota. Que pendant que le Maître donne le cordon, les signes & l'attouchement au Récipiendaire, on découvre la décoration de la Loge, qui doit jusqu'alors avoir été cachée avec un drap rouge. Comme cette Loge n'est brillante & exacte qu'autant qu'elle est bien tenue, il est à propos d'expliquer que tous les ornemens qui entrent dans la composition de cette Loge, doivent être d'or, ou au moins en bois sculpté & doré, & que le Temple doit être entouré d'une petite muraille de carton, & qu'il doit y être aussi réellement figuré & non tracé. Pour cet effet, on leve une table en forme de quarré long à un pied & demi de terre ; & on arrange [p. 90] tout ce qui est dit ci-dessus, selon l'ordre qu'il doit avoir. Ensuite on le couvre d'un drap ponceau jusqu'à ce qu'il soit temps de le découvrir, comme on vient de le dire. La Gloire de derriere l'autel doit être bien éclairée, artistement décorée ; cela fait un effet merveilleux.

INSTRUCTION

R. Frere très-respectable premier Surveillant, êtes-vous Grand Architecte ?

R. Puissant Maître, j'ai vu la grande lumière du troisième appartement.

D. Où avez-vous été reçu Grand Architecte ?

R. Dans le haut lieu, & la Chambre du milieu.

D. Pourquoi le nommez-vous ainsi ?

R. Parce que c'étoit l'endroit où Salomon travailloit au plan du Temple avec le Surintendant des ouvrages.

D. A quoi vous occupez-vous dans le Grade de Grand Architecte.

R. A bâtir le dernier édifice, ou le troisième corps qui fait le comble du bâtiment, à dresser des Tabernacles, à les garnir d'ornemens précieux & consacrés.

[p. 91]

D. Quels sont les ornemens ?

R. L'Arche d'alliance, soutenue par deux Chérubins qui la couvrent de leurs aîles, la Table d'airain, celle des Holocaustes, celle des Pains, & le Chandelier à sept branches.

D. Que renferme l'Arche d'alliance ?

R. Le Stekenna, qui se fixa lui-même entre les Chérubins qui le couvrent de leurs aîles dans le Saint des Saints, le jour de la dédicace où il rendoit ses oracles.

D. Quelle fut la principale loi donnée par le Stekenna ?

R. Celle qui fut donnée sur le Mont Sinaï, gardée depuis dans l'Arche, qui est la premiere Loi écrite.

D. Donnez-moi le signe de cette Loi.

R. On le donne en portant les deux mains sur la tête, les doigts ouverts, ce qui marque le symbole des dix Commandemens.

D. Dans quelle forme représente-t-on le Stekenna ?

R. Sous la forme d'un agneau tranquille couché, reposant sur le Livre des sept Sceaux.

D. De quel bois étoit construite l'Arche ?

R. De Séthim, bois incorruptible, parsemé de lames d'or.

[p. 92]

D. Quelles proportions avoit-elle ?

R. Elle avoit deux coudées & demie de longueur, une demie de largeur, & autant de hauteur.

D. Quelle figure avoit-elle ?

R. Celle d'un coffre quarré avec quatre anneaux d'or, & quatre bâtons de bois de Sethim pour la porter, & étoit couverte de lames d'or.

D. Que renfermoit-elle ?

R. Le Stekenna, les Tables de la Loi, la Verge d'Aaron, l'Urne pleine de manne.

D. Dans quel endroit fut-elle faite, & par qui ?

R. Elle fut faite à Oreb par Bescel & Oliob. Elle sortit d'Oreb & passa à Moab, de Moab à Sichem, puis à Silo, de Silo au Temple de Dagon, de-là dans la maison d'Abmadab, de-là à celle d'Obededon, ensuite à Cariathiarim, de Cariathiarim à Jérusalem, puis à la Sainte Sion dans le Temple.

D. Où étoient placés les autres ornemens, & à quoi servoient-ils ?

R. La Table d'airain ou l'Autel à grillé étoit en face près du Propiriatoire, d'où parloit Dieu ; l'Autel des parfums & celui des Holocaustes, chacun d'un côté, servoient aux offrandes & victi- [p. 93] mes. Celle des pains de proposition en face, ainsi que le Chandelier à sept branches qui étoit d'or pur, pour la plupart de bois de Séthim couvert de lames d'or & d'airain, ornés de bijoux les plus précieux, & d'un travail exquis.

D. Comment êtes-vous parvenu à connoître toutes ces choses ?

R. Par le plan des ouvrages du Temple que j'ai levés sur la planche à tracer, dans un voyage très-pénible.

D. De quelle durée a été ce voyage ?

R. Trois vingt-sept fois le tour des ouvrages.

D. Que signifie ce pénible voyage ?

R. La construction de l'ouvrage.

D. Quel âge avez-vous ?

R. Comme Apprentif 3 ans, comme Compagnon 6, comme Maître 9, comme petit Architecte 27, & Grand Architecte 31 ans.

D. La lumière fut-elle la récompense du travail ?

R. Non : très-Puissant, trois épreuves beaucoup plus fortes me l'ont acquise.

D. Quelles sont ces épreuves ?

R. La premiere fut trois pas de Compagnon en arriere, pour nous faire connoître que nous ne devons pas manquer de fermeté dans le che- [p. 94] min de la vertu, malgré les humiliations qu'on peut exiger de nous dans cette vie.

La seconde, une liberté surprenante, ou un engagement de tous les liens qui avoient pu m'attacher l'Ordre pour me faire à la troisième, sans craindre mon indiscrétion.

La troisième fut un engagement volontaire que mon cœur a admis, mon ame a avoué, & que ma bouche a prononcé.

D. Que vous a produit cet engagement ?

R. Un hommage aux mânes d'Hiram pour pleurer sa mort.

D. Que vous a produit cette douleur ?

R. Une parole marquée par une deuxième circonférence, image d'une puissance infinie, qui prédit tristesse & douleur dans la Maçonnerie ; la rechute de notre édifice matériel & l'esprit d'un plus parfait travail par l'obéissance.

D. Quelle est cette parole ?

R. Civi, qui veut dire, fléchissez le genou.

D. Cette douleur fut-elle longue ?

R. Après sept minutes on prononça ki, c'est-à-dire, levez-vous.

D. Que résulta-t-il de cette parole ?

R. La surprise, l'éclat & la brillante lumière, la proclamation.

[p. 95]

D. Quelle fut cette surprise ?

R. Ma vue passa de cette surprise à la pourpre & à l'hyacinte.

D. Quel est cet éclat, cette brillante lumière ?

R. Le Stekenna, la gloire du grand Architecte.

D. A quoi servoit cette proclamation ?

R. La reconnoissance que tous les Freres ont faite de ma personne pour remplacer Hiram, & me déclarant Grand Architecte & Surintendant des ouvrages du Temple, en me nommant Moabon.

D. En quel endroit avez-vous tenu votre premiere Loge ?

R. Entre les trois Montagnes inaccessibles aux Profanes, où jamais coq n'a chanté, lion rugi, ni femme caquetté, dans une vallée profonde.

D. Comment nommez-vous ces trois Montagnes ?

R. Le mont Moria, dans l'enceinte du terrein de Gabaon, le mont Sinaï & la montagne d'Hérédon.

D. Quelle est cette montage d'Hérédon ?

R. Une montagne située entre l'Ouest & le Nord de l'Ecosse, à la fin de la carrière du Soleil,

[p. 96]

où la premiere Loge de la Maçonnerie s'est tenue ; dans cette partie terrestre qui a donné le nom à la Maçonnerie Ecossoise.

D. Qu'entendez-vous par vallée profonde ?

R. J'entends la tranquillité de nos Loges.

D. Qui peut produire cette tranquillité ?

R. La conservation de nos marques depuis leur origine.

D. Quelles sont les marques de Grand Architecte ?

R. Un signe, un attouchement, une parole.

D. Donnez-moi le signe.

R. Il le donne.

D. Comment nommez-vous cet attouchement ?

R. La parfaite épreuve.

D. Donnez-moi la parole.

R. Je l'épellerai avec vous.

D. Que signifie ce mot ?

R. Le nom de Grand Architecte.

Le très-Puissant aux Surveillans.

« Freres très-respectables premier & second Surveillans, avertissez, chacun de votre côté, que je vais fermer la Loge de Grand Architecte ». Ils le font.

D. Quelle heure est-il, Frere premier Surveillant ?

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R. Puissant Maître, le dernier instant, la derniere heure, le dernier jour que le Grand Architecte de l'Univers s'occupa à la création du monde. Voici le derniere instant, la derniere heure, le dernier jour que Salomon employa à construire le Temple.

Le très-puissant Maître. « Voici le dernier jour que j'ai tenu Loge ; il est temps de la fermer & de nous reposer ». Les Surveillans répétent, chacun de son côté. Le Maître frappe sept coups en Grand Architecte, & dit : « Mes Freres, la Loge est fermée ». Les Surveillans répétent, & tous les Freres font les acclamations ordinaires.

Fin du cinquième Grade.

Chevalier de l’Épée et de Rose-Croix

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Ce Grade est nommé Chevalier de l'Epée, & surnommé Chevalier de l'Orient, ou Chevalier Maçon de Rose-Croix, parce que la formule de sa réception est toute militaire ; elle est fondée sur l'Histoire Sacrée, parce que les Juifs ayant été conduits à Babylone en captivité, le Temple ayant été détruit, Jérobabel leur Prince obtint de Cirus, au bout d'un certain temps, la permission de le rebâtir ; mais comme ils étoient environnés d'ennemis de toutes parts, ils travaillerent [p. 99] à reconstruire le Temple & les murs de la Ville de Jérusalem, tenant l'épée d'une main & la Truelle de l'autre ; ce qui a donné lieu de nommer ce Grade Chevalier de l'Epée, ou Chevalier Maçon libre, comme gens choisis pour mettre en sûreté les ouvriers subalternes ; mais qui pour entretenir l'égalité avec leurs Freres, n'étoient pas moins occupés aux travaux communs.

Il se nomme aussi Chevalier de l'Orient, parce que l'institution s'est passée dans cette partie du monde. On les nomme Maçons libres 1°. Parce qu'il se donne à visage découvert. 2°. Parce que parmi les captifs il y avoit une classe de Maçons descendus de la race du Roi Hiram, de Moabon & des premiers Architectes, que Salomon avoit rendus libres de tous impôts & qui furent choisis les premiers par Jérobabel.

On les nomme Jérobabel, parce qu'ils représentent le Prince qui reçoit les ordres de Cirus pour la réédification du Temple.

La Loge doit avoir deux appartemens, & dans chacun un tableau & une décoration.

[p. 100]

PREMIER APPARTEMENT

Il doit représenter l'appartement où se tient la Cour de Cirus, Roi des Assiriens, regnant à Babylone. Il doit être tendu de verd, & éclairé par 70 lumières, pour marquer les 70 années de captivité. Il doit y avoir à l'Orient un Trône pour le Maître, au Midi des siéges pour les Freres, & à l'Occident un autre pour le Surveillant. Le quarré de la Loge doit être fermé par une petite muraille de carton, ou de bois d'un pied & demi de hauteur, peint en carreaux blancs, verds & rouges, pour marquer les murailles de Babylone. Lorsque les Freres sont debout, ils doivent être en-dedans du quarré, & en-dehors lorsqu'ils sont assis. Cette muraille sera garnie de sept tours, trois au Midi, trois au Septentrion & une à l'Occident. Les six tours seront d'un pied & demi au-dessus des murailles ; mais celle du milieu de l'Occident doit avoir sept pieds de haut, & sa circonférence sera proportionnée pour y pouvoir contenir un homme. Elle doit avoir deux portes, l'une en-dedans du quarré, & l'autre en-dehors, & sans passage pour la [p. 101] lumière. La tenture de l'Occident doit joindre exactement dans les côtés de cette partie extérieure, pour qu'on puisse y entrer & en sortir sans rien appercevoir. Cette porte sera gardée par deux Freres, l'épée au côté, & une pique à la main. La Chambre sera ornée d'un Trône qui sera sur la ligne de la muraille de l'Orient, afin qu'ainsi l'on soit dans l'intérieur du quarré ; derrière le Trône il y aura un transparent, représentant le songe de Cirus : sçavoir, un lion furieux & rugissant prêt à se jetter sur lui ; plus haut la Gloire du Grand Architecte sur une nuée lumineuse. Au-dessous seront Nabuchodonosor & Baltazar, prédécesseurs de Cirus, chargés de chaînes. Du centre de la Gloire sortira un aigle, qui portera en son bec ces mots : Rends la liberté aux captifs. Derriere la tour de l'Occident il doit y avoir de l'eau, où on puisse en l'agitant représenter le fleuve Starburzanay ; sur le fleuve sera un pont de bois solide, qui conduira au second appartement.

[p. 102]

SECOND APPARTEMENT

Il représente l'enceinte ou l'espace du terrein dans lequel le deuxiéme Temple a été bâti. Le Temple doit y reparoître avec toute sa splendeur, & la tenture sera rouge. La décoration sera comme celle du Grand Architecte. Tître du premier appartement. Le Maître représente Cirus, & est appellé Souverain Maître. Le premier Surveillant représente Nabuzardin, son premier Général ; le second Surveillant le Général Mitridate ; le Secrétaire, le Chancellier ; le Maître des Cérémonies, Grand Maître ; les Freres Chevaliers Maçons. Tître du second appartement. Le Maître est appellé très-excellent Maître, ou Excellence de l'Ordre ; les Surveillans très Puissans, les Freres très-Vénérables, & le Récipiendaire Jérobabel.

HABILLEMENT DES FRERES dans le premier Appartement.

Le Maître & les Officiers portent au col un large cordon verd moiré, tombant en pointe sur [p. 103] l'estomach sans bijou. Le Maître a un sceptre, & les Freres l'épée à la main. Les Surveillans & les Freres auront un large cordon verd moiré, passant en bandouliere de gauche à droite sans bijou, plus un tablier doublé de taffetas verd, bordé d'un petit ruban de même couleur, sans autre signe, & la bavette basse ; le tablier & le cordon ne pourront se porter que dans les fonctions qui se passent dans le premier appartement, puisque ce sont des marques profanes que Cirus auroit voulu donner aux membres de Salomon, croyant que c'étoit suffisant pour en faire des Maçons. On les porte cependant en ce jour en mémoire de ce que ce Prince & sa Cour accorderent à Jérobabel la permission de réédifier le Temple. Dans le deuxième appartement, en y passant, les Freres quittent le verd, & prennent le rouge, qui est la véritable couleur écossoise. On y distingue cependant les grades par les rosettes qui sont au bas du cordon les unes sur les autres : sçavoir, une bleue pour l'Architecte, une rouge pour le Grand Architecte, une verte pour le Chevalier de l'Orient, une noire pour le Chevalier de l'Aigle. Les Freres ont une écharpe de soie de couleur d'eau bordée d'une frange d'or, parsemée de têtes de morts, d'ossemens en sautoir, de [p. 104] chaînes triangulaires en or, & au milieu traversée par une bande d'or représentant un pont, sur lequel sont trois lettres L. D. P. Cette écharpe se passe autour du corps en ceinture, de façon que les bouts garnis de franges d'or pendent sur les basques de l'habit. Cette écharpe se peut porter partout, excepté dans le premier appartement de cette Loge. Le Maître & les Officiers portent leurs bijoux au col, & les Officiers Freres au bas de leur cordon en écharpe. Le Maître a trois triangles, par gradation l'un dans l'autre : le premier Surveillant porte l'équerre & les deux niveaux : tous les Officiers, leurs bijoux ordinaires, mais renfermés dans un triple triangle. La forme du bijou est celle des Architectes ; mais sur le trophée il doit y avoir deux épées nouées par la lame en sautoir, & les poignées sur le niveau. Tout doit être d'or ou doré.

PRÉPARATION

Le Récipiendaire doit être vêtu de rouge, grand cordon, tablier écossois, les mains enchaînées de chaînes triangulaires ; il faut que cette chaîne soit assez longue, pour qu'il ait les mains libres. On lui apprend qu'il doit s'appeller

[p. 105]

Jérobabel, qu'il doit se présenter d'un air triste & plaintif, qu'il doit se considérer comme captif. Il ne peut avoir aucune arme, aucun ornement, ni bijou. On lui fera mettre ses mains sur son visage, jusqu'à la porte de la tou, où les Gardes le fouillent exactement avant d'être présenté.

OUVERTURE DE LA LOGE

Le Souverain. Mes Freres, aidez-moi à ouvrir la Loge de Chevalier de l'Epée.

Les Généraux répétent. Le Souverain frappe sept coups, avec distance de 5 à 6, & les Généraux en font de même. Le Souverain Général dit :

Premier Surveillant. Quel est le premier soin d'un Maçon ?

Le premier Général. Souverain Maître, c'est de voir si la Loge est bien couverte. Il y voit, après avoir examiné dehors & dedans, & s'être bien assuré des Freres, le second Général dit : « Souverain Maître, la Loge est bien couverte, & tous les Freres ici présens sont Chevaliers de l'Epée ».

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D. Le Souverain premier Général. En quel temps sommes-nous ?

R. Le premier Général. Le jour des 70 années de la captivité est accompli.

Le Souverain. Généraux, Princes, Chevaliers, il y a long temps que j'ai résolu de mettre en liberté les Juifs qui sont captifs. Je suis las de les voir gémir dans les fers ; mais je ne puis les délivrer sans vous consulter sur un songe que j'ai eu cette nuit, & qui exige explication.

« J'ai cru voir un lion rugissant prêt à se jetter sur moi pour me dévorer. Son aspect m'a épouvanté & m'a fait fuir pour chercher un asyle contre sa fureur ; mais à l'instant j'ai apperçu mes prédécesseurs, qui servoient de marche-pied à une Gloire que les Maçons désignent sous le nom de Grand Architecte de l'Univers. Deux paroles se sont fait entendre ; elles sortoient du centre de l'Astre lumineux ; j'ai distingué qu'elles signifioient de rendre la liberté aux Captifs, sinon que ma couronne passeroit en des mains étrangeres ; je suis demeuré interdit & confus, le songe a disparu. »

Depuis cet instant ma tranquillité est perdue ; c'est à vous, Princes, à m'aider de vos avis pour délibérer sur ce que je dois faire. Pendant ce discours [p. 107] les Freres ont tous la tête baissée ; mais à la fin ils regardent le premier Général en l'imitant.

Le premier Général porte la main droite à son épée, la tire, la présente la pointe en haut, le bras tendu devant lui, baisse ensuite la pointe vers la terre, pour donner l'acquiescement à la volonté du Roi, reléve ensuite la pointe en haut pour signifier la liberté, & reste alors en cette position.

Le Souverain. Que la captivité finisse ! Généraux, Princes, Chevaliers, la Loge des Chevaliers de l'Epée est ouverte. Les Généraux répétent chacun de son côté, la même chose. Le Souverain & tous les Freres font les acclamations ordinaires, mais sans applaudissemens.

RÉCEPTION

Quand le Récipiendaire est en état convenable, le Maître des Cérémonies le conduit à la porte de la tour auprès des Gardes, comme on a dit ci-dessus. Les Gardes l'interrogent, il doit répéter ce que le Maître des Cérémonies lui dit.

D. Le Garde. Que demandez-vous ?

R. Je demande, s'il est possible, de parler à votre Souverain.

[p. 108]

D. Le Garde. Qui êtes-vous ?

R. Le premier d'entre mes égaux, Maçon par rang, captif par disgrace.

D. Quel est votre nom ?

R. Jérobabel.

D. Quel est votre âge ?

R. 70.

D. Quel est le sujet qui vous améne ?

R. Les larmes & la misére de mes Freres.

Le Garde. Attendez. Nous tâcherons de faire parvenir vos plaintes au Souverain. L'un des Gardes frappe sept coups à la porte de la tour en Chevalier de l'Epée. Le second Général frappe sept coups sur le maillet du premier, ensuite le Souverain.

Le second Général. Un Garde frappe à la porte de la tour en Chevalier d'Epée.

Le premier Général. Souverain Maître, un Garde frappe à la porte de la tour en Chevalier de l'Epée.

Le Souverain Général. Premier Surveillant, qu'on l'introduise. Gardez-moi avec des précautions extraordinaires dans le trouble où je suis ; il n'est point de petits avis à négliger. Le second Surveillant va à la porte de la tour, frappe, ouvre, ramene le Garde à l'Occident, qui quitte [p. 109] la pique, croise les bras, s'incline, & dit : « Le premier d'entre les égaux des Maçons, âgé de 70, demande à paroître devant vous ».

Le Souverain. Qu'il soit introduit dans la tour du Palais, nous l'interrogerons.

Le Garde fait une autre inclination, se retire & fait entrer le Récipiendaire dans la tour, & la referme. Alors le Souverain demande au Récipiendaire au-travers de la porte, qui doit être fermée.

D. Quel sujet vous amene ici ?

R. Je viens implorer la justice & la bonté du Souverain.

D. Sur quoi ?

R. Demander grace pour mes Freres qui sont en servitude depuis 70 ans.

D. Quel est votre nom ?

R. Jérobabel, le premier entre mes égaux, Maçon par rang, captif par disgrace.

D. Quelle grace avez-vous à me demander ?

R. Que sous la faveur du Grand Architecte de l'Univers, la justice du Roi nous accorde la liberté, & qu'il nous permette d'aller rebâtir le Temple de notre Dieu.

Le Souverain. Puisque d'aussi justes motifs le conduisent ici, que la liberté de paroître devant [p. 110] nous à face découverte lui soit accordée. Aussitôt les Gardes vont ouvrir la porte de la tour, l'amenent à l'Occident, & le font prosterner.

Le Souverain. Jérobabel, j'ai ressenti comme vous le poids de votre captivité. Je suis près de vous en délivrer en vous accordant la liberté à l'instant, si vous voulez me communiquer les secrets de la Maçonnerie, pour lesquels j'ai toujours eu la plus profonde vénération.

R. Souverain Maître, lorsque Salomon nous en donna les premiers principes, il nous apprit que l'égalité devoit être le premier mobile. Elle ne regne point ici. Votre rang, vos titres, votre supériorité & votre Cour ne sont point compatibles avec le séjour où l'on s'instruit des mystères de notre ordre. D'ailleurs nos marques extérieures vous sont inconnues. Mes engagemens sont inviolables, & je ne puis vous révéler nos secrets. Si ma liberté est à ce prix, je préfére la captivité.

Le Souverain. J'admire la discrétion & la vertu de Jérobabel ; il mérite la liberté pour sa fermeté dans ses engagemens.

Les Freres acquiescent tous en baissant la pointe de leur épée & la relevant.

Le Souverain. Général second Surveillant,

[p. 111]

Faites faire à Jérobabel les 70 épreuves, que je réduis à trois : sçavoir, l'épreuve du corps, de l'esprit & de l'ame, qui sont le pectoral, la mémoire & le fer, afin que par-là il puisse mériter la grace qu'il demande, & que sa discrétion m'engage à la lui accorder.

Le second Surveillant lui fait faire trois fois le tour de la Loge. Au premier on tire un pétard. Au second, on lui demande s'il persiste à demander la liberté. Au troisième, on lui fait mettre les deux mains au-dessus du front. De retour, le second Surveillant frappe sept coups, & le premier lui dit :

Premier Surveillant. Que demandez-vous ?

Le second Surveillant. Le Candidat a subi les épreuves avec fermeté & constance.

Le Souverain. Je vous accorde, Jérobabel, la grace que vous me demandez. Je consens que vous soyez mis en liberté.

Le Souverain frappe sept coups, qui servent de signal aux Généraux pour ôter à Jérobabel ses fers, ce qu'ils font à l'instant. Puis le Souverain dit : « Allez en votre pays. Je vous permets de rebâtir le Temple détruit par mes Ancêtres, que vos trésors vous soient remis avant le Soleil couché. Soyez reconnu Chef sur vos [p. 112] égaux. J'ordonnerai qu'on vous obéisse en tout lieu de votre passage, qu'il vous soit donné tout aide & secours comme à moi-même. Je n'exige de vous qu'un simple tribut de trois agneaux, cinq moutons & sept belliers, que j'envoierai recevoir sous le portique du nouveau Temple. Si je le demande, c'est plutôt pour me souvenir de l'amitié que je vous promets que par reconnoissance. Approchez mon ami ». Les Généraux l'aménent au pied du Trône.

« Je vous arme de cette épée pour marque distinctive sur vos égaux. Je suis persuadé que vous ne l'emploierez qu'à leur défense. En conséquence, je vous crée Chevalier de l'Epée ».

En disant ces derniers mots, il lui frappe de son épée sur les épaules & l'embrasse ; ensuite il lui donne le tablier & le cordon verd, qui passe de la gauche à la droite, & lui dit : « Pour vous marquer mon estime, je vous décore d'un tablier & d'un cordon que j'ai adoptés, à l'imitation des Ouvriers de votre Temple. Quoique ces marques ne soient accompagnées d'aucuns mystères, cependant je ne les accorde qu'aux Princes de ma Cour par honneur ; deformais vous [p. 113] jouirez parmi eux des mêmes honneurs. Présentement je vous remets entre les mains de Nabazardin, qui vous donnera des guides pour vous conduire en sûreté auprès de vos Freres, au lieu où vous devez rebâtir le nouveau Temple, ainsi je l'ordonne ».

Le premier Surveillant prend le Récipiendaire, le fait entrer dans la tour, & l'y laisse pendant que les Freres passent en silence dans le second appartement. Sitôt qu'ils sont tous rangés, un Servant vient avertir le Maître des Cérémonies que tout est prêt. Il prend le Récipiendaire, le mene par derriére la tenture à l'endroit où est le Pont qui conduit au second appartement, à l'entrée duquel il trouve des Gardes qui l'arrêtent ; lui ôtent son tablier, son cordon verd, & le veulent empêcher de passer ; mais il les force, les met en fuite, & arrive à la porte du second appartement.

Le Maître des Cérémonies frappe sept coups en Chevalier de l'Epée. Les Freres dans le second appartement ne sont plus de la Cour de Cirus, & quand ils entendent frapper, ils prennent, de la ceinture du tablier, une truelle qui doit y être pendue, tiennent l'épée de la main droite, & la truelle de la gauche. [p. 114]

Le tracé de la Loge est couvert d'un drap rouge ; le second Surveillant frappe sept coups, ensuite le premier, puis le second Surveillant dit : « J'ai entendu frapper à la porte de la Loge en Chevalier de l'Epée ».

Le premier Surveillant. Très-excellent Maître, on frappe à la porte de la Loge en Chevalier de l'Epée.

Le Maître. Très-puissant Frere second Surveilveillant, voyez qui frappe.

Le second Surveillant va à la porte, frappe, ouvre, & demande ce qu'on veut.

R. Je demande à revoir mes Freres, afin de leur donner la nouvelle de ma délivrance de Babylonne & des restes infortunés de la fraternité qui sont échappés de la captivité. Le second Surveillant revient faire sa déposition au premier, qui le dit au Maître. Le Maître dit : « La nouvelle que ce captif rapporte pourroit être fondée. Les 70 années sont expirées, le jour de la réédification du Temple est arrivé. Faites-lui demander son nom, son âge, & de quel pays il est, pour éviter toute surprise ».

Le Second Surveillant frappe ; on lui répond, il ouvre & dit :

D. Quel est votre nom ?

[p. 115]

R. Jérobabel.

D. Où est votre pays ?

R. En-deçà le fleuve Starburzanai, à l'occident de l'Assyrie.

D. Quel est votre âge ?

R. 70 ans.

Le second Surveillant ferme la porte, frappe & répéte ce discours au premier Surveillant. Le premier Surveillant le redit au Maître. Le Maître dit : « Jérobabel de nom, du pays en-deçà le fleuve Starburzanaï, âgé de 70 ans : oui, mes Freres, la captivité cesse, & notre sommeil finit. Ce Captif est justement le Prince de la Tribu souveraine qui doit relever notre Temple, qu'il soit admis parmi nous, & soit reconnu pour guider & soutenir nos travaux ».

Le second Surveillant va frapper, ouvre, reçoit le Captif, & le conduit à l'Occident. Le premier Surveillant dit : « Très-excellent Maître, voici Jérobabel, qui desire être admis au sein de la fraternité ». Le Maître répond : « Jérobabel, faites-nous un récit exact de votre délivrance ». Jérobabel dit : « Cirus m'ayant permis de paroître au pied de son Trône, il fut touché des miseres de la fraternité, il m'arma de ce glaive pour la défense & le [p. 116] secours de mes Freres, & m'honora du titre de Frere à sa compagnie ; ensuite il m'accorda la liberté, & confia mes jours à des sujets zélés, qui m'ont conduit & aidé à triompher de nos Ennemis au passage du fleuve Starburzanay, où cependant, malgré notre victoire, nous avons perdu les marques distinctives que nous avoit données le Roi notre libérateur ».

D. Mes Freres, la perte que vous avez faite nous annonce que la justice de notre fraternité ne peut supporter le triomphe de la pompe & de la grandeur. Cirus, en nous décorant de ces honneurs, n'étoit pas guidé par l'esprit d'égalité qui nous accompagne invariablement. Vous voyez par cette perte, qu'il n'y a que les marques de ce Prince qui ont disparu, & que vous avez conservé celles de la véritable Maçonnerie ; mais avant que je vous en communique les secrets, qui ont été reservés depuis notre captivité dans les restes de notre fraternité, nous exigeons de vous des assurances comme la durée de votre disgrace n'a pas affoibli en vous les sentimens & la parfaite connoissance des mystères de la Maçonnerie.

R. Interrogez-moi, je suis prêt à répondre.

[p. 117]

D. Quel grade avez-vous dans la Maçonnerie ?

R. Celui de Grand Architecte.

D. Donnez-moi les signes.

R. Il les donne.

D. Donnez l'attouchement.

R. Il le donne.

Le Maître. Mes Freres Chevaliers, je crois que Jérobabel est digne d'entrer dans nos nouveaux mystères. Les Freres acquiescent en levant & haussant la pointe de leurs épées.

Le Maître. Très-puissant premier Surveillant, faites avancer le Récipiendaire par trois pas de Maître en avant, & que le dernier le mette au pied du Tribunal du Grand & Souverain Architecte, & qu'il vienne y prendre les engagemens que nous requérons. On le fait mettre à la même manière, que quand il prête les autres obligations.

OBLIGATION

« Oui, je promets, sous les mêmes engagemens que j'ai contractés dans les différens Grades de la Maçonnerie, de ne jamais révéler le secret des Chevaliers de l'Epée ou Maçons libres à aucun Membre d'un Grade in- [p. 118] férieur ou Profane, sous la peine de rester dans la captivité la plus dure, que mes fers ne puissent jamais être brisés. Que mon corps soit exposé à la merci des bêtes féroces, que mes sens soient privés de l'odorat & de l'ouie, que la foudre me réduise en poudre pour servir d'exemple à tous les indiscrets » ! Ainsi soit-il.

Le Maître se léve, & dit en remettant, ainsi que tous les Freres, l'épée dans le fourreau : « Mon Frere, la destruction du Temple ayant assujetti les Maçons à des disgraces si rigoureuses, que nous avons craint que leur captivité ou leur dissipation n'ait aidé à les corrompre dans la fidélité dûe à leurs engagemens ; c'est ce qui nous a contraints, attendant l'instant de la réédification, de nous tenir éloignés dans un lieu secret & particulier, où nous conservions fidelement quelques débris de l'ancien monument ; nous n'introduisons que ceux que nous connoissons pour vrais & légitimes Maçons, non-seulement par signes, parole & attouchement, mais encore par leurs actions & leurs mœurs ; nous leur communiquons alors nos nouveaux secrets avec plaisir, mais nous exigeons qu'ils apportent avec eux pour [p. 119] gage quelque monument de l'ancien Temple. Ceux que Cirus vous a donnés nous suffisent ». Pendant cette dernière partie on découvre le tableau : « Très-puissant Frere premier Surveillant, faites faire au Récipiendaire trois pas de Maître en arrière pour lui apprendre que nous devons tenir pour certain que la parfaite résignation est la vertu des Maçons ».

Le Récipiendaire reste à l'Occident, & le Maître dit : « Mes Freres, le motif de nos travaux, c'est la réédification du Temple du Grand Architecte de l'Univers. Ce sublime ouvrage étoit réservé à Jérobabel. Les engagemens que vous venez de prendre avec nous sous ce titre en ont produit l'exécution ; son éclat & la grandeur dans laquelle il paroît à nos yeux, vous prouvent qu'il n'est en rien diminué, & qu'il ne nous reste qu'à le conserver par l'épée que Cirus nous a donnée pour sa défense ; vous y contribuerez dorénavant, venez donc participer à nos secrets ».

Le signe de Chevalier de l'Epée, mon Frere, est de porter la main droite sur l'épaule gauche, & de la descendre diagonalement jusqu'au côté droit en se coupant le corps.

[p. 120]

Le signe de réponse est de porter la main droite sur la hanche gauche en se traversant le corps jusqu'à la hanche droite.

L'attouchement est de porter la main droite à l'épée pour la tirer comme pour combattre, ensuite faire un mouvement en voltant le corps, le pied droit derrière, & levant la main gauche, en faisant semblant de repousser son ennemi ; de sorte que les deux Freres dans cette position rencontrent les mains gauches l'une entrelacée dans l'autre, & s'embrassent.

Les paroles sont Judas & Benjamin. Le mot de passage est libertas, d'où dérive le nom de Maçon libre. « Allez donner à tous les Freres de cette Loge les signes, les attouchemens & les mots, ensuite vous viendrez me les rendre ». Il le fait par le Nord & revient par le Midi. « Mon Frere, après cette délivrance, le Roi Cirus vous a créé Chevalier Maçon, & moi je vous donne cette truelle, qui servira de symbole perpétuel de votre nouvelle dignité ; c'est-à-dire, que désormais vous ne travaillerez plus que la truelle à la main, & l'épée de l'autre, si jamais le Temple vient à se détruire ; car c'est ainsi que nous avons établi celui-ci.

[p. 121]

EN LUI METTANT L'ECHARPE

Cette Echarpe doit vous accompagner dans toutes les Loges, & vous fera une marque de la vraie Chevalerie que vous avez acquise au fleuve Starburzanaï par la victoire remportée sur ceux qui s'opposoient à votre passage.

EN LUI DONNANT LA ROSETTE VERTE

Comme nous n'admettons dans nos cérémonies aucune des marques dont Cirus vous a décoré, nous voulons cependant bien en conserver quelques monumens par une Rosette de la couleur qu'il avoit choisie, & nous la mettons sous la Rosette des autres Grades au bas du cordon Ecossois, auquel le Bijou est attaché.

EN LUI DONNANT LE BIJOU

Ce Bijou, par l'addition des épées en sautoir, nous annonce le trophée de notre Maçonnerie ; vous ne devez vous servir du vôtre que pour elle, c'est-à-dire, pour l'équité.

EN LUI DONNANT LES GANDS

Nous allons procéder à votre proclamation :

[p. 122]

« Mes Freres Chevaliers Maçons, consentez-vous que Jérobabel regne desormais sur les travaux de la Maçonnerie » ? Ils font tous l'acquiescement en baissant & relevant la pointe de leurs épées ; on le place à la chaise qui lui est destinée, en lui disant : « Passez, mon Frere, au Tribunal des Souverains de nos Loges. Vous servirez de pierre triangulaire à l'édifice, vous regnerez sur les Ouvriers, comme Salomon, Hiram & Moabon y ont regné en commandant sur eux ». Sitôt qu'il est placé, les Freres remettent leurs épées, frappent dans leurs mains trois fois, & crient trois fois Jérobabel, ensuite on commence l'Instruction.

INSTRUCTION

D. Frere premier Surveillant, comment vous a-t-on fait parvenir à l'éminent Grade de Chevalier de l'Epée ?

R. J'y suis parvenu par l'humilité, la patience & les fréquentes sollicitations.

D. A qui vous addressâtes-vous ?

R. Au grand Roi.

D. Quel est votre nom ?

R. Jérobabel.

D. Votre pays ?

[p. 123]

R. La Judée : je suis né de parens Nobles, de la Tribu de Juda.

D. Quel art professez-vous ?

R. La Maçonnerie.

D. Quel édifice bâtissez-vous ?

R. Des Temples & des Tabernacles.

D. Où les construisez-vous ?

R. Faute de terrein, nous les bâtissons dans nos cœurs.

D. Quel est le nom d'un Chevalier Maçon ?

R. Celui d'un Maçon très libre.

D. Pourquoi très-libre ?

R. Parce que les Maçons qui furent choisis par Salomon pour travailler au Temple, furent déclarés libres & exempts de tout impôt pour eux & leurs descendans. Ils eurent aussi le privilége de porter des armes. Lors de la destruction du Temple par Nabuchodonozor, ils furent mis en captivité avec le peuple Juif, mais la bonté du Roi Cirus leur donna la permission de rebâtir un second Temple sous Jérobabel, & les remit en liberte. C'est depuis cette époque que nous portons le nom de Maçons libres.

D. L'ancien Temple étoit-il beau ?

R. C'étoit la premiére merveille du monde en [p. 124] richesse & en grandeur ; car son parvis pouvoit contenir deux cens mille personnes.

D. Quel fut le principal Architecte qui construisit ce grand édifice ?

R. Dieu fut le premier, Saiomon le second, & Hiram le troisième.

D. Qui a posé la premiere pierre ?

R. Salomon.

D. A quelle heure fut elle posée ?

R. Avant le lever du Soleil.

D. Pourquoi ?

R. Pour faire connoître la vigilance que nous devons avoir pour le service de l'Architecte de l'Univers.

D. Quel ciment y employa-t-on ?

R. Un ciment mystique, composé de farine, de lait, d'huile & de vin.

D. Expliquez-moi le sens mystique ?

R. Pour former le premier homme, l'Etre Suprême employa la douceur, la sagesse, la force & la bonté.

D. Où fut posée la premiere pierre ?

R. Au milieu de la Chambre destinée au Sanctuaire.

D. Combien l'ancien Temple avoit-il de parvis ?

[p. 125]

R. Trois, une à l'Occident, une au Midi & une au Nord.

D. Combien de temps subsista le Temple ?

R. 470 ans 6 mois 10 jours.

D. Sous quel Roi d'Israel fut-il détruit ?

R. Sous le régne de Sédécias, dernier de la race de David.

D. Que signifie la Colonne Booz brisée ; le Chandelier à 7 branches enlevé ?

R. La confusion & le mal qu'on commet lorsqu'on reçoit quelqu'un qui n'en est pas digne ; c'est enlever un membre à l'Ordre.

D. Pourquoi le nombre 81 est-il tant en vénération parmi les Maçons ?

R. Parce que ce nombre explique la triple essence de la Divinité, figurée par le triple triangle, par le quarré de neuf & le nombre de trois.

D. Pourquoi les chaînes des Captifs sont-elles triangulaires ?

R. Les Assyriens ayant appris que le triangle étoit chez eux l'emblême du nom de l'Eternel, ils firent figurer les chaînes de cette façon pour faire plus de peine aux Captifs.

D. Pourquoi étoit-il défendu aux Maçons de travailler sur des édifices profanes ?

[p. 126]

R. Pour nous apprendre à ne point fréquenter les Loges irrégulières.

D. Quel étoit le plan que Cirus donna pour le nouveau Temple.

R. 120 coudées de profondeur, 60 de hauteur, & autant de largeur.

D. Pourquoi Cirus ordonna-t-il qu'on coupât les bois des forêts du Liban, & qu'on tirât les pierres des carrieres de Tyr pour la construction du nouveau Temple ?

R. Parce qu'il falloit que le second Temple fût en tout semblable au premier.

D. Donnez-moi le nom du principal Architecte qui eut la direction de ce second Temple ?

R. Bibot est son nom.

D. Pourquoi l'épée que les Ouvriers portent en travaillant ?

R. C'est que pendant qu'ils travaillent d'une main à porter les matériaux & à reconstruire le Temple, comme ils étoient sujets aux incursions de leurs Ennemis, ils tenoient leurs épées toutes prêtes à défendre leur ouvrage & leurs Freres.

D. Pourquoi les 70 lumières dans la Loge ?

R. En mémoire des 70 années de la captivité de Babylonne.

D. Etes-vous Chevalier de l'Epée ?

[p. 127]

R. Regardez-moi, il met l'épée à la main.

D. Donnez-moi le signe.

R. Il le fait.

D. Donnez-moi la parole & celle de passage.

R. Judas, Benjamin, Libertas.

D. Donnez l'attouchement au Frere premier Surveillant.

R. Il le lui donne.

D. Où avez-vous travaillé ?

R. A la réédification du second Temple.

D. Quelle heure est-il ?

R. L'instant de la réédification.

« Mes Freres, puisque nous sommes assez heureux pour avoir rebâti le Temple du Seigneur dans sa splendeur, conservons-en la mémoire & les marques par notre silence : il est temps de nous reposer : Freres premier & second Surveillans, annoncez, tant du côté du Midi, que de celui du Nord, que je vais fermer la Loge des Chevaliers de l'Epée ». Les deux Surveillans annoncent, chacun de son côté, que le Maître va fermer la Loge, puis le très-Excellent frappe sept coups ; les deux Surveillans en font de même, puis le Maître

[p. 128]

dit : « la Loge est fermée, il est permis à chacun de se retirer ». Les Surveillans répétent. On fait les applaudissemens & les acclamations ordinaires.

Fin du sixième Grade.

21e degré — Le Noachite ou Chevalier Prussien

[p. 129]

Le très-ancien Ordre des Noachites, connus sous le nom de Chevaliers Prussiens, traduit de l'Allemand par M. de Berage, Chevalier de l'Eloquence de la Loge de M. de Saint-Gellair, Chevalier Commandeur Lieutenant, Inspecteur Général des Loges Prussiennes en France, l'an de l'Ordre 4658.

LE Grand-Maître Général de l'Ordre, que l'on nomme Chevalier Grand-Commandeur,

[p. 130]

est le très-illustre Frere Frédéric de Brunswich, Roi de Prusse. Ses Ancêtres depuis 300 ans, sont protecteurs de cet Ordre, dont les Chevaliers célébrent la mémoire de la destruction de la Tour de Babel. Autrefois ils étoient connus sous le nom de Noachites, c'est-à-dire, descendans de Noé. Les Payens les connoissent sous le nom de Titans, qui voulurent escalader le Ciel pour détrôner Jupiter. Mais les Prussiens, qui ne connoissent point d'autre Dieu que le Grand Architecte de l'Univers, font consister leur bonheur à le glorifier, & à célébrer tous les ans, pendant la nuit de la pleine Lune de Mars, la confusion des langues, & la désunion des Ouvriers de la Tour de Babel, qui est une des grandes merveilles du Créateur, parce que c'est l'époque de ce jour de vengeance. C'est aussi pour cela qu'ils s'assemblent dans un lieu retiré, la nuit de la pleine Lune de chaque mois, pour tenir Loge, & qu'ils ne peuvent recevoir de prosélites qu'au clair de la Lune.

Le Grand-Maître Général de l'Ordre se nomme Chevalier-Commandeur-Lieutenant : les Dignitaires sont le premier Chevalier d'office ; le second Chevalier d'office Introducteur ; le troisième Chevalier de l'Eloquence ; le quatrième Chevalier

[p. 131]

de Garde ; le cinquième Chevalier de la Chancellerie ; le sixième Chevalier des Finances. Les autres Maîtres de la Loge s'appellent Chevaliers Maçons Prussiens. La Loge doit être au moins composée des trois premiers Chevaliers ; mais ce n'est que dans le cas qu'il y ait disette de Chevaliers M. P. dans la Ville où l'on tient la Loge ; on pourroit alors se passer des autres.

Les Noachites, nommés aujourd'hui Chevaliers Prussiens, descendent de Phaleg, Grand Architecte de la Tour de Babel ; ainsi leur Ordre tire son origine de plus loin que les Maçons descendans d'Hiram ; car la Tour de Babel fut bâtie plusieurs siécles avant le Temple de Salomon, & l'on n'exigeoit point autrefois que les sujets qui se proposoient pour être reçus, fussent Maçons descendans d'Hiram. Mais du temps des Croisades, où tous les Chevaliers des différens Ordres de l'Europe furent initiés par les Princes Chrétiens & Confédérés pour conquérir la Palestine, les Maçons descendans d'Hiram ( que nous nommerons Hiramites dans la suite ), par respect pour l'Ordre des Noachites, qui étoit en grande vénération dans ce temps-là, se firent recevoir. Les Chevaliers Prussiens, par reconnoissance, ne croyant pas pouvoir mieux confier [p. 132] leurs mystères qu'aux descendans d'Hiram, ont exigé depuis, que tous les Récipiendaires fussent reçus Maîtres de cet Ordre, sans que l'on puisse en admettre d'autres, comme il parut dans les Statuts de l'Ordre, qui sont dans les Archives du Roi de Prusse, par lesquels il est expressément défendu à un Chevalier Maçon Prussien de recevoir aucun Candidat, qu'il n'ait avant donné des preuves de son zèle & de sa capacité dans l'Ordre des Maîtres descendans d'Hiram. Il faut qu'il prouve avoir fait les fonctions d'Officier Dignitaire dans une Loge complette & régulière.

MANIÉRE DE RECEVOIR L'ORDRE

LA Salle de Réception doit être éclairée au moins par une grande fenêtre, tournée de façon qu'elle puisse recevoir la foible lumière de la Lune. Il est défendu, suivant les Statuts de l'Ordre, de recevoir les rayons du Soleil, ni d'aucunes lumières artificielles ; le Chevalier Commandeur Lieutenant ouvre la Loge par trois coups [p. 133] frappés très-lentement, à distance égale. Le premier Chevalier d'office répond par un seul coup, qu'il frappe sur le pommeau de son épée ; après le Commandeur Lieutenant dit : A l'ordre, Chevaliers, en levant les bras étendus vers le Ciel, le visage tourné du côté de l'Orient, qui est le lieu où se leve la Lune ; les Chevaliers Maçons Prussiens font la même chose ; & le Chevalier Commandeur Lieutenant, après avoir fait quelques questions du Catéchisme aux Chevaliers d'office, leur dit : « Annoncez à tous les Chevaliers que la Loge est éclairée ». Alors tous les Chevaliers reprennent leur attitude naturelle ; le dessein de la Loge est le firmament. Les Chevaliers regardent la Lune & les Etoiles, jusqu'à ce que le Candidat soit arrivé à la porte de la Loge en-dehors ; il doit être introduit sans épée & nue tête, avec ses vêtemens ordinaires, & avoir un tablier & des gands de peau blanche, tels que les portent les Maîtres descendans d'Hiram. Le second Chevalier d'office Introducteur, qui sert de protecteur au Candidat, frappe trois coups très-lentement, à distance égale ; le Chevalier de garde répond par un seul coup ; alors le Chevalier de garde, dont le soin est d'empêcher d'entrer aucun homme, à moins qu'il ne se soit [p. 134] fait connoître Chevalier Maçon Prussien, ouvre la porte par l'ordre du Chevalier Commandeur Lieutenant, & demande, bas à l'oreille, au Chevalier Introducteur le signe, l'attouchement, la parole, & le mot de passe de l'ordre ; ensuite il referme la porte, & va dire, à basse voix, au premier Chevalier d'office, que le Chevalier Introducteur a très-bien répondu, & qu'il demande à entrer en Loge. Le premier Chevalier d'office annonce tout haut la même chose au Chevalier Commandeur Lieutenant, qui lui dit d'aller dire au second Chevalier d'office Introducteur, que s'il est seul, il peut entrer ; il répond : qu'il est accompagné d'un Maître descendant d'Hiram, qui a des gands blancs, & un tablier blanc. En ce cas, premier Chevalier d'office, demandez au Chevalier Introducteur ce que veut ce Maçon descendant d'Hiram. Le premier Chevalier d'office va à la porte, frappe un coup auquel le Chevalier Introducteur répond par trois coups très-lentement. Le Chevalier de garde ouvre, & le premier Chevalier d'office demande au second ce qu'il veut ; celui-ci lui répond, que c'est un Maître descendant d'Hiram, qui, sous le bon plaisir du Chevalier Commandeur Lieutenant, desire être reçu Maître Prussien. Le premier Chevalier

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vient rendre compte au Commandeur Lieutenant, qui ordonne de le faire entrer en Maître, après qu'on lui aura demandé le mot de passe de Maître. Le Chevalier Introducteur le mene dans la Loge, en lui faisant faire trois pas de Maître, & le reconduit à la porte au-dedans de la Loge ; alors le Chevalier Commandeur Lieutenant dit au Chevalier Introducteur ; « Chevalier, me répondez-vous du Maître que vous me présentez ? J'en réponds comme de moi. Il est Maître & descendant d'Hiram ». Le Chev. Commandant Lieutenant quitte sa place, va demander au Candidat le mot de Maître ; celui-ci donne l'accolade à la manière accoutumée ; ensuite le Chevalier Commandeur Lieutenant adresse la parole aux Chevaliers. « Je vous annonce un Maître Maçon descendant d'Hiram, qui demande à être reçu Chevalier Maître Prussien, y consentez-vous » ? Aussi-tôt les Chevaliers mettent l'épée à la main, sans dire mot, & en présentent la pointe au corps du Candidat, qui répond par l'organe du Chevalier Introducteur, qu'il persiste dans les mêmes sentimens, si c'est le bon plaisir du Chevalier Commandeur Lieutenant, & de tous les Chevaliers de la Loge.

Le Chevalier Commandant Lieutenant dit [p. 136] au nom de toute la Loge : « Mes braves Chevaliers & moi y consentons, pourvu que vous renonciez à tout orgueil pendant le restant de votre vie ». Il répond : « J'y renoncerai. Commencez donc par faire un acte d'humilité ». Alors le Chevalier Introducteur, assisté du premier Chevalier d'office, conduit le Récipiendaire aux pieds du Chevalier Commandeur Lieutenant par trois grandes génuflexions qu'il fait du genou gauche ; y étant arrivé, il se prosterne devant le Chevalier Commandeur Lieutenant, qui lui ordonne de baiser le pommeau de son épée ; ensuite le Chevalier d'Eloquence prononce un discours sur l'orgueil des Enfans de Noé, & sur l'humilité de celui qui reconnut sa faute.

Le Candidat est toujours à genoux ; lorsqu'il se releve, tous les Freres, l'épée à la main, font le signe de Maître Maçon descendant d'Hiram, avec le Chevalier Commandeur Lieutenant, qui lui dit : « Promettez-vous, foi de Maître Maçon descendant d'Hiram, de garder les secrets que je vais vous confier, sous trois conditions ; la première, que vous ne révélerez jamais à aucun des Enfans d'Adam les mystères de notre Ordre, à moins que vous [p. 137] ne le reconnoissiez pour Maçon : la seconde, que vous serez officieux & compatissant pour tous les Chevaliers de notre Ordre : la troisième, que vous ne souffrirez jamais, même au péril de votre vie, qu'aucun homme porte le Bijou de notre Ordre, à moins qu'il ne se fasse reconnoître à vous pour Chevalier Maître Prussien ».

Il répond : « Je le jure & m'y engage sous les conditions que vous me prescrivez ». Ensuite le Chevalier Commandeur Lieutenant lui conte l'histoire de l'Ordre, & lui dit à la fin : « Voilà, Chevalier, le grand secret de notre Ordre, qui n'est connu d'aucun enfant d'Adam ; je viens de vous le confier avec plaisir ; malheur à vous si vous êtes assez téméraire pour être indiscret ; soyez bien circonspect, & dans l'occasion pratiquez l'humilité, à l'exemple de notre Grand Architecte ». Tous les Chevaliers remettent leurs épées, & le Chevalier Commandeur fait rendre celle du Récipiendaire ; il lui attache à la troisième boutonniere de la veste avec un ruban noir, le bijou de l'ordre, qui est d'argent, & lui dit de quitter les habillement des Maîtres descendans d'Hiram, lui donne ceux de l'Ordre ; l'on porte le tablier comme les Compagnons ;

[p. 138]

le Chevalier Introducteur avertit le Candidat d'offrir des gands au Commandeur, qui lui donne, après qu'il les a reçus, le signe, l'attouchement, la parole & le mot, qu'il rend à tous les Freres ; en leur présentant les gands.

Il est défendu par les Statuts de l'Ordre de tenir Loge de table. Comme l'on ne peut instruire les nouveaux reçus qu'à la faveur de quelque lumière, le Chevalier Commandeur, qui est le seul dépositaire du Catéchisme, peut, pour l'instruction, tenir la Loge de table de Compagnons d'Hiram, à laquelle l'on ne peut rien servir qui ait eu vie, c'est-à-dire, que ce doit être une colation frugale.

Comme l'on ouvre la Loge par trois coups, on la ferme de même ; le premier Chevalier d'office y répond par un seul coup, & le Chevalier Commandeur Lieutenant dit au premier & au second Chevaliers d'office : « Annoncez à tous les Chevaliers ici présens que la Loge est obscurcie, & qu'il est temps de se retirer ». Tous les Chevaliers étant à l'ordre, disent trois fois, d'un ton lugubre, PHALEG.

Les gands & le tablier sont jaunes ; le Bijou est un équilatéral traversé par une flèche, la pointe en bas ; il doit être en or, à un grand [p. 139] cordon noir, de l'épaule droite à la gauche ; à moins que l'on ne le porte à la boutonniere de la veste ; alors il est d'argent.

EXPLICATION DE L'ARMOIRIE

Au premier, azur, Lune d'argent, Etoiles d'or. Au second, sable, Triangle & Flèche d'or.

Explication de l'armoirie
Explication de l'armoirie. Armoirie de l'Ordre des Noachites, page 139 : au premier, azur, Lune d'argent et Étoiles d'or ; au second, sable, Triangle et Flèche d'or.

[p. 140]

CATÉCHISME

D. QUI êtes-vous ?

R. Dites-moi qui vous êtes, je vous dirai qui je suis.

D. Connoissez-vous les Enfans de Noé ?

R. J'en connois trois.

D. Qui sont-ils ?

R. Je le dirai par tous les mots de S C J.

D. Dites-moi le mot.

R. Commencez, & je vous répondrai. ( On donne les trois noms S. C. J. )

D. Que signifient ces mots ?

R. Les lettres initiales sont le mot sacré.

D. Donnez-moi l'attouchement.

R. Le voici.... en serrant trois fois, &c.

D. Faites-moi le signe. ( On le fait. )

R. J'y satisferai.

D. Dites-moi le mot de passe.

R. PHALEG.

D. Connoissez-vous le Grand Architecte de la Tour de Babel ?

R. Phaleg est son nom.

[p. 141]

D. Qui vous a appris son histoire ?

R. Le Chevalier Commandeur Lieutenant des Chevaliers Maîtres Prussiens.

D. En quelle Loge ?

R. Dans une Loge où la Lune donnoit la lumière.

D. N'auroit-on pas pu avoir d'autre lumière ?

R. Non.

D. Cet édifice étoit-il louable ?

R. Non, sa perfection étoit impossible.

D. Pourquoi étoit-elle impossible ?

D. C'est que l'orgueil en étoit le premier fondement.

D. Est-ce pour imiter les Enfans de Noé que vous en gardez la mémoire ?

R. Non, c'est pour avoir leurs fautes devant les yeux.

D. Où repose le corps de Phaleg ?

R. Dans un tombeau.

D. A-t-il été réprouvé ?

R. Non, la pierre d'agathe dit que Dieu a eu pitié de lui, parce qu'il est devenu humble.

D. Comment avez-vous été reçu Chevalier Prussien ?

R. Par trois génuflexions, après avoir baisé le pommeau de l'épée du Chevalier Commandeur Lieutenant.

[p. 142]

D. Pourquoi vous a-t-il fait faire des génuflexions ?

R. Pour me faire ressouvenir que pendant toute ma vie je dois pratiquer l'humilité.

D. Pourquoi les Chevaliers portent-ils un triangle.

R. En mémoire du Temple de Phaleg.

D. Pourquoi la flèche renversée ?

R. En mémoire de ce qui arriva à la Tour de Babel. Le tablier & les gands sont en mémoire de tous les ouvriers de la Tour. Le cordon noir est une marque de tristesse.

D. Les ouvriers travaillent-ils jour & nuit ?

R. Oui : le jour à la faveur des rayons du Soleil, & la nuit à la faveur de la Lune.

Le Chevalier Commandeur-Lieutenant est placé à l'opposé de la Lune ; les quatre Chevaliers en avant, pour être mieux à portée d'entendre les ordres, sans avoir de place fixe, pour faire voir qu'un Chevalier ayant renoncé à l'orgueil, se fait gloire de pratiquer l'humilité en tout temps.

Alphabet des Chevaliers Prussiens
Alphabet des Chevaliers Prussiens. Chiffre du grade, page 142 : les vingt-deux caracteres substitués aux lettres de a à z, gravés sur bois au bas de la page.

[p. 143]

HISTOIRE DES NOACHITES OU CHEVALIERS PRUSSIENS

LES descendans de Noé, nonobstant l'arc-en-Ciel, qui étoit le signe de réconciliation que le Seigneur avoit donné aux hommes, par lequel il les assuroit qu'il ne se vengeroit plus d'eux par un déluge universel, résolurent de construire une Tour assez élevée, pour se mettre à l'abri de la vengeance divine. Ils choisirent pour cela une plaine nommée Sennart dans l'Asie ; dix ans après qu'ils eurent jetté les fondemens de cet édifice, le Seigneur ( dit l'Ecriture ) jetta les yeux sur la terre, apperçut l'orgueil des enfans des hommes, & descendit sur la terre pour confondre leurs projets téméraires, & mit la confusion des [p. 144] langues parmi les ouvriers ; c'est pourquoi on appelle cette Tour Babel, qui signifie confusion. Quelque temps après Nemrod, qui a été le premier qui ait établi des distinctions entre les hommes ; qui a vengé même les droits & le culte dûe à la Divinité, y fonda une ville, qui pour cela fut appellée Babylonne, c'est-à-dire, enceinte de confusion. Ce fut la nuit de la pleine Lune de Mars que le Seigneur opéra cette merveille ; c'est en mémoire de cela que les Chevaliers Noachites font leur grande assemblée tous les ans dans la pleine Lune de Mars. Leurs Assemblées d'instruction se font tous les mois le jour du plein, & au clair de la Lune, ne pouvant avoir en Loge d'autre lumière que la Lune. Les ouvriers ne s'entendant plus, furent obligés de se séparer, chacun prit son parti. Phaleg, qui avoit donné l'idée de ce bâtiment, & qui en étoit le directeur, étoit le plus coupable ; il se condamna à une pénitence rigoureuse ; il se retira dans le Nord de l'Allemagne, où il arriva, après bien des peines & des fatigues, qu'il essuya dans des pays deserts, où il ne trouvoit pour toute nourriture, que des racines & des fruits sauvages.

[p. 145]

Dans cette partie, que l'on appelle la Prusse, il y construisit quelques cabanes, pour se mettre à l'abri des injures du temps & de l'air ; & un Temple en forme de triangle, où il s'enfermoit pour implorer la miséricorde de Dieu, & la remission de son péché.

Dans des décombres, en fouillant dans des mines de sel de Prusse à quinze coudées de profondeur, l'an 553, l'on trouva une forme de bâtiment triangulaire, dans lequel étoit une colonne de marbre blanc, sur la base de laquelle toute l'histoire étoit écrite en hébreu. A côté de cette colonne l'on trouva un tombeau de pierre de grès, où l'on apperçut de la poussière & une pierre d'Agate, sur laquelle étoit l'épitaphe suivante :

Ici reposent les cendres de notre G. A. de la Tour de Babel ; le Seigneur eut pitié de lui, parce qu'il est devenu humble.

Tous ces monumens sont chez le Roi de Prusse. L'épitaphe ne dit point que Phaleg étoit Architecte de la Tour de Babel ; mais l'histoire qui est sur la base de cette colonne, nous instruit que Phaleg étoit fils d'Héber, dont le [p. 146] pere étoit fils d'Arphaxad, qui étoit fils de Sem, fils aîné de Noé. Mot de passe PHALEG, mot sacré S. C. J., qui signifient Sem, Cham, & Japhet.

BIJOU

Bijou du grade
Bijou du grade. Bijou des Chevaliers Prussiens, page 146 : le triangle équilatéral traversé d'une flèche la pointe en bas.

Table des articles et fautes à corriger

Table de l'édition et liste d'errata imprimée à la fin du volume. Les corrections indiquées ici n'ont pas été reportées dans le texte, qui reste conforme à l'imprimé.

[p. 147]

TABLE DES ARTICLES CONTENUS DANS CE VOLUME

PREMIER GRADE

  • Ornemens de la Logepage 1
  • Tablier, Cordons & Titrespage 3
  • Commencement du travailpage 4
  • Préparation du Récipiendairepage 8
  • Obligationpage 12
  • Chambre obscurepage 15
  • Signespage 19
  • Attouchement & le motibid.
  • Catéchismepage 21
  • Loge de tablepage 24

SECOND GRADE

  • Ouverture de la Logepage 26
  • Maniere de frapperpage 27
  • Obligationpage 29
  • Catéchismepage 30

TROISIÉME GRADE

  • Tenture de la Logepage 37
  • Ouverture de la Logepage 38

[p. 148]

  • Obligationpage 40
  • Introduction du Récipiendairepage 44
  • Instructionpage 45
  • Façon du tablierpage 50
  • Catéchismeibid.
  • Discours du Maîtrepage 53

QUATRIÉME GRADE

  • Tenture de la Loge, tablier & bijoupage 55
  • Préparation du Candidatpage 58
  • Réceptionpage 59
  • Obligationpage 60
  • Attouchement & signespage 64
  • Catéchismepage 65
  • Vrai nom du Mont où fut bâti le Templepage 68

CINQUIÉME GRADE

  • Disposition de la Loge & Appartemenspage 71
  • Ornemens & préparationpage 74
  • Ouverture de la Logepage 75
  • Premiere obligationpage 82
  • Deuxième obligationpage 84
  • Instructionpage 90
  • Planche à tracerpage 93

[p. 149]

SIXIÉME GRADE

  • Origine des Chevalierspage 98
  • Premier Appartementpage 100
  • Second Appartementpage 102
  • Préparation du Candidat, & ouverture de la Logepage 104
  • Réceptionpage 107
  • Voyagespage 109
  • Obligationpage 117
  • Instructionpage 122

FIN

FAUTES A CORRIGER

PAGE 13, ligne 11, après au Trône en arrière, ajoutez, qu'il s'en retourne de même pour, &c.

Page 16, avant la derniere ligne, après poignard levé, ajoutez tenant.

Page 2[…], ligne 20, quand vous êtes arrivé, lis. quand [vous serez], &c.

Page 23, ligne 6, Stokin, lis. Sterkin.

Page 26, ligne 7, quel est votre devoir, lis. quel est votre emploi.

Page 34, ligne 6, vous rendre digne par vos efforts de mériter les sublimes mystères, lis. vous rendre digne de pénétrer les sublimes mystères.

Page 41, ligne 3, Bengalet, lis. Ben-gabel. Ibid. ligne 6, Bengalin, lis. Ben-gabel.

Page 42, ligne 12, Haisac, lis. Hésar.

Page 44, ligne 10, au bout desquels, lisez après lesquels.

Ibid. ligne 16, Bengalet, lisez Ben-gabel. Ibid. ligne 21, Zéomel, lisez Zéomet. Ibid. ligne 26, Bendicat, lisez Ben-dicat. Ibid. ligne 27, qui étoit Bendicat, lisez Ben-dicat.

Page 53, ligne 12, a été massacré, lisez fut massacré. Ibid. ligne 14, lui a porté le coup, lisez lui porta le coup. Ibid. ligne 15, nous devons tous nous employer, lisez tous les Maçons doivent s'employer.

Page 63 ligne 20, appellé ainsi, lisez on le nomme ainsi.

Page 65, lignes 6 & 7, en perfections, lisez à sa perfection. Ibid. ligne 8, proportion, lisez proportions.

Page 68, avant derniere ligne, & S Stolkin, nom du Maçon, lisez & S. Sterkin, mot que prononça le Maçon qui, &c.

Page 73, ligne 8, sera la Mer d'Airain montée, lisez soutenue.

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