Le manuscrit conservé au fonds Baylot de la BnF (FM4 Baylot 15) est la copie d'un officier du régiment de Foix en garnison à Saint-Domingue : le Rite de Perfection en 25 degrés, tel qu'arrêté au convent de Bordeaux, vers 1760-1770. Il ne recouvre donc pas le REAA : les vingt-trois cahiers rassemblés ici sont versés aux degrés du Rite qui leur correspondent, et sept degrés du REAA (14, 23, 24, 25, 27, 31, 33) n'ont aucun équivalent dans le manuscrit. Le texte suit la transcription d'Aeditimus, dont l'apparat critique est repris intégralement (193 notes) et dont les repères de folio sont conservés entre crochets. Les didascalies du copiste sont rendues en italique. Le texte n'est pas établi sur le fac-similé du manuscrit, qui n'est pas en notre possession : c'est la transcription qui fait foi.
4e degré · Maître Secret
Cahier « Le maître secret » (p. 9-14 de la transcription).
[3r°]
La loge de maître secret doit être tendue de même que celle de maître bleu, c'est-à-dire en noir avec des larmes. L'autel est triangulaire. Le maître représente Salomon et s'appelle très puissant, qui vient au temple pour nommer sept autres pour en remplacer un seul, qui est Hyram Abiff.
Il n'y a qu'un seul surveillant qui se nomme Adoniram. C'est celui, qui avait inspection et le détail des ouvriers, qui étaient inscrits pour travailler aux ouvrages de temple. Salomon tient un sceptre en sa main. Il est vêtu d'un grand manteau noir, doublé d'hermine, une couronne sur la tête, est placé à l'Orient devant l'autel. Adoniram inspecteur sera placé à l'Occident. On ne se sert point de maillet dans ce grade. Les travaux du temple furent suspendus par le triste événement de la perte d'Hyram Abiff. Salomon ne porte point de tablier. Il est décoré d'un large cordon bleu, pendant de l'épaule droite à la hanche gauche, un triangle au bas. Adoniram aura un large cordon bleu en forme de collier, une clef d'ivoire au bas et tous les maîtres seront ainsi décorés, ayant tablier et gants blancs, doublés d'un satin de même couleur, attachés avec des rubans blancs. Le blanc marque l'innocence des maîtres. Le ruban noir est la marque de deuil et de tristesse de la perte du chef.
La loge doit être éclairée de quatre vingt et une lumières, distribuées par sept fois neuf.
Pour ouvrir la loge de maître secret le très puissant, adressant la parole au frère inspecteur, lui dit. –
D. Frère Adoniram, êtes-vous maître secret ?
R. très puissant, j'ai passé de l'équerre au compas, j'ai vu le tombeau du respectable maître Hyram Abiff, j'ai versé mes larmes avec celles de mes frères et du plus sage et plus puissant des rois de la terre.
D. Quelle heure est-il ?
R. L'aurore a chassé les ténèbres et la grande lumière commence à luire.
D. Puisque la grande lumière a été précédée de l'aurore, qu'elle commence à luire et que nous sommes tous maîtres secrets, il est temps que nous commençons nos travaux. La loge est ouverte. –
Tous les frères, ainsi que le très puissant, frappent ensemble sept coups avec les mains, chacun en place. Après on fait le signe du silence répété, qui se fait en portant l'index et le médius sur les lèvres, répété par chaque maçon. Cette cérémonie faite, tous les frères doivent se saluer en portant la main droite sur la partie du cœur, en saluant d'abord le très puissant, ensuite le frère inspecteur et chaque colonne se salue ensemble. On s'assied, puis on tient la délibération. Si elle fait mention d'une réception, elle se fera comme suit.
Cérémonie de réception de maître secret
Le maître bleu, avant d'être introduit dans la loge, sera examiné de tous les points des trois grades, qu'il doit avoir reçu, c'est-à-dire d'apprentif, de compagnon et de maître bleu ou symbolique, par un frère expert, qui le trouvant orthodoxe, en rendra compte en frappant sept coups à la porte de la loge, annoncera un maître bleu, qui désire être reçu de maître secret et qui a les qualités requises, qui lui font mériter cette grâce.
Adoniram rendra compte au très puissant de la demande du récipiendaire et ajoutera qu'il répond de sa capacité, de sa constance. Le très puissant ordonne de l'introduire, puisqu'il répond de lui. L'Expert introduira le candidat, et lorsqu'il entre la loge, il fera successivement
genou droit sur terre, la tête baissée, comme s'il était ébloui d'une éclatante lumière, et pendant que le candidat est dans cette pose, le très puissant lui parle ainsi :
Vous n'avez vu jusqu'à ce moment, mon frère, que le voile épais, qui vous cachait le Saint des Saints du temple. Dû à votre fidélité, zèle et constance qui vous ont mérité la faveur, que je vous accorde, il vous fera voir nos trésors en vous introduisant dans ce lieu saint et sacré. Venez à moi en maître maçon contracter de nouveaux engagements.
Le frère Adoniram le fait relever, lui ordonne de marcher en maître bleu, et de se mettre à genoux au pied de l'autel pour y contracter son obligation, qui est la même, que celle du maître bleu, etc.
Après l'obligation le récipiendaire restant toujours à genoux, le très puissant descend une marche et lui met une couronne sur la tête, mêlée de feuilles de laurier et d'olivier et lui disant : Je vous reçois maître secret. Ce laurier représente victoire, que vous avez remportée sur vos passions, l'olivier est le symbole de la paix et de lumière, qui doit régner vos frères. Il ne tiendra qu'à vous de mériter la grâce, que Dieu seul peut vous donner. C'est celle d'espérer de parvenir un jour dans le lieu sûr et pour y contempler le pilier de la beauté.
Je vous décore de cette clef d'ivoire suspendue au cordon bleu, et de ce triangulaire bijou, symbole de votre félicité et de votre discrétion. Ce tablier bleu et ces gants doublés de même, marquent la candeur des maîtres secrets, que vous avez reçus à juste titre. Le cercle, qui environne la lettre J., initiale du nom sacré de l'Eternel, est tracé sur la bavette de votre tablier. Je vous donne en cette qualité rang parmi les Lévites pour devenir dans la suite le gardien fidèle du Saint des Saints et vous mets du nombre des sept pour remplacer la perte de notre cher maître Hyram Abiff et les ouvrages, que nous élevons à la Divinité. Il se fait en portant l'index et le médius de la main droite sur les lèvres, répété de chaque main.
L'attouchement est de se prendre réciproquement la main droite, porter en même temps la main gauche au coude droit, balancer par sept fois l'un et l'autre. On doit croiser les jambes pendant cette cérémonie.
Les mots sacrés et mystérieux sont Job, Adonaï, Jua. Ces mots sont les trois noms, que Dieu s'est donné en parlant à Moïse pour la première fois sur la montagne de Sinaï Le grand mot de maître est celui que Moïse avait reçu sur une lame d'or triangulaire en caractères hébraïques, lorsqu'il lui parla sur la montagne [fragment manquant sur le document [3v°]].
[3v°] Cette parole sacrée et mystérieuse ne vous sera communiquée, que lorsque la providence divine le permettra. Dieu défendit à Moïse de jamais prononcer ce nom ineffable. Selec, Aron, et Salomon eurent la faculté seule de l'appeler dans la suite, lettre par lettre, sans jamais rassembler les syllabes.
Les neuf noms, qu'il a plu à Dieu de se donner en dérivant et chacun de ces neuf noms par ces récipients royales, ont huit attributs, se rapportant à la divinité, ce qui ensemble fait 72 noms. Ces mêmes noms constituent 888 lettres, renfermées dans ces neuf voyelles suivant les cabalistes et ces neuf noms10 Eloah, Adonaj, Jehena, Job, Aloïm Javhè, Achab, Ozem, Jesoüs.
Le récipiendaire sera conduit par le frère Expert à tous les frères, afin qu'il donne les mots de passe, signes, attouchements et paroles. Après quoi il se placera au milieu de la loge pour y entendre les instructions, comme ci-après. –
Doctrine pour les maîtres secrets
D. Etes-vous maître secret ?
R. Oui, je le suis et m'en fais gloire.
D. Comment avez-vous été reçu ?
R. J'ai passé de l'équerre au compas.
D. Où avez-vous été reçu ?
R Sous le laurier et l'olivier.
D. Dans quel lieu avez-vous été reçu ?
R Dans le Saint des Saints.
D. Qui vous a reçu ?
R Salomon, aidé d'Adoniram, inspecteur des ouvrages du temple.
D. Qu'avez-vous aperçu en entrant ?
R Les traces de la majesté divine.
D. N'avez-vous rien aperçu de plus ?
R. J'ai aperçu le grand cercle, le delta au milieu et ce qu'il renferme, placé au milieu de l'étoile flamboyante, qui m'a ébloui de ses rayons.
D. Que représentent les caractères hébraïques, qui sont renfermées dans le delta ?
R. Des choses au dessus de la portée des faibles humains, que je n'ose prononcer
D. Nous sommes en loge et cela vous est permis ?
R. J'ai vu la grande clarté éblouissante.
D. Que renfermerait cette grande clarté ?
R. Le nom ineffable du Grand Architecte de l'Univers, Moïse seul en avait appris la vraie prononciation du Grand Architecte lui-même. Il fut défendu par une loi, que Moïse fit publier, de jamais prononcer ce nom mystérieux, de sorte que l'on perdit la véritable prononciation, et que nous sommes fort incertains aujourd'hui sur le nombre des syllabes qui composent ce nom sacré et redoutable.
D. Qu'avez-vous aperçu de plus ?
R. Neuf autres mots en caractères hébraïques.
D. Où étaient-ils placés ?
R.. Dans les neuf rayons, qui partaient du delta lumineux et flamboyant.
D. Que signifient ces neuf noms ?
R.. Ce sont les neuf noms que Dieu fit donner lui-même en parlant à Moïse sur le mont Sinaï,
D. Donnez-moi les neuf noms avec leur signification ?
R. Eloah, Adonaj, Jeheva, Javhe, Jah, Aloïm, Achab, Ozem, Jesoys. Ces neuf noms chacun grand attributs de la divinité, et qui en tout composent 888 lettres, qui forment 72 noms qui est pris comme le nom de la divinité selon l'alphabet des anges et l'arbre cabalistique.
D. Que représente le cercle qui environne le delta ?
R. Il représente l'immensité de la puissance de Dieu, qui n'a ni commencement, ni Fin.
D. Que représente l'étoile flamboyante ?
R. C'est le météore, qui doit nous guider à la divine providence.
D. Que signifie la lettre G., qui est dans le centre ?
R. Elle signifie Gloire, Grandeur et Gomez11.
D. Qu'entendez-vous par là ?
R. Par la gloire j'entends Dieu, par la grandeur j'entends l'homme, qui peut être grand par la perfection, Gomez mot hébreu qui veut dire « Je rends grâce à Dieu de sa suprême puissance » fut la première parole, que prononça notre père connu en voyant Eve à son réveil.
D. Que signifient les cinq rayons de l'étoile flamboyante ?
R. Les cinq ordres d'architecture, qui furent employés à la construction et à la décoration du temple, de plus les cinq sens de nature au défaut d'un desquels l'homme ne saurait être parfait.
D. Qu'avez-vous vu de plus dans le Saint des Saints ?
R. L'Arche d'Alliance, le chandelier d'or à sept branches et la table des pains de proposition.
D. Où était placés l'Arche d'Alliance ?
R. Au milieu du Saint des Saints, sous l'étoile flamboyante.
D. [Où était placée] l'étoile flamboyante ?
[4r°] R. Tout de même, que l'Arche était l'emblème de l'alliance, que Dieu avait faite avec son peuple et qu'elle avait été mise à l'ombre des ailes des chérubins, tout de même le cercle, le triangle ou delta, renfermée dans l'étoile flamboyante, sont l'emblème de la Nouvelle Alliance des frères maçons.
D. Quelle était la forme de l'arche ?
R. Un carré long.
D. De quoi était-elle ?
R. De bois de setim, ou de cèdre, couverte d'or en dehors et en dedans et surmontée d'une couronne d'or, tout en l'entour et soutenue par deux chérubins d'or.
D. Comment s'appelait la couverture de l'Arche ?
R. Le propitiatoire ou le lieu, qui servait pour apaiser la colère de Dieu.
D. Que contenait l'Arche ?
R. Les témoignages que Dieu donna à Moïse, autrement dit les tables de la loi.
D. Que contenaient les tables ?
R. Elles étaient de marbre blanc et contenaient dix commandements en caractères hébraïques.
D. Quels étaient ces dix commandements ?
R. C'était le dialogue gravé par Moïse et dicté par le tout-puissant. La première table contenait les quatre commandements divins, la seconde table contenait les six commandements humains, qui ne doivent regarder que les devoirs d'homme à homme.
D. Comment les distingue-t-on ?
R. Par les commandements de la loi divine et par les commandements de la loi humaine.
D. Dites-moi, les quatre premiers, qui regardent la divinité ?
R. 1° Qu'il n'y a qu'un seul Dieu qui Lui seul doit être adoré ;
2° Qu'il ne faut adorer aucune ressemblance d'homme, d'animaux, ni rien qui soit dans l'univers ;
3° Qu'il ne faut point jurer pour choses vaines ;
4° Qu'il faut garder le repos le septième jour ;
D. Dites moi, le six derniers, qui regardent le prochain et que vous appelez commandements humains ?
R. 5 ° Qu'il faut honorer père et mère ;
6° Qu'il faut s'abstenir de meurtre ;
7° Qu'il ne faut pas paillarder ;
8° Qu'il faut se garder de commettre larcin ;
9° Qu'il ne faut pas mentir ;
10° Qu'il ne faut pas garder le bien d'autrui.
D. A quoi servait la table ?
R. A y mettre douze pains appelés de proposition qui devaient être toujours en la présence de Dieu, ainsi qu'il l'avait ordonné.
D. De quoi étaient les pains ?
R. De la plus pure farine.
D. Comment étaient-ils placés ?
R. [fragment manquant sur le document [4v°]]
[4v°] D. Que mettait-on au-dessus ?
R. De l'encens très luisant et du plus pur.
D. Pourquoi ?
R. Pour qu'ils fussent un monument de l'oblation faite au Seigneur.
D. Comment appelait-on le Saint des Saints en hébreu ?
D. Que signifie ce mot ?
R. Parole.
D. Pourquoi l'appelait-on de même ?
R. Parce que c'était là où résidait la Divinité et où Elle rendait ses oracles.
D. Qui construisit l'Arche ?
R. Lorsque Moïse eut reçu l'ordre de Dieu pour construire l'Arche, il fit choisir de Bezeleer, de la tribu de Juda, d'Uron et de Marie, sœur de Moïse, et Elioab fils d'Izamach, de la tribu de Dan, fort habiles, le peuple témoigna tant d'ardeur pour cet ouvrage et offrit avec autant de joie son travail et son bien, que Moïse fut obligé, par l'avis même de ceux qui avaient la conduite de cet ouvrage de faire publier à son de trompe qu'il n'avait pas besoin de d'avantage. On commença donc à travailler à cet ouvrage, selon le dessein et le modèle que Dieu lui-même avait donné à Moïse, qui marqua aussi le nombre des vaisseaux sacrés qu'on devait mettre dans ce tabernacle, pour servir aux sacrifices.
D. Quel rapport ont les sept branches du chandelier ?
R. Ce nombre représente celui des sept planètes.
D. Qu'y avait-il au haut des 7 branches du grand chandelier ?
R. Il y avait à chacune une lampe et toutes ces lampes regardaient l'Orient et le Midi.
D. De combien de parties était composé le chandelier à 7 branches ?
R. De soixante et dix parties.
D. Que signifie ce nombre de parties ?
R. Ce nombre nous représente les douze signes, par lesquels les planètes font leurs cours et les lampes représentent ces 7 planètes.
D. Que représente l'œil toujours tracé dans nos loges ?
R. Une seule lumière, qui nous éclaire.
D. Comment montait-on aux galeries du temple ?
R. Par un escalier, fait en forme de vis, que l'on montait par 3, 5 et 7, pratiqué dans l'épaisseur d'un mur, dans la partie de vis.
D. Comment se nommait cet escalier ?
R. Coquille.
D. Combien y avait-il de parties au Saint des Saints ?
R. Une seule du côté de l'Orient, qu'on appelait Zara, couverte d'un tissu de pourpre, d'hyacinthe, d'or et d'azur.
D. Que vous représentent ces couleurs ?
R. Les quatre éléments.
D. Quel âge avez-vous ?
R. Trois fois vingt et sept ans, accompli 81.
D. Quel est votre mot de passe ?
R. Zizon.
D. Que veut dire ce mot ?
R. Balustrade.
Pour fermer la loge
D. Grand inspecteur, quelle heure est-il ?
R. La fin du jour.
D. Que nous reste-t-il à faire ?
R. Pratiquer le bien, fuir le vice et rentrer dans le silence.
D. Puisqu'il ne nous reste plus rien à faire, qu'à pratiquer le bien et fuir le vice, rentrons dans le silence, que la volonté de Dieu soit accomplie. Il est temps de nous reposer.
D. Frère inspecteur, avertissez les frères que je vais fermer la loge par les nombres
R. Le frère inspecteur répète à tous les frères la volonté du très puissant, qui frappe sept coups avec ses mains, qui sont répétés par tous les frères de la loge.
On se retire et la loge est fermée. Nota. Sur le tombeau ces lettres initiales I. H. S. et au-dessus une urne sur laquelle seront gravées les lettres X. C. A l'extérieur du temple deux palmiers et dans le milieu du vide du temple un triangle rayonnant et une nuée, qui se dissipe tout autour avec ces lettres et au dessous un cœur enflammé. Dans la partie où est Salomon, un triangle et ces lettres B. N. S. Il faut de plus en haut une tête de mort, un linge teint de sang, une navette piscine, un vase plein de feu et allumé. Trois aux quatre coins, quatre vaisselles, cinq de vent où les 4 zéphyrs, qui ont les joues à chaque aigle d'un autre heptagone, les lettres A. V. S. D. F. P. T., sept chandeliers sans bougies ni huile avec ces lettres H. D. O. I. P. E. M., un arc et des flèches.
Apparat critique de la transcription Aeditimus
10. Quant à ces neuf noms : cf. infra, « Doctrine pour les maîtres secrets » (même page).
11. Cf. tableau en page 32v° du manuscrit.
5e degré · Maître Parfait
Cahier « Le grade de maître parfait » (p. 15-19 de la transcription).
[5r°]
Tableau de la loge
La loge de maître parfait doit être tendue de vert. Elle doit être éclairée de seize lumières, placées aux quatre points cardinaux. Le très respectable, est placé à l'Orient, et le grand surveillant, parce qu'il n'y en doit avoir qu'un, sera placé à l'Occident.
Elle représente 1° le triangle lumineux, dans lequel est en hébreu le nom du Grand Architecte de l'Univers, pour nous rappeler la nuée, dans laquelle Dieu vint habiter le temple de Salomon, après sa dédicace ; 2° les deux colonnes J. et B. en sautoir ; 3° le Soleil et la Lune12 ;
4° les quatre chérubins et les quatre carrés, marquant l'endroit, où fut mis le corps d'Hyram dans le Saint des Saints ;
5° la pyramide, qui renferme le corps d'Hyram ;
La corde représente celle, dont on se servit pour descendre le corps d'Hyram dans la seconde fosse, lorsque Salomon le fit inhumer pour le mettre dans le Saint des Saints.
Les pyramides d'Egypte pour nous rappeler à quoi doivent s'appliquer les maçons, qui sont les sciences.
8° le Soleil et la Lune représentent que jamais la loge ne peut être éclairée par un grand-maître, qu'il ne soit décoré et parvenu aux grades pour donner des lumières à la loge, comme le Soleil et la Lune la fournissent sans cesse à l'univers.
Pour l'ouverture de la loge Le très respectable passé à l'Orient sur un trône frappe quatre coups de maillet auxquels répond le surveillant. Le très respectable lui demande, si la loge est couverte. Le surveillant lui ayant répondu : Oui, il lui demande :
D. très vénérable surveillant, quelle heure est-il ?
R. Il est quatre heures. – Il lui demande avant13 : D. Etes-vous parfait ?
R. j'ai vu le cercle et sa quadrature dans le Saint des Saints.
Il lui fait quelques questions du catéchisme avant14, qui sont relatives à une ouverture, etc. Le très respectable dit : Puisqu'il est quatre heures, il est temps, que les ouvriers aillent au travail.
Il frappe quatre coups de maillet, qui sont répétés, et dit ensuite : La loge est ouverte.
Pour fermer la loge
A la question de : Quelle heure est-il ? le surveillant répond : Cinq heures etc. A : Quel âge avez-vous ?
R. Quatre fois quatre ans ou 16 ans. Réponse à l'ouverture et la clôture.
Pour une réception
Lorsqu'il y a une réception à faire, le très respectable ordonne au frère Introducteur, maître de cérémonies, d'aller préparer le récipiendaire et de l'amener à la porte de la loge en la façon accoutumée. Le frère Introducteur revenant, dit : Frappez quatre coups à la porte, auxquels répond le surveillant et successivement le très respectable, auquel le surveillant dit, qu'on frappe en maître parfait Le très respectable ayant dit au surveillant d'aller voir qui c'est, il revient et dit, que c'est le frère N., ou un maître secret, qui demande à être reçu maître parfait.
Le très respectable ordonne lui demander son nom, son âge, s'il atravaillé, si ses maîtres sont contents de lui, et, en même temps, il lui ordonne de l'examiner sur les différents grades, où il a été admis. Cela fait, le surveillant vient en rendre compte au très respectable, qui ordonne le faire entrer.
Toutes les fois, que le Surveillent est à la porte, il doit observer de frapper quatre coups que répète le très respectable.
Le frère Introducteur, avant d'introduire le récipiendaire en loge, doit le désarmer, lui ôter sa perruque, s'il en a une et lui passer une corde au col, et l'introduire la [pointe] au corps.
Le surveillant qui le reçoit à la porte doit le conduire au Midi de la loge vis-à-vis du tombeau. Y étant arrivé, le très respectable lui demande les signes, mots, attouchements et mots de passe d'apprentif, de compagnon, de maître, et de maître secret successivement, et ordonne ensuite au surveillant de le faire voyager par quatre tours de l'Occident à l'Orient en lui disant, qu'on lui fait grâce des douze autres, qu'il aurait à faire.
Les tours finis, le très respectable ordonne de lui faire traverser le tombeau, de le faire passer ensuite par trois pas d'apprentif à la colonne Jakin, puis par trois pasde compagnon à la colonne Booz et de là lui présenter par trois pas de maître et le porter en maçon.
Ce qui étant fait, le très respectable lui fait mettre la main sur l'Evangile, pendant qu'il est à genoux et lui tenant le bout de la corde du col, jusqu'à la fin de son obligation, qui est prêté en ces termes.
[Obligation]
Je promets devant le Grand Architecte de l'Univers et cette respectable assemblée de garder et d'observer fidèlement le grade de maître parfait, qui va m'être donné et de le point révéler discrètement ni indiscrètement et sous quel prétexte, que ce puisse être sous pas moins de peines, que d'être déshonoré et de subir les peines, auxquelles je me suis soumis dans mes autres grades... Dieu veuille me tenir dans la droiture et l'équité… Amen.
[Après l'obligation]
[5v°] Après qu'il a prêté l'obligation, le très respectable lui ôte le cordon, qu'il a au col et lui dit : Je vous délie des liens du vice pour pratiquer la vertu et vous rendre libre. Aptes quoi, lui mettant le cordon vert auquel pend le bijou, il lui dit : Par le pouvoir, que j'en ai reçu et du consentement unanime de cette respectable loge, je vous élève au très haut et très sublime grade de maître parfait, mais ce n'est qu'avec conditions, que vous ne communiquerez ce grade à qui que ce puisse être, sans le consentement de cette même loge, notre mère.
Le signe commence par celui d'admiration. C'est d'étendre les bras et regarder en même temps le ciel, et s'avançant réciproquement et précipitamment la pointe du pied droit Lors, celui qu'on veut reconnaître et qui y répond de la même façon, jusqu'à ce que les deux points se touchent par les pouces ou pointes et forment un triangle ensemble. Ensuite, on se touche mutuellement le genou droit et c'est ce qui fait pointe contre pointe et portant la main droite sur le cœur et la retirer du côté droit, toujours en équerre.
L'attouchement se fait à peu près comme celui de maître bleu, en cramponnant avant avec cette différence, qu'après l'un présente la main droite, dont l'autre cramponne quatre doigts à la seconde jointure, avec sa droite, qu'il met ensuite sur celle du premier, l'autre met la gauche sur celle-ci et le second sur l'autre par quatre fois.
Le mot secret est Jehova ou Gott15, qu'on ne dit qu'en loge et à l'oreille en se donnant quatre baisers de suite sur chaque joue, répété deux fois, ce qui fait 16, nombre mystérieux du grade.
Le mot de passe est Acacia (ou selon d'autres le mot Liban).
Les ornements sont pour le respectable grand-maître et tous les parfaits maîtres un cordon vert large comme passé en baudrier de l'épaule gauche au bout duquel pend un croissant avec un compas, qui l'embrasse, au quart de cercle, le tout en or.
Le tablier doit être blanc, doublé et bordé de vert. Il doit y avoir en broderie trois cercles en or ou en soie jaune et au milieu du troisième cercle est un petit carré noir représentant la pierre vive, dont nous sommes tous taillés, où est en broderie un J. Et sur la bavette le bijou brodé.
Une partie de la tenture de la loge doit être rouge pour marquer, que nous sommes fondés sur une charité ardente.
Le tableau doit être bordé de noir avec des larmes et autres marques noires.
Le nom, que porte le maître parfait est Capulle pour nous rappeler que c'est dans le pays des capulles que les deux frères de Abiram Akiroff s'étaient retirés et que c'est là que les maîtres parfaits les détruisirent.
Doctrine du maître parfait
D. Etes-vous maître parfait ?
R. Les maçons parfaits me reconnaissent pour tel.
D. Etes-vous apprentif ?
R. Mes frères et compagnons me reconnaissent pour tel.
D. Etes-vous compagnon ?
R. Oui, je le suis.
D.Etes vous maître ?
R. Eprouvez moi, approuvez moi, ou désapprouvez-moi, si vous le pouvez, l'acacia m'est connu.
D. Etes-vous maître secret ?
R. J'ai passé de l'équerre au compas, j'ai vu le tombeau du respectable maître Hyram Abiff, et j'ai mêlé mes larmes avec celles de mes frères.
D. Etes-vous maître parfait ?
R. J'ai vu les arches et la triple quadrature, posées sur les colonnes Jakin et Booz en sautoir dans le Saint des Saints.
D. Où sont-ils placés ?
R. Sur le lieu, où fut mis le corps de notre respectable maître Hyram.
D. Que représentent les colonnes, qui l'accompagnent ?
R. Jakin et Booz, par où j'ai passé, pour parvenir au grade de maître, maître secret et maître parfait.
D. Qu'avez-vous appris dans les différents grades, où vous avez passé ?
R. J'ai appris à régler mes mœurs, à purifier mon cœur pour me mettre en état de mériter la perfection.
D. Que signifie la pierre carrée du milieu du Saint des Saints ?
R. Elle nous apprend, que notre édifice doit avoir, pour fondement la pierre vive, dont nous sommes tous taillés et construits.
D. Pourquoi les trois arches ?
R. Ils nous représentent l'emblème de la divinité, qui n'a ni commencement, ni fin.
D. Que représentent-ils ensemble [6r°] ?
[6r°] R. La création de l'univers, qui fut accomplie par la volonté de Dieu, et l'action, qu'il a donnée aux qualités primitives.
D. Qu'entendez-vous par cela ?
R. J'entends le froid, le chaud et l'humide, du mélange desquels ont été formés les quatre éléments.
D. Pourquoi sont-ils placés en ce lieu ?
R. Pour nous apprendre, que Dieu est en tout et par tout et que sans son secours on ne peut édifier solidement.
D. Que signifie la lettre J. qui est au milieu de la pierre carrée ?
R. C'est le mot sacré de maître parfait.
D. Prononcez-le.
R. Jeva ou Jehova.
D. Que signifie-t-il ?
R. C'est le nombre du Grand Architecte de l'Univers.
D. Comment avez-vous été reçu en maître parfait ?
R. En entrant dans le Saint des Saints.
D. Comment y êtes-vous entré ?
R. La pointe au cœur et la corde au col.
D. Pourquoi la pointe au cœur ?
R. Pour me faire ressouvenir que j'ai consenti, qu'il me fut arraché, si je venais à enfreindre mon serment et renier le secret des maçons.
D. Pourquoi la corde au col ?
R. Pour m'apprendre par cette humiliation à ne pas m'enorgueillir des progrès que je puis faire dans la vertu.
D. Combien avez-vous de signes ?
R. Un par quatre.
D. Pourquoi un par quatre ?
R. Pour me faire ressouvenir des quatre grades, qui ont précédé celui-ci.
D. Avez-vous des attouchements, et combien en avez vous ?
R. Oui, très respectable, un par cinq.
D. Pourquoi un par cinq ?
R. Pour me rappeler les cinq points de mon entrée.
D. Que signifient-ils ?
R. Les quatre tours et l'entrée dans le sanctuaire.
D. Que signifie le tombeau, que vous avez traversé pour entrer dans le sanctuaire ?
R. C'est la représentation du tombeau de notre respectable maître [67v°] Hyram Abiff dans la vallée.
D. Pourquoi est-elle située au Midi du sanctuaire ?
R. Pour nous apprendre, qu'il faut dépouiller l'homme du siècle pour le rendre digne d'entrer dans le Saint des Saints.
D. Que signifie la corde qui sort du cercueil et qui va aboutir dans le sanctuaire ?
R. Elle représente celle, dont les frères se servirent pour tirer le cadavre d'Hyram et pour le descendre dans le cercueil.
D. Ne signifie-t-elle rien de plus ?
R. Elle signifie, que nous avons rompu le lien du péché.
D. Qu'avez-vous fait en entrant ?
R Je suis parvenu à l'autel en marchant en apprentif, en compagnon et en maîre pour traverser les deux colonnes.
D. Pourquoi cela ?
R. Pour me faire ressouvenir, que ce n'a été, qu'en passant par les premiers grades, que j'ai pu parvenir a la perfection.
D. N'y a-t-il pas des mystères cachés sous cette signification ?
R. Elle nous apprend, que l'on ne peut pas venir au Saint des Saints, que par la pureté des maçons, la droiture du cœur, et le secret, dont les très respectables sont les experts.
D. Pourquoi êtes-vous entré par le coté du sanctuaire ?
R. Pour m'apprendre à quitter les routes ordinaires.
D. Pourquoi vous a-t-on placé au milieu de la loge ?
R. Pour m'apprendre, que le milieu est le signe de la vertu.
D. Quelle est notre couleur ?
R. Le vert.
D. Pourquoi ?
R. Pour nous rappeler, qu'étant morts dans le vice, nous espérons revivre par la vertu et, par là, monter aux deniers grades et parvenir aux sciences sublimes.
D. Qui peut vous les communiquer ?
R. Dieu seul à qui il appartient de tout savoir.
D. Que signifient les deux pyramides, qui sont sur notre tableau ?
R. Elles nous représentent l'Egypte, où les sciences ont pris leur commencement.
D. Que signifie notre bijou ?
R. Qu'un maçon parfait ne doit agir, qu'avec mesure et soit être attentif à tout. – Fin, fin, fin.
Le mot de passe est Capulliste et le nom du maître Capulle. L'âge est de 4 fois 4 ans ou 16 ans. ___________________________________ Fin ____________________________________
[Page 6v° vierge.]
Apparat critique de la transcription Aeditimus
12. Le 3° figure en rajout, à la suite de 4°.
13. Cette question, avec la réponse qu’elle entraîne, a été rajoutée secondairement : c’est un oubli qu’on a ainsi réparé. De fait, elle prend normalement place avant celle qui la précède dans le manuscrit (cf. Il lui demande avant).
14. Correction secondaire : le manuscrit porte originellement ensuite, qui a été barré.
15. Ajout secondaire, dans l’interligne supérieur. A noter la lecture incertaine de ces deux noms ; le premier pourrait encore être lu Jehena, seul le contexte nous incitant ici à la première lecture (au reste, on trouvera bien Jehova infra ; pour autant, nous devions préciser).
6e degré · Secrétaire Intime
Cahier « Le grade de maître secret par curiosité ou le secrétaire intime, maître anglais » (p. 20-23 de la transcription).
[7r°]
Explication de ce grade
Les deux frères qui représentent Salomon et Hyram roi de Tyr sont couverts d'un manteau de velours gris bleu, garni d'hermine, une couronne sur la tête et un sceptre à la main.
+ La loge est éclairée de 27 lumières en trois chandeliers à neuf branches, placés l'une à l'Orient, l'autre au Midi et la troisième à l'Occident. La loge s'ouvre par 27 coups de neuf en neuf, avec un peu de distance du huitième au neuvième. Lorsque le frère qui représente Salomon les a frappés et que celui qui est le représentant d'Hyram les a répétés, tous les maîtres anglais fléchissent le genou droit, croisent les mains et les portent de façon que les deux pouces touchent le front et disent, ou soufflent, d'une voix à demi basse, Jehova qu'ils répètent trois fois. Puis ils se relèvent, mettant l'épée à la main et sortent de la loge. Mais avant de sortir, Salomon nomme un capitaine et un lieutenant de ses gardes, les autres frères prennent alors le titre de gardes.
Ces deux officiers sont [nommés] pour prendre garde que tous les frères qui sont hors de la loge se comportent avec décence, veillant à la sûreté de la loge et en écartant les profanes.
Tous les maîtres anglais doivent porter un tablier blanc, doublé et bordé de couleur de feu, un cordon de pareille couleur au bout duquel pend un simple triangle ; ils doivent aussi porter des gants blancs, bordés de franges, le cordon se passe au col et doit laisser pendre le triangle devant la poitrine.
Il ne doit rester dans la loge que Salomon et Hyram roi de Tyr, les autres doivent être dans l'autre chambre.
++ La tenture est noire, c'est la même salle où Salomon avait fait élever un mausolée à Hyram.
Réception
Après qu'on ait ôté au récipiendaire son chapeau, son épée, ses gants, son tablier et son cordon, on le place à la porte de la loge comme s'il écoutait. On lui fait passer sa main par l'ouverture que la dite porte doit laisser. On fait alors un petit bruit, qui fait tourner la tête au roi de Tyr qui aperçoit celui qui écoute, lève les yeux au ciel, porte sa main étendue sur le front en disant : O ciel, on nous écoute ! Salomon répond que cela ne peut pas être puisque le garde est en dehors.
Hyram, sans lui répondre, se lève, court à la porte et saisit la main du récipiendaire, l'entraîne dans la chambre et dit à Salomon : Le voilà. Salomon répond : Qu'en faisons-nous ? et Hyram, mettant l'épée à la main, dit : Il faut le tuer. Salomon quitte aussitôt sa place, mettant la main sur le garde de son amie sans la tirer et dit : Le gracier ! puis frappe un coup de maillet sur la table et appelle ses gardes.
Le capitaine entre avec six ou sept gardes, salue Salomon en tirant sa main de l'épaule gauche au centre et à la droite. Salomon leur dit : Faites sortir le coupable, vous m'en répondrez.
Les gardes étant sortis, Salomon et Hyram restés seuls, parlent seuls quelque temps à voix basse. Puis Salomon frappe un coup de maillet sur la table, le capitaine, le lieutenant et leurs 6 gardes entrent, conduisant le récipiendaire au milieu d'eux. Au signe que Salomon fait, on le fait avancer aux pieds du trône et tous les maîtres anglais prennent
J'ai tant fait par mes prières auprès du roi de Tyr que votre curiosité avait offensé au point de prononcer votre arrêt de mort que j'ai non seulement obtenu votre grâce mais encore son consentement pour vous recevoir maître anglais. Vous sentez-vous capable de garder un secret inviolable ? Voulez-vous vous y obliger à la manière accoutumée ? Ayant dit : Oui, Salomon lui fait mettre la main sur l'Evangile et étant sur genoux, il dit :
Obligation
Je jure et promets devant le Grand Architecte de l'Univers et cette compagnie de ne jamais dire, révéler, écrire, tracer, ou dessiner directement ou indirectement à qui que ce puisse être, ni permettre, que l'on trace, grave ou dessine rien qui puisse avoir réponse à ce qui va m'être confié et en cas d'infraction, je consens d'avoir le corps ouvert, les entrailles arrachées, le cœur déchiré pour le tout être jeté aux bêtes féroces. Ainsi Dieu me soit en aide.
[Après l'obligation]
Après l'obligation Salomon fait ouvrir le tableau qu'il explique au récipiendaire. La fenêtre, que vous voyez dans ce nuage, représente la voûte du temple. Le J. que vous voyez dans le vitrage veut dire Jehova, l'édifice du front représente le palais de Salomon et la porte du grand portail par où on y entrait, les larmes et le mausolée marquent la chambre tendue de noir où Salomon s'enfermait à ses moments de loisir pour regretter le sort malheureux d'Hyram Abiff et où il était quand le roi de Tyr le vint voir, la lettre A. signifie Alliance, le premier P. à droite du mausolée signifie Promesse et le second P. à gauche signifie Perfection.
Après cette explication, on fait avancer le récipiendaire et Salomon le reçoit maître anglais en lui passant le cordon et lui disant : Je vous reçois maître anglais ou secrétaire intime par le pouvoir que j'aurai reçu de la respectable loge, à condition que vous serez aussi fidèlement attaché à l'Ordre dans lequel vous allez entrer que le fut le grand homme dont vous remplissez la place. C'est de notre respectable maître Hyram Abiff, architecte du temple, dont je prétends vous parler. La couleur du cordon dont vous aillez être décoré, doit vous rappeler la triste mémoire des coups que lesquels assassins lui donnèrent et du sang qu'il aima mieux verser jusqu'à la dernière goutte plutôt que de révéler le secret que nous allons vous confier. Nous espérons, mon très cher frère, que votre fidélité sera à toute épreuve et que cette épée, dont nous vous armons, servira à vous défendre contre les téméraires qui auront tenté de vous surprendre sur les secrets que nous vous confions.
Alors Salomon lui donne le signe, mots et attouchement. Le premier signe se fait en portant la main droite sur l'épaule gauche la faisant descendre sur la ceinture droite ce qui fait allusion [7v°] à la partie du serment dans lequel en cas d'infraction d'avoir le corps [ ?]. [7v°] Le second signe se fait en croisant les mains et les laissant tomber du côté de l'épée.
L'attouchement se donne prenant d'abord la main droite, comme pour donner l'attouchement de maître ordinaire et se tournant ensuite la main sans dessus dessous, l'un disant Alliance, l'autre, en retournant la main Promesse. Puis, portant la main droite avec précipitation entre la manche de l'habit et la chemise sur le coude droite, on dit ensemble Perfection et tout de suite la portant sur l'épaule droite. En s'embrassant on prononce Moabon, qui veut dire ventre coupé.
Les mots sont Joäbé, ou Zerbal (nom de celui, qui écoutait à la porte du prince). Le grand mot est Jova.
Histoire de ce grade
Salomon, suivant le traité que firent ses ambassadeurs avec le roi de Tyr, devait donner en retour de la perte qu'il avait tiré des forêts du Liban et des autres matériaux, pris dans les carrières de Tyr, prêts à mettre en place, tant de mesures d'huile et de miel et de boisseaux de farine en sus d'une province de trente gouvernes, ce qui devait être exécuté après la perfection du temple.
Salomon demeura entièrement un an sans tenir sa promesse. Pendant ce temps-là Hyram fut visiter la province qu'on lui avait cédée par le traité. Il la trouva stérile, sablonneuse et habitée par des peuples féroces et sans discipline, de sorte que cette province lui devenait plus à charge, qu'à profit. Il crut donc devoir lui-même venir à la cour de Salomon et se plaindre à lui en personne de ce qu'il remplissait si mal les articles du traité.
Y étant arrivé, il traversa la cour et les appartements de Salomon qu'il fut joindre dans cette chambre, tendue de noir, où il était occupé à regretter Hiram Abiff. Hyram traversa cette cour et les appartements avec tant de vitesse, qu'un des favoris de Salomon, qui s'en aperçut, craignit quelque mauvais dessein contre son maître et le suivit S'étant approché de la porte où Salomon et Hyram étaient ensemble, il les écouta avec tant peu de précautions, car Hyram s'en allant aperçu, mit la main droite sur le front et s'écria à haute voix : O ciel, on nous écoute ! Tout de suite ayant couru à la porte, il y saisit la main du favori, qu'il entraîna dans la chambre, disant à Salomon : Le voilà. Salomon ne pouvant en douter, dit : Que faisons-nous ? Il faut le tuer, dit Hyram qui avait déjà son épée à la main, mais Salomon, étant descendu de son trône, dit : Arrêtez ! appela ses gardes et leur ordonna de se saisir de ce favori et de répondre de lui. Après quoi, les faisant retirer, il parla à Hyram en ces termes :
Roi de Tyr c'est le seul de mes favoris et de tous les grands de ma cour qui me soit aussi étroitement attaché. Je connais assez le fond de son cœur pour être assuré que ce qu'il a fait est moins un effet de sa curiosité (ce qui le rendrait moins criminel) que la crainte qu'il avait qu'il n'arrivât quelque chose de fâcheux. L'altération, qu'il a remarquée sur votre visage lorsque vous avez traversé ma cour, lui a fait naître cette curiosité qui est une nouvelle preuve de son affection. Pour moi, révoquez, je vous prie, l'arrêt de mort que vous avez prononcé contre lui. Je vous réponds et de son zèle et de sa discrétion.
Le roi de Tyr connaissant par la façon dont lui parlait Salomon, combien il le satisferait en laissant la vie à ce favori, consentit à tout ce qu'il voulut et avant de se séparer, ils renouvelèrent leur alliance avec promesse qu'elle serait persévérante et signèrent un traité qui fut depuis inaltérable. Joaber, ce même favori, fut le secrétaire intime de ce traité de leurs clauses et conditions. C'est ce qui forme ce grade.
On ferme la loge, comme on l'a ouverte.
Doctrine
D. Etes-vous secrétaire intime ou maître anglais ?
R. Oui, je le suis, en levant trois fois les yeux au ciel.
R. Par curiosité.
D. Comment avez-vous été reçu ?
D. Quel risque courriez-vous ?
R. Celui de perdre l'âme.
D. Que fit-on de vous, quand vous fûtes hors du danger ? Le bijou du secrétaire intime est un triangle équilatéral d'or. D'un coté sont les lettres en rouge à chaque angle le B. N. S. et de l'autre à chaque angle F. E. C. pendant au col par un cordon noir et une rosette ponceau au nœud.
R. On me remit entre les mains des gardes.
D. Etaient-ils maîtres anglais ?
R. Je n'en savais rien.
D. Quel est le mot de maître [9v°] anglais, secrétaire intime ?
R. Moabon.
D. Que signifie-t-il ?
R. Parvenir avec stabilité.
D. Qu'étiez-vous avant d'être reçu maître anglais ?
R. Favori de Salomon.
D. De quelle province étiez-vous ?
R De Capulle d'où me vient le nom de Capuliste [8r°].
[8r°] D. Combien avez-vous de gouvernements dans votre province ?
R Trente.
D. Où avez-vous été reçu maître anglais ?
R. Dans le palais de Salomon.
D. Que signifie la lettre J. dans le vitrage ?
R. Jehova qui dans ce grade signifie : Rendons grâces au Seigneur, bénissons-le, l'ouvrage est fini.
D. Que signifie l'A. du tableau ?
R. L'Alliance que Salomon avait faite avec le roi de Tyr.
D. Que signifient les deux P. qui l'accompagnent ?
R. Promesse et Perfection.
D. De combien de lumières est éclairée la loge ?
R. De vingt et sept lumières.
D. Pourquoi d'un si grand nombre ?
R. Pour représenter la grande porte du tableau.
D. Que représente la grande porte du tableau ?
R. Celle du temple de Salomon.
D. Que signifie le triangle, qui pend au bas du cordon ?
R. La foi, l'espérance et la charité, ou Salomon, Hyram, et Hyram Abiff. –
[Signature]
7e degré · Prévôt et Juge
Cahier « Le grade de prévôt et juge ou maître irlandais » (p. 24-28 de la transcription).
[8v°]
La loge de maître irlandais, ou prévôt et juge, doit être éclairée par cinq grandes lumières, élevées sur quatre coins de la loge et la cinquième au milieu. La loge est tendue de rouge, le maître s'appelle très illustre maître, placé à l'Orient sous un dais bleu parsemé d'étoiles d'or et les rideaux doivent être houppés.
Pour ouvrir la loge
Le très illustre maître, placé à l'Orient, les 2 surveillants à l'Occident, les illustres maîtres placés par ancienneté à droite et à gauche. Le très illustre frappera quatre coups et un séparé, qui feront cinq et qui sont répétés par les 2 surveillants.
D. Mes très illustres frères surveillants, avez-vous fait votre devoir ?
R. très illustre maître, la loge est couverte et nous pouvons commencer nos travaux.
D. Où se tient notre maître ?
R. Partout, très illustre maître.
D. Pourquoi cela ?
R. Pour veiller à la conduite des ouvriers, présider aux travaux et rendre la justice à un chacun.
D. Quelle heure est-il ?
R. Le point du jour, huit heures, deux heures et sept heures.
Le très illustre frappe quatre coups de suite et après frappe le cinquième en se posant avec son maillet sur l'autel. Les coups sont répétés par les surveillants et il dit : Puisqu'il est le point du jour soit huit heures, deux heures et sept heures, il est temps, que les ouvriers aillent aux travaux. La loge est ouverte. Tous les illustres maîtres frappent ensemble quatre coups et un coup séparé avec les mains et chacun prend sa place.
Pour une réception
Le très illustre maître, ayant un sceptre à la main, ordonne au frère Introducteur d'aller préparer le récipiendaire et, lorsqu'il l'a emmené à la porte, il doit frapper cinq coups comme ci-dessus, ces mêmes coups sont rendus par les surveillants et répétés par le très illustre, à qui les surveillants disent que l'on frappe en maître irlandais, prévôt et juge.
Le très illustre ordonne d'aller voir qui frappe ainsi. Les surveillants viennent lui annoncer que c'est le frère N. qui désire passer au grade de maître illustre, prévôt et juge. Le très illustre ordonne de l'examiner et de l'introduire à la manière accoutumée. Le frère Introducteur le place entre les deux surveillants. Après l'avoir fait entrer par cinq coups, on lui fait mettre un genou par terre. On lui met une épée nue sur l'épaule gauche et on lui fait prononcer le mot [Ciui]. Au bout de quelques moments le très illustre lui répond Ki. Le premier mot signifie : Fléchissez le genou ! et le second : Levez-vous !
Ensuite le second surveillant lui fait faire sept fois le tour du temple carré, pendant lesquels le très illustre lui parle au premier en ces termes, après lui avoir fait faire le signe d'apprentif et dire le mot Jakin : Vous venez, mon très cher frère, de faire un tour, qui marque que vous ne faites que de naître.
On lui fait faire ensuite le second tour, auquel le très illustre maître lui fait faire le signe de compagnon et dire le mot Booz, et lui dit qu'il vient d'entrer dans l'âge viril.
Au troisième tour, il lui fait faire le signe de maître et dire le mot Mack-Benack, et lui dit qu'il vient d'entrer dans l'âge avancé, où il doit connaître et distinguer le bien et le mal en lui disant : Mon très cher frère, comme l'homme passe vite sur la terre, il est comme la fumée que le moindre souffle de vent emporte.
Au quatrième tour, il lui fait faire le signe de maître secret et dire le mot Zizon.
Au cinquième, il lui fait faire le signe de maître parfait et dire le mot Jevah.
Au sixième il lui fait faire le signe de favori et secrétaire intime et dire les mots Berith, Neder, Selemout[k].
Et au septième, après avoir fait faire le salut à chaque tour, il ordonne de l'emmener au pied du trône où il lui dit : Mon frère, vous voilà, déjà vieux et caduc, quelle satisfaction pour vous de n'avoir rien à vous reprocher d'avoir toujours resté entre l'équerre et le compas, et d'une probité à toute épreuve. Il ne fallait moins, mon très cher frère, que le témoignage que cette illustre loge a rendu de vous et de vos actions pour vous admettre dans ce temple que le roi Salomon fit bâtir à côté de celui qu'il avait bâti, élevé et fini à l'Eternel. Et pour le mettre de niveau au grand temple, il fit combler une vallée qui avait plus de 180 pieds de profondeur. Ce temple carré était entouré d'une galerie d'argent. Il était dans sa partie intime orné plus richement que le grand. Il avait quatre portiques : à l'Est un, à l'Ouest un, au Nord un et au Sud un.
Nous vous constituons prévôt et juge sur tous les ouvriers de cette loge. Comme nous sommes convaincus de votre discrétion, nous vous confions la clef de l'endroit, où repose le corps de notre respectable maître Hyram Abiff. Ensuite de ce discours on fait approcher le frère du très illustre par quatre pas de maître qui portent sur les quatre portiques du temple et étant arrivé à l'Orient, le très illustre maître lui fait prêter son obligation en ces termes :
Obligation
très illustre maître, je jure et promets devant le Grand Architecte de l'Univers, notre Grand et parfait Maître, et devant les illustres frères ici présents, de ne rien révéler de tout ce qui concerne les mystères de ce grade, soit discrètement, soit indiscrètement, mentalement ou par écrit, sous quel prétexte que ce puisse être, de terminer ou faire terminer à l'aimable tous les différents qui pourront naître entre mes frères, d'être juste et équitable envers tout le monde puisque je suis constitué par cette illustre loge pour rendre la justice et ce sous les mêmes peines auxquelles je me suis soumis dans mes précédentes obligations. Ainsi que Dieu veuille m'en donner la force en me donnant les sentiments de l'équité et de la justice. Amen, amen [9r°].
[9r°]
[Après l'obligation]
Après le serment fait, le très illustre fait relever le récipiendaire et, l'ayant fait avancer, il lui donne deux coups de son bâton royal sur chaque épaule et lui dit : Par le pouvoir, que j'ai reçu et dont je suis revêtu, je vous constitue prévôt et juge sur tous les ouvriers et tous les ouvrages du temple. Je vous décore en cette qualité de cette clef d'or, suspendue à ce cordon rouge que vous porterez en forme de collier. Voici le tablier doublé de même couleur, cette couleur rouge marque l'ardeur des maîtres. La poche au milieu sert à renfermer la clef des plans et sur la bavette est une clef brodée en or et quatre rosettes rouges ou couleur de cerise ainsi que la doublure, si l'on veut, et une rosette bleue au milieu. Il lui fait promettre ensuite, qu'il sera aussi circonspect avec les maîtres symboliques qu'il l'a été envers les profanes et lui donne ensuite les signes, les attouchements et les paroles et mots de passe, et de l'autre main, le roi ou très illustre lui remet la balance.
Le signe est d'embrasser le nez avec les deux premiers doigts du côté du pouce de la main droite. Le bout des doigts en haut en serrant le nez et on laisse glisser les bouts des doigts jusque sur la lèvre supérieure. On répond à ce signe en embrassant le menton avec le premier doigt et le pouce de la main droite, fermant les quatre autres doigts et faisant le doigt et le pouce se joindre par les bouts dans l'anneau de laquelle clef est une petite balance.
L'attouchement est que l'on empoigne les trois premiers doigts de la main droite en laissant les petits doigts de la même main d'un chacun en dehors avec lesquels on frappe l'un sept coups et le second en répond autant, ou si le premier n'en frappe qu'un ou trois, le second en répond quatre. C'est l'attouchement le plus ordinaire. D'autres même ne frappent qu'un, l'un deux et l'autre quatre.
Le mot de passe est Tito qui est le nom du doyen des 378 maîtres pour les irlandais, ou Jakinaï.
La parole est sextuple : Ciui, Ki, Jua, Hyram, Stokin, Geometros, Architecte, Xinxu18.
Le grand mot est Jakinaï.
Doctrine
D. Etes-vous illustre irlandais ou prévôt et juge ?
R. Interrogez-moi en parfait et je vous répondrai. Je rends la justice à tous les ouvriers, sans exception d'aucun.
D. Comment êtes-vous entré en loge ?
R. Par quatre grands coups et un excès, les quatre portiques du temple, et un détaché veulent dire que c'est le seul temple de l'Eternel.
D. Qui vous a introduit en loge ?
R. Un second surveillant qui m'a conduit à la partie occidentale.
D. Qu'a-t-il fait de vous ?
R. il m'a mis entre les mains du premier surveillant, qui m'a prononcé le mot Ciui.
D. Que vous a répondu le très illustre maître ?
R. Ki. Ces mots signifient, le premier : Fléchissez le genou ! et le second : Levez-vous !
D. Avez-vous voyagé ?
R. Oui, j'ai fait sept fois le tour du temple aux quatre portiques.
D. Que signifient ces tours aux quatre portiques ?
R. Les quatre âges du monde, la naissance, l'âge viril, la vieillesse et la mort
D. Qu'avez-vous fait ensuite ?
R. J'ai été aux pieds du très illustre par quatre grands pas de maître, qui m'ont porté sur les 4 portiques du temple.
D. Que vous a donné le très illustre ?
R. Il m'a donné les signes, attouchement et paroles.
D. Que vous a-t-il donné ensuite ?
R. Le cordon et le tablier, chacun avec leurs décorations.
D. Qu'avez-vous vu dans la loge ?
R. Quatre grandes lumières aux quatre coins et une au milieu.
D. Qu'avez-vous vu encore ?
R. J'ai vu la houppe dentelée au milieu de laquelle était situé un petit coffre de bois d'ébène.
D. Qu'avez-vous vu de plus ?
R. J'ai vu un grand G. et un grand A. entrelacés, une balance et une clef. Le G. et le A. signifient que Dieu a été l'architecte du temple.
D. Quoi encore ?
R. J'ai vu un I. H. S., un grand X. C., une urne d'or enflammée et le tombeau d'Hyram. X. C. signifie Xincu, qui veut dire le signe ou le repos de l'âme.
D. Où était le tombeau d'Hyram ?
R. Sous la seconde marche du temple, à main droite en entrant.
D. Que signifie la balance ?
R. L'entière inspection que nous avons sur les ouvriers et les ouvrages du temple et la marque de la justice, que nous portons.
D. Que signifie cette clef ?
R. Elle marque qu'il n'y a que nous qui savons où est placé le tombeau d'Hyram et que nous gardons les plans.
D. Où est placé le cœur d'Hyram ?
R. Il est placé dans une urne d'or enflammée, et gardée dans le sanctuaire.
D. Que veut dire I. H. S. entrelacé avec la branche d'acacia ?
R. J. signifie Jua, H. Hiram et S. Stokin qui le premier découvrit le corps d'Hyram et donna le mot de maître [9v°].
[9v°] D. La clef ne servait-elle pas encore à autre chose ?
R. Elle servait au doyen des 378 maîtres à ouvrir le petit coffre d'ébène pour renfermer et tirer les plans qu'ils distribuaient aux maîtres parfaits qui en pouvaient les proportionner sur la planche à tracer.
D. Que signifie la poche qui est sur votre tablier ?
R. Elle servait aux maîtres parfaits pour renfermer la clef et les dessins à distribuer.
D. Que signifient les rosettes rouges ?
R. Le rouge marque le sang d'Hyram.
D. Que signifient les bleues ?
R. La fidélité des maîtres.
D. Et les blanches ?
R. Leur innocence.
D. Quelle heure est-il ?
R. Le point du jour, huit heures, deux heures et sept heures.
D. Pourquoi tout cela ?
R. Parce qu'un illustre maître irlandais doit se trouve partout à toute heure du jour.
D. Quel âge avez-vous ?
R. Soixante et quatre ans.
D. Qui furent ceux qui entrèrent dans le temple carré ?
R. Il n'y eut que les hommes entièrement parfaits.
Pour fermer la loge
Ensuite le très illustre maître frappe quatre coups et un séparé, les surveillants les rendent. Tous ensuite forment le cercle pour faire passer les paroles et le mot de passe et tout finit.
[Signature]
Alphabet de l'illustre maître irlandais prévôt et juge / Second alphabet / Troisième alphabet
Apparat critique de la transcription Aeditimus
18. Ou Xinscu ? Plus bas, on trouvera Xincu.
8e degré · Intendant des Bâtiments
Cahier « L'élu de cinq, le surintendant des bâtiments ou maître en Israël » (p. 68-73 de la transcription).
[20r°]
Le chapitre doit être tendu de rouge et éclairé de vingt et sept lumières de neuf en neuf, placées de la même façon qu'aux loges Symboliques, ou tout autour de la loge. Le très respectable maître, ou très excellent maître, qui en ce grade représente Salomon, est placé à l'Orient sous un dais d'azur, parsemé d'étoiles d'or, et assis sur un trône... Adonyram est le nom du premier surveillant et le maître de cérémonies fait fonction de second surveillant. Ils sont assis, tous trois en triangle, les deux derniers à l'Occident de la loge et il y a. cinq autres lumières sur l'autel, Adoniram à droite et le maître de cérémonies à gauche, prêt à recevoir ses ordres.
Pour ouvrir la loge
Le très excellent maître ayant un sceptre en la main, dit : Frère Adoniram, serions-nous en sûreté ? Adoniram répond : Oui, très excellent maître, nous sommes à couvert dans cette loge.
D. Quelle heure est-il ?
R. Le point du jour parait.
Le frère Adoniram, ayant ainsi répondu, le très excellent frappe cinq coups sur l'autel avec son sceptre, qui sont répétés par Adoniram, qui les frappe avec son maillet et le maître de cérémonies en fait autant. Le très excellent dit ensuite : Puisqu'il est le point du jour, il est temps, mes chers frères, que nous commencions nos travaux. La loge est ouverte. Tous les frères alors frappent ensemble cinq coups et chacun prend sa place.
Pour une réception
Le très excellent, qui représente Salomon, dit : Frère Adoniram, comment réparer les malheurs, qui nous sont arrivés par la mort d'Hyram Abiff ? Vous savez, qu'il était chargé, lui seul, des ornements de la chambre du milieu, ou troisième lieu, d'autant plus important qu'il devait contenir l'Arche sainte, et assurer le peuple juif de la présence et de la protection de l'Eternel. Cependant a-t-il eu le temps seulement de les ébaucher que le plus horrible crime nous l'a enlevé. Voyez, Adoniram, si vous pouvez me donner quelques avis là-dessus, qui soit salutaire et sage.
Très excellent maître, je sens très parfaitement toutes les difficultés, qu'il y a à réparer la perte que nous avons faite, mais dans la conjoncture où nous nous trouvons, je crois que l'unique moyen qui nous reste est de fonder cinq chefs des cinq ordres d'architecture afin que tous ensemble réunissant nos capacités nous puissions achever les ouvrages du troisième lieu, Adoniram dit. Le très excellent maître : Votre conseil est trop sage pour que je ne le mette par en pratique et pour vous donner une preuve du cas que j'en fais, je vous établis vous et votre père Abda inspecteur et conducteur de ces mêmes ouvrages. Voyez dans la chambre du milieu, s'il n'y aurait point quelqu'architecte.
Le très excellent maître frappe 3, 5 et 7 coups avec son sceptre et dit, en portant la main au front comme pour parer un coup de lumière ou un coup de Soleil : Frère, Adonyram, faites informer. Alors le maître de cérémonies sort et va dans la chambre voisine, où il demande s'il y a quelque chef des cinq ordres d'architecture. Alors, le récipiendaire, à qui l'on souffle,
appliquer avec attention à tous les ouvrages auxquels le très excellent voudra vous attacher ? Il répond : Je regarde comme le plus grand bien et le plus grand avantage, qui puisse m'arriver de [concourir] au but qu'il est proposé d'élever à l'Eternel un monument digne de sa gloire. Il lui demande les signes, mots et attouchements d'apprentif, compagnon, maître etc. Et alors le maître de cérémonies frappe à la porte 3, 5 et 7. On lui répond et il réplique, que c'est un employé aux travaux de la chambre du troisième lieu. Pour lors on lui ouvre la porte, le maître de cérémonies le prend par la main en agrippement et le conduit à genoux sur un carreau au milieu de la loge, qui est au devant d'une table noire, laquelle est Adoniram. Le frère Adoniram lui met une branche d'acacia à la main, ou toute autre branche au défaut de celle-là, et dans cette attitude lui fait faire son obligation en ces termes. Le serment
Je promets devant le Grand Architecte de l'Univers et devant les très illustres frères, ici assemblés tant absents que présents, de garder un éternel secret sur tous les mystères qui me seront dévoilés et, en cas d'infraction, je me soumets aux mêmes peines de mes précédentes obligations et d'avoir de plus le ventre coupé et les entrailles arrachées tout vif. Ainsi Dieu me soit en aide...
[Après le serment] Au moment qu'il prononce le dernier mot du serment, un des frères, qui est derrière lui, le couvre d'un voile rouge, le relève et le fait asseoir sur un tabouret au milieu de la chambre, et le très excellent maître lui fait à peu près ce discours :
Mon vénérable maître, Salomon voulant porter à leur plus haute perfection les ouvrages commencés par Hyram Abiff, crut ne pouvoir le remplacer qu'en créant le corps des chefs des cinq ordres d'architecture et leur donner pour adjoints Adoniram et Abda, son père, convaincu de leur zèle et de leurs talents, espérant que par eux il parviendrait à la fin qu'il se proposait. Ils se flattent aussi que vous y contribuerez de toute votre force. La situation de mort où vous êtes vous représente d'abord que vous ne pouvez remplacer notre respectable maître Hyram Abiff dans les ouvrages qu'après l'avoir suivi dans cette fermeté qui lui fit mépriser les horreurs d'un assassinat plutôt que de trahir les mystères de l'Ordre, et nous nous assurons qu'il en fera de même de vous. Je vais vous relever non comme vous l'avez déjà été mais comme il le fut lui-même.
Alors le vénérable Adoniram va saisir le récipiendaire parle coude et par trois secousses le relève et lui ôte le voile rouge, qui le couvrait. Le très excellent maître lui donne après les signes, mots et attouchements.
Il y a trois signes, le premier est celui de surprise qui se fait en portant la main droite sur le front, les doigts et les ongles tournés en dedans, sur les yeux et l'on prononce le mot Ben Chorin. On fait le même signe aussi en portant les deux mains ouvertes à la hauteur des joues, les doigts élevés au haut et les pouces qui touchent les oreilles formant un double équerre de chaque main. Il faut s'arrêter, si l'on marche, ou jeter son corps en arrière, si l'on est arrêté.
Le second signe est celui d'admiration. On le fait en levant lentement les yeux au ciel en croisant les mains, les doigts en haut, et les laissant tomber sur la cuisse à la partie gauche. On prononce ensuite le mot El Chard.
Le troisième signe est celui de douleur. Il se fait en portant la main droite sur le flanc droit et un peu crochue et la main gauche sur le cœur, comme si l'on voulait entrer, et on prononce ensuite le mot Jjachin ou Judia ou Ki et l'autre répond Jja, qui veut dire Dieu.
L'attouchement se fait en se touchant l'un l'autre réciproquement le cœur de la main gauche et en passant la main droite au coude droit de l'autre, entre la chemise et le bras, pressant fortement le coude par trois secousses.
Le premier en faisant cet attouchement a dû faire le signe avant et prononce le mot Jjachin, ou Jakinaÿ et le second en rendant le signe et l'attouchement du premier prononce le mot Jeova ou Judia.
Ce sont là les signes, mots et attouchements des maîtres en Israël, maîtres anglais, ou Surintendant des Bâtiments, ou élus des cinq, et cinq des mots qui leur sont propres. Il y en a encore deux qui sont Kin, et Jja pour se reconnaître. L'un dit le premier et l'autre le dernier. Ces deux mots veulent dire Dieu.
Les maîtres en Israël doivent porter un grand cordon rouge de droite à gauche au bas duquel pend un triangle, d'un côté duquel sont les trois mots hébreux Benchorin, Elchard, Jjachin, dont la signification est le 1 maçon libre, 2° un Seul, 3° ô vous seul Eternel. De l'autre côté du bijou sont également écrits en hébreu les trois mots Judia, Ki, Jja, qui signifient Dieu tout-puissant, Dieu, Dieu. Il y a aussi au milieu du triangle une balance égale. Ils doivent porter un tablier blanc, doublé et bordé de rouge, et dans lequel est en broderie une étoile à cinq rayons, et sur la bavette est en broderie un triangle sur les points duquel sont en broderie les lettres initiales des trois premiers mots. Et les trois JJJ. dans le triangle.
Note. L'attitude où l'on doit être en loge c'est de former un triangle avec les deux pouces et les deux index à la hauteur de la poitrine, après quoi on bat vingt et sept fois des mains ensemble par trois groupes et le très excellent maître fait toujours le premier signe avant toute cérémonie pour fermer ou ouvrir la loge.
Instruction et doctrine
D. Etes-vous maître en Israël, Intendant des Bâtiments ?
R. J'ai pénétré dans l'intérieur du temple par cinq pas d'exactitude. J'ai vu l'effet de la grande clarté au milieu de la quelle j'ai aperçu les trois lettres JJJ. mystérieuses en caractères hébraïques sans les connaître.
D. Comment êtes-vous entré ?
R Nu pied.
D. Pourquoi ?
R. Parce que Moïse l'était lorsqu'il entra dans la terre sainte.
D. Comment avez-vous été introduit en loge ?
R. Par cinq coups, qui annoncent les cinq points de félicité lesquels m'ont produit un surveillant qui m'a fait voyager dans le temple pour m'y faire admirer le pilier de ce temple.
D. Qu'avez vous aperçu en entrant [20v°] ?
[20v°] R. J'ai été saisi d'admiration et de douleur en apercevant l'étoile flamboyante, qui renfermait le saint nom de la divinité, qui est Jeova.
D. Que représente de plus cette étoile ?
R Le météore qui devait conduire les trois mages au lieu, où reposait la divinité.
D. Pourquoi avait-elle cinq rayons ?
R. Pour marquer les cinq ordres d'architecture employés à la construction du temple de Salomon. Les cinq joints de la félicité et les cinq sens de nature, lesquels l'homme ne savait pas être parfait, les cinq lumières de la Maçonnerie et les cinq zones du monde habitées par les maçons.
D. Où avez-vous été introduit ?
R. Dans un lieu mystérieux, plein de charmes et de sagesse, où réside la vérité.
D. Quel est le devoir d'un maître en Israël ?
D. Pourquoi exige-t-on dans ce grade que vous vous fassiez reconnaître apprentif, compagnon et maître ?
R. Pour marquer, que c'est par gradation qu'on peut parvenir à la perfection.
D. Que vous apprennent les grades d'apprentif, compagnon et maître bleu ?
R. L'apprentissage traite de la vertu morale, le compagnon de la vertu politique et le maître de la vertu héroïque.
D. Pourquoi vous a-t-on fait faire les pas de ce grade en avançant et en reculant ?
R. Pour marquer que nous devons opposer L'humilité à l'orgueil.
D. Savez-vous expliquer les mystères de notre loge ?
R. Je le crois, autant qu'il m'est possible.
D. Que signifient les trois lettres mystérieuses qui sont au milieu de notre bijou JJJ. ?
R. Jakini, Jeheva, et Jeova les deux premiers signifient beauté et sagesse divine et le troisième est l'initiale du grand Nom du Grand Architecte de l'Univers.
D. A quoi sert le cercle, qui est au milieu du troisième triangle ?
R. A marquer l'immensité de Dieu, qui n'a ni commencement, ni fui.
D. Que signifient les quatre cercles, qui sont au dedans du cycle LAIN ?
R. A vous seul Eternel de posséder les attributs de la divinité.
D. Quels sont les principaux attributs de la divinité ?
D. Expliquez-moi le carré de neuf62 ?
R. Sagesse 7
Beauté 6
R. Neuf vertus attribuées à 3 dans le premier triangle △
Toute-Puissance 15 neuf vertus attribuées à 3 dans le second triangle △
Immensité 9 neuf vertus attribuées à 3 dans le troisième triangle △
Eternité 8 forment le carré de neuf qui additionnés par trois colonnes réunies
Perfection 10 ensemble portent et forment le nombre de 81.
Justice 7
D. Pourquoi placez-vous Salomon dans notre temple ?
Miséricorde 11
R. Pour marquer ce fut le premier, qui consacra un temple à
Création 8 l'Eternel.
D. Pourquoi met-on une mer d'airain dans le temple de l'Eternel ?
R. Pour nous avertir que le temple de Dieu est saint et qu'il ne faut y entrer, qu'après s'être purifié.
D. Que signifie tout le côté gauche du temple ?
R. L'ordre maçon sous la loi de figures et de cérémonie.
D. Que signifie le côté droit du temple ?
R. La vraie Maçonnerie sous la loi de la vérité et de grâce.
D. Pourquoi placez-vous Saint Jean-Baptiste au côté droit ?
R. Parce qu'il a été le réédificateur du vrai temple que le Seigneur s'était choisi.
D. Pourquoi vous met-on en état de mort, couvert d'un voile rouge ?
R. Pour nous faire entendre, que les maçons doivent être morts au monde et à ses maximes.
D. Que signifie le tombeau, qui est sur la seule porte du sanctuaire ?
R. Il nous avertit que ce n'est, qu'après avoir été purifié par la mort, que nous devons être introduits dans le signe de la Divinité.
D. Que signifie le chandelier à sept branches ?
R. La présence de l'Esprit Saint dans le cœur151 des vrais observateurs de la loi.
D. Que vous marque la balance que vous lui avez remise en main ?
R. La balance est un des attributs de la justice. Elle m'a été remise pour me la faire exercer sur les différences, qui arriveront entre les maçons et pour me faire souvenir, que c'est avec elle, que je dois juger mes démarches et mes projets, si je veux mériter à juste titre le nom que l'on m'a donné.
D. Avez-vous vu votre illustre maître aujourd'hui ?
R. Oui, très excellent, je l'ai vu.
D. Où était-il placé ?
R. Sur un trône du côté de l'Orient.
D. Comment était-il vêtu ?
R. D'or et d'azur.
D. Pourquoi de cette façon ?
R. Parce que lorsque l'Eternel apparut à Moïse sur le mont Sinaï pour lui donner les tables de sa loi, il était sur un nuage d'or et d'azur.
D. Vous reste-t-il de ténèbres encore ?
R. L'aurore est [ ?] par moi et l'étoile mystérieuse me conduit.
D. Où avez-vous été conduit ?
R. Je ne puis vous le dire.
D. Pourquoi avez-vous ressenti de la douleur ?
R. En voyant toutes ces merveilles, que j'ai aperçues dans le temple, elles m'ont rappelé le souvenir de notre respectable maître [67v°] Hyram.
D. Etes-vous succombé à cette douleur ?
R. J'y aurais succombé sans le service de ceux, qui m'ont soutenu et que j'ai reconnu cour mes frères.
D. A quoi les avez-vous reconnus ?
R. Au grand Nom incommunicable qu'ils ont invoqué après avoir prononcé le mot Jjackin.
D. Quel est ce grand Nom ?
R. Celui du Grand Architecte de l'Univers, que je vois tracé en un lieu de cette étoile resplendissante de lumière.
D. Pourquoi portez-vous du vert sur votre tablier et au bas de votre cordon ?
R. Pour m'apprendre que pratiquant la Maçonnerie je puis espérer de parvenir plus avant.
D. Quel âge avez-vous ?
R. 27 ans.
D. Quel nombre avez-vous remarqué ?
R. Cinq, sept et quinze, dans les arrangements des lumières.
D. Que représente votre bijou ?
R. La triple essence de la divinité.
9 9 9
9 9 9
9 9 9
Pour fermer la loge
D. Quelle heure est-il, très vénérable premier surveillant ?
R. La fin du jour, très illustre maître. Alors, le très excellent dit : Souvenez-vous, mes très illustres frères, des cinq points de félicité. Il est temps de nous reposer. Il frappe cinq coups, qui sont répétés par les surveillants et tous les illustres maîtres frappent des mains cinq, sept et quinze et la loge est fermée.
Nota. Il est des loges où les 27 lumières doivent être rangées par 5, 7, et 15. Je crois même que cette façon est plus convenable. Tout de même que le tablier doit être bordé de vert et le bijou, qui pend au cordon, doit être attaché à une gaine ou rosette d'un ruban vert, ce qui est
beaucoup de rapport aux instructions de ce grade, qui a été altéré par ceux qui lui ont donné le nom d'écossais des trois JJJ. Nota. Dans d'autres loges il parait sur le tableau un rond avec des rayons, un grand vide, au milieu où sont ces initiales JJJ., 5 grands chandeliers, une lampe qui brûle, avec les lettres initiales J.K.Y. et les vases du temple.
[Signature]
Apparat critique de la transcription Aeditimus
62. La figure en question, à droite des présentes répliques sur le manuscrit, a été reportée ici en fin du présent catéchisme.
63. Ajout secondaire, d’une autre écriture.
64. Cf. supra : note 17, page 22 de la présente transcription (page 8v° du manuscrit).
66. La fin de cette réplique est donnée en bas de la présente section dans le manuscrit : cf. appel et renvoi par le signe +. Nous l’avons mise ici à sa place.
67. Cf. supra : note 17, page 22 de la présente transcription (page 8v° du manuscrit).
71. Cf. supra : note 17, page 22 de la présente transcription (page 8v° du manuscrit).
72. Cf. supra : note 17, page 22 de la présente transcription (page 8v° du manuscrit).
73. Ce cahier couvre les pages 26r° à 37v°.
74. Chevaliers de l’Orient.
76. En dessous de ce nom : mal écrit.
77. Le 7 vient surcharger un 8 initial.
78. Rajout dans l’interligne inférieur : + ou Nabuzardan qui fait fonction de pr[emier] sur[veillant].
79. Rajout dans l’interligne inférieur : + qui fait fonction de sec[ond] sur[veillant].
84. Ce qui semble être un 9 surcharge un chiffre précédent. Dans l’interligne supérieur, on lit : 348[5 ou 6 ?], la suite est illisible.
86. Ce passage, jusqu’à la fin de la phrase (cf. Henoab) est un rajout, figuré en bas de page avec un rappel de note : ++.
88. Dans le coin supérieur gauche, la page porte le numéro 8. Ce chiffre correspond à la numérotation des pages du présent cahier, couvrant les folios 26 à 37 du manuscrit, la numérotation excluant le feuillet de garde dudit cahier (pages 26r° et 26v°).
89. Ajout dans l’interligne supérieur.
90. Pour ce renvoi : cf. page suivante et note 92.
91. Pour ce renvoi : cf. page 33v° du manuscrit.
92. Ce fragment, placé en marge droite du catéchisme comme ici, est indépendant de ce dernier. En fait, il renvoie à la précédente marque identique (), au bas de la page 30v° du manuscrit : Le second temple etc.
93. Cette incise figure en ajout, à la fin de la présente réponse : +.
95. Ce nom est suivi d’un second, rajouté : Rem [fardam mareerit] ?
96. Cette colonne se rapporte évidemment à la colonne n° 5.
97. Sic. Il y a un e en trop à ce nom, pour être l’anagramme juste d’assiduité (cf. note 87 supra).
98. Septembre.
99. Le 1° est marqué deux fois ! Idem pour le 4° infra.
101. Sur ce renvoi : cf. page du 30v° manuscrit.
104. Cette mention supplémentaire figure en rajout, dans l’interligne supérieur.
105. La fin de cette phrase est indiquée en bas de la présente page, précédé du rappel du signe de renvoi : T.
107. Ajout, dans l’interligne supérieur.
108. Cf. « omissions », page 37v° du manuscrit.
109. Cf. « omissions », page 37v° du manuscrit.
110. Ce passage s’intercale en fait dans le catéchisme, après la réponse : Cyrus. Dans le manuscrit, on trouve à côté un dessin que nous avons reporté à la fin du présent catéchisme.
112. Cf. supra : note 17, page 22 de la présente transcription (page 8v° du manuscrit).
113. Cf. page 36v° du manuscrit.
114. Ici, un signe de renvoi . La fin de la phrase figure en bas de la section suivante, précédée du rappel du signe de renvoi. Nous l’avons mise ici à sa place.
115. Cf. page 36v° du manuscrit.
117. Cf. supra : note 17, page 22 de la présente transcription (page 8v° du manuscrit).
118. Toute cette partie est écrite sur deux colonnes, de part et d’autre d’une figure que nous reproduisons en page suivante.
119. Ou franc-maçon (sur ce point : cf. 4°) ? Le manuscrit porte simplement : fr.
120. Ajout dans l’interligne supérieur.
122. Cf. supra : note 17, page 22 de la présente transcription (page 8v° du manuscrit).
123. Dans l’interligne supérieur, une mention illisible.
124. Ajout d’une autre écriture.
125. On croit pouvoir lire, avant ce nom, le même déformé : pitagore ? C’est à voir…
126. Cf. note 17, page 22 de la présente transcription (page 8v° du manuscrit).
127. En haut à droite de la page, la mention suivante : B625, notée deux fois.
128. Ajout en marge supérieure, qu’un signe appelle : +.
129. Cette précision s’applique à la question posée par le « très puissant ».
130. Ajout dans l’interligne supérieur.
131. Cf. note 17, page 22 de la présente transcription (page 8v° du manuscrit).
133. Cf. note 17, page 22 de la présente transcription (page 8v° du manuscrit).
134. Ajout dans l’interligne supérieur. Illisible.
135. Avant ce nom, on croit pouvoir lire un autre, non barré (oubli ?) : Nabuzodonosor, sic.
136. Cf. note 17, page 22 de la présente transcription (page 8v° du manuscrit).
137. Cf. note 17, page 22 de la présente transcription (page 8v° du manuscrit).
138. Les trois lettres sont fondues en une sorte de monogramme.
139. On retrouvera ces lettres et ces noms sur la clé formant ledit bijou. Cf. figure page suivante.
140. Cette partie comporte une pagination double : celle relative à l’ensemble du manuscrit (seule reportée ici), dans le coin supérieur droit de chaque recto de folio, et une qui est relative au présent cahier, portée en tête de chaque page (de 1 à 11 – numérotation absente pour la fin du cahier).
141. Cette mention accompagne le titre de la présente section dans le manuscrit (cf. encadré en fac-similé). A noter : Cette partie comporte un grand nombre de notes et rajouts, en marge du texte principal. Comme pour l’ensemble du manuscrit, nous les avons inclus directement dans le texte, à l’endroit voulu, sans toutefois les repérer ici à chaque fois, au risque sinon d’alourdir la présente partie d’un appareil de notes inutile. Les passages dont l’emplacement est incertain figurent en caractères italiques ; les insertions non identifiées figurent en note en bas de page. Il faut ici prévenir qu’en l’état du document consulté, le rognage fréquent des marges (que vient compliquer une écriture souvent serrée et difficile à lire) autant que la difficulté quelquefois à repérer exactement les signes de renvois, rendent hasardeuse une recomposition du texte final. A toutes fins utiles, pour lever tout doute, on se reportera au document original pour une étude plus approfondie.
142. Nous transcrirons de la sorte, en caractères gras et en lettres capitales, les passages figurant dans le texte dans l’alphabet propre au grade (cf. fac-similé de l’entête, sous l’encadré).
144. Tout le passage qui suit (jusque : comme cela devait être) est porté en marge droite de la page (fin en bas de page), en remplacement d’un passage plus court, barré sur le manuscrit.
146. Tout ce passage, écrit en marge gauche du texte est difficile à déchiffrer. Nombre de mots sont coupés, voire illisibles. Il semble se terminer par la ligature & (suivie de tc ?), indiquant par-là que ce passage est bien destiné à l’insertion.
148. Ou : conservant ? autre lecture possible.
149. En marge gauche du texte, une note ou insertion que nous n’avons pu situer : le grade de grand écossais ou sublime élu, grand élu, [grand] maître et sublime écossais.
150. Pour tout ce qui est transcrit de cette manière : cf. supra, note 20.
151. Dans le document original, les figures que nous reproduisons ici après leur description se trouvent de part et d’autre du passage destiné à l’insertion, tout en haut de la page 53r°. Manuscrit Baylot 169
9e degré · Maître Élu des Neuf
Cahier « Maître élu apocryphe dit de Pérignan » (p. 5-8 de la transcription) ; « Le grade du maître élu, dit le petit élu » (p. 47-55 de la transcription).
Maître élu apocryphe dit de Pérignan7
[2r°]
Ouverture de la loge
D. Connaissez-vous d'autres mystères, que ceux des lettres J. et N. ?
R. Je connais la lettre [P].
D. Que signifie cette lettre ?
R. La lettre initiale du nom de l'inconnu.
D. A quelle heure s'ouvre la loge du 2 grade d'élu ?
R. A l'entrée de la nuit.
D. Quelle heure est-il ?
R. Le jour est fini. –
Le vénérable grand-maître frappe 27 coups en trois différents termes, fait le signe du 2e grade d'élu, qui est de porter la main demi fermée sur la bouche et de feindre de s'arracher la langue. Tous les vénérables maîtres répondent à ce signe à lui en étendant les deux bras, comme des gens surpris, après quoi le très respectable maître dit : Respectables maîtres, 1 et 2 surveillants, avertissez les vénérables maîtres, que la loge du 2 grade d'élu est ouverte. Le très vénérable maître dit aux frères de demander aux vénérables maîtres, s'ils n'ont rien à proposer. Pour lors, le maître de cérémonies, après avoir dit la parole, dit qu'il y a dans la chambre de réflexion un vénérable maître élu qui désire être admis au 2 grade. Le très respectable lui demande s'il est véritablement élu et, sur sa réponse, il lui dit de l'introduire. Le maître de cérémonies introduit le récipiendaire dans la loge et le place entre les deux surveillants.
Le très respectable lui demande alors ce qu'il demande, à quoi il répond qu'il désire d'être admis au 2 grade de maître élu. Le très respectable dit au 1 surveillant de le faire voyager. Celui-ci le prend par la main et lui fait faire sept tours de cette manière : 2 en montant et en descendant du côté du Midi, deux autres de même du coté du Septentrion, 2 autres de même du coté de l'Occident et le 7 et dernier en passant le milieu de la loge pour se mettre à deux genoux au pied du trône du très respectable maître, où il prête son obligation.
Serment d'obligation
Je promets et m'engage de garder et observer les mystères du 2 grade de maître élu, qui va m'être confié, tant envers les profanes, qu'envers les maîtres élus du 1er grade, et ce sous les mêmes obligations que j'ai déjà contractées en entrant dans cet Ordre respectable. Et, en tant de plus, d'avoir la langue arrachée comme un parjure, si je contreviens au moindre de mes engagements. Ainsi Dieu me soit en aide.
[Après le serment]
L'obligation ainsi prêtée, le très respectable maître lui donne le signe, le mot et les attouchements et le vénérable maître orateur lui fait le discours, qui suit. – Vous êtes enfin parvenu à ce second grade, que vous avez tant paru désirer et que vos travaux et votre
assiduité vous ont fait maître. Nous vous l'avons conféré d'autant plus volontiers, que cette faveur a dû sans doute redoubler votre zèle et ranimer vos efforts afin de vous rendre digne d'entrer dans la connaissance des sublimes mystères qui nous reste encore à vous dévoiler. – Vous venez d'apprendre, qu'il fut le sort des deux compagnons, malheureux complices de la mort de notre respectable maître Hyram, et comment après avoir longtemps vécu, et porté partout le remords du crime, qui les suivait jours après jours. Dieu permit enfin qu'ils périssent dans le pays de Capulle, où ils s'étaient réfugiés, juste effet de la vengeance divine qui ne laisse jamais ce crime impuni et qui poursuit le criminel jusqu'à ce qu'il lui ait fait subir la peine qu'il a méritée.
Toute l'allégorie, que renferme ce nouveau grade que l'on vient de vous conférer est bien aisée et encore d'autant qu'elle est poursuite de celle, que nous vous avons expliqué dans le premier. Vous la trouverez d'ailleurs toute tracée dans le tableau qui est ici exposé à vos yeux et dont le principal et le plus frappant objet est la tête du malheureux Abyram, plantée au haut d'une pique pour être exposée aux regards de tous les compagnons continuant la construction du temple, que Salomon avait ordonnée et qui servait à inspirer le cœur et l'épouvante à quiconque aurait pu former un projet aussi noir et aussi abominable que celle d'Abyram et qu'il n'avait que trop bien exécuté. – Tous les mystères qui se célèbrent dans ce second grade, ont tous un rapport aussi moral, que ceux, que vous connaissez déjà. – Le signe par lequel nous appelons est tiré de l'obligation que vous venez de contracter. Il marque non seulement comment grande doit être votre discrétion, mais elle se termine à vous faire voir que la peine due aux indiscrets est d'être totalement privés de la langue, qui a été le malheureux instrument de votre indiscrétion. La réponse que nous faisons à cette figure en étendant les bras et les levant au ciel vous désigne l'état d'un homme surpris, interdit, stupéfait d'un événement frappant, que le ciel vient d'opérer et le mot sacré que nous proposons en le faisant, marque notre résignation à sa volonté souveraine et à la juste satisfaction que vous devez, que le crime qui a été commis contre lui, reçoive la punition qui lui est due.
Ce grade au surplus n'est qu'un grade préparatoire qui vous amène à la sublimité de celui vous connaîtrez un jour les profonds mystères, si votre zèle ne se devient pas si votre service ne s'est contredit et, si vous ne dérogez jamais aux qualités éminentes qui doivent les activer, en qui en est revêtu [2v°]. –
[2v°] Je dois vous avertir, vénérable maître, de la part de cette respectable loge, qui m'honore de son pouvoir à cet égard, que la moindre indiscrétion, la plus petite tiédeur et la seule ombre de relâchement privent à jamais de ce grade ceux que nous en trouvons atteints. Nous espérons, que vous ne nous fournirez jamais des justes motifs pour vous en priver et que raffermis de plus en plus dans vos devoirs et vos obligations, vous nous procurerez le plaisir et la joie de pouvoir partager avec vous les avantages et les prérogatives, dont jouit le sublime et parfait élu.
Catéchisme
D. Connaissez-vous d'autres mystères, que ceux des lettres J. et N. ?
R. Je connais la lettre G.
D. Que signifie cette lettre ?
R. C'est la lettre initiale du nom de l'inconnu qui apprit à Salomon où était la retraite d'Abyram.
D. Que signifient les 3 grandes lumières, qui sont en entrant ?
R. Les trois compagnons, qui assassinèrent notre respectable maître Hyram.
D. Comment se nomment les trois scélérats ?
R. L'un se nommait Kunkel, l'autre Gravelot, et l'autre Abyram Akirop.
R. Kunkel était placé à la porte de l'Occident et ce fut celui qui le frappa d'un coup de règle, Gravelot était placé à la porte du Midi et lui donna un grand coup d'équerre. Abyram était à la porte de l'Orient et lui donna un grand coup de maillet, qui le fit tomber mort.
D. Quel fut le sort de Kunkel et de Gravelot ?
R. Salomon apprit qu'ils étaient réfugiés dans le pays de Capulle où ils périrent misérablement.
D. Comment l'inconnu put-il savoir qu'Abyram s'était réfugié dans une caverne ?
R. Comme cet inconnu travaillait auprès du buisson, où était située cette caverne, il en vit rester un homme tout effarouché et la curiosité l'ayant porté à savoir qui c'était, il aperçut Abyram, qui se voyant découvert, se jeta à ses pieds, lui confia son secret et le pria de ne pouvoir le trahir et de l'assister.
D. Pourquoi l'inconnu informa-t-il Salomon de sa retraite ?
R. Pour satisfaire à l'édit, que Salomon avait fait publier à ce sujet et jouir de la récompense, que ce roi avait promis à celui, qui découvrait l'assassin du vénérable maître Hyram.
D. L'inconnu indiqua-t-il à Salomon la retraite d'Abyram aussitôt qu'il l'eut découverte ?
R. Ce ne fut que 7 jours après pendant lesquels l'inconnu fournit à Abyram de quoi subsister à ses besoins.
D. Pourquoi l'inconnu n'informa-t-il Salomon de cette découverte, que sept jours après ?
R. Parce que ce ne fut que le 7 jour qu'il apprit la nouvelle de l'édit de Salomon.
D. Quel est votre nom comme maître élu du 2 grade ?
R. Pérignan.
D. Quel est votre mot ?
R. Mohabon9.
D. Que veut dire ce mot ?
R. Dieu soit loué, rendons lui grâces, le parricide est puni.
D. Quel est votre mot de passe ?
R. Abyram Akirop.
D. Que fit Salomon de la tête d'Abyram après que Joabert la lui eut remise ?
R. Il le fit mettre au bout d'une pique, qu'il fit planter au dessus de la porte du Septentrion, afin qu'elle fut exposée aux yeux des apprentifs et des compagnons et qu'elle y restât comme une marque de la punition du crime d'Abyram et comme une preuve que rien n'échappait à sa sagesse.
D. Combien de temps cette tête resta-t-elle exposée ?
R. Pendant tout le temps de la construction du temple.
D. Que signifient les 27 coups, que vous frappez à la loge ?
R. Ils désignent mon âge en qualité de maître du vénérable grade, qui est de 27 ans.
D. Quel est votre signe en cette qualité ?
R. C'est de porter ma main à demi fermée sur la bouche et feindre de vouloir m'arracher la langue.
D. Quelle est la réponse à ce signe ?
R. C'est de lever et étendre les bras, comme un homme surpris, en disant : Loué soit Dieu, le parricide est puni.
D. D'où sont tirés le signe et la réponse qu'on y fait ?
R. L'un de mon obligation par laquelle je consens d'avoir la langue arrachée, si je révèle le moindre des secrets, qui me sont confiés et l'autre de la surprise, où fut Abyram, quand il se vit découvert par l'inconnu.
D. Que signifient les 7 tours qu'on vous a fait faire avant de prononcer votre obligation ?
R. Ils se rapportent aux 7 jours, que l'inconnu laissa passer avant d'instruire Salomon de la retraite d'Abyram.
D. Quel est votre attouchement ?
R. C'est de se représenter réciproquement le dessus de la main droite et la baiser.
D. Que signifie-t-il ?
R. Le baiser, qu'Abyram fit sur la main de l'inconnu en recevant [ ?] la promesse qu'il lui fit de ne point trahir son secret. –
Le grade du maître élu, dit le petit élu
[15r°]
Ouverture du chapitre L'appartement où se tient le chapitre représente une des chambres du palais de Salomon. La tenture est mêlée de colonnes rouges et blanches, parsemées de flammes rouges et blanches, le tout entremêlé.
Le maître de la loge, qui représente Salomon s'appelle très souverain, ou le puissant placé à l'Orient. Il n'y a qu'un surveillant, qui est ordinairement placé à l'Occident de la loge. Tous les frères, qui se nomment très respectables, revêtus de manteaux noirs, tous placés du même côté et du côté opposé, ou indistinctement. Opposées sont les bougies qui doivent éclairer la loge au nombre neuf, 8 en peloton et la neuvième séparée des autres. Il y en a deux sur l'autel devant le souverain, une allumée, l'autre point allumée, neuve.
Le plan de la loge est un carré long, qui s'étend de l'Orient à l'Occident et du Midi au Septentrion en [ ?] de la loge à droite une Lune en son croissant et à gauche une étoile flamboyante et, plus bas, est un bras, armé d'un poignard, formant une équerre blanche teintée de sang, au haut duquel à droite est figurée la ville de Jérusalem et de l'autre côté le Soleil couchant. Au milieu du carré est figuré un buisson ardent et au-dessous une caverne, dans laquelle on aperçoit un homme dormant, la tête appuyée sur une pierre. On y voit aussi une lampe, un poignard, une fontaine, un vase. Sur la même place, on voit aussi tracé un chemin plein de détours qui conduit de la ville de Jérusalem au buisson ardent. Sur ce chemin, on voit un inconnu, figuré par un chien.
Dans un petit endroit à côté de la chambre où se tient la loge est pratiquée une espèce de caverne, tendue entièrement en noir dans laquelle est une table, aussi couverte d'un tapis noir ; à droite sur cette table est une tête de mort, un poignard, à gauche est un vase pleine d'eau salée, en face est un écriteau où on lit en gros caractères Vengeance. Il y a devant la table une chaise pour y placer le récipiendaire et une lampe suspendue, qui doit faiblement éclairer la grotte. Le trône du souverain est un fauteuil élevé, couvert d'un tapis pareil à la tenture. Il y a devant lui une table couverte d'un tapis couleur de feu, sur laquelle est la Bible, un sceptre et un poignard. On ne se sert point de maillet, le très souverain frappe avec son sceptre et le surveillant, qui se nomme Stolkin, frappe avec son poignard, et tous les élus se tiennent la jambe droite sur le genou gauche, qu'ils tiennent de la main gauche et la joue appuyée sur la main droite, comme pour dormir. Le chapitre
Le très puissant ouvre le chapitre par neuf coups, le dernier détaché. Tous les frères se mettent à l'ordre en croisant une jambe sur l'autre et appuyant la tête sur une main, soutenue sur les jambes croisées en manière convenable et ont leurs épées nues par terre pour marquer leur exposition à venger la mort du vénérable maître Hyram.
On annonce alors et on introduit ensuite le récipiendaire, qui a les yeux bandés et pied nus et en veste pour pouvoir franchir plus aisément et sans bruit les obstacles qui présentent à se trouver à son passage. Lorsqu'il est entré, on lui demande ce qu'il veut. Il répond qu'il demande à être admis au grade d'élu. On lui demande par où il se flatte d'avoir
mérité cette faveur et sans lui donner le temps de répondre, après que l'on a fait dire au récipiendaire diverses réflexions, on lui dit que c'est moins pour le recevoir au grade d'élu qu'il a été introduit en loge que pour s'assurer de la fermeté et de son courage et combien il est attaché aux obligations qu'il a contractées jusqu'alors. On lui rappelle les différentes circonstances des grades par où il a passé et on lui remet sous les yeux la morale qu'a dû lui faire le vénérable, lorsqu'on lui a donné la lumière et qu'il a vu les bras de chaque frère armé lui prouvant qu'ils étaient pour sa défense, s'il se trouvait jamais en aucun danger, mais qu'ils étaient pareillement pour l'immoler et venger la Maçonnerie en la lui plongeant dans le sein, s'il était jamais été malheureux de violer son serment et ses obligations, en révélant le secret des maçons et de la Maçonnerie. On lui ajoute que malgré la sainteté de nos obligations et les peines, que nous nous sommes imposés, en cas que jamais nous fussions vers d'autres, il y en a eu d'assez malheureux pour violer leur serment et s'exposer à tous les châtiments qu'ils ont prononcés contre eux-mêmes à leur réception, que la loge en tient un de renfermé qui gémit de sa faute, et attend l'instant où il doit rendre compte et être livré à toute la vigueur des peines qu'il doit subir pour venger la Maçonnerie. On continue en lui disant que la loge, ne doutant point de son zèle et étant disposée à lui accorder des grades supérieurs, lui a déféré l'avantage de porter le premier coup au coupable. On lui demande, s'il s'y sent disposé. On le prévient que ce pourrait être une de ses connaissances, peut-être même un de ses amis les plus intimes, mais que tout autre sentiment que celui de la vengeance doit être étouffée en pareil cas, on le rassure alors sur les suites, que pourrait avoir l'action qu'on lui propose et on lui ajoute que ce n'est que par là qu'il peut signaler son zèle et être admis au grade où il aspire.
Lorsque le récipiendaire s'est décidé, on lui dit de se laisser conduire dans l'endroit où le coupable est retenu. Alors le frère terrible le conduit dans la grotte préparée et l'assied devant la table.
Derrière la tenture est un frère, qui remuant des chaînes, fait entendre une voix plaintive où on devine les remords et la crainte des châtiments. Le frère terrible interroge le récipiendaire et lui dit en le quittant après l'avoir ôté la vue, placé devant la table, la tête appuyée sur la main gauche et la main droite sur la tête de mort. Avant de vous quitter, vous me donnez votre parole de maçon que quelque bruit que vous entendrez autour de vous, vous resterez dans l'attitude où je vous laisse. Il y va de vos jours, faites bien attention, vous me promettez de plus d'exécuter à la lettre ce que je vais vous prescrire :
1° Aussitôt que vous entendrez frapper en maçon, vous vous débanderez les veux et examinerez avec attention le lieu où vous êtes et ce qui vous environne [15v°].
[15v°] 2° Quand on frappera une seconde fois en maçon vous viderez ce que vous trouverez dans un vase à votre gauche sans en répandre, ni en laisser et la troisième fois que l'on frappera, vous prendrez en main le poignard, que vous trouverez sur une table et vous accomplirez de point en point ce qui vous sera prescrit par une voix que vous entendrez. Quoique je vous laisse seul, croyez que la loge a les yeux ouverts sur vous et ne manquez pas d'exécuter ce que je vous prescris. Adieu, je vous laisse.
Aussitôt il ferme avec vivacité la porte de la caverne où est le récipiendaire, que l'on livre un instant à ses réflexions. Puis le frère terrible frappe comme le récipiendaire en était prévenu et à la troisième fois il lui dit : Prenez ce poignard et cette tête et suivez-moi. Le récipiendaire exécute ce que lui dit le frère terrible et ils arrivent ensemble à la porte de la loge où il frappe neuf coups et le dernier détaché. On ouvre pour demander ce que l'on veut, et le frère terrible répond que c'est Joabert qui a fait la découverte du traître Abyram et qu'il a vengé la mort de notre respectable maître en coupant la tête du meurtrier et qu'il vient la présenter à Salomon.
On le fait entrer et marcher avec précipitation jusqu'au pied du trône en portant la tête
Malheureux, qu'avez vous fait ? J'avais ordonné, qu'on m'amenât le traître et non point qu'on le tuât ; pour votre désobéissance vous mourrez. Tous les frères, en l'instant, mettent un genou en terre et demandent grâce au très souverain en disant que c'est un excès de zèle et d'amour pour notre respectable maître Hyram qui a conduit la main de Joabert, son vengeur. On fait alors prêter l'obligation au récipiendaire, qui pose ensuite la tête et la laisse au pied du trône.
Le très souverain alors donne les signes, paroles et attouchements au récipiendaire, le remet du cordon et le tablier de l'Ordre, l'embrasse quatre fois sur chaque joue et une fois sur le front, le fait asseoir et lui tient le discours suivant :
Discours du maître au r[écipiendaire]
Très respectable frère élu, l'unanimité de cette respectable loge à demander votre grâce a trouvé notre cœur bien disposé à vous l'accorder. Votre zèle seul avait fait votre crime et vous avez en cela imité Joabert, comme vous allez l'apprendre... Vous êtes déjà parfaitement instruit de l'exécrable projet que les trois frères compagnons scélérats avaient formé et que sur le refus qu'il fit de les satisfaire, ils s'armèrent contre lui leurs fureurs et leur rage, et le massacrèrent cruellement dans ce même temple que Salomon ferait construite pour être consacré à l'Eternel et dont le respectable Hyram avait la conduite et la direction.
Il est temps de vous développer les mystères qui jusqu'à ce jour vous ont été inconnus et de vous instruire de la juste vengeance que Salomon tira de la mort de ce respectable maître. Ce roi, dont la sagesse ne s'est jamais démentie et dont les jugements ont toujours été dictés par l'esprit divin, après avoir été informé, comme vous le savez, après le respectable maître Hyram ne venait plus à son ordinaire visiter les travaux du temple et qu'on ne savait même pas ce qu'il était devenu, ordonna ensuite que le temple resterait fermé pendant neuf jours et que tous les travaux en seraient suspendus. Il envoya ensuite neuf maîtres à sa recherche qui lui apprirent aleur retour la déplorable nouvelle de sa mort. Ce fut Stolkin qui le trouva assassiné et enterré sous un acacia. Ce triste bonheur rendit Stolkin fort agréable au roi et lui valût la plus intime confiance auprès du prince, qui ne se bornant pas à rendre à cet excellent maître les honneurs funèbres les plus distingués, voulut encore lui assurer une vengeance authentique.
Il fit publier un édit par lequel il promettait une grande récompense à celui qui lui découvrirait la retraite du meurtrier de ce grand homme, déclarant même à celui qui avait connu ce crime qu'il lui ferait grâce, s'il venait s'accuser lui-même en déclarant ses complices dont le sang expirerait le plus grand des forfaits.
Il ne douta pas qu'il n'eut été commis par quelque compagnon, avide du salaire de maître, qui, ayant voulu arracher du respectable frère maître le mot et l'attouchement qui les distinguaient, n'eut porté sur lui ses mains criminelles, confirmé dans cette idée que sans doute le ciel lui avait suggéré pour que le crime du meurtrier ne restât pas impuni. Il fit assembler tous les ouvriers, qui travaillaient au temple et ayant fait faire l'appel et trouvé, que trois compagnons avaient disparu, il rendit un édit par lequel il assignait une récompense considérable à celui qui pourrait le découvrir.
Cet édit fut longtemps sans aucun effet. Un jour enfin, que Salomon s'entretenait dans sa salle avec son nombre de 3 fois 2 respectables maîtres et même plus, tous officiers de l'Ordre, le capitaine des gardes vint annoncer un inconnu qui demandait à révéler à Salomon un secret de la plus grande importance. Les frères furent alarmés de la facilité avec laquelle Salomon accorda l'audience particulière qu'on lui demandait. Cette audience ne fut pas longue et Salomon revint bientôt rassurer les frères en leur apprenant que cet inconnu savait où se retirait l'assassin du maître des maîtres et offrait d'y conduire ceux qui voudraient
et s'offrirent à suivre l'inconnu. Le roi, touché de leur zèle, déclara que le sort seul déciderait en faveur de ceux qui seraient envoyés pour lui amener l'audacieux individu digne de la plus juste vengeance. Il en fixa le nombre à neuf et fit mettre tous les noms des frères présents dans une urne. Les neuf premiers qui en sortirent furent ceux que Salomon chargea de suivre l'inconnu et de lui amener vif le traître Abyram Akiroff pour en faire un exemple à jamais mémorable. La plus grande joie éclata alors dans les yeux de ceux que le sort venait de nommer. Salomon leur ordonna de suivre l'inconnu et de l'accompagner dans l'antre qui servait de retraite au traître. Les neuf élus se mirent en marche de compagnie à l'entrée de la nuit, mais un d'entre eux, nommé Joabert, dont vous occupez aujourd'hui la place, mon cher frère, trouvant la marche trop lente pour son ardeur, laissa ses huit camarades suivi de l'inconnu et, arrivé le premier à l'antre qui servait de retraite au monstre, il y entra en frémissant, l'aperçut à la faveur d'une lampe, courbé sur le dos et dormant. Il l'examina attentivement et après s'être assuré que c'était le misérable Abyram lui-même, il se saisit d'un poignard, qu'il trouva à ses pieds, en frappa un grand coup sur la tête du meurtrier, qui se leva furieux et tomba mort sur-le-champ en disant Necum. Joabert lui coupa aussitôt la tête et [16r°] sortit de la caverne pour aller joindre les autres maîtres qu'il [16r°] croyait trouver dehors avec l'inconnu, mais n'ayant vu personne il rentra dans la caverne, où il se sentit dévoré par une ardente soif, et ayant heureusement trouvé une source, il s'y désaltéra et se disposait à aller rejoindre ses camarades qui arrivèrent sur ces entrefaites et voyant Abyram mort, firent connaître à Joabert la faute que son zèle lui avait fait commettre en immolant un traître, que son trop d'ardeur dérobait au supplice que Salomon lui avait destiné. Ils lui firent envisager le châtiment où son imprudence l'avait exposé, promirent de solliciter sa grâce et d'implorer pour lui la clémence de Salomon à qui ils portèrent la tête du traître Abyram.
Salomon les voyant revenir, se préparait à ordonner le supplice lorsqu'il aperçut Joabert, la tête d'Abyram Akiroff à la main. Il ne put retenir le premier mouvement de son indignation et le condamna à la mort qu'il aurait subie si tous les frères, à l'exemple de ceux qui composent ce respectable chapitre, ne se furent unis pour solliciter sa grâce que Salomon lui accorda et ordonna que tous les travaux fussent continués dans le temple.
Il n'ya point de bonne instruction, que vous ne puissiez tirer de toutes ces circonstances.
1° Vous voyez dans la mort, que subit Abyram, que tôt ou tard le crime est puni.
2° Dans le danger, que court l'impétueux Joabert, qu'il est souvent dangereux de passer les ordres qu'on a reçu et que l'obéissance aux ordres du souverain, ou des supérieurs, doit être littérale.
3° Dans la grâce, que cet élu trop ardent obtint, qu'il y a de grandes ressources dans le cœur des bons princes et qu'il est très utile d'avoir partout des amis, qui s'intéressent à nous dans les occasions critiques.
Voilà vénérable maître, de quelle manière fut vengée la mort du vénérable Hyram. Salomon satisfait de l'ardeur qu'avaient témoignée tous les maîtres pour aller à la recherche du coupable et de l'heureux succès qu'avait eu leur mission et voulant les récompenser augmenta de beaucoup leur salaire, leur donna des signes, des attouchements et des mots, afin qu'ils puissent se reconnaître entre eux. Je vais vous les donner, pour que vous jouissiez de la même récompense, qu'ont méritée jusqu'à présent votre zèle et votre attachement pour tous nos respectables mystères, après que nous aurons applaudi à votre réception pour huit et un… Applaudissons chers frères. Exercice des signes Le signe est de présenter le poing fermé, le pouce haut comme si on voulait frapper quelqu'un en disant : Le mot est… Necum ou Nicak.
On répond à ce signe en portant la main sur le front, comme si on y eut reçu un coup et on prononce le mot de passe qui est… Vengeance…
L'attouchement se donne en présentant le poing fermé, le pouce haut, l'autre prenant également la main, prend dans la sienne le pouce de celui qui lui présente l'attouchement et lui demande combien en tirer neuf. On répond huit et la réplique est huit et moi un, ce qui compose le nombre de neuf, dont le dernier est détaché. La parole de passe est Baülkall, qui veut dire chef de la bande. Attributs
Tous les officiers et autres sont décorés d'un ruban noir moiré, large comme la main, qui se passe sur l'épaule gauche et tombe sur la hanche droite, où pend un petit poignard d'acier sans fil. Il doit y être attaché une rosette rouge de neuf boucles, dont huit ensemble et une séparée où pend le poignard
Le tablier est de peau blanche, semé de gouttes de sang, et doublé de noir, sur la pointe de la bavette, au revers est peint un petit poignard rouge, la pointe en bas. Les gants sont blancs semés de gouttes de sang, et doublés de noir.
Discours du frère orateur
Vénérable maître, la consternation générale que vous voyez répandue sur nos visages, le silence profond qui règne dans ce lieu de douleur et de tristesse, ces lugubres ornements dont vous nous voyez décorés, tout vous retrace ici la mort du respectable Hyram et la vengeance que nous en avons tirée.
Vous devez avoir pressenti, après avoir reçu le grade de maître qui vous fut conféré, qu'il vous manquait encore quelque chose pour vous perfectionner dans l'état de maçon que vous avez embrassé. Vous avez même peut-être aperçu que la mort d'Hyram devait être vengée et que Salomon ne pouvait remettre qu'à nous le soin de punir le scélérat qui en était l'auteur.
Vous recevez aujourd'hui la récompense qu'a méritée votre ferveur. Le sublime titre d'élu, dont nous venons de vous conférer le premier grade, est un titre que vous devez regarder toujours comme une faveur singulière qui doit animer votre zèle, redoubler votre attachement et éterniser votre reconnaissance.
Vous êtes élu, c'est-à-dire choisi parmi les autres maîtres pour aller à la recherche du malheureux qui trempa ses mains sacrilèges et parricides dans le sang du respectable Hyram. Ce poignard, dont vous nous voyez armé et que vous devez porter comme une marque distinctive de notre état présent, doit vous rappeler sans cesse le pouvoir de ce respectable maître. Vous devez lire en même temps dans la sage allégorie qu'il renferme tous nos devoirs et toutes nos obligations, c'est-à-dire que vous devez avoir toujours ce poignard levé pour en frapper celui qui, comme un autre Abyram Akiroff, serait capable de se porter aux criminels excès où ce malheureux se porta. Cette utile allégorie vous impose encore la loi de devenir l'appui, le secours et le défenseur de nos frères, de vous tenir continuellement en garde contre l'artifice, la trahison et la perfidie et d'opposer sans cesse le courage et la fermeté aux pressantes attaques du prestige et de la séduction.
Le terrible mot Vengeance, que nous proférons souvent, est non seulement pour nous rappeler celle que nous tirâmes de l'assassin de notre respectable maître, mais il renferme encore un sens mystique qu'il vous est bien aisé de pénétrer, si vous avez considéré que les passions étant les plus dangereuses ennemies du repos de l'humanité, nous devons sans cesse les combattre et nous venger pour ainsi dire des victoires qu'elles ont remporté sur
nous en les soumettant impérieusement aux équitables lois que la Divinité nous impose.
Cette grotte, dans laquelle vous est représenté le malheureux Abyram, éloigné du commerce des hommes et enseveli dans un profond sommeil, que vous ne devez regarder que comme la figure de son abandon et la marque certaine de sa réprobation, ne sont ce par là autant de infamantes images de l'homme criminel, absorbé dans ses cruelles réflexions, entièrement livré à l'horreur de ses remords, épouvanté par la crainte du plus terrible châtiment, accablé sous le poids de l'affreuse idée que lui offre sans cesse la noirceur de ses forfaits et frappé enfin du glaive vengeur qui l'avait si souvent menacé [16v°].
[16v°] Le buisson ardent qui se trouve presque à l'entrée de la grotte, triste refuge d'Abyram, est une image de cette lumière divine qui veille toujours sur le crime, qui suit de près le criminel et dont les rayons lumineux semblent miraculeusement servir à découvrir et à indiquer le lieu de sa retraite quelque cachée et quelque retirée qu'il ait pu la choisir.
La soif dont Joabert se sentit dévoré après avoir immolé l'assassin du vénérable Hyram, vous représente l'homme qui, après s'être laissé emporter par les transports d'un premier mouvement, réfléchit sur l'action qu'il vient de faire, en pose les motifs et voit bien qu'elle ne saurait être entièrement justifiée. Salomon avait ordonné qu'on lui amenât le coupable en vie. Joabert reconnaît qu'il n'a pas exécuté cet ordre et le cuisant repentir qu'il en a ne peut- être mieux figuré que par la soif ardente qu'il ressent comme la première punition de sa désobéissance.
La fontaine que trouva enfin Joabert et dont les eaux salutaires servirent à le désaltérer, doit être regardée dans le vrai sens allégorique, comme un doux et flatteur espoir qu'il sentit naître dans son cœur que Salomon lui pardonnerait en faveur du zèle qu'il avait montré à servir la justice et à se dévouer pour être l'instrument de sa vengeance.
Voilà très vénérable maître, les seuls tableaux que je puis vous offrir aujourd'hui et qui regardent le grade, que nous venons de vous confier. Nous nous flattons que vous travaillerez efficacement à mériter la connaissance des autres mystères qu'il nous reste à vous dévoiler. Soyez persuadé qu'il n'en est aucun auquel vous ne puissiez faire une avantageuse application et qui ne doive vous servir à perfectionner les vertus, dont vous avez appris la pratique dans les loges ordinaires que vous fréquentez.
Vous trouverez ici mais dans un degré bien plus éminent le siège de la sagesse, l'école des bonnes mœurs, l'asile du silence, de la candeur, de la probité, de l'ordre et de la discipline à appliquer, parce que vous serez dans la nouvelle carrière qui vient de vous être ouverte. Vous trouverez de nouveaux objets et vous découvrirez de plus vives lumières qui combleront votre attente et feront votre indignation et notre respect.
Nous vous confions des secrets qui vous garantissent l'idée favorable que nous avons de votre discrétion. Nous vous croyons incapable de démentir notre confiance et vous devez savoir que nous regarderions parmi nous celui qui oserait révéler le moindre de nos mystères comme un traître qui mériterait la même vengeance qui fut exercée 'contre le meurtrier de notre respectable maître Hyram.
N'oubliez donc jamais que nos devoirs étant aujourd'hui bien plus grands et plus essentiels, vous devez par conséquent employer des soins plus actifs et plus efficaces pour les remplir avec la dignité qu'ils exigent de vous. Ayez toujours en vue et pour unique objet la sage et fructueuse morale que vous pouvez retirer de nos sublimes travaux, gravez-les profondément dans votre cœur et dans votre esprit. Chérissez-en les sacrés caractères et regardez-les comme une règle sûre sur laquelle vous devez sans cesse diriger vos actions, vos démarches et votre conduite. Souvenez-vous, enfin, que vous êtes élu et, qu'étant une fois revêtu de cet état respectable, vous devez toujours le soutenir avec dignité et donner des marques constantes de votre zèle et de votre attachement qui, servant à tous nos frères de modèle et d'exemple, puissent en même temps justifier votre élection.
Clôture de la loge
Le très respectable maître demande à Stolkin s'il n'a rien de plus à proposer pour le bien du chapitre et le ferme par ces questions. Le très souverain dit : Renouvelons notre obligation, mes frères. Après cette cérémonie, on se donne les signes, paroles et attouchements, le très souverain frappe 8 coups et un séparé et dit très respectable Stolkin, respectables frères élus, le chapitre est fermé. Le frère Stolkin répète et tous applaudissent par 8 et un. La doctrine du maître élu
D. Etes-vous élu ?
R Une caverne m'est connue et le sort seul en a décidé.
D. Qu'avez-vous vu dans cette caverne ?
R. Une lumière, un poignard, une fontaine et une tête de mort.
D. A quoi vous ont servi toutes ces choses ?
R La lumière à m'éclairer, le poignard à venger la mort de notre respectable maître et la fontaine à me désaltérer.
D. Où avez-vous été reçu élu ?
R. Dans la salle de Salomon.
D. Combien fûtes-vous choisis de maîtres pour l'être ?
R. Neuf, moi compris.
D. Dans quel nombre furent choisis les neuf élus ?
R. Dans celui de 90 maîtres.
D. Qui vous a porté à vous faire recevoir élu ?
R. Le désir de venger la mort d'Hyram en exterminant son assassin que l'on nomme le traître Abyram-Akiroff ou Judeus.
D. Où l'avez-vous trouvé ?
R. Au fond d'une caverne située au pied du buisson ardent.
D. Qui vous y a conduit ?
R. Un inconnu.
D. Par où vous y a-t-il mené ?
R. Par des routes obscures et difficiles à pratiquer.
D. Que fîtes-vous quand vous fûtes arrivé dans la caverne ?
R. Je me saisis d'un poignard, que je trouvai et en frappai un coup si violent sur la tête du traître Abyram, qu'il en mourut sur-le-champ.
D. N'a-t-il rien dit en mourant ?
R. Il n'a proféré qu'une seule parole.
D. La savez-vous mon frère ?
R. Oui très souverain. Donnez-moi la première, je vous donnerai la dernière.
D. N.
R. M. Ensemble Necum qui veut dire Vengeance [17r°].
[17r°] D. Comment avez-vous consommé votre élection ?
R. Par la vengeance, la désobéissance, la clémence et par 8 et un.
D. Expliquez-moi cela.
R. Par la vengeance en immolant le meurtrier, par la désobéissance en passant les ordres du roi, par la clémence en obtenant une grâce à la prière de mes frères et par 8 et un parce qu'en tout nous n'étions que neuf.
D. Que fîtes-vous après avoir tué Abyram ?
R. Je lui coupai la tête, je me désaltérai à la source d'eau et excédé de fatigue, je m'endormis
D. Comment vous reçut Salomon, quand vous lui présentâtes la tête du traître ?
R. Avec indignation, parce qu'il s'était réservé la punition de cet abominable assassin, mais il me pardonna ensuite en faveur de mon zèle.
D. Que représente la chambre noire ?
R. L'entrée ou la retraite du meurtrier.
D. Pourquoi vous y a-t-on hissé les yeux bandés ?
R. Pour me rappeler le sommeil du traître, ou l'oubli de soi-même, quand on a commis le crime.
D. Comment marchent les élus ?
R. L'obscurité les oblige à mettre les mains devant la tête par peur de se heurter, comme aussi la difficulté du chemin oblige de croiser les pieds, l'un sur l'autre, en marchant C'est pourquoi les élus font en chapitre les pieds croisés et la jambe droite sur le genou gauche.
D. Que représente le chien que l'on voit sur la route ?
R. L'inconnu qui conduisait les élus.
D. Que représente le bras nu armé et ensanglanté ?
R. Que la vengeance est toujours préparée pour le crime.
D. Que signifie le cordon noir, armé d'un poignard ?
R. La douleur, que nous cause la perte d'Hiram quoi qu'elle ait été vengée.
D. Comment exprimez-vous le nombre des neuf élus ?
R Par neuf rosettes de ruban rouge, dont une où pend le poignard, par 9 lumières, par 9 coups et par 9 baisers.
D. Comme est tendu votre chapitre ou votre loge ?
R D'une tenture rouge et blanche, mêlée de flammes rouges et blanches, pour marquer du sang, qui fut répandu et de la pureté des élus.
D. Pourquoi n'y a-t-il qu'un surveillant en loge ?
R. Parce qu'elle se tient dans l'appartement de Salomon où tout se passe entre lui et son favori.
D. Que vous reste-t-il à faire maintenant ?
R. Rien, puisque tout est accompli et Hyram vengé.
D. Quelle heure était-il, quand vous partîtes pour la caverne ?
R. L'entrée de la nuit.
D. Et lorsque vous en revîntes ?
R. L'aube du jour.
D. Quel âge avez-vous ?
R. Neuf ans. ---- Fin ---- Le très respectable frappe 8 et un coups et dit : Très respectable Stolkin le chapitre d'élu est fermé. Ce qui est répété par Stolkin. On applaudit par 8 et un coups. Omissions
D. A quoi l'eau de la citerne vous a-t-elle servi ?
R. A me désaltérer.
D. Pourquoi l'eau de la citerne était-elle salée ?
R. Parce qu'elle était située au bord de la mer.
D. Qui vous a conduit en la caverne ?
R. Un inconnu représenté en chapitre par un chien, symbole de la fidélité, dit Pérignan.
R. Stolkin et selon d'autres Joabert.
Le nom du maître de cérémonies dans l'élu ou le frère terrible s'appelle Alcidony.
D. Comment étaient les chemins de la caverne ?
R. Raboteux, rempli de roches et de difficiles accès.
D. Comment marchent les élus ?
R. L'obscurité les oblige à mettre les mains devant la tête, de peur de se heurter, comme aussi la difficulté du chemin oblige de croiser les pieds, l'un après l'autre en marchant, c'est pourquoi les maîtres élus sont en chapitre les pieds croisés, ou la jambe droite sur le genou gauche. Observation
La réponse ci-dessus doit faire renier que la faute qui s'est glissé dans l'instruction à la demande, quelle heure était-il quand vous parûtes pour la caverne, on a confondu la réponse du retour avec celle du départ.
Car les neuf élus, pour surprendre plus aisément le traître Abyram, partirent à l'entrée de la nuit et revinrent au point du jour, comme on ouvrait les portes de Jérusalem, on peut encore juger de la justesse de cette réponse par le sommeil qui s'empara de Joabert, après avoir coupé la tête du traître. La recherche, qu'on en fit, fut pendant le silence de la nuit et se rend à l'aube du jour, figurée par la Lune à son croissant et le lever du Soleil, d'ailleurs quel besoin avait Abyram d'une lampe pendant le jour ? C'est assez prouver l'observation. –
[Signature]
Apparat critique de la transcription Aeditimus
7. A chaque thème, correspondant à un grade, nous avons procédé à un changement de page, même quand cela n’était pas le cas dans le manuscrit. Ce faisant, la clarté de l’ensemble s’en trouve renforcée.
8. Dans le manuscrit, les demandes (D.) et réponses (R.) sont données à la suite, sans alinéas. Nous les séparons ici, afin de rendre l’ensemble plus clair. Nous ferons de même par la suite, pour tous les catéchismes du présent document.
9. Nous mettrons systématiquement une majuscule aux divers noms ou mots de passe, de degré, etc. donnés dans le manuscrit, et ce afin de les distinguer. Le manuscrit n’en fait pas usage (ou rarement).
16. Ce passage, semble destiné à apporter une précision à l’histoire du grade.
17. Au bas de cette section, ce qui semble être un paraphe. Il peut cependant s’agir de la mention Fin. Deux remarques toutefois : - 1° La forme même invite à pencher pour la première lecture. - 2° On trouve en plusieurs endroits cette même « marque », accompagnée de la mention explicite Fin. Aussi retiendrons-nous ici la première lecture, faisant de même chaque fois que le cas se reproduira dans le manuscrit.
19. Rappelons que l’alphabet latin ne distingue pas, à l’origine, le I du J.
20. Cf. supra : note 17, page 22 de la présente transcription (page 8v° du manuscrit). A noter la même « marque » au centre de l’alphabet reproduit ci-après.
21. Cette mention semble avoir été rajoutée secondairement.
22. Dans le manuscrit, chaque nombre associé à chacun des vices est associé à sa représentation symbolique. Nous ne l’avons pas reproduite ici ; on se reportera sur ce point à la reproduction du document.
23. Ici, une série de parenthèses non fermées qui ne semblent pas s’imposer ; nous ne les figurons pas, nous contentant de les remplacer par un simple tiret de séparation.
24. Ou Ya ?
25. Précisément : L’arithmétique arabesque et algébrique. Nous avons abrégé, faute de place.
26. Cf. supra : note 17, page 22 de la présente transcription (page 8v° du manuscrit).
27. Rajout, dans l’interligne inférieur.
10e degré · Illustre Élu des Quinze
Cahier « Maître élu apocryphe dit de Pérignan » (p. 5-8 de la transcription) ; « Le maître élu de quinze » (p. 56-60 de la transcription).
Maître élu apocryphe dit de Pérignan
[2r°]
Ouverture de la loge
D. Connaissez-vous d'autres mystères, que ceux des lettres J. et N. ?
R. Je connais la lettre [P].
D. Que signifie cette lettre ?
R. La lettre initiale du nom de l'inconnu.
D. A quelle heure s'ouvre la loge du 2 grade d'élu ?
R. A l'entrée de la nuit.
D. Quelle heure est-il ?
R. Le jour est fini. –
Le vénérable grand-maître frappe 27 coups en trois différents termes, fait le signe du 2e grade d'élu, qui est de porter la main demi fermée sur la bouche et de feindre de s'arracher la langue. Tous les vénérables maîtres répondent à ce signe à lui en étendant les deux bras, comme des gens surpris, après quoi le très respectable maître dit : Respectables maîtres, 1 et 2 surveillants, avertissez les vénérables maîtres, que la loge du 2 grade d'élu est ouverte. Le très vénérable maître dit aux frères de demander aux vénérables maîtres, s'ils n'ont rien à proposer. Pour lors, le maître de cérémonies, après avoir dit la parole, dit qu'il y a dans la chambre de réflexion un vénérable maître élu qui désire être admis au 2 grade. Le très respectable lui demande s'il est véritablement élu et, sur sa réponse, il lui dit de l'introduire. Le maître de cérémonies introduit le récipiendaire dans la loge et le place entre les deux surveillants.
Le très respectable lui demande alors ce qu'il demande, à quoi il répond qu'il désire d'être admis au 2 grade de maître élu. Le très respectable dit au 1 surveillant de le faire voyager. Celui-ci le prend par la main et lui fait faire sept tours de cette manière : 2 en montant et en descendant du côté du Midi, deux autres de même du coté du Septentrion, 2 autres de même du coté de l'Occident et le 7 et dernier en passant le milieu de la loge pour se mettre à deux genoux au pied du trône du très respectable maître, où il prête son obligation.
Serment d'obligation
Je promets et m'engage de garder et observer les mystères du 2 grade de maître élu, qui va m'être confié, tant envers les profanes, qu'envers les maîtres élus du 1er grade, et ce sous les mêmes obligations que j'ai déjà contractées en entrant dans cet Ordre respectable. Et, en tant de plus, d'avoir la langue arrachée comme un parjure, si je contreviens au moindre de mes engagements. Ainsi Dieu me soit en aide.
[Après le serment]
L'obligation ainsi prêtée, le très respectable maître lui donne le signe, le mot et les attouchements et le vénérable maître orateur lui fait le discours, qui suit. – Vous êtes enfin parvenu à ce second grade, que vous avez tant paru désirer et que vos travaux et votre
assiduité vous ont fait maître. Nous vous l'avons conféré d'autant plus volontiers, que cette faveur a dû sans doute redoubler votre zèle et ranimer vos efforts afin de vous rendre digne d'entrer dans la connaissance des sublimes mystères qui nous reste encore à vous dévoiler. – Vous venez d'apprendre, qu'il fut le sort des deux compagnons, malheureux complices de la mort de notre respectable maître Hyram, et comment après avoir longtemps vécu, et porté partout le remords du crime, qui les suivait jours après jours. Dieu permit enfin qu'ils périssent dans le pays de Capulle, où ils s'étaient réfugiés, juste effet de la vengeance divine qui ne laisse jamais ce crime impuni et qui poursuit le criminel jusqu'à ce qu'il lui ait fait subir la peine qu'il a méritée.
Toute l'allégorie, que renferme ce nouveau grade que l'on vient de vous conférer est bien aisée et encore d'autant qu'elle est poursuite de celle, que nous vous avons expliqué dans le premier. Vous la trouverez d'ailleurs toute tracée dans le tableau qui est ici exposé à vos yeux et dont le principal et le plus frappant objet est la tête du malheureux Abyram, plantée au haut d'une pique pour être exposée aux regards de tous les compagnons continuant la construction du temple, que Salomon avait ordonnée et qui servait à inspirer le cœur et l'épouvante à quiconque aurait pu former un projet aussi noir et aussi abominable que celle d'Abyram et qu'il n'avait que trop bien exécuté. – Tous les mystères qui se célèbrent dans ce second grade, ont tous un rapport aussi moral, que ceux, que vous connaissez déjà. – Le signe par lequel nous appelons est tiré de l'obligation que vous venez de contracter. Il marque non seulement comment grande doit être votre discrétion, mais elle se termine à vous faire voir que la peine due aux indiscrets est d'être totalement privés de la langue, qui a été le malheureux instrument de votre indiscrétion. La réponse que nous faisons à cette figure en étendant les bras et les levant au ciel vous désigne l'état d'un homme surpris, interdit, stupéfait d'un événement frappant, que le ciel vient d'opérer et le mot sacré que nous proposons en le faisant, marque notre résignation à sa volonté souveraine et à la juste satisfaction que vous devez, que le crime qui a été commis contre lui, reçoive la punition qui lui est due.
Ce grade au surplus n'est qu'un grade préparatoire qui vous amène à la sublimité de celui vous connaîtrez un jour les profonds mystères, si votre zèle ne se devient pas si votre service ne s'est contredit et, si vous ne dérogez jamais aux qualités éminentes qui doivent les activer, en qui en est revêtu [2v°]. –
[2v°] Je dois vous avertir, vénérable maître, de la part de cette respectable loge, qui m'honore de son pouvoir à cet égard, que la moindre indiscrétion, la plus petite tiédeur et la seule ombre de relâchement privent à jamais de ce grade ceux que nous en trouvons atteints. Nous espérons, que vous ne nous fournirez jamais des justes motifs pour vous en priver et que raffermis de plus en plus dans vos devoirs et vos obligations, vous nous procurerez le plaisir et la joie de pouvoir partager avec vous les avantages et les prérogatives, dont jouit le sublime et parfait élu.
Catéchisme
D. Connaissez-vous d'autres mystères, que ceux des lettres J. et N. ?
R. Je connais la lettre G.
D. Que signifie cette lettre ?
R. C'est la lettre initiale du nom de l'inconnu qui apprit à Salomon où était la retraite d'Abyram.
D. Que signifient les 3 grandes lumières, qui sont en entrant ?
R. Les trois compagnons, qui assassinèrent notre respectable maître Hyram.
D. Comment se nomment les trois scélérats ?
R. L'un se nommait Kunkel, l'autre Gravelot, et l'autre Abyram Akirop.
R. Kunkel était placé à la porte de l'Occident et ce fut celui qui le frappa d'un coup de règle, Gravelot était placé à la porte du Midi et lui donna un grand coup d'équerre. Abyram était à la porte de l'Orient et lui donna un grand coup de maillet, qui le fit tomber mort.
D. Quel fut le sort de Kunkel et de Gravelot ?
R. Salomon apprit qu'ils étaient réfugiés dans le pays de Capulle où ils périrent misérablement.
D. Comment l'inconnu put-il savoir qu'Abyram s'était réfugié dans une caverne ?
R. Comme cet inconnu travaillait auprès du buisson, où était située cette caverne, il en vit rester un homme tout effarouché et la curiosité l'ayant porté à savoir qui c'était, il aperçut Abyram, qui se voyant découvert, se jeta à ses pieds, lui confia son secret et le pria de ne pouvoir le trahir et de l'assister.
D. Pourquoi l'inconnu informa-t-il Salomon de sa retraite ?
R. Pour satisfaire à l'édit, que Salomon avait fait publier à ce sujet et jouir de la récompense, que ce roi avait promis à celui, qui découvrait l'assassin du vénérable maître Hyram.
D. L'inconnu indiqua-t-il à Salomon la retraite d'Abyram aussitôt qu'il l'eut découverte ?
R. Ce ne fut que 7 jours après pendant lesquels l'inconnu fournit à Abyram de quoi subsister à ses besoins.
D. Pourquoi l'inconnu n'informa-t-il Salomon de cette découverte, que sept jours après ?
R. Parce que ce ne fut que le 7 jour qu'il apprit la nouvelle de l'édit de Salomon.
D. Quel est votre nom comme maître élu du 2 grade ?
R. Pérignan.
D. Quel est votre mot ?
R. Mohabon.
D. Que veut dire ce mot ?
R. Dieu soit loué, rendons lui grâces, le parricide est puni.
D. Quel est votre mot de passe ?
R. Abyram Akirop.
D. Que fit Salomon de la tête d'Abyram après que Joabert la lui eut remise ?
R. Il le fit mettre au bout d'une pique, qu'il fit planter au dessus de la porte du Septentrion, afin qu'elle fut exposée aux yeux des apprentifs et des compagnons et qu'elle y restât comme une marque de la punition du crime d'Abyram et comme une preuve que rien n'échappait à sa sagesse.
D. Combien de temps cette tête resta-t-elle exposée ?
R. Pendant tout le temps de la construction du temple.
D. Que signifient les 27 coups, que vous frappez à la loge ?
R. Ils désignent mon âge en qualité de maître du vénérable grade, qui est de 27 ans.
D. Quel est votre signe en cette qualité ?
R. C'est de porter ma main à demi fermée sur la bouche et feindre de vouloir m'arracher la langue.
D. Quelle est la réponse à ce signe ?
R. C'est de lever et étendre les bras, comme un homme surpris, en disant : Loué soit Dieu, le parricide est puni.
D. D'où sont tirés le signe et la réponse qu'on y fait ?
R. L'un de mon obligation par laquelle je consens d'avoir la langue arrachée, si je révèle le moindre des secrets, qui me sont confiés et l'autre de la surprise, où fut Abyram, quand il se vit découvert par l'inconnu.
D. Que signifient les 7 tours qu'on vous a fait faire avant de prononcer votre obligation ?
R. Ils se rapportent aux 7 jours, que l'inconnu laissa passer avant d'instruire Salomon de la retraite d'Abyram.
D. Quel est votre attouchement ?
R. C'est de se représenter réciproquement le dessus de la main droite et la baiser.
D. Que signifie-t-il ?
R. Le baiser, qu'Abyram fit sur la main de l'inconnu en recevant [ ?] la promesse qu'il lui fit de ne point trahir son secret. –
Le maître élu de quinze
[17v°]
Le chapitre doit être tendu de noir, parsemé de larmes rouges et blanches. A l'Orient il doit y avoir un squelette, qui représente Abyram Akiroff, suivant l'élu de Neuf, dont le vrai nom est Hobben. A l'Occident un autre représentant Jubello Gyps et un troisième au Midi, représentant Jubellum Gravelot. Chacun de ces squelettes armés de l'instrument fatal avec lequel ils frappèrent et assassinèrent notre respectable maître Hyram Abiff, tel qu'il est enseigné dans la Maîtrise.
Le chapitre s'ouvre par cinq coups répétés trois fois. Le très respectable maître frappe cinq coups, après lesquels on allume cinq lumières, qu'on place à l'Orient. Le premier surveillant frappe aussi cinq coups qui font allumer cinq autres lumières. Le second surveillant frappe les cinq derniers coups et on place cinq autres lumières devant lui. Par conséquent dans ce grade la loge est éclairée de quinze lumières, posées sur trois chandeliers à cinq branches. On allume avant l'ouverture de la loge trois lustres, qui doivent avoir le même nombre de lumières.
Lorsqu'il y a réception il ne peut se trouver en loge que 15 maîtres. S'il s'en trouva d'avantage, les derniers reçus sortirent aussitôt ou se placeraient sur des bancs à l'Occident de la loge pour ne point faire nombre pour se remettre ensuite, quand ils en seraient avertis. Tout étant disposé, le très respectable maître demande :
D. Vénérable premier surveillant, quelle heure est-il ?
R. Il est cinq heures, très illustre respectable maître.
Il est donc temps de commencer l'ouvrage, mes très chers frères. Le chapitre est ouvert. On frappe 3 fois 5 coups des mains. + Lorsque le récipiendaire est introduit, le très respectable dit au premier surveillant Que demandez-vous ? A quoi il répond : La réception d'un maître élu de Neuf qui désire ardemment de connaître les deux autres assassins d'Hyram Abiff et de parvenir au grade de maître élu de Quinze. Avant d'introduire le récipiendaire, il doit être en maître Eu de Neuf, avec deux têtes de mort, une à chaque main et le poignard à la droite, traversé sous le menton. Alors le très respectable maître dit au premier surveillant Faites-le entrer par quinze pas triangulaires pour parvenir au pied de l'autel, où il doit rester debout, tenant toujours les têtes du cadavre, jusqu'à ce qu'il en soit ordonné autrement. Le très respectable et tous les maîtres élus tiennent leur poignard à la main, pendant que le récipiendaire est arrêté et livré à ses réflexions après quoi, laissant tomber leur poignard, ils mettent leurs mains entrelacées sur le front à l'envers et dans cette attitude demandent grâce pour le récipiendaire. Le respectable demande pour quoi. On répond, que le récipiendaire n'est point coupable. Pourquoi me demandez-vous donc grâce pour lui ? Les surveillants répondent La grâce, que nous vous demandons pour lui, est de le recevoir grand-maître élu de 15. Le très respectable demande : En est-il digne ? Oui, très respectable, répondent les surveillants. Alors le très respectable dit au récipiendaire, qui est au pied du trône. Les grands élus demandent de vous rendre leur semblable. Vous sentez-vous disposé et capable de garder inviolablement le secret et voulez- vous y obliger à la manière accoutumée. Oui, très respectable, répond le récipiendaire.
L'obligation
Je promets et m'oblige sur le Saint Evangile de ne déclarer ni confier à personne où j'ai été reçu, ni qui a assisté à ma réception et de ne recevoir, qui que ce puisse être, sans en avoir obtenu un pouvoir exprès, et en cas d'infraction, je consens d'avoir le corps ouvert et la tête coupée pour être remise au respectable qui m'a reçu. Ainsi Dieu me soit en aide. Amen.
[Après l'obligation] Quand le récipiendaire a prêté son obligation, le très respectable lui récite l'histoire des deux derniers meurtriers d'Hyram en ces termes :
Mon très cher frère, vous avez appris dans le grade de maître élu de 9 où vous avez passé qu'Abyram tué dans la caverne près du buisson ardent était un des meurtriers d'Hyram Abiff. Ce nom, qui ne veut dire autre chose qu'assassin, n'est pas son véritable nom. Il s'appelait Hobben. C'est lui qui était à la porte de l'Orient, armé du levier, qui assomma Hyram, duquel Salomon avait fait embaumer la tête, afin de la conserver pour être exposée en public avec celles de ses complices. Lorsqu'on les avait découvert, ce qui ne tarda pas d'arriver puisque six mois après l'assassinat Bengabar l'un des intendants du roi Salomon, par les recherches exactes qu'il fit, apprit que Jubello Gyps et Jubellum Gravelot les deux autres assassins s'étaient retirés dans le pays de Getk ou de Capulle qui était tributaire de Salomon, croyant y être en sûreté.
Salomon ayant appris cette nouvelle, écrivit sans pardon de temps à Maacha roi de Getk, pour le prier le livrer ces deux criminels aux personnes de sa confiance qu'il envoyait dans son pays pour les prendre et les conduire à Jérusalem, où ils recevraient le châtiment de leur crime.
En conséquence Salomon choisit le même jour et nomma quinze maîtres des plus capables et des plus zélés du nombre desquels étaient les neuf, qui avaient été à la recherche d'Hobben et leur donna des troupes suffisants pour les escorter.
Ils se mirent en marche le 15 du mois de juin et remirent la lettre de Salomon au roi Maacha qui frissonna en le lisant, ordonna qu'on fit au même instant une recherche exacte de ces deux scélérats et qu'on les livrât sans retard aux Israélites, témoignant qu'il se trouvait heureux que ses états fussent purgés de deux monstres semblables. Après une vigilante recherche, on les trouva dans la carrière de Bindecar le cinquième jour de la perquisition. Zermol et Alcham45 maîtres élus furent les premiers qui les découvrirent. On les saisit et on leur mit des chaînes, sur lesquelles était gravé le genre de sujet qu'ils devaient souffrir, afin qu'ils eussent continuellement leurs yeux et leur crime et le genre de mort par lequel ils devaient l'expier.
Ils arrivèrent à Jérusalem le 15 du mois suivant. On présenta aussitôt les coupables à Salomon qui les accabla de reproches les plus sensibles, leur fit sentir la noirceur de leur crime et ordonna de les transférer dans le cachot d'une tour nommée Haÿzar pour leur faire subir le lendemain la mort la plus cruelle. Voici le genre de leur supplice.
Le lendemain, à dix heures du matin, ils furent attachés nus à deux poteaux par les pieds, le col et les bras. Il arriva que dans cette attitude, on leur ouvrit le corps, depuis la poitrine jusqu'à la ceinture, et on les laissa ainsi exposés à l'ardeur du Soleil pendant huit heures. Les mouches et insectes venaient s'abreuver de leur sang et se repaître de leur chair encore vivante, ce qui leur ferait souffrir les plus horribles tourments. Leurs cris étaient si lamentables, que les bourreaux même en furent touchés et abrégèrent leur supplice en leur
tranchant la tête. Leur corps fut jeté par dessus les murs à la voirie, pour être la pâture des corbeaux [18r°]. –
[18r°] [ ?] ordonna ensuite qu'on remit au bourreau la tête d'Hobben afin que toutes les trois fussent exposées aux portes de la ville, sur des pieux, de la même manière que ces meurtriers s'étaient placés aux portes du temple pour assassiner Hyram Abiff. En conséquence la tête de Jubello Gyps fut à la porte du Midi, celle de Jubellum Gravelot à l'Occident et celle d'Hobben à l'Orient Ces trois têtes ont longtemps servi d'exemple aux sujets de Salomon et particulièrement aux ouvriers maçons.
Voilà en abrégé, mon cher frère, la fin de l'histoire déplorable d'Hyram Abiff et sa mort vengée sur celle de ses assassins. Nous allons actuellement vous remettre le cordon de ce grade et vous en donner les signes, mots et attouchements. Le premier signe est de fermer la main droite, le pouce élevé, comme si on tenait un poignard. Se la porter ainsi sous le menton et la descendre le long du corps ensuite comme on voulait s'ouvrir.
Le second signe pour répondre au premier est d'étendre la main et de passer le pouce sur le col, faisant la démonstration de le couper.
Le mot sacré est Zelma et la réponse Alcham. Ce dernier est aussi le mot de passe pour entrer en loge.
Le premier attouchement est de donner un petit coup de l'index droit sur la jointure du petit doigt, ce qui annonce que l'on a découvert les trois traîtres. Le second est de prendre de la main droite l'épaule de l'examinateur et lui donner trois petits coups avec les cinq doigts, ce qui signifie trois fois 5, ou le nombre quinze.
Le cordon de ce grade est noir, de la plus grande largeur, et avec trois bouts de ruban ponceau au bout desquels sont attachés trois têtes de mort. Dessus le cordon il doit y avoir quinze larmes, brodées en argent. Les têtes doivent être d'ivoire.
Le tablier est de peau blanche, bordée de noir, au milieu une tour, brodée en argent, trois rosettes de ruban noir, une au-dessous46 des coins, la troisième sur la bavette renversée, ce qui désigne la place des assassins, et au-dessus des rosettes doivent être brodées les trois lettres H. G. G., Hobben, Gyps, Gravelot, sous-entendant le premier nom de chacun, Jubella, Jubello, Jubellum, d'autres nomment, mais mal, les deux derniers Stelke et Oterfut qui ne doivent être [dénommés] qu'en loge. Il n'y a que le surnom de Kunwal donné au second des meurtriers, qui soit bon et satisfaisant.
Lorsqu'il n'y a point de réception le grand chapitre se ferme de la même manière excepté qu'à la demande quelle heure est-il, on répond cinq heures [ce] soir parce que c'est à cette heure que les deux derniers meurtriers de notre respectable Hyram furent découverts et arrêtés pour être conduits à Jérusalem.
Alors le très respectable dit : Puisque les deux derniers meurtriers d'Hyram sont découverts, mettons-nous en devoir de les connaître et montrons notre zèle ardent. A neuf [ ?] la loge et [ ?] on frappe ensuite des mains comme il est indiqué. On s'assoit et on peut se couvrir.
Doctrine
D. Etes-vous grand-maître élu ?
R. Mon zèle et mon travail m'ont passé à ce grade avec l'approbation de mes amis et frères, et l'estime de mes supérieurs.
D. Où avez-vous été reçu ?
R. Dans le cabinet de Salomon. * et à la rosette droite K. à la gauche G. et au-dessus de la rosette d'autres mettent ces initiales H. A. K. _____________________________
D. Quand vous reçut-il ?
R. Lorsqu'il m'envoya avec mes co-élus à la recherche des deux assassins d'Hyram.
D. Vous y avez donc été vous-même ?
R. Oui, très sage, et si je n'avais pas été nommé, mon zèle m'y aurait conduit tout. J'avais encore de contribuer à ce que la mort d'Hyram fut vengée.
D. Vous ressentîtes donc une grande joie lorsqu'ils furent pris ?
R. Les trois têtes que j'ai à mon cœur en sont h preuve, car elles désignent les trois meurtriers punis et que j'ai participé.
D. Comment avez-vous trois têtes à votre cordon, puisque vous n'avez été à la recherche que de deux assassins ?
R. Le troisième avait déjà été arrêté et puni.
D. Où les trouvâtes-vous ?
R. Dans une carrière appelée Bindecar.
D. Salomon n'avait-il pas un intendant de ce nom ?
R. Oui, il en avait un qui épousa une de ses filles.
D. Comment découvrîtes-vous ces assassins ?
R. Par le moyen d'un berger, nommé Perignan, qui nous enseigna leur retraite.
D. Quels sont les maîtres, qui les aperçurent les premiers ?
R. Zermol et Alcham, après cinq jours de recherche, qui les firent charger de chaînes pour les conduire à Jérusalem.
D. Comment étaient faites leurs chaînes d'équerre ?
R. En forme de règle et de maillet où était gravé le genre du supplice, qu'ils devaient subir.
D. Quels sont les noms des trois assassins ?
R. Le premier Hobben, est celui qui dans l'élu de neuf porte le nom d'Abyram Akiroff ou Jubellum Akiroff, le second Jubello Kunwal, ou Guips, nommé ailleurs Stelk[as] et le troisième Jubello Gravelot.
D. Quels sont nos mots sacrés ou Zerbal Benaya et le mot Elkano est la réponse ou Alcan48.
R. Zermol et Alcham. D'autres disent au premier Zelma.
D. Quelle heure est-il ?
R. Six heures du soir : parce que cette heure les deux derniers meurtriers d'Hyram [ ?] et vengèrent sa mort. Le très respectable maître dit alors : Puisque la mort de notre respectable maître [67v°] Hyram est vengée par la punition de ces deux derniers assassins, nous devons nous reposer. Ainsi le chapitre est fermé. On frappe trois fois cinq coups et on se retire.
[Signature] Omissions + Le récipiendaire sera dans l'antichambre un d'eux frappera cinq coups à la porte de la loge et un des frères du dedans, par ordre du premier surveillant entre-ouvrira la porte et verra qui frappe. Celui de dehors dira que c'est un maître élu qui désire ardemment de connaître les deux autres assassins d'Hyram Abiff notre [maître] et de parvenir au grade de grand-maître élu de Quinze. Le second surveillant rendra au premier, ce qu'il a entendu à la porte et le premier l'annonce au très respectable maître, qui ordonne de l'introduire habillé en maître élu de Neuf. ++ D. Quel jour arrivâtes-vous à Jérusalem ?
R. Le 15 du mois de… qui répond à notre mois de juillet.
D. Combien de temps restâtes-vous dans le voyage ?
R. Un mois, étant partis de Jérusalem le 15 du mois de… qui répond à juin.
D. Combien Salomon employa-t-il de maîtres à cette recherche ?
R. Quinze de nombre, desquels j'étais par mon zèle.
D. N'y avait-il pas d'autres personnes avec vous ?
R. Salomon avait donné de troupes pour nous escorter pour rendre les assassins à Salomon.
D. Qu'ordonna Salomon ?
R. Après leur avoir reproché au vivement l'énormité de leur crime, il ordonna à Haÿzar, grand-maître de sa maison, à les faire conduire dans la tour, qui portait son nom, et de les faire mourir le lendemain matin à dix heures.
D. Pourquoi disposa-t-on les trois têtes aux trois portes du temple ?
R. On les distribua de même pour faire connaître leur position aux portes du temple lorsqu'ils assassinèrent notre père Hyram Abiff, puisque Jubello Kunwal était à la porte de Midi, armé d'une règle de 24 pouces de longueur, Jubelle Gravelot à celle d'Occident, armé d'une équerre et Hobben Akiroff à celle de l'Orient armé d'un levier avec lequel il assassina et renversa mort par terre Hyram Abiff. --- Fin ---
Apparat critique de la transcription Aeditimus
45. On peut encore lire : Elcham. L’initiale est incertaine. Cependant, ailleurs, notre première version semble attestée maintes fois.
46. Ajout dans l’interligne supérieur qui semble remplacer dessus ( ?), non biffé cependant.
47. Ce fragment se trouve en marge droite sur le manuscrit, après la précédente section. Il se rapporte aux lettres du tablier (cf. * dans le texte).
48. Ou Elcan ?
11e degré · Sublime Chevalier Élu
Cahier « L'élu des douze, le grade de sublime élu, chapitre d'illustres » (p. 61-67 de la transcription).
[18v°]
Le chapitre disposé comme nous l'expliquerons dans le tableau. Le vénérable qu'on appelle très sublime grand-maître, ou très illustre et très puissant, frappe sept coups détachés et dit : A l'ordre mes frères. Tous les frères font alors le signe et mettent l'épée à la main. Ensuite le très illustre, ou sublime maître dit :
D. Illustre premier surveillant, êtes-vous sublime élu ?
R. Très illustre grand-maître, mon nom vous le fera connaître.
D. Comment se nomme un parfait maître sublime élu ?
R. Emerk, qui veut dire homme vrai en toutes choses.
D. Qu'avez-vous en entrant en chapitre ?
R. Vingt et quatre lumières.
D. Que signifient-elles ?
R. Les douze maîtres élus et les douze tribus d'Israël.
D. Comment nommez-vous les douze maîtres élus ?
R. Zerbal, Elchior, Tercy, Morphis, Alkaber, Dorion, Ker[em], [L]esghemer, Tito. Ces neuf premiers furent élus pour aller à la recherche d'Abyram Akiroff, Benecat, Japhat et Tabor sont les trois maîtres distingués par leurs talents, leur zèle et leur vertu. Salomon joignit aux neuf premiers pour remplir les emplois qu'il leur destinait.
D. Quels sont ces emplois ?
R. La surintendance sur tous les maîtres en les nommant inspecteurs pour veiller à tour les travaux qu'on ferait dans le temple et lui en rendre compte.
D. Combien y avait-il d'ouvriers dans le temple ?
R. 153.590, parmi lesquels on comptait 7000 Appentis, 79997 compagnons et 3593 maîtres.
D. Comment les douze maîtres parfaits sublimes élus étaient-ils disposés dans le temple pour veiller à la conduite de tant d'ouvriers ?
R. Ces ouvriers étant de douze tribus différentes, ils eurent chacun l'inspection des ouvriers de chaque tribu comme il suit : Zerbal eut l'inspection des ouvriers sur la tribu de Juda. Tercy sur Benjamin. Ces douze maîtres élus inspecteurs rendaient compte à Salomon de Morphis sur Lévi. tous les travaux qui se feraient dans le temple. Alkebar sur Manassé.
D. A quelle heure s'ouvre le chapitre ? Dorion sur Issakar.
R. A minuit. Kerem sur Zabulon.
D. Pourquoi ? Barthemer sur Aser.
R. Parce que ces maîtres élus sublimes, chargés pendant le jour Tito sur Nephtaly. d'exécuter ce qui était ordonné, ne pouvaient s'assembler qu'à Benecat sur Joseph. minuit, pour rendre compte de ce qui était fait et prendre de Japhat sur Rubens. nouveaux ordres. Tabor sur Gad.
D. Quelle heure est-il ?
R. Minuit.
D. Expliquez-moi les cinq lettres, qui sont sur la croix53 ?
R. C. est la lettre initiale de Ciuy, K. celle de Ky, E. celle d'Emerk, S. celle de Salomon, et A. au milieu de la croix celle d'Adonaÿ. N.B. Dans quelques loges cette croix en est le bijou.
Alors le très illustre dit : Annoncez donc ici aux frères en toutes leurs qualités et dignités, que le chapitre de parfait maître sublime élu est ouvert et qu'on s'y tienne avec la décence due aux mystères.
Les surveillants répètent ce qui vient d'être dit. Tous font le signe, le vénérable très illustre dit : Le chapitre est ouvert, on applaudit avec sept coups, le dernier détaché.
Le très illustre sublime maître, adressant alors la parole à tous, dit : Mes frères, personne n'a-t-il rien à proposer pour le bien ou l'instruction du chapitre. L'un des frères propose alors le récipiendaire, comme un maître élu, qui a passé par les différents grades et qui supplie le très illustre grand-maître et les frères de lui introduire à pénétrer plus avant dans les mystères, en lui conférant le grade de parfait maître sublime élu. Le très illustre grand-maître requiert le consentement de tout le monde. Après quoi le maître des cérémonies va chercher le récipiendaire dans la chambre de réflexion, le dispose et l'introduit à la manière accoutumée dans le chapitre, qui doit être décoré comme il est dit ici : Description de ce qui se trouve dans le chapitre
Le lieu où se tient l'assemblée de sublime élu, ou si l'on veut Surintendant des Bâtiments, représente l'intérieur du temple de Salomon, sans tenture et le sanctuaire tapissé en colonnes blanches parsemées de flammes rouges et en colonnes rouges parsemées de flammes blanches. L'intérieur du temple doit être éclairé par vingt et quatre lumières, placées indifféremment en douze pelotons de deux et le sanctuaire doit être éclairé par le chandelier à sept branches. On trace à la partie d'Occident du temple, du coté droit, le tableau de la loge de compagnon et de l'autre côté celui d'apprentif. Plus avant dans l'intérieur est le tombeau de notre maître Hyram et de chaque coté du tombeau un palmier élevé, qui trouble la couverture de ses branches. Salomon fit placer ces deux palmiers comme un monument, qu'il voulut ériger aux talents et aux vertus de notre maître, et séparément les deux chérubins de l'arche.
On lit sur le tombeau les trois lettres I. H. S. I. est la lettre initiale de l'ancien mot que l'on prononçait Jehova, H. Hyram, S. Stokin. Plus avant dans le temple est une urne sur laquelle on voit les lettres X. C., qui veut dire Xincut56 en hébreu, le siège ou le repos de l'âme. En face on place à l'endroit de cette urne une clef et à la gauche une balance. On doit voir à l'entrée du temple dans le sanctuaire un coffre d'or suspendu par une houppe dentelée et dans le fonds du sanctuaire l'Arche d'Alliance, figurée par une double arche, autour duquel en dehors sont gravées les lettres J. A. J. M57. Les deux JJ. sont placés au haut et au bas du cercle, M. à droite, A. à la gauche. Au-dessus de ce cercle parait un triangle environné d'une nuée épaisse. Au milieu du triangle sont les lettres A. D. écrites en hébreu et qui signifient le nom de Dieu. Aux trois angles sont les lettres B. U. S. qui veulent dire Union, Sagesse et
Beauté. La nuée qui enveloppe le triangle, est pour marquer, que la dédicace du temple fut agréable au Seigneur. En face de l'arche on met un chandelier à sept branches, à droite le vase de parfums et à gauche la table des pains de proposition.
Réception
Le chapitre ainsi disposé, on introduit le récipiendaire, qui doit avoir à la main droite son épée en travers du corps et de la gauche un compas, dont une des pointes est tournée vers le cœur. Pour l'introduire le maître des cérémonies frappe sept coups, le dernier détaché, et lorsqu'on a ouvert, il place le récipiendaire entre les deux surveillants.
Le très illustre maître lui demande, ce qu'il veut Il répond qu'il demande au très illustre grand-maître de vouloir bien l'admettre dans le chapitre des parfaits maîtres sublimes élus en le recevant à ce grade. Alors, le très illustre maître lui dit au second surveillant : Conduisez-le, où travaillent les apprentifs. Alors, le second surveillant le mène où est le tableau des apprentifs et le faisant marcher en apprentif, là on lui fait les questions de ce grade, puis on le mène au tableau de compagnon parla marche, qui leur est attribuée. On l'interroge encore sur ce grade et si on est satisfait de ses réponses, on le mène en marchant en maître jusqu'au tombeau d'Hyram, où il doit encore répondre aux questions de maître qu'on lui fait. Puis, marchant en élu, il arrive à l'entrée du sanctuaire où alors le sublime maître dit : Faites approcher ce frère avec la décence due au lieu saint, où il prêtera son Obligation.
Aussitôt le premier surveillant lui prend l'épée et le compas qu'il avait entre les mains, les lui croise et lui appuie sur la poitrine. Puis il lui fait faire quatre génuflexions. A chaque génuflexion il dit : Ciui et le très illustre maître lui dit : Ki puis il se met à genoux pour prêter son obligation.
Obligation
Je jure et promets sous les mêmes obligations que j'ai déjà contractées de garder les secrets [19r°] de parfait maître sublime élu Surintendant des Bâtiments [19r°] et envers les profanes que les maçons qui sont au-dessous de ce grade. Je promets de plus d'aimer et adorer Dieu, d'être fidèle à mon roi et charitable envers mon prochain, particulièrement envers mes frères, me soumettant au cas que je contrevienne à mon obligation d'avoir le cœur percé et le corps partagé, et que ma mémoire soit regardée comme celle d'un infâme et d'un parjure. Ainsi Dieu me soit en aide et son Saint Evangile. Amen.
[Après l'obligation]
Lorsque le récipiendaire a fini de prononcer l'obligation le très illustre grand-maître lui donne les signes, mots et attouchements et le décore de l'attribut.
Le signe est de faire la croix avec la main sur l'estomac et de lever le pouce en l'air en serrant les doigts. On peut faire un autre signe par une main en serrant les doigts et tenant le pouce élevé. On fait ensuite la croix avec le pouce sur la poitrine.
L'attouchement est de prendre la main droite de celui qui vous demande de vous faire connaître et de frapper trois coups avec le pouce sur la phalange du doigt du milieu.
Les mots de passe sont Stokin ou Nikots.
Les mots sacrés sont Jubellum, Abyram Akiroff qui se disent d'abord mais le grand mot est Adonaÿ.
L'attribut est une croix de nacre de perle à neuf pointes en étoile sur laquelle est un cœur enflammé d'un côté et au revers sont gravées les lettres C. K. E. S. Cet attribut doit être
attaché à un grand ruban noir large moiré, que l'on porte de l'épaule gauche à la ceinture droite avec une rosette couleur de feu ayant douze flots.
Le très illustre grand-maître arme ensuite d'une épée le récipiendaire, qui va rendre aux surveillants les signes, mots et attouchements. Puis, revenant dans le chapitre, le frère orateur lui prononce à peu près ce discours, que je propose de choisir en faisant suivant son génie. On y explique le nom d'Emerk, qu'on donne à celui qui est sublime élu, mot oriental qui signifie homme vrai en toutes choses, éloges etc.
Doctrine
D. Comment étiez-vous, quand on vous a introduit en chapitre ?
R. Je tenais de la main droite une épée nue, qui me traversait le devant du corps et de la gauche un compas dont la pointe appuyait sur mon cœur.
D. Pourquoi dans cette attitude ?
R. L'épée servait à me faire connaître, que mon corps serait partagé en deux, si j'étais jamais assez malheureux de révéler les secrets qui devaient m'être confiés et le compas, que nos pensées et nos actions doivent être réglées par la justice, ce que j'ai observé, puisque vous m'avez trouvé digne de m'admettre.
D. Comment vous êtes-vous annoncé au chapitre ?
R. Par sept coups le dernier détaché, qui signifient les six années, qui furent employées à la construction et le festival à la dédicace du temple, que Salomon fit bâtir.
D. Donnez-moi notre mot sacré.
[R.] Adonaÿ.
D. Donnez-moi le mot de passe.
[R.] Nikots ou Stolkin nom du maître qui découvrit le corps d'Hyram.
D. Donnez-moi le signe.
R. J'obéis. – Il le donne.
D. Donnez l'attouchement au frère second surveillant.
R. Il le donne.
D. Qu'est ce que nous représentent les trois coups, que nous donnons dans l'attouchement ?
R. C'est pour nous rappeler les trois points principaux de notre obligation, savoir l'amour de Dieu, la fidélité au roi, et la charité envers nos frères.
D. Que signifie le tombeau qui est au sanctuaire du temple ?
R. C'est celui de notre respectable maître Hyram que Salomon fit placer dans le milieu du temple, pour indiquer aux Israélites le regret de sa perte.
D. Quelle récompense donna Salomon aux douze élus après la construction du temple ?
R. Il les nomma ses favoris, ses bien-aimés, les chevaliers sublimes élus, les décora du grand cordon et de l'attribut que nous partons et leur donna l'épée de justice. Et Salomon en leur disant : Vous avez été ses conducteurs de travaux dans la construction du temple que j'ai consacré à l'Eternel. Soyez en maintenant les juges et le soutien en combattant contre les infidèles.
D. Que signifie la houppe dentelée et le coffre d'or qu'elle suspend ?
R. Elle est la figure de trois Babyloniens, que Salomon fit mettre dans le temple pour séparer le lien saint avec le très saint. Le coffre était l'endroit, où on déposait le cœur de ceux, qui avaient été consacrés à l'Eternel.
D. Que signifient les quatre pas, qu'on vous a fait faire pour arriver au pied du trône ?
R. Les quatre portes du temple et le respect, qu'on doit avoir quand on entre dans un lieu consacré à Dieu.
D. Pourquoi le très illustre maître frappe-t-il trois coups d'épée sur la tête du récipiendaire
R. La représentation de la foi, la fidélité et la charité pour mes frères.
D. Pourquoi les sublimes élus sont-ils en chapitre l'épée à la main ?
R. Pour nous apprendre, que nous devons être toujours prêts à secourir nos frères et prendre la défense d'eux et de la religion.
D. Pourquoi le chapitre se ferme-t-il au point du jour ?
R. Pour exécuter pendant le cours de la journée, ce qui a été prescrit et ordonné.
D. Quel est notre nom en qualité de maître sublime élu ?
R. Bakulcal, mot qui signifie tabernacle ou gardien fidèle.
D. Quel était le nom de l'inconnu qui avertit Salomon de la retraite du meurtrier d'Hyram Abiff ?
R. Pérignan, équarrisseur et polisseur de marbre, qui travaillait à Guiblim dans une carrière proche de [Joppa] où fut trouvé le corps d'Hyram Abiff. Il n'était point du nombre de ceux qui étaient inscrits pour travailler au temple.
D. Que signifient les trois lumières placées aux trois portes du chapitre ?
R. La place où s'étaient portés les trois compagnons qui assassinèrent Hyram Abiff, lesquels étaient tous frères de père et de mère. Ils étaient de la tribu de Dan, le premier Akiroff, le second Kunwal ou Guips et le troisième Gravelot avec le surnom de Jubellum qu'ils portaient tous trois. Dans le grade d'élu de 15, ils sont connus par quelques-uns sous le nom de Kelek, Oterfut et Hobben, etc.
D. Quelle heure est-il ?
R. Le point du jour. Alors, le très illustre maître dit : Puisque le jour parait avertissez les frères que le chapitre est fermé.
[Signature] Omissions
Le cordon est un grand ruban noir de commandeur de Malte, pendant de l'épaule gauche à la hanche droite, une croix au bas dudit ruban, suspendue par un ruban couleur d'eau, où la croix doit être rouge, trois cœurs en bas du cordon peints enflammés... Le tablier est de peau blanche, doublé de noir, bordé d'un ruban rouge, une petite poche dans le milieu, de soie noire et une croix rouge, peinte ou brodée, sur la poche au milieu. ++ D. Que signifient les trois lettres J. H. S., que vous voyez sur le tableau ?
R. J. est la lettre initiale de Jeva, première prononciation de l'ancien mot des maîtres, H. celle d'Hyram, nom de notre respectable maître, S. celle de Stolkin, qui est le nom de celui qui découvrit son corps quand Salomon y fit la recherche.
D. Donnez-moi l'explication de l'urne que vous voyez sur le tableau.
R. C'est dans cette urne qu'est déposé le dépôt précieux du corps de notre respectable Hyram et les deux lettres X. C. qui sont sur cette urne, lettres initiales de Xin. chut, mot hébreu qui signifie le juge de l'âme.
D. Quelle récompense avaient les douze maîtres élus de Salomon après la construction du temple ?
R. Il les nomma ses favoris et les fit chevaliers sublimes élus, les décora du grand cordon, où il y avait un cœur enflammé, qu'il n'était permis de porter qu'aux sublimes maîtres élus, et leur remit l'épée de Juda.
Fin
[19v°]
Conseil des illustres élus
La loge est tendue de rouge. Il n'y a point de tableau. Les lumières sont disposées indifféremment par toute la loge, qui représente un appartement de Salomon. Le maître de la loge représente Salomon et se nomme très souverain. Il y a deux surveillants et les vénérables frères sont assis.
La loge s'ouvre par neuf coups égaux. Le récipiendaire est dans une chambre à côté avec le frère terrible, qui lui met dans la main gauche une tête de cadavre et lui dit de prendre de la droite le poignard attaché à son cordon. Puis il frappe à la loge neuf coups égaux. On y répond du dedans et on introduit le récipiendaire que l'on place entre les deux surveillants et auquel le grand-maître demande ce qu'il veut. Le premier surveillant répond pour le récipiendaire qu'il demande la récompense de ce qu'il vient de faire. Le grand-maître lui dit alors : En vengeant la mort de notre respectable maître Hyram par celle de ses assassins, votre cœur n'avait en vue que l'intérêt. Le surveillant répond : Pas du tout, la récompense que je demande est moins pour ma propre satisfaction que pour faire connaître à la postérité, que j'avais la vertu qui reste sans récompense, ni le crime impuni. Le grand-maître continue ses questions en disant : Est-il bien vrai une fois vengé ? Le surveillant présentant le récipiendaire, la tête de mort à la main, dit : En voilà, un grand et sûr témoignage.
On fait faire alors neuf petits pas au récipiendaire pour aller jusqu'au maître qui lui fait prêter son obligation et lui donne les signes.
Le signe est de porter la main droite sur la tête, qui est le mouvement, que fit Abyram en mourant lorsque Stolkin le tua du poignard.
L'attouchement est de se présenter la main droite mutuellement et s'entrelacer les doigts.
La parole est Nak-Marooz. Cette parole est détaillée dans l'instruction.
L'attribut est une étoile de nacre de perle à neuf pointes où sont gravés un poignard d'un côté, et un Soleil de l'autre.
Le grand-maître en lui donnant cette étoile dit : Je vous illustre vous et vos descendants pour l'action que vous venez de faire. Vous porterez cet attribut à la boutonnière avec un ruban rouge moiré, comme les chevaliers de saint Louis. Ensuite l'orateur lui fait un discours, qui n'est qu'une répétition de l'histoire d'Adoniram et de sa mort, du zèle que tous les frères doivent témoigner de le venger, de la découverte du traître Abyram, de la fin et de la récompense que Salomon donna à Stolkin pour prix de son zèle en le décorant de cette étoile, qu'il fit faire de nacre préférablement à l'or, regardant la première matière plus précieuse que l'or, qui était trop commun de son règne, et l'illustrant pour toujours lui et ses enfants.
Doctrine
D. Etes-vous illustre ?
R. Je le suis avec d'autant plus de justice, que je me flatte de l'avoir mérité.
D. Qu'avez-vous donc fait pour le mériter ?
R. J'ai vengé le maître des maîtres en punissant son assassin. (On peut faire ici des questions d'élu.)
D. A quoi connaîtrai-je que vous êtes illustre ?
R. Aux signes, paroles et attouchement.
D. Donnez-moi la parole.
R. Donnez-moi la seconde, je vous donnerai la première. Marooz, Nak. Ensemble Nak-Marooz. Signification : le maître des maîtres est vengé.
D. Quel est votre attribut ?
R. Une étoile extraordinaire à neuf pointes, au milieu de laquelle est un poignard et au revers un Soleil.
D. Expliquez-moi cela.
R. L'étoile indique que l'action de Stolkin causera autant d'étonnement à l'univers qu'un phénomène ; le poignard, qui est au milieu de l'étoile, est l'instrument de la vengeance et le Soleil signifie que, comme le Soleil répand ses rayons par tout l'univers, de même cette action se répandra à la postérité et y sera regardée comme un modèle de la plus haute vertu. Nota. Après la santé du maître on boit en mémoire de Salomon, et pour distinguer cette santé des autres, lorsque la santé a été annoncée, le grand-maître frappe un coup de maillet et poursuit l'exercice.
[Signature]
Apparat critique de la transcription Aeditimus
53. En marge droite, à côté de ces répliques, la figure de la croix en question. Pour des raisons de place, ladite figure a été reproduite en fin du présent catéchisme (cf. page suivante).
54. Rajout dans l’interligne supérieur.
55. Comme plus haut, en une autre section, on peut lire : Jehena.
56. Ailleurs, on semble lire tantôt : Xincu, tantôt : Xinxu.
57. Ou Y. A. Y. M. ?
12e degré · Grand Maître Architecte
Cahier « Le grade de grand-maître architecte » (p. 29-38 de la transcription).
[10r°]
La tenture du conseil académique est blanche, parsemée de flammes. Les frères sont en habits de sacrificateurs avec leurs attributs par-dessus. Le vénérable se nomme grand architecte et les frères se nomment maître architecte. Il y a au Nord une étoile qui jette de la lumière et sur une table, entre le Nord et le Sud, un étui de mathématiques.
Ouverture du conseil académique
Le grand-maître architecte frappe trois coups, le premier séparé et les surveillants répondent ensemble les même trois coups.
D. Le grand architecte dit : Voyez, mes frères premier et second surveillant, si nous sommes couverts.
R. Les surveillants répondent au grand architecte : J'ai tout vu et visité, la porte est gardée, les fenêtres bien fermées, nul profane ne peut écouter, ni autres.
D. Etes-vous architecte ?
R. Je connais l'étui de mathématiques.
D. Que referme-t-il ?
R. Une équerre, un compas simple, un compas à quatre branches, une règle, un tire-ligne, un compas de proportion, et un rapporteur.
D. Où avez-vous été reçu ?
R. Dans un lieu tendu de blanc, parsemé de flammes.
D. Que signifie cette tenture ?
R. Le blanc signifie la pureté du cœur, et les flammes le zèle que doivent avoir les maîtres architectes.
D. Qu'est-ce qui éclaire le conseil ?
R. C'est une étoile.
D. Que représente cette étoile ?
R. La vertu, qui doit guider les maçons dans leurs actions, comme l'étoile du Nord guide les maçons dans leur navigation.
D. Quelle heure est-il ?
R. Lucifer, étoile du matin.
D. Puisqu'il est ainsi, travaillons.
R. Travaillons, le conseil est ouvert.
Pour une réception
S'il se présente un récipiendaire, on l'introduit au conseil en frappant trois coups. Il fait le tour du tableau par le Midi, où il s'arrête quelque temps pour examiner l'étoile. Il poursuit son tour et vient par trois pas en équerre à l'autel, où il prête son obligation sur sa foi de maçon, qui est à peu près la même que pour le maître parfait. Il retourne ensuite en arrière par trois pas en équerre et là le premier surveillant lui donne le signe, l'attouchement, la parole et l'attribut.
Le signe est de placer la main droite sur la gauche, en forme de table, et de faire semblant de dessiner.
L'attouchement est de s'entrelacer la main droite avec la gauche de son frère et déporter
Le mot est Habneïm qui signifie : Architecte et Adonaï.
Le mot de passe est Rab-habucim qui veut dire : Ce que vous êtes est ce que je suis.
Le signe en loge est de porter la main à l'étui et le présenter au grand architecte.
Le grand attribut est un étui de mathématiques qui se porte à la main. Il est en argent où sont d'un côté dans un pentagone les 5 ordres d'architecture.
Le petit attribut est un médaillon conforme à la figure ci-jointe suspendue à un cordon bleu ou violet moiré. Dans chacun des demi-cercles est un des chiffres ci-dessous et sur le revers la lettre initiale de chaque vice, qu'il faut éviter suivant l'alphabet ci-joint : Vices qu'il faut éviter Perfidie…….... 17 Avarice……… 21 Ivrognerie….... 18 Colère…….…. 22 Médisance.….. 19 Etourderie…… 23 Orgueil……… 20 Indiscrétion….. 24 Caractères véritables des maçons architectes
[Suite et fin, pour une réception]
D. Le grand architecte demande ensuite au premier surveillant : Savez-vous bien travailler ?
R. Je le sais, grand architecte.
D. Voyons ?
R. Commandez, grand architecte.
D. Ouvrez l'étui.
R. Il l'ouvre et en tire tous les instruments, les uns après les autres, et les range sur la table dans un ordre maçonnique.
D. Cela est fort bien, défaisons notre ouvrage et travaillons d'une autre manière.
R. Je consens, grand architecte. Ils prennent ensuite les divers instruments et le grand architecte dit : C'est bon, mon frère.
D. Donnez-moi la parole.
R. Habneïm, qui veut dire : Je suis architecte.
Pour fermer le conseil académique
D. Donnez-moi la parole.
R. Demandez-la-moi en règle [10v°].
[10v°] D. Faites-vous donc connaître !
R. Mon nom est Rab-habucim.
D. Que veut dire ce mot ?
R. Que ce que vous êtes est ce que je suis. Gourmandise….. 25 Calomnie……... 29 Animosité…….. 26 Injures……… 30 Mauvaise foi….. 27 Impiété……….. 31 Supercherie…… 28 Entêtement…… 32
D. Donnez-moi le signe. – Il met la main sur l'étui et l'ouvre, il dit ensuite : Travaillons ! on range tous les outils sur la table comme pour ouvrir la loge, il met le compas de proportion à gauche, il y met cette main dessus et s'appuie de la droite sur la table et dit :
D. Ne savez-vous que cet ouvrage ?
R. J'en comprends et en sais encore un autre.
D. Travaillez.
R. Travaillons. – Chacun prend ici les outils qu'il a touché les remet dans leur situation naturelle et dit : Tout est prêt.
D. Commencez.
R. Commençons. – Le premier maître architecte fait un triangle avec le compas de proportion, l'équerre et la règle. On remet tous les instruments dans l'étui de mathématiques, ensuite le compas de proportion, l'équerre et la règle et dit :
D. Finissez.
R. Finissons. – Il prend le compas de proportion, l'ouvre et le place. Il prend l'équerre, l'ouvre et la place, il prend le compas ordinaire, l'ouvre et le place, il prend la règle et la place, il prend le triangle et le place, il prend le compas à trois branches, l'ouvre et le place, il prend la demi-cercle, met l'autre, le lui ôte vivement, et il les place ensemble, il prend la branche au crayon et la place, il prend la tournelle et la place, il prend l'aplomb, il prend celui et s'il est entier, il le met du côté du compas de proportion et place la main droite de l'autre côté pendant un instant) et puis le grand architecte dit : Je suis content, tout est fini et la loge est fermée. On serve tous les instruments et il frappe trois coups, qui sont répétés par les surveillants, et le conseil académique est fini.
Doctrine
D. Quel est le premier de tous les arts ?
R. L'architecture, dont la géométrie est la clef, ainsi que de toutes les autres sciences.
D. Qui a été le premier architecte ?
R. Dieu, qui créa l'univers.
D. Qui a été le premier architecte parmi les hommes ?
R. Caïn, qui bâtit une ville dans l'Orient et la nomma Enoch, du nom de son fils.
D. Nommez-moi les plus fameux architectes de l'antiquité ?
R. Tubalcaïn, qui trouva le premier l'art de fondre des matières et de les rendre inaltérables, Noë, qui construisit l'arche où il se retira pendant le Déluge, Nimroth autrement nommé Belus qui éleva la tour de Babel et Nimus fils de Celebe qui fit bâtir Ninive.
D. N'y a-t-il pas d'autres architectes contemporains ?
R. Il y en a eu plusieurs. Sémiramis fit bâtir Babylone, [Troiskonius] et Agameda firent construire les murailles de Thébes.
D. Quelle est la suite des architectes sauvés ?
R. Bezaleel fils d'Urie et de Marie sœur de Moïse et petit-fils d'Hur de la tribu de Juda, et Eliab fils de Chiramech ou Izamach de la tribu de Dan. On ne dit à la vérité presque rien de leurs ouvrages, mais l'Ecriture marque si expressément les grandes connaissances qu'ils avaient reçues de Dieu qu'on doit les regarder comme des grands architectes.
D. Quels ont été leurs ouvrages dont nous avons connaissance ?
R. Le tabernacle, que Moïse fit faire dans le désert, tous les ornements de lampe d'or et d'argent, ou pièces gracieuses, dont le tabernacle était enrichi.
D. Poursuivez la liste des architectes.
R. Depuis ceux, que je viens de nommer, on n'en connaît point de fameux, jusqu'à Hyram, né à Tyr d'un Israélite d'origine nommé Ja et d'une pauvre veuve de la tribu de Nephtaly. Ce fut lui qui bâtit le temple que Salomon voulait consacrer au Très-Haut.
D. Ne fit-il point d'autres ouvrages ?
R. Il fit une quantité d'ouvrages d'orfèvrerie, qui servirent d'ornements au temple. Il bâtit un palais pour Salomon, un autre pour sa première épouse, fille de Pharaon et plusieurs autres édifices, tant en dedans qu'au dehors du royaume.
D. Combien y a-t-il de sortes d'architectures ?
R. Trois. L'architecture civile, la navale et la militaire. L'architecture civile est l'art de construire des maisons, des hôtels, des palais, des temples, des arcs de triomphe et tout ce qui peut être de la commodité des logements des citoyens et pour l'embellissement et la décoration de l'intérieur d'une ville.
L'architecture navale est l'art de construire les vaisseaux pour les armées navales, les navires pour l'exportation de marchandises, de commerce et tous les bâtiments, barques et bateaux, qui peuvent vaquer tant sur mer, que sur les fleuves et rivières.
L'architecture militaire est le fait de fortifier les villes pour soutenir l'attaque d'un grand nombre avec une petite défense, et disposer ses ouvrages et tranchées de façon à suivre les enfilades et enfin de se rendre maître des fortifications les mieux disposés et les mieux défendus dans l'Art Royal de la Maçonnerie. Les maîtres architectes ne sont tenus qu'à posséder l'architecture civile, les deux autres seulement servent d'attribut au maçon.
[11r°] D. Quelles sont les sciences, qu'il faut posséder pour être maître architecte ?
R. Il y en a plusieurs qui toutes ont une liaison les unes aux autres et on ne peut se dispenser d'une seule pour exercer l'architecture dans toutes ses parties ainsi un architecte doit posséder, savoir : L'arithmétique La géométrie La catoptrique La dioptrique La mécanique La statique La chronologie La coupe des pierres La médecine La musique
D. Qu'est-ce que l'arithmétique, et comment sert-elle d'attribut à un maçon ?
R. L'arithmétique est l'art de calculer, celle que l'on nomme arabesque est celle dont on se sert ordinairement, parce que les caractères, par lesquels nous y démontrons les nombres, nous sont restés des arabes ; celle que l'on nomme algébrique est une arithmétique beaucoup plus abrégée très rebutante pour ceux qui commencent à l'apprendre, mais dont ceux qui la possèdent, en connaissent seuls la douceur, la commodité et la justesse pour trouver les proportions incommensurables, les quantités inconnues, les racines et enfin résoudre par très peu de travail tous les problèmes de géométrie. Les caractères de l'algèbre sont +, -, =,,, plus, moins, égal, plus grand, plus petit etc. On se sert des premières lettres de l'alphabet pour les quantités connues et des dernières pour les inconnues et pour les caractères dénominateurs on se sert des chiffres arabes. L'arithmétique est l'attribut d'un bon maçon, parce qu'il doit multiplier ses bienfaits et ses lumières à tous frères et en regarder la récompense comme les zéros de l'arithmétique en ce qu'il s'est satisfait, on a dû se satisfaire le premier en faisant une bonne action.
D. Qu'est ce que la géométrie, et comment cette science est-elle un attribut des maçons ? La trigonométrie L'optique Le dessin La perspective L'hydraulique La géographie La coupe des bois Le toisé L'architecture etc.
R. La géométrie est la première des sciences fondée sur celle ci-dessus, elle nous vient des Egyptiens qui, sujets à être submergés par les débordements du Nil, se trouvaient à chaque fois confondus dans la possession de leurs terres, qui avaient été rongées par les débordements du fleuve. Ils imaginèrent des mesures et des bornes pour pouvoir les reconnaître après les débordements subséquents, et c'est ce que veut dire en grec geometros, mesure de [la] Terre, de sorte que la géométrie est l'art de mesurer les surfaces, ou superficies, sans épaisseur de la même, la science de mesurer les corps, ou solides, ayant plusieurs superficies, c'est-à-dire hauteur et profondeur. La géométrie est l'attribut d'un bon maçon en ce qu'il doit continuellement mesurer ses démarches, qui ne doivent avoir d'autre but que la gloire du Grand Architecte de l'Univers. L'édification et le soulagement de ses frères.
D. La trigonométrie est-elle aussi nécessaire à un maçon et lui est-elle un attribut ?
R. Oui, grand architecte, cette science et inséparable de la précédente. C'est par elle, que l'on mesure les angles, les sinus, les tangentes et les sécantes. C'est par la connaissance des triangles que l'on trouve la mesure infaillible des côtés inaccessibles, aidé de l'arithmétique ou de l'algèbre, et nous devons à Pythagore la découverte et la solution du plus essentiel de tous les problèmes de trigonométrie cité de la [blanc dans le manuscrit] proposition d'Euclide. Aussi ce savant philosophe sacrifia-t-il cent bœufs à ses dieux en reconnaissance de cette découverte. Aussi méritait-il place au nombre des maçons. La trigonométrie est plutôt un attribut du Grand Architecte de l'Univers que du maçon et, s'il devient un attribut du maçon, ce ne peut être que pour le faire trembler, parce que le Grand Architecte de l'Univers jugera par ce même problème de Pythagore toutes nos actions, mises en ligne formerait un triangle dont deux côtés seuls se présentent à notre conscience, savoir les bonnes et les mauvaises, mais le Grand Architecte de l'Univers en trouvera seul le sinus par l'ouverture d'angle de notre cœur, qui n'est comme que de lui.
D. De quoi traitent l'optique, la catoptrique et dioptrique et comment peuvent-elles être un attribut du maçon ?
R. Elles traitent de la vue et des rayons de la lumière directe ou réfléchie. C'est par ces sciences, que nous jugeons sciemment des choses, non parce qu'elles nous paraissent dans l'éloignement ou par la réflexion des verres, des lunettes et des miroirs mais parce qu'elles sont effectivement. Elles sont des attributs aux maçons en ce que chaque maçon doit regarder ses défauts avec le verre qui grossit les objets et ne regarder les défauts de ses frères qu'avec le verre qui diminue les objets et qui les éloigne en ce qu'il doit continuellement étudier ses pensées, ses discours et ses actions dans le miroir de la prudence pour s'accoutumer à ne dire et à ne faire rien, qui puisse déchirer ou nuire à aucun de ses frères.
D. Nous savons ce que c'est que le dessin, mais comment cette science est-elle un attribut du maçon ?
R. Comme le dessin se trace par le crayon et que le dessin le plus parfait à commencé par une esquisse, de même un maçon, auquel ses frères trouvent quelque bonne qualité qu'ils veulent bien lui reconnaître, ne doit être regardé que comme un crayon ou une esquisse de la perfection à laquelle il aspire parvenir en suivant autant qu'il sera en son pouvoir leurs bons exemples.
D. Qu'est-ce que la perspective et comment est-elle un attribut du maçon ?
R. La perspective est l'art de rendre les objets en proportion raisonnée de ce qu'ils paraissent dans leur éloignement, ou dans leur rapprochement, tant pour leurs dimensions que pour le ton de leurs couleurs. C'est la perspective bien entendue qui fait la beauté d'un tableau et ce qui flatte le premier coup d'œil en ayant le véritable point de vue. Ainsi le maçon doit avoir pour unique point de vie pendant tout le cours de sa vie la perspective satisfaisante d'un futur et d'un bonheur éternel.
D. Passons à la mécanique.
R. C'est l'art des machines par lequel on transporte, on enlève et l'on place dans des lieux élevés les matières les plus pesantes avec très peu de forces et très peu de monde, comme on fait les leviers, les rouleaux, les chèvres, les grues etc. C'est par cet art que l'on construit les moteurs, les horloges et autres machines composées, qui se meuvent par le moyen d'un grand ressort. Ainsi le grand ressort d'un maçon est son cœur que s'il n'a pas le soin de le monter et l'élever continuellement à la pratique de toutes les vertus, il ne peut être considéré que comme une machine vicieuse qui ne peut être rectifiée que par des efforts les plus sérieux.
D. Et la statique ?
R. La statique a une liaison à la science des mécaniques. C'est la connaissance des poids et des forces mouvantes. C'est l'art des romaines, des balances et de tout équilibre. Ainsi le jugement d'un maçon doit être dans un si juste équilibre que jamais aucune considération d'intérêt, raison de parti, ou manœuvre de cabale ne puisse le faire déporter de l'équité de la vérité et de la saine raison [11v°].
[11v°] D. Qu'est-ce que l'hydraulique et quel rapport peut avoir cette science avec un maçon ?
R. C'est l'art de conduire, diriger et faire jouer les eaux pour la nécessité de la vie, l'utilité du commerce et l'agrément des jardins. C'est par lui qu'un architecte conduit les eaux dans une ville et les contient dans un château d'eau, et de là, les distribue dans des fontaines situées en divers quartiers pour l'usage de ses citoyens, qu'à défaut d'eaux courantes, il imagine des citernes pour y ramasser les eaux des pluies. C'est par cet art, qu'un architecte sait contenir les fleuves, les rivières et les ravines dans un fil commode pour la commence et en fait tirer des canaux d'arrosage, nécessaires à l'agriculture, qu'il sait faire des canaux navigables et flottables et, les faisant passer au travers des plus hautes montagnes, fait la jonction de deux mers éloignées. C'est par cet art qu'un architecte embellit les jardins des princes par des cascades des jets d'eau, de toute espace et de nappes d'eau. Enfin par le moyen des machines hydrauliques l'architecture sait faire un lieu de délices du lieu le plus ardent, de même l'esprit d'un maçon doit être un canal brillant des moyens les plus sûrs, les plus doux et les plus humains pour faire rejoindre, non pas des mers séparées par de hautes montagnes, mais deux de ses frères, qui souvent désunis par un malentendu, des faux rapports, ou quelque intérêt aisé à sacrifier, n'attendent et n'aspirent qu'après un médiateur, qui comme eux pénétré de l'esprit maçonnique, réveille et revienne entre eux une amitié, qui n'est qu'à peine assoupie et qui sans cette réconciliation se serait totalement éteinte et par titre même (ce qui est le plus à craindre) changée en haine et un inimitié véritable. Car de même qu'un architecte hydraulique ne doit jamais laisser dormir l'eau, qui en croupissant se putréfie et devient un poison, de douce, fraîche et salubre qu'elle était, ainsi un maçon ne doit jamais laisser dormir l'amitié entre ses frères, mais bien au contraire l'animer par tout ce que le canal de son esprit peut lui former de moyen de société, d'humanité, de services réciproques, de discours obligeants, etc.
D. Qu'est-ce que la géographie à l'égard d'un maçon ?
R. La géographe est la connaissance générale de tous les lieux de la terre, et même de la mer, et même habitable et non habitable, des villes capitales de chaque royaume des fleuves et rivières qui les arrosent des mers qui les bordent, des montagnes qui les séparent et enfin de tout ce qui peut être intéressant et dont on peut raisonner sur les cartes géographiques et maritimes. Quoiqu'il n'y ait qu'une seule Maçonnerie sur la terre, il y a différents temples en divers lieux où les bons maçons s'assemblent pour y travailler à leurs mystères sous les mêmes statuts, y chanter les louanges du Grand Architecte de l'Univers et la douceur de leurs plaisirs innocents. Ses temples se nomment loges et un maçon régulier doit posséder sa géographie maçonnique, connaître toutes les loges régulières et les membres qui les composent, avoir avec eux ou avec elles les correspondances les plus intimes autant qu'il lui est possible pour savoir par un moyen connaître et distinguer les véritables maçons, leurs
qualités et vertus distinctives, leurs talents et leurs travaux mystérieux, afin de leurs rendre les égards que leur maître leur a acquis.
D. Mettez-vous aussi au nombre des sciences indispensables à un architecte et à un maçon la chronologie ?
R. Oui, grand architecte, parce que la chronologie étant la science et la connaissance des temps, un maçon doit la posséder, principalement la maçonnique. Il doit savoir citer à propos les maçons qui se sont distingués depuis la création du monde, les rois, les princes, les pontifes et tous les potentats qui ont protégé ou attaqué la Maçonnerie, leurs différents événements, se modeler à la patience, la coutume et la persévérance.
D. Qu'entendez-vous par la coupe des pierres ?
R. J'entends la science la plus indispensable à un architecte. C'est l'art de faire par le moyen des épures toutes les pierres qui doivent composer un édifice, de sorte qu'en les posant il n'y ait rien à retoucher, qu'il n'y ait point de la perte au bloc et qu'il se trouve dans son lit naturel, ainsi qu'il a été tiré de la carrière. Nul homme dans les académies du monde ne peut parvenir à la qualité d'architecte de quelque qualité et condition, qu'il puisse être, qu'il n'ait lui-même taillé, appareillé et posé la pierre. Aussi dans l'Art Royal de la Maçonnerie nul frère ne peut parvenir au grade éminent de grand architecte, qu'il n'ait disposé son cœur toujours porté au mal plutôt qu'au bien, de sorte qu'à l'exemple d'un bon appareilleur il puisse lui-même devenir un des matériaux utiles à l'édifice du temple qu'il conservera à l'Eternel. C'est aussi pourquoi dans l'Art Royal nul frère, fût-il roi ou prince, ne parvient au grade d'architecte qu'après avoir commencé par le grade d'apprentif et successivement pat les autres, qui précèdent ce grade éminent.
D. Et la coupe des bois ?
R. Je vous en dirai, grand architecte, autant que de la coupe de pierre. Je n'en fais de différences qu'en la matière. De même que la charpente entière d'un édifice doit se poser sans qu'il soit besoin d'y retoucher par l'accord de l'assemblage et la justesse de la coupe, ainsi un maçon doit avoir accoutumé sa volonté à n'être autre que celle de ses frères, ce qui forme le bel assemblage des maçons, la justesse et l'humanité de leurs délibérations, le brillant de leurs travaux et la douceur de leurs plaisirs innocents.
D. Qu'est-ce que le toisé ?
R. Comme un architecte est toujours le juge des maçons, il faut qu'il sache tirer leurs ouvrages pour leur faire délivrer la paye en reçu de leurs travaux. C'est lui qui juge les matériaux pour les faire payer aux fournisseurs. Aussi l'Intendant des Bâtiments ne délivre aux derniers que sur l'arrêté de l'architecte. Par cette raison un maçon, qui est parvenu à servir en main la toisé, doit le regarder comme un sceptre de justice de l'usage duquel il rendra compte au Grand Architecte de l'Univers, qui le jugera à son tour.
D. Comment la médecine est-elle une science nécessaire à un architecte ?
R. Pour ne statuer l'affectation d'un bâtiment qu'il entreprend, qu'après avoir bien jugé de la situation de son terrain par rapport à l'air qui est toujours infecté d'un voisinage ou d'un lieu abondant en mines, particulièrement de cuivre, et surtout où coulent des sources puantes pour savoir disposer les jours de ses bâtiments de façon à ne recevoir l'air que des côtés les plus sains et pour n'y amener que les eaux les plus légères et les plus battues, enfin pour savoir par son art, s'il est contraint d'être en un lieu malsain sans en pouvoir choisir un autre, le nettoyer, l'épurer, l'exécuter, le remblayer de façon à le rendre aussi sain qu'il l'aurait souhaité. Ainsi un maçon doit vaincre les difficultés qui ses appétits désordonnés opposent à sa santé et qui pourraient corrompre son bon tempérament et s'il est d'une faible complexion se priver par prudence des plaisirs dont l'usage ne manque point aux autres mais qui pour lui seul seraient nuisibles et [ruineux [12r°]]. –
[12r°] D. Mais que peut servir la musique à un architecte et de quel attribut peut-elle être à un
R. La musique était indispensable à un architecte des tours de l'ancien régime pour construire des salons, des estrades et autres lieux, destinés à y exécuter des concerts de musique instrumentale la plus harmonieuse, il fallait que l'architecte sût la musique pour placer à propos dans les voûtes ou plafonds des vases d'airain creux et artistement fondus pour, y étant frappé des sons, en rendre les sons aux autres en vibrations harmonieuses et en accord, ces vases étaient cachés dans l'intérieur des voûtes ou bien ils servaient d'ornement et de consolidation sur les corniches et les entablements. Aujourd'hui que la musique est plus perfectionnée, plus floue et plus délicate, elle est d'autant plus touchante qu'étant tout à la fois vocale et instrumentale, la sensation perdrait beaucoup par l'échappement des voix humaines dans ces vastes édifices d'autrefois. Nos salons sont moins étendus et plus proportionnées et le maître architecte n'a besoin de musique que pour proportionner ses plafonds de sorte qu'ils puissent renvoyer les sons, les augmenter, les retenir, les fortifier et soulager les voix. Ainsi la musique est l'attribut des maçons par comparaison, car comme la musique par l'accord de différents sons surprend l'âme, les sentiments qu'en donne le sujet la charme et le remet de même l'accord et l'harmonie qui règne entre tous les frères d'une même loge en laissant toute leur âme et les fait jouir de plaisirs indicibles et fait sécher de jalousie la puissance vulgaire qui n'y peut participer.
D. Quelles sont encore les sciences qu'un architecte doit posséder, puisque les mathématiques ingénieuses sont du ressort et l'attribut du maçon ?
R. L'architecture dont toutes celles ci-dessus ne sont que des sciences préparatoires au bas de ce grand art, par lequel on dispose les bâtiments avec ordre et symétrie avec élégance et sa complexité décerne pour les temples magnifiques, pour les palais splendides, pour les hôtels de commodité et d'économie, pour les maisons des particuliers avec salubrité et récréation, pour les hôpitaux, un grand-maître architecte doit être d'un mérite accompli, doué de tout les autres plein de prévenance et d'économie. Il doit connaître à fond tous les états depuis la monarchie jusqu'au manœuvre de ses sujets pour savoir leurs différents besoins et y pourvoir dans l'édifice, qu'il fait pour chacun. Enfin il doit être maître parfait dans tous les arts et métiers, qu'il emploie à la construction de ses édifices pour juger par lui-même des talents de ses ouvriers de les distribuer en chantier selon leur mérite particulier aux travaux plus ou moins délicats et difficiles et enfin pour leur faire payer un salaire en raison de leur capacité. Pourquoi un architecte fut-il prince n'a jamais réussi de prendre la truelle devant les maçons, de prendre la hache et l'herminette devant les charpentiers et enfin le pic et la pince devant les travailleurs dans les carrières. On en a vu se mettre à piler eux-mêmes le ciment pour instruire ces pauvres travailleurs et les instruire par son exemple à se rendre capables de mériter une plus forte paye, ce qui prouve, qu'un architecte doit avoir un fond de charité inépuisable. Il faut aussi, qu'il ait plié son tempérament à toute sorte de fatigues pour donner l'exemple à ses ouvriers de ne pas se rebuter par les difficultés ou par l'intempérie des saisons. Il faut, qu'il soit pieux et qu'il montre l'exemple en adressant ses prières au Grand Architecte de l'Univers à l'ouverture de chaque atelier et surveillant attentif à la conduite de l'Intendant des Bâtiments, pour que chaque ouvrier soit payé à la fin de la journée.
D. Combien y a-t-il d'ordres d'architecture ?
R Il y en a cinq, grand architecte. Le toscan, le dorique, l'ionique, le corinthien et le composite.
D. Quelle différence y a-t-il entre ces ordres ?
R. Le toscan et le dorique sont les plus manifestes et les moins ornés, le corinthien et le composite sont les plus déliés et les plus ornés, l'ordre ionique tient le milieu en ses proportions, comme en ses ornements, moins manifeste et plus orné que le composite.
D. Combien y a-t-il de genres d'architecture ?
R. Un nombre infini, grand architecte. Le prostite, l'amphiprostite, le peristere, le perdodiptere, l'ediptere, et l'hypotere etc. On a encore distingué l'instille, le péristille, le listille, le diestille, l'ar[i]ostille et plusieurs autres.
D. D'où dépend le genre des édifices ?
R. De la proportion, qui est entre les grandeurs des colonnes, l'espace, qui est entre elles, les ornements des frises de l'entablement des panneaux et des niches et enfin du sujet ou de l'objet pour lequel ils sont érigés.
D. Ces différents genres sont-ils de quelque attribut pour les maçons ?
R. Oui, grand architecte, ils signifient maçonniquement qu'ils ne font pas faire attention à la patrie, à la qualité et aux grades, que possède le frère, qui a besoin d'assistance.
D. Vous m'avez dit ci-devant, que les deux autres sortes d'architecture navale et militaire servaient d'attribut aux maçons ?
R. Oui, grand architecte, l'architecture navale sert d'attribut au maçon en ce qu'ils doivent travailler tant sur mer que sur terre à la propagation de l'Art Royal, au soulagement et aux instructions de leurs frères et l'architecture militaire en ce qu'un bon maçon doit servir de rempart aux maçons attaqués.
D. Salomon possédait-il toutes ces parties de mathématiques ?
R. Il n'en faut pas douter, grand architecte, puisque par un don du Grand Architecte de l'Univers il avait la sagesse par bienveillance et que Dieu lui prescrit les propositions de son temple pour les faire exécuter.
D. Pourquoi Hérode fit-il apprendre l'architecture militaire aux sacrificateurs puisque la civile suffirait pour la réédification d'un temple ?
R. Parce que voulant faire une forteresse du temple les sacrificateurs, qui étaient ses architectes, devaient posséder ensemble et l'architecture civile et la militaire. Ils possédaient aussi l'arithmétique parce qu'eux-mêmes payaient les ouvriers et rendaient compte des derniers qui leur étaient confiés à titre d'offrande, ils savaient aussi la musique qui leur était nécessaire pour chanter avec splendeur les louanges de l'Eternel.
D. Quel est le grand attribut des maîtres architectes ?
R. L'étui des mathématiques, qui renferme seul et dans notre petit espace tous les instruments nécessaires pour tracer tous les différents dessins, qu'un maître architecte peut inspirer et dont l'ouverture seul présente un tableau bien sensible et bien énergique de toutes les vertus, qu'un maçon doit avoir.
D. Expliquez-moi tous les instruments, l'un après l'autre, leur usage et leurs attributs maçonniques.
R. Premièrement il se présente un instrument qui seul offre à la vue les trois bijoux d'apprentif et de compagnon symbolique après avoir servi à ouvrir un angle droit. Il peut aussi servir de règle, d'aplomb ou de perpendiculaire. Dans cet instrument sont présents l'équerre, le niveau et l'aplomb, bijoux précieux aux maçons et qui leur présente continuellement à l'esprit, la douceur que l'on trouve à régler sa conduite. Sur l'équerre de la justice sur un niveau convenable d'égalité entre tous d'immensité de sentiments, et de volonté et sur les perpendiculaires de la charité, qui laisse tomber ses bienfaits directement et sans examen sur tel maçon, qui ce puisse être, qui est dans l'indigence, le compas simple fera en définir les dimensions, soit en divisant une ligne en parties égales, soit en marquant des parallèles, soit pour faire la section du sommet d'un triangle équiangle ou équilatéral, soit enfin pour un nombre infini de dimensions trop longues à détailler et que le mathématicien connaît seul, le compas est le bijou de vénérable en loge symbolique et rappelle avec satisfaction la mémoire à un maçon de l'usage qu'il en a fait lorsqu'il se préparait à mériter la lumière en prononçant son obligation, lui remplace la récompense que reçoit un maçon en connaissant toujours ses démarches et ses œuvres sur la loi du Grand Architecte de l'Univers
est immobile et les trois autres sont mobiles et se changent selon le besoin. Cet instrument s'est à tracer les cercles par portion de cercles. La pointe immobile étant toujours au centre, si on ne veut tracer que légèrement pour des opérations préparatoires, on adapte la pointe mobile qui porte un crayon. Si on veut tracer à dupliquer, on y substitue la pointe à plume, si enfin on [12v°] ne veut que tracer des points, on change pour se servir de la pointe à roulette. [12v°] Ce compas en traçant des cercles annonce au maçon, que toute la terre est sa patrie et les trois pointes mobiles lui représentent les trois vertus loyales, par lesquelles il sera reconnu de tous les frères, répandus sur les deux hémisphères. Il représente ensuite le compas de proportion, qui est une règle, qui se plie en deux, comme un pied de roi. Cet instrument est presque universel, pour toutes les opérations, que l'on y tire faites, qui épargne nombre de calculs. C'est presque une table générale, dans laquelle on trouve les parties égales, les plans, les polygones cordes, les solides des matières les poids des boulets et les calibres, la ligne des parties égales, c'est à diviser une ligne suivant une raison donnée, la ligne des plans à diminuer ou augmenter, un plan à volonté. La ligne des polygones à inscrire dans un cercle, un ligne régulier de tel nombre de pans ou d'angles, qu'on voudra, la ligne des cordes pour la mesure des angles, la ligne de solides d'augmenter ou diminuer un solide selon une raison donnée, la ligne des métaux pour connaître les proportions, que les métaux ont entre eux. Cet instrument est le plus bel attribut d'un maçon et surtout de celui, qui est parvenu au grade de grand-maître architecte élu, puisqu'il est, que l'on croit en son cœur gravé, comme le compas de proportion de toutes les vertus théologales, morales, héroïques et physiques, et qu'elles n'y ont été éprouvés solides et inébranlables, la règle et le tire-ligne sont deux instruments, qui ne peuvent servir l'un sans l'autre. Pour tirer une ligne droite, attribut d'un maçon, qui lui fait voir qu'il ne peut marcher droit sans les vertus des maçons le rapporteur en quatre nonante extraordinairement de cuivre ou de corne. Il s'est à rapporter les mystères d'angles, à prendre des hauteurs et diviser les roses du compas pour la marine. Cet instrument joint avec le compas simple forme le bijou de maître parfait et fait ressouvenir le maçon, qui en est décoré de ne jamais agir en aucune occasion, qu'il n'ait en vue, un point de perfection.
D. Quel a été le premier maçon et le premier architecte parmi les hommes ?
R. Adam, après son exil du paradis terrestre, enseigna ses fils à dresser des autels pour sacrifier au Seigneur, mais Caïn, depuis son fratricide, a été rayé du nombre des vrais maçons, quoiqu'il fût bon architecte.
[Signature]
13e degré · Royal Arche
Cahier « Le chevalier de la royale arche » (p. 74-78 de la transcription).
[21r°]
Le très puissant doit être aidé d'un ex très puissant qui est assis immédiatement à sa droite, pour représenter les deux rois Salomon et Hyram. Les deux surveillants placés suivant l'usage. Le récipiendaire est introduit selon l'usage ordinaire en frappant en élu et étant entre les surveillants, le très puissant lui dit : Que demandez-vous, mon frère ? Il répond (on lui souffle) : Je vous supplie, très puissant, de m'accorder l'insigne faveur de me conférer le sublime grade que je pense mériter par mon zèle que je sens redoubler à chaque instant et que rien ne peut retenir.
Le très puissant fait le signe avec tous les frères chevaliers et lui dit : Allez, mon frère, nous ne le pouvons, mais Dieu permettra un jour que vous le recevrez. Le récipiendaire se retire et le maître de cérémonies le conduit dans la chambre des réflexions, qui n'est éclairée que parla lumière qui vient d'un triangle transparent placé contre le mur, où il reste seul.
Peu de temps après le maître des cérémonies vient le chercher, lui passe un long ruban rouge autour du col et le conduit à la porte de la loge, où il frappe en chevalier de la Royale Arche, 3 fois 3. Le récipiendaire est introduit entre les deux surveillants, tous les chevaliers forment une voûte avec leurs mains (on observe qu'il y ait neuf voûtes ou arches, trois par trois). Pour lors le très puissant dit au récipiendaire : Voyons, mon frère, si vous aurez la force de venir jusqu'à moi en passant sous ces arches. Marchez en maçon. Il avance et le maître de cérémonies reste toujours entre les deux surveillants, tenant toujours le ruban, qu'il file à mesure.
Quand le récipiendaire est à la troisième voûte, le maître de cérémonies le tire par le cordon. Il revient sur ses pas. Le second surveillant lui dit : Retournez, mon frère, à l'autel et vous réussissiez mieux. Il avance et marche en maçon jusqu'à la sixième arche. Le maître de cérémonies le tire encore, et il revient sur ses pas. Le premier surveillant lui dit : Retournez, mon frère. Prenez ce flambeau et j'espère que vous réussirez cette fois. Il prend une bougie allumée et marche, jusqu'à la dernière et neuvième arche et là il fait une génuflexion et retourne entre les deux surveillants qui lui délient le ruban et lui disent : Nous allons, mon frère, vous accompagner. Tenez seulement ce même cordon par la main et ne le quittez pas. Ils passent tous les trois sous les arches et le maître de cérémonies reste toujours au même endroit tenant le cordon. Le récipiendaire étant arrivé à l'autel, fléchit le genou et prononce son obligation :
Obligation
Je promets, en face du Grand Architecte de l'Univers, et à tous mes frères, de ne jamais révéler les secrets de la Royale Arche qui vont m'être confiés sous les mêmes peines auxquelles je me suis soumis en recevant les grades précédents. Dieu me soit en aide. Amen.
[Après l'obligation]
Les deux surveillants le prennent sous les coudes pour l'aider à se relever, et le conduisent de même près le maître de cérémonies, où celui-ci le délie totalement du ruban. On lui présente un fauteuil, où il s'assied entre les deux surveillants. Tous les Officiers et chevaliers prennent leur place, se tiennent à l'ordre et le très puissant explique au récipiendaire l'histoire des chevaliers de la Royale Arche en ces termes :
Histoire
Lorsque Hyram roi de Tyr, comme il est dit au grade de maître secret par curiosité, ou secrétaire intime, eut porté ses plaintes à Salomon, le peu de valeur du pays Capulle en Galicie, terre aride et tout à fait stérile, qu'on lui avait donné en change des matériaux et ouvriers qu'il avait faire fournir à Salomon, celui-ci lui fit fournir le surplus et lui accorda à tout, ce qu'il exigeait. Ils renouvelèrent leur alliance et se visitèrent depuis.
Quelques maîtres Intendants des Bâtiments sachant qu'Hyram, roi de Tyr, était à Jérusalem et que du vivant d'Hyram Abiff Salomon avait un lieu particulier et souterrain, qu'on nommait voûte secrète, qui n'était connue que de ce défunt architecte et des deux rois, vinrent les trouver et les prier d'admettre quelqu'un d'eux dans le conseil secret et mystérieux, qu'ils tenaient dans cette voûte souterraine.
Salomon et le roi de Tyr leur répondirent en tournant vers eux, les mains ouvertes et la tête penchée : Allez, nous ne le pouvons. Dieu le permettra un jour que vous y soyez introduits. Quelques jours après Salomon envoya chercher trois de ses maîtres élus Intendants des Bâtiments, savoir Joaber, Stolkin et Guibelum et leur dit d'aller fouiller dans les anciennes ruines où l'on avait déjà trouvé quantité de richesses, et les ordonna d'en trouver encore d'autres pour orner son temple, qu'il allait bientôt finir de construire. Ils partirent et furent travailler suivant les ordres qu'ils venaient de recevoir.
L'un des trois nommé Guibelum, rencontra en y travaillant avec la pioche un gros anneau de fer qu'il fit remarquer à ses co-élus. Ils prétendirent, comme lui, qu'il y avait quelque chose d'extraordinaire. Ils travaillèrent en conséquence avec plus d'ardeur et parvinrent avec le secours d'une pelle à en retirer la terre et découvrirent que cet anneau tenait à une grosse trappe de pierre d'un carré long qu'ils ne levèrent qu'avec beaucoup de difficulté. Lorsqu'elle fut levée, ils n'aperçurent qu'un abîme très noir. Guibelum leur proposa de l'y descendre avec une corde, et, à cet effet, ils lui en attachèrent une à l'autour du corps avec la convention qu'ils le retireraient de ce caveau lorsqu'il secouerait la corde.
Ses camarades exécutèrent ponctuellement ce dont ils étaient convenus. Guibelum descendit dans une voûte dans l'espace de laquelle il y avait un trou. Il y descendit de même et se trouva dans une seconde voûte, dont le pavé était percé de même et conduisait à une troisième où il entra. N'osant aller plus loin, il secoua la corde. Joaber et Stolkin le retirèrent aussitôt. Il leur fit le rapport de ce qu'il avait observé et leur proposa de descendre à leur tour et sur leur refus, il y descendit encore de la même façon avec convention qu'il secouerait la corde autant de fois qu'il aurait passé des voûtes ou arches.
Lorsqu'il eut pénétré jusqu'à une sixième, il secoua la corde par six fois et on le retira. Guibelum proposa encore à ses camarades d'y descendre à leur tour, ce qu'ils n'osèrent hasarder. Voyant cela, il se détermina à y descendre, le flambeau à la main, avec les mêmes conventions. Lorsqu'il fut parvenu à la neuvième arche, des pierres et de mortier se détachèrent subitement du haut de cette dernière et les rayons du Soleil pénétrèrent vivement dans ce lieu obscur et profond et frappèrent directement sur une lame d'or triangulaire, enrichie de diamants et pierres précieuses, dont l'éclat éblouit Guibelum, ce qui lui fit faire un geste d'admiration, qui se trouva être le même que Salomon et le roi Hyram avait fait à lui et à ses camarades, lorsqu'ils furent ensemble les prier à leur conférer ce grade sublime. Guibelum se prosterna, le genou en terre, la main droite devant les yeux et l'autre derrière le dos, dont il secoua la corde par 3 fois 3.
Joaber et Stolkin le retirèrent et il leur fit part des merveilles, qu'il avait apprises dans la neuvième arche. Ils se déterminèrent à y descendre avec lui et firent à ce but des cordes. Lorsqu'ils furent descendus dans cette neuvième arche, ils firent comme Guibelum, étant éblouis des rayons éclatants de cette clarté qui resplendissait de cette lame d'or triangulaire.
lorsqu'il était descendu seul et se prosternèrent le genou en terre pour revenir de leur surprise. Ils soutinrent Guibelum par-dessous des coudes pour l'aider à remonter, disant : Hamma- laben Guibelum65 : Guibelum est un bon maçon, et examinèrent ensuite, les yeux couverts, sur cette lame d'or des caractères gravés qu'ils ne connaissaient pas.
Cette lame était de figure triangulaire, incrustée sur une pierre cubique d'agate de même figure. L'admirant avec respect, ils les reconnurent sur l'heure par les caractères, pensant que ce nom très sacré de l'Eternel, qui n'était connu que des deux rois Salomon et Hyram et du feu Adon-Hyram-Abiff qu'il y avait apparence que depuis la mort de ce dernier, les deux rois n'étant plus nombre ni suffisant ni complet, n'avaient pu leurs conférer ce sublime grade auquel ils pouvaient pour lors aspirer par la circonstance merveilleuse qui en faisait trouver ce trésor précieux, d'autant mieux qu'ils étaient convaincus que la parole du maître était perdue et que, lorsqu'ils demanderaient comment ils avaient fait le sublime grade, on leur répondit : Allez, Dieu permettra un jour que vous la recevrez, époque frappante pour eux qui leur donna une grande expérience et rendra leur zèle.
Ils levèrent cette pierre qui portant la lame et la portèrent à Salomon, qui était alors dans ses appartements avec Hyram, roi de Tyr. Ils furent surpris au premier conseil, éblouis et saisis d'admiration et firent naturellement les mêmes signes que les trois élus avaient fait dans la neuvième arche et se prosternèrent, un genou en terre. Salomon un peu revenu soutint Hyram, roi de Tyr, par les coudes pour l'aider à se relever en lui disant : Hamma laben Guibelum. Il faut en dire que Guibelum est un bon maçon. Il faudra le récompenser.
Ils examinèrent ensuite les caractères, qui étaient imprimés sur cette lame d'or et les reconnurent, mais ne les appliquèrent pas, d'abord, aux trois élus. Salomon leur déclara : le Grand Architecte de l'Univers vous a fait la plus signalée de toutes les faveurs. C'est lui, qui vous a choisi pour découvrir le trésor le plus rare et le plus précieux pour les maçons. Vous êtes ses élus. Je vous en félicite et pour vous enseigner notre joie et vous récompenser de votre zèle, ferveur et constance, nous vous tous établissons et instituons chevaliers des neuf arches, comme étant les seuls, qui en avez fait la découverte et depuis ils furent créés chevalier de la Royale Arche pour les travaux qu'y firent les deux rois. Il leur promit de leur donner l'interprétation des caractères mystérieux et sacrés, qu'ils avaient vus gravé sur cette lame d'or, lorsqu'ensemble ils l'avaient posé au lieu qui lui était destiné, et qu'il leur conférerait le plus haut et le plus sublime grade de la Maçonnerie. Et sur les observations, que ces trois grands élus firent que leur premiers signes naturels dans la neuvième arche leurs [21v°] préconisés par leurs premiers [21v°] attouchements, avaient été les mêmes que Salomon et Hyram venaient de faire et prononcer naturellement Ils se firent rendre compte de toutes leurs démarches prévues, sur quoi ils fondèrent et statuèrent les signes, attouchements et paroles de ce grade, comme dernier sous le titre de chevalier de la Royale Arche.
Salomon leur découvrit le grade, promesse de Dieu étant accompli, car il avait promis à Noé, à Moïse et à David, son père, que le véritable nom sous lequel il venait d'être indiqué se trouverait un jour sur une lame d'or, leur ayant toujours défendu de l'écrire, leur permettant seulement de le prononcer pour leur soulagement [et] consolation : Vous savez, continua-t-il, mes très chers frères, que cette parole avait toujours servi de mot de maître jusqu'à la tragique époque de Clément six, mais depuis elle n'était pas la même, parce que par nombre de traditions successivement corrompues, elle n'était plus le véritable. Nous avons le bonheur de voir à présent les véritables caractères et d'en savoir la vraie prononciation, dont nous vous donnerons l'interprétation lorsqu'il s'entendit n'ayant rien de plus à cœur que de vous rendre avec justice la récompense due à vos travaux. Vous êtes d'ailleurs, mes très chers chevaliers élus et par la main divine, connaisseurs entre vos frères, méritant cette faveur. Les deux rois embrassèrent Guibelum, Joaber et Stolkin et les renvoyèrent contents.
Communication du grade
Après cette histoire, il les prie d'approcher et en lui passant le cordon de l'Ordre et le bijou, il lui dit : Par le pouvoir que j'ai et du consentement de cette respectable loge, je vous fais chevalier de la Royale Arche. Il lui donne ensuite les signes, les attouchements et la parole et l'accolade qu'il va donner à tous les chevaliers par ordre et revient les rendre au très puissant, il applaudit et il [remarque] :
Le signe est celui d'admiration, les deux mains tendues et ouvertes, la tête penchée sur l'épaule gauche, on y répond en mettant le pouce gauche à terre, la main droite devant les yeux, et la main gauche derrière le dos et le premier doit relever celui-ci par le coude, comme pour le relever.
Lorsque l'on se rencontre trois ensemble, le signe est de faire l'arche avec les mains gauches croisées par-dessus la tête.
L'attouchement est de se prendre réciproquement par le coude et de se soutenir comme si on voulait se retirer d'un précipice en disant Hammala[b]enk Guibelum : Guibelum est un bon maçon.
Le mot de passe ou couvrant est Jabulum.
La parole mystérieuse et sacrée est celle qui était gravée sur la lame d'or triangulaire qui n'est connue que des grands élus parfait maîtres écossais.
On se tient à l'ordre en loge la main droite sur les yeux, comme pour regarder quelque chose d'éblouissant, et la main gauche derrière le dos.
Le tablier est blanc, doublé et bordé de rouge.
Le cordon de l'ordre est un large ruban ponceau, que l'on porte en collier au bout duquel pend un bijou d'or qui représente d'un côté un Soleil ayant neuf grands rayons et au milieu un triangle dans lequel est la lettre G. initiale de Guibelum, de l'autre côté l'arche de Noé, arrêtée sur une haute montagne, selon d'autres c'est un paysage de vieilles maisons et de bâtiments gothiques, ruines où se trouvent des citernes en voilà l'une dessus l'autre dans lesquelles deux hommes en descendent un troisième lié par les aisselles. De l'autre côté est un triangle lumineux au milieu duquel sont écrits des caractères hébreux difficiles à lire.
Instruction
Avant de recevoir un élu au grade de la Royale Arche, il est indispensable de l'interroger sur tous les grades par où il a passé.
D. Qui êtes-vous ?
R. Je suis élu de la Royale Arche, grade que j'ai reçu par un effet de la Providence.
D. Expliquez-moi cela ?
R. J'ai fouillé dans les ruines de bâtiments antiques, j'ai pénétré neuf arches souterraines et j'ai trouvé le delta, que l'on avait promis aux patriarches.
D. Qu'est-ce que ce delta ?
R. Une lame d'or triangulaire resplendissante de lumière, sur laquelle était le vrai nom de Dieu.
D. Avez-vous la prononciation de cette parole mystérieuse ?
R. Non, pas encore, mon temps n'est pas encore venu. Je n'ai plus à passer, que l'entrée, que je couvre et rien ne me sera caché.
D. Quel est le devoir du chevalier de la Royale Arche ?
R. C'est de couvrir les portes des voûtes ou arches du corridor qui conduit de l'appartement de Salomon sous le temple de Jérusalem et comme il y à neuf, il y a autant de chevaliers, qui
en couvrent chacun une en recevant des grands élus. Le mot de passe de chaque arche jusqu'à la voûte secrète.
D. Puisque vous êtes à la dernière, vous savez donc les mots de passe ?
R. Oui, très puissant.
D. Donnez-les-moi.
R. Il les donne : Jub, Jeo, Jna, Hajah, Gottra, Adonaÿ, Jakinaÿ, Helihanam, Jabulum. – Puis :
D. Que vous reste-t-il à demander ?
R. Le sublime grade de grand élu parfait maître écossais après lequel je n'ai plus rien à désirer. Alors lui dit-il : Mon frère, Dieu permettra que vous le receviez.
On ferme la loge, comme elle est ouverte. –
[Signature]
Apparat critique de la transcription Aeditimus
65. La formule reviendra avec quelques variantes que nous reproduirons à chaque fois.
15e degré · Chevalier d'Orient ou de l'Épée
Cahier « Le grade de chevalier de l'Orient ou de l'épée » (p. 89-110 de la transcription).
[26r°]
Les grades De chevalier de l'Orient ou de l'épée
___________________________________________________________________________
De chevalier d'Orient et d'Occident prince de Jérusalem
___________________________________________________________________________
Et de vénérable grand-maître de toutes les loges ou clef maçonnique pour reconnaître un maçon parfait pour un des grands provinciaux, vénérable grand-maître, grand visiteur, & & &
[Page 26v° vierge]
[27r°]
Cérémonial pour une réception
Le lieu où se tient l'assemblée se nomme conseil, la tenture doit être couleur d'eau courante ou verdâtre, en mémoire du fleuve Euphrate dit Stharbuzanaï pour les raisons dont on va donner le détail. Cette tenture doit être mêlée de couleur rouge en mémoire du sang des Assyriens qui rougit les ondes de ce fleuve.
Les lumières, qui doivent éclairer le grand conseil, doivent être au nombre de 72 en mémoire des 72 années qu'a duré la captivité, savoir les deux dernières années du règne de Sedecias qu'a duré le siège de Jérusalem et les 70 ans que les Israélites ont passé en captivité à Babylone, depuis la destruction du temple par Nabuzardan sous le règne de Nabucodonosor, jusqu'à la réédification sous les rois de Perse par le général Matra-Buzanez.
2° par le rapport des 72 qui composent les mots de chevaliers d'Orient, avec ceux des grands élus parfaits maîtres et sublimes écossais, comme il est aisé de le voir : Exemple
Mots des ch. de l'Or. Mots des gr. él. p. m. et s. écos75. Yaveron-ha-maïm…………… 13 Raf. odom │ Rem fœdom…
7 Juda et Benjamin……………. 14 Ebron…………………………
5 Gabaon……………………….
6 Libertas……………………….
8 Tyr……………………………
3 7 Libanus………………………. Jakin………………………….
5 Booz………………………….
4 Total des lettres………………. 72
Tous les chevaliers sont décorés d'un cordon ou ruban moiré large commandeur [sic] couleur d'eau courante ou verdâtre fait en serpentant, bordé tout autour d'une lisière d'or. Sur le travers du ruban qui se met sur l'épaule droite il doit y avoir un pont de bois brisé, brodé en soie et couleur de bois mêlé et orné d'or avec les deux lettres en couleur de feu Y. H. lettres initiales de deux mots hébreux qui signifient : Liberté de passage ; il doit être semé non pas de têtes de morts et d'ossements, mais de têtes et de membres de cadavres nouvellement privés de la vie, les têtes posées sur deux épées croisées et quelques-unes éparses à demi rompues, sabre ou autre arme blanche ancienne. Le mot Star-bu-za-naÿ ainsi divisé doit être brodé en or sur le cordon dans le [goût] ci Sthar, sur le premier bout du cordon, qui se met devant le maître, à quelque distance des têtes, bu sur la place du cordon entre la poitrine et l'estomac, proche le côté le plus voisin du part que doit se trouver sur l'épaule, za de l'autre côté du pont, à la même distance que celui avant les autres têtes et cadavres qui doivent se trouver au Berith…………………………
6 Neder…………………………
5 Shelemout…………………….
9 Schibboleth…………………… 11 Elehenam……………………..
8 Mach-mahara-bach…………… 14 Gabahon………………………
7 Maabin………………………..
6 Adonaï…………………………
6 Total des lettres………………. 72
milieu du dos, naÿ au bout du cordon en parallèle avec Sthar. Il doit pendre au cordon une petite épée, attaché à un ruban couleur de feu [27v°]. –
[27v°] Il ne doit point y avoir de têtes de mort décharnées, d'ossements en sautoir, ni de couleur noire. Cela aurait l'air d'une bande de drap mortuaire et en vérité les chevaliers d'Orient ne portent le deuil de personne et de qui pourraient-ils le porter dans la plus heureuse révolution des maçons, où ils n'ont eu de tués dans le combat, dont ils sont sortis vainqueurs, que les scélérats qui s'opposant à leur passage, malgré les ordres précis des deux plus grands rois de Perse. Sa couleur verdâtre ou d'eau du fleuve sur le bord duquel ils ont triomphé. On voit actuellement que cette couleur verdâtre ou d'eau courante, mêlée de têtes et cadavres, nouvellement privés de la vie est la représentation au naturel de ce que se passa sur les bords de l'Euphrate dont les eaux furent teintes de sang des Assyriens vaincus et couvertes de leurs cadavres.
Ce fleuve en langue de chevalier d'Orient se nomme Stharbuzanaÿ, du nom du chef des adversaires qui s'opposaient à la réédification du temple. Ce nom signifie encore en langue hébraïque : Métier retrouvé selon le Talmud, signification qui convient merveilleusement aux chevaliers d'Orient. Ce nom enfin composé de douze lettres ajouté aux autres mots du grade, rend le nombre mystérieux de 81 comme on l'expliquera plus amplement ci-après.
Le tablier doit être de peau blanche, doublé de rouge mêlé de couleur verdâtre. Sur la bavette du côté qu'elle se renverse, une tête de cadavre nouvellement privé de la vie, posée sur deux épées en sautoir, peintes ou brodées en naturel et au milieu dans le plein des chaînes en chaînons triangulaires brisées et séparées en trois tas posés triangulairement et les deux lettres initiales des 2 tribus I. B. sur l'autre revers de la bavette. Description du tableau
1° Au haut de la loge est un aigle droit sur ses deux pieds, les ailes déployées, la tête fièrement élevée, à sa droite un grand J. à sa gauche un grand B., et à une distance égale les deux lettres initiales du mot du grade. Sur la même ligne d'un côté est le Soleil et de l'autre la Lune.
2° Au-dessous est un carré long, qui représente le nouveau temple, bâti selon les dimensions que Cyrus en donna.
3° Dans la partie orientale de ce carré long est le Saint des Saints, où repose l'Arche d'Alliance couverte par deux chérubins qui soutiennent de leurs ailes le Delta qui signifie le nom du Grand Architecte de l'Univers, qui ne se prononce jamais qu'en tremblant.
4° Le Saint des Saints est séparé du reste du temple par un grand voile,
5° Dans ce lieu très saint est l'autel des sacrifices, sur lequel il y a un cœur enflammé avec ces deux lettres R. O. initiale de deux mots qui signifient : Vrai maître ou vrai maçon, tels que ceux qui offrent leur cœur à Dieu et se dévouent au bien général de l'Ordre. Ces deux mots sont : Raf Odom et leurs initiales sont écrites au-dessous de l'autel des sacrifices sur le piédestal qui le soutient.
6° Cet autel est accompagné et environné de tous les instruments nécessaires à la Maçonnerie, dont on se servit pour la construction du nouveau temple.
7° A la porte de l'Occident est le grand escalier à sept marches. Les frères en savent l'explication, ainsi que de tous les instruments du métier.
8° Au-dessous de l'autel des sacrifices est le carré de neuf, qui rend trois fois 27, lesquels additionnés donnent le nombre chéri de 81. En voici une première explication que nous donnerons plus étendue, qui servira à faire connaître pourquoi le nombre 81 est si cher des maçons parfaits. Ce carré de neuf, qui donne trois fois 27 explique la triple essence de la Divinité, marquée par le triple triangle dont voici la figure :
L'explication de ce triangle démontre que neuf vertus attribuées à trois dans un premier triangle donnent 27 lesquelles appliquées à un triple triangle font le nombre de 81 et composent 81 lettres dont voici l'exemple : miséricorde création justice sagesse immensité / 3 vertus beauté / 3 vertus
[28r°] 9° En dehors du temple sur la ligne de l'arche au-dessous du Soleil à droite est le mont Ebron, connu de tous les maçons, figuré par sa lettre initiale et à gauche au-dessous de la Lune est le mont Gabaon, figuré de même par la lettre initiale. On faisait les sacrifices sur ce dernier, avant la construction du nouveau temple.
10° A la porte du Nord est une main armée d'une épée et trois marches ; au-dessous de ces marches est un trophée d'armes pour servir et armer les ouvriers dans une pressante nécessité.
11° Plus bas sont les vases, les urnes et autres ornements sacrés pour décorer le nouveau temple, la mer d'airain, la table des pains de proposition, k chandelier à sept branches, l'autel des parfums placé immédiatement au-dessous des 7 degrés, environné des instruments des sacrificateurs.
12° A la porte du Midi est une main armée d'une truelle et cinq marches ; vis-à-vis ladite porte est une auge pour porter le ciment, au-dessous à droite des cinq marches est un amas de pierres cubiques, prêtes à être employées, et au-dessous à gauche un tas de pierres brutes pour servir à fortifier le bâtiment.
13° Au milieu du tableau sur la même ligne, au-dessous des 7 marches, sont la Bible, une équerre et un compas.
14° Encore au-dessous sur une autre ligne à droite, la pelle, la pince et le marteau taillant et sur une troisième ligne encore à droite un niveau, une perpendiculaire, un cube, un triangle et un carré tellement disposés qu'ils occupent toute la loge du Nord au Sud sur la même ligne.
15° On place encore sur une autre ligne au-dessous, mais triangulairement posés, la règle, le ciseau et le maillet et au milieu dans le vide sur les bords du fleuve le mot Judée.
16° La loge vers le bout de l'Occident est traversée du Nord au Sud parle fleuve Euphrate, nommé en loge de chevalier de l'Orient Stharbuzanaÿ, au milieu duquel est construit un pont de bois pour le passage des maçons libres. Sur ce pont sont gravées les deux lettres Y. H. lettres initiales de Yaveron-hamaÿm, qui signifie : Liberté de passage pour les maçons libres.
17° Le fleuve est couvert de têtes, de cadavres, de corps morts, de couronnes, et de sceptres brisés.
18° Au milieu, dans le vide, sur l'autre bord du fleuve, le mot Syrie et à chaque coin de ce côté-ci un collier de chaînes dont les anneaux sont triangulaires, au milieu de ces chaînes le chandelier à sept branches renversé. 19 ° A droite est la lettre T. représentant les carrières de Tyr, d'où l'on tirait les pierres pour la construction du temple et à gauche la lettre L. représentant le mont Liban, d'où l'on tirait les toute-puissance perfection éternité / 3 vertus
le tombeau de Sédécias, dernier roi de la race de David et au-dessous du T. est un amas de chaînes triangulaires brisées placées en parallèle au tombeau de Sedecias.
20° Au milieu sont les colonnes J. et B., Jakin et Booz, en sautoir et brisées.
21° Tout à fait au bas du tableau est une partie du plan de la ville de Babylone, pillée renversée et ruinée.
Nota. Dessous l'autel des sacrifices est un carré long comme est tel que nous l'avons dit ci- dessus, aux deux colonnes, duquel sont les lettres initiales de Juda et Benjamin.
Chaque article de l'explication de ce tableau renferme un sens mystérieux, dont une partie sera expliquée dans les instructions que l'on donnera ; le reste doit être une énigme jusqu'au moment, où la vérité sera entièrement dévoilée, moment fortuné où les Véritables maçons ne seront plus uniquement attachés qu'aux premiers principes de la Maçonnerie, comme les faits qui peuvent ramener tous les amusements à une fin solide et permanente, mais le nombre des initiés est très petit ; heureux, qui peut mériter de l'être.
Tous les frères sont appelés princes par le souverain ; et entre, eux ils ont le titre d'excellence ; le récipiendaire s'appelle toujours Zorobabel et cède son nom à celui qui vient après lui.
La porte du conseil doit être gardée par les deux chevaliers derniers reçus. Ils seront armés d'un bouclier quand le souverain entre au conseil [28v°]. –
[28v°] L'ordre dans lequel on se place au conseil
1° Vénérable ou souverain représentant Cyrus, Darius, Artaxerces, Longimanus dont il prend le nom, se met à la place du milieu sur le trône, qui lui est préparé sous un dais.
2° Le garde des sceaux qui se nomme Nehemias, se met à la droite du souverain et ne doit jamais quitter sa place, pas même pour les princes visiteurs qui se placent à sa droite au- dessous de lui.
3° Le grand Général qui se nomme +Satra-buzanez se met au bas du conseil en face et vis-à- vis la droite du souverain.
4° Le grand Trésorier qui se nomme +Mithridate se met au bas du conseil en face et vis-à- vis la gauche du souverain.
5° Le grand orateur ou ministre d'état qui se nomme Esdras, se met à la gauche du souverain.
Ces officiers ne se déplacent jamais pour qui que ce soit, les autres frères sont princes et se placent à droite ou à gauche indifféremment Il n'est pas interdit au conseil de nommer cinq frères pour remplir les cinq grands officiers en cas d'absence des uns ou des autres ; mais ces cinq frères ne doivent avoir aucune préséance lorsqu'ils ne sont point en exercice.
Il n'y a point de surveillants, ni grands ni petits, leurs fonctions n'en sont pas moins remplies, les cinq grands officiers n'ont qu'à parcourir les instructions. Ils verront ce qu'ils auront à faire pendant que le conseil se tient. Il n'a point de table devant le souverain, parce que le premier ministre a dans la main le livre de la loi pendant la tenue du conseil.
Ouverture du conseil
Le grand Général d'armée, placé à l'Occident, ouvrira le conseil en disant : Frères80 chevaliers le souverain nous rassemble pour tenir conseil. Le voici qui arrive, soyons attentifs à ce qu'il devra nous proposer.
Le souverain entre tout de suite en traversant l'assemblée et arrivé au trône il frappe un coup de son épée nue en disant : Princes le conseil est ouvert
Il salue tous les frères chevaliers en portant sa main droite sur la partie du cœur, son chapeau ou sa couronne sur la tête ; tous les princes y répondent de même ayant le chapeau à la main gauche et saluant de la droite, qui tient la lance, en portant la main sur le cœur. Ils font une inclination de tête et s'assoient. Introduction du récipiendaire
Le récipiendaire est à la porte du conseil, couvert d'un drap ou crêpe noir sali d'un peu de cendres, suspendu de façon qu'on lui puisse entendre faire quelques soupirs. Un des gardes, l'ayant entendu, entr'ouvre la porte pour voir ce que c'est et ayant vu, que c'est un homme en deuil, il referme la porte et va en avertir Mithridate, grand surveillant, qui se lève aussitôt de sa place sans dire mot, va trouver le récipiendaire, et lui fait les questions suivantes en dehors du conseil. – Nota. Il y a toujours un frère avec le récipiendaire qui le fait agir.
D. Que demandez-vous ?
R. Je demande, s'il m'est possible, que vous me procurez l'honneur de parler au roi.
D. Qui êtes-vous ?
R. Juif de nation, prince de naissance de la troisième lignée81 de Juda, sorti de la famille de David.
D. Quel est votre nom ?
R. Zorobabel.
D. Quel âge avez-vous ?
R. Quatre-vingts un ans (D'autres disent soixante et dix ans).
D. Quel sujet vous amène auprès du roi ?
R. Les larmes et la misère de mes frères. Mithridate dit alors au récipiendaire : Attendez un peu, je vais prier le roi pour qu'il vous soit favorable. Il frappe en même temps un seul coup avec le pied au bas de la porte du conseil, qui lui est ouverte par un des gardes.
Il va au pied du trône, rend compte au souverain de ce qu'il a entendu de Zorobabel et le roi lui ordonne de le faire entrer, la face couverte. Mithridate salue profondément le roi en portant les deux mains sur son visage et va joindre le récipiendaire, à qui il dit : Vous avez trouvé grâce auprès du plus grand roi du monde. Il vous permit de paraître devant lui, la face couverte. Il frappe à la porte du conseil, qui lui est ouverte et il introduit le récipiendaire couvert de son drap. Les gardes ont soin de fouiller Zorobabel et voir s'il n'a pas sur lui quelques armes pour attenter à la vie du souverain et tous les chevaliers doivent avoir l'épée nue à la main, la tête couverte, et les gardes le font avancer par sept pas, en ligne droite et en équerre jusqu'au pied du trône, où il se met à genoux.
Le ministre d'état, orateur du conseil, s'avance, lui découvre le visage et lui fait les questions suivantes, auxquelles un des gardes ou frères fait répondre le candidat [29r°].
[29r°] Questions du ministre d'état à Zorobabel à genoux
D. Quel sujet vous amène au roi ?
R. Je viens implorer sa bonté et sa justice.
D. Pour quel sujet ?
R. Pour lui demander grâce pour mes frères, qui gémissent en captivité depuis 72 ans.
D. Qui êtes-vous ?
R. Zorobabel, prince hébreu, sorti du sang de David.
D. En quoi consiste la grâce que vous demandez ?
R. A mettre la nation juive en liberté, permettre que nous retournions en Judée, y rétablir le temple détruit, faire revivre la loi du Dieu des Armées et les ordonnances de Moïse.
Après cette réponse le souverain fait signe de faire se retirer à Zorobabel Alors les deux gardes le relèvent et l'emmènent hors du conseil. L'un des deux va avec lui et l'autre rentre et ferme la porte, après quoi le souverain adresse la parole à tous les chevaliers princes en ces termes :
Princes, il y a longtemps que j'ai résolu de mettre les Juifs en liberté. Je ne sais, mais je suis pénétré de voir ce peuple dans les fers. Leur Dieu, qu'ils nomment le Dieu fort, m'est apparu en songe. Il me semblait, que ce dieu terrible me menaçait comme un lion rugissant, prêt à fondre sur moi pour me dévorer. Je croyais entendre de sa bouche deux mots et deux paroles, qui traduites en notre langue signifient : Rends mon peuple libre ou tu mourras !
C'est de vous, chers princes, que j'attends les avis sur ce que je dois faire touchant la demande de Zorobabel.
Après que le roi a parlé, tout le conseil garde un profond silence pendant lequel le ministre d Etat va recueillir les voix de chaque chevalier et va ensuite en rendre compte au roi à l'oreille droite (d'autres disent que les chevaliers font chacun à leur tour donner leur voix au ministre).
Alors le roi ordonne à Mithridate de faire rentrer Zorobabel après l'avoir décoré d'une robe blanche et ceint d'un large ruban vert. Dans cet état, il l'introduit aux pieds du trône. S'étant mis à genoux le roi lui dit :
Discours du roi à Zorobabel
Levez-vous. Je vous accorde votre demande, et fais grâce à tout Israël. Je consens, qu'il soit mis en liberté et qu'il lui soit libre de demeurer dans mes états, ou de retourner en Judée rebâtir un nouveau temple où son Dieu soit adoré. Que ce temple soit orné et enrichi des dépouilles de l'ancien, détruit par mes prédécesseurs. En conséquence, j'ordonne que tous ces effets vous soient remis avant le coucher du Soleil. De plus, je vous fais chef de toute la nation. J'entends qu'elle vous obéisse. Je me réserve seulement un tribut de trois agneaux, cinq moutons et sept bœufs toutes les années. Et pour marque authentique de ma bonté à votre égard, je vais vous armer d'une épée terrible que vous porterez pour marque de distinction et de l'autorité que je vous donne sur vos frères. Elle vous servira à combattre vos ennemis et vous faire craindre de ceux de vos frères qui pourraient cabaler contre vous, et pour ce j'ordonne à mon général Jatrabozane[z] de vous instruire dans l'art de la guerre.
Après que le roi a armé Zorobabel d'une épée, on le conduit au général, qui lui dit : Je me réjouis, prince, des grâces que vous venez d'obtenir de notre souverain. Je vais vous instruire dans l'art de la guerre, après que je vous aurai armé chevalier et enseigné la mémoire de vous faire reconnaître. Il lui fait ensuite les questions suivantes, dont les réponses lui sont soufflées :
D. Comment s'appelle votre pays ?
R. La Judée, située au delà du fleuve Euphrate dit Starrbu-zarnay, à l'Occident de la Syrie.
D. Comment appelez-vous le peuple, qui l'habite ?
R. Israël, d'où nous sommes sortis.
D. Quel nom ont ceux qui sont ici captifs ?
R. Ils sont distingués par deux tribus : Juda et Benjamin.
D. Le roi vous a armé d'une épée pour vous défendre contre vos ennemis. Je vais, par le
et vous le porterez de l'épaule droite à la hanche gauche. – Il est couleur d'eau et représente le passage de l'air. Semblable à un vaisseau, sujet au gré des vents, de même nous flottons au gré de nos passions. Heureux celui qui peut en éviter les dangers.
Il lui donne ensuite le tablier, le signe, les mots et l'attouchement.
Le signe se fait en portant la main droite sur l'épaule droite d'où on la descend en serpentant sur la poitrine jusque sur la hanche gauche, où est l'épée que l'on prend et que l'on lève comme pour combattre. On y répond de même.
L'attouchement se donne en s'entrelaçant la main gauche l'un de l'autre, faisant comme si on se repoussait ou que l'on combattait pour se disputer un passage. L'on se présente ensuite réciproquement l'épée sur la poitrine. – on tire l'épée du fourreau de la main droite, pendant que la gauche repousse et l'on se demande mutuellement le mot de passe, qui est Yaueron- hamaïm qui veut dire Libertas, liberté de passage.
Si votre frère vous rend le mot de passe juste, vous l'embrasserez en lui donnant le baiser de paix sur chaque joue et, en le lui donnant, vous lui demanderez de quelle tribu il est. S'il dit Juda, vous lui répondrez Benjamin. S'il dit l'un, vous direz l'autre.
Si vous levez une armée, votre mot de passe sera Yaueron-hamaïm. Pour vous faire connaître au conseil assemblé vous direz le grand mot : Raf-odom, qui veut dire : Vrai maître [29v°].
[29v°] Apres cette cérémonie, Mithridate le fait avancer au pied du trône par sept pas, faits activement en ligne droite, où étant arrivé il se met à genoux pour prêter le serment de fidélité au souverain et à tous les chevaliers qui doivent être debout, l'épée nue à la main. Le livre de la loi est devant le roi et l'épée du récipiendaire doit y être dessus nue.
Obligation
Je N. promets et m'oblige solennellement devant le Grand Architecte de l'Univers et auprès de tous les frères chevaliers de l'Orient ici assemblés, sur ma foi d'honnête homme et de maçon libre, d'être fidèle à ma religion et aux lois de l'état, de ne point révéler les mystères de chevalier d'Orient qui viennent de m'être confiés soit par le moyen de la parole de l'écriture ou autre chose, qui puisse porter caractère, et de ne recevoir ni initier à ce grade éminent aucun frère maçon que conformément aux Anciennes Constitutions, statuts et règlements. Le tout sous peine d'être déshonoré, de perdre le titre de maçon libre et d'être privé des avantages des loges... Ainsi Dieu me maintienne dans la droiture et l'équité. (Il y en a qui y ajoutent des serments mais c'est assez inutile. Ils sont tous à peu près les mêmes.)
[Après l'obligation]
L'obligation prêtée, le roi embrasse le récipiendaire, c'est-à-dire le nouveau chevalier, et le traite de frère. Le second surveillant le conduit ensuite à tous les chevaliers qui l'embrassent et le félicitent. On lui donne ensuite l'explication du tableau des chevaliers de l'Orient, suivant le détail que nous en avons donné plus haut. Quand on a fini, le ministre d'état ou grand-maître donne le précis de l'histoire des chevaliers en ces termes :
Histoire des chevaliers de l'Orient
Le royaume de Juda fut détruit par les Assyriens sous le règne de Sedecias, vingt et unième roi de la race de David, en la personne duquel finit la postérité de son prophète-roi.
Nabucodonosor roi des Assyriens jaloux de la grandeur du prophète de Dieu entreprit de lui faire la guerre et de le détruire. Ce qui s'exécuta ainsi qu'il avait été prédit par les prophètes
en punition des crimes et le tout de l'idolâtrie d'Israël. Il fit le second82 siège de Jérusalem la dix-huitième année de son règne et la onzième de Sedecias. La sainte cité fut attaquée et défendue avec une valeur incroyable, le second83 siège fut très opiniâtre et cruel. Les assiégés souffraient dans les attaques. Les événements les plus affreux tels que la peste et la fièvre et l'ennemi faisait des dégâts partout où il se présentait. Mais la vigilance, l'activité et le zèle des maçons libres qui se trouvaient renfermés dans la ville les réparaient aussitôt, mais il était écrit dans les décrets éternels que Jacob tomberait en servitude, que le culte du vrai Dieu serait interdit et que son temple, la précieuse merveille du monde, serait détruit jusqu'aux fondements.
Cette douloureuse époque arriva l'an du monde 3493 ans, six mois et dix jours depuis la création du monde et 470 ans depuis la fondation du temple. Le roi Salomon en avait posé la première pierre la quatrième année de son règne et le deuxième mois de [Gio]. La cérémonie en fut faite avant le Soleil levé et fut solennisée par des grandes fêtes. Cette pierre était d'agate d'un pied en carré de figure cubique. Le ciment qui y fut employé était composé de lait, de l'huile, du vin et de la farine. On la plaça au milieu de l'endroit, où devait être le Saint des Saints. L'histoire sacrée fait une ample description du saint temple de même que de sa magnificence. Tout zélé chevalier doit, après sa réception, en faire la lecture et se la rendre familière pour qu'il puisse, étant parvenu à ce haut grade, en donner raison dans les occasions.
La sainte cité fut prise d'assaut, après dix-huit mois de siège. Ce fut dans une nuit, que les Babyloniens entrèrent dans la ville par sept endroits différents, où ils s'étaient aperçus, qu'on ne faisait pas bonne garde. Ils coururent sans perdre temps au temple où les principaux de la ville s'étaient réfugiés avec toutes leurs richesses et principalement le roi Sedecias, sa famille et toute sa maison. La désolation, où les ennemis trouvaient la ville les porta à la compassion. Ils ne firent aucun meurtre et se contentèrent du pillage. Mais s'étant approchés du saint temple, ils furent d'abord attaqués et repoussés avec rigueur par les maçons libres qui le défendaient, mais comme leur nombre était de beaucoup inférieur à celui des ennemis, ils furent contraints de céder et de se rendre à discrétion.
Lors de la prise de Jérusalem Nabucodonosor85 était à Babbata ville de l'Assyrie. Lorsqu'il en eut reçu la nouvelle, il envoya Nabazardan, son général, avec ordre de détruire et brûler le temple, après en avoir enlevé tout ce qui pourrait s'y trouver en métaux et autres choses précieuses, de réduire ensuite l'édifice en cendres et de ruiner la ville de fond en comble, de mener captifs à Babylone tous les habitants notables et laisser le menu peuple errant. Nabuzardan exécuta fidèlement les ordres de son maître. Il dépouilla le temple de ses ornements, le détruisit et le brûla, emporta à Babylone tous les vases d'or et d'argent, qui se montaient à deux cents soixante et deux milles sans compter ceux des autres métaux, comme la grande mer d'airain, les autels, les vaisseaux de purification, les deux colonnes et ouvrages faits en or en argent, comme les tables, les chandeliers, etc.
L'Arche d'Alliance et les livres saints furent donnés en garde à Cephan sous condition que sa vie en rendrait compte. Le nombre des captifs, que Nabuzardan emmena à Babylone, était de quatre-vingt et un mille, du nombre des quels était Sedecias, toute la famille royale, les officiers sacrificateurs, et les lévites sans compter un nombre infini de peuple et domestiques. Nabuzardan entra en triomphe à Babylone. Tous les captifs étaient enchaînés sans en compter le roi dont les chaînes étaient d'or.
La figure de ses chaînes était triangulaire avec trois anneaux dont l'un des quels était passé au col avec les poignets dans les deux autres. Les chaînes étaient d'autant plus tristes aux yeux des Israélites que leurs figure représentait l'emblème de la Divinité, dont le saint nom
est représente par le divin Delta. Dieu permit, qu'il [30r°] lui fut toujours présent dans la plus dure captivité pour leur rappeler sa bonté et sa clémence et les porter à obtenir grâce de leurs fautes passées. Nabucodonozor consacra à ses faux dieux les dépouilles du saint temple. Il donna un logement au roi Sedecias et à toute sa famille de même qu'à ses officiers. Le reste des captifs fut mis aux environs de Babylone. Les plus distingués furent confinés dans l'enceinte de la ville, du nombre desquels furent les descendants des maçons libres, qui avaient construit le temple et qui avaient le privilège exclusif de l'entretenir. Il leur était défendu par une loi expresse de Salomon de travailler à d'autres ouvrages sous peine de punition corporelle, ce qui fut observé inviolablement, même pendant la captivité. Car lorsqu'Alexandre voulut faire bâtir un temple à Jupiter, aucun des maçons ne voulut y travailler. Ils aimèrent mieux mourir que d'employer leurs talents à la dévotion de l'idolâtrie.
Telle fut la douleur de ces illustres maçons d'avoir vu détruire un si grand édifice, chef- d'œuvre de la main des hommes conduite par celle du Tout-Puissant, que leurs larmes ne cessèrent de couler qu'au moment que le grand jour arriva, qu'ils furent mis en liberté pour aller bâtir un nouveau temple à la gloire de l'Eternel sur le modèle de l'ancien, non toutefois si beau, ni si riche, mais selon leurs moyens. Trois ans après la captivité en Assyrie le roi Sedecias mourut et en lui finissaient les rois de la race de David après avoir régné sur le peuple de Dieu 458 ans, sept mois, trois jours. En la personne de ce roi finit la Maçonnerie puisqu'elle perdit en lui le chef des maçons-libres, qui étant devenus captifs. Tous les grades, depuis l'apprentif jusqu'au dessus de l'élu parfait, ou grand écossais, sont une peinture de ce qui s'était fait, lors de la construction du temple.
Le grade de chevalier de l'Orient renouvelle aujourd'hui la Maçonnerie. Le but de ces nouveaux maçons est de rebâtir le temple, lorsque l'Eternel voudra leur en procurer les moyens, car la Maçonnerie parmi les chrétiens n'a eu d'autre fin dans son principe que celle de réédifier le saint édifice sur ses anciens fondements.
– Fin de la Maçonnerie ancienne – A présent renouvelée – Suite du discours
Après que les tribus de Juda et de Benjamin eurent passé soixante-dix ans en captivité dans l'Assyrie, Dieu fut touché de leurs larmes et elles trouvèrent grâce devant son trône sacré. Il inspira à Cyrus, roi de Babylone, le dessein de mettre Israël en liberté. Il écouta à cet effet les puissant prêtres et les principaux des Juifs et les sollicitations de Zorobabel, prince de la tribu de Juda, de la famille de David, parent de Nehemias et de Josué ou Jarus fils de Sedecias sacrificateur ses frères et son fils Cedenicas et ses fils les fils de Juda et de Henoab. Satrabuzanez son général l'avait instruit dans l'art de la guerre selon l'ordre qu'il lui en avait donné et il était depuis longtemps à son service. Il lui permit de sortir de l'Assyrie avec tous les Juifs qui voudraient le suivre pour aller en Judée rebâtir le temple du vrai Dieu. Pour cet effet, il fit tirer du trésor royal tout ce qu'il y avait des dépouilles de l'ancien temple lors de sa destruction et les fit livrer à Zorobabel par Mithridate, son grand trésorier. Il ordonna que le nouveau temple aurait [sic] cent vingt coudées de longueur, soixante de largeur et autant de hauteur et que les bois et les pierres nécessaires à sa construction seraient tirés du Liban et des carrières de Tyr.
Il fit à cet effet un édit qui fut publié dans tous ses états, par lequel il ordonna tous ses sujets de laisser sortir librement les Juifs et de ne les troubler en aucune façon mais, au contraire, de leur donner aide et secours, sous peine de mort contre ceux qui enfreindraient ses ordres. Zorobabel, après avoir reçu ce bienfait, se prosterna aux pieds du prince et lui ayant
baisé le bas de sa robe, il le remercia au nom de toute la nation de la grâce singulière, qu'il venait de lui accorder, l'assurant qu'à l'avenir tout Israël ferait des vœux pour la conservation de sa personne et la propriété de ses états.
Zorobabel se retira ensuite pour prendre avec les chefs des familles des tribus les arrangements convenables sur ce qu'il était à propos de faire. Zorobabel et Nehemias proposèrent un projet dans un conseil qu'ils convoquèrent, où les chefs des maçons assistèrent, entre lesquels étaient Bilbe, Macops, Erresque, Vineau, Dirculairepepen, Buce, Tanlerig, Querra, Nigée, Exioncute, Saudistée87. Il fut résolu dans ce conseil que Bilbe, Macops, et Erresque présideraient aux travaux et en conséquence ils furent choisis pour les trois principaux maîtres, qui auraient la direction générale du travail. On leur donna pour adjoints, Nigée, Exioncute, et Saudistée, qui [devaient] avoir la direction des ouvriers et les autres, qui étaient Vineau, Disculairepepen, Buce, Tanlerig, et Querra, [devaient] être les principaux maîtres, destinés à distribuer les dessins aux ouvriers et à les payer.
On travailla ensuite au dénombrement du peuple, qui se trouva monter à 63000 hommes. – Selon d'autres à 42360 seulement, sans compter les esclaves, qui étaient au nombre de 7503. Les trois directeurs firent le dénombrement des maçons libres qui avaient échappé à la fureur des soldats, lors de la destruction du temple. – C'est-à-dire ceux qui étaient descendus de ceux qui avaient bâti l'ancien temple, pour être conservés dans le grade de leurs pères. Ensuite de tous les ouvriers tailleurs de pierre, charpentiers et autres ouvriers nécessaires pour l'édifice, le nombre des premiers n'allait qu'à 7000, lequel nombre joint à celui des ouvriers n'étant pas suffisant pour bâtir l'ouvrage. Zorobabel arma les premiers chevaliers, les unit à la tête du peuple pour combattre ceux, qui voudraient leur disputer ce passage ou le chemin de la Judée, institua les autres dans les grades inférieurs ou grades nouveaux, auxquels il accorda des privilèges. Ces nouveaux maçons furent d'abord regardés comme de simples ouvriers, puis comme ouvriers faits et ensuite comme ouvriers parfaits [30v°].
[30v°] Zorobabel et Nehemias ayant reçu les trésors et les vases du temple (au nombre seulement de 5410 vases [ ?] quelques-uns) des mains de Mithridate, grand Trésorier de Cyrus, fixèrent leur départ au 22 mars suivant notre calcul. Les trois jours qui précédèrent ce départ furent employés en jeûnes et prières et le troisième jour, après le Soleil couché, fut célébrée la même cérémonie qui autrefois fut faite, lorsque le même peuple sortit de la suite d'Egypte. Ensuite tout Israël se mit en marche sous la conduite de Zorobabel, nouveau Moïse. La marche fut de façon que les maçons étaient à la tête pour arriver plutôt et mettre la main à l'œuvre, les tailleurs de pierre et les charpentiers furent ensuite envoyés par bandes dans les carrières de Tyr et de la Judée et les forêts du Liban.
La marche des Hébreux fut des plus heureuse jusqu'au bord du fleuve Sthar-bu-za-nay (l'Euphrate) qui sépare la Judée de l'Assyrie et va se jeter dans la mer Tyberiane. Les maçons y étant arrivés les premiers trouvèrent au bord de ce fleuve des hommes armés qui les attendaient pour leur disputer le passage et les piller. Les chefs des maçons leur montrèrent leurs passeports de Cyrus de même que l'édit, qu'il avait fait publier dans ses états, mais ces barbares furent aveuglés par l'espoir du butin qu'ils pouvaient faire, s'ils parvenaient les vaincre, surtout ayant vu parleurs passeports, qu'ils portaient une grande partie des dépouilles de l'ancien temple. Sans avoir égard à l'édit du roi, ils se jetèrent sur les maçons pour les mas sacrer, mais le Grand Architecte de l'Univers en avait ordonné autrement. Les Assyriens furent tous taillés en pièces et précipités dans le fleuve qui dans l'instant fut teint de leur sang et couvert de leurs corps morts ou noyés au passage du pont.
Après cette victoire Zorobabel fit élever sur le champ de bataille un autel sur lequel il offrit un holocauste au Dieu des Armées qui avait combattu pour Israël et prit pour mot de passe
Yaueron-hamaïm qui veut dire Liberté de passage. Les Israélites traversèrent ensuite le fleuve et se hâtèrent d'arriver à la triste Jérusalem. Leur marche fut d'environ trois mois ; ils y arrivèrent le 22 juin, jour du solstice d'été à trois heures après midi. Après sept jours de repos les trois architectes et leurs adjoints se mirent en état de commencer la construction du nouveau temple. Ils divisèrent les ouvriers par bandes dont chacun avait un chef et deux adjoints. Chaque ordre de bande était payé selon son rang dans le travail et avait chacun son mot particulier. Le mot de la première bande était Juda, elle était payée au pied des colonnes qui étaient à l'entrée du temple. Le mot de la seconde bande était Benjamin et recevait son payement sous le portique. Le mot de la troisième bande était J., le grand nom, ou Yaueron- hamaïm. Elle recevait son salaire au milieu du temple. On observa dans la construction du temple nouveau ce qui avait été pratiqué pour l'ancien. (Selon d'autres) Le nombre de première bande était de 3 fois 7, la seconde de 5 fois 7 et la troisième de 7 fois 7 ouvriers. La première bande avait le nom acacia, leur mot sacré était J. etc. qu'ils étaient obligés de donner à l'architecte sans quoi ils n'étaient pas payés. La seconde avait pour mot de passe Schibboleth et pour mot sacré Booz, la troisième s'appelait Tubalcaïn, et avait pour mot sacré Jakin.
Cet ordre-ci se trouve par inversion du premier en comptant du premier rang au dernier des ouvriers.
Tel fut l'arrangement que l'on prit pour la construction de ce nouveau temple, mais il était écrit qu'Israël souffrirait et que l'Eternel voulait exercer sa patience, car à peine les fondements de ce nouveau temple furent commencés qu'ils eurent à soutenir une guerre contre les Samaritains, peuples sortis des dix tributs qui avaient abandonné le culte du vrai Dieu. Ils tâchèrent par leur chicane d'empêcher ou de retarder l'exécution des travaux du temple, ce qui obligea Zorobabel se tenir sur la défensive. Il ordonna que pendant qu'une partie des ouvriers travailleraient, l'autre combattrait l'ennemi, mais comme les attaques devenaient tous les jours plus fréquentes et plus opiniâtres et que, de ce fait les ouvrages allaient lentement, il fut ordonné qu'on n'irait plus à l'ennemi et qu'on l'affronterait dans les travaux. A cet effet on commit que chaque ouvrier tiendrait d'une main une épée, et de l'autre l'instrument avec lequel il devait travailler.
Etant armés de cette sorte, ils travaillèrent avec assurance, mais non pas avec autant de diligence, que s'ils eussent été tranquilles, car la construction de ce nouveau temple dura quarante et six ans (et selon d'autres quarante ans). Cette merveille du monde fut commencée sous le règne de Cyrus, continuée sous le règne d'Artaxerces, et finie sous le règne de Darius fils d'Hystarpes.
Le temple fini fut sanctifié de la même manière que le premier (nous renvoyons les frères pour cet article à la lecture de la Bible). Les maçons se mirent ensuite à réparer les remparts de la ville et à relever les maisons ruinées et démolies, à faire revenir les lois dans leur pureté, à suivre les ordonnances de Moïse, à sanctifier le temple par des sacrifices, à établir l'ordre militaire, à donner un nouvel arrangement aux tribus de Juda et de Benjamin et à songer à se procurer un roi pour les gouverner aussi sagement que Salomon.
Le second temple ayant été détruit par les Romains, les chevaliers maçons d'aujourd'hui sont censés descendre de ceux qui l'ont bâti. Ainsi ils doivent en instruire les simples et tâcher, sous la conduite d'un nouveau Zorobabel de bâtir un troisième temple au Grand Architecte de l'Univers. ___________________________________________________________________
8. Ceci est le renvoi marqué à la fin des règlements page 8 : Copie tirée de l'original au bas duquel est écrit : Nous grand garde des sceaux de la souveraine et très souveraine loge des princes chevaliers très libres de l'Orient, certifions et attestons que la présente copie est conforme à l'original qui est entre nos mains. A Paris, ce deuxième avril 1749 pour copie. Signé De Valois.
Fin du grade des chevaliers de l'Orient _______________
[31r°] La doctrine des chevaliers de l'Orient
D. Etes-vous chevalier de l'Orient ou de l'épée ?
R. J'en ai reçu le caractère. Mon air, mes habits, mon épée et ma fermeté vous le prouveront.
D. Que renferme le caractère, que vous avez reçu ?
R. Ouvrez-moi la première porte, je vous en ouvrirai une autre.
D. R.
R. M.
D. Quelle porte viens-je d'ouvrir ?
R. La première et moi la dernière. (Continuons : Raf-Odom.)
D. Comment êtes-vous parvenu à ce haut et sublime grade ?
R. Par l'humilité, la patience et les fréquentes sollicitations.
D. A qui vous êtes-vous adressé ?
R. A un roi – c'est Cyrus, qui me l'a communiqué et transmis dans son palais éclairé de 70 lumières qui rendaient un éclat éblouissant et m'ont rappelé les 70 ans de captivité. Hérode le grand ayant fait démolir ce second
D. Quel est votre premier nom ?
R. Zorobabel. temple, il le réédifia avec une somptuosité et une
D. Quelle est votre origine ? vigilance incroyable, car il ne fallut que huit ans ; les
R. Je suis juif de la tribu de Juda de principaux travaux de ce temple, dont l'entrée n'était la famille de David. permise qu'aux sacrificateurs, était le corps du
D. Quel est votre métier ? bâtiment qui avait 100 coudes de long et 120 de haut.
R. La Maçonnerie. Il régnait autour du temple une galerie, qui en était
D. Quels édifices bâtissez-vous ? détachée d'un mur de pierres et quatre colonnes
R. Des temples et des tabernacles. d'ordre corinthien de 9 pieds de diamètre. Chaque
D. Où les construisez-vous (n'ayant soutenait trois différents corridors. Ceux des côtés point de terrains) ? avaient trente pieds de largeur sur 50 pieds de
R. Nous les élevons dans nos cœurs. hauteur et celui du milieu 45 pieds de large et 100 de
D. Quel est le surnom d'un chevalier hauteur. Hérode employa les chevaliers de l'Orient de l'Orient ? pour cet édifice, dix mille ouvriers sous la conduite
R. Celui de maçon très libre. de mille sacrificateurs et le tout fut fini en huit
D. Pourquoi êtes-vous maçon très années, comme je l'ai déjà dit. – libre ?
R. Parce que les maçons qui travaillaient au temple de Salomon furent qualifiés tels et en conséquence déclarés à jamais eux et leurs enfants de mâle en mâle, exemptés de toutes sortes de charges et impôts, même d'aller à la guerre, tant qu'ils travailleraient à l'art royal Leurs familles étaient appelées libres par excellence, mais dans la suite, ayant été subjugués ils n'ont
recouvert leurs droits que par la bonté du roi Cyrus qui le leur confirma, les fit chevaliers maçons et les rendit très libres.
D. Pourquoi le maître s'appelle-t-il souverain ?
R. Parce que Zorobabel était prince et que Cyrus le constitua chef des tribus.
D. Pourquoi Cyrus remit-il les Juifs en liberté ?
R. Pour leur laisser réédifier le temple qui avait été détruit et démoli.
D. L'ancien temple était-il beau ?
R. C'était la première des merveilles du monde par sa beauté de richesse et sa grandeur. Il contenait cent mille personnes dans son parvis.
D. Qui en avait donné le plan ?
R. Dieu lui-même, qui l'avait donné à Moïse.
D. Qui est-ce qui l'a fait construire ?
R. David en avait bien connu le dessein dans le fond de son cœur, mais comme ce prince avait toujours été occupé à faire la guerre, l'honneur de bâtir un temple au Dieu de paix fut réservé à Salomon.
D. Quel a été ce roi Salomon ?
R. Le plus sage des rois de son temps. – son règne a toujours été pacifique, Dieu l'avait doué de toutes les connaissances.
D. Quel architecte eut la conduite de son temple ?
R. Hyram Abiff.
D. Quel était cet Hyram ?
R. Il était fils d'un Tyrien nommé Hur, et selon d'autres d'un Israélite nommé Yo établi depuis longtemps à Tyr, et d'une veuve du village de Dan dans la tribu de Nephtaly.
D. Qui posa la première pierre de cet édifice ?
R. Salomon lui-même.
D. De quelle matière était cette pierre ?
R. Elle était d'agate, sa figure était cubique et d'un pied en carré.
D. A quelle heure Salomon la posa-t-il ?
R. Avant le Soleil levé.
D. Pourquoi cela ?
R. Pour marquer combien il était enflammé de zèle pour la maison du Grand Architecte de l'Univers.
D. Quel exemple trouvons-nous ici ?
R. Celui de la vigilance que nous devons avoir pour faire des bonnes œuvres.
D. De quel ciment se servit-il ?
R. D'un ciment composé de lait, de farine, d'huile et de vin [31v°].
[31v°] D. Que signifie ce ciment ?
R. La bonté, la douceur, la sagesse, la force que Dieu employa dans la création du premier homme, qui devait être son véritable temple.
D. Où Salomon posa-t-il cette pierre ?
R. Dans le milieu de l'endroit, où fut élevé le piédestal qui soutenait le dépôt précieux des élus parfaits maîtres et sublime élus.
D. Combien avait-il de portes ?
R. Trois, l'une à l'Occident, l'autre au Midi et la 3 à l'Orient.
D. Par qui fut détruit ce temple ?
R. Par Nabucodonosor roi des Assyriens, qui avait donné à Nabuzardan le commandement de l'armée, qu'il envoya pour combattre Israël.
D. Combien de temps a duré cet édifice ?
R. 470 ans 6 mois et 10 jours.
D. Que nous enseigne la ville de Jérusalem prise d'assaut par sept endroits différents ?
R. Cela nous fait souvenir que la loge la mieux couverte peut être surprise à moins, qu'on ne soit bien gardé par des frères terribles sur lesquels on puisse compter en toute sécurité.
D. Que signifie la compassion que les Assyriens avaient de la ville et des habitants ?
R. L'excellence de l'Ordre des frères maçons, qui s'attire l'estime et la vénération de ceux, qui en ont reçu juste connaissance.
D. D'où vient que les Assyriens n'emmenèrent que les gens de marque et de distinction et laissèrent le bas peuple errant parmi les ruines de la ville et de la campagne ?
R. Pour marquer le peu de cas que nous devons faire des faux frères et du raisonnement des profanes.
D. Que signifie la résistance que les maçons libres firent, lorsque les Assyriens vinrent attaquer le dehors du temple ?
R. Le soin et la vigilance que tout bon maçon doit avoir pour couvrir leur loge et en défendre l'entrée aux profanes ainsi que les approches, même au péril de leur vie.
D. Que signifie la destruction du temple et le peuple mené en captivité ?
R. La division d'une loge, qui ne s'attachant pas au travail, est forcée tôt ou tard de se disperser avec ses membres.
D. D'où vient que les maçons cédèrent aux Assyriens ?
R. De même que les maçons inférieurs en nombre furent forcés de céder, de même si un maçon ne porte pas toute son attention à s'instruire il pourrait lui arriver d'être surpris et forcé de céder à son ouvrier.
D. Que signifient les deux colonnes brisées ?
R. Quand un maçon transgresse son serment, ou qu'il dévoile quelque chose, il brise les colonnes dont il est l'emblème et se rend odieux à tous ceux qui ont connaissance de sa lâcheté.
D. Que signifie le chandelier à sept branches enlacées ?
R. Un maçon, qui divulguant les secrets de la Maçonnerie, lui enlève la vrai lumière pour la transmettre entre les mains des profanes et obscurcissent par là la vraie lumière de l'Ordre.
D. Que représente Cephan, sacrificateur, qui répond de l'arche, qui lui fut donnée en garde, de même que les livres secrets sous peine de la vie ?
R. Qu'un vrai maçon répond sous peine de mort des secrets, qu'on lui confie sur ses serments et son obligation.
D. Pourquoi Zorobabel se tenait-il prosterné aux pieds du trône de Cyrus ?
R. Parce que l'humilité est la principale vertu avec laquelle on peut fléchir le Seigneur et le glorifier, et pour marquer la majesté des mystères de l'Ordre qu'on ne peut pas percer qu'en méritant cet éminent grade par les soumissions, l'humilité et les prières.
D. Pourquoi après la construction du nouveau temple y priait-on pour la conservation du roi de Babylone ?
R. Pour nous apprendre à prier pour ceux qui protègent l'Ordre.
D. Pourquoi les chaînes des captifs étaient-elles de forme triangulaire ?
R. Parce que ce nombre exprime la triple essence de la divinité, marquée par triple triangle et le carré de 9 et que les Assyriens les firent de même pour les mortifier d'avantage, ayant appris, que c'était l'emblème de Dieu.
D. Pourquoi était il défendu aux maçons libres du temple de travailler à aucun autre édifice ?
R. Pour nous apprendre à être fidèles observateurs des lois de la Maçonnerie et à ne point fréquenter ni travailler dans les loges irrégulières sous peine de perdre le titre de maçon libre.
D. Pourquoi les Hébreux désireraient-ils leur liberté ?
R. Pour retourner en Judée y bâtir un nouveau temple.
R. Que nous devons souhaiter de travailler souvent à former des justes et parfaites loges à la gloire du Grand Architecte de l'Univers.
D. Quelle est la dimension que Cyrus donna pour la construction du nouveau temple ?
R. Il donna qu'il avait cent vingt coudées de longueur, 60 de largeur et 60 de hauteur.
D. Pourquoi ordonna-t-il de tirer les pierres des carrières de Tyr et le bois des forêts du Liban ?
R. Parce que le premier temple avait été bâti des mêmes matériaux.
D. Que nous apprend cette formalité ?
R. Que la Maçonnerie doit être toujours la même, ne pas varier ni changer pour être partout reconnu dans toute sa pureté.
D. Que signifie le combat que donnèrent les maçons sur le bord du fleuve Sthar-bu-zanaÿ ?
R. Que nous devons combattre nos passions, et corriger nos frères au besoin [32r°].
[32r°] D. Que signifie la Pâque que les Hébreux célébrèrent avant leur départ ?
R. Le repas des maçons qui doit être aussi religieux que l'était la Pâque.
D. Que nous représente la ville de Jérusalem ruinée et plongée dans la tristesse ?
R. L'état d'une loge irrégulière, où la cabale et l'intérêt ont plus de part que le bien de la société et de l'Ordre.
D. Que nous représentent les trois mois et les trois jours de marche et l'arrivée à 3 heures après midi ?
R. Qu'il convient de laisser l'intervalle d'un grade à l'autre et ne jamais les conférer qu'à des frères bien instruits.
D. Que signifient les 7 jours de repos que prirent les Hébreux avant de commencer l'ouvrage ?
R. Qu'il faut au moins être sept pour former une loge juste et parfaite.
D. Que signifient les ouvriers payés par bande à la porte de l'escalier et au sanctuaire ?
R. Ils représentent les différents grades auxquels on parvient successivement.
D. Que signifie l'épée que les chevaliers maçons portent au côté droit en travaillant au temple ?
R. De même qu'ils étaient armés pour repousser l'ennemi, tout bon maçon doit être armé d'une épée de silence et du bouclier de la nuit, pour cacher aux profanes le travail de la Maçonnerie.
D. Pourquoi y a-t-il 70 lumières dans notre loge (selon d'autres 72) ?
R. C'est en mémoire des années que dura la captivité.
D. Pourquoi tous les chevaliers sont-ils appelés prince par le souverain ?
R. Parce que les hauts grades, auxquels ils sont parvenus, méritent qu'ils soient distingués des autres maçons et que c'est d'eux qu'on doit tirer les officiers des grades inférieurs.
D. Pourquoi le récipiendaire est-il couvert d'un drap ou crêpe noir saupoudré de cendres ?
R. Pour marquer le respect et la soumission, que l'on doit au maître de la loge.
D. Pourquoi Zorobabel demanda-t-il grâce pour ses frères ?
R. Pour nous apprendre à en user de même pour nos frères.
D. Pourquoi frappe-t-on avec le pied au bas de la porte de la loge ?
R. Pour marquer le respect que l'on doit au souverain conseil.
D. Pourquoi le récipiendaire est-il fouillé par les gardes en entrant en loge ?
R. Pour savoir, si ce ne serait pas un faux frère ou serviteur qui voudrait attenter à l'honneur de l'Ordre.
D. Pourquoi le récipiendaire se couvre-t-il le visage ?
R. Pour marquer que l'on se croit indigne d'approcher le trône du souverain.
D. Pourquoi le souverain fait-il tenir son conseil ?
R. Pour savoir si le récipiendaire est accueilli par tous les chevaliers et s'il est digne d'être
D. Que signifie le tribut de 3 agneaux, 5 moutons et 7 bœufs que Cyrus se réserva ?
R. Que l'agneau est le symbole de la pureté et de l'innocence, qu'il ne change pas de naturel étant devenu bélier de même un maçon doit être toujours le même invariable surtout quand il est question de faire une fausse action.
D. Pourquoi les chevaliers de l'Orient portent-ils un cordon couleur d'eau parsemé de têtes et membres de cadavres ?
R. Pour nous indiquer que nous ne devons pas perdre de vue le combat de nos prédécesseurs sur le bord du fleuve Sthar-bu-zanaÿ. La couleur d'eau représente le fleuve et les membres ceux qui furent tués dans le combat.
D. Pourquoi fait-on amener le récipiendaire par 7 pas précipités en ligne droite ?
R. Pour nous apprendre que pour parvenir au haut et sublime grade de chevalier de l'Orient, il faut aussi passer par tous les autres grades et avoir satisfait à tout, attendu que c'est la fin de la Maçonnerie jusqu'à ce qu'on ait rebâti un troisième temple.
D. Continent s'appelle le premier surveillant ?
R. Satra-buzanez, il se nomme ainsi parce que dans les réceptions il représente le général de Cyrus qui portait le même.
D. Qu'avez-vous rencontré dans votre voyage ?
R. Plusieurs obstacles, qu'il m'a fallu surmonter, les armes à la main. Les ennemis du peuple hébreu, qui s'opposèrent à la construction du nouveau temple (qui sont l'emblème de nos passions, qui s'opposent quelquefois à notre bonheur).
D. Pourquoi les chevaliers de l'Orient portent-ils l'épée et le bouclier ?
R. Parce que Nehemias ordonna à tous les chevaliers maçons de se tenir surin défensive dans leurs travaux.
D. Pourquoi après le conseil tenu habille-t-on le récipiendaire de blanc ?
R. Pour marquer, qu'il est libre et digne d'être admis dans l'Ordre.
D. Pourquoi le nombre de 81 mille est-il sacré parmi les maçons ?
R. Parce que ce nombre exprime la triple essence de la Divinité, marquée par le triple triangle et le carré de 9.
D. Combien la langue hébraïque a-t-elle des mots pour signifier le nom de Dieu ?
R. Treize dont les lettres réunies font le nombre de 81.
D. Sont-ce là les seules lettres qui composent le nombre de 81 ?
R. Non, les mots français des attributs de la Divinité donnent le même nombre ; le nom des ouvriers réédificateurs, les noms de l'histoire des chevaliers de l'Orient, leurs mots et mots de passe, les mots des élus parfaits maîtres et sublime écossais etc. C'est ce qui rend le nombre de 81 si cher aux maçons parfaits. Voici ci-contre94 la preuve et le tableau de ce que je viens de citer : ____________ Fin du ____________ catéchisme [32v°] ____________
[32v°] Exemple des combinaisons des différents mots dont l'assemblage des lettres composent le nombre de 81.
Carré de neuf Mots des élus parfaits n° 1. n° 2. Berith…………..
27 27 Neder…………..
9 9 9 Shelemout……..
9 9 9 Schibboleth…… 11
9 9 9 14 Gabalon………..
27 27
7 Maabin………… ____________
6 Adonaÿ…………
6 et le grand nom
27. 27. 27 appelé J………..
27. 27. 27
9 Elehenam………
27. 27. 27
8 … 81 … 81 … 81 … Total…………….. 81 Total…………….. 81 Total…………….. 81 -mes. n°6. n° 5. Bilbe………….
5 Bible…………..
5 Macops……….
6 Compas………..
6 Erresque………
8 Esquerre [sic]…
8 Vineau………..
6 Niveau…………
6 15 Perpendiculaire.. 15 Buce…………..
4 Cube…………..
4 Tanlerig……….
8 Triangle……….
8 Querra…………
6 Quarré [sic]……
6 Nigée………….
5 Génie…………..
5 Exioncute……..
9 Exécution………
9 Saudistée……
9 Assiduité……….
9 Total…………….. 81 Total…………….. 81 Total…………….. 81 Total…………….. 81 Le nombre de 81 est le résultat de tous les calculs différents que renferme le tableau, tant en qualité de maçon parfait que comme chevalier d'Orient et c'est ce qui rend ce nom célèbre et passé dans l'ancienne et vraie Maçonnerie en mémoire des ouvriers emmenés en captivité à Babylone qui étaient au nombre de 81000 [33r°].
[33r°] Suite de la doctrine
D. Quels sont les devoirs des chevaliers de l'Orient ?
R. Aimer et adorer Dieu, avoir en honneur la médisance, secourir ses frères dans le besoin, les prévenir, faire accueil aux frères étrangers, visiter les malades, les consoler, aider à ensevelir les morts, prier pour ceux qui sont persécutés, aimer les hommes en général, fuir les vicieux, ne jamais fréquenter les lieux de la débauche ni les femmes de mauvaise vie, être requiers observateurs des lois de son prince et de l'état, suivre enfin en tous points les statuts de la Franc-Maçonnerie. Mots des ch. de l'Or. Noms de l'histoire n° 3. n° 4. 13 Cyrus………….
5 Raf-odom.….
7 Nehemias……..
8 13 Satrabuzanez…. 12 Ebron…………
5 Mithridate……. 10 Gabaon……….
6 Esdras…………
6 Libertas……….
8 Zorobabel……..
9 Tyr……………
3 Sedecias………
8 Liban…………
5 Judée………….
5 Jakin………….
5 Syrie…………..
5 Booz………….
4 Nabucodonosor.. 13 Sthar-buza-naÿ. 12 Noms hébreux de la Attributs de la Divinité. n° 7. Divinité. n° 8. Gomez………..
5 Beauté…………
6 Gouin…………
5 Sagesse………..
7 Adonaÿ……….
6 Toute-puissance. 15 Elchad………...
6 Immensité……..
9 Jia-ku[j]………
6 Eternité………..
8 Jadaÿ………….
5 Perfection……... 10 Jakinaÿ………..
8 Justice…………
7 Bemchorin……
9 Miséricorde…… 11 Jaïn……………
4 Création………..
8 Guiblim……….
7 Gabaon………..
6 Jehova………...
6 Elehenam……..
Clôture du conseil
Pour fermer le conseil le souverain se lève et après avoir salué tous les chevaliers, il dit : Princes, le conseil est fini. Il frappe ensuite sept coups de son épée et tous ensembles disent après : Gloire à Dieu, honneur au souverain et prospérité à l'Ordre et aux chevaliers.
Selon d'autres : Après que le souverain a frappé les sept coups de son épée, ils sont répétés par les officiers, qui font fonction de surveillant qui disent aux chevaliers : Princes le travail est fini. Fêtes d'obligation pour les chevaliers de l'Orient
Les très excellents frères chevaliers célébreront la fête de la réédification du temple du Dieu vivant les 22 mars et 22 7aux jours d'équinoxe ou renouvellement des grands et petits jours, en mémoire de ce que le temple a été bâti deux fois, et en mémoire aussi du départ de la captivité de Babylone à l'équinoxe de mars. Exercice et cérémonies de la table
Quand les chevaliers de l'Orient mangent ensemble, leur table doit être de forme ronde et éclairée de sept lumières dont trois seront placées vis-à-vis le souverain. Tous les chevaliers seront décorés de leurs cordons, sans tablier, en observant d'être aussi régulièrement à table qu'en loge. On ne se sert point de maillet pour frapper mais d'une petite épée.
Lorsque l'on porte une santé on ajoute aux cérémonies des maçons ordinaires l'exercice du canon fait deux fois en équerre dans la forme qui suit après avoir dit qu'on porte la santé. On ajoute avec tous les honneurs de la Chevalerie maçonne. Manière de boire
On prend le canon de la main droite tout sur le souverain. On lève le canon comme les maçons ordinaires. L'on boit, après avoir bu, on le porte sur l'épaule droite en raccourcissant le bras, on le baisse rapidement sur la table. On le pousse en avant, en glissant sur la table. On revient par le même chemin. On le relève et on le baisse une seconde fois comme la première, en refaisant l'équerre étant revenu à l'épaule droite. On le rebaisse rapidement sur la table ensemble et d'accord, en deux temps bien marqués, l'œil sur le souverain qui doit conduire l'exercice comme aux maçons ordinaires.
On ne frappe point pour applaudir mais tous ensemble disent en bruissant : Gloire à Dieu, honneur au souverain etc. On porte ensuite la main droite sur la partie du cœur et on salue. Observations nécessaires
Le premier ministre ne pourra se dispenser de faire comme orateur un discours sur l'emblème de l'Ordre et les cérémonies qui s'y observent aux deux fêtes de mars et de septembre aux équinoxes.
Toutes les propositions doivent être faites par le premier ministre au conseil assemblé et si quelque chevalier a quelque affaire à proposer, il en fera part au ministre qui examinera le cas ou telle affaire que ce puisse être pour voir par lui-même si elle est proposable ou non.
On a dit ci dessus que le nombre des vrais initiés était très petit, on doit ajouter qu'il doit l'être et que ce grade ne doit être confié qu'à très peu de frères. Les prérogatives de ceux, qui
en sont pourvus consistent : 1° à être vénérables-nés de toutes les loges ; 2° à interdire celles qui ne sont pas régulières ; 3° ils ont droit de tenir loge dans les endroits où ils se trouvent pour peu toutefois, qu'il n'y en ait pas de légitimement fondées ; 4° ils ont droit d'en former et fonder dans les villes, où il n'y en a point, où ils jugent qu'il serait nécessaire d'en établir même dans les endroits où il n'y en aurait déjà une quoique régulière et, supposé que dans quelques loges quoique légitimement constituées, on voulut s'écarter des règles et des statuts de la Maçonnerie, en ce cas tout chevalier de l'Orient est en droit de les interdire et d'en fonder une autre, mais il en doit donner avis à la grande loge et à toutes celles de sa connaissance afin que toute correspondance leur soit interdite.
Tous les chevaliers de l'Orient comme vénérables-nés de toutes les loges auront le mot de passe de leur Ordre, qui est Stokin. Tout de même que tous les grands élus parfaits maîtres et sublime écossais en qualité de grands surveillants-nés ont celui de l'Ordre qui est Tito.
Le souverain a plein pouvoir d'amender un chevalier qui tombe en faute et il doit subir la peine avec douceur sous peine d'être puni très rigoureusement.
L'Ordre des chevaliers de l'Orient doit avoir des archives dans lesquelles doit être tout ce qui peut s'écrire sans risque d'être vu ni lu par des profanes. Si par malheur on venait à être surpris pour cet effet, il y a un officier à titre de secrétaire ou archiviste qui en aura faire et en sera chargé.
Chaque chevalier doit avoir une copie des devoirs et règlements, signés du souverain, du ministre et du grand Trésorier, à moins qu'elle ne soit du mandement du conseil, par le grand secrétaire garde sceaux [33v°].
[33v°] Règlements et statuts des chevaliers de l'Orient, ou de l'épée Article premier
Art. 1. La grande loge des chevaliers de l'Orient sera composée d'un souverain (Cyrus, Artaxerces, Longue-main100 ou Darius fils d'Histasper), d'un grand garde des sceaux (Nehemias) d'un Général pour premier surveillant (Satrabuzanez ou Nabuzardan) d'un grand Trésorier second surveillant (Mithridate), d'un ministre orateur (Esdras), qui est grand secrétaire.
Art. 2. Les chevaliers de l'Orient, étant princes de la Maçonnerie pour en perpétuer la souveraineté et y faire régner l'harmonie, ils seront tous égaux, c'est pourquoi la place éminente du souverain sera occupée tour à tour par tous les chevaliers d'année en année alternativement.
Art. 3. Il n'en sera pas de même du grand garde des sceaux. Il doit être perpétuel, attendu, qu'il est le seul archiviste des lois anciennes et règlements de la Chevalerie, dépositaire des sceaux, chargé de la correspondance générale de toutes les loges de ce grade. Il fait à toutes les communications toutes les fois, qu'il en sera requis. Cette place sera donnée par élection aux chevaliers domiciliés dans la ville et venant à marquer on y nommera par élection à la pluralité des voix par le scrutin. Le grand garde de sceaux sera placé à la droite du souverain même, avant les ministres.
Art. 4. La place de Général sera alternativement remplie par tous les frères, ainsi qu'il est porté par l'article deuxième ; ce Général en sa qualité de premier surveillant veillera en loge à l'observation des règles et du bon ordre.
Art. 5. Le grand Trésorier y veillera également et sera placé à la gauche du Général au bas de la loge comme 2 surveillant ; il sera dépositaire de tous les fonds et ornements de la
loge. Il rendra compte trois fois l'année en loge assemblée ; il sera toujours procédé à son élection par scrutin à la pluralité des voix. Il pourra être prolongé suivant l'exigence des cas.
Art. 6. La place du premier ministre ou grand orateur sera également remplie par les chevaliers, chacun à leur tour, comme il est porté par les arti[cles] 2 et 4. Cet officier sera placé à la gauche du souverain même avant leurs visiteurs ; comme le talent de la parole est un dû de la nature, les chevaliers pourront refuser cette place lorsqu'ils ne croient pas posséder assez de talent pour le remplir et seront à l'abri de tout reproche.
Art. 7. De même que les grands écossais sont surveillants-nés de toutes les loges de l'univers du monde, tous les chevaliers de l'Orient en sont princes et souverains-nés.
Art. 8. La grande loge des chevaliers de l'Orient connaîtra de tous les différends qui naîtront parmi les maîtres écossais, ainsi qu'il est porté par l'ar[ticle] 9 dans les règlements des grands écossais.
Art. 9. Un chevalier de l'Orient a droit, partout où il voyage, lorsqu'il rencontre un apprentif, compagnon et maître, pourvu qu'il n'y ait point de loge établie des six derniers grades dans le lieu où il se trouve, de lui conférer la lumière de ces derniers en différents temps, bien entendu, qu'il en jugera le [frère] digne et capable. Quoique tous les chevaliers aient pouvoir-né de constituer d'autres loges, ils ne le feront cependant que dans du temps extraordinaire et qu'en faveur des frères qui ne résideraient pas dans une ville où il y aurait des chevaliers de l'Orient, attendu qu'il ne convient pas, que ce grade soit trop multiplié.
Art. 10. Si un chevalier a commis quelque faute grave ou légère, on ne pourra lui infliger des peines qu'après avoir entendu l'accusé et en avoir délibéré en loge assemblée régulièrement. Et cette loge ne pourra être régulière, si tous les frères n'ont pas été expressément convoqués et que le plus grand nombre n'y soit présent. Les fautes et punitions des chevaliers seront cachées aux frères des grades inférieurs sous les plus grandes peines contre les contrevenants. Les loges ordinaires pour délibérer sur le bien et autres affaires de la loge seront de 7 chevaliers.
Art. 11. Lorsqu'il sera question de faire passer un grand écossais à cet éminent grade, il sera proposé un mois d'avance afin de savoir, s'il est acquitté de la surveillance avec zèle et exactitude.
Art. 12. Tout chevalier de l'Orient a droit de commettre tel qu'il voudra pour veiller à la conduite du frère qui aspire à ce grade.
Art. 13. Nul écossais ne pourra parvenir au grade de chevalier de l'Orient qu'au préalable il n'ait au moins été employé pendant l'espace de 7 mois à éclairer et instruire quelques frères. Ce temps pourra cependant être diminué selon les circonstances.
Art. 14. Quoiqu'il soit parlé par les arti[cles] 2, 4 et 6 des présents règlements que les chevaliers de l'Orient ne pourront exercer leurs charges que pendant une année, si aucun chevalier ne se trouvait pour lors en état d'occuper les places vacantes le jour de la fête annuelle le 22 mars, celui qui doit en sortir sera tenu pour obligé de continuer une seconde année pour le bien de l'Ordre.
Art. l5ème. Tous les chevaliers de l'Orient sont exhortés de se mettre chacun d'être en état de remplir les places nécessaires ; c'est pour cette raison, jointe au principe d'égalité et de la bonne harmonie qui doit toujours régner entre eux, que les dignités doivent être possédées par chaque frère chacun à leur rang. En conséquence la grande loge des chevaliers de l'Orient s'assemblera au moins une fois par mois pour s'exercer alternativement dans tous les grades, parce qu'il serait humiliant aux chevaliers parvenus à la sublimité et aux plus hauts grades de l'Ordre de n'être point en état de répondre aux maçons des grades inférieurs.
Art. 16 et dernier. Chaque chevalier de l'Orient aura une copie des présentes collationnée et certifiée notable par le grand garde des sceaux, ensemble une autre copie des règlements écossais et une autre des grades inférieurs de la grande loge, afin d'être en état de
maintenir le bon ordre et la discipline partout et dans toutes les loges régulières, qu'ils visiteront. Renvoyé à la page 8. / Fin du grade des chevaliers de l'Orient ____________________________________________________
Apparat critique de la transcription Aeditimus
75. Grands élus parfaits maîtres et sublimes écossais.
80. Rajout dans l’interligne supérieur : ou excellents.
81. Ce terme corrige dans l’interligne supérieur un autre, écrit primitivement puis barré : famille.
82. Ajout dans l’interligne supérieur.
83. Ajout dans l’interligne supérieur.
85. Dans l’interligne supérieur, on lit : 2ème.
87. Ces noms sont en réalité des anagrammes : cf. tableau en page 32v° du manuscrit.
94. En fait, au verso du présent folio : page 32v° (cf. page suivante).
100. Ce nom est la forme française de Longimanus, qui apparaît au point 1° de la page 28v° du manuscrit.
16e degré · Prince de Jérusalem
Cahier « Le grade de prince de Jérusalem » (p. 155-161 de la transcription).
[47r°]
L'Ordre des princes de Jérusalem, après la reconstruction du temple dont Zorobabel eut la conduite sous Cyrus, ce sont de grands élus parfaits maçons sublimes écossais créés chevalier de l'Orient à la sortie de la captivité de Babylone, après la rencontre sur le fleuve Euphrate, ou Starbuzanaï, et la victoire signalée qu'ils remportèrent. Ce sont, dis-je, ces dévoués chevaliers qui furent occupés à défendre les ouvriers constructeurs contre les Samaritains qui étaient continuellement à les combattre.
Pour encourager encore davantage les ouvriers, on les vit mettant la main à l'œuvre, se servant de la truelle d'une main et de l'autre à une épée défensive aux assauts continuels qu'ils furent obligés d'essuyer.
Zorobabel pour récompenser le courage intrépide, la fermeté et la constance de ceux qui s'étaient le plus distingués dans ces différents combats, les chargea d'une glorieuse mission en les chargeant d'une ambassade auprès du roi Darius à Babylone qui, informé du motif de cette ambassade et touché des plaintes qui lui furent portées par les grands élus parfaits maçons et sublimes écossais contre les Samaritains, prit des justes décrets pour les empêcher par la suite de s'opposer plus longtemps à ses desseins, accorda aux ambassadeurs ce qu'ils demandaient et les chargea de ses ordres pour la nation de laquelle ils se plaignaient.
Le peuple de Jérusalem fut si charmé de la bonne suite de cette ambassade, que pour en témoigner sa reconnaissance à Zorobabel et à ceux qui l'avaient accompagné, il alla en devant d'eux, les reçut avec acclamation, leur rendit les honneurs les plus distingués, les honora du nom de princes de Jérusalem, les priant en cette qualité de les gouverner par la suite et les protéger, leur promettant autant de soumission que de fidélité et d'obéissance. Ce fut Zorobabel lui-même qui fut chargé d'y aller et se fit accompagner de quatre autres.
C'est de cette époque que les chevaliers princes sont reçus dans les loges symboliques avec les hommes distingués, eux qui furent rendus de braves chevaliers princes, auxquels nous devons tant comme on le narra dans la suite. Forme du grand conseil
Le lieu où se tient le conseil doit être séparé en deux parties. Dans celle du fond, qui est l'Orient du grand conseil, est le roi Darius, qui réside sous un dais jaune avec une table devant lui, une épée nue, un bouclier, un chandelier à cinq branches, une balance et une main de justice. Cette salle nous représente la ville de Babylone et doit être tendue de rouge. Celle qui est à l'Orient représente la ville de Jérusalem où est pareillement un trône pour le prince Zorobabel, qui y préside. La séparation des deux salles est la figure du chemin qu'il fallut faire d'une ville à l'autre. La salle où préside Zorobabel doit être tendue de jaune aurore et au retour des ambassadeurs doit être éclairée par des lumières mises en pelotons qui doivent représenter les feux de joie que fit le peuple de Jérusalem au retour des ambassadeurs. Formule de réception
Le prince Zorobabel, dans le second appartement, ouvre le conseil des chevaliers de l'Orient à la manière accoutumée. Ce conseil étant ouvert, on se plaint des difficultés continuelles que l'on essuie de la part des Samaritains dans la réédification du temple. On propose de les combattre, et Zorobabel, louant le courage, la constance et la fermeté des
ambassade au roi Darius pour se plaindre des Samaritains et lui demander sa protection contre eux… Nota. On observe de n'appeler à ce conseil du chevalier de l'Orient que cinq chevaliers au plus, qui ne soient pas prince de Jérusalem, et ce sont ordinairement ces cinq-là que l'on députe vers Darius. Dans l'autre appartement où il n'est accompagné que de ses gardes, qui sont deux chevaliers princes armés de boucliers et de cuirasses, pour tenir compagnie à l'illustre chevalier qui représente Darius. S'il n'y avait pas cinq récipiendaires, Zorobabel compléterait le nombre des ambassadeurs par d'autres chevaliers princes.
Le plus ancien chevalier récipiendaire est celui qui portera la parole à Darius. Il doit marcher à la tête des quatre autres qui, comme lui, doivent être armés d'épée, bouclier et cuirasse, marchant comme s'ils avaient toujours quelqu'un à combattre. Nota. Il y a des manuscrits où il est dit que le récipiendaire doit avoir les yeux bandés, cela est contradictoire avec le caractère des combattants que ces chevaliers portent avec eux et la manière affable dont Darius les reçoit.
Ces cinq chevaliers introduits par les deux gardes auprès du roi Darius, celui qui est à la tête lui expose le sujet de l'ambassade et lui demande justice contre les Samaritains. Darius alors écrit une lettre, qu'il remet aux ambassadeurs, par laquelle il ordonne à son peuple de se soumettre. Copie de la lettre de Darius au gouverneur de Samarie
Nous, Darius, souverain roi des rois, souverain des souverains, seigneur des seigneurs, voulant favoriser de notre gratitude et bonté nos chers peuples de Jérusalem à l'exemple de notre très illustre et très excellent prédécesseur le roi Cyrus, après avoir ouï les plaintes de leurs ambassadeurs contre le peuple de Samarie qui refuse de contribuer à la réédification du temple à Jérusalem pour y faire les sacrifices et fournir aux autres besoins que l'ouvrage, nous redisons par ces présentes qu'ils aient à se soumettre sous peine d'en choisir notre haine et juste vengeance. Donné dans notre cour le quatrième du deuxième mois de l'année 3534 sous le sceau du
[fidèle] Daniel et de notre règne 3 courant de l'année ci-dessus. Signé : Darius roi.
Ces patentes expédiées, le récipiendaire prend congé du roi en faisant une inclination de tête et en lui baisant la main puis s'en retourne par la même route d'où il est venu, marchant d'une manière toujours disposée à combattre. Arrivé à la porte de l'appartement où se tient Zorobabel, ils sont reçus avec acclamation et conduits sous la voûte d'acier jusqu'au pied du prince, qui leur fait conseil prenant la lettre que lui adresse Darius.
Lorsqu'il en a fait lecture, ceux qui composent le conseil et qui n'étaient point de l'ambassade, les proclament princes de Jérusalem leur confiant toute l'autorité et, pour marque de leur allégresse, allument des feux de joie, qui sont figurés, comme nous l'avons dit plus haut, par des bougies en pelotons. Lorsqu'elles sont allumées Zorobabel reçoit le serment des ambassadeurs en leur disant prêter l'obligation des princes de Jérusalem, après laquelle ils sortent de la chambre et vont dans l'autre où Zorobabel ouvre le conseil des princes de la manière qui suit.
Nota. Lorsqu'il y a réception on commence par ouvrir le conseil des chevaliers d'Orient pour recevoir le récipiendaire. Au point où nous sommes et si c'est seulement un conseil de délibération entre les princes de Jérusalem, il s'ouvre de la manière suivante.
Ouverture du conseil des princes
Le très valeureux et très illustre : Frères grands surveillants, pourquoi ce lieu est il en deux parties, l'une jaune aurore et l'autre rouge ? La partie d'Orient représente Jérusalem et est tendue de jaune aurore figure de l'aurore céleste, qui régnait sur le lieu saint, où le temple premier du Seigneur a été construit. La partie orientale tendue de rouge représente la ville de Babylone et la couleur rouge est le symbole du sang, qui fut répandu dans les différents combats qui furent livrés aux chevaliers princes maçon dans la voûte.
D. Qui préside à nos conseils.
R. Zorobabel, sous le titre de très équitable.
D. Quels sont les grands surveillants ?
R. Deux autres princes, sous le titre de très éclairés.
Puisque c'est ainsi, très excellents princes et frères, le valeureux et très excellent se lève et nous éclaire dans ce grand conseil notre état nous appelle ici. Avertissez les très excellents, très illustres et très valeureux princes ici présents, que je vais ouvrir le grand conseil.
Très excellents, très illustres et très valeureux princes, le souverain des souverains et le seigneur des seigneurs nous avertit qu'il va ouvrir le grand conseil Soyez attentifs à ce qu'il va proposer. –
[47v°] D. Très excellent, très illustres et très valeureux princes, le grand conseil est ouvert. Zorobabel frappe ensuite cinq coups, le premier détaché et les quatre autres précipités, ce qui est répété et annoncé de la même manière par les grand surveillants.
Alors on fait entrer les récipiendaires et tous les frères présents viennent les recevoir à la porte, les complimenter et les conduire à Zorobabel, qui les honore du grand discours en leur faisant l'histoire et leur donnant les signes, mots et attouchement de l'Ordre, ce qui doit faire ressouvenir, que tout le peuple vint au devant de l'ambassade et proclama princes de la ville les ambassadeurs qui portaient de nouvelle aussi favorables. Signes, mots et attouchements
Le signe de valeureux prince de Jérusalem se fait en signe de combattant, pliant la main gauche sur le côté gauche. Il y a un autre signe qui est celui d'ordonnance qui se fait en tenant le bras en hauteur d'épaule comme pour commander.
L'attouchement se donne en se frappant avec le pouce droit sur la jointure du petit doigt cinq coups dont le premier détaché et les quatre derniers précipités et cela par deux. Pendant ce temps-là on place les deux pieds droits, pointe à part, ce qui figure la planche à tracer. On approche ensemble le genou contre à contre, ce qui forme une équilatérale. On se met la main gauche sur l'épaule [du partenaire] en ouvrant les doigts pour marquer le nombre de l'ambassade, qui doit toujours être de cinq. L'un dit : Vingt et l'autre : 23 vingt et trois, ce qui signifie le mot. La main et les mots sont connus des princes maçons de l'épée. En prononçant ces mots, on doit approcher le talon gauche du côté de talon droit, ce qui forme l'équerre. Après, vous vous quittez les mains et portez la pointe du pied au talon gauche et faites le salut en restant en bataille.
Le premier mot de passe est Thebet, mot hébreu, qui signifie le 20 du 9 mois où ils firent leur entrée à Jérusalem.
La parole est Adar, mot hébreu, qui signifie le 23 jour du 11 mois où l'on rendit grâce au Seigneur de la reconstruction du temple. Après avoir appris aux récipiendaires les signes,
mots et attouchements, on délibère les différents points, qui peuvent être proposés, puis, avant de fermer le conseil, on fait les questions suivantes :
Doctrine
D. Très excellent et très illustre prince éclairé, êtes-vous prince de Jérusalem ?
R. Le chemin de Babylone m'est connu.
D. Qu'étiez-vous avant d'avoir fait ce chemin ?
R. Très illustre et très valeureux prince, j'étais chevalier d'Orient et j'avais mérité de l'être durant la captivité, mes ancêtres ayant conservé pendant 70 ans auparavant le précieux dépôt des grands élus parfaits maçons sublimes écossais sous les ruines du temple détruit par Nabuzardan, général qui commandait les troupes de Nabucodonozor, roi d'Assyrie.
D. Comment êtes-vous parvenu à la dignité de prince ?
R. Par le zèle et l'ardeur, que j'ai fait paraître en différentes occasions.
D. Pourquoi très illustre ?
R. Parce que les Samaritains refusant de payer le tribut pour les sacrifices du temple, il fut envoyé une ambassade par le peuple vers le roi Darius, pour lui emporter les plaintes.
D. De combien fut cette ambassade ?
R. De cinq.
D. N'eurent-ils par des ennemis à combattre sur leur route ?
R. Ils eurent à combattre le peuple de qui ils se plaignaient et vainquirent tous les obstacles qui se présentaient à leur passage.
D. Qu'obtinrent-ils de Darius à leur arrivée à Babylone ?
R. Des ordres au peuple de Samarie de se soumettre comme ils l'avaient prié.
D. Comment furent-ils reçus à leur retour a Jérusalem ?
R. Avec pompe et une magnificence royale ; le peuple alla au-devant dehors de la ville avec des cris d'allégresse et les accompagnèrent dans l'intérieur de Jérusalem, dont ils les proclamèrent princes en faveur de lui.
D. Ou s'assemblèrent-ils pour rendre la justice au peuple ?
R. Dans deux des appartements du temple.
D. Comment étaient ils habillés ?
R. D'or.
D. Pourquoi ?
R. C'est que pour décorer des personnes aussi respectables, on avait choisi les étoffes les plus rares et les plus précieuses.
D. En portaient ils rien de plus remarquable ?
R. Ils portèrent un grand cordon aurore de droit à gauche en bout duquel pendait une médaille sur laquelle était gravé : d'un côté une main tenant une balance égale et de l'autre une épée a deux tranchants.
D. Pourquoi portaient-ils cet attribut ?
R. Pour marquer qu'ayant par leur zèle, leur courage et leur grande connaissance obtenu le titre de gouverneurs et princes de Jérusalem, ils doivent toujours les gouverner avec équité.
D. Que représente le tableau des princes de Jérusalem ?
R. Le temple de Salomon rebâti dans un carré long, un compas, une épée, un équilatéral, une main de justice et une truelle.
D. Que signifient toutes ces choses ?
R. Le temple de Salomon rebâti rappelle le zèle des chevaliers princes, lors de sa reconstruction, l'équerre et le compas sont les outils qu'on y a employés, l'épée et le bouclier
furent employés à défendre les ouvriers qui y travaillèrent, l'équilatéral sur un quart de cercle désigne leur qualité antérieure de grand élu parfait maître et sublime écossais, sortis de captivité sous Cyrus et reçus ensuite chevalier d'Orient pour être employés à la réédification du temple, la main de justice, la balance, et l'épée à deux tranchants désignent les pouvoirs que les princes de Jérusalem ont dans toutes les loges en cette qualité.
D. Pourquoi les princes consacrent-ils leur tablier dans leurs conseils ?
R. Parce qu'ils se souviennent qu'ils ont commencé par le grade d'apprentif avant de parvenir aux sublimes connaissances qu'ils possèdent.
D. Comment doit être éclairé la partie occidentale du premier conseil ?
R. Par 125 lumières dispersées de cinq en cinq.
D. Pourquoi ce nombre ?
R. Pour marquer que l'ambassade était de cinq députés.
D. Comment doit être éclairé l'autre partie du grand conseil de princes de Jérusalem ?
R. De plusieurs lumières placées indifféremment
D. Comment peut-on être introduit dans un conseil de princes de Jérusalem ?
R. Par vingt et cinq coups frappés de 5 et 5.
D. Quelle est la marche des princes ?
R. Un pas très grave en équerre fermée par la pointe du pied et non du talon comme à l'Orient
D. De quelle couleur sont les tabliers ?
R. D'un fond rouge, doublé et bordé de jaune, parce que dans tous les combats qu'ils ont essuyé, les tabliers ont été teints du sang qu'ils ont répandu.
D. Comment doit-on être dans un grand conseil ?
R. Assis d'un air grave, la main gauche appuyée sur le côté gauche en équerre contre un dais aurore, une Bible devant soi, une épée nue, un bouclier, un chandelier à cinq branches et une lanterne.
D. De quelle façon les princes se saluent-ils dans un grand conseil ?
R. Par une inclination de tête.
D. Comment les princes sont-ils rangés dans un grand conseil ?
R. Comme dans les autres loges, mais chaque prince a devant, comme le chef du conseil une table sur laquelle sont les différents attributs de l'Ordre et un chandelier à cinq branches.
Pour fermer le conseil
D. Très excellent valeureux prince éclairé, quelle heure est-il ?
R. Très excellent très illustre et très valeureux prince, le Soleil a parcouru la moitié de course et la justice est rendue au peuple.
D. Très excellents, très illustres et très valeureux princes, le conseil est fermé. Puis il frappe sur la table cinq coups avec les mains, le premier détaché et les quatre autres précipités. Les valeureux princes répètent et épellent le même nombre et se saluent par une inclination de tête sans ôter leur chapeau on se retire.
[Signature]
[48r°] Privilèges maçonniques des princes de Jérusalem
Ils sont les chefs de la Maçonnerie et ne doivent des honneurs qu'aux chevaliers du Soleil, aux grands inspecteurs K[ados] et aux chevaliers sublimes du royal secret.
Ils ont droit de casser et révoquer en loge symbolique tout ce qui s'y fait lorsqu'ils ne le trouvent pas conforme à l'esprit et aux règles de l'Ordre pourvu toutefois qu'il ne se trouve présent quelque chevalier de grade supérieur [ ?] chevalier sublime qui sont les chefs de tous les Ordres maçonniques quoique cependant ils n'ont que trois voix délibératives en conseil souverain.
Lorsqu'un prince [ ?] et qu'il y a quelque frère qui le reconnaisse et l'atteste en cette qualité, [la] loge lui députera aussitôt un frère décoré du même grade pour savoir s'il désire faire son entrée avec les honneurs qui lui sont dus. Il doit répondre qu'il est obligé d'accepter l'offre et qu'il ne peut s'en dispenser.
Pour lors le député prince avertit à la porte de la loge que le valeureux prince untel demande à faire son entrée avec tous les honneurs qui lui sont dus.
Dans ce cas le vénérable de la loge viendra lui-même le recevoir à la porte de la loge, l'épée à la main, ainsi que tous les frères qui suivront le vénérable [ ?] formant deux colonnes les surveillants toujours à leur [ ?] le prince avancera au siège accompagné du vénérable, les frères formeront un berceau avec leurs épée [ ?] le voudront à leur place jusqu'au bout et resteront sur cette attitude jusqu'à ce que le grand orateur ait fini son compliment au valeureux prince visiteur ; si le nombre des frères est suffisant on formera le berceau en deux pour [ ?] jar. et bab. Si le vénérable qui siège était de même grade que le frère prince visiteur, dans ce cas il ne sortira pas de sa place pour l'introduire mais il députera un frère en charge pour l'accompagner et les autres resteront et formeront le berceau où le prince visiteur passera après avoir reçu le compliment du vénérable et de l'orateur, et si le vénérable maître n'est pas au même grade il lui présentera le marteau et le prince visiteur l'acceptera ou le refusera comme il le jugera à propos.
Si le valeureux prince veut se retirer, le vénérable maître s'il n'est pas prince l'accompagne de même qu'il est entré.
Lorsque les princes se trouveront dans les loges symboliques on les qualifiera du titre de très valeureux et très illustres princes. Ils peuvent se faire rendre un compte exact de tout ce qui s'y passe et sont obligés même de voix de leurs [ ?] si elles sont ratifiées par les grandes et souveraines loges et [s'ils] ont été [ ?] à se soumettre aux statuts et règlements qui leurs sont prescrits envers elles et sur toutes choses, d'avoir en loge la liste ou catalogue des frères qui composent la loge y mentionnant chaque année tous les nouveaux venus.
Les très valeureux et très illustres princes de Jérusalem ont le droit d'être assis pendant toutes les opérations de la loge ; [ils ont] le chapeau sur la tête s'ils le jugent à propos ; ils entrent en loge le chapeau sur la tête, l'épée mue de la main [de la] droite et de la gauche, tenant un bouclier cuirassé et une marche de combattant. Cinq valeureux princes forment grand conseil et jugent en dernier ressort et lorsqu'ils ont prononcé il n'y a plus [à] revenir. Ils y sont autorisés par les pouvoirs que donna anciennement à leurs [ ?] le peuple de Jérusalem.
Le droit leur a été accordé par les sublimes connaissances qu'ils ont acquises dans l'art royal.
Ce sont là les privilèges, honneurs et prérogatives des princes de Jérusalem ; ils ne peuvent être jugés dans aucune loge, chapitre, conseil excepté des grades supérieurs, du Soleil ou chaos débrouillé, grand inspecteur K[ados] ou chevalier sublime du royal secret [ ?] ont partout ailleurs que le droit de [ ?] à leur souverain conseil.
Ils sont honorés de ces titres glorieux parce qu'ils représentent ces illustres maçons qui par leur mérite parvinrent [ ?] le peuple de Jérusalem avec le grand Zorobabel prince hébreu de la race de David.
[Signature]
17e degré · Chevalier d'Orient et d'Occident
Cahier « Le grade des chevaliers d'Orient et d'Occident, princes de Jérusalem » (p. 111-118 de la transcription).
[34r°]
Lorsque les chevaliers princes se croisèrent pour conquérir la terre sainte, ils prirent pour marque une croix et firent serment de répandre jusqu'à la dernière goutte de leur sang pour rétablir dans Jérusalem le culte du Très-Haut. Mais la paix étant faite et ne pouvant accomplir leurs vœux, ils retournèrent dans leur pays et résolurent d'exécuter par théorie ce qu'ils avaient juré de pratiquer et de n'admettre à leurs cérémonies, que ceux, qui auraient fait preuve d'amitié, de zèle et de discrétion.
Ils s'ouvrirent ensuite aux Maltais quant à la relation que leur Ordre avait avec la Maçonnerie, prirent le nom de chevaliers d'Orient et d'Occident, princes de Jérusalem, pour faire connaître les parties du monde où cet Ordre avait commencé et ne changèrent rien des usages ou cérémonies ordinaires. Lors de leur réception en 1118 les premiers chevaliers maçons au nombre de 11 firent leurs vœux entre les mains de Garinous patriarche et prince de Jérusalem, autrement Garimond.
Cérémonial des réceptions
1°. Le grand conseil des princes doit être tendu de rouge parsemé d'étoiles d'or.
2°. Au fond du grand conseil doit être un trône élevé de 7 degrés soutenu par quatre animaux, lions ou aigles etc102. Entre ces quatre animaux est un autre animal de figure humaine ayant six ailes.
3°. Aux côtés du trône à droite et à gauche sont le Soleil et la Lune, éclairés par un transparent qui donne de la lumière comme d'un arc-en-ciel et vis-à-vis, par terre, est un grand bassin plein d'eau de parfum.
4°. Aux deux côtés du conseil sont 22 autres, petits trônes élevés seulement de 3 marches, pour les vénérables vieillards, et au bas vis-à-vis le grand trône, deux trônes pour les deux officiers faisant fonction de surveillants.
5°. Le grand conseil doit être composé de 24, savoir : le vénérable, qui pour lors est appelé tout-puissant, les deux grands Officiers, faisant fonction de surveillants et 21 frères, qui sont appelés respectables vieillards. S'il s'en trouve une plus grande quantité, ils s'appelleront respectables chevaliers et se placeront derrière les petits trônes à droite et à gauche indifféremment des 22 petits trônes ; le premier à la droite du tout-puissant doit être vaquant et est réservé pour le récipiendaire.
6°. Tous les frères sont assis, vêtus d'une robe blanche avec une ceinture couleur d'or et un large ruban. Ils ont une barbe blanche postiche et une couronne d'or sur la tête, ainsi que le tout-puissant. Les chevaliers sont en habit décent et portent le grand cordon couleur d'or de l'épaule droite à la hanche gauche, l'attribut suspendu au bas, cuirassés, tenant le bouclier, la croix de l'Ordre pendant au col avec un large ruban noir de commandeur.
7°. Le tout-puissant tient en sa main un grand livre ou pendent les sept sceaux.
8°. Le tableau est un heptagone régulier dans un cercle. A chaque angle est écrite une de sept lettres103 B. D. S. H. P. F. G. et à côté un chandelier avec une ou trois lumières. Au milieu du tableau paraît un homme vêtu de blanc avec une ceinture d'or, tenant de la main
gauche sept étoiles, avec une barbe blanche fort longue, la tête environnée de rayons, portant à la bouche une épée à deux tranchants.
Ouverture du grand conseil
D. Vénérables frères chevaliers princes, quel est notre devoir ?
R. De connaître si nous sommes en sûreté s'il n'y a rien à craindre.
D. Faites votre ronde vénérables frères.
R. (Après la visite) Tout-puissant, nous sommes en sûreté.
D. Vénérables frères et chevaliers princes, le conseil d'Orient et d'Occident des chevaliers princes est ouvert. Soyez attentifs. II frappe sept coups égaux.
R. Tout-puissant nous sommes attentifs à ce que votre excellence ordonnera. Introduction du récipiendaire
Le récipiendaire est introduit à la manière accoutumée par sept coups égaux. La porte étant ouverte, le second surveillant, sans se faire voir, dit : Montez ici, je vous ferai voir des choses surprenantes.
Le frère maître de cérémonies pousse le récipiendaire dans la salle le plus brusquement qu'il est possible et, après les demandes ordinaires, on le fait voyager par sept pas en équerre sur chaque angle de l'heptagone, en commençant du côté du premier surveillant. On le fait ensuite avancer par sept pas suivis jusqu'au bord du bassin où il prête son obligation, la main droite étendue vis-à-vis du tout-puissant
Après que le récipiendaire a prêté son obligation, le maître de cérémonies le reconduit au pied du tableau, et le premier surveillant lui dit d'examiner avec une scrupuleuse attention les chères merveilles et que le tout-puissant va opérer [34v°]. –
[34v°] Le premier surveillant dit alors : Quel est le mortel digne d'ouvrir le livre et de lever ses sceaux ?
Tous les frères baissent les yeux et paraissent sangloter. Le premier surveillant lui dit : Respectables vénérables et respectables chevaliers, ne pleurez et ne sanglotez point, voici une victime (en montrant le récipiendaire) et son vainqueur vous en contentera.
D. II demande ensuite au récipiendaire s'il sait pourquoi ces vieillards ont des barbes blanches.
R. Oui, vous le savez.
D. Le premier surveillant lui dit : Ce sont ceux, qui étant venus ici, après avoir passé par des grandes afflictions, ont lavé et blanchi leur robe dans le sang qu'on leur a tiré. Voulez-vous une pareille robe à ce prix ?
R. Oui, je le veux.
Les surveillants conduisent le récipiendaire à la cuve ou bassin, on lui découvre les deux bras jusqu'aux coudes. On les lui fait mettre dans l'eau, on lui met des ligatures et, les deux surveillants ayant chacun une lancette creuse à ressort dans laquelle il y a du vin rouge, on lui en donne un coup sur la veine. Le vin sort et coule à l'instant. On le recueille avec attention et on le fait voir à toute l'assemblée, en disant : Il n'a pas craint de répandre son sang pour voir des choses merveilleuses. On lui défait les ligatures et on le laisse les bras nus et dans la même disposition.
Après cette cérémonie l'orateur lui fait un discours sur l'essence de l'Ordre et lui en apprend l'origine.
Le tout-puissant ouvre ensuite le 1des sept sceaux du Livre et en tire un arc, des flèches et une couronne qu'il remet à un des surveillants en disant : Partez et continuez vos conquêtes.
Le tout-puissant ouvre le 2 sceau, en tire une épée qu'il remet à un autre vieillard, en lui disant : Enlevez la paix d'entre les profanes et les faire frères et faites qu'ils ne trouvent d'asile. que dans nos loges.
Le tout-puissant ouvre le 3 sceau, en tire une balance qu'il remet à un vieillard et lui dit : Faites que les profanes et les faux frères ne trouvent la justice que dans nos loges.
Le tout-puissant ouvre le 4 sceau, en tire une tête de mort qu'il remet à un vieillard en lui disant : Jusque quand différerons-nous à nous venger des profanes et des faux frères, qui ont tué plusieurs de nos frères par calomnie ?
Le tout-puissant ouvre le 5 sceau, en tire un linge plein de sang qu'il remet à un vieillard en lui disant : Faites que les profanes et les faux frères ne trouvent la vie que dans nos loges.
Le tout-puissant ouvre le 6 sceau et à l'instant le Soleil s'obscurcit et paraît noir et la Lune teinte de sang.
Le tout-puissant ouvre le 7 sceau et en tire de l'encens qu'il remet à un vieillard qui porte un vase plein et sept trompettes qu'il remet à 7 autres vieillards.
Après cette cérémonie les quatre vieillards, qui sont aux quatre coins du conseil font paraître quatre vessies qui représentent les quatre principaux vents renfermés.
Le tout-puissant dit : Ne frappez ni les profanes ni les faux frères jusqu'à ce que j'aie marqué les vrais et forts maçons. Alors les quatre vieillards cachent leurs vessies et un d'entre eux sonne de la trompette et alors les deux surveillants viennent prendre le récipiendaire, lui couvrent les deux bras et le dépouillent de son tablier et de son attribut
Un second vieillard sonne de la trompette et les deux surveillants passent la robe blanche au récipiendaire avec le tablier et les attributs de l'Ordre.
Un troisième vieillard sonne de la trompette et les deux surveillants lui mettent la barbe.
Un quatrième sonne de la trompette et les deux surveillants lui mettent la couronne d'or.
Un cinquième sonne de la trompette et les deux surveillants lui mettent la ceinture d'or.
Un sixième sonne de la trompette et le premier surveillant lui donne le signe, la parole et l'attribut.
Le signe est de regarder derrière soi et on y répond en regardant du côté opposé.
La parole est, l'un dit : Abaddon, l'autre répond : Jubelum qui signifie l'Ange de l'abîme.
L'attribut est un heptagone régulier de nacre, ou argent, à chaque angle duquel est une étoile d'or et une des 7 lettres B. D. S. H. P. F. G. Au milieu d'un côté un agneau sur le revers, une épée à deux tranchants et une balance égale tenue par une main, d'un côté de la poignée de l'épée la lettre initiale de Cyrus et de l'autre côté celle de Zorobbabel. Cet attribut pendant le conseil sera attaché à la ceinture d'or. La croix de l'Ordre est pendue au col avec un ruban noir large commandeur.
Les sept vieillards sonnent enfin tous ensemble et les deux surveillants conduisent le récipiendaire au trône qui lui est destiné et préparé à la droite du tout-puissant (et selon d'autres) au pénultième du côté du 2 surveillant.
Les princes de Jérusalem entreront dans les loges symboliques, lorsqu'ils voudront les visiter, le chapeau sur la tête, l'épée nue à la main, cuirassés, armés du bouclier et de tous les attributs de l'Ordre des chevaliers princes et le tablier doublé de soie jaune. Dans cet attirail, les deux battants des portes lui seront ouverts et il sera conduit par deux anciens maîtres à côté du siège, les frères formant au-dessus de sa tête le berceau avec leurs épées et le vénérable lui offrira le marteau et le collier qu'il acceptera ou refusera selon son bon plaisir.
S'il visite une loge de grands élus parfaits maîtres et sublime écossais, il ne pourra se dispenser de porter en outre les bijoux écossais de princes. Celui des princes pend de l'épaule droite à la hanche gauche et l'attribut au bas.
Dans les loges qu'un prince de Jérusalem visitera, il pourra se faire représenter les registres pour voir si la loge travaille suivant les usages ordinaires. Il sera le maître d'interdire celles qui ne seront pas régulières et donnera de ce qu'il aura fait à la grande loge et à toutes les loges reconnues pour légitimes et régulières. _____________________
Nota. La cuirasse et le bouclier se font avec du carton peint et [bien imité] en petit et le tablier est plus petit que le tablier ordinaire [35r°].
[35r°] Les signes des chevaliers princes de Jérusalem sont doubles. Le premier se fait l'un en faisant semblant de regarder derrière soi, le 2 y répond à l'opposite. L'attouchement est double et doit se donner avant le mot. Il se fait en se prenant mutuellement la main croisée de bonne foi et en descendant et glissant les doigts jusqu'au bout et alors on se serre la pointe des doigts par sept fois en mettant une distance entre le sixième et septième serrement. On peut faire ces signe et attouchement en se prenant les deux mains.
La parole est Abbadon et l'autre répond Jubelum, qui veut dire l'Ange de l'abîme.
Chacun de ces mots forme le nombre de 7 lettres dont chacune a sa signification.
Au milieu du grand cordon d'or en imitant cette couleur, il doit y avoir un pont brodé en soie brune pour imiter la couleur du bois et ces lettres hébraïques seront brodées sur le pont :
Les chevaliers princes surnuméraires dans le conseil des vieillards porteront la cuirasse et le bouclier. Clôture du conseil
D. Qui êtes-vous ?
R. Je suis Pathmïen.
D. D'où venez-vous ?
R. De Pathmos.
D. Comment vous appeliez-vous avant le voyage de Pathmos ?
R. Je m'appelais Cyrus, roi.
D. Et avant ?
R. Zorobabel.
D. Quel âge avez-vous ?
R. Je suis très vieux.
D. Quelle heure est-il, respectable frère surveillant ?
R. Tout-puissant, il n'y a plus de temps. Le tout-puissant frappe sept coups comme à l'ouverture et dit : Respectables vénérables et chevaliers princes, le grand conseil est fermé. Cela est répété par les deux surveillants qui frappent aussi 7 coups.
- Fin -
Doctrine des chevaliers princes de Jérusalem
D. Etes-vous chevalier d'Orient, d'Occident et prince de Jérusalem ?
R. Oui, je le suis.
D. Qu'avez-vous vu ?
R. Des choses merveilleuses.
R. Par l'eau et l'effusion du sang.
D. Expliquez-moi cela.
R. C'est qu'un bon maçon ne doit point craindre de verser son sang pour la Maçonnerie.
D. De quoi est orné notre grand conseil ?
R. De superbes trônes du Soleil et de la Lune et d'un bassin ou cuve.
D. Quelle figure a le tableau du conseil ?
R. Un heptagone régulier placé dans un cercle.
D. Que représente notre tableau ?
R. Un homme vêtu d'une robe blanche, ayant une ceinture d'or, tenant de la main gauche 7 étoiles, la tête environnée de rayons, portant à la bouche une épée à deux tranchants. Il est aussi environné de 7 chandeliers vides.
D. Que signifie le cercle ?
R. De même qu'un cercle est fini par la conduite d'un point, de même une loge ou grand conseil doit être animé de la même volonté.
D. Que signifie l'heptagone ?
R. Notre nombre mystique renfermé dans les 7 lettres B. D. S. H. P. F. G. qui signifient Beauté, Divinité, Sagesse, Honneur, Puissance, Force et Gloire.
D. Donnez-moi l'explication de ces différents mots.
R. Beauté pour orner. La Divinité nous apprend que la Maçonnerie a quelque chose de divin. La Sagesse est une qualité propre et nécessaire pour inventer ; la Puissance est une affaire pour abaisser les profanes et les faux frères les réduire au silence et faire taire leur calomnie, l'Honneur est une qualité indispensable à un maçon pour se maintenir dans cet Ordre respectable, la Gloire nous fait connaître qu'un maçon est égal aux plus grands princes, et la Force est pour exécuter et pour soutenir.
D. Que signifient les 7 étoiles ?
R. Sept qualités qui doivent guider les maçons, savoir : l'amitié, l'union, la soumission, la discrétion, la fidélité, la prudence et la tempérance [35v°].
[35v°] D. Pourquoi les bons maçons doivent-ils avoir ces qualités ?
R. L'amitié est un sentiment qui doit régner naturellement parmi les frères, l'union est la base d'une société, la soumission nous sert à recevoir sans murmurer les arrêts de la loge. La discrétion sert à nous garantir de toute surprise de la part des profanes, la fidélité est nécessaire pour garder nos obligations, la prudence pour régler nos actions de façon que les profanes envieux de nos plaisirs ne puissent blâmer notre conduite, la tempérance enfin pour éviter les excès également nuisibles au corps et à l'esprit.
D. Que signifient les sept chandeliers vides ?
R. Les 7 défauts que les maçons doivent éviter, la haine, la discorde, l'orgueil, l'indiscrétion, la perfidie, l'étourderie enfin la médisance.
D. Pourquoi les maçons doivent-ils éviter ces défauts ?
R. Parce qu'ils sont absolument contraires aux qualités que nous venons de nommer. Un bon maçon ne doit avoir aucune haine contre les frères, quelque insulte qu'il en ait reçu, la discorde est trop contraire à la société pour ne pas l'éviter, l'orgueil doit être banni comme contraire à l'humanité, l'indiscrétion est nuisible à un maçon, la perfidie est odieuse à un honnête homme et à plus forte raison à un bon maçon, l'étourderie nuit à la société, la médisance enfin est un vice si bas, qu'un maçon, qui doit s'efforcer de ressembler en lui un être parfait, doit l'éviter et les autres défauts ci-dessus comme la peste du genre humain.
D. Que signifie l'épée à deux tranchants ?
R. La supériorité que les chevaliers princes de Jérusalem ont sur les autres grades.
D. N'y a-t-il pas de grade au-dessus de celui-ci ?
R. Il y a l'Ordre respectable des chevaliers de l'Aigle et du Pélican, celui du Soleil ou Chaos
D. Que signifie le Livre auquel pendent 7 sceaux, que personne ne peut ouvrir ?
R. Une loge de francs-maçons que le vénérable a seul droit de communiquer et d'ouvrir.
D. Que renferment les sept sceaux ?
R. Le premier renferme un arc avec des flèches, une couronne, le second une épée à deux tranchants. Le 3 une balance. Le 4 une tête de mort. Le 5 un linge teint de sang. Le 6 le pouvoir d'obscurcir le Soleil et teindre la Lune en sang. Le 7 enfin sept trompettes et des parfums.
D. Donnez-moi l'explication de toutes ces choses.
R. 1° L'arc, les flèches et la couronne signifient que les arrêts de la loge doivent être exécutés avec autant de ponctualité et de promptitude que l'arc décoche une flèche et reçus avec autant de soumission que ceux des têtes couronnées.
2° L'épée à deux tranchants nous apprend que la loge a des armes en main pour punir.
3° La balance, comme le symbole de la justice, fait connaître au vénérable qu'il doit mettre toute son attention à rendre justice en loge.
4° La tête de mort est l'image d'un frère exclus de nos loges. Cette idée doit faire trembler tous les frères et leur rappeler ce à quoi ils se sont soumis par leurs obligations.
5° Le linge teint de sang doit nous enseigner que nous ne devons pas balances à verser jusqu'à la dernière goutte de notre sang pour le bien de la Maçonnerie.
6° Le pouvoir que porte le 6 sceau d'obscurcir le Soleil et teindre la Lune au sang est la figure du pouvoir qu'un frère visiteur de ce grade supérieur a dans la loge qu'il visite, le droit d'interdire les Officiers, au cas que la loge ne travaille pas en règle jusqu'à que l'on se repentit, marqué par la soumission.
7° Enfin les 7 trompettes et les parfums nous apprennent que la Maçonnerie est répandue par toute la terre sur les ailes de la renommée et qu'elle se soutiendra avec autant d'honneur, que les parfums répandent des odeurs agréables. _____________________________ Fin du catéchisme ____________________________ Autres instructions particulières
Connaissant par le grade de grand élu parfait maître et sublime écossais, ce qui s'est passé du temps des rois de la Judée, jusqu'à l'entière destruction du temple de Salomon par Nabucodonozor, et les Juifs emmenés captifs à Babylone, nous bornerons cette instruction à quelques questions sur les suites de cette captivité et la conduite, que suivirent les braves fidèles maçons pendant ce temps-là.
D. Qui fut roi d'Israël après la mort de Salomon ?
R. Ce fut Roboam, son fils.
D. Qu'arriva-t-il de remarquable sous son règne ?
R. La division du royaume des Israélites, comme Dieu l'avait prédit.
D. Comment se fit cette division ?
R. Par la dureté et l'impudence de Roboam qui aigrit les Israélites au point que 10 tribus se révoltèrent et reconnurent Jéroboam pour roi. Les tribus de Juda et Benjamin restèrent seules fidèles à leur roi, le royaume de la Judée commença alors à être divisé en deux [36r°].
[36r°] D. Comment nomma-t-on ces deux royaumes ?
R. Celui de Roboam s'appelait celui de Juda et celui de Jéroboam le royaume d'Israël ou d'Ephraïm.
D. Comment vécurent ces deux rois ensemble ?
R. D'abord Roboam voulut s'opposer à la division du royaume de Juda et leva à cet effet une armée de cent quatre-vingts mille hommes pour combattre Jéroboam, mais Dieu lui fit dire
par un prophète qu'il le laisse régner en paix. Il cessa alors de faire la guerre, mais la paix ne dura que trois ans après quoi ces deux princes vécurent toujours en guerre.
D. Quelles furent les capitales de ces deux royaumes ?
R. Jérusalem fut toujours la capitale de Juda et Samarie fut la capitale de celui d'Israël ou d'Ephraïm.
D. Comment vécut Jéroboam ?
R. Comme un scélérat, un impie et un idolâtre, empêchant ses sujets d'aller comme à l'ordinaire au temple de Jérusalem, persécutant les maçons et leurs descendants qui l'avaient construit, faisant faire des veaux d'or pour que ses sujets fussent séparés du reste des Juifs, autant par la religion que par la domination.
D. Combien y eut il de rois de Juda ?
R. Vingt. 1° Roboam 2° Abias 3° Aza 4° Josaphat 5° Joram 6° Ochozias 7° Athalie reine 8° Joas 9° Amazias 11° Joathan106 12° Achas 13° Ezachias 14° Manassez 15° Ammon 16° Jezias17° Joachas 18° Joachin 19° Jeconias 20° Sedecias.
D. Combien y eut il de rois d'Israël ?
R. Dix et neuf. 1° Jeroboam 2° Nadab 3° Baza 4° Ela 5° Zambry usurpateur 6° Aniry 7° Achab 8° Achazias 9° Joram 10° Jehû 11° Joachas 12° Joaz 13° Jeroboam 14° Zacharias 15° Selim 16° Manchem 17° Phacée fils de Manchem 18° Phacée fils de Ropene 19° Ozée.
[Une]partie des rois de Juda ont vécu saintement mais tous les rois d'Israël ont vécu dans l'impiété.
D. Comment ont vécu les maçons pendant ce temps-là ?
R. La plupart ont suivi l'exemple de leurs rois, mais Dieu s'est dans tous les temps réservé des grands élus parfaits maçons dans les deux royaumes qui sont demeurés fidèles et inviolablement attachés à la foi.
D. Combien de temps dura le gouvernement des rois de la Judée ?
R. Saul, David et Salomon régnèrent successivement pendant 250 ans et les rois de Juda 387 ans.
D. Comment finit le royaume de Juda ?
R. Par la destruction de Jérusalem et du temple de Salomon et la captivité des Juifs, que Nabuzardan, général des armées de Nabucodonozor, emmena avec leur roi Jechonias captifs à Babylone 470 ans, dix mois, dix jours après la dédicace du temple.
D. Combien de temps dura la captivité des Juifs ?
R. 70 ans et 2 années de guerre font 72 ans, comme l'avait prédit le prophète Jérémie.
D. Comment les Juifs vécurent-ils à Babylone pendant la captivité ?
R. Par l'exemple des bons maçons ils rentrèrent en eux-mêmes, servirent Dieu fidèlement sous la conduite spirituelle des grands élus parfaits et des prophètes que Dieu leur suscita pour les soutenir dans la captivité.
D. Quels furent ces prophètes ?
R. Les sept plus célèbres furent Ezechiel, Daniel, Habacuc, Sophonie, Aggée, Zacharie et Malachie.
D. Qui est-ce qui donna la liberté aux Juifs ?
R. Cyrus et ceux mentionnés dans les chevaliers de l'Orient.
D. Sous la conduite de qui et en quel nombre les Juifs retournèrent- ils en Judée ?
R. Ils retournèrent au nombre de 42360 sous la conduite de Jehû fils de Joadech grand-prêtre et de Zorobabel fils de Jalachiel prince hébreu chef de la tribu de Juda.
D. Que devinrent les chevaliers maçons après la destruction de ce second temple ?
R. Plusieurs se mirent sous un même chef travaillant à la réformation de leurs mœurs en élevant dans leurs cœurs des édifices spirituels et se rendirent recommandables par leurs œuvres.
D. Comment les nommait-on ?
R. Paulkal ou Pharaskal, ou Baïlkall, qui veut dire : Séparé, comme ils l'étaient effectivement par la sainteté de leur vie.
D. Comment l'Ordre a-t-il pu se conserver tant de maçons s'étant écarté de leur devoir ?
R. Plusieurs zélés observateurs des lois se séparèrent, élurent entre eux les déserts de la Thébaïdes et de la Syrie. Ces solitudes furent ensuite habitées par les Perses du désert qui furent regardés comme des saints.
D. Quels furent les maçons les plus renommés parmi eux ?
R. Alexandre le grand fut un des grands-maîtres maçons, qui régna sur tout l'Orient. Manchem qu'ils élurent grand-maître fut le plus renommé parmi eux.
D. Les Romains étant Juifs comment l'Ordre a-t-il pu passer chez les chrétiens ?
R. Apres la destruction du second temple plusieurs embrassèrent le Christianisme et communiquèrent leurs secrets à plusieurs chrétiens en qui ils reconnurent les qualités requises. Ils vivaient en commun et ne formaient qu'une famille. ____________________________________ Fin ___________________________________
Apparat critique de la transcription Aeditimus
102. Ce etc. n’implique pas n’importe quoi d’autre, mais simplement que l’auteur (le copiste ?) abrège ici en connaissance cause. De fait, le passage réfère ici implicitement à la vision d’Ezéchiel.
103. Leur signification est donnée plus bas, page 35r° du manuscrit, dans la « doctrine des chevaliers princes de Jérusalem ».
106. Le manuscrit omet le numéro 10° !
18e degré · Chevalier Rose-Croix
Cahier « Le grade des chevaliers de l'aigle ou du pélican, dit rose-croix, ou la maçonnerie d'Hérédon » (p. 125-135 de la transcription) ; « Le second grade de Rose-Croix ou la Clavi-Maçonnerie » (p. 142-149 de la transcription).
Le grade des chevaliers de l'aigle ou du pélican, dit rose-croix, ou la maçonnerie d'Hérédon
[38r°]
Il doit paraître surprenant que la pureté d'un objet aussi parfait que la Maçonnerie soit susceptible d'autant de variations, particulièrement dans les titres de ce grade. La raison en devient sensible aussitôt qu'on apprend que diverses nations ont voulu jouir avec trop d'avidité des connaissances des derniers mystères de l'Ordre sans avoir de la primitive main les instructions, s'en rapportant seulement à des adeptes dont l'ignorance à peine leur permettait d'en remarquer les figures symboliques. C'est sur des tels rapports que les demi- savants de l'Ordre, dans l'éloignement de sa source, en ont fabriqué eux-mêmes chez l'étranger des à-peu-près du sujet, les baptisant même d'un nouveau titre qui, aujourd'hui, produit cette grande variation sur la même matière, traitée un peu plus ou un peu moins loin du vrai.
1°. Il est appelé chevalier de l'Aigle titre qu'on connaît pour être le plus ancien, par conséquent celui qu'on adopte pour son vrai nom. On connaît aussi que son origine est tirée de la Maçonnerie allégorique du Fils du Grand Architecte de l'Univers, qui vint établir sur la terre un travail qui a racheté et sauvé le genre humain des malheurs, où le vice de l'ouvrage l'aurait plongé. Parallèlement le Fils de l'homme étant comparé à la Suprême Puissance du Père Symbolique, l'aigle est l'image et l'égide ce cette Suprême Puissance, le maçon l'adopte comme titre original qui a produit la matière à ce grade.
2°. Il est appelé chevalier du Pélican à cause que le Fils de l'homme est aussi comparé au pélican, qui se perse le flanc pour nourrir ses petits de son sang et que l'image ayant un rapport sensible avec le sacrifice de la croix, il s'est trouvé postérieurement une classe de maçons qui se surnomment de ce titre rapport à la beauté et à la justesse qu'ils trouvèrent dans la comparaison.
3°. Il est appelé chevalier Rose-Croix à cause que les maçons de la grande loge d'Ecosse dans les premiers temps firent frapper des médailles sur lesquelles était l'un des symboles, qui s'est dévoilé à la matière de ce grade consistant en une rose sur une croix, la cause que Jésus- Christ est comparé à la rose de l'Evangile par le dernier exemplaire. Quelques unes de ces médailles par la postérité ayant passé dans les mains d'une loge dont les membres étant ignorants sur leurs principes, ils trouvèrent l'emblème assez beau pour en faire une distinction et adoptèrent le surnom de rose-croix afin que leur société fut connue par un emblème élégant, ce qui a passé à plusieurs âges sans en approfondir l'origine, ce qui induit celui qui n'en est pas éclairé dans la confusion et dans l'erreur. Ils n'obtinrent pas le titre de chevalier, car ils ont conservé le nom de chevaliers de Rose-Croix.
4°. Il est appelé aussi sous le nom de la Maçonnerie d'Hérédon à cause que les premières loges de cette Maçonnerie se tenaient sur le sommet d'une montagne de ce nom située entre l'Ouest et le Nord de l'Ecosse. Cette circonstance a augmenté encore l'écart des maçons de ce nom avec ceux, qui sont sous celui de rose-croix quoi qu'ils aient à-peu-près le même travail et à-peu-près le même formulaire. Il est de ces loges à cause de la différence du nom, qui ne veulent pas se connaître. Les trois quarts des loges populaires en Angleterre ne connaissent qu'Hérédon, l'autre quart rose-croix et ce dernier nom s'est beaucoup multiplié en France et autres lieux. Ce sont ces deux derniers genres de maçons qui ont le plus de rapport ensemble
dans l'administration de leurs mystères. Ils le rapportent assez dans quelques actions en fermeté et ils sont d'accord sur l'esprit de leur sujet. Le voile et la gaze étant trop épais pour cette espèce mystique, ils travaillent tout à découvert. La superstition et les préjugés sont leur [38v°] morale. Ils ne [38v°] connaissent plus cette ancienne allégorie, que les vrais maçons ont longtemps conservé sur la moindre partie de l'Ordre. La raison qui produit cette disgrâce de la Maçonnerie provient de ce que la Maçonnerie de Hérédon et des Rose-Croix a fait des progrès extrêmes dans le peuple de la Grande Bretagne. Les êtres se sont multipliés à tel point que le plus vil mécanique s'y trouve initié : par la multitude et cupidité l'esprit n'en soutient point le fondement et il n'en reste que la matière. C'est la cérémonie religieuse qui s'arrête et les conduit à h profanation par l'ignorance. Les maçons, dans ce pays-là, qui ont conservé le titre de chevalier de l'Aigle est très petit à la vérité, mais on peut dire à leur louange qu'ils n'ont point tombé dans cet abus et qu'ils ont continué leur Maçonnerie sous le titre primitif qui n'instruit que par une morale amusante et allégorique ; ils se sont toujours garanti des esprits fanatiques, qui sont ceux qui ont donné lieu aux profanateurs qui règnent dans les loges connues sous les noms d'Hérédon et de Rose-Croix. –
5°. On appelle ce grade chevalier de Saint André à cause du fanatisme qui en a dénié l'origine en Ecosse. Les maçons, dans le premier temps de leur institution, se multiplièrent plus qu'ailleurs. Il s'établit diverses loges sous le même but, lesquelles se mettaient sous la protection d'une vertu ou du génie qui préside à l'Ordre comme sagesse, prudence etc. Une des dites loges n'en prit point, et comme elle avait adopté la coutume de faire sa grande assemblée annuelle le jour de Saint André, le grand patron du pays, le peuple, ne connaissant point leur désignation semblablement aux autres qui en avaient en ignorant leurs mystères, sachant seulement que leurs mémoires s'appelaient chevaliers maçons, ils les surnommaient vulgairement (lorsque qu'on parlait de cette loge) les chevaliers maçons de la St André, ce qui contribuait d'autant mieux à leur donner ce nom. C'est que le jour de leurs assemblées ils faisaient aux yeux du peuple une procession et une fête si pompeuse qu'elle faisait une impression très forte sur l'esprit des petits gens qui aspiraient dans le cours de l'année avec beaucoup d'ardeur après le prestige du patron pour jouir du plaisir de voir cette célébration ; par la suite, cette même loge ouvrit ses portes facilement à ce peuple de la petite classe qui ne retint que le nom du patron, tant ils étaient accoutumés à la fête et à ce nom. Ce n'est pas qu'ils n'apprissent dans leurs réceptions que le titre du chevalier de l'Aigle était le premier et le vrai nom. Ensuite les bijoux s'étant égarés, ils n'ont pu avoir l'intelligence d'en faire la recherche dans d'autres loges plus éloignées, qui n'avaient pas essuyé de semblables événements, soit esprit d'innovation soit ignorance feinte des formes anciennes. La tranquillité ayant été rétablie ils prirent le modèle sur la croix de Saint André et en formant un bijoux, en y étalant le bon saint couché tout de son long, quoi qu'il n'y ait aucun rapport entre ce bijou et la matière qu'ils travaillaient. II suffisait pour eux que ce fut une croix de Maçonnerie qu'ils ignorent la plupart pourquoi ils la portent et cette grossièreté a passé en Allemagne où quelques voyageurs ont constitué des loges de ce genre. Telle est celle de Cologne qui depuis peu d'années est établie. A cela près elle se gouverne parfaitement bien. Elle a cependant beaucoup d'autres impropriétés dans son instruction, qui ne sont rien d'autre que des innovations qui ont gâté ce grade.
6°. Enfin il est nommé le parfait maçon à cause que les maçons qu'on connaît dans l'univers sous le titre de parfaits maçons en font le plus haut, le plus éminent et le dernier de leurs grades, qui est le septième. Il est des gens en Angleterre qui le donnent souvent à des gens qui ne sont pas maîtres ; ce qui n'est pas dans les loges, qui professent la parfaite Maçonnerie de grade en grade sous le litre de parfaits maçons, car ils ne donnent la connaissance de cette science que par degrés. Ils vous conduisent du premier temple au second, du second au troisième, et ensuite parvenir de l'un à l'autre au septième qui est le
de leur loge, que tout sujet soit chrétien pour être admis dans ce grade. Les six premiers peuvent être communiqués à toutes les conceptions, qui ont connaissance des anciens temples, mais celui-ci ne peut être donné qu'aux hommes soumis à la Nouvelle Loi [39r°].
[39r°] Disposition Cette loge se tient dans deux appartements, le premier représente le Mont Calvaire et le second le tombeau où était le Fils de l'homme, lesquels endroits sont pour rendre allégoriquement ce qui s'est passé de Jésus-Christ et à sa Résurrection.
Ce premier appartement sera tendu de noir éclairé par 33 lumières sur trois chandeliers à 11 lumières, dont chaque lumière sera enfermée par une petite boîte de fer blanc, qui ne doit laisser passer du jour que par la circonférence d'un pouce de diamètre sur le côté de la boîte. Les dites 33 lumières sont pour marquer les 33 années du Sauveur.
Dans les trois angles de l'appartement il y aura trois colonnes élevées à hauteur d'homme sur les chapiteaux desquelles il y aura écrit : sur la première Foi, sur la seconde Espérance, sur la troisième Charité. Les dites colonnes seront faites de carton ou de papier si on ne veut pas faire la dépense de les avoir de bois ou de marbre. La première sera posée dans l'angle du Septentrion, la seconde à l'Orient et la troisième dans l'angle du Midi à l'Occident.
Les frères sont tous sur des chaises autour de l'appartement sans distinction dans la figure des chaises, celle de maître semblable aux autres. Le tracé de la loge est un carré long en figure allégorique au Mont Calvaire, les autres outils de Maçonnerie conforme à la description suivante : Description du tableau
Le tracé de la loge est un carré long par des triples lignes, dans lesquelles sera écrit dans les extérieurs force, sagesse et beauté, dans les intérieurs Orient, Occident, Midi, Septentrion et la houppe dentelée à l'Orient. Dans les angles du Midi et Septentrion, le Soleil et la Lune dans un ciel parsemé d'étoiles, mais dont les nuages sont obscurcis par des ténèbres, dans la première partie de l'Orient un aigle planant les airs, comparée à la Suprême Puissance plus trois carrés sur lesquels sont trois circonférences, sur celles-ci trois triangles pour former le sommet ce qui est allégorique pour représenter le Mont Calvaire. Sur le sommet, une pierre cubique à pointe suant sang et eau pour représenter le Fils de l'homme dans cette situation. Sur la pierre cubique, une rose, qui est comparée à sa douceur et la lettre G dans le milieu qui veut dire Geova [sic] qui est la parole expirante. L'espace qui environne ce carré est rempli de ténèbres, qui arrivèrent au sacrifice, plus bas sont tous les anciens instruments et outils de Maçonnerie et les colonnes, mais brisés et diminués en plusieurs parties pour marquer que toute partie dépendante de l'ouvrage des maçons n'est présente que être mis en cendres à la mort de celui, qui en était le maître.
Tout travail cessa, la division se répandit de toutes parts et tout cessa d'être ; plus bas est le voile d'un temple qui se déchira en deux parties, à l'extérieur de la ligne orientale la colonne et les sept nœuds divins des parfaits maçons. Il y aura devant le maître une petite table éclairée par trois lumières sur laquelle sera [sic] en place de la Bible le livre des Evangiles, le compas, l'équerre et le triangle.
Tous les frères doivent être vêtus de noir, un cordon noir en bandoulière de l'épaule gauche au côté droit, un tablier doublé de noir lequel ne se peut porter que dans les fonctions qui se passent dans le premier appartement. Le maître, les surveillants, et les Officiers auront au col des larges cordons noirs moirés où pendra le bijou suivant.
Le maître [porte] une étoile flamboyante à rayons au milieu de laquelle sera la lettre G. Ordinairement cette étoile se fait les rayons en pierre, la monture en métal doré et la lettre G doit être d'or. Le premier surveillant porte le triangle, le second surveillant l'équerre et le compas, les autres Officiers portent leur bijou ordinaire, lesquels sont tous couverts d'un morceau d'étoffe noire ainsi que tous ceux des frères. Le bijou de chaque frère doit être formé par un compas appuyé par les pointes sur un quart de cercle, la tête du compas doit être une rose ouverte, dont la queue vient se perdre dans l'une des pointes. Le milieu de ladite rose renferme la lettre G ladite tête sera surmontée d'une petite couronne. Dans le milieu du compas est une croix dont la première extrémité sortira de la tête du compas ; la seconde, qui sera opposée, touchera le milieu du quart de cercle, la 3 et 4 aboutissant au milieu des pointes du compas. Sur la croix sera un pavé mosaïque or et argent. De chaque côté sur un des revers de la croix sera dans son milieu un aigle adossée les ailes étendues sur les côtés et les pattes resserrées contre son corps, sur l'autre revers un pélican également adossé dans son milieu les ailes étendues, ce ayant autour de ses pattes sept petits qui auront le bec tendu en montant pour recevoir le sang, que le père fait sortir de son sein pour les nourrir. Ledit bijou doit être d'or ou au moins doré, il se porte dans le premier appartement au bas d'un large cordon noir en bandoulière couvert d'un morceau d'étoffe noir et dans le second appartement au bas d'un cordon rouge écossais, sortant d'une petite rosette noire, qui est posée sur les autres, ce qui désigne ce dit grade. Mais le cordon noir ne peut se porter que dans les fonctions qu'on fait pour ce grade dans le premier appartement.
Le second appartement doit représenter l'instant de la Résurrection et doit être tendu d'une tapisserie lumineuse, éclatante et pleine de gloire sans aucune figure humaine. Les trois chandeliers portent 33 lumières qui éclaireront cet appartement excepté qu'elles seront dans les boîtes annoncées ci-devant [39v°].
[39v°] Le maître, les Officiers et les frères reprendront en y entrant les cordons rouges et tablier rouge, les bijoux dits ci-devant à découvert, ils peuvent aussi porter l'écharpe et l'épée comme au grade précédent et ils le doivent même... Le tracé de la loge dans ce grand appartement sera conforme à la description du tableau.
Le tracé sera un carré long par des quadruples lignes dans lesquelles sera écrit dans l'extérieur : tempérance, prudence, justice, fortitude [sic], Orient, Midi, Occident, Septentrion ; la houppe dentelée dans la première partie de l'Orient, une croix entourée d'une gloire et d'un nuage rempli par sept têtes d'ange ; sur la croix une rose épanoui dans le milieu de la quelle sera la lettre G plus bas trois carrés sur lesquels sont trois circonférences, sur celles-ci trois triangles pour former le sommet, ce qui est allégorique au saint mont sur lequel le Fils du Grand Architecte de l'Univers s'expira. Sur ledit sommet une étoile flamboyante à sept branches luisant avec toute splendeur dans le milieu de la quelle sera la lettre G. Ladite étoile représente allégoriquement le Fils de l'homme ressuscité dans toute sa gloire ; sur le coté au Midi un pélican au Midi sur son nid, perçant son sein d'op sortent sept tiges de sang pour nourrir les sept petits qui l'environnent, image de la tendresse paternelle... Au Septentrion un aigle planant les airs, image de la Suprême Puissance ; plus bas est le tombeau dans la partie inférieure dudit carré. Sur la ligne du milieu de l'Orient à l'Occident, le compas, la planche à tracer, la pierre, la truelle et l'équerre. Sur la ligne du Midi, la pierre cubique et son marteau, la règle et le niveau. Sur la ligne septentrionale, la pierre brute et son marteau, le maillet, le ciseau, la ligne d'aplomb ou perpendiculaire. A l'extérieur de la ligne orientale la colombe et sept nœuds d'union du parfait maçon.
Suite de la description pour le deuxième point de réception
Pour la suite au deuxième point de réception on doit préparer un troisième appartement un peu éloigné des autres destiné à être l'image des enfers auquel, pour en représenter les horreurs, il y aura sept chandeliers portant des gros flambeaux ardents allumés dont les bobèches seront des têtes de mort et des os en sautoir Les murailles seront découvertes d'une tapisserie peinte avec des flammes et des figures humaines des damnés. Elle doit représenter ce qu'il y a de plus vif et de plus capable d'inspirer de la crainte et de l'horreur de ce lieu par les flammes, attributs de force et de rage, et des chaînes.
Dans la tenue de cette loge le maître représente la sagesse et la perfection ce qui lui donne le titre de très sage et parfait maître, les surveillants, très excellents et parfaits surveillants, les Officiers, les puissants et parfaits frères avec le nom de leur charge ; les frères respectables et parfaits frères. Dans le premier point de la réception on ne reprend point le titre de parfait ; qui ne sert que dans le second appartement, où il n'est point d'autre table que celle qui sera à la droite du maître, fort petite et de figure triangulaire, n'y ayant dessus que le Livre des Evangiles, des outils de Maçonnerie et trois lumières. Les Officiers et les frères reprendront dans cet appartement les cordons et les tabliers rouges en y joignant les bijoux qu'ils portaient auparavant au bas du cordon noir. Préparation d'un récipiendaire
Le récipiendaire doit être vêtu d'un habit noir, de son cordon et tablier rouge, son épée, son écharpe, les yeux libres… Le terrible lui dit, pour le préparer, que tous les temples des maçons sont démolis, que les outils et les colonnes sont brisés et que la parole est perdue depuis sa dernière Réception ; que malgré la précaution qu'ils avaient prise pour éviter la surprise. Ils sont privés du moyen de se reconnaître et l'Ordre en général est dans la dernière des consternations.
Ouverture de la loge
Les frères assemblés, le maître à l'Orient, les surveillants à l'Occident, le maître ouvre la loge comme suit :
Le très sage : Mes frères aidez-moi à ouvrir la loge.
Les surveillants répètent la même chose.
Le très sage frappe sept coups de maillet dont la distance du sixième à septième est plus longue, ce qui s'appelle frapper en chevalier de l'Aigle.
Les surveillants frappent sept coups semblablement.
D. Très excellent frère, quel est le premier soin d'un maçon ?
R. Très sage et très parfait, c'est de voir si la loge est couverte.
D. Faites-y voir par le très excellent frère second surveillant. Le second surveillant fait son office et vient se remettre en disant : Très excellent parfait frère premier surveillant la loge est couverte [40r°]. –
[40r°] D. Très excellent et parfait frère premier surveillant, quelle heure est-il ?
R. L'instant où le voile du temple se déchire, que les ténèbres et la destruction se répandent sur la terre, que la lumière s'obscurcit, que les outils se brisent, que l'étoile flamboyante disparaît, que la pierre cubique sue sang et eau et que la parole est perdue.
Le très sage : Mes frères, puisque la Maçonnerie éprouve une telle tribulation, employons tous nos soins par des nouveaux travaux à recouvrer la parole, la loge de chevalier de l'Aigle est ouverte.
Les surveillants répètent la même chose, ensuite le très sage et tous les frères crient 3 fois Houzey, restant ensuite dans le silence. Ordre de réception
Quand le récipiendaire est en état d'être introduit, le terrible le conduit à la porte où il frappe sept coups dans l'ordre dit ci-dessus. Le second surveillant frappe sept coups de même sur celui du premier surveillant et celui-ci les rend au second, qui dit : Très excellent frère premier surveillant, on frappe à la loge en chevalier de l'Aigle.
Le très sage dit : Mon frère, faites voir par le second surveillant qui frappe, avec les précautions accoutumées. Le second surveillant ouvre et dit : Que demandez-vous ?
Le terrible : C'est un frère chevalier maçon, errant parmi les bois et les montagnes, qui depuis la destruction du temple a perdu la parole et qui par notre secours désirerait la retrouver.
Le second surveillant ferme la porte, vient à sa place, frappe sept coups de son marteau sur celui du premier surveillant, celui-ci frappe de même sur celui du second qui lui rend la réponse du frère terrible et le premier surveillant la rend au très sage.
Le très sage : Consentez-vous, mes frères, à son introduction ?
Les frères y répondent en étendant la main sur la loge ; tous les frères ici doivent paraître consternés et abattus, étant assis la main droite sur le cœur, la main gauche sur le visage et la tête baissée, le coude sur le genou. Le maître l'aura sur la table.
Le très sage : Frère premier surveillant, introduisez le frère chevalier maçon et le placez à l'Occident pour répondre aux questions qui lui seront faites.
Le premier surveillant donne la parole du très sage au second surveillant qui va à la porte, frappe 7 coups, et fait ces questions ci-dessus, ouvre, reçoit le récipiendaire et le conduit à l'Occident ; frappe encore 7 coups, comme ci-devant et dit : Très excellent frère premier surveillant je vous mène un frère chevalier maçon qui demande la parole.
Le premier surveillant : Très sage voici un frère chevalier maçon qui demande la parole.
Le très sage : Mon frère la corruption s'est glissée dans nos ouvrages, il n'est plus en notre pouvoir de travailler. Vous devez apercevoir à l'aspect de la consternation qui règne ici qu'il se passe dans cet instant un dérangement dans l'univers, le voile du temple est déchiré, les ténèbres se répandent sur la terre, la lumière est obscurcie, nos outils sont brisés, l'étoile flamboyante a disparu, la pierre cubique ruisselle de sang et d'eau et la parole est perdue. Comme vous voyez il n'est pas possible de vous la donner. Cependant notre dessein n'est pas. de rester dans l'oisiveté. Nous cherchons par une loi nouvelle à retrouver cette parole. Etes- vous aussi dans le sentiment de suivre cette loi nouvelle ? Le récipiendaire : Oui, très sage. Le très sage : Faites le voyage, frère second surveillant, l'espace de 33 années par l'Occident, le Midi, l'Orient et le Septentrion, pour qu'il apprenne les beautés de cette loi nouvelle. Le second surveillant le fait voyager 33 fois autour de la loge sans grâce dans ces voyages. II lui fait remarquer au trois parties de la loge les trois colonnes qu'ils rencontrent et à chacune d'elles le second surveillant lui dit les noms savoir Foi, Espérance, et Charité, et lui recommande de bien retenir ces noms, parce qu'ils doivent le guider. Ensuite il le ramène à l'Occident, où il frappe à l'ordinaire sur le maillet du premier surveillant et dit que le voyage mystérieux maçonnique est fini. Celui-ci le dit au très sage, qui lui dit : Le très sage : Mon frère, qu'avez-vous appris dans ces voyages ? Le récipiendaire : Toutes vertus pour me guider désormais la foi, l'espérance et la charité. Enseignez-moi s'il en est d'autres à suivre.
Le très sage : Mon frère ce sont positivement les principes de notre nouveau mystère. Approchez et venez prendre avec nous les engagements que nous requérons [40v°].
[40v°] Le premier surveillant le fait approcher de la table, le fait mettre sur le genou droit, la main sur l'Evangile et il fait le serment suivant : Oui, je promets sur les mêmes obligations que j'ai prêtées dans les précédents grades de la Maçonnerie, de ne jamais révéler les secrets des chevaliers de l'Aigle à aucun chevalier maçon, grand architecte, maître, compagnon et apprentif, maître chevalier de Rose-Croix, comme aucun profane pour les peines d'être privé à jamais de la vraie parole et d'être éternellement dans les ténèbres ; qu'un ruisseau de sang et d'eau sortent continuellement de mon corps, de souffrir les angoisses de l'âme ; que le fiel et le vinaigre me servent de breuvage ; que les épines les plus piquantes me servent de chevet et que le supplice de la croix termine mon sort. Que le Grand Architecte me soit favorable.
Le très sage aux frères (Tout est consommé). A ces mots tous les frères se lèvent de leurs sièges, paraissant toujours tristes, le visage dans les deux mains. Le très sage fait passer le récipiendaire à sa droite, il prend le tablier noir et l'en revêt en lui disant : Mon frère, ce tablier est la marque de tous les maçons qui n'ont pas participé aux causes de tous nos malheurs ; mais il doit nous être représenté comme leur image douloureuse et nous servir pour reconnaître ceux qui d'entre nous cherchent à recouvrir la vraie parole et à s'éclaircir dans les mystères nouveaux par une parfaite humilité et en prenant le cordon et lui passant de la gauche à la droite. Ce cordon vous désigne le symbole de notre tristesse sur la perte de la parole. Il doit vous servir de marque de deuil jusqu'à ce qu'elle soit recouverte. Passez à l'Occident vous nous aiderez à la recouvrir... Le récipiendaire va entre les 2 surveillants.
Le très sage frappe 7 coups. Les surveillants y répondent par chacun 7 coups… Tous les frères portent les deux mains sur les mamelles, lèvent la tête et paraissent moins tristes. Le très sage dit : Quel est le motif qui nous rassemble frère premier surveillant ? Il répond : La pierre cubique à pointe [ruisselant] sang et eau pour le relâchement des maçons dans leurs ouvrages et pour les erreurs de la Maçonnerie exposée sur le sommet d'une montagne taillée en pointe de diamant.
Le très sage : Que signifie ce mystère ?
R. La perte de la parole maçonne et que par votre aide nous espérons de retrouver.
Le très sage : Que faut-il faire pour y parvenir ?
Le premier surveillant répond : Embrasser la Nouvelle Loi et être pleinement convaincu que les 3 mots qui sont les colonnes en sont la base et le principe.
D. Quelles sont-elles ?
R. La Foi, l'Espérance et la Charité.
D. Comment trouverons-nous ces trois colonnes ?
R. En voyageant et errant dans l'obscurité la plus profonde.
D. Quelle durée ?
R. L'espace de trois jours.
Le très sage : Voyageons mes frères, de l'Orient au Septentrion, du Septentrion à l'Occident et de l'Occident au Midi et tâchons de ne point perdre de vue les sentiments qui nous guident.
Tous les frères voyagent en silence et font 33 fois le tour de la loge qu'on réduit à sept tours. Au septième le maître passe de cet appartement à un autre où ils quittent les cordons et les tabliers noirs pour prendre les rouges. Il est suivi par tous les frères qui en font autant, ensuite ils s'acheminent vers la porte du deuxième appartement qui est préparé exprès pour le second point de réception à la porte duquel il frappe 7 coups à égale distance, ce qui s'appelle frapper en parfait maçon. La porte leur est ouverte par un servant, qui est placé là exprès, à qui chacun donne le mot de passe, qui est Emmanuel, ce qui est continué jusqu'au récipiendaire qui doit être le dernier que le frère servant ne doit pas laisser passer, parce que
n'ayant pas frappé qu'en chevalier de l'Aigle, qui est six coups avec un même intervalle, un plus long du 6 au 7, ne doit point avoir l'entrée des parfaits maçons.
Le servant lui ouvre la porte, lui demande la parole de passe qu'il ne peut donner ni la sait pas. Le récipiendaire dit qu'il est un des frères qui la cherchent par le secours de la Nouvelle Loi et de trois colonnes de la Maçonnerie. Le servant qui doit le reconnaître à cette réponse pour un récipiendaire lui arrache son cordon et son tablier noir en lui disant que les marques qui le décorent ne sont pas assez humiliantes pour être en état de la retrouver et qu'il doit passer par des épreuves bien plus rigoureuses auparavant. Aussitôt il le couvre d'un grand drap noir couvert de taches cendrées [41r°] de sorte qu'il ne puisse y voir, en lui disant qu'il va le conduire aux lieux les plus ténébreux d'où la parole doit sortir triomphante à la gloire et à l'avantage de la Maçonnerie, qu'il doit laisser sa confiance en lui. Ce frère servant doit conduire le récipiendaire dans les appartements en montant et descendant le plus souvent répété qu'il est possible. Après quoi il le conduit à la porte ouverte de l'appartement où les figures de l'enfer sont représentées et sur le seuil de cette porte il lui relâche le devant de son drap noir pour lui en faire apercevoir les objets ; ensuite lui en fait faire trois fois le tour en silence en mémoire du voyage mystique dans les lieux ténébreux qui dura trois jours, et le ramène au seuil de cet appartement sur lequel il lui rabaisse son drap noir sur la vue en lui disant : Les horreurs que vous venez d'apercevoir, ne sont rien en comparaison de ce que vous allez souffrir, si malheureusement vous n'avez pas toute la fermeté requise. Ensuite il le ramène à la porte du second appartement des parfaits à laquelle il frappe 7 fois en parfait maçon, c'est-à-dire avec égal intervalle en attendant qu'on vienne ouvrir. Il l'instruit de ce qui suit disant : Souvenez-vous de répondre aux questions qui vous seront faites, que vous venez de la Judée, que vous avez passé par Nazareth, que mon nom est Raphaël et que vous êtes de la tribu de Juda, sans quoi vous ne pouvez vous garantir des plus grands malheurs.
Le second surveillant ayant entendu frapper 7 coups en parfait maçon et frappe 7 semblables sur le maillet du premier surveillant et le premier surveillant sur celui-ci qui lui dit : Très excellent premier surveillant, on frappe à la loge en parfait maçon.
Le premier surveillant : Très sage et très parfait on frappe en maçon.
Le très sage : Mon frère, faites voir par le très excellent second surveillant qui frappe à la loge avec les précautions accoutumées… Le très excellent second surveillant va à la porte, frappe 7 coups et le frère terrible 7 coups et le très sage 7 autres coups. Le second surveillant ouvre et dit : Que demandez vous ?
Le terrible dit : C'est un frère chevalier de l'Aigle, qui après avoir parcouru les espaces les plus profondes, espère de vous procurer, parle fruit de ses recherches, la parole.
Le premier surveillant ferme la porte, revient à sa place, frappe 7 coups sur le maillet du premier surveillant et le second surveillant rend la réponse du frère terrible. Le premier surveillant la porte au très sage.
Le très sage dit : Qu'il soit introduit à l'Occident, nous l'interrogerons. Le premier surveillant le dit au second et celui-ci ouvre la porte de la précédente manière, reçoit le récipiendaire et le conduit à l'Occident, frappe à la même manière, et dit : Très excellent et parfait frère premier surveillant, voici le frère chevalier de l'Aigle qui par son secours espère retrouver la parole perdue et devenir parfait maçon. Le premier surveillant la porte au très sage qui dit au récipiendaire :
D. D'où venez-vous ?
R. De la Judée.
D. Par quelle ville avez-vous passé ?
R. Par Nazareth.
D. Quel est le nom de notre conducteur ?
R. Raphaël.
R. De Juda.
D. Donnez-moi les lettres initiales de ces quatre mots.
R. J. N. R. J121.
D. Rassemblez ces quatre lettres ensemble.
R. Inri [sic].
Le très sage : Mes frères, la parole est recouverte, que la lumière lui soit rendue. Les surveillants lui ôtent promptement le drap noir et tous les frères ensemble au signal du maître, frappent trois fois dans leurs mains, criant : Houzaÿ, houzaÿ, houzaÿ.
Le très sage lui dit : Approchez mon frère, que je vous communique les derniers mystères de la Maçonnerie… Le premier surveillant le conduit auprès du maître, qui lui donne les signes, paroles et attouchement, et lui dit : Mon frère, je vous félicite sur la découverte de notre parole, qui vous acquiert le grade de parfait maçon [41v°].
Nos signes pour nous reconnaître consistent le premier à lever les yeux au ciel [41v°] de croiser les mains et les doigts en haut et les laisser tomber sur le ventre. Il s'appelle signe d'admiration… Le second qui est la réponse est de lever la main droite et de faire signe avec l'index vers le ciel, le reste des autres doigts serrés, qui signifie qu'il n'y a qu'un seul et [ ?] qui est la source de pure vérité. L'attouchement est de croiser les bras et les mains sur les mamelles, celui qui attaque posera sa main droite ou la gauche sur la mamelle opposée et celui qui répondra doit répondre également, la main opposée à l'attaquant. Si c'est par la gauche la droite pour répondre ensuite le premier portera l'autre main sur l'autre mamelle et le second de même. Cet attouchement s'appelle le Bon Pasteur… La parole est Inri et le mot de passe Emmanuel… Répétez ces mêmes paroles, signes et attouchement aux frères parfaits maçons de cette loge. Ensuite vous viendrez me les rendre.
Le surveillant le conduit à tous les frères et le ramène à la droite du maître, qui lui fait exécuter signes, attouchements et paroles. Il lui donne ensuite la rosette et le bijou de chevalier de l'Aigle parfait maçon, en lui attachant au bas de son cordon rouge écossais. Il lui dit : Mon frère, cette rosette est pour vous remémorer la perte de la parole et ce bijou vous fait connaître, que la Maçonnerie par son allégorie renferme un mystère, qui n'est développé qu'aux parfaits maçons. La croix de notre bijou doit vous en faire connaître plus que mon explication et j'espère, que vous n'en perdrez jamais le souvenir.
Discours de l'orateur sur l'excellence de l'Ordre, pour instruire les frères de ce grade
Les maçons depuis la réédification du temple ayant négligé les travaux abandonnèrent aux rigueurs et vicissitudes des temps le précieux édifice, qu'ils avaient relevé avec tant de peine. Leurs ouvrages n'étaient plus que des œuvres de corruption. La sagesse l'ouvrit, la force des matériaux et la beauté de l'architecture firent place au désordre, à la confusion et au vice. Le Grand Architecte de l'Univers détermina, pour manifester sa gloire, d'abandonner le reste d'appui du temple matériel pour en élever un spirituel par sa sublime et supérieure géométrie dont le système serait inattaquable aux puissances humaines et dont la durée subsisterait dans une éternité de siècles. C'est par cette résolution puissante, que les hommes ont vu le phénomène miraculeux, le prodige des prodiges, la pierre cubique à pointe suant sang et eau et souffrir les angoisses de l'âme. Ce fut alors que la pierre de l'angle de l'édifice fut arrachée par les ouvriers des fondements du temple pour être rejetée dans les décombres du bâtiment et que la rose mystique fut sacrifiée sur une croix plantée sur le sommet du pentagone, qui s'élève de dessus sa surface vers le globe céleste par trois carrés, trois circonférences et trois triangles taillés en pointes de diamant. La Maçonnerie humaine s'obscurcit, les outils de la
Maçonnerie se brisèrent, l'étoile flamboyante disparut et la parole fut perdue. On doit juger aisément quelle était l'étendue des maux que chaque maçon devait supporter en pareil instant, un abattement inconcevable et une consternation des plus grandes étaient les moindres qui en puisse venir. Ils furent obligés d'errer dans l'obscurité la plus profonde, l'espace de trois jours incertains si la vie devait leur être prolongée, ou si quelque accident nouveau ne les en priverait pas de sorte qu'ils ne pouvaient avoir une plus grande perplexité dans le cœur de tous les êtres pensants, qui existaient là sur la terre. La volonté de celui qui conduit tous les mouvements et événements, ayant donné un terme à cet étonnement universel, fit reparaître la lumière au bout de trois jours mais ce ne fut pas sans témoignage de surprise ni de phénomènes nouveaux. Les outils des maçons brisés reprirent leur forme, l'étoile flamboyante se fit revoir dans un plus grand éclat qu'auparavant et la parole fut recouvrée. Ce bonheur n'arriva qu'aux maçons qui sortirent l'endurcissement de la négligence que l'oisiveté leur avait donnée. Quelqu'un d'entre eux ayant voyagé l'espace de 33 ans dans la recherche de la parole apprit aux autres qu'il fallait connaître les trois colonnes Foi, Espérance et Charité ainsi qu'embrasser la Nouvelle Loi pour espérer de rentrer dans les travaux mystiques de l'Ordre.
Cc ne fut que par des nouveaux principes que la Maçonnerie reparut aux yeux des hommes mais sous des règles théoriques qui les conduisirent allégoriquement à la pratique dans leurs actions. Depuis ce temps-là les maçons ne bâtirent plus des édifices matériels, les spirituels [42r°] sont leur ouvrage. [42r°] Ils renforcent leurs travaux par la tempérance, prudence, justice et fortitude et ne craignent plus les vicissitudes des temps.
Que ces colonnes, mes frères, ne puissent jamais vous manquer et que le Grand Architecte de l'Univers vous soit en aide.
Le très sage frappe sept coups, les surveillants chacun sept.
Le très sage dit : Très excellent et parfait frère premier surveillant, quelle heure est-il ?
R. L'heure du parfait maçon.
D. Quelle est l'heure d'un parfait maçon ?
R. Le moment, où la parole fut recouvrée, que la pierre cubique fut changée en rose mystique, que l'étoile flamboyante reparut avec plus de splendeur, que nos outils ont repris leur forme, que la lumière est rendue dans son état à nos yeux, que les ténèbres sont dissipées et que la Nouvelle Loi doit régner désormais parmi les travaux maçonniques.
Le très sage dit : Suivons donc cette loi, mes frères puisqu'elle est la suite de toutes les merveilles qui ont frappé nos yeux.
Les surveillants répètent la même chose ; le très sage et tous les frères frappent trois fois trois coups dans leurs mains en criant trois fois : Houzay.
- Fin -
[Signature]
[Figure en bas de la page 42v°]
Le second grade de Rose-Croix ou la Clavi-Maçonnerie
[44v°]
La décoration des voûtes ; la réception des trois grades, la doctrine de postulant et les statuts et les règlements du très respectable Ordre de l'horlogerie, ou le franc-horloger. Décoration des voûtes
A une extrémité de la voûte, vis-à-vis le très formidable, est un horizon, le Soleil et la Lune qui réfléchissent leur lumière sur elle. En bas sont les sept pyramides d'Egypte, à l'autre extrémité un trône et des fleurs en argent sur des stèles d'or. Les attributs de la Philosophie et de l'Horlogerie sont au milieu de la voûte à côté du très formidable. Le haut et les côtés sont parsemés d'étoiles avec un Soleil et des différents tableaux sur les côtés un côté est celui de la paix et le lieu du silence, celui de la déesse Tacita Pelantra est un homme tenant d'une main une roue et de l'autre un compas.
Réception du premier grade. Ouverture de la voûte
Le formidable frappe le lever du Soleil, puis dit : Mes frères, le Soleil paraît, adressons notre intention au Seigneur et travaillons. Et il ouvre la voûte en frappant quatre coups sur une poêle ou timbre de fer blanc. On fait le signe de postulant et il prononce les paroles qui suivent.
Le maître de cérémonies, tenant à la main un bâton garni d'ivoire, introduit dans la voûte le récipiendaire, un bandeau sur les yeux. Après avoir frappé quatre coups à la porte avant de le faire entrer, on lui demande son nom, son surnom, son âge, son pays natal, ses qualités ou sa profession, et l'on prie les frères de dire s'il en ait quelqu'un, qui s'oppose à sa réception. Puis on le fait entrer et le frère député va le prendre et le mène devant le trône. Les frères ont leurs épées en croix pendant toute la réception. Alors le très formidable donne quatre coups sur le timbre et lui dit : Que demandez-vous, mon frère ? Il répond : La faveur d'entrer et d'être admis dans l'Ordre de Rose-Croix. Ne serait-ce point, mon frère, dans le dessein de nous trahir et de révéler les secrets de cet Ordre. Il y répond : Non. Puisque ce n'est pour aucun de ces motifs, qu'on commence à faire parcourir le globe à ce frère. Pendant lequel temps il frappe quatre coups sut le timbre. Le très formidable lui dit : Réfléchissez mon frère, tandis que vous êtes en chemin, lorsque vous serez arrivé au lieu de votre destinée, vous serez obligé de vous soumettre à tout. Au second tour, il lui demande : Mon frère, persistez-vous à vouloir être initié dans notre Ordre ? Le récipiendaire répond : Oui. Puisque vous persistez à vouloir entrer parmi nous, que l'on continue à lui faire parcourir le globe. Et pendant ce temps le très formidable frappe quatre coups sur le timbre et dit : Vous feriez bien, étant maître, de refuser d'entrer dans cette société. Vous allez vous-même prononcer votre arrêt. Persistez-vous, mon frère ? Oui, très formidable. L'arrêt est porté aux frères, qu'on l'entraîne et que l'on continue encore à lui faire parcourir le globe. Et pendant, qu'il fait le troisième tour, le très formidable frappe quatre autres coups et dit : Etant arrivé au moment, auquel vous allez jouir d'un grand bonheur, quels avantages n'en retirerez-vous pas ? Etes-vous bien dans le dessein de vous conformer à tous nos statuts et règlements ? Oui, très formidable. Puisque vous êtes véritablement dans ce dessein, qu'on continue de lui faire parcourir le gobe. Il fait le quatrième tour. Après, le très formidable frappe quatre coups. On fait avancer le récipiendaire jusqu'avant de lui où il récite son obligation en ces termes :
Obligation
Je jure solennellement en présence de Dieu, du très formidable et de toute la [ ?] d'être fidèle à mon roi, d'être attaché à tous mes frères, de les secourir, tenir aux sages statuts et règlements de cet Ordre. Je jure solennellement par le premier Père de la lumière de ne point révéler les secrets, qui me sont confiés. Je consens, si je viole la présente obligation sur le moindre point, à être exclu pour jamais de cette société, à être déshonoré et me voir privé de tous mes frères et subir les peines et châtiments prévus à un frère qui aurait le malheur de succomber. Ainsi Dieu me protège.
[Après l'obligation]
Le très formidable demande : Consentez-vous, mes frères, que ce frère voie la lumière ? Tous répondent : Qu'il meure ! Faites-lui grâce, mes frères. Tous répondent : Tobie. Le formidable dit : Vous ne craignez rien, mes frères. Faites lui voir la lumière. On lui ôte le bandeau et le formidable lui adresse par ces paroles : Mon frère, le bonheur, dont vous jouissez et puisque vous vous en goûtez les délices, faites voir combien vous y êtes sensible, reconnaissez, car c'est de nos lois que vous tirez ce bonheur. Vous êtes proche de savoir que cette chaîne vous démontre que pour devenir sage, il faut vous enchaîner aux mêmes. Telle est notre condition, nos passions veulent des liens, nos désirs injustes et téméraires ont besoin d'un frère. Nous avons parmi nous, pour nous reconnaître, des signes, des mots et des attouchements.
Le signe est la tête appuyée sur le bras gauche.
Le mot est Greda, ceci est pour le grade de postulant. Nous ne pouvons pour le présent vous en communiquer davantage. Quand vous aurez marqué par votre assiduité et votre bonne conduite que vous êtes tout à fait reconnaissant de la faveur que vous venez de recevoir, nous vous instruirons de tous nos secrets. Puis, s'adressant au frère député, ou maître de cérémonies, il lui dit : Mon frère, faites rendre à chacun des frères le signe et le mot, et faites embrasser. Après quoi, s'adressant au récipiendaire, il lui dit : Mon frère, le frère orateur va vous faire un discours. Ayez la bonté d'y faire l'attention qu'il mérite. On vous fera après lecture de nos statuts et règlements auxquels nous vous ferons obliger de vous conformer.
Le discours fini, le très formidable fait faire la lecture des statuts et règlements.
Les frères ont toujours leurs épées en croix, pendant toute la cérémonie. Après on s'assied pour traiter des affaires de la société.
Réception de vainqueur. Second grade
Le postulant, qui veut aussi le grade de vainqueur, frappe quatre coups et le maître des cérémonies va à lui demander ce qu'il veut. Il répond : Je demande le suffrage de tous mes frères pour acquérir le second grade. Alors le député se tourne du côté du très formidable et lui dit : Très formidable, c'est un postulant qui demande la grâce de lui accorder le second grade.
D. A-t-il fini, mon frère, le temps prescrit par nos règlements ?
R. Oui, très formidable. – Faites entrer le frère. Puis il lui dit : Vous allez, mon frère, recevoir le grade de vainqueur sur les mêmes engagements que vous avez reçu celui de postulant. Il est juste qu'après avoir donné des marques d'une vraie obéissance et d'une parfaite soumission à tous nos statuts et règlements, on vous en accorde la récompense.
Le très formidable prend la chaîne et la jette par-dessus la tête du récipiendaire. Tous les frères disent : Il est venu. Le député maître de cérémonies fait repasser la chaîne par-dessus la
devant la figure du silence, puis devant la figure qui est à l'autre côté du trône et lui expliquent pour quel but ces figures sont représentées. On bande les yeux au récipiendaire et on met le timbre devant lui. Le très formidable commence à frapper un coup sur la boîte. Les frères en font autant à leur tour, après quoi chacun a repris sa place. Le député fait voir le frère et après quoi il frappe quatre coups sur la boîte, l'ouvre et en tire une couronne qu'il présente au très formidable qui la place sur la tête du postulant et lui dit : Vous avez vaincu, vous avez mérité le second grade. Nous vous l'accordons. Le très formidable le fait mettre à genoux, et lui fait répéter son obligation en y ajoutant qu'il jure de ne pas souffrir en la voûte de vainqueurs aucun profane. Après quoi il lui dit : Nous avons dans ce grade un mot et un signe différents du premier. Le mot est roze, le signe est la tête baissée et reposée. Le député fait rendre le signe et le mot à tous les frères et fait embrasser. L'orateur prononce un discours au récipiendaire sur son nouveau grade.
Nota que lorsque le très formidable a posé la couronne sur la tête du vainqueur, chaque frère bat des mains pour applaudir et à chaque cérémonie de ce grade et à chaque tour ainsi que dans le premier grade, on bat sur le timbre.
Réception de formidable. Dernier grade
Le vainqueur s'annonce pour recevoir le grade, comme au second. Il entre, la couronne sur la tête, l'épée au côté, la tête appuyée sur le bras gauche, tronçon de l'autre main. Il y a un frère assis vis-à-vis le très formidable dans la même situation. On lui fait répéter solennellement son obligation et lui fait l'histoire du tombeau où la Rose-Croix était inhumée.
Nota. On sonne le timbre lorsque le vainqueur entre, avant, après sa promesse et après qu'on lui a bandé les yeux et lorsqu'il est dans la mer.
Histoire abrégée du tombeau de la R.-C.
Il n y a personne, qui ne sache, que le philosophe de Rose-Croix avait fondé la secte des grades de son nom, que ses disciples prétendaient toujours de nouvelles découvertes qu'ils étaient commis de ne jamais communiquer en règle du genre humain [45r°].
[45r°] Une certaine personne, qui eut occasion de creuser un peu profondément à l'endroit où ce philosophe était inhumé, et trouva une petite porte, bordée d'une muraille à droite et à gauche. La curiosité matérielle et l'espérance de quelque étranger caché l'obligèrent bientôt à enfoncer la porte, surpris d'un coup par un éclat de lumière, il découvrit une très belle voûte au fond de la quelle il y avait les signes d'un homme assis auprès d'une boîte, où il s'appuyait, la tête sur le bras gauche. Il avait un tronçon de la main droite, et il y avait une lampe ardente devant lui. Dès que notre curieux eut mis le pied dans la voûte, la statue se leva et se tint debout ; lorsqu'il eut fait un autre pas, elle leva la main droite qui tenait le tronçon et lorsqu'elle eut fait le troisième pas, elle frappa un coup terrible sur la lampe qui se brisa en mille morceaux de sorte que le curieux fut laissé dans les ténèbres.
Au récit de cette aventure, le peuple se rendit au tombeau avec des lanternes et de torches allumées et l'on découvrit, que la statue était de bronze, si artistement travaillée, remplie de machines et de mouvements semblables à celles de l'horlogerie et que le pavé était formé de planches mobiles en dessous desquelles étaient divers ressorts disposés de façon que dès qu'on marchait sur le pavé, il produirait naturellement tous les effets, qui s'en étaient d'abord suivis, c'est-à-dire faisaient lever la figure de bronze au premier pas, lui faisait lever le bras au second et le faisait retomber au troisième pour briser la lampe comme elle avait fait.
Les disciples de la Rose-Croix rapportent qu'il avait mis cette machine au lieu où il voulait être inhumé pour faire voir à la postérité, qu'il avait trouvé le secret des lampes inextinguibles
et pour empêcher qu'un autre en profitât. Cette découverte est tout à fait véritable, il n'est pas permis d'en douter après toutes les preuves, qu'on en a eues.
Les différents signes de chaque grade sont tirés de chaque mouvement de cette statue. Faites un pas, dit le très formidable au récipiendaire. Le frère qui représente la statue, se lève, un autre pas, il lève le bras, un troisième pas il jette le bras droit au bout duquel il tient un tronçon. Tous les frères annoncent le vainqueur, le prennent, le couchent le visage contre terre, et on le couvre d'une toile, qui représente la mer. Le très formidable demande : Où est le frère ? On répond : Il est noyé. Qu'avez-vous fait, mes frères ? Nous nous sommes vengés de son peu de crédulité pour la vérité qu'il vient d'entendre. Peut-être respire-t-il encore. Les frères lui demandent : Si vous êtes vivant, répondez-nous je vis et je crois, c'est ma devise. Puisqu'il croît, dit le très formidable, qu'on le sauve et qu'on le mette sur le rivage.
Les frères, avant de le tourner, tirent l'épée et la lui présentent dès qu'il est tourné. Alors le très formidable lui présente l'image de la mort et lui demande : Où est la Rose-Croix ? II est mort, répond-il. Révélerez-vous les secrets qui vous ont été confiés ? Je vois la mort devant moi, je m'en garderai bien. Que demandez-vous, mon frère ? Le grade de formidable. Qu'on lui bande les yeux et qu'on le fasse mettre à genoux. Alors le très formidable et chaque frère donne un coup sur la boîte, le maître de cérémonies quatre et en tire une jarretière. Alors, on lui fait voir la clarté.
Le très formidable lui dit : Tous nos secrets vous sont confiés, mon très cher frère, soyez- nous toujours discret, fidèle et sincère. Reconnaissez les bienfaits que vous avez reçus de cette voûte sacrée. Le signe est de lever la main droite et de la laisser tomber. Le mot est Croix. On doit rendre le signe et le mot à tous les frères et ils s'embrassent.
Pour lors on traite des affaires de la société où l'on instruit le nouveau formidable de l'origine de l'Ordre, suivant ce que l'on a pu en recevoir par les traditions qui nous apprennent que l'Ordre de la Rose-Croix se forma dans le troisième siècle. Elles rapportent que Pithagore, grand philosophe, curieux d'entrer dans cette société, alla en Egypte. Il passa vingt et deux ans parmi ces philosophes et y apprit à fond la science des Egyptiens. Cambyse, roi de Perse, le fit prisonnier et l'envoya à Babylone où il fréquenta les voûtes des sages et des savants outre les juifs. On prétend que c'est là où il trouva la quarante et septième proposition d'Euclide lui [ ?] qui étant bien observée est le fondement de l'horlogerie tant sacrée que civile et militaire de la Caldée, il retourna à Samos, sa patrie, et fixa son séjour dans la grande Grèce, où il fonda plusieurs voûtes et communiqua les secrets de la Franc-Horlogerie à ceux d'entre les Grecs qu'il trouva les mieux disposés à les apprendre. Le profond silence qu'ils gardaient dans le public sur la doctrine de leur grand-maître fit dire qu'il les avait condamnés à se taire pendant les sept premières années de leur noviciat et en même temps il donna lieu à la calomnie de la [populace].
On publia malignement que des assemblées si mystérieuses et choisies avec tant de soin ne pouvaient tendre, qu'à renverser l'état ou renier la religion et corrompre les mœurs. Il n'en fallut pas davantage pour soulever la populace légère et crédule. Elle se jeta sur les Rose- Croix, en brûla quelques-uns dans la grande voûte, en tua plusieurs qui prenaient la fuite, dispersa les autres et massacra Pithagore et la Rose-Croix lui-même [sic]. Cependant les ignorants furieux ayant reconnu leur erreur leur élevèrent un temple à Metapont, leur rendirent des honneurs divins. Les voûtes se rouvrirent avec l'approbation publique on y accourait de tous côtés et il s'y forma un nombre de Rose-Croix fameux dans l'histoire.
Lysis communiqua les mystères à Epaminomdas et Apelonidas, ceux-ci en firent partie Philippe, roi de Macédoine et père d'Alexandre. Socrate, le plus sage des sages, s'instruit dans la même école. Il forma une voûte composée d'Alcibiade, de Xenophon et d'autres disciples du même maître. Il ne leur enseigna que la mécanique, l'horlogerie et la morale à
l'exemple des pythagoriciens ou de la secte italique, comme on les appelait pour les distinguer des franc-horlogers de l'Asie Mineure, qu'on appelait la secte ionique. Le savoir et la vertu de cette société offensèrent les sophistes dont le crédit diminuait autant que le sien augmentait. Ils le représentèrent comme un ennemi de la religion dominante. Le peuple superstitieux les crût sans examiner l'avantage, les juges eux-mêmes devinrent semblables au peuple et Socrate fut condamné à s'empoisonner.
Ces nouveaux exemples des fureurs de l'ignorance et de la superstition ne produisirent pas l'effet que les sophistes avaient espéré. Les Athéniens furent affligés peu de temps après d'une perte, qu'ils regardèrent comme une punition divine de leur injuste fureur contre Socrate. Ils persistèrent, que les voûtes se rouvrirent. Les Rose-Croix, sous le nom de philosophes, se multiplièrent dans la grâce. Aristote fonda une voûte à la cour [ ?] Macédoine et nous apprenons que Philippe et Alexandre en furent successivement les très formidables. On en éleva d'autres à Athènes, à Mégare, à Corinthe et à Alexandrie. Les anciennes voûtes de la Grèce, quoique soutenues par la faveur des rois, ayant cependant présent le triste sort de Pithagore et de Socrate pour s'en garantir introduisirent d'enseigner deux sortes de doctrine, dont ils appelaient l'une exotérique, qui en pouvait communiquer aux étrangers et l'autre ésotérique, ou secrète, qui était réservée aux membres des voûtes. C'est ainsi à peu près que les Rose-Croix [de] l'Egypte pour ne pas profaner leur savoir en l'abandonnant à la curiosité du vulgaire l'avait [sic] caché sous des hiéroglyphes, qui ne s'expliquaient que dans leurs assemblées régulières. Pitagore lui-même avait imaginé des symboles intelligibles à ses disciples seulement.
Romulus, pour peupler la ville qu'il venait de fonder, usa d'un stratagème assez connu. Il établit une voûte dans un petit bois qui n'était pas éloigné. Un grand nombre de ceux du pays latin se fit recevoir et de la Toscane aussi plusieurs d'entre les Phrygiens y avaient suivi. Et d'autres, les Acadiens, qui s'étaient attachés à Enandra, ne tardèrent pas à s'y rendre aussi de pays tous au-delà de la mer. Les statuts et règlements de la société inspirèrent à ces nouveaux venus les sentiments de probité et toutes les qualités nécessaires à former et à affermir un état. Si malgré la décadence de l'Empire romain, la beauté et la splendeur de cet Ordre ont existé dans tout son lustre et subsistent encore, ce n'est, il n'en faut pas douter, que par la solidité de ses sages règlements et statuts. –
[45v°]
Instructions pour les trois grades de postulant, de vainqueur et de formidable qu'il faut savoir pour l'ouverture et la clôture de voûtes
1 grade
D. Qui vous a admis ici ?
R. Ma probité.
D. Comment avez-vous été reçu ?
R. L'épée au côté.
D. Qui vous a introduit ?
R. Le maître de cérémonies.
D. Qui vous a conduit au tour du globe ?
R. Le député.
D. Où vous avez-vous été reçu ?
R. Sous une voûte d'or et d'azur.
D. Comment était-elle décorée ?
R. Rien ne saurait en exprimer l'éclat et la beauté.
D. Par qui est-elle composée ?
R. Par les sept pyramides et les vingt et quatre heures.
D. Qu'avez-vous aperçu après avoir été reçu ?
R. Le silence, la sagesse et la science.
D. Quel est l'instituteur ?
R. Il n'est pas encore connu.
D. Que signifie l'épée que les frères tiennent ?
R. Nos ardeurs pour servir le roi et la patrie.
D. Qui êtes-vous ?
R. Je ne le sais pas encore.
D. Pourquoi vous a-t-on demandé votre nom, votre âge, votre pays et votre profession ?
R. Pour se conformer aux règlements.
D. Comment ferme-t-on la voûte ?
R. Comme on l'ouvre, en suivant le lever et le coucher du Soleil.
D. Que signifie le drapeau que tient le député ?
R. On s'en sert dans les voûtes pour rétablir l'honneur d'un frère qui a été exclus pour faute commise.
D. Comment sont les frères lorsqu'un récipiendaire prononce sa promesse ?
R. Debout et leurs épées en croix.
D. Que signifie le globe ?
R Comme un globe renferme tout l'univers, de même cette voûte renferme toute la sagesse et l'équité.
D. Pourquoi vous a-t-on fait faire quatre tours autour du globe, les yeux bandés ?
R. Pour éprouver mon obéissance future par ma soumission présente.
D. Où êtes-vous ?
R. Sur la mer dans un vaisseau.
D. Qui en est le pilote ?
R. Ma raison.
D. Où prétendez-vous aller ?
D. Pourquoi lorsque le très formidable prononce : Qu'il vive, les frères répondent : Qu'il meurt ?
R. C'est l'exposition que les frères font à l'intention d'un présent.
D. Pourquoi un glaive suspendu sur la tête du récipiendaire ?
R Il signifie la mort qui serait le fruit de son indiscrétion.
D. Pourquoi fait on voir au récipiendaire la clarté du Soleil et de la Lune ?
R. C'est pour lui apprendre qu'il doit être en garde jour et nuit sur son secret.
D. Que désignent les coups frappés sur le timbre par le formidable ?
R. Il annonce aux frères une récompense.
D. Où est la fraternité ?
R. Dans le cœur. (C'est pourquoi on s'appelle frères dans l'Ordre)
D. Comment est vêtu le formidable ?
R Avec une seule partie de ses vêtements.
D. Comment doit se comporter le formidable en voûte et comment donne-t-on le cordon au frère ?
R. Les frères, qui reçoivent les cordons, donnent une bourse avec cinq pièces d'argent et les frères tiennent leur épée sur leur tête.
D. Quel est le devoir d'un postulant ?
R. D'obéir, travailler et se taire.
Instruction pour le second grade
D. Que signifient les coups que les frères frappent sur le timbre ?
R. Le consentement unanime des frères pour que le postulant soit couronné vainqueur.
D. Pourquoi, lorsque la voûte est ouverte, s'annonce-t-on par le signe et le mot de vainqueur ?
R. C'est pour indiquer que les postulants en sont initiés.
D. Qu'indique le mot de vainqueur ?
R. Qu'on a accordé une récompense à celui qui est revêtu de ce grade, qui est une [ ?].
D. Pourquoi le très formidable fait-il passer une chaîne sur la tête du postulant ?
R. Pour lui répéter qu'il doit mettre un frein à ses passions.
D. Où est votre voûte ?
R. Elle repose sur le bras gauche.
D. Pourquoi le tenez-vous ainsi ?
R. Tobie.
D. Pourquoi dites-vous Tobie ?
R. C'est que je suis encore aveugle et que je n'ai pas encore pénétré les secrets.
D. Faut-il un miracle ?
R. Non, j'attends tout de ma sagesse, ma conduite et ma soumission.
D. Que signifient les sept pyramides d'Egypte ?
R. Les sept officiers de la voûte.
D. D'où venez-vous ?
R. De la mer.
D. Où allez-vous ?
R. En Egypte.
D. Que faites-vous ?
R. Je creuse par l'impatience de pénétrer le secret.
D. Comment êtes-vous entré en voûte ?
R. Par des ressorts d'horlogerie et par les secrets de la philosophie.
D. Que signifient les attributs d'horlogerie et de philosophie ?
Instruction pour les formidables. Troisième grade
D. Quelle est la devise du formidable ?
R. Je vis et je crois.
D. D'où venez-vous ?
R. D'Egypte.
D. Avez-vous vu le tombeau, où la Rose-Croix est inhumée ?
[Pas de réponse]
D. Qu'êtes-vous maintenant ?
R. Frère rose-croix ou franc-horloger qui forment la véritable école de la vérité.
D. Que signifie la jarretière que vous portez à la jambe droite ?
R. Que je suis attaché à l'Ordre et en dois garder le secret.
D. Quel est le mot du troisième grade ?
R. Croix, et le signe de lever et baisser la main droite, comme pour briser quelque chose.
D. Que signifie cette lampe qui éclaire la voûte ?
R. Le secret des lampes m'est inintelligible.
D. Pourquoi le Rose-Croix avait-il enfermé dans une voûte cette statue automatique et cette lampe ?
R. Pour en réserver la connaissance au pur.
D. Quel est le devoir d'un formidable ?
R. C'est de suivre l'Evangile de ce grand homme, renfermer dans son cœur ses connaissances et se taire.
D. Comment cette statue pouvait-elle avoir divers mouvements ?
R. Par des ressorts cachés sous les planches qui la faisaient se mouvoir.
D. Avez-vous tous les grades ?
R. Interrogez-moi et vous en jugerez.
D. Qu'avez-vous été ?
R. Submergé, mais ma crédulité m'a sauvé.
D. Qu'avez-vous vu sur le rivage ?
R. La mort et le secret, que je garderai inviolablement, prouvera que je le redoute pour cela.
D. Etes-vous content de notre sort ?
R. Oui, je le suis, et je suis prêt à faire serment en présence de l'Etre Suprême, que je vais dire.
On fait en Angleterre beaucoup de réjouissances, lorsqu'on s'assemble pour la fête etc.
[Signature]
Apparat critique de la transcription Aeditimus
121. Soit, évidemment : I. N. R. I.
19e degré · Grand Pontife
Cahier « Le sublime écossais, le dernier point de la perfection » (p. 150-152 de la transcription).
[46r°]
La tenture doit être la même que dans la loge de perfection. Il y a de plus une voûte azurée parsemée d'étoiles d'or sur un fond. Le vénérable maître se nomme très puissant. Il doit être revêtu d'une robe blanche ainsi que tous les frères, qu'on nomme fidèles et véritables frères. Aussi, il n'y a qu'un surveillant qui tient en main une baguette d'or. Le très puissant est assis sur un trône bleu derrière lequel sont toutes les lumières qui éclairent la loge par un transparent. Il tient un sceptre en la main.
La loge représente une ville carrée ayant douze portes trois sur chaque face et au milieu un arbre ayant douze fruits différents. La loge se nomme conseil… Cette ville est élevée sur des nues et au-dessous on voit des édifices ruinés et renversés et un serpent à trois têtes enchaîné qui parait être écrasé par le poids des décombres de la ville ruinée. Une montagne parait sur un des côtés.
Le conseil s'ouvra par douze coups. Le très puissant demande au surveillant : Quelle heure est-il, vénérable frère ?
L'heure prédite, très puissant. – Alors il dit : Fidèles frères, le très puissant, l'alpha et l'oméga, Emmanuel, travaillons. Le surveillant dit à tous les frères : Fidèles et véritables frères, la loge de sublime écossais est ouverte.
Pour fermer la loge, le très puissant assis demande l'heure qu'il est. Tous les frères se lèvent et le surveillant répond : L'heure est accomplie.
Le très puissant dit : le Tout-Puissant est l'Alpha et l'Oméga. Il frappe douze coups qui sont répétés par le surveillant. La loge est fermée.
Pour une réception
Le récipiendaire décoré de tous les attributs des grades qu'il a déjà reçu. En entrant en loge il sera placé par le surveillant sur la montagne, et il lui demandera s'il ne déteste pas les traîtres et les perfides et s'il ne promet pas de rompre toute communication avec eux.
Le récip[iendaire] lève la main droite en signe de consentement. Ensuite le surveillant le laisse au sommet de la montagne et lui, la descendant en reculant, va mesurer la ville gravée et vient lui rapporter qu'elle a douze stades sur chaque face. Il le fait ensuite descendre en reculant et le place au pied du tracé ruiné, le fait avancer par trois pas en carré et lui fait avancer le pied gauche jusqu'au serpent, marcher ensuite sur les trois têtes en carré et lui fait avancer le pied gauche au bas de la ville, où il fait trois génuflexions du genou droit en tendant en même temps les mains vis-à-vis le très puissant. Le surveillant le conduit ensuite en marchant en reculant jusqu'au pied du tableau et lui donne les signes, attouchements et paroles de la manière qui suit, après lui avoir fait prêter son obligation en la manière accoutumée.
Le signe se fait en tenant le bras droit, l'étendre ensuite et baisser perpendiculairement les trois doigts du milieu en bas.
L'attouchement est de se passer réciproquement l'un à l'autre la paume de la main droite sur le front. Le premier surveillant les rend, le second surveillant reste assis et c'est lui, qui demande quelle heure est-il, etc.
Les paroles sont, le premier dit : Alléluya, le second répond : Louons le Seigneur. Le premier dit : Emmanuel, le second répond : Dieu le veuille. Ils disent ensemble après : Amen, amen, Dieu le veuille. – Autrement 17 – 7 – 17 : 7 Le cordon est un grand ruban large cramoisi bordé d'un petit filet blanc et parsemé de douze étoiles d'or, pendant de l'épaule droite à la hanche gauche. Le bijou, qui doit y être suspendu, est un carré en or dans lequel sont gravés ces caractères : Il est fait de même que le bijou écossais, excepté qu'il est couronné d'une rosette de diamants ou autres pierres précieuses.
Doctrine des sublimes écossais
D. Qui êtes-vous ?
R. Je suis sublime écossais à qui rien n'est inconnu.
D. Où avez-vous été reçu ?
R. Dans un lieu, qui n'a besoin ni du Soleil, ni de la Lune pour être éclairé. Je vous l'explique, de même, que la loge sublime écossais n'emprunte point de lumière artificielle pour être éclairée. De même, les fidèles et véritables frères écossais n'ont pas besoin de la richesse ni de la naissance pour être admis en loge, mais il doit faire preuve de son attachement à la Maçonnerie, de la fidélité à ses obligations et de son amitié envers les frères.
D. Que représente le tracé de la loge de sublime écossais ?
R. Une ville carrée en tout point, qui a douze portes, trois à chaque face, au milieu de la ville un arbre, qui porte douze fruits différents. Cette ville est portée sur des nues et vient remplacer des édifices ruinés par le serpent à trois têtes, enchaîné et écrasé. La ville carrée représente l'ancienne Maçonnerie sous le titre de sublime écossais, qui a remplacé l'ancien temple détruit, représenté par les édifices ruinés et le serpent à trois têtes, enchaîné et écrasé dans les ruines.
D. Comment la Maçonnerie est-elle tombée et ruinée, puisque les liens indissolubles et vos obligations ne sont rien moins qu'équivoques ?
R. Ceci avait été de tout temps, comme le témoigne Saint Jean, que nous connaissons pour le frère maçon sublime, qui a tenu la première loge de perfection.
D. Où est-ce que Saint Jean en a parlé ?
R. Dans son Apocalypse, lorsqu'il parle de Babylone et de la nouvelle Jérusalem.
D. Que signifie l'arbre qui est au milieu de la ville et qui porte douze fruits différents ?
R. C'est l'arbre de vie qui y est tracé pour faire comprendre que c'est dans nos loges qu'on trouve les douceurs de la vie et les douze fruits, que nous devons nous assembler tous les mois pour nous faire part mutuellement de nos lumières et nous soutenir contre nos ennemis.
D. Quelle propriété a le bandeau du récipiendaire et les douze étoiles, qui y sont brodées ?
R. Il procure l'entrée de nos loges comme il procurait l'entrée de Jérusalem à ceux, qui le portaient comme le dit Saint Jean dans l'Apocalypse.
D. Que signifient les douze étoiles au bandeau du récipiendaire, que nous portons tous en loge ?
R. Elles représentent les douze anges, qui gardaient les douze portes de la céleste Jérusalem.
D. Que signifie la tenture bleue et les étoiles appliquées dessus ?
R. Le bleu est ce symbole de la douceur qui doit être le partage de tous les fidèles frères et les étoiles représentent les maçons, qui, ayant donné des marques de leur attachement aux règles
D. Quel âge avez-vous ?
R. Je ne compte plus.
D. Comment vous appelez-vous ?
R. Fidèle et véritable frère.
D. Que vous reste-t-il à acquérir ?
R. La sublime vérité des grands élus chevaliers K[ados] et des souverains du royal secret, dit le nec plus ultra, dit le grade du sublime.
Tous les frères portent un bandeau de ruban cramoisi, bordé d'un petit filet blanc, sur lequel sont brodées douze étoiles en or.
[Signature]
20e degré · Vénérable Grand Maître de toutes les Loges
Cahier « Grade de grand-maître et vénérable de toutes les loges, ou clef maçonnique » (p. 119-124 de la transcription) ; « Le grade de très haut, très puissant et très éclairé maître ad vitam des loges de France et d'Angleterre » (p. 153-154 de la transcription).
Grade de grand-maître et vénérable de toutes les loges, ou clef maçonnique
[36v°]
Précis de l'Ordre
Lors de la destruction du temple de Jérusalem par Nabucodonozor les Juifs furent conduits en captivité à Babylone où ils restèrent pendant 70 ans, après deux années de guerre, au bout duquel temps Cyrus leur permit de retourner en Judée et de rebâtir un temple au Seigneur. Il chargea Zorobabel, prince hébreu de la race de David de cette entreprise etc. – a – Ordre de réception de grand-maître de toutes les loges
Le grand vénérable représente Cyrus avec les ornements royaux. Les assistants sont ceux qui ont le même grade, rangés autour de lui. Le récipiendaire se nomme Zorobabel.
Le récipiendaire doit entrer sans être introduit et doit répondre sur toutes les questions de la Maçonnerie, depuis l'apprentif jusqu'au grand et sublime grade de chevalier du Soleil etc. du nec plus ultra etc., tous grades qu'il est indispensable d'avoir reçu et en être décoré lorsqu'on se présente à y être reçu.
Lorsque le récipiendaire est entré, après avoir salué la respectable assemblée, on le fait asseoir au milieu du cercle vis-à-vis le grand vénérable et sur un fauteuil bleu. Le grand vénérable Cyrus l'interroge sur tous les grades et après avoir satisfait à la respectable assemblée et qu'il est jugé digne du grand sceptre, c'est-à-dire aussi après avoir fait une exacte perquisition de sa vie et de ses mœurs et lorsque le vénérable lui a reconnu les qualités requises pour remplir ce grade éminent, il le purifie par le feu et par le fer, et même son épée et lui fait prêter une nouvelle obligation en ces termes :
Obligation du récipiendaire
Je promets, outre mes précédentes obligations et sous les peines les plus grièves, de protéger les maçons et la Maçonnerie de tout mon pouvoir, de ne reconnaître pour légitimes maçons que ceux qui émaneront du grand-maître d'une domination ou de son Substitut Général de même comme je reconnais le prince de Clermont pour le grand-maître des loges de la domination française et le respectable frère Chaillon de Jonville pour son Substitut Général Je promets aussi de faire observer et mettre en exécution les statuts de l'Ordre en général ; je promets aussi de donner avis au Substitut Général de l'Ordre lorsque je trouverai des irrégularités dans une loge ; je promets en outre de ne jamais confier ce grade de grand vénérable maître de toutes les loges à qui que ce soit que du consentement de tous les frères qui composent cette respectable assemblée et à l'égard même des frères reçus ainsi, je promets même de ne les jamais recevoir ni faire recevoir qu'ils n'aient été admis dans tous les précédents grades de la Maçonnerie, jusque et compris celui du Soleil etc. et que le frère ainsi proposé pour être reçu n'ait été maître d'une loge légitime et régulière, sous peine dans toutes ces obligations d'être déshonoré, dégradé et d'encourir le mépris de tout l'Ordre en général... Dieu veuille me maintenir dans la droiture et dans l'équité.
Signe, mots et attouchement
Après cette obligation le grand vénérable lui donne le signe, les mots et l'attouchement.
Il faut se prendre mutuellement la main droite avec la main droite, descendre en glissant jusqu'au bout des doigts qui doivent être croisés, et se serrer mutuellement deux doigts par trois fois en se tenant pendant qu'on frappe de l'autre main sur le cœur un même nombre de coups. Ceci est le signe. De là celui qui veut se faire connaître dit à l'oreille droite de l'autre : Jek-zon (qui veut dire : Je suis ce que je suis) et lui répond à l'oreille droite aussi : Sto-kin, qui est le mot de passe qui ne se donne qu'aux vénérables grand-maîtres des loges. – b
On peut faire sur soi le signe et l'attouchement de la main et se frapper sur le cœur après.
Doctrine du vénérable grand-maître des loges
D. Etes-vous vénérable grand-maître de loge ?
R. Oui, je le suis (en répondant on fait le signe et l'attouchement).
D. Comment avez-vous été reçu ?
R. Entre le fer et le feu.
D. Que signifie le fer ?
R. Que c'est par le fer que notre respectable maître Hyram Abiff a péri, et que j'ai juré de m'en servir toutes les fois que le besoin le requerrapour punir les traîtres de la Maçonnerie [37r°].
[37r°] Suite de la doctrine des vénérables grands-maîtres des loges
D. Que signifie le feu ?
R. Que c'est par le feu que nos [pères/frères] ont été purifiés.
D. Par qui avez-vous été reçu ?
R. Par Cyrus.
D. Pourquoi par Cyrus ?
R. Parce que c'est lui qui donna à Zorobabel l'ordre d'aller rétablir le temple de l'Eternel.
D. Qu'avez-vous juré lorsque vous avez été reçu ?
R. De faire exécuter ponctuellement par ma loge les Statuts de la Maçonnerie, ainsi que ce qui me sera ordonné par le grand-maître de la respectable loge qui m'a constitué.
D. Comment vous nommez-vous ?
R. Cyrus.
D. Quel était votre nom avant d'avoir reçu ce dernier et suprême grade ?
R. Zorobabel. ______________________________ Fin de la doctrine ______________________________ Le signe est l'épée à la main, les lames croisées par-dessus la tête de l'un et l'autre. Que signifie ce mot ? Le nom de celui qui trouva la caverne où était le lion.
Discours historique omis au grade de chevalier de l'Orient et d'Occident prince de Jerusalem111 Les princes vertueux s'étant ligués entre eux pour conquérir la Terre Sainte et délivrer Jérusalem des barbares qui l'opprimaient, les bons et vertueux maçons, dignes héritiers de ceux qui avaient construit le temple de Salomon voulurent contribuer à l'exécution d'une aussi sainte et aussi pieuse entreprise. Ils offrirent leurs services aux princes confédérés sous la condition qu'ils n'auraient d'autre chef que celui qu'ils éliraient. Ces princes acceptèrent leurs offres. En conséquence, ils arborèrent comme eux l'étendard de la guerre et partirent.
Dans le tumulte et le désordre de la guerre ils conservèrent toujours les principes de vertu dont leurs pères leur avaient tracé le modèle, ils vécurent toujours parfaitement unis, logeant dans les mêmes tentes, sans distinction de rang et de naissance, [ne] reconnaissant de maître qu'au combat. Aussitôt qu'il était fini, ils rentraient dans l'égalité, se donnaient une mutuelle assistance, étendaient leur charité sur tous les indigents, même sur leurs ennemis.
Dans toutes les occasions où ils se trouvèrent, ils donnèrent des preuves de la plus haute valeur, ils essuyèrent plusieurs fois tous les efforts des ennemis. Les confédérés ne pouvant résister au choc impétueux lâchèrent le pied plusieurs fois, eux seuls rétablissaient le combat et remportèrent plusieurs victoires, exemple mémorable de ce que peut le courage, joint à la vertu. On les voyait au moindre signal attaquer, s'ouvrir, se replier, se rallier et fondre sur l'ennemi avec tant d'ardeur que rien ne pouvait résister à ce torrent impétueux, rien ne pouvait arrêter le peuple maçon. Les prodiges de valeur se succèdent. Tout cède à leur courage, tout fuit, tout est dispersé.
Cette ardeur inouïe, cette intrépidité dans les plus grands dangers, cette sagesse du peuple maçon, son [ ?], sa charité et plus que tout cela son désintéressement jusqu'à refuser de partager les dépouilles des vainqueurs, attira l'attention des confédérés et principalement celle des chevaliers, princes de Saint Jean de Jérusalem. Ces derniers voulurent connaître ces héros et députèrent vers eux pour demander leur alliance.
Quel spectacle attendrissant de voir ces dignes chevaliers, ces illustres défenseurs de la religion se jeter entre les bras des maçons, les nommer leurs pères et leur offrir le tribut de la plus juste reconnaissance. Les génér[e/a]ux maçons leur répondirent que ce tribut n'était dû, qu'au Grand Architecte de l'Univers, qu'ils étaient armés pour la défense d'une cause qui leur était commune, que la Judée était leur ancienne patrie, que leurs pères avaient été obligés de l'abandonner depuis plusieurs siècles par des circonstances particulières dont le souvenir leur arrachait encore des larmes.
Ces députés surpris de trouver tant de vertu chez ces bons Israélites leur demandèrent d'être admis dans leur société et d'être particulièrement initiés à leurs mystères : les maçons leur répondirent que la sagesse, la [just]ice, la probité, l'urbanité, l'amitié, l'égalité, la paix et l'union étaient leurs principales lois et qu'ils seraient permis de récompenser leur zèle et leur ferveur en les faisant participants de leurs mystères s'ils s'en rendaient clignes par leur constance.
Les chevaliers de Saint Jean de Jérusalem se soumirent à tout ce que ces bons maçons voulurent leur prescrire et furent initiés à leurs mystères : instruits de leur histoire, ils leur apprirent qu'une nouvelle lumière avait paru sur la terre, que le siècle des grands mystères était révolu, que les promesses faites à Abraham et à sa postérité étaient en fin accomplies.
C'est par ces nouveaux prosélytes, ainsi que par les héritiers de ces dignes maçons parfaits, que la Maçonnerie s'est glorieusement perpétuée de siècle en siècle ; s'est répandue en France, en Suède, en Allemagne, en Angleterre, dans toute l'Europe et dans l'Amérique, sans qu'aucune des révolutions qui ont tant de fois changé la forme des empires y ait apporté la
lumière atteinte ; elle nous est parvenue dans toute sa pureté et nous en rendons grâces à l'Eternel.
- Fin --- Fin --- Fin -
[Signature]
[37v°] Omissions au grade de grand-maître et vénérable de toutes les loges a Ce temple était sous la conduite des chevaliers de l'Orient et ensuite sous celle des princes de Jérusalem, ne put jamais se finir. Hérode le grand le fit démolir et en fit rebâtir un autre et ne fut que neuf ans à le parachever. Les principaux ouvrages de ce temple dont l'entrée n'était permise qu'aux [sacrificateurs] [étaient] le corps du bâtiment [qui] avait cent coudées de long et cent vingt de hauteur, il [ ?] autour de ce temple une galerie qui en était détachée [ ?] de pierre et quatre colonnes d'ordre corinthien de neuf pieds de diamètre. Chacune soutenait trois corridors. Ceux des côtés avaient trois pieds de largeur sur cinquante de hauteur et celui du milieu quarante et cinq pieds de largeur sur cent de hauteur. Hérode employa pour cet édifice dix mille ouvriers sous la conduite de mille sacrificateurs et le tout fut fini, comme je l'ai dit, en neuf années, mais ce conducteur vint à mourir ainsi que ses successeurs comme on peut le voir plus amplement dans leur histoire, de façon que cette entreprise sous la conduite des chevaliers d'Orient et ensuite sous celle des princes de Jérusalem, etc. b Jek-son est aussi le nom de celui qui trouva la caverne où gîtait le lion.
Jubelum est le second mot de passe et de reconnaissance. C'est le nom de celui qui combattit le lion, qui gardait le trésor précieux. Le lion avait un collier, où était gravé le mot Jekson, qui veut dire : Je suis ce que je suis. Le reste est une énigme connue des seuls souverains princes de l'Ordre royal et [sublime], c'est-à-dire le nec plus ultra ou chevaliers princes du souverain conseil secret, dit le sublime. Il faut pour y parvenir avoir [arrasé] les trois têtes du serpent de l'ignorance etc., etc., etc.
Autres caractères116 Jnuenit
Ultrinam
Jeova
Leo
[Signature] _________________________________________________________________________
Omissions au grade de grand-maître et vénérable de toutes les loges, etc. Nouveau cérémonial La messe étant finie, le grand-maître Cyrus l'épée à la main et faisant avec la croix sur le récipiendaire qui est à genoux devant lui en lui disant :
D. Que demandez-vous ?
R. Je vous supplie humblement, très vénérable grand-maître, de me donner la grâce de maître de loge.
Le grand-maître lui répond : Vous me demandez une grâce qui ne doit être accordée qu'a ceux que le mérite en rend dignes et qui sont disposés à la pratique des œuvres de miséricorde envers les pauvres maçons et à verser leur sang pour la religion chrétienne et pour le service du roy. Nous avons appris par des preuves certaines que les conditions et dispositions nécessaires pour la grâce que vous demandez sont en vous, ce qui nous engage à vous l'accorder.
D. Etes-vous disposé à vous servir de votre épée pour la défense de la Maçonnerie, pour le service de votre souverain, pour l'honneur de l'Ordre et la protection des misérables frères ?
R. Oui, très vénérable grand-maître, avec l'aide de Dieu.
Le grand-maître lui dit : Je vais vous recevoir vénérable maître de l'Ordre royal de la Maçonnerie au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. Il faut en prononçant les paroles faire le signe de la croix sur le récipiendaire.
Il se lève de son fauteuil, tire l'épée du fourreau du récipiendaire et lui en donne un coup sur chaque épaule en lui disant : Par notre vénérable grand-maître, le Comte de Clermont, je vous fais vénérable maître. Le nouveau maître se met ensuite à genoux devant le grand-maître et reçoit de lui l'épée, qu'il lui donne en lui disant : Servez vous de votreépée suivantl'esprit de la religion et non pas pas [sic] selon le mouvement de vos passions et souvenez-vous que vous n'en devez jamais frapper injustement.
Prince, soyez désormais vigilant au service de la Maçonnerie et de votre souverain, obéissant à vos supérieurs, soumis à leurs ordres et patient à leur correction. Sachez, que les lois du Rite de la Ma[çonnerie] de laquelle vous êtes maître vous obligent à h pratique de toutes les vertus chrétiennes et morales et à les porter à un plus haut point de perfection que le commun des maçons.
Ensuite le grand-maître se lève et le fait mettre à sa place qui est un fauteuil élevé sur 7 marches, un réchaud sous ses pieds, deux épées en sautoir sur sa tête. On le purifie.
Le grand-maître nommé Cyrus reprend sa place. Ces cérémonies faites le nouveau maître, nommé Zorobabel pose les mains sur le Saint Evangile que tient le grand- maître et prononce son obligation etc.
Fin ______________
Le grade de très haut, très puissant et très éclairé maître ad vitam des loges de France et d'Angleterre
[46v°]
Entrez dans la caverne de Siloë, travaillez avec la belle Rem-fœdom, compassez jusqu'au Soleil alors le grand aigle noir vous couvrira de ses ailes et vous parviendrez au but proposé par le sage.
Le conseil est tendu de jaune et de bleu et le cordon est pareil. Le maître est assis sur un trône élevé de neuf marches au bas duquel est un autel sur lequel est une épée, une Bible, un compas, une équerre, un maillet comme en loge symbolique. A côté de l'autel, entre l'Orient et le Midi, est un chandelier à neuf branches, qui doit brûler en loge.
Le maître ouvre la loge en descendant au dernier escalier, frappe comme en loge d'apprentif et deux coups séparés, auxquels les surveillants répondront par deux coups chacun, ce qui fait neuf en tout. Il demande ensuite :
D. Où est placé le maître ?
R. Les surveillants répondent : A l'Orient, très puissant.
Parce que c'est à l'Orient que le Soleil ouvre le jour, je me tiens à l'Orient pour ouvrir le conseil. Avertissez, qu'il est ouvert.
Réception
S'il y a une réception, l'on examine le récipiendaire sur ses connaissances et capacité. On le fait voyager neuf tours par le Midi, on le fait avancer vers le trône en faisant neuf équerres des pieds en portant le talon de celui, qu'on lève contre la pointe de l'autre. Le grand-maître en fait autant de l'Orient au Nord. Il doit marcher sur des lames d'épées posées à terre. Il y a de feu auprès de l'autel, afin que le récipiendaire en sente la chaleur en prêtant son obligation, sans se brûler. Le maître, là, lui fait prêter tenant la main gauche du récipiendaire sous la sienne.
Le signe du grand-maître est de faire quatre équerres des deux bras et de la main, l'abat de la main droite sur l'estomac, les doigts serrés, le pouce levé, ce qui fait deux équerres, le bras gauche appuyé sur la hanche gauche, le pouce derrière les quatre doigts serrés et tendus sur le bas-ventre, les pieds en équerre, talon contre talon.
L'attouchement se fait en prenant de la main droite libre droit de celui, qui vous examine sur la jointure du coude, au-dessus de l'endroit où l'on saigne, le pouce en dehors, les quatre doigts serrés en dedans du bras.
Le mot est Jee hoo vah, ensuite vous retirez le bras et faites l'attouchement ordinaire de maître.
Le signe d'Aaron grand-prêtre lorsque le tabernacle fut achevé, est de mettre le genou droit en terre, les coudes appuyés de façon qu'ensemble vous fassiez cinq équerres, la tête un peu penchée du côté gauche vers la terre.
Le signe de Salomon, pour la même raison, est de former cinq équerres debout, les deux pieds talon contre talon, les bras croisés sur la poitrine, le droit sur la gauche, les mains étendues, les doigts serrés, les pouces levés.
Lorsqu'il y a plusieurs grands-maîtres dans une ville, ils doivent s'assembler de temps à autre pour corriger les abus qui se commettent dans les loges de chacun d'eux. Le grand- maître de la loge où il y a à corriger va le déclarer au plus ancien.
Il ne peut y avoir plus de neuf grands-maîtres dans une ville et pas plus de trois dans la
placent où ils veulent. Le plus ancien ouvre la loge de grand-maître et demande si l'on a quelque chose à proposer et l'on délibère.
Lorsqu'un grand-maître va visiter une loge d'un autre grand-maître, il doit le faire asseoir sur son trône à sa droite, les surveillants du visiteur sont à droite et à gauche. S'il n'en a pas il est en droit d'en demander au grand-maître de la loge qui soient [sic] en état de remplir cette place. Il faut que les surveillants soient maîtres écossais pour moindre grade.
Un grand-maître reçu et établi dans une loge ne peut plus changer que de son gré, ne pouvant lui ôter son grade de grand-maître ni de maître de loge. Leur fête est le jour de Saint Jean l'Evangéliste. Ils la célèbrent avec tous les vénérables et surveillants de la ville qui doivent être de ce grade pour répandre la lumière.
Instruction
D. Etes-vous grand-maître ad vitam ?
R. On m'a reconnu pour tel à Jérusalem.
D. A quoi reconnaîtrai-je que vous êtes grand-maître ?
R. A mon zèle à rebâtir le temple.
D. Comment avez-vous voyagé ?
R. Neuf fois du Midi à l'Orient en mémoire des neuf grands-maîtres qui firent le voyage à Jérusalem.
D. Pouvez les nommer ?
R Oui, Esdras, Zerobabel, Phaleg, Jozué, Elialib, Joyada, Hamem, Nehamir et Melkias.
D. Quel est le mot de passe ?
R. Satrabuzanes132, qui mit le premier fondement du temple de Jérusalem.
D. Qui vous a le plus frappé en loge grand-maître ad Vitam ?
R. Le chandelier à neuf branches.
D. Pourquoi brûle-t-il toujours en loge ?
R. Pour nous rappeler qu'il ne doit y avoir plus de neuf maîtres dans une ville.
D. Pourquoi êtes-vous venu à vous faire recevoir grand-maître ?
R Pour recevoir les deux grandes lumières.
D. Comment les avez-vous reçues ?
R. En relevant les petites.
D. Comment avez-vous été reçu ?
R. Par le fer et le feu pour m'apprendre que je dois braver l'un et l'autre pour aider les grands- maîtres.
D. Pourquoi la loge est-elle tendue de jaune et de bleu ?
R. En mémoire de ce que l'Eternel descendit sur une nuée d'or et d'azur sur le mont Sinaï pour dicter ses commandements a Moïse et l'établir grand Sacrificateur de son peuple.
D. Pourquoi vous a-t-on choisi pour vous faire grand-maître et grand chef de loge. Comment l'avez vous mérité ?
R. Après avoir passé plusieurs années dans les ordres supérieurs de la Maçonnerie, avoir donné des preuves de mon zèle et attachement pour l'art royal, m'ayant jugé assez instruit et en état d'éclairer mes frères jour et nuit comme les autres éclairés le savent.
D. Que signifient les trois triangles, que portent les grands-maîtres sur leur collier ?
R. La haute puissance des grands-maîtres.
La loge se ferme, comme à l'ouverture.
[Signature]
Apparat critique de la transcription Aeditimus
111. Ce discours n’a rien à voir avec le présent grade.
116. Suivi de quatre caractères écrits verticalement (cf. manuscrit).
132. Ajout dans l’interligne supérieur : ou Sassbazara (difficilement lisible !).
21e degré · Noachite ou Chevalier Prussien
Cahier « Le grade de chevalier nöachite ou noëtien, ou le chevalier prussien » (p. 136-141 de la transcription).
[42v°]
Origine de ce grade
Le très ancien Ordre des noëbites, nöachites, ou noëtiens, connu sous le nom de chevalier prussien, nous fut porté de l'Allemagne par le frère Bérage, chevalier d'éloquence, autrement dit orateur de la loge du frère de Saint Gelais, chevalier, commandeur lieutenant inspecteur général des loges prussiennes ou noäbites en France, l'an de l'Ordre (style maçonnique) 4658, selon d'autres 4664.
Le grand-maître général de l'Ordre, que l'on nomme chevalier grand commandeur, est le très illustre Frédéric de Brunswik, roi de Prusse. Ses ancêtres depuis 300 ans sont les protecteurs de cet Ordre dans lequel les chevaliers prussiens célèbrent la mémoire de la tour de Babel, et des descendants de Noé.
Les païens les connaissaient sous le nom des titans, qui voulurent escalader les cieux pour détruire Jupiter, mais les chevaliers prussiens, qui ne connaissent point d'autre Dieu que le Grand Architecte de l'Univers, font consister leur bonheur à le glorifier et célèbrent tous les ans, pendant la nuit de la pleine lune de mars, la confusion des langues, et la destruction des ouvriers de la tour de Babel, qui est une grande merveille du Créateur, parce que c'est l'époque des jours de la vengeance ; c'est aussi pour cela qu'ils s'attendent dans un lieu retiré, la nuit de la pleine Lune de mars pour la célébration, et chaque mois, le jour de la pleine lune pour l'instruction, tenir loge et recevoir les prosélytes, cérémonie qui ne peut se faire qu'au clair de la Lune.
Le grand-maître de l'Ordre se nomme commandeur lieutenant, les dignitaires sont les 1 le chevalier d'office, le 2 le chevalier d'office introducteur, le 3 le chevalier d'éloquence (ou orateur), le 4 chevalier de garde, le 5 chevalier de la chancellerie et le 6 le chevalier des Finances. Les autres chevaliers de la loge s'appellent maçons prussiens ou noëtiens.
La loge doit être composée de trois chevaliers, savoir le chevalier commandeur lieutenant et les deux chevaliers d'office, mais ce n'est que dans le cas qu'il y ait disette de chevaliers. On pourrait alors se passer des autres. Le commandeur lieutenant peut faire l'orateur, et le premier chevalier d'office le chevalier de garde.
Les noächites, nommés aujourd'hui chevaliers prussiens, sont descendants de Phaleg, grand architecte de la tour de Babel. Ainsi leur Ordre tire son origine de plus loin que celle des maçons d'Hiram. C'est, tout le monde sait, que la tour de Babel fut bâti plusieurs siècles avant le temple de Salomon, et l'on n'exigeait pas autrefois que le sujet qui se proposait pour être reçu fût maçon. Mais au temps des croisades où les chevaliers de divers Ordres de l'Europe furent invités par les princes chrétiens de se lier ensemble pour conquérir les saints lieux annexés par les infidèles de ce temps-là, se firent recevoir et les chevaliers, pressés par reconnaissance, savaient ne pas pouvoir mieux placer leur affection et confier leurs mystères qu'aux maçons descendants d'Hiram et, depuis ce temps là, l'Ordre des chevaliers prussiens exigea que tous leurs récipiendaires fussent reçus maîtres de cet Ordre, sans que l'on puisse en admettre d'autres comme il parait par les statuts de l'Ordre qui sont dans les archives du roi de Prusse, par lesquelles il est expressément défendu à tous d'admettre aucun récipiendaire qu'il n'ait auparavant donné des preuves de sa capacité et de son zèle dans l'Ordre des maîtres et maçons. Il faut de plus, qu'il prouve avoir fait les fonctions d'officier dans une loge constituée et régulière.
Pour une réception
La loge doit être éclairée au moins par une grande fenêtre tournée de façon qu'elle puisse recevoir la faible lumière de la Lune. Il est défendu suivant l'usage de recevoir les rayons du Soleil ni d'aucune lumière officielle… Le chevalier commandeur ouvre la loge par trois coups, frappés tous lentement à égale distance. Le premier chevalier d'office répond par un seul coup, qu'il frappe sur le pommeau de son épée. Après le commandeur lieutenant dit : A l'ordre chevaliers, en levant les bras étendus vers le ciel et les mains ouvertes, le visage tourné du côté de l'Orient, qui est le lieu où se lève la Lune. Les chevaliers prussiens font la même chose, et le commandeur lieutenant, après avoir fait quelques actions du catéchisme, dit au chevalier d'office : Annoncez à tous les chevaliers que la loge est éclairée à tous. Tous les chevaliers reprennent une attitude naturelle.
Le tracé de la loge est le firmament. Les chevaliers regardent la Lune et les étoiles jusqu'à ce que le récipiendaire soit arrivé à la porte de la loge en dehors. Il doit être introduit sans épée, tête nue, et avec ses vêtements ordinaires, et avoir tablier et gants blancs, tels que les portent les maîtres maçons. Le 2 chevalier d'office introducteur, qui sert de protecteur au récipiendaire, frappe 3 coups lentement et à égale distance. Le chevalier [43r°] de garde répond par un seul coup. Alors le chevalier de garde, dont le soin est d'inspecter l'entrée à aucun homme, qu'il ne se soit fait connaître chevalier. Il ouvre la porte par l'ordre du commandeur lieutenant et demande tout bas au chevalier introducteur le signe, l'attouchement, la parole et le mot de passe. Ensuite il referme la porte et va dire à voix basse au premier chevalier d'office, que le chevalier introducteur a très bien répondu et qu'il demande à être en loge. Le premier chevalier d'office annonce tout haut la même chose au commandeur lieutenant qui répond, lui disant : Allez dire au second chevalier d'office que s'il est seul, il peut entrer. Celui-ci lui répond, qu'il est accompagné d'un maître, qui a des gants et un tablier blancs. En ce cas, dit le chevalier commandeur, 1 chevalier d'office demandez- lui ce que veut ce maçon descendant d'Hiram Abif. Le premier chevalier d'office va à la porte, frappe 1 coup auquel le chevalier introducteur répond par trois lents. Le chevalier de garde ouvre la porte et le premier chevalier d'office demande au second chevalier ce qu'il veut. Il répond c'est un maître descendant d'Hiram qui pour le bon plaisir du commandeur lieutenant désire être reçu maître prussien. Le premier chevalier d'office vient rendre compte au commandeur lieutenant. Pendant ce temps-là le chevalier de garde tient le récipiendaire et l'empêche d'entrer jusqu'à ce que le commandeur lieutenant ordonne de le faire entrer en maître maçon. Après qu'on lui aura demandé le mot de passe de maître, le chevalier introducteur le fait entrer en loge par trois pas de maître et le reconduit à la porte en dedans. Alors, le commandeur lieutenant dit au chevalier introducteur. Me répondez-vous du maître que vous me présentez ? J'en réponds comme de moi-même. Le commandeur lieutenant quitte sa place, va demander au récipiendaire le mot de maître [9v°] maçon. Celui-ci donne l'accolade accoutumée, ensuite le commandeur lieutenant dit aux chevaliers : Je vous annonce un maître maçon qui demande à être reçu chevalier maître prussien. Y consentez-vous ? Aussitôt les chevaliers mettent l'épée à la main, sans dire mot et en présentent la pointe au corps du récipiendaire qui répond par l'organe du chevalier introducteur, qu'il persiste dans le même sentiment, si c'est le bon plaisir du commandeur lieutenant et de tous les chevaliers de la loge. Le commandeur lieutenant répond au nom de la loge et dit : Tous les chevaliers et moi y consentent pourvu que vous renoncez à tout orgueil pendant la reste de votre vie. Il répond : J'y renonce. Le chevalier commandeur lui dit Commencez donc par faire une acte d'humilité. Alors le chevalier introducteur, assisté du premier chevalier d'office, conduit le récipiendaire aux pieds du commandeur lieutenant par trois grandes génuflexions qu'il fait du
genou gauche. Y étant arrivé, il se prosterne devant lui, qui lui ordonne de baiser le pommeau de son épée. Ensuite le chevalier d'éloquence prononce un discours sur l'orgueil des enfants de Noé et sur l'humilité de celui qui reconnut sa faute. Le récipiendaire se tient toujours à genou pendant ce discours et, lors qu'il se relève, tous les chevaliers, l'épée à la main, font le signe de maître maçon. Alors le chevalier commandeur lieutenant dit Promettez vous, foi de maître maçon, de garder les secrets [19r°], que je vais vous confier sous trois conditions. Le récipiendaire répond : Oui. Il lui dit ensuite : 1° que vous ne révélerez jamais à aucun enfant d'Adam les mystères de notre Ordre à moins que vous ne les connaissez pour maître prussiens ; 2° que vous serez officier pour tous les chevaliers, et compatissant pour ceux de notre Ordre ; 3° que vous n'entreprendrez jamais, même au péril de votre vie, qu'aucun homme porte le bijou de notre Ordre à moins qu'il ne se fasse reconnaître à vous pour chevalier maçon prussien. Le récipiendaire répond : Je le jure et m'y engage sous les conditions que vous me prescrivez. Alors, le commandeur lieutenant lui fait un discours sur l'origine de l'Ordre à peu près comme suit :
Discours sur l'Ordre des chevaliers maçons prussiens
Les descendants de Noé nonobstant l'essentiel, qui était le signe de réconciliation que le Seigneur avait donné aux hommes par lequel il les assurait de ne se plus venger sur eux par déluge universel, résolurent de construire une tour assez élevée pour se mettre à l'abri de la vengeance divine. Ils choisirent pour cela une pleine nommée Sennaar dans l'Asie. Dix ans après qu'ils eurent jeté les fondements de cet édifice, le Seigneur (dit l'Ecriture) jeta les yeux sur la terre pour confondre son projet téméraire et mit la confusion des langues parmi les ouvriers. C'est pourquoi on appelle cette tour Babel, qui signifie confusion [43v°].
Quelque temps après Nim-roth qui a été le premier à établir des distinctions parmi [43v°] les hommes, qui a vengé le droit et le culte dû à la divinité, y fonda une ville qui pour cela fut appelée Babylone, c'est-à-dire enceinte de confusion. Ce fut la nuit de la pleine lune de mars que le Seigneur opéra cette merveille. C'est en mémoire de cela que les chevaliers noächites font leur grande assemblée tous les ans au même jour. Les assemblées d'instruction se font tous les mois le jour de la pleine lune et au clair de la Lune et les loges ne doivent recevoir aucune lumière que d'elle.
Les ouvriers, ne s'entendant pas, furent obligés de se séparer, chacun prit son parti ; Phaleg, qui avait donné l'idée de ce bâtiment et qui en était le directeur et le plus coupable, se condamna à une pénitence. Il se retira dans le Nord de l'Allemagne où il arriva après bien de peines et de saline, qu'il essaya dans divers pays déserts où il ne trouva pour toute nourriture que des racines et des fèves sauvages. Dans cette partie qu'on appelle la Prusse, il y construisit quelques cabanes pour se mettre en abri du temps et bâtit à l'aide de ses compagnons un temple en forme de triangle, où il s'enfermait pour implorer la miséricorde de Dieu et obtenir la rémission de son péché.
En fouillant dans des mines de sel de Prusse, parmi les décombres, à quinze coudées de profondeur l'an 553. L'on trouva une forme de bâtiment triangulaire dans lequel était une colonne de marbre blanc sur la base de laquelle toute l'histoire était écrite en hébreu. A côté de cette colonne l'on trouva un tombeau de craie où l'on aperçut de la poussière et une pierre d'agate sur laquelle était l'épitaphe suivante… Ici reposent les cendres de notre grand architecte de la tour de Babel. Le Seigneur eut pitié de lui parce qu'il devint humble....
Tous les monuments sont chez le roi de Prusse, l'épitaphe ne dit point que Phaleg était architecte de la tour de Babel, mais l'histoire, qui est sur le base de cette colonne nous instruit que Phaleg était fils de Sem, fils aîné de Noë.
Voilà, chevalier, le grand secret de notre Ordre, qui n'est connu d'aucun enfant d'Adam. Je viens de vous le confier avec plaisir. Malheur à vous, si vous êtes assez téméraire d'être indiscret Pratiquez l'humilité à l'exemple de notre grand architecte.
Le discours fini, tous les chevaliers remettent leur épée et le commandeur lieutenant fait rendre celle du récipiendaire qu'il avait quitté avant d'entrer ; lui attache ensuite à la troisième boutonnière de sa veste, avec un ruban noir moiré, le bijou de l'Ordre.
Ce bijou est un équilatérale [sic] traversé par une flèche perpendiculaire, la pointe en bas. Il doit être en or pour les Officiers, suspendu à un cordon noir moiré de commandeur Passé en sautoir autour du col, et en argent pendu à la couture de la veste avec un ruban noir pour les simples chevaliers… Les gants et les tabliers seront jaunes pour les Officiers et blanc pour les simples chevaliers.
Le chevalier introducteur avertit ensuite le récipiendaire, après qu'on le fait laisser l'habit des enfants d'Adam pour prendre celui de l'Ordre, d'offrir des gants au commandeur lieutenant qui lui donne après le signe, l'attouchement, la parole, et le mot de passe, qu'il va rendre à tous les chevaliers en leur donnant à chacun une paire de gants.
Le signe se fait en levant les deux bras les mains ouvertes à la hauteur des oreilles en se présentant. Dans la loge on fait trois génuflexions en s'annonçant au siège.
Il y a deux attouchements. Le premier est de présenter les deux doigts index et médium à celui à qui on veut se faire connaître, l'autre y répondant en serrant de sa main droite le premier par trois mouvements lents. Le premier dit : Sem, Cam, Japhet, le second répond de même. L'autre attouchement d'entrée est se prendre réciproquement la main droite. Le premier la renverse au second en disant : Frédéric le second la renverse au premier en disant le mot de passe qui est trios fois Noë. La parole est Phaleg. Les mots sacrés sont Sem, Cam, Japhet. Clôture de la loge
Il est défendu par les statuts de l'Ordre de tenir loge de table ; comme l'on ne peut instruire le nouveau récipiendaire qu'à la faveur de quelque lumière, le chevalier commandeur lieutenant, qui est le seul dépositaire du catéchisme, peut, pour l'instruction tenir loge de table de compagnon d'Hiram, à laquelle on peut rien servir ce qui fait envie, c'est-à-dire, que ce doit être une collation frugale.
Le chevalier commandeur lieutenant est placé à l'opposition de la Lune, les quatre chevaliers Officiers en avant pour être mieux à portée d'entendre les ordres, sans place fixe pour marquer qu'un chevalier prussien ayant renoncé à tout orgueil se fait gloire de pratiquer l'humilité en tout temps [44r°].
[44r°] Comme l'on ouvre la loge par trois coups, on la ferme de même. Le commandeur lieutenant les frappe lentement, le premier chevalier d'office y répond par un seul coup et après le chevalier commandeur lieutenant dit au premier et second chevalier d'office : Annoncez à tous les chevaliers ici présents que la loge est obscurcie et qu'il est temps de se retirer. Tous les chevaliers étant à l'ordre, disent trois fois d'un ton lugubre : Phaleg.
Doctrine des chevaliers prussiens
D. Qui êtes-vous ?
R. Dites-moi qui vous êtes, je vous dirai qui je suis.
D. Connaissez-vous les enfants de Noë ?
R. J'en connais trois.
D. Qui sont-ils ?
D. Dites-moi le mot ?
R. Commencez, je vous répondrai...
D. Sem.
R. Kam [sic].
D. Japhet. – On n'en dit que les lettres initiales, on demande l'attouchement qui se donne, le signe qui se fait et la parole qui est Phaleg.
D. Connaissez-vous le grand architecte de la tour de Babel ?
R. Phaleg est son nom.
D. Qui vous a appris son histoire ?
R. Le chevalier commandeur lieutenant des chevaliers prussiens.
D. En quel lieu vous l'a-t-il appris ?
R. Dans une loge, dont la clarté ne parait que de la Lune.
D. N'aurait-on pas pu avoir d'autres lumières ?
R. Non.
D. Cet édifice était-il louable ?
R. Non, sa perfection était impossible.
D. Pourquoi ?
R. C'est que l'orgueil en était le premier fondement.
D. Est-ce pour imiter les enfants de Noë, que vous en conservez la mémoire ?
R. Non, c'est pour avoir leur faute toujours devant les yeux.
D. Où repose le corps de Phaleg ?
R. Dans un tombeau de pierre de craie.
D. A-t-il été retrouvé ?
R. Non, la pierre d'agate dit que Dieu eut pitié de lui parce qu'il devint humble.
D. Comment avez-vous été reçu chevalier prussien ?
R. Par trois génuflexions, après avoir baisé le pommeau de l'épée.
D. Pour quoi vous a-t-on fait faire trois génuflexions ?
R. Pour me faire ressouvenir que je dois pratiquer toute ma vie l'humilité.
D. Pourquoi les chevaliers portent-ils un triangle ?
R. C'est en mémoire du temple.
D. Pourquoi la flèche renversée ?
R. En mémoire de ce qui arriva à la tour de Babel… Le tablier et les gants sont en mémoire de tous les ouvriers de la tour de Babel, le cordon noir est une marque de tristesse.
D. Les ouvriers travaillaient-ils jour et nuit ?
R. Oui, le jour à la faveur du Soleil et la nuit à la faveur de la Lune. – Fin –
Fin _______________ Le bijou de chevalier prussien est un triangle d'or, au milieu une flèche, la pointe en bas. D'un coté sont a chaque angle les trois lettres en émail rouge S. C. J. et de l'autre au sommet A. L. et aux deux angles de base P.H. E.G. etc.
22e degré · Chevalier de Royal Hache
Cahier « Les chevaliers de la royale hache ou les grands patriarches, princes du Liban » (p. 162-163 de la transcription).
[48v°]
Leurs assemblées se nomment collèges. Les signes sont de lever les bras en tenant les doigts écartés, les paumes ouverts en équerre au dessus de la tête ; puis les laisser tomber perpendiculairement sur les cuisses, ce qui signifie les arbres étaient debout et je les ai abattus. Les mots pour se reconnaître sont, le premier dit : Noë, Bezeleel, Sidoniens. – L'autre répond : Japhet, Eliab, Libanus… Il n'y a point d'attouchement. Le collège s'ouvre en faisant tous ensemble les signes et l'on prononce les paroles. Il se ferme de même. On s'assure toujours avant, comme dans les précédents grades, si la loge est couverte [40r°].
Cet Ordre est fondé sur l'histoire des différents temps et occasions, où les cèdres du Liban furent coupés pour les entreprises saintes. L'explication de chaque lettre fera l'abrégé de cette histoire. Elles sont les initiales de chaque nom dont on conserve la mémoire : L. sur l'acier de la hache signifie Liban, S. sur l'autre côté de l'acier signifie Sidonien, N. sur un des cotés du manche signifie Noë dont nous descendons depuis le déluge, S. est l'initiale de Sem, C. de Cam, J. de Japhet, M. de Moïse, B. de Bezeleel, E. d'Eliab, et de l'autre côté du manche : S. est l'initiale de Salomon, A. de Abda, ADH de Adon Hyram, C. de Cyrus, D. de Darius, X. de Xerxes, Z. de Zorobabel, A. d'Ananias.
Les Sidoniens furent toujours zélés pour les entreprises saintes dès avant le Déluge. Ils s'étaient employés à couper les cèdres du mont Liban pour la construction de l'arche de Noë sous la conduite de Japhet. Ce furent eux aussi qui coupèrent les cèdres dans le même forêt sous les ordres de Moïse pour construire l'arche d'Alliance. Ils s'employèrent encore à abattre les cèdres du même mont Liban sous la conduite du même prince Harodin pour la construction du premier temple sous les ordres de Salomon et aidèrent à les descendre jusqu'au bord de la mer pour les conduire à la porte de Joppe. Ces zélés ouvriers ont encore abattu les cèdres du même lieu pour la construction du second temple sous les ordres de Cyrus, de Darius et de Xerces, sous la conduite de Zorobabel.
Cette mémorable nation formait dès les premiers temps des collèges sur le mont Liban et adorait, en travaillant, le Grand Architecte de l'Univers. Ils avaient les mêmes signes et leurs mots étaient les noms de leurs inspecteurs Noë, Sem, Cam, et Japhet. C'est par ces anciens patriarches, que l'histoire nous en est successivement parvenue après le déluge et que les collèges ont été rétablis au mont Liban pour la construction de l'arche d'alliance et après, selon les époques, pour le temple de Salomon, qui s'y fit bâtir une petite maison où il allait sur la montagne, avec le prince Harodin voir travailler les ouvriers à la charpente de cèdre. Ainsi à leur exemple nous conservons avec révérence les noms de ces vénérables patriarches et la mémoire des Sidoniens.
Toutes les lettres du bijou forment l'abrégé de cette histoire ainsi que les emblèmes du tableau.
Forme du bijou [cf. hache sur la gravure, à droite]. De l'autre côté du manche on grave ces lettres qui signifient : N : Noë S : Salomon S : Sem A : Abda C : Cam ADH : Adonhyram J : Japhet C : Cyrus M : Moÿse D : Darius B : Bezeleel X : Xerces E : Eliab Z : Zorobabel
A : Ananias _________
[Id.] De l'autre côté de l'acier, on y grave une S. pour Sidoniens. Ce bijou en doit être d'or. On le porte à un ruban d'arc en ciel soit de l'épaule gauche à la hanche droite ou en forme d'un cordon sur la poitrine. _________
[Page 49 r° vierge [49v°]]
[49v°] Le présent cahier comprend tous les grades suivants : Le premier grade de rose-croix ou chevalier de l'Aigle ou du Pélican, ou la Maçonnerie d'Hérédon, de Saint André ou le parfait maçon. Le second grade de rose-croix, ou Clavi-Maçonnerie. Savoir le postulant, le vainqueur et le formidable, qui en sont les trois degrés, autrement dit l'Ordre de l'horlogerie ou le franc- horloger. Le chevalier prussien, noachite ou noëtien. Le sublime écossais, ou le dernier point de perfection
26e degré · Prince de Mercy
Cahier « Loge des écossais trinitaires ; apprentif, compagnon et maître » (p. 39-46 de la transcription).
Lorsque tous les maîtres, que l'on qualifie de vénérables, sont assemblés, le frère terrible prend alors le titre d'Alcidony et s'arme d'une épée flamboyante, les deux surveillants se nomment vénérables Prêtres et prennent leur place à l'Orient aux deux côtés du très parfait. Alors, tous les vénérables frères sont revêtus de manteaux et de dominos noirs. Le très parfait ouvre la loge par 7 coups, le dernier détaché, et demande :
D. Vénérable frère inspecteur, quel est le devoir d'un maçon ?
R. C'est de voir, si la loge est couverte.
D. Vénérable frère inspecteur, quel âge avez-vous ?
R. Neuf ans, très puissant.
D. Quelle heure est-il ?
R. Il est une heure.
Alors, le très puissant dit : Puisque vous avez neuf ans et qu'il est une heure, le Seigneur a mis six jours à créer le vaste univers, et s'est reposé le 7, Salomon a employé six ans à la construction du temple et l'a dédié le 7 à l'Eternel, il est temps de nous mettre à l'ouvrage. Aidez-moi à ouvrir la loge.
Le très-puissant frappe sept coups, le dernier détaché, ce qui est répété. Les 1 et 2 vénérables inspecteurs disent : Vénérable frères, la loge est ouverte. On applaudit en disant trois fois Houzey. Si quelques vénérables frères ont quelque chose à dire pour le bien de la loge, ils en font part. Ensuite le vénérable frère Alcidony annonce à la loge, qu'il y a un frère, qui désirerait être admis au grade de sublime écossais. On recueille les voix et si personne ne s'oppose à la réception, tous les vénérables frères se mettent aussitôt à l'ordre, en se prosternant le genou en terre opposé à l'Orient, l'épée nue par terre d'un côté et le chapeau de l'autre, après quoi le vénérable frère Alcidony frappe à la porte, où est le récipiendaire, et l'avertit de répondre par 7 coups. Lorsqu'il les a frappés, le frère Alcidony l'introduit et lorsqu'il a fait deux ou trois pas, le très puissant demande : Quel est le mortel audacieux, qui ose pénétrer jusqu'au sanctuaire ? A l'instant tous les vénérables frères se lèvent comme par surprise, mettent leur chapeau sur la tête, et tournant la pointe de leurs épées contre le récipiendaire, et le vénérable frère Alcidony prenant la parole met, ainsi que le récipiendaire, un genou en terre et dit, que c'est un apprentif, compagnon et maître, qui demande à se perfectionner dans son art. Le très puissant demande quels sont les motifs qui l'engagent à pénétrer plus avant dans nos mystères. Le frère Alcidony répond que les motifs qui l'y engagent sont :
Le 1 pour adorer Dieu ; le 2 pour tirer sa soumission au très puissant ; le 3 pour suivre les préceptes de Salomon et le 4 pour immoler les traîtres à la Maçonnerie.
Le très puissant demande alors au récipiendaire s'il est maître. Il répond affirmativement : Je le suis, approuvez-moi, ou dit : Eprouvez-moi, l'acacia m'est connu. A cette réponse le très puissant lui dit : Puisque vous êtes maître, expliquez-nous le tableau des maîtres, qui est à vos pieds. Le récipiendaire l'explique. Le très puissant frère dit au vénérable frère Alcidony de le faire parvenir au sanctuaire, ce qui s'exécute en le faisant traverser leur tableau par trois pas de maître et le plaçant entre les deux surveillants inspecteurs qui sont assis aux deux côtés et au-dessous du très parfait. Les très vénérables frères reprennent le poste où ils étaient, lorsque le récipiendaire est entré et l'orateur prononce un discours, après lequel le très parfait fait renouveler au récipiendaire l'obligation de maçon et lui donne le 1er signe, qui est répété par le vénérable frère Alcidony et le récipiendaire. Le très parfait ordonne ensuite qu'on le fasse voyager. On lui fait faire neuf fois le tour de la loge, après quoi ils remettent un genou en
quelque chose extraordinaire. Le récipiendaire dit ce qu'il voit. N'apercevez-vous pas quelque chose au milieu de ce triangle. Oui, très parfait, je vois la lettre G.
D. Que signifie-t-elle ?
R. Le saint nom de Dieu. Le très parfait dit : Puisque cela est ainsi, prosternez-vous pour l'adorer. Lorsqu'il est prosterné, on couvre son corps, les frères le couvrent de leurs dominos. [13r°] Règne alors un grand silence dans toute la loge. On change la tenture, cela fait, le récipiendaire se lève, ainsi que tous vénérables frères qui tiennent leurs épées à la main. Le très parfait dit au récipiendaire : Eh bien, mon frère, êtes-vous dans le sentiment de garder aussi bien les respectables secrets des écossais, comme nous ne doutons pas, que vous avez gardé celui des grades où vous avez passé ? Le récipiendaire le promet, après quoi le très parfait dit au vénérable frère Alcidony : Faites-le parvenir à l'autel par l'escalier dérobé. Lorsqu'il y est arrivé, les 2 respectables inspecteurs lui passent par derrière et au-dessus de la tête leurs épées auxquelles le très parfait joint son glaive, ce qui forme le triangle écossais. On fait prêter au récipiendaire que les écossais contemplent en cette posture, après laquelle le très parfait acheva la cérémonie en frappant sur son glaive sept coups, le dernier détaché, et dit : En vertu du pouvoir qui m'a été transmis je vous reçois écossais, revêt du tablier et du cordon et lui donne les mots et les signes que le récipiendaire répète aux vénérables frères inspecteurs et prend ensuite place parmi les écossais à la droite du très parfait. Le récipiendaire doit être introduit sans épée et sans souliers. Le tableau de la loge est ci-joint avec une explication, ainsi que la manière dont la loge doit être tendue, les mots, signes et attouchements.
La loge doit être tendue de noir parsemé de flammes rouges. Pour les compagnons, celle sur l'entrée est chargée en rouge lorsque le récipiendaire est prosterné pour adorer. Elle représente le sanctuaire où repose l'Arche d'Alliance. A l'entrée du sanctuaire sont tracés les tableaux de la loge d'apprentif, compagnon et maître que l'on fait expliquer au récipiendaire. L'Arche est représentée par un double cercle de fer blanc28 autour duquel et en dehors sont gravées les lettres A. I. M29. Le [2] I. au haut et au bas, l'M. à la droite, l'A. à la gauche. Au milieu du cercle est un triangle ; à droite en bas est la lettre B. A celui de la gauche la lettre V. et la lettre S. à l'angle du haut. Les trois lettres signifient Union30, Sagesse et Beauté. Au- dessus du maître de la loge est un triangle et un vase plein d'une liqueur rouge, suspendu au plancher31, qui représente l'immensité du Dieu, ni commencement, ni fin.
La loge doit être éclairée par différents pelotons de bougies, au nombre de 5, 7 et 9. Chaque peloton arrangé, comme cela est tracé sur le plan, pour former en tout le nombre de 81 bougies. Celui qui tient la loge se nomme très parfait etc., comme il est marqué ci-dessus.
Le signe est de porter la main droite sur le front, comme pour se mettre à l'abri du Soleil, le pouce détaché des autres doigts ; on y répond en formant un triangle sur le nombril, avec les deux mains les deux pouces détachés.
Le mot est J. K. ni ou J. K. cy ou J. K. na. Cela varie dans plusieurs loges. Le mot de passe est Gab. on32.
+ L'attouchement se donne en portant la poitrine contre poitrine et prenant réciproquement dans chacune de ses mains les deux coudes de celui, à qui on donne l'attouchement.
L'âge est de neuf ans et plus. La marche comme le maître bleu en défaisant ce qu'on a fait et recommençant trois fois.
Instruction en catéchisme
D. Que venez-vous faire en loge ?
R. Adorer Dieu, suivre les préceptes de Salomon, montrer une soumission au très parfait et immoler les traîtres à la Maçonnerie.
D. Où trouveriez-vous un écossais, s'il était perdu ?
R. Entre le sang et les cendres de notre respectable maître Hyram.
D. Comment votre loge a-t-elle été constituée ?
R. Par trois holocaustes, le sacrifice d'Abraham, l'échelle de Jacob et la dédicace du temple de Salomon.
D. De quel bois a été construit l'Arche ?
R. Du bois de cèdre enrichi d'or.
D. Qui la couvrait ?
R. Deux chérubins, qui sont les symboles des 3 vertus théologales : la foi, l'espérance et la chanté.
D. Que signifie la lettre J. qui est entre l'équerre et le compas ?
R. La lettre initiale du mot des écossais.
D. Quel est ce mot ?
R. J. K. mi, J. K. ni ou Ja. K. na. Ce mot varie dans plusieurs loges.
D. Que signifient les deux SS. ?
R. Sagesse et Salomon, ou Sanctus Sanctorum.
D. Que signifient M. B. ?
R. Moïse et Barcelle.
D. Pourquoi Moïse ?
R. Parce que c'est lui, qui reçut de Dieu l'ordre de faire l'arche.
D. Qui fut Barcelle ?
R. C'est de lui dont Moïse se servit et fit [ ?] pour construire l'Arche.
D. Avec quoi portait-on l'Arche ?
R. Par des liens de bois de citim34 revêtus de lames d'or.
D. Qui portait cette Arche ?
R. Les prêtres, les lévites et les anciens du peuple d'Israël.
D. A quoi servait la cuve ?
R. A purifier les prêtres avant d'entrer dans le sanctuaire.
D. Que représentait l'étoile flamboyante ?
R. La lettre G. qui est au milieu et signifie Gomez.
D. Avez-vous des bijoux ?
R. Oui, très parfait
D. Avec quoi travaillent les écossais ?
R. Avec la craie, le charbon et la Bible.
D. Expliquez cet emblème ?
R. La craie représente la candeur de l'âme des maçons, le charbon son ardeur à adorer Dieu et la Bible un saint lieu, où sont puisés les secrets des maçons.
D. Quel âge avez-vous, respectable frère inspecteur ?
R. Neuf ans.
D. Quelle heure est-il ?
R. Une heure, très parfait.
Le très parfait dit : Voici la dernière heure et le dernier des sept jours, que le Seigneur employa à la création du monde ; c'est aussi le dernier des sept mois de la septième année, que Salomon employa à la construction du temple. Il est temps de finir nos travaux, et de nous reposer. + Il y a un autre attouchement qui est de se passer réciproquement les deux mains gauches l'une [ ?]
[13v°] Frères respectables 1 et 2 surveillants inspecteurs, Le maître secret gardien fidèle du Saint des Saints un des 7 pour aidez moi à fermer la loge. Les surveillants disent aux en remplacer vénérables frères : Aidons au très parfait à fermer la Le maître parfait, ou maître de loge. Tous font le signe et le très parfait dit : La loge des capulle, etc. sublimes écossais est fermée. Chacun applaudit en Le secrétaire intime, ou maître frappant sept coups dans les mains, le dernier détaché, et secret par curiosité, ou maître disant trois fois Houzey. anglais Le prévôt et juge ou maître irlandais Le grand-maître architecte L'un et l'autre et dépassent le pied droit en dehors au L'apprentif symbolique lieu qu'en maître bleu, on le passe en dedans. Le compagnon symbolique Il y a aussi trois autres mots, qui sont : Gomez, Gabaon, Le maître bleu symbolique Gyblym. Les trois pointes du triangle de l'attribut signifient pour Maçonnerie d'adoption les maîtres en outre des trois vertus théologales : la Trinité. Apprentiffe Compagnone Maîtresse Parfaite élue
D. Quel est le premier maçon qui a tenu loge ? Sublime élue
R. Saint Jean-Baptiste.
D. Où la tint-il ? La maçonnerie anglaise
R. Sur les bords du Jourdain. Les bûcherons ou fendeurs
D. A quelle occasion la tint-il ? Le franc horloger
R. Lors du baptême du Fils de Dieu. Les faux écossismes
D. Qui y présidait ? Le maître écossais par excellence
R. La Trinité. Ecossais des trinitaires
D. De quel pays êtes-vous ou venez-vous ? Ecossais des dominos
R. Du pays de Cabulle. Ecossais des trois JJJ
D. Qui êtes-vous ? Ecossais irlandais
R. Cabuliste. Elu de quinze apocryphe
D. [ ?] Sublime écossais anglais
R. Stuart. Les mopses La félicité Suite [Signature] Suite
Catéchisme de maître
Fin
La pure vérité Le régiment de la calotte La fidélité On lui fait monter les marches du temple en apprentif, compagnon et maître bleu. Dans chaque degré on peut l'interroger au milieu de la marche, ce qui se fait par le premier surveillant. Le très puissant lui demande : Pourquoi il arrête le récipiendaire ? Le 1 surveillant répond qu'un bon maçon ne doit point rougir de recommencer son ouvrage pour le rendre plus parfait. La marche est celle d'apprentif bleu, mais il défait tout ce qu'il a fait. Tous signes sont bons. On y répond par le signe contraire. Il y a trois mots : Jakin, Acacia, Tubalkin. L'attouchement est la double voûte. On la lève trois fois en prononçant les trois mots. La disposition de la loge est la même dans les 3 grades. On lui dit de s'instruire des 4 points cardinaux, représentés par les 4 vents : Nord, Sud, Est, Ouest, et qu'il répétera lorsqu'on le recevra compagnon.
[Suite de la colonne de droite :] Pour le compagnon écossais On lui demande son âge en Maçonnerie, on lui fait répéter les 4 points cardinaux, on le fait entrer et voyager 27 tours et comme en bleu sa marche est en compagnon bleu et il défait ce qu'il a fait. La loge est tendue de noir (comme il est dit) et quand il a marché, on le fait coucher de son long sur le ventre de façon, qu'il ait l'œil droit sur l'étoile flamboyante. On lui demande, s'il connaît la lettre G. II répond : Oui, qu'elle signifie Géométrie ou cinquième des sciences. On lui demande, s'il ne la connaît pas d'une autre façon. Il répond oui, elle signifie Good [sic], qui en anglais veut dire Dieu etc. (le reste est secret).
Le signe est de porter la main droite sur l'épaule gauche et la descendre sur le côté droit en traversant le corps. On y répond en passant la main droite au bas-ventre.
L'attouchement est de se prendre la main droite en bonne foi et de se les pousser réciproquement contre le ventre en prononçant alternativement Moabon, Jehova, Scibboleth qui sont les mots.
L'attribut est un triangle, dont les trois pointes signifient les 3 vertus théologales, etc.
Fin [14r°]
[14r°] Petit élu, autrement dit l'élu de neuf Elu de quinze La grande tenture de la loge en bleu céleste, il y a un Elu de douze ou le sublime élu trône, où se place le grand-maître, au bas duquel il y a 7 Illustre élu ou conseil des marches et au haut un tabouret, sur lequel il y a la Bible, illustres l'équerre, le compas et le marteau.
Pour l'apprentif écossais
Pour les maîtres écossais JJJ
Elu de cinq, intendant des On fait voyager le récipiendaire 81 tours autour du bâtiments ou maître en Israël cercle. On le fait marcher en maître bleu, et il défait tout Le chevalier de la royale arche ce qu'il a fait, il monte ensuite les 7 marches du trône et Le grand élu parfait, maître grand prête son obligation. etc. écossais Le rose-croix moral Autre catéchisme des maîtres écossais trinitaires Le rose-croix philosophique Le chevalier prussien
D. Etes-vous écossais ? Le grand-maître ad vitam
R. Je jouis du bonheur éternel. Le sublime écossais
D. Où est-il ? Le grand-maître des loges
R. Dans la vérité et la charité. Le grand écossais anglais, très
D. Comment avez-vous été admis ? excellent maître patriarche,
R. Par trois fois 9 grands coups. chevalier du Soleil, grand-maître
D. Que signifie ce nombre ? de la lumière
R. Il renferme toute la connaissance nécessaire au front. L'illustre chevalier élu de rose- C'est mon point d'appui. croix
D. Donnez-moi l'attouchement ? Nikots est le nom d'un fameux
R. Deux cœurs saisissent deux corps, deux mains, deux anglais qui travaillait à l'art du coudes et tous ne sont qu'un. temps du chancelier Bacon dont
D. Qu'avez-vous vu en entrant ? on a des médailles de l'Ordre et
R. Le voile qui me couvrait, me cachait aux heureux c'est le mot de passe de ce grade mortels. que le nom de Nikots.
D. Qu'a-t-on fait de vous ? Le suprême élu du tabernacle
R. On m'a transporté d'un hémisphère à l'autre ; on m'a Le sublime philosophe parfait placé à l'Occident ; il m'a semblé entendre une voix adepte ou cabaliste céleste me demander l'objet de mes pas dans la carrière Le chevalier de l'aigle noir, ou que je souhaitais parcourir. grand commandeur prussien
D. Qu'avez-vous répondu ? L'élu de l'[inconnu], la promesse
R. La volonté du Très-Haut.
[ ?] de Philippe le Bel et Bertrand
D. Quelle réponse avez-vous reçu ? Gott
R. Aimez le bien fuyez le mal et pratiquez les vertus. Le souverain commandeur du
D. Que vous est-il arrivé ? temple. Le conseil ou l'Ordre
R. Le voile qui me séparait s'est éclipsé. s'appelle cour.
D. Qu'avez-vous aperçu ? Le suprême élu du tabernacle ou
R. Une éclatante lumière, qui sortait de l'Orient. des élus parfaits. L'intitulé est
D. Que signifie-t-elle ? grand patriarche quand on se
R. La Puissance Suprême. parle ; l'Ordre s'appelle
D. Quelle place occupiez-vous alors ? hiérarchie.
R. J'étais dans le temple de Salomon, environné des Le chevalier amériquain [sic] instruments du vrai maçon. Le chevalier d'Orient
D. Que vous a-t-on fait faire ? Le chevalier d'Orient et d'Occident Le prince de Jérusalem Le chevalier kados Le chaos débrouillé ou le Soleil sortant de la mer Noire : le moral. Le grade du Soleil cabaliste, ou
Le maître par excellence Les princes du Liban ou les chevaliers de la royale hache Le chevalier sublime du royal secret Le chevalier maçon élu coën reaux ☩ de Martinez Pasqually La clef maçonnique
[Suite de la colonne de droite :]
R. La visite générale de ce temple et l'explication de ce qui en faisait l'ornement.
D. N'avez-vous point percé plus loin ?
R. J'ai porté mes pas, préservé des rayons du Soleil où l'aspect de la mort s'est présenté à mes yeux.
D. Que vous a-t-il semblé voir ?
R. Le tombeau de notre premier père environné des cruels instruments, qui ont servi à l'y faire des cendres et des larmes répandues en abondance et une branche en forme de laurier qui [14v°] caractérise [14v°] son innocence.
D. Que s'en est-il suivi ?
R. Plein d'une douleur sensible, je me suis précipité dans le même tombeau, afin de me séparer pour toujours des perfides humains.
D. Que vous est-il arrivé ?
R. J'ai entendu un bruit épouvantable, comme un tonnerre, après quoi une voix charmante m'a dit : Vertueux mortel, levez vous et venez recevoir le prix, que vous avez mérité par vos bienfaits.
D. Qu'avez-vous ressenti à ces douces paroles ?
R. Mon cœur s'est dégagé de ce qui lui restait d'amertume, mes entrailles ont tressailli, je me suis trouvé tout transporté d'amour et de respect.
D. Qu'avez-vous aperçu alors ?
R. Une lumière éclatante, impossible à fixer, un esprit répandant les faux, les plus purs, une arche d'alliance, supportée par des anges, au-dessus de laquelle était un triangle, qui renferme une lettre hébraïque.
D. Que signifie cette lettre ?
R. Good [sic] ou Jehova.
D. Que vous est-il arrivé ?
R. J'ai trouvé une cuve d'airain supportée par douze bœufs, devant laquelle étaient deux anges qui ont puisé de la liqueur qu'elle contenait avec une coquille céleste et m'en ont répandu sur le côté du cœur en me disant : Soyez purifié.
D. Quel effet avez-vous ressenti ?
R. Le feu le plus vif et le zèle le plus ardent pour combattre le vice.
D. Comment êtes-vous monté ?
R. Par 27 marches.
D. Qu'a-t-on exigé de vous ?
R. Une promesse authentique d'observer un silence éternel sur l'objet dé mon bonheur et de ses caractères.
D. Où étiez-vous placé ?
R. Entre le sang et les cendres d'Hyram.
D. Quel prix avez-vous reçu ?
R. J'ai senti une main puissante, qui m'a mis sur la tête une couronne de laurier, après quoi
D. Lors du baptême du Fils du Grand Architecte, qui y présidait ?
R. La Trinité.
D. Pourquoi la loge est-elle tendue de noir en apprentif, de rouge en compagnon et de bleu céleste en maître ?
R. Pour nous faire connaître, qu'en apprentif nous sommes dans les ténèbres et dans l'ignorance, que le grade de compagnon nous élève à la moyenne région de l'air et qu'enfin le bleu dans la Maîtrise signifie que parvenu à la Perfection, on est entré dans le 3 ciel.
[Signature]
Apparat critique de la transcription Aeditimus
28. En ajout, dans l’interligne supérieur, la figure dudit « double cercle » : deux petits cercles réunis par un segment horizontal.
29. Il est probable que cette série soit incomplète : le A. est juste sur la marge gauche, et on semble distinguer la fin d’une (plus ?) lettre(s) ; la description qui suit semble faire écho à au moins deux I.
30. Les lettres U et V ne se distinguent pas dans l’alphabet latin à l’origine.
31. Après ce mot : la même figure du « double cercle » que celle donnée supra.
32. Comme à l’accoutumé, les mots sont donnés ici sous forme abrégée.
33. Renvoi à la note en fin de la présente section (cf. Il y a un autre etc.)
34. Plus haut, en une autre partie, on trouve : setim.
35. La double page qui suit présente la particularité de voir le texte réparti grosso modo sur deux colonnes ; les deux parties étant indépendantes l’une de l’autre. De fait, seule la partie de droite semble bien faire suite à la précédente section ; celle de gauche, d’une autre écriture, étant un catalogue de grades, avec quelques notes s’y reportant.
36. Cf. supra : note 17, page 22 de la présente transcription (page 8v° du manuscrit). Notons qu’elle est ici surchargée, comme biffée.
37. Cf. note précédente.
38. Cf. supra : note 17, page 22 de la présente transcription (page 8v° du manuscrit).
39. Ajout dans l’interligne supérieur.
40. Ajout dans l’interligne supérieur.
41. Ajout dans l’interligne supérieur.
42. C’est manifestement un rajout secondaire.
43. Cf. supra : note 17, page 22 de la présente transcription (page 8v° du manuscrit).
44. Renvoi aux omissions en fin de section, page 18r° du manuscrit.
49. Cf. supra : note 17, page 22 de la présente transcription (page 8v° du manuscrit).
50. Cf. note 44 supra.
51. Ici, le manuscrit laisse des pointillés.
52. Rajout, dans l’interligne supérieur.
58. Cf. supra : note 17, page 22 de la présente transcription (page 8v° du manuscrit).
59. Ici, un signe de renvoi T, vers la précision suivante, donnée en fin de la présente section : représente [...] et. Nous l’avons placée à la suite.
60. Cf. supra : note 17, page 22 de la présente transcription (page 8v° du manuscrit).
61. Ou Jia ? La première lecture semble plus pertinente (cf. même mot infra). Cela étant, nous rappelons l’équivalence J = I.
28e degré · Chevalier du Soleil
Cahier « Le grade de chevalier de l'Aigle et du Soleil ou le chaos débrouillé » (p. 164-180 de la transcription) ; « Discours prononcé en loge de chevaliers maçons, chevalier du Soleil » (p. 181-189 de la transcription).
Le grade de chevalier de l'Aigle et du Soleil ou le chaos débrouillé
[50r°]
Ce grade m'a été donné par la loge constituée pour le régiment de Foix pendant notre campement à la grand-rivière et à notre loge de l'orient de Saint Marc le 29 mars 1764 par le frère Peyrottes. Ecrit au camp de la grand-rivière au quartier du Cap à Saint Domingue au mois de juin 1763. L'ORDRE DES CHEVALIERS DU SOLEIL
Dans ce grade le maître de la loge ou le très puissant est appelé Adam et les sept officiers frères chérubins, qui sont Zaphkiel, Zariel, Camael, Raphael, Uriel, Michael, Gabriel, et les autres sylphes s'il y en a [un] plus grand nombre. S'il se trouve [un] plus grand nombre de chevaliers du Soleil et de l'Aigle les autres seront appelés Sylphes, ils [serviront] la loge et ne peuvent porter le Soleil d'or, qu'à la boutonnière de leurs habits suspendu à un ruban couleur de feu [27v°], aussi sans tablier. Il n'y a pas de surveillants, mais seulement un membre introducteur faisant lui seul les fonctions de maître de cérémonies. Son nom en loge est celui de La vérité.
La loge doit être éclairée d'une seule lumière, attendu qu'il n'y en a qu'une qui éclaire le monde. C'est le Soleil, et qu'il n'y a aucune seule lumière divine, qui éclaire les hommes, qui ont eu le bonheur de sortir des ténèbres de l'ignorance et des préjuges devenant par elle temple de la céleste vérité. Et cette lumière doit être placée au Midi.
Pour ouvrir la loge Adam demande au frère La vérité quel temps il fait sur la terre – ou quelle heure il est, c'est égal. Le frère La vérité dit : Il est minuit parmi les profanes, mais le Soleil est en son plein midi dans cette loge. Adam dit ensuite : Profitons, mes chers frères, des faveurs, que cet être suprême nous fait en nous éclairant, pour nous pouvoir conduire dans le chemin de la vertu, en suivant les lois que l'Eternel a gravé dans nos âmes et dans nos cœurs, qui est la seule loi par où l'on puisse parvenir à connaître la pure vérité.
Après ces mots, le maître fait le signe en portant la main droite sur le cœur et tous les frères y répondent en levant la main droite [fermée – le reste est illisible – n'y a que Dieu] et, s'il n'y a point de réception à faire, l'on procède à l'instruction. Le frère La vérité [ ?] ensuite [que] la loge est ouverte et on se met à l'ordre, la main droite sur la partie du cœur.
La lumière qui doit éclairer la loge doit être posée derrière un grand globe de vase, rempli d'eau, afin qu'elle soit plus brillante. On y met encore un miroir de réflexion et doit être placée au Midi. Dans ce grade les frères ne portent point de tablier, ils portent seulement le collier143 de l'Ordre, qui est un Soleil d'or suspendu à une chaîne d'or, ou autre métal, sur le cordon écossais avec une tresse d'or autour, si on n'a point la chaîne d'or.
Adam doit être placé à l'Orient, vêtu d'une robe aurore, le chapeau sur la tête. Le sceptre tout doré ou au moins le globe et l'extrémité. Adam porte un sceptre d'or au bout duquel est un globe, il porte le sceptre parce qu'il est constitué roi du monde créé et le père commun de [50v°] tous les hommes. Le frère La vérité outre son collier, porte de droite [50v°] à gauche un ruban blanc, au bout duquel pend à une rosette un œil en or. A table l'on observe les mêmes cérémonies que dans les loges de maître grand écossais.
Les devoirs des frères sont les mêmes que ceux des chevaliers dé l'Orient, les règlements sont les généraux de la Maçonnerie.
Pour fermer la loge Adam demande au frère La vérité : Quel progrès font les hommes sur la terre pour parvenir au vrai bonheur ? Le frère La vérité répond : Les hommes ne surmontent pas les préjugés vulgaires qui ne sont que fraude et mensonge, bien peu les combattent, et très peu parviennent au saint lieu pour y frapper à la porte de la vérité et demander à être éclairés sur le vrai bien que nous devons nous efforcer d'acquérir. Adam dit ensuite : Partons, mes frères, ou mes chers enfants, pour aller en paix parmi les hommes, tâcher de leur inspirer le désir de connaître la sainte vérité sous ce voile de toutes sortes de perfections. Adam fait le signe ensuite et le frère La vérité dit : Partons, mes frères. Les frères y répondent comme au dessus. La loge est fermée et le Soleil est couché.
Réception Le récipiendaire sera conduit aussitôt que la loge est ouverte dans l'antichambre de la loge ou seront un certain nombre de sylphes qui entoureront une grande terrine pleine de charbons ardents. Ils doivent avoir chacun des petits soufflets et entretenir le feu pendant que le candidat sera dans l'antichambre. Sans lui parler jusqu'au moment où il sera introduit, le plus ancien des sylphes sortira du cercle et couvrira d'un voile noir le visage du récipiendaire qui doit être sans épée ni chapeau. On lui dit de chercher seul la porte du sanctuaire.
Le récipiendaire doit se présenter seul à la porte de la loge ayant les yeux couverts d'un bandeau noir. Il va à tâtons, et cherche quelque temps avant que de parvenir à la porte du sanctuaire. A la porte qu'il trouve, il frappe six coups avec le plat de la main ; le frère La vérité sans ouvrir la porte, lui demande ce qu'il veut. Le récipiendaire répond : Sortir des
ténèbres pour voir la vraie lumière et connaître la sainte vérité. On lui demande ensuite : Que désirez vous de plus ? Il répond : Me dépouiller du vieil homme, détruire en moi les préjugés, enfants de l'erreur dans lesquels les hommes sont tombés par la cupidité des richesses mondaines et par l'orgueil. Après cette réponse Adam ordonne que l'on introduise le récipiendaire au centre du vrai bonheur.
Le frère La vérité ouvre tout à fait la porte, le prend par la main, le conduit au milieu du sanctuaire où est tracé le tableau couvert d'un tapis noir. Etant là Adam lui dit : Mon fils, puisque par notre travail dans l'art royal vous êtes parvenu au point de désirer la connaissance de la vérité. Il faut vous la montrer toute nue, consultez-vous dans cet instant. Voyez si vous vous sentez assez de volonté pour lui obéir en tout ce qu'elle vous ordonnera, si vous êtes dans ce moment tel, que je le désire, je suis sûr qu'elle est déjà dans votre cœur. C'est que vous devez sentir certains mouvements qui vous étaient auparavant méconnus. Si cela est, vous devez espérer qu'elle ne tardera pas à se manifester, mais gardez vous de venir fouiller son sanctuaire par un simple esprit de curiosité et prenez garde d'augmenter le nombre des profanes qui l'ont si longtemps maltraitée, jusqu'à l'obliger à se cacher et à ne plus paraître sur la terre que sous un voile épais, ou à peine lui découvre-t-on les pieds. Toutefois elle n'a
[51r°] jamais cessé de se manifester dans toute sa gloire, et de se faire voir à visage découvert aux vrais maçons libres, c'est-à-dire aux vrais extirpateurs de la superstition et du mensonge. J'espère, mon cher frère, que vous serez un de ses plus intimes favoris ; les épreuves où vous avez été épuré me sont un garant de ce que je dois attendre de votre zèle ; à dire pour que dieu ne vous soit caché, j'ordonne au frère la vérité qu'il vous instruise de ce qu'il faut que vous sachiez pour parvenir au centre du vrai bonheur. Après qu'Adam a fini de parler, on découvre les yeux du récipiendaire et on lui fait voir la loge tracée sans lui en rien expliquer, après quoi le frère la vérité lui parle en ces termes :
[Discours]
Mon cher frère, la sainte vérité vous parle par ma voix ; elle a exigé de vous avant que de se manifester des épreuves dont elle se trouve satisfaite, elle vous a fait connaître en entrant dans l'Ordre de la Maçonnerie plusieurs choses qui, sans son secours seraient encore pour vous des énigmes matériels dont vous ne sauriez tirer aucune bien salutaire ; mais puisque vous avez été assez heureux pour parvenir dans ce brillant séjour, rien désormais ne peut plus vous être caché ; apprenez donc que les trois premiers emblèmes que vous avez connu étant apprentif, qui sont la bible, le compas et l'équerre, qui ont un sens caché que vous ne comprenez pas ; apprenez donc l'usage moral des trois premiers meubles que vous avez commencé à connaître. Par la Bible, vous devez entendre que vous ne devez avoir d'autres lois que celles qu'Adam a eues lors de sa création et que l'Eternel lui grava dans le cœur. Cette loi est celle que l'on appelle naturelle. Elle [pousse] l'apprentif à n'adorer et n'admettre qu'un seul Dieu, sans aucune condition ni interprétation. Par le compas que tout ce que Dieu a fait et créé est bien et que comme Souverain Auteur de tout ce qui existe en lui seul il n'y a bien ni mal. Je dis d'abord ni bien parce qu'on entend par ce mot des faits ou des actions qui excellentes par elles-mêmes sont relatives et soumises au jugement humain, pour en connaître par comparaison ou application la valeur et le prix, et que Dieu au-dessus de tout ce qui est possible ne peut se comparer à rien, n'a de relation que celle qu'il veut bien [passage illisible] dans l'univers est tel et comme il a voulu qu'il soit ; j'ai également dit qu'en lui seul il n'y a point de mal parce qu'il a fait tout avec justice, que tout existe comme il l'a voulu, conséquemment comme cela devait être. Tout de même qu'avec un compas l'on forme un cercle dont tous les points de la circonférence sont également distants du centre. Dieu est le
point central de toute chose. Donc les uns et les autres sont également proches et également éloignés d'un tout qui est Dieu. Par l'équerre, il vous est encore découvert que ce même Dieu a fait toute chose, tout de même que l'on ne saurait rendre un corps rond en le formant avec une équerre dont la propriété est de rendre les corps avec un carré parfait. Ainsi la volonté de l'Eternel, en créant le monde par un acte libre de sa volonté, cette volonté n'a pu avoir qu'un sens et n'agir qu'en conséquence, c'est-à-dire d'une seule manière, qui est celle du bien. Vous avez aussi connu un niveau, une perpendiculaire et une pierre brute. Par le niveau vous apprendrez à être droit et sincère, à ne vous point laisser entraîner par la faute des ignorants et des aveugles, à être ferme et inébranlable à soutenir les droits de la loi naturelle et les connaissances vraies et nettes de la sainte vérité. Par la perpendiculaire et la pierre brute vous devez entendre l'homme grossier poli par la raison, perfectionné et mis en [ ?] par l'excellence de nos maîtres ; vous avez une planche à tracer des dessins, elle vous représente l'homme dont l'art de puiser fait toute l'occupation, et qui n'emploie la réflexion qu'à ce qu'il voit de sens et de raisonnable. Vous avez vu aussi une pierre cube. Elle veut dire que toutes [51v°] nos actions doivent être égales par rapport au souverain bien. Les deux colonnes [51v°] nous apprennent qu'il faut s'attendre à devenir l'ornement de l'Ordre, c'est-à-dire des frères éclairés, à leur servir de base comme les anciennes colonnes d'Hercule, qui servaient de bout à l'ancien monde.
Vous avez vu cette brillante étoile flamboyante, dite la chambre du milieu, où les maîtres étaient payés, ce qui servit ensuite au lieu très saint où l'Arche d'Alliance fut renfermée. Elle doit servir à vous apprendre à rendre notre cœur droit et propre à y loger la sainte vérité, à y dresser un tabernacle et ce sera laquelle vous fera part de ses dons les plus précieux. Vous avez encore vu une étoile lumineuse, elle signifie qu'un vrai maçon en se perfectionnant dans le chemin de la vérité devient semblable à une étoile brillante qui l'éclaire dans les plus épaisses ténèbres, c'est-à-dire, qu'elle le rend utile à ceux qui l'écoutent et qui sont disposés à faire un bon usage de ses liaisons et de ses leçons.
Vous êtes aussi parvenu à la connaissance du massacre d'Hiram Abif et de la recherche que l'on fit pour le trouver. Vous avez été informé du mot et des signes qui furent substitués à ceux que l'on croyait avoir été surpris, mais dont les assassins n'avaient eu aucune connaissance, comme on le découvrit ensuite. Ils doivent être un exemple et un avis salutaire pour être sur nos gardes et être très persuadé qu'il est très difficile d'échapper aux pièges que l'ignorance nous tend tous les jours pour nous faire succomber et où tombent ordinairement les hommes les plus vertueux parce que leur candeur les rend sans méfiance, mais en ce cas il faut être aussi ferme que le fut notre frère Hiram Abif, qui aima mieux être massacré que de se rendre à leur poursuite, ce qui vous enseigne que dès que la vérité se sera faite entendre au fonds de votre cœur, vous ne devrez plus balancer sur le parti que vous devez prendre ; il faut vivre et mourir pour soutenir les droits par où l'on acquiert le souverain bien, et ne vous exposez jamais aux entretiens des profanes. Soyez circonspect avec ceux qui sont les plus initiés dans nos mystères, ne vous fiez à qui que ce soit qu'après avoir parfaitement connu le caractère et les mœurs de celui des frères qui vous paraîtra propre à parvenir au sanctuaire sacré d'où la sainte vérité rend ses divins oracles. La recherche de notre maître Hiram et les mots changés signifient que l'ignorant vulgaire ne s'attache qu'à des mots vils et superflus qui n'ont que les préjugés de l'erreur grossier et de l'ignorance pour tout fondement et qui n'appuient leur foi et leur croyance que sur des mystères semblables à ceux des anciens Egyptiens, sur une tradition qui a été changée d'un article à l'autre. Vous avez parcouru le grade de maître parfait145, au premier vous avez été décoré d'une clef d'ivoire symbole de notre discrétion et on vous a donné un premier [ ?] du nom [imprononçable] du Grand
Architecte de l'Univers [ ?] à placer [ ?] balustrade du sanctuaire [ ?] vous a donné [rang] parmi les lévites en vous apprenant le mot Zizon, qui veut dire balustrade des [lévites] lieu où l'on plaçait tous ceux qui comme vous ont fait espérer les connaissances les plus sublimes, vous y avez vu une fosse au cadavre, une corde pour le tirer, et le mettre dans le sépulcre fait en forme de pyramide, au haut de laquelle était un triangle renfermant le nom sacré de l'Eternel et au bas les deux colonnes J. et B. posées en sautoir. Par la clef d'ivoire vous devez entendre qu'il ne faut ouvrir votre cœur qu'à de bonnes [enseignes]. Par la fosse et le cadavre vous devez entendre l'homme dans l'erreur où vous êtes avant que d'avoir eu le bonheur de connaître notre Ordre, la corde dont le cadavre est ceint pour le retirer. C'est le lieu de notre [52r°]
[52r°] Ordre qui vous a retiré de la fosse, c'est-à-dire du sein de l'ignorance, pour parvenir au céleste séjour où réside la vérité ; la pyramide représente le vrai maçon qui s'élève par degrés jusqu'au plus haut des cieux pour y adorer le nom sacré et ineffable de l'Etre Suprême. Ce nouveau grade vous a approché de Salomon et cet [honneur] en redoublant votre [ ?] de vous a [mérité] de nous [telles] faveurs [ ?] ordre la [ ?] par une curiosité [ ?] laquelle votre attachement pour la maçonnerie [ ?] lieu [ ?] qualités [ ?] de votre [ ?] vous firent [ ?] parvenir dans le grade de maître anglais ou parfait. Vous y avez vu une étoile flamboyante, un grand chandelier à sept147 branches, des autels, des vases de purification, une grande mer d'airain. Par ce grade vous devez entendre qu'il faut être lavé des ordures des préjugés avant que de pouvoir passer dans d'autres grades, de se sentir en état de supporter la brillante lumière de la raison, éclairé par la vérité dont cette étoile est l'emblème. Par le chandelier à sept branches vous entendrez le nombre mystérieux des sept qui furent [nommés] et choisis pour en remplacer un seul du grand art royal, où trois frères ensemble peuvent éclairer un profane et lui faire part de trois ou sept dons de l'esprit qui vous seront bientôt connus, lorsque vous aurez été lavé dans la grand mer d'airain, et par là purifié. Dans le grade de maître irlandais dit prévôt de loge et juge, vous avez vu un petit coffre d'ébène suspendu, une clef, une balance, et une urne enflammée ; ce grade vous donne à connaître de quelles manière vous devez combattre vos passions, et que vous devez être à leur égard comme un prévôt et juge qui secoure. Par le coffre, on vous indique la plus grande observance du secret que vous devez renfermer dans votre cœur et couvrir d'un voile épais pour imiter la couleur noire de l'ébène dont il est fait, c'est-à-dire faite en sorte que jamais les profanes n'en aient la moindre connaissance, par la clef d'ivoire, on vous indique que vous avez déjà été doué d'une partie des mystères, et quand vous vous comportez avec nos frères avec équité et zèle, vous parviendrez bientôt à connaître le but général de la société ; la balance vous l'indique, l'urne enflammée vous représente, que lorsque vous serez parvenu aux sublimes connaissances, vous devrez par nos mœurs et par nos œuvres laisser après vous dans l'esprit de nos frères et même des profanes une haute idée de notre vertu, et faire ensuite qu'elle s'aperçoive de loin, comme on sent de loin l'odeur d'une urne remplie de parfums lorsqu'elle est enflammée. Par le grade d'écossais de Paris, par le grade de grand-maître architecte, celui de sublime élu et chevalier de la royale arche vous avez vu bien de choses qui sont pour ainsi dire une répétition de tout ce que vous avez déjà parcouru, toutes fois vous y trouverez trois J renfermés dans un delta. La planète de Mercure, la troisième chambre dite Gabaon, ou le troisième ciel, l'escalier fait en forme de vis, l'Arche d'Alliance, le tombeau d'Hiram Abif, vis-à-vis de l'Arche, l'urne a [ ?] précieux [trésor] [ ?] par les travaux assidus et [les] peines inouïes [des] trois zélés [ ?], la punition [des] maçons orgueilleux engloutis dans [ ?] anciennes régions [ ?], enfin la figure de Salomon, celle d'Hiram et celle de saint J. B. par les JJJ. Vous connaissez les trois noms sacrés des attributs de l'Eternel ; le mont Gabaon où l'on parvenait par sept degrés qui composaient un escalier fait [sic] les 7 degrés faits en
contours, et vous représentent les 7 différents grades par où il faut passer pour parvenir au faîte de la gloire représentée par le mont Gabaon où l'on sacrifiait autrefois au Très-Haut et où étant parvenus vous y devrez sacrifier vos passions pour ne rien faire que ce qui vous sera [52v°] prescrit par nos lois. La planète de Mercure est un figure de méfiance, pour vous [52v°] avertir de fuir ceux des frères qui par une fausse pratique entretiennent commerce avec des gens de mauvaise vie et qui le plus souvent sont semblant de ne pas se fournir de nos mystères les plus sacrés, c'est-à-dire de fuir ceux qui quoique bons en apparence sont prêts ou nier leurs engagements. L'arche au pied de laquelle vous êtes assis vous apprend qu'étant parvenu dans le saint des saints vous ne devez plus reculer, mais au contraire prier s'il le faut pour soutenir la gloire de la vérité, ainsi que le fit notre très respectable Hiram, puisqu'il mérita d'y être enseveli et dont nous avons un autre exemple dans la fermeté de Galaad fils de [ ?] chef des lévites sous le grand-maître [ ?]. Ce Galaad était de garde dans la voûte sacrée qui répondait au Saint des Saints du temple de Jérusalem pour y entretenir les lampes ardentes qu'on y brûlait sans cesse et pour y adorer et contempler la parole innominable [sic]. Semblable à Hiram Abif Galaad [ ?] mieux pris sous les ruines du temple qui était en proie à l'avarice et à la cupidité de l'ennemi, que de découvrir par une fuite mal assurée le [trésor] précieux de la voûte sacrée confié à sa garde lors de la destruction du temple de Salomon par Nabucodonosor ainsi que cela est rapporté dans le grade de grand élu parfait maître et sublime écossais. Salomon vous exhorte par son zèle pour l'art royal à suivre la sublime carrière de l'Ordre dont il est instituteur et Hiram roi de Tyr le soutien et l'appui : titre légitimement dû à ce roi qui a protégé l'Ordre et contribué de tout son poids à la construction du temple que Salomon bâtit à l'Eternel. J.B. vous enseigne à prêcher les merveilles de cet Ordre, c'est-à-dire à faire des missions secrètes parmi les hommes que l'on croira en état d'entrer au sanctuaire de la vérité pour parvenir à la connaître à visage découvert. Par le grade de favori du monarque ou secrétaire intime, vous avez entendu deux rois qui s'entretiennent de promesse et alliance et des regrets qu'ils eurent de la perte d'un de leurs confrères, une lame d'or, des gardes, un homme saisi, et prêt à subir la mort pour avoir écouté. Par l'entretien des deux rois vous vous figurez le rapport de nos lois avec le loi naturelle qui forme un accord parfait et de convenance parmi ceux qui auront le bonheur de les connaître et de contracter avec elles une parfaite alliance, de les faire parvenir au centre du vrai bonheur. Les larmes et les regrets de ces rois sont l'emblème des regrets que vous devrez avoir lorsque quelqu'un de nos frères viennent à s'écarter du chemin de la vérité et qui s'en écarte pour toujours. Celui qui écoute, qui est reconnu et que l'on conduit au supplice est l'emblème de ceux qui se sont faits initier dans nos sacrés mystères par un seul motif de curiosité, ce qui ayant été découvert, sont à jamais bannis de nos sanctuaires, et s'ils sont assez malheureux d'être indiscrets, il est etc. etc. Dans le grade de maître élu, vous avez vu témoigner que de tous les favoris qui se trouvent dans la chambre, il n'y en eut que neuf qui furent élus pour aller venger la mort de notre respectable Hiram, c'est-à-dire que beaucoup de profanes ont le bonheur d'entrer dans le sanctuaire. Mais que peu sont assez heureux pour parvenir à connaître la sublime vérité. Les qualités requises à un maçon pour parvenir au centre du vrai bien, il faut qu'il ait écrasé la tête du serpent de l'ignorance mondaine, qu'il ait secoué le joug des préjuges de l'enfance. Voilà là ce qu'il doit avoir combattu et détruit avant que d'aspirer à connaître le vrai bien. Hiram Abif était le symbole de Hoben, Akyrop. La vérité était le monstre sous la figure du serpent de l'ignorance qui a jusqu'aujourd'hui [ ?] dans le cœur du profane [timide]. C'est le même profane [ ?] qui [ ?] par un zèle fanatique l'instrument du règne monacal et religieux, qui porta les premiers coups dans le sein de notre respect à ce Hiram Abif par les fondements du temple que l'Eternel avait lui-même élevé sur la terre à la sublime vérité. Dans le premier âge du monde, nos pères n'avaient d'autres fois que la naturelle, qui les rendait les plus heureux
préjugés. Il leur promit toute sorte de béatitude en leur faisant sentir par des paroles émaillées qu'il fallait rendre à l'Eternel Créateur Souverain de toutes choses un culte plus marqué et plus étendu qu'on n'avait pas encore pratiqué jusqu'à présent. Cette hydre à cent têtes trompa dès lors et trompa encore continuellement aujourd'hui les hommes qui ont eu la faiblesse de se soumettre à son empire et cette erreur subsistera jusqu'au moment où les vrais élus paraîtront pour la combattre ouvertement et la détruire ouvertement. Le grand écossais [concernant] les [ ?] de la religion [ ?] où l'on est né, dont le culte religieux [ ?] par un esprit [ ?] de commande [ ?] un rang distingué [passage illisible] fausse piété, la cupidité dans [ ?] les biens d'autrui [ ?] un sujet de ce culte extérieur ; leur obligation et la nôtre nous met en droit par toutes sortes de voies les plus cachés de leur procurer la mort et venger la trahison par la destruction des traîtres. Prions l'Eternel qu'il daigne préserver notre Ordre d'un pareil malheur : vous en avez vu néanmoins un exemple frappant sous les yeux dans le grade de maître élu, où vous êtes parvenu par une suite de ferveur, de zèle et de constance, par 3 grades, que vous avez parcourus vous a donné à connaître bien de choses qui [53r°] conduisent au vrai et solide bien ; tel est le grand cercle [53r°] qui vous représente l'humanité de l'Etre Supérieur qui n'a jamais eu de commencement ni de fin. Le grand triangle ou le delta est la figure mystique de l'éternel ; trois lettres G. S. U. nous représentent diverses choses ; la première signifie Grand de l'Ordre maçon, la 2 Soumission à ce même Ordre, la 3 Union parmi les frères qui, tous ensemble, ne doivent faire qu'un corps ou figure égale en toutes les parties, ainsi que l'équilatéral. La grande lettre G. au milieu de l'équilatéral signifie GOMES, Grand Architecte de l'univers. Dans ce nom on trouve tous les attributs divins, elle est ainsi placée au milieu du triangle pour nous donner à entendre, que chaque cher frère doit l'avoir gravé profondément dans le cœur : un autre triangle répété, où sont renfermées les trois lettres que vous voyez ici, B. lettre initiale du mot Berith qui veux dire alliance. N. celle du mot Neder, qui veut dire promesse, S. celle du mot Selemouth, qui veut dire perfection et qui nous désigne l'alliance des franc- maçons avec la vertu, les promesses solennelles qui se sont faites de s'aimer et de se secourir et garder un secret inviolable par les mystères sacrés de la perfection :
Dans ce même grade il est dit que vous avez été reçu au 3 ciel ; c'est-à-dire où réside la vérité depuis qu'elle a abandonné la terre aux monstres qui la persécutent ; la fin du grade de grand écossais ou écossais des 40, qui est une préparation à devenir plus éclairé, pour parvenir à l'entière connaissance du vrai bon, et bonheur. Aussi vous voyez dans ce grade le baptême du Christ par J[ean]-B[aptiste]. C'est-à-dire le vrai maçon maître par la céleste lumière de la vérité, et par le renoncement volontaire à tout autre culte outre celui, qui n'admet qu'un seul Dieu créateur de toutes choses, adoré dans ses attributs ; le chevalier de l'Orient ou de l'épée, le chevalier d'Orient et d'Occident prince de Jérusalem [ ?] de l'aigle blanc et du pélican ou de rose-croix, les grands inspecteurs chevaliers de l'aigle noir et les sublimes princes du royal secret reconnus pour les grands commandeurs et chefs de l'Ordre en général, sont de nos jours reconnu pour la Maçonnerie renouvelée, c'est-à-dire épurée.
[Après le discours]
Le discours fini, il fait approcher le récipiendaire, l'embrasse et le baise au front, ce même étant le siège de l'âme. Ensuite il le décore d'un collier d'or, fait d'une petite chaîne, ou cordon au bout duquel est un Soleil d'or. Il lui donne le mot qui est ADONAI, qui signifie Souverain Etre, et créateur de toutes choses. Il lui donne ensuite le signe, qui se fait en PORTANT LA MAIN DROITE SUR L'ESTOMAC, la réponse est de lever le DOIGT INDEX, ce qui signifie qu'il n'y a qu'un seul Dieu, et une seule religion. L'attouchement se fait en se prenant par les DEUX MAINS, et les APPROCHANT LES UNES DES AUTRES ET EN LES SERRANT un peu : le mot de passe est STIBIUM, qui signifie matière première, principe coopérateur de tout ce qui est créé.
Instruction et explication de la loge
D. D'où venez-vous ?
R. Du centre des ténèbres.
D. Comment en avez-vous pu sortir ?
R. Par la réflexion et l'étude de la nature,
D. Que vous a-t-elle appris ?
R. Que les hommes en général étaient des aveugles qui se laissaient conduire par d'autres aveugles.
D. Quel est l'aveuglement que vous entendez ?
R. Je n'entends pas être privé de la vue corporelle, mais j'entends par aveugles, ceux qui sont privés de la vue et de la lumière de l'esprit et de la raison.
D. Qui sont ceux là ?
R. Ceux que le préjugé, la superstition, et le fanatisme ont séduit jusqu'à les rendre esclaves [53v°].
[53v°] D. Qu'entendez-vous par la superstition ?
R. Tout culte extérieur rendu à des idoles, l'Etre Suprême ne demandant qu'à nos cœurs pour tout sacrifice et ne voulant d'autre temple que l'univers qu'il a créé.
D. Qu'entendez-vous par fanatisme ?
R. Le zèle outré, ou toutes les sortes qui sont répandues sur la surface de la terre et ont réduit les hommes jusqu'à les porter à tous les crimes les plus affreux ; le tout pour soutenir la fraude et le mensonge.
D. Sortant des ténèbres que désirez-vous ? Le Très Puissant père Adam fait à peu près ainsi l'explication de la loge morale.
Le Soleil représente l'unité de l'Etre Suprême, car comme il n'y a qu'un seul Soleil pour échauffer la terre, il n'y a pareillement, qu'un seul Dieu, auquel nous devons nos adorations. Il est encore l'image de Dieu est peut-être regardé comme l'emblème de la divinité, puisque ce corps immense dans le fini représente l'immensité infinie de Dieu. Il est comme lui une source de lumière et de biens. Il échauffe, il produit, il règle les saisons, ressuscite la nature entière en la tirant des horreurs de l'inférieur pour lui faire succéder les délices du printemps.
[Suite de l'instruction :]
R. Parvenir au centre de la céleste vérité pour jouir de la brillante lumière du soleil.
D. Qui nous représente cet astre ?
R. Un seul dieu à qui nous devons des adorations. Le Soleil est aussi l'emblème de Dieu. Il peut être regardé aussi comme l'image de la Divinité puisque ce corps immense dans le fini représente admirablement l'immensité infinie de Dieu et est comme lui une source de lumière et de bien ; il chauffe, il produit, il règle les saisons et ressuscite la nature entière en la tirant des horreurs de l'hiver pour lui faire succéder les délices du printemps.
D. Que nous représente le triangle dans lequel le Soleil est renfermé, le tout terminé par un cercle ?
R. Cela nous représente l'immensité de l'Etre Suprême.
D. Que signifient les trois S.S.S. ?
R. Elles nous signifient SAINTETE, SAGESSE, SCIENCE.
D. Quoi de plus ?
R. Que LA SCIENCE, accompagnée de la SAGESSE rendent l'homme SAINT.
D. Que signifient les trois chandeliers ?
R. Cela nous représente le cours de la vie de l'homme, considéré dans la jeunesse, l'âge viril et la vieillesse.
D. Quoi de plus ?
R. La triple lumière qui doit nous éclairer pour sortir des ténèbres et connaître la vérité ou la Sainte trinité, symbole de la perfection pour les idiots.
D. Que signifient les quatre triangles isolés et dispersés dans le grand triangle cerclé ?
R. C'est l'emblème des quatre points principaux de la vie tranquille.
D. Quels sont ces points ?
R. L'amour fraternel pour tous les hommes, en général, et en particulier pour les maçons, et particulièrement ceux qui sont assez heureux que d'être devenus nos égaux par grades pour lesquels nous ne devons avoir rien qui ne soit, on ne doive être à leur service dans leur besoin.
2° Le second devoir est que nous doutions des choses que l'on ne peut démontrer comme vrais, mais de les regarder simplement comme étant des mystères ceux, auxquels on n'en doit ajouter aucune croyance.
3° le troisième devoir est que nous ne fassions rien dans la vie dont nous puissions nous repentir dans la justice.
4° le quatrième devoir exige de nous que nous nous confiions en la bonté de notre créateur dans ce monde, dont la sage providence veille sans cesse sur nos besoins, et à tout attendre pour la béatitude lorsque nous passerons dans l'autre vie. Enfin, nous devons être encore persuadés de cette sublime sentence du sage qui dit, qu'il n'y a pas de plus grand plaisir que celui de faire du bien, et d'éviter de faire du mal quand même on ne devrait rien attendre dans l'autre vie ni en bien ni en mal [54r°]
D. Qu'exigent de nous les sept planètes qui sont renfermées chacune dans un [54r°] un des triangles qui forment les rayons du cercle extérieur qui renferme le grand triangle ?
R. Ces sept planètes nous représentent suivant la philosophie naturelle, les sept principales passions de l'homme qui lui sont très utiles lors qu'il sait en user aux modérations et qui deviennent des excès lorsqu'il s'y abandonne, et que par là, il se dégrade d'esprit de corps et
D. Dites-moi quelles sont ces passions !
R. La préparation de l'espèce, l'ambition d'acquérir légitimement des richesses, l'ambition d'acquérir de la gloire dans les arts et sciences et parmi les hommes en général, la supériorité dans la vie civile, les jeux et la société, la bonne chère et les amusements et la religion.
D. Quel est le plus grand de tous les péchés, ce qui rend l'homme odieux à Dieu et aux hommes ?
R. C'est le suicide sous quel prétexte que ce soit, pas même pour une religion.
D. Que nous représentent les sept chevaliers dont les noms sont écrits dans le grand cercle appelé le premier ciel ?
R. Ils nous représentent les délices corporels de cette vie dont Dieu fit présent à l'homme en le créant qui sont la vue, l'ouïe, l'odorat, le goût, le tact, le repos et la pensée ou la santé.
D. Que nous représente la figure qu'on appelle l'image ou l'emblème de la conception ?
R. La pureté de la nature, qui prouve la santé du corps, de plus qu'il n'y a rien d'impie aux yeux de l'Etre Suprême.
D. Que nous représente la figure de la colombe ?
R. C'est l'emblème de notre âme, laquelle, étant toute émanée du Tout-Puissant, elle ne saurait être fouillée par les ordures du corps.
D. Que nous représente le portique ?
R. Le portique orné des colonnes JAKIN etBOOZ et surmontées du G. J. représente notre corps dont nous devons avoir soin comme d'un dépôt sacré qui nous a été confié par le Créateur.
D. Que nous représente la figure qui est sous le portique portant un agneau sur ses épaules ?
R. Elle signifie que nous devons veiller sur nos besoins comme un berger sur son troupe.
D. Que signifient deux lettres J. B. à la hauteur du portique ?
R. Elles signifient notre entrée dans l'Ordre maçon ; de plus la fermeté d'âme que nous avons toujours eu depuis le moment de notre initiation dans l'Ordre, ce qui nous a mérité de parvenir à ce haut et sublime grade pour connaître la sainte vérité et là étant parvenus nous devons être fermes dans quelque situation que nous puissions nous trouver, soit pour le bien, soit pour le mal, qui peuvent nous arriver dans le passage de cette vie.
D. Que signifie le grand J dans le triangle fermant de couronnement au portique ?
R. Que toutes nos humeurs doivent être faites dans la vue de plaire au Grand Architecte de l'Univers, à qui tout doit être rapporté comme à l'unique et première source de toutes nos actions.
D. Que signifient les sept degrés qui sont à l'entrée du portique ?
R. C'est pour marquer les 7 grades que nous devons parcourir avant que de parvenir à connaître le souverain bien, qui est la connaissance de la vérité. Les divins attributs répandus sur ces sept degrés sont 1° la Bible ou la loi de Dieu que nous devons suivre, 2° le compas qui nous apprend à ne rien faire que de juste, 3° l'équerre pour conduire nos mœurs à une [même] fin, 4° le niveau pour nous apprendre à être justes et équitables, 5° la perpendiculaire qui nous apprend à vaincre les préjugés, 6° la planche à tracer qui est l'image de notre raison dont les fonctions sont de combiner, réfléchir, comparer et penser, 7° la pierre brute l'image des vices que nous devons réformer, 8° la pierre cube
[sic] celle des passions à surmonter, 9° les colonnes pour nous enseigner la fermeté en tout,
10° l'étoile flamboyante pour nous apprendre que notre cœur doit être comme un Soleil qui
[ ?] ceux qui entrent dans [ ?], 11° la clef qui sert à nous faire tenir en garde contre tout ce qui est contraire à la raison, 12° le coffre nous apprend à tenir nos secrets enfermés, 13° l'urne que nous devons être semblables à un parfum délicieux, 14° la mer d'airain que nous devons nous purifier et nous dépouiller du vice, 15° les cercles et les triangles nous démontrent
l'immensité de la Divinité sous le symbole de la [vérité], 16° le poignard nous désigne le grade d'élu où beaucoup sont appelés et peu parviennent aux sublimes connaissances de la vraie lumière, 17° le mot Albraest, qui signifie Roi rempli de gloire et sans tache, 18° Adonaï qui signifie Souverain créateur de toutes choses, et 19° les chérubins qui sont le symbole des délices de la vie.
[Suite de l'instruction :]
[54v°] D. Que vous représente le globe terrestre ?
R. Le monde que nous habitons, dont les vrais maçons sont l'ornement.
D. Que veut dire ADONAI ?
R. C'est le nom que Dieu dit à Adam de prononcer lorsqu'il lui adressait ses prières, et que notre père commun ne prononçait qu'en tremblant.
D. Que signifient ces mots : lux ex tenebris ?
R. Que l'homme maçon éclairé par les lumières de la raison pénètre aisément à travers l'obscurité de l'ignorance et de la superstition.
D. Que signifie la fleuve, qui traverse la globe ?
R. Elle [sic] nous représente l'utilité des passions qui sont nécessaires à l'homme dans le cours de la vie, comme les eaux sont utiles à la terre pour la rendre fertile.
D. Que signifie la croix entourée de deux serpents, qui surmonte le globe ?
R. Elle nous représente qu'il faut respecter les préjugés vulgaires et être prudent à ne pas faire connaître le fonds de son cœur en matière de religion et paraître être toujours du sentiment des sots et des idiots sectateurs des mystères religieux.
D. Que nous apprend le livre avec le mot BIBLIA ?
R. Comme la BIBLE est diversement interprétée par les différentes sectes que divisent les habitants de la terre, les vrais fils de la VEUVE, c'est-à-dire les enfants de la vérité doivent douter de tout ce qui leur est offert comme mystère, ou métaphore, ainsi que de toutes les décisions de théologie et de philosophie occulte, et n admettre que ce qui est démontré aussi clairement que deux et deux font quatre ; de plus adorer un seul Dieu, l'aimer de tout son possible ainsi que son prochain, ne point faire à autrui ce que nous ne voudrions pas qu'on nous fit à nous-mêmes, et attendre après cela tout de la bonté de notre Créateur. Amen. -
Fin Statuts de l'Ordre
1° Nul fanatique ne sera admis ; la superstition en sera entièrement bannie ; l'étude principale des frères sera celle de la nature qui les convaincra de l'existence, de la magnificence, et de la puissance de l'Etre Suprême.
2° Nul ne sera admis à l'Ordre qu'il n'ait juré un secret inviolable sur les mystères, et le secret de l'Ordre.
3° Nul ne sera admis à l'Ordre qu'il n'ait donné des preuves convaincantes de sa discrétion, et de son zèle pour l'amour de la vérité.
4° Tout homme suspect en vices infâmes et dénaturés ne sera point admis dans l'Ordre. Ou du moins qu'après avoir donné pendant trois ans des preuves constantes et éclatantes de sa pénitence et de son amour pour le beau frère.
5° Tout homme qui place la souveraine félicité à boire, manger, dormir, la perfection de l'esprit dans l'art de jouer, de savoir l'histoire des toilettes, de parler le style des ruelles, de ne [55r°] lire que des contes bleus, de révoquer [55r°] en doute l'existence du Grand Architecte de l'Univers, d'en blasphémer le nom, de parler ou décrire ouvertement, sans ménagement et précaution contre les préjugés établis, est incapable d'entrer dans l'Ordre.
6 ° Tout petit maître idolâtre de sa figure, de son toupet, et de ses ajustements sera obligé en entrant dans l'Ordre de s'habiller simplement et sans parure femelle l'espace de trois ans.
7° Nul hypocrite en probité, en valeur, en dévotion ou en morale sévère, ne sera admis dans l'Ordre.
8° Tout savant qu'on recevra dans l'Ordre sera tenu de promettre qu'il préférera à l'avenir le plaisir de savoir à l'envie de briller.
9° Nul bel-esprit, qui aura médit, calomnie, satirisé en vers ou en prose et dépense ses talents en être de frivole, en blasphémer, ou sornettes immondes, ne sera reçu qu'après avoir fait un ouvrage contre sa propre impertinence et avoir donné pendant quelque temps des preuves de son changement.
10° Si un chevalier a commis quelque faute, grave ou légère, on ne pourra lui infliger de peine qu'après l'avoir entendu, et que la loge aura délibéré, étant régulièrement assemblée ; à cet effet il faut que tous les chevaliers y aient été convoqués, que le plus grand nombre y soit. Les fautes et punitions des chevaliers seront soigneusement cachées aux profanes et aux frères des autres grades sous les plus grande peines ; à moins que la loge ne juge à propos de rendre la punition publique pour réparer le scandale que la faute aurait pu susciter et soutenir l'homme et la bonne réputation de l'Ordre.
11° Tout chevalier qui sera convaincu d'en avoir abandonné un autre dans la nécessité, sera abaissé sans rémission ; les chevaliers n'ayant qu'une créance ne doivent avoir qu'un cœur et ne faire qu'un. Ceux qui ont le bonheur de parvenir à ce sublime grade, d'enfants de la vérité, doivent tout sacrifier pour s'entre-soutenir. Et pour la médaille du sublime les devises sont : Premier côté La médaille sera Second côté ci - après Virtute et silentio [cf. figure] Spes mea in deo est
[Sigle de l'avers :] Benigne In Vero Matrimonio Salamandrem Tandem Invenies.
[Initiales du revers :] Zaphkiel, Zariel, Camaël, Raphaël, Uriel, Michaël, Gabriel. Les sept chérubins sont Zaphkiël Zariel Camaël Raphaël Uriel Michaël Gabriel
[55v°] Lorsque le frère Vérité en est venu à ce point de l'explication des chevaliers d'Orient et a donné au récipiendaire cette explication détaillée, le Très-Puissant père Adam continue en adressant la parole au candidat. Adam lui dit : « Mon fils, ce que vous venez d'entendre de la bouche du frère Vérité, est un abrégé de toutes les conséquences, que vous devez tirer de tous les différents grades que vous avez parcourus comme maçon parfait. Persistez-vous dans la résolution que vous avez formé de connaître la sainte vérité et contracter nos derniers engagements ?… Répondez. »
Le candidat fait sa réponse – Adam dit :
« Frère Vérité, puis qu'il persiste, faites-le approcher du sanctuaire à genoux pour y prêter l'obligation solennelle de suivre nos lois, nos principes, notre morale et s'attacher à nous pour jamais. »
Le frère Vérité fait approcher au pied du sanctuaire le candidat qui se met à genoux et prête l'obligation suivante. Par trois fois, le père Adam lui tient les mains dans les siennes en forme d'attachement pendant l'obligation :
Obligation
Je N… promets devant la face du très Fort, entre les mains de mon souverain et de tous les sublimes chevaliers ici présents, d'être fidèle au roi et aux lois de l'état, de sceller et garder un secret inviolable sur l'éminent grade qui va m'être confié, de ne me jamais séparer de cette respectable loge sous quelque prétexte que ce soit, et d'observer toutes les lois qui me seront prescrites.
Je promets de plus de ne jamais conférer cet éminent grade qu'à un frère qui aura reçu tous les grades précédents par lesquels j'ai déjà passé et même en ce cas de ne l'accorder qu'à un frère qui aura donné de fortes preuves de son zèle et de son attachement pour la Maçonnerie et par un pouvoir signé d'un prince sublime du royal secret.
Je promets encore de ne jamais déclarer par qui j'ai été reçu ni qui a assisté à ma réception ; et si je contreviens à mon serment, je consens que tous les frères ici présents ou absents, lorsqu'ils auront été convaincus de ma infidélité se saisissent de moi, me percent la langue d'un feu rouge, me crèvent les yeux, me privent de l'odorat et de l'ouïe, me coupant les deux mains et me posent en cet état à la merci des bêtes féroces pour en être dévoré et à leur défaut je souhaite que le carreau des cieux exécute sur moi la même vengeance. Ainsi dieu me maintienne dans la droiture et l'équité.
[Après l'obligation]
L'obligation finie, Adam relève le candidat le baise au front comme étant le siège de l'âme, lui met le collier et le bijou de l'Ordre, lui donne les signes, mots de passe, parole, et attouchement. Signes
Le signe est : [pour] Adamde poser la main droite sur le cœur, [pour] le candidat, on y répond en levant la main droite et montrant avec l'index étendu qu'il n'y a qu'un seul Dieu qui est la source pure de la vérité, conséquemment qu'il ne doit jamais qu'une seule religion. De suite Adam lève la main droite et montre le ciel du doigt d'index, et le récipiendaire met sa main droite sur le cœur.
[56r°] Mots
Le mot de passe est Stibium qui signifie Matière première, principe coopérateur de toutes choses, Albraest qui signifie Roi rempli de gloire et sans tache, et après que le mot de passe est bien rendu Adam dit Albraest, et le récipiendaire répond Adonaï. Le récipiendaire. Adonaï est une parole sacrée qui signifie Souverain Créateur de toutes choses.
Lors d'une reconnaissance assurée on s'embrasse réciproquement par le baiser qui se donne au front. Ensuite. L'un dit Alpha, et l'autre répond Oméga, en finissant les mots. Attouchement
L'attouchement se donne en se serrant réciproquement la main jointe à l'autre, sans être entrelacée.
Le candidat va rendre les signes, mots, attouchements au frère la vérité, ensuite aux chevaliers et finalement aux Sylphes.
Après tout ce cérémonial, on fait au candidat les différentes explications de la loge physique et morale comme il suit.
Le frère Vérité fait l'explication de la loge physique, Adam fait ensuite celle de la loge morale. Après, avant la clôture, on instruit le candidat de la doctrine des chevaliers de l'Aigle et du Soleil.
Explication de la loge philosophique par le frère La Vérité
Le Soleil représente l'unité de l'Etre Suprême, l'unique et seul maître du grand œuvre des philosophes. Les 3 SSS. signifient Stellato Sedet Solis ou la Résidence du souverain moteur de toutes choses.
Les 3 chandeliers désignent les trois degrés du feu.
Les 4 triangles représentent les quatre éléments : l'air, l'eau, la terre et le feu.
Les 7 planètes nous désignent les couleurs principales, qui paraissent dans le régime, les 7 chérubins, les 7 métaux, qui sont l'or, l'argent, le cuivre, le fer, le plomb, l'étain et le mercure.
La conception nous démontre la pureté que doit avoir la matière pour pouvoir se conserver sans tache, elle est aussi l'image d'un nouveau roi rempli de gloire dont le nom est Albraest.
Le Saint Esprit est l'image de l'esprit universel qui donne l'âme à tous les êtres dans les 3 régimes de la nature comme le végétal, le minéral et l'animal.
L'entrée du temple est représentée par un corps parce que la nature du grand œuvre est corps. Ce corps est l'or potable à fixer.
Le monde représente la matière.
La croix fait allusion à celle du Fils de l'Eternel, car comme il nous a rachetés et purifiés du péché par la croix, de même la matière étant par même à son degré de perfection purifie les [56v°] métaux imparfaits [56v°] et donne la santé du corps comme la croix du Fils de l'Eternel donne la santé de l'âme.
Le caducée est le double Mercure qu'on doit tirer de la matière, c'est-à-dire le mercure fixé qui devient argent et or.
Le mot Stibium est le mot de passe des philosophes et veut dire Antimoine d'où l'on tire l'alkaly que l'on emploie pour le grand œuvre.
Fin de cette explication ______________
Doctrine conséquente à l'explication de la loge philosophique
D. Etes-vous chevalier sublime du Soleil ?
R. J'ai monté les 7 degrés principaux de la sublime Maçonnerie. J'ai fouillé dans les entrailles de la terre et dans les ruines anciennes et périlleuses. J'ai trouvé le plus grand et le plus précieux trésor des maçons. J'ai vu, contemplé et admiré le grand nom mystérieux et redoutable gravé sur un brillant Delta. J'ai abattu le pilier de la beauté et renversé les deux colonnes qui le soutenaient.
D. Quel est le nom mystérieux et redoutable ?
R. Je ne puis que vous en tracer les carrés caractères et substituer à sa place les mots de passe Adonaï et Alpha et Oméga, le commencement et la fin de toutes choses, ou Mahabin et Macmaha[ ?]bac.
D. Qu'entendez-vous par abattre les colonnes qui soutenaient le pilier de la beauté ?
R. C'est à dire que j'ai dévoilé par mon travail et les bontés du grand Adonaï les mystérieuses leçons de la Maçonnerie en passant par les 7 principaux grades, qui sont la maîtrise symbolique, le maître parfait par curiosité, le maître secret, le chevalier élu, le grand élu parfait maître et sublime écossais, le chevalier de l'Orient et le chevalier d'Orient et d'Occident prince de Jérusalem.
D. Que signifient les 7 planètes ?
R. Les lumières du globe céleste, et leurs influences sur le contenu de ce qui existe sur le globe terrestre.
D. De quoi est composé le globe terrestre ?
R. D'une matière formée par l'univers des quatre éléments désignés par les quatre triangles qui sont à son égard ce que sont les planètes en puissance.
D. Quels sont les noms des sept planètes ?
R. Le Soleil, la Lune, Venus, Jupiter, Mars, Saturne et Mercure.
D. Quels sont les quatre éléments ?
R. L'air, le feu, la terre et l'eau.
D. Que produisent les influences des 7 planètes sur ces 4 éléments ?
R. Les trois matières générales dont tout corps est composé.
D. Comment les nommez-vous ?
R. L'âme, l'esprit et le corps, autrement le sel, le soufre et le mercure [57r°].
[57r°] D. Qu'est-ce que l'âme ou le sel ?
R. La vie donnée par l'Etre Suprême ou les planètes et ses agents dans la nature.
D. Qu'est-ce que l'esprit ou le soufre ?
R. La nature fixe apte à toute sorte de productions.
D. Qu'est-ce que le corps ou la mercure ?
R. La matière conduite à sa forme par l'union du sel et du soufre d'où proviennent les trois régimes dans la nature.
D. Quels sont ces trois régimes ?
R. L'animal, le végétal et le minéral.
D. Qu'est-ce que l'animal ?
R. On entend par ce nom tout ce qui a vie divine ou animale.
D. Quels sont les éléments qui servent à sa production ?
R. Tous les quatre dans lesquels cependant dominent l'air et l'eau, ce qui rend l'animal la perfection des trois régimes quoique l'homme soit doué au dessus de son régime par le souffle
D. Qu'est-ce que le végétal ?
R. Tout ce qui paraît attaché à la terre ou qui règne sur sa surface.
D. Qu'est-ce qui le compose ?
R. Un feu germinatif renfermé dans un corps lequel jeté en terre s'y purifié par sa lumière, devient végétal et reçoit ensuite sa vie moyenne par l'air et l'eau ; quoique les 4 éléments diffèrent y coopèrent ensemble ou séparément.
D. Qu'est-ce que le minéral ?
R. Tout ce que la terre renferme dans son sein.
D. Qu'entendez-vous par ce nom ?
R. Ce qu'on appelle métaux, demi métaux et minéraux.
D. Qu'est-ce qui compose le minéral ?
R. L'air venant des influences célestes et pénétrant au travers de la terre lequel remontrant une matière qui par son humide le fixe et le coagule, le rend en matière minérale plus ou moins parfaite, selon le plus ou moins de cuisson et est plus ou moins estimée selon son plus ou moins d'impureté permanente d'une mélange de parties plus déliées avec des plus grossières.
D. Quels sont les métaux parfaits ?
R. L'or et l'argent.
D. Quels sont les imparfaits ?
R. Le cuivre, l'étain, le fer, le plomb et le mercure.
D. Que nous revient-il de la connaissance de ces choses [57v°] ?
[57v°] R. Nous y puisons la connaissance de ce qui nous sommes nous-mêmes, de ce que la nature produit, l'effet de ses productions et le point de perfection qu'elle donne à toutes choses.
D. L'art peut-il perfectionner plus que la nature ?
R. Oui, mais il peut avoir une connaissance exacte de la nature et de ses opérations, de la quintessence des éléments et du feu des philosophes.
D. Que peuvent vous produire ces connaissances ?
R. Une matière perfectionnée et une médecine souveraine et universelle sur les trois régimes, cette matière est ce que l'on cherche sous le nom de pierre philosophale.
D. Que vous représente le globe ?
R. Un avertissement des philosophes pour la conduite de l'artiste dans cet ouvrage.
D. Que vous signifient les mots : Lux ex tenebris ?
R. Que c'est du fond des ténèbres, que nous devons retirer la perfection et puiser la vraie lumière.
D. Que nous représente la croix du globe ?
R. De même que la voix est le salut des vrais élus, la pierre philosophale est de même la perfection des trois régimes par sa plus que perfection.
D. Que nous représentent les trois chandeliers ?
R. Les trois degrés du feu que l'artiste doit procurer à la matière pour exciter le feu interne qu'elle renferme.
D. Que nous signifie le mot Stibium ?
R. C'est le mot de passe des philosophes, qui veut dire Antimoine ou Matière première.
D. Que signifient les 7 degrés ?
R. Les différents grades de la Maçonnerie par lesquels il faut passer pour parvenir au sublime grade de chevalier de l'Aigle et du Soleil, ou du chaos débrouillé. ____________________________________ Fin ___________________________________
La loge représente des forêts.
Le Très-Puissant Adam porte un habit rouge et un manteau couleur aurore, une couronne en pointe or et bleu sur la tête, tenant un sceptre à la main, au bout duquel est un globe doré ainsi que l'extrémité du manche. Le reste du sceptre est peint en bleu.
Quelquefois Adam au défaut d'une chaîne d'or où pend son Soleil porte un cordon bleu en forme de collier. ________
Le surveillant, qui s'appelle frère La Vérité, se tient au bas de la loge tenant un gros bâton de quatre pieds de haut peint en blanc avec un œil d'or sur la pomme [58r°]. ________
[58r°] Dans une loge régulière il ne doit y avoir que douze sylphes. Les sept officiers, qui portent chacun le nom d'un chérubin et Adam et La Vérité. Et quand le nombre ne sera pas complet on recevra un chevalier d'Orient qui aura passé par tous les grades précédents et qui sera attaché au gouvernement de la loge. ________
Les 12 sylphes seront en vert. Ils auront un petit bonnet de soie bleue bordé d'un ruban couleur aurore et un tablier de peau brune sans doublure avec des simples attaches de même peau.
Ils porteront le cordon de grand écossais et serviront la loge tour à tour, avec docilité et obéissance et ceux qui refuseront de la faire seront dégradés et renvoyés pour jamais des loges. ________
Le candidat sera conduit dans l'antichambre au milieu de deux terrines de charbon ardent, et pendant un gros quart d'heure [avant] d'entrer il aura le genou gauche en terre, son coude appuyé sur le genou droit qui doit être levé, la tête appuyée sur la main droite, pendant que deux sylphes habillés comme ci-dessus souffleront ensemble chacun une terrine. ________
Il y a des loges où le candidat est introduit en voile blanc au lieu d'un noir. ________
Le candidat contracte son obligation entre les deux sylphes qui l'ont assisté. ________
Tous les chevaliers du Soleil sont obligés de faire part à la très respectable loge de Paris de toutes les connaissances de la Maçonnerie vraies ou fausses afin que les frères soient instruits du faux comme du vrai pour se garantir des préjugés et des pièges que pourront tendre ceux qui seraient pénétrants et les plus versés. ________
Fin de la clef de la Maçonnerie sous le titre de chevalier de l'Aigle et du Soleil ou le chaos débrouillé. _____________________
[Signature]
Discours prononcé en loge de chevaliers maçons, chevalier du Soleil
[58v°]
Felix qui potuit rerum cognoscere causas atque metus omnes et inexorabiles fatum subjecit pedibus streptitumque acherontis averi (Virgile au livre 2 des Géorgiques vers 490 et suivants) Heureux celui qui a pu connaître les causes des choses, la nature et ses effets, qui a dégagé son esprit de toute crainte, qui méprise l'inexorable et inévitable destin, et les bruits de l'avare Acharon.
Se dépouiller des préjugés de l'enfance, regarder comme fictions purement inappropriées les principes que l'on a sucés, pour ainsi dire avec le lait, distinguer les erreurs, d'un vulgaire ignorant et stupide des sentiments que la nature dicte et que la raison développe. Tout cela n'appartient (maçons) qu'à la saine raison que la vénérable philosophie accoutumée à ne juger des choses que par les causes combinées avec les effets. Il n'est point de lumière plus parfaite que la sienne, point de jugement plus sûr et plus parfait que le sien. C'est elle qui nous dépouille de toute crainte qui nous fait envisager d'un air tranquille le coup inévitable du sort. Metus omnes et inexorabiles fatum subjecit pedibus. C'est elle, qui nous rend justes équitables ainsi de l'humanité. C'est elle qui règle le culte que nous rendons à la divinité. C'est elle, qui dicte les lois, qui en empêche les abus, qui forme les sociétés, qui les maintient et les dirige. C'est d'elle enfin que vient cet Ordre admirable, cet Ordre civil, qui soumet le sujet au monarque et qui rend le monarque le père et le protecteur du sujet.
Que ces effets sont admirables que cet éloge de la philosophie est grand, qu'il est divin, mais tout grand, tout merveilleux qu'il vous paroisse, il est encore j'ose le dire en dessous de vrai. C'est ce que je me propose de vous développer en peu de mots par les exemples des philosophes de l'antiquité.
Pouvons nous célébrer plus dignement la fête qui nous assemble qu'en nourrissant notre esprit et notre cœur des grands principes qui ont formé particulièrement notre société ? Quelques au dessus de moi que soit cette matière, j'ai cru devoir la traiter aujourd'hui. Faites grâce à mon faible talent en faveur de l'excellence du sujet. a. La superstition (dit Cicéron) répandue par toutes les nations a subjugué presque tous les esprits, effet naturel de l'imbécillité des hommes, quand je parle ici de superstition je n'en tiens aucunement toucher à ce qui tient à la religion, c'est-à-dire au culte, que nous devons à l'Etre Suprême. b. Ce sentiment est naturellement gravé dans nos cœurs. L'ordre admirable de l'univers, la pureté de la nature, ces corps célestes, dont l'harmonie continuée et toujours égale ne s'écarte jamais de sa sphère. Tout nous dit que c'est un maître éternel, créateur, conservateur, et qui préside au mouvement régulier et périodique du monde entier. C'est ce qui fait, dit toujours ce maître de l'éloquence, que comme la religion, qui est jointe à la
connaissance de la nature, doit être conservée et étendue autant qu'il est possible. De même l'on doit rejeter tout ce qui porte le caractère de la superstition. c. Le premier point de la philosophie est de se connaître soi-même. Il suffit d'avoir cette connaissance pour sentir que nous avons en nous quelque chose de divin, que notre esprit est comme l'image de divinité et que nous ne devons rien faire qui ne soit digne de ce présent du créateur.
En nous en [ ?] de plus près, nous voyons les dons que la nature nous a faits en nous formant les moyens les facultés, que nous avons reçus pour acquérir la sagesse et les idées et les notions qui se peignent pour ainsi dire aux yeux de notre intelligence et de notre esprit. Ce sont ces idées et ces notions dont le flambeau dirigé par la sagesse même, nous en fera dans les sentiers de la morale et nous conduira à la bonté et à la béatitude. Ce sont elles qui nous font goûter les principes de cette morale épurée et d'une religion sainte. Ce sont elles encore, qui nous font jouir la nature dans ses opérations et pour ainsi dire lui voler ses secrets. Ce sont elles qui dictent les lois, qui rassemblent les peuples par un même chef, qui font parler les Cicéron, raisonner et combiner les voiries, les Richelieu, diriger les finances par les Colbert, réunir les deux mers par les Riquet, consacrer les fastes de l'univers par les Tacite, les Pline, les Dethou. Ce sont elles enfin qui, quoique conduites par la sagesse, par la philosophie, nous mènent et les même, à la connaissance de cette philosophie, de cette sagesse.
Ce que je viens de dire ici, mes frères, de la façon le plus laconique et merveilleusement écrit dans les œuvres de Cicéron, ce philosophe également éloquent et profond démontre d'une façon sans réplique tous les avantages de la philosophie, qu'il me soit encore permis de le suivre dans quelques-uns de ses détails. La philosophie est la règle sans laquelle tout tombe dans le désordre et suivant les principes de la morale qu'elle dicte, rien ne trouble l'harmonie de l'univers. Ici mes frères, ce n'est pas un paradoxe, que j'énonce. La philosophie nous prouve la [59r°] nécessité d'un [59r°] culte en nous démontrant un créateur, mais sa morale nous fait connaître en même temps qu'un culte du cœur est celui qui couche la divinité. Elle laisse au peuple ignorant et grossier qui ne connaît que ce qui affecte ses sens ces cérémonies extérieures, cérémonies dont on abuse souvent pour tromper la crédulité, cérémonies, qui presque toujours servent la turpide de nourriture et l'avarice du ministre des autels, et qui en dégradent le culte. De tout cet appareil de ce culte extérieur naît la superstition que le ministre blâme, mais qu'il entretient, dont il vit, mais qu'il préconise et que la morale rejette comme également injurieux à la divinité et à l'homme dont elle avilit la raison. Si les hommes, qui croyaient faire des actes de religion en faisant des actes de barbarie, suivaient la loi d'une morale saine et lumineuse, eut-on jamais entendu partir des serments barbares et indiscrets des Jephté et d'Idomenée et Vervier, ou encore des peuples également cruels et insensés offrant en sacrifice les premiers-nés de leurs enfants ?
Mais si la philosophie détruit la superstition, elle détruit aussi le fanatisme montrant un autre défaut d'autant plus dangereux qu'il rend la fureur et le crime une sorte de devoir. Elle désarme les traîtres et les parricides, fait respecter jusqu'aux tyrans même et ne se contente pas de gémir dans l'oppression et dans les fers, n'opposant à la tyrannie que les représentations et la soumission.
O vous qu'un aveugle transport arma contre nos concitoyens et contre nos rois, que n'étiez vous philosophes ? Vous eussiez été religieux sans être fanatiques et rebelles vous eussiez su, que votre premier devoir était de soutenir ce trône non de la religion, de défendre le royaume, non de le diviser de son devoir contre les efforts des ennemis de notre gloire et de notre bonheur et non de vous assassiner mutuellement. Infâme apologiste de ce jour ou plutôt de cette nuit cruelle, qui fera à jamais la honte de la nation, nuit dans laquelle le peuple et les grands, excités par des ministres ambitieux et cruels, chantaient des hymnes au Dieu de paix en égorgeant leurs frères, si vous justifiez les furieux, si vous sanctifiez ces cruautés, ces perfidies, la foi des serments trompée, l'hospitalité pour ainsi dire violée, vous êtes un monstre, un homme de sang et de tromperie, un homme abominable aux yeux de Dieu même puisqu'il est l'auteur de la sagesse et de la raison.
Ecartons de nos yeux, mes Frères, ces tableaux effrayants, la philosophie, non contente de
[ ?] la superstition en furie, range dans une même classe de société tous les hommes en général quoique différents dans le culte et dans le dogme. Il ne m'appartient pas ici, mes frères, de pénétrer dans le souterrain, ni de prononcer sur le procès des religions, je donne et vous donnez avec moi l'hommage de notre respect et de votre culte à celle dans la quelle vous êtes nés, mais sans oser lever le voile qui dérobe à nos yeux l'Arche sainte, la philosophie rend respectable à la société quiconque fait profession de droiture et d'équité. Elle reçoit ensemble l'idolâtre et le chrétien, le catholique et le protestant, le romain et l'anglican. En un mot elle rassemble tous les peuples de l'univers, dans un même corps de société dont elle est la base et le lieu. Laissant au vil peuple l'espoir des récompenses et la crainte du charmeur, il lui suffit d'elle même pour nous maintenir dans l'esprit de droiture et d'équité. Ecoutons-le, mes frères, elle nous donnera des règles pour tous les états de la vie, suivez-la, princes, vous serez heureux, affables, guerriers, vous épargnerez le sang, vous garderez les lois de l'humanité parmi vos ennemis même, juges, rien ne pourra corrompre notre justice. L'équité dictera toujours vos sentences financiers, vous serez moins durs si soudain vous oublierez moins votre origine, marchands, vous serez plus fidèles, moins trompeurs artistes, vous serez plus laborieux artisans, vous serez plus assidus, moins débauchés, chefs de famille, vous serez moins répandus aux dollars, plus attentifs et plus conservés avec vos enfants, ministres des autels… Je n'ose vous nommer. Il n'appartient pas à un frivole Israélite d'exposer les défauts des princes de Juda, raisonnez seulement et vous verrez que la morale s'exprime encore plus par les exemples que par les discours. Et pourriez-vous chercher à persuader si vous n'édifiez pas, raisonnez encore une fois, cherchez à être des hommes avant de vouloir passer pour des anges. Encore un mot, mes frères, sur les avantages de la morale. Elle seule est suffisante pour retenir les criminels. Que le voleur, que l'assassin raisonnent. Ils verront qu'ils n'ont aucun droit, ni sur la vie, ni sur la bourse des autres. Que le voluptueux s'examine. Il sentira qu'en se livrant à ses plaisirs, il détruit sa fortune par sa faute, que le vindicatif réfléchisse qu'outre les périls auxquels expose la violence. Il est plus beau de pardonner que de punir. Enfin suivons les principes de la philosophie de la morale et de la sagesse et de la raison, ce qui est synonyme. Nous ne pouvons nous écarter des sauveurs de la religion, de la justice, de l'humanité et société !
Quel bonheur, mes frères, d'avoir pendant le cours de cette vie mortelle un flambeau qui nous guide, un règle nous conduit ; mais quel bonheur plus grand encore d'être dégagé des craintes et des horreurs inséparables de la fin de notre être. Oui, la philosophie voit de loin, comme de près, le terme auquel tout aboutit. Les tableaux effrayants faits pour contenir dans le devoir le peuple grossier et stupide n'ont rien qui l'épouvante de son âme. Cette portion, cet écoulement de la divinité retourne à sa source, elle se réunira celui qui est l'esprit et l'intelligence même, elle vit dans cette intelligence, le reste périt et tout ce qui demeure est l'impression de justice ou d'injustice, que nous laissons dans la mémoire de ceux avec qui nous avons vécu et qui ont été témoins de notre droiture ou de nos dérèglements [59v°].
[59v°] Pour nous, mes frères, qui annonce le bonheur d'être relevés par les liens d'une même philosophie, conservons longtemps ce flambeau précieux, le dépôt sacré. Rappelons souvent la morale qui fait la règle de nos mœurs et que la philosophie nous a dicté, songeons qu'être maçon c'est être philosophe, c'est-à-dire à adorer la vérité, Divinité, plein de confiance en elle de défiance de lui-même : Side Deo dissida tibi, c'est ne former que des vœux utiles et discrets : fac propria castes fundapreces, se contenter de peu éviter de superflu : paucis utere magna fuge, écouter beaucoup : multa audi, parler peu : dic pauce, taire ses secrets : tace abdite, pardonner ou épargner aux inférieurs : disce minori percere ; céder aux supérieurs : majori cedere, conserver l'égalité avec ses égaux : ferre perena, ne pas s'impatienter dans l'adversité : tolle morar fer male, mépriser les orgueilleux : contriuvere superbos, enfin d'apprendre à vivre avec équité : disce Deo vivere, pour voir la mort venir pour me servir des termes d'un de nos poètes sans le désirer, ni le craindre : disce mori. Voilà, mes frères, les avantages que la philosophie procure. Puissiez-vous les goûter en leur temps. Puissé-je moi- même les partager avec vous.
Fin
[Signature] Suite du tableau de la loge
D. Que signifient les divers attributs, répondez sur ces degrés ?
R. La bible est la loi de Dieu, que nous devons suivre. 2. Le compas nous apprend à ne faire rien que de juste. 3. L'équerre conduit nos [mains] à une même fin. 4. Le niveau nous montre à être justes et équitables. 5. Le perpendiculaire à être droits et vaincre les préjugés. 6. La planche à tracer est l'image de notre raison, dont les fonctions sont de combiner réfléchir, composer et penser. 7. La pierre brute est celle des vices que nous devons réformer. 8. la pierre cube, celle des passions à surmonter. 9. Les colonnes nous apprennent la férocité en tout. 10. L'étoile flamboyante nous apprend que notre cœur doit être comme un Soleil qui éclaire ceux qui entrent dans son tourbillon. 11. La clef est pour nous faire tenir en garde contre tout cc qui est contraire à la raison. 12. Le coffre nous apprend à tenir nos secrets enfermés. 13. L'urne, que nous devons être semblables à un parfum délicieux. 14. La mer d'airain, que nous devons nous purifier et nous dépouiller des vices.
15. Des cercles et des triangles nous démontrent l'immensité de la Divinité, sous le symbole de la vérité. 16. Le poignard nous désigne le grade d'élu, où beaucoup sont rappelés et peu parviennent aux sublimes connaissances de la vraie lumière. 17. Le mot Albraëst signifie Roi rempli de gloire et sans tache. ______________
Alphabet + Les cinq voyelles.
# ▽ J ⊙ ++ Les sept chérubins.
Y Z & +++ Les mots des grands ⋀ ⊏ ∟ élus parfaits maçons et
+ A E I O U sublimes écossais. ++ Z Z C R U M G # La lettre initiale du grand
B C D F G H K mot innommé entre un +++ B B S S E M G M A triangle et un cercle
L M N P Q R S T X qui désignent l'alpha et v voyelle pour oméga.
[60r°]
Zaphkiel, Zariel, Camaël, Raphaël Benigne in vero matrimonio Salaman-
[60v°]
[61r°]
[61v°]
Apparat critique de la transcription Aeditimus
143. Initialement, on lit : tablier, barré et corrigé comme indiqué ici.
145. Ici, une insertion (en marge gauche) non éclaircie quant à l’emplacement exact : maître secret et maître parfait, 4ème et 5ème grades. Il est possible de considérer cet ajout marginal comme immédiatement consécutive à la mention du texte : maître parfait, qu’elle complète alors.
147. Ce nombre surcharge et corrige une première mention, illisible. Une même surcharge plus loin semble remplacer un 3.
29e degré · Grand Écossais de Saint-André d'Écosse
Cahier « Grade de grand élu accepté ou des croisades, patriarche et chevalier du Soleil, grand-maître de la lumière » (p. 79-83 de la transcription).
[22r°]
Instruction pour l'ouverture de la loge
D. Quelle heure est-il ?
R. Midi plein, le Soleil nous éclaire.
D. Qui conduit ici vos pas ?
R. L'amour de mes devoirs et de la Maçonnerie, les obligations que j'ai contractées et le désir ardent d'arriver au degré de perfection d'un véritable maçon.
D. Qu'apportez-vous ?
R. Un cœur zélé et partisan de la vertu.
D. Quelles sont les qualités pour l'acquérir ?
R. Eloigner de lui l'iniquité, la vengeance et la jalousie, être toujours prêt à faire du bien et avoir le mensonge en horreur.
D. Comment doit-on être dans ce lieu respectable en observant le silence, la candeur et le respect ?
R. C'est qu'il est ici quelque chose au-dessus du très respectable.
D. Pourquoi les respects lui sont-ils dus ?
R. Parce qu'il contient le nom du Grand Architecte de l'Univers, que nous sommes en sa présence et que nous ne devons jamais le perdre de vue.
D. Quel âge avez-vous ?
R. Neuf fois neuf ans.
D. Pourquoi ce compte ?
R. Parce que je suis parfait maçon, que nos épreuves sont remplies, et qu'il ne me reste plus qu'à recueillir le fruit de mes travaux.
D. Qu'avez-vous contracté en vous faisant recevoir grand élu etc. ?
R. Une alliance étroite avec la vertu.
D. Quelle en est la marque ?
R. Un anneau, que nous devons porter, qui s'est d'emblème à notre union.
D. Encore une fois : Quelle heure est-il ?
R. Midi plein.
D. Que signifie cette réponse ?
R. Que le Soleil, en nous éclairant, nous avertit de travailler efficacement à la perfection.
D. Où trouve-t-on les matériaux ?
R. Dans les trésors des zélés et vertueux maçons, qui se règlent sur le niveau, l'équerre et le compas.
D. Où trouve-t-on la sagesse ?
R. Dans le cœur des frères de cette loge, dont vous êtes le soutien et l'ornement.
Alors le Patriarche se lève et dit : C'est sur votre conduite, mon très cher frère, que je veux régler la mienne et m'efforcer et seconder en tous vos désirs. Respectables 1 et 2 surveillants, aidez-moi à ouvrir la loge de grands élus acceptés des Croisades. Les surveillants répètent ce que le Patriarche a dit. Alors, le Patriarche ou très excellent frappe neuf coups sur son tambour de cette manière : 2 et 1, 1 et 2, 111. Les respectables surveillants répètent le même nombre sur les leurs et le Patriarche dit : A l'ordre mes frères, puisque le Soleil nous éclaire, qu'il est à sa verticale. Annoncez 1° et 2° respectables surveillants, que la grande loge
élue, soutien de la Maçonnerie, est ouverte, et que chacun doit travailler avec zèle, ferveur et constance.
Le signe se fait, le pouce en équerre sur le bas ventre, les quatre doigts étendus, on la tire horizontalement pour faire le signe ; et c'est ainsi, qu'on se tient à l'ordre. Ordre de la loge
Le Patriarche ou très excellent est sous un dais rouge, garni en or. Les deux respectables surveillants sont à ses côtés. Tous trois doivent être habillés d'une robe rouge et avoir un tambour couvert d'une gaze rouge, pour commander les travaux.
Réception
On amène le proposé sur ses vœux, et l'introducteur le conduit partout où il doit aller, après l'avoir examiné scrupuleusement sur les grades, qu'il possède. Première loge d'apprentif
[22v°] La première loge est un enclos au fond duquel est le temple. Un peu en avant sont les deux colonnes J et B, à côté desquelles sont deux petites colonnes où sont logés deux maîtres. Sitôt que le récipiendaire est entré dans l'enceinte, il prend une pierre brute dans la main. On le conduit à la colonne J. Il frappe trois coups à la porte et présente la pierre à Jakin qui parait en même temps. Il marche en apprentif et fait le signe de la terre, en prononçant le mot. Il marche trois pas ordinaires en avant et en arrière.
Le signe est de s'essuyer le front avec les quatre doigts étendus en disant : Ardazaël ou : Tout est peine et travaux. Ensuite l'introducteur le fait voyager de la colonne J. à la colonne B. et le ramène à la première, où il est décoré par Jakin d'un ruban couleur de feu, après quoi il prend de la main gauche une pierre cubique adoucie et polie qu'il porte à la colonne Booz. II la tient contre la poitrine et, en cet état, est conduit à la porte de la dite colonne, où il frappe cinq coups. Booz paraît, il lui présente la main droite et lui remet la pierre cubique, ensuite on le fait entrer dans la galerie qui précède la seconde loge. On l'interroge sur le signe et le mot de passe de compagnon. Il voyage cinq fois autour d'un tombeau placé au milieu de la galerie et marche en compagnon, qui est la même que celle d'un compagnon bleu. Le signe de l'eau
Etendre sa main comme si on voulait saluer, puis la laisser tomber en prononçant le mot Farlaë ou : Je vous présente un cœur pur et net. Ici l'orateur fait un discours par lequel il exhorte le récipiendaire à être sage et vertueux. 2 loge ou loge de compagnon
Cet appartement doit être tendu de noir avec des colonnes blanches. Le tableau représente le lieu où reposait le corps d'Hyram, lorsque l'on travaillait au tombeau que Salomon lui faisait élever. Il ne doit y avoir qu'une seule lumière vers le Septentrion et trois poignards auprès. L'étoile flamboyante est dans un coin de la loge entre l'Orient et le Midi.
Préparation du récipiendaire
Il doit être vêtu d'une robe blanche, les cheveux épars et décoré du tablier écossais et d'un petit cordon ponceau que Booz passe lui-même de l'épaule gauche à la hanche droite, au bas duquel est l'attribut qui est une équerre renversée que soutient un poignard dans l'angle. Il prend dans la main gauche une pierre cubique parfaitement polie et toujours accompagné de l'introducteur, il va se présenter à la loge de compagnon. Il y est annoncé par 3 fois 3 coups, le terrible ouvre, lui prend son ouvrage et l'annonce à la loge, qui a ordonné de le faire entrer, s'il est en état convenable et suffisamment instruit. Le terrible exige le mot, le signe et l'attouchement de compagnon, après quoi il est introduit
II voyage sept fois autour du tombeau et, à la fin du dernier tour, il fait le signe d'horreur. Il marche ensuite en maître Symbolique et en donne l'attouchement en prononçant le mot. Le signe d'horreur se fait en tournant la tête du coté gauche et regardant les trois poignards posés à terre, on lève les mains en l'air, on les porte un peu vers la droite.
La marche de maître Symbolique se fait en avant et en arrière ; l'attouchement de maître Symbolique aussi en disant le mot Nekamak. Ici l'orateur lui fait un autre discours. Préparation du récipiendaire pour entrer dans la grande loge. On l'habille en noir dans la 2 loge, d'où il sort par la porte de l'Orient et par une allée fort étroite. Il est conduit auprès d'un escalier fait en forme devis de 3, 5, et 7 marches. On entre sous la Voûte Sacrée, au bout de laquelle est située la grande loge ; mais avant que d'y arriver
[23r°] on traverse un petit corridor qui mène au bas de la belle galerie qui forme l'entrée du temple. A la sortie de ce corridor on trouve les deux autres éléments qu'il faut passer. Le premier est celui du feu, lamé de tous côtés par deux colonnes, qui soutiennent une guirlande tout enflammée sous laquelle il faut passer en faisant le signe et prononçant le mot. Le signe se fait les deux bras croisés et le front appuyé dessus en disant : Ici tout vice expire. Il passe ensuite l'éliment de l'air qui est de sauter un fossé au pied de l'escalier, en faisant le signe et prononçant le mot.
Le signe se fait en levant la main droite en l'air et en disant : Talus ou Jalus : La voûte monte au ciel. Introduction du récipiendaire dans la grande loge
Il monte les neuf degrés de l'escalier et frappe à la porte en grand écossais a[ccepté]. Le frère terrible, qui représente Stolkin paraît avec un triple triangle sur la poitrine au milieu duquel est un Soleil et, tenant de la main droite une épée flamboyante, il interroge le récipiendaire ; puis il va l'annoncer à la grande loge. A son retour il exige de lui les mots, signes et attouchements, puis lui montre une table à sa gauche, couverte d'un tapis rouge, sur laquelle est une cuvette et un poignard ; en le présentant au récipiendaire, il lui demande s'il ne s'est jamais servi de ce glaive. I.e récipiendaire répond : Si je m'en servais, ce serait pour punir les traîtres parricides. Après quoi il jette le poignard à sa gauche, se lave les mains. Le frère terrible l'annonce et la loge lui est ouverte. Il reste au bas et le Patriarche lui dit :
Vénérable frère, les épreuves par lesquelles on vient de vous faire passer doivent vous faire entrevoir l'importance du grade qui va vous être conféré. Vous allez voir la Maçonnerie dans tout son jour, peut-être en connaîtrez vous le but. Soyez donc essentiellement discret. Parvenu à ce degré éminent vous serez désormais annoncé comme un des dignes soutiens de cet Ordre respectable, mais réfléchissez bien sur ce que vous allez entreprendre. On laisse le récipiendaire réfléchir un moment après quoi il voyage neuf tours, puis traversant le cadavre,
[Discours]
Le discours du Patriarche est en blanc68.
[Après le discours]
Lorsqu'il est fini, il ajoute : Avant de vous découvrir la connaissance et l'origine de nos sages lois et leur ancienne institution, nous avons éprouvé votre discrétion dans les grades par lesquels on vous a fait passer. Elle doit être plus exacte que jamais et il vous est fait très expresses défense, sous peine d'être à jamais banni de toutes les loges de l'Ordre, de communiquer celui-ci avant trois ans expirés à compter de cc jour, sous quelque prétexte que ce soit, ne pouvant être dégagé que par moi ou par une loge d'écossais acceptés, régulièrement constituée par [le] C. S. pr. Ec69. ou par pouvoirs émanés de lui. Si même il y a une loge de ce grade régulièrement établie, vous ne pouvez même après votre temps expiré, user de votre droit, si elle tient ses séances à cinq lieues à la ronde de l'endroit, où vous vous trouvez, comme aussi s'il n'y en a point, vous êtes obligé, avant de communiquer ce grade, s'il se trouve des frères qui en soient décorés aussi à cinq lieues à la ronde, de les en prévenir avant de pouvoir dévoiler cette science, où peu de maçons peuvent atteindre. Obligez-vous totalement devant Dieu et en notre présence d'observer religieusement ce que vient de vous être prescrit et les devoirs imposés par ce sublime grade ?
Obligation
Je promets et juge devant le très excellent de l'Ordre de ne jamais conférer sous quelque prétexte que ce soit le grade, qui va m'être communiqué qu'après avoir trois ans révolus à [23v°] compter de ce jour [23v°] de ne point solliciter ou séduire les femmes ou filles des chevaliers maçons écossais Acceptes, ni rien de ce qui peut l'intéresser. Je promets de plus de n'admettre à ce grade supérieur que des maçons d'une probité reconnue sous peine d'encourir la fin des très malheureux compagnons G. G. G.
Le Patriarche le relève, lui donne le signe en mettant le pouce sur l'œil droit en étendant en l'air le premier doigt en équerre et en visant au bout comme si on voulait prendre le point de vue en disant : je compte aller jusqu'au Soleil. Marche
On trace une croix comme ci-dessous70. On se place d'abord au point M. D'où on part pour marcher au point A. par trois pas d'apprentif Symbolique. Du point A. vers le petit coin B. en faisant le pas de compagnon Symbolique. Du point B. à la petite croix C. et le 2 pas de compagnon. Du C. au D. milieu de la grande croix et le 3 pas de compagnon du point D. à la petite croix E. et le premier pas de maître Symbolique de E. à F. et le 2 pas de maître Symbolique et de F. en G. avec le 3 pas de maître Symbolique.
Après la marche le Patriarche prend les G3° … grades inférieurs. Vous deux anneaux qui ont été mis sur l'autel pour le récipiendaire. Il lui en donne un, garde l'autre et dit à l'orateur de faire au
récipiendaire l'histoire du grade. F +
après l'histoire, on décore le récipiendaire du cordon, bijou et tablier et gants, après quoi le Patriarche s'adressant à la loge dit : Respectable maîtres grands écossais acceptés, par le
grade que vous avez mérité, C2° +
vousdevez être en état de conduire et distinguer tous maçons ordinaires jusqu'à ce qu'ils puissent, par leur zèle et leur vertu, obtenir le même bonheur. Je vous A M exhorte à travailler, à acquérir des connaissances et des lumières pour éclairer vos frères des…
D. Respectables frères, quelle heure est-il ?
R. Il est minuit plein.
Le reste comme en loge Symbolique et à la fin le Patriarche dit : Souverain Architecte de l'Univers, si nos travaux vous sont agréables, nous vous les présentons pour vous supplier de nous accorder la récompense que vous promettez à vos élus. Le tablier
Sur la bavette est un triple triangle autour duquel est écrit : estime des beaux-arts, amour de la vertu, désir des sciences. Sur le tablier au-dessous de la pointe de la bavette est un Soleil et un œil réunis par les pointes d'un compas ouvert et entre le Soleil et l'œil est un J, au-dessus trois colonnes et en triangle, sur le tablier trois bras auxquels pend un poignard traversant autant de têtes. L'étoile flamboyante en bas, une clef, deux arbres et neuf rosettes, qui garnissent le tablier. De l'autre coté du compas est une épée flamboyante.
[Signature] serez responsables, plus qu'un autre, quand vous ferez des demandes contraires à vos
engagements et aux règles de l'Art Royal. + + E Puissent les trois
génies paisibles, qui président à la sainte alliance, de laquelle vous êtes au - -jourd'hui les chefs. Vous proscrirez du parjure en manifestant à ce que vous devez à l'Eternel, à vos frères, à vous même et à
+ B1° l'Ordre en général.
On parle ensuite du catéchisme, on fait la chaîne. La parole sacrée est passée et on ferme
la loge comme suit :
Apparat critique de la transcription Aeditimus
68. Cette mention, parmi d’autres nombreuses qui émaillent ce manuscrit, prouve à l’évidence qu’il s’agit là d’un canevas (ou d’une copie partielle) destiné à un usage restreint. Au reste, on aura noté çà et là de nombreux renvois à des figures (notamment) absentes du présent manuscrit. L’ensemble de cette pièce est donc bien incomplet et insuffisant en soi.
69. Soit : Conseil suprême des princes écossais.
70. Dans le manuscrit, la figure de la croix occupe le centre de la page 23v° ; le texte descriptif y figure autour : quadrant supérieur gauche, puis inférieur gauche, puis supérieur droit, puis inférieur doit. Des pointillés y figurent la marche rituelle (cf. manuscrit).
152. Ce passage figure dans le manuscrit en marge supérieure du texte ; il est destiné à expliciter ce que fait ici le « Très Puissant ».
153. Ce passage figure dans le manuscrit en marges inférieure (début : 1° à 11°) et supérieure (fin : 12° à 19°) du texte ; il est destiné à expliciter la réponse précédente.
154. Cf. note 17, page 22 de la présente transcription (page 8v° du manuscrit).
155. La présente section est à mettre en relation avec la précédente : Le grade de chevalier de l’Aigle et du Soleil, ou le chaos débrouillé.
156. Traduction des vers précédents.
157. En bas de la présente page, les notes relatives aux trois renvois qui suivent, a. b. et c : a. Nam, ut vexe loquamur, superstitio fuera per gentes oppressif, omnium fere animos atque hominum imbecillitatem occupavit b. Ibid. nem et majorem instituta tueri, lacis cacrimonüsque retinendis sapientis est, et esse praestantem aliquam eternamque naturam, et eam suscipiendam admirandamque hominum generi pulchritudo mundi ordoque rerum caelestium cogit confiteri, quam obrem et religio propaganda etiam quo est juncta cum cognitionem naturae. Sic superstitionis stirpes omnes ejicienda 3. c. qui se ipsem norit, primum aliquid sentiet se habere sentiet divinum ingeniumque in se suum sicut si mulacrum aliquod dedicatum putavit tantoque menore deorum semper dignum aliquid faciet et sentiet .
158. En marge gauche : De divinatione (cf. 2° cap. ultima).
159. En marge gauche : facultés de l’âme.
160. En marge gauche : idées et notions.
161. En marge gauche, en relation avec tout ce passage : morale / religion / phisique / loix / éloquence / politique / administration / histoire et sagesse.
162. En marge gauche : philosophie, règle universelle.
163. En marge gauche : culte religieux.
164. En marge gauche : superstition.
165. En marge gauche : [effets] du fanatisme [la] ligue.
166. En marge gauche : [note illisible].
167. En marge gauche, en relation avec tout ce passage : [piété] générale / [ ?] qui nous à nous [ ?] raisonner.
168. En marge gauche : utilité des peines [ ?] le philosophe.
169. En marge gauche : la philosophie règle les mœurs et empêche les crimes.
170. En marge gauche, en relation avec tout ce passage : la philosophie [empêche] de craindre la mort / [ ?] retourne à [ ?] comme à sa source.
171. Cf. note 17, page 22 de la présente transcription (page 8v° du manuscrit).
172. Tolle, lege ! Prends, lis ! est ce qu’entendit saint Augustin, cependant qu’il hésitait avant sa conversion. Il prit alors le livre que lisait son ami Alype et, tombant sur une épître de Paul, il se convertit.
30e degré · Chevalier Kadosch
Cahier « Chapitre des grands inspecteurs des loges, grands élus chevaliers Kadoz » (p. 190-203 de la transcription).
[62r°]
Tolle et lege Disce et tace Chapitre des grands inspecteurs des loges, grands élus chevaliers Kadoz avant pour chef le très illustre Frédéric second roi de Prusse sous le titre de très illustre chevalier grand commandeur N… B…
Les frères qui voudront s'instruire plus particulièrement des faits rapportés dans cette histoire ou dans ce grade, pourront consulter les auteurs qui en ont parlé le plus clairement, et dont les noms sont ci après.
Villaneus, historien contemporain
Mathieu Paris, histoire de tous les ordres
L'abbé Vertot, histoire de Malte
Sainte Foix, essais sur Paris
Bernard Dupuy etc. etc. etc., histoire des K[ados]
Brompton et Roger de Howerden, historiens anglais qui vivaient en 1141 [62v°]
[62v°] L'échelle mystérieuse contenant deux montants et sept échelons necum, ou necak, ou nicak nec plus ultra l'explication en est dans le cours de l'instruction etc. etc.
[63r°] Ouverture du chapitre Le chapitre des grands élus doit être composé de cinq frères au moins revêtus de ce grade pour la plus grande décence. Tous doivent être habillés de noir avec de gants blancs, le cordon noir mis en sautoir de l'épaule gauche au côté droit. Ce cordon sert à porter l'attribut de l'Ordre, qui est une croix rouge tout à fait semblable à celle que portent les chevaliers de l'Ordre Teutonique, au milieu de deux épées en sautoir. Ils ne portent plus de tablier.
La décoration du lieu où se tient le chapitre est arbitraire, mais celle d'un chapitre d'élu est celle dont on se sent le plus communément, comme la plus analogue à l'Ordre. Comme il n'y a plus d'emblèmes et que le rideau est tiré, il n'y a plus d'épreuves à soutenir ni de tableau tracé ; on figure seulement sur le plancher l'échelle mystérieuse que l'on masque au récipiendaire jusqu'à ce qu'il ait prononcé ses vœux ; on doit être au reste assez assuré de sa discrétion pour n'avoir plus besoin de détours et de routes cachées qui doivent le conduire au point de perfection où il aspire.
Des cinq frères qui composent le chapitre trois restent dans l'appartement où doit se faire la réception et les deux autres vont tenir compagnie au récipiendaire jusqu'à ce qu'il soit temps de l'introduire.
Dans un lieu éloigné comme à la campagne, un seul peut faire cette réception ou cérémonie. Mais il doit à cet effet choisir un endroit écarté et prendre les précautions les plus grandes pour n'être pas aperçu ; malgré cela, il ne doit pas faire cette réception sans en avoir obtenu le consentement express de deux autres grands élus, qui ne se refuse jamais aux instances de celui qui, devant faire cette réception, certifie de la probité, vie et mœurs et religion de celui qu'il présente ainsi que d'une discrétion à l'épreuve et de son exactitude la plus scrupuleuse à remplir l'obligation dernière dont celui qui fait seul la réception se rend garant envers le grand commandeur et tous les chevaliers de l'Ordre.
Apres avoir pris les précautions, mesures, et sûretés reprises pour ces sortes de chapitre, le très illustre chevalier grand commandeur en fait l'ouverture en demandant successivement à chacun des deux frères qui sont restés avec lui.
D. Illustre chevalier êtes-vous élu ?
R. Oui, très illustre chevalier grand commandeur.
D. Pourquoi vous êtes-vous fait recevoir élu ?
R. Le sort seul en a décidé.
D. Quels indices pouvez-vous me donner de votre réception ?
R. Une caverne obscure en a été témoin.
D. Qu'avez-vous fait dans cette caverne ?
R. Je m'y suis acquitté de ma commission.
D. Avez-vous pénétré plus avant ?
R. Oui, très illustre chevalier grand commandeur.
D. Comment vous croirai-je [63v°] ?
[63v°] R. Je m'appelle le chevalier Kados, vous devez en avoir entendu parler.
D. Oui, illustre chevalier, quelle heure est-il ?
R. L'heure du silence.
D. Donnez-moi donc le signe de reconnaissance contre la surprise. Alors tous trois ensembles font le signe, mettent l'épée à la main, et le grand commandeur, frappant un coup de son épée sur la table qui est devant lui, dit : Très illustres chevaliers, le chapitre est ouvert.
Aussitôt après l'ouverture du chapitre, lors qu'on a annoncé le récipiendaire comme un chevalier servant qui demande à parvenir au grade de grand élu, le très illustre chevalier grand commandeur dit :
Illustres chevaliers, pouvons-nous admettre ce maçon libre parmi nous sans courir aucun risque d'indiscrétion de sa part ; sommes-nous prêts à répondre chacun sur nos têtes et sur nos vies qu'il ne dévoilera jamais les secrets qui vont lui être confiés ; et promettons-nous de le sacrifier aux moindres apparences de lâcheté et d'indiscrétion ?
Les chevaliers répondent : Nous le jurons tous, par la main. Ils prêtent l'obligation suivante :
Obligation que prêtent les chevaliers grands élus avant d'admettre le récipiendaire en chapitre
Nous jurons et promettons par le Dieu vivant Etre Suprême, de venger la mort de nos ancêtres sur celui de nous qui aurait le malheur de commettre la plus légère indiscrétion touchant les secrets de notre Ordre et d'ensevelir son cadavre sous le trône de cette illustre assemblée. Ainsi Dieu protège nos desseins et nous maintienne dans la droiture et l'équité… Amen.
[Après l'obligation]
Apres cette obligation on introduit le récipiendaire de la manière suivante.
Peu de temps après que les deux frères chevaliers qui sont en dehors avec le récipiendaire ont entendu le coup que le grand commandeur frappe pour annoncer que le chapitre est ouvert, ils mettent l'épée à la main et introduisent le récipiendaire qu'ils remettent entre les mains du grand commandeur et se retirent après, aussi bien que les deux autres chevaliers pour faire la garde en dehors, n'y ayant jamais eu de témoins à la réception d'un templier.
Le récipiendaire étant entré et prosterné la face contre terre, le grand commandeur lui rappelle en cette posture les points principaux de la Maçonnerie depuis son commencement jusqu'à l'époque douloureuse de la perte d'Hyram Abif, assassiné par trois scélérats ; le désir que témoigna Salomon de punir ce terrible attentat de la manière la plus exemplaire, les moyens que l'on employa pour disposer à la vengeance le cœur des élus. On passe ensuite à d'autres événements moins tristes et plus intéressants ; on lui rappelle et on lui propose pour exemple le zèle, la constance et la ferveur de Joabert, Stolkin, et Guibelum dans les recherches pénibles et heureuses qu'ils ont faites par ordre de Salomon dans les anciennes mines d'Enoch, leur découverte précieuse du trésor inestimable des maçons parfaits sublimes écossais, la manière dont Salomon et Hyram roi de Tyr, les introduisirent et les reçurent dans la voûte sacrée et le dépôt qu'ils y firent de ce précieux Delta. On continue ensuite par remettre sous les yeux du récipiendaire la fermeté des élus parfaits lors de la destruction du temple de Salomon, quand au travers de l'ennemi qui pillait de toutes parts. Ils le portèrent par toute sorte de risques à pénétrer jusque dans la voûte sacrée pour y renverser le pilier de la beauté et empêcher en effaçant la parole innominable qu'elle ne fut exposée à être profanée parles impies qui pillaient alors les richesses immenses qui servaient à décorer le temple de l'Eternel.
[64r°] On rappelle à sa mémoire la captivité des juifs emmenés à Babylone où ils restèrent esclaves pendant l'espace de soixante et dix ans, la manière dont ils ont vécu en bons et fidèles maçons grands élus parfaits.
On lui met ensuite sous les yeux la bienveillance de Cyrus devenu empereur de tout l'Orient qui mit les Juifs en liberté à la prière de Zorobabel qu'il établit chef de toute la nation juive, la générosité de cet empereur en le comblant de présents et lui faisant remettre les vases, urnes et autres ornements qui avaient servi à la décoration de l'ancien temple pour en décorer le nouveau qu'il ordonna que les juifs retournés en leur patrie réédifieront au Dieu
On n'oublie pas non plus d'instruire le récipiendaire de la marche heureuse des Juifs jusqu'au bord du fleuve l'Euphrate connu des maçons libres sous le nom de Sthar-buzanaÿ, la victoire signalée et complète qu'ils remportèrent sur les Assyriens qui voulurent leur disputer le passage de ce fleuve et piller les richesses immenses qu'ils avaient avec eux. On lui apprend ensuite leur arrivée à Jérusalem où le premier soin des maçons parfaits fut d'élever au Dieu des armées, qui avait combattu pour eux, un autel d'holocaustes en actions de grâce.
Vient ensuite la réédification de ce second temple qui fut inquiétée par les Samaritains qui, jaloux de la gloire que ces maçons parfaits allaient acquérir de nouveau, entravèrent leurs travaux l'espace de quarante et six ans, les précautions que les maçons prirent pour mener cet ouvrage à sa perfection en bâtissant, l'épée d'une main et la truelle de l'autre.
On passe ensuite à la destruction de ce second temple et on apprend au récipiendaire comment, après cet événement, les plus zélés d'entre les maçons en élèvent dans leurs cœurs des édifices spirituels et se rendirent recommandables par leurs œuvres. Ils se distinguèrent encore plus particulièrement du temps de Manchen qui fut le plus renommé d'entre eux.
On lui ajoute que plusieurs ensuite embrassèrent le Christianisme et communiquèrent leurs secrets aux Chrétiens en qui ils reconnurent les qualités requises, vivant en commun et ne formant pour ainsi dire qu'une seule et même famille. On continuera par peindre au récipiendaire l'éclat avec lequel cet Ordre de maçons parfaits se soutint jusqu'au sixième siècle, l'espèce de léthargie où il tomba alors quoi qu'il y ait toujours eu de maçons fidèles, la manière avec laquelle on le fit revivre en 1118, où onze frères grands élus parfaits se présentèrent à Garimond / Garinous / ou Garincourt (l'une des trois prononciations), prince de Jérusalem, patriarche et chevalier maçon, et prononcèrent leurs vœux dans ses mains.
On apprend ensuite au récipiendaire la succession des temps et le progrès que fit l'Ordre maçon jusqu'au temps où les chevaliers princes se croisèrent pour aller conquérir la Terre Sainte, l'alliance qu'ils formèrent avec ces princes et le serment qu'ils firent de répandre jusqu'à la dernière goutte de leur sang pour rétablir dans Jérusalem le culte du Très-Haut et la paix qui survint ensuite et les empêcha d'accomplir leur vœu, ce qui les détermina à faire par théorie ce qu'ils avaient juré de pratiquer et de n'admettre dans leur Ordre que ceux qui feraient preuve d'amitié, de zèle, de constance et de discrétion.
En un mot le très illustre chevalier grand commandeur fait au récipiendaire la généalogie ou histoire chronologique de l'Ordre des maçons, de ses progrès, de sa décadence et de la manière dont il fut soutenu et conservé jusqu'après les Croisades ou plutôt jusqu'aux circonstances historiques qui ont donné lieu au grade auquel le récipiendaire aspire, grade qui lui donne une connaissance parfaite de tous ceux qui le précèdent et de la manière dont la Maçonnerie nous est parvenue.
On fait renouveler au récipiendaire toutes les obligations qu'il a contractées à chaque grade, on lui fait jurer sur ce qu'il y a de plus sacré de ne jamais donner connaissance à personne de ce qui va lui être confié sous tel prétexte que ce puisse être. Après cette première obligation [64v°], on s'attache de l'instruire par le discours [64v°] suivant, qui est d'autant plus nécessaire qu'il sert à faire connaître les dispositions du cœur de celui qu'on admet et son désir des connaissances ou lumières qu'on doit lui donner sur une histoire, qui doit l'informer et ce qui est celle de ce nouveau grade.
Discours nécessaire
Mon très cher frère, les frères maçons auxquels on aura conféré le grade auquel vous aspirez et qui est ici désigné sous le titre de grand inspecteur des loges grand élu sentiront assez d'importance du secret qu'on leur aura confié sans qu'il soit nécessaire de leur recommander une circonspection secrète égale, même à l'égard de ceux qui s'annoncent sous
soupçons qui se répandent journellement sur l'origine, le progrès et le but de la Maçonnerie. L'imprudence ou l'indiscrétion de plusieurs frères ont donné au public la connaissance de plusieurs de ses emblèmes. La Maçonnerie en a souffert beaucoup et réparera difficilement les pertes que l'indiscrétion lui a causées dans la retraite et l'éloignement de plusieurs dont le mérite aurait fait l'ornement de nos loges.
Un semblable échec dans le grade que nous vous conférons, mon très cher frère, serait sans ressource parce qu'il n'y a plus ici d'emblèmes et que la vérité connue donnerait lieu à des événements dont vous pressentirez les suites dangereuses quand j'aurai achevé de vous instruire.
Ces paroles que les anglais, nos frères les plus zélés, placent à la fin de leur obligation (parce que cela n'est plus ; cela ne sera plus ; et si cela est encore) ne doivent plus être un mystère pour vous. Elles vont vous faire connaître l'origine de la Maçonnerie et ce qui y a donné lieu. La vérité toute nue a percé le nuage à l'ombre seule duquel nous pourrons parvenir à la connaissance de ce que nous aurons été en qualité de chevalier Kados, de ce que nous sommes comme maçons symboliques et de ce que nous pouvons être par la destruction de nos ennemis.
Ici que le voile tombe : apprenez que la plus légère indiscrétion creuserait infailliblement sous nos pas un abîme affreux où nous verrions ensevelir avec l'Ordre entier des francs- maçons, les restes timides d'un Ordre illustre autrefois, et aussi glorieux par son héroïsme au comble de l'infortune, qu'il avait été grand dans le temps où sa puissance, son autorité, ses richesses, et sa gloire étaient montés au plus haut point. Si la naissance distinguée de ceux qui en étaient membres le rendit célèbre, il ne le fut pas moins dans sa fin injuste et tragique, par la noble fierté que les chevaliers firent paraître au milieu des fers, des flammes, et des tourments. Que penser de la prophétie de Jacques de Molay, qui s'est vérifiée dans le temps marqué, quel éloge ne devons nous pas au zèle hardi de ceux qui nous ont conservé les restes précieux d'un Ordre que la noirceur, la trahison, l'ennemie, et la malignité la plus atroce n'ont pu éteindre entièrement et quelle haine ne devons-nous pas jurer à ceux qui occupent aujourd'hui leurs biens et leurs dignités et ne peuvent être regardés que comme des puissants ennemis de la cendre desquels doit renaître cet Ordre infortuné, lorsque le nombre de chevaliers Kados sera assez multiplié pour pouvoir, sous les auspices et la conduite d'un grand commandeur puissant, entreprendre le rétablissement de l'Ordre, en dépossédant tous les biens et dignités, qui lui appartenaient autrefois ceux qui n'ont d'autre titre aujourd'hui pour en jouir que l'injustice et le crime.
Que ceci, mon très cher frère, ne soit point dit pour intimider ceux qui aspirent au grade que vous recevez aujourd'hui, ou leur inspirer une ardeur et un zèle indiscret. Ils doivent toute attention du temps dans un silence devenu essentiel, et si la confiance est la marque d'une amitié sincère, ils doivent juger de l'étendue de toute celle que l'on a à leur égard, en leur confiant un secret aussi important et aussi dangereux ; ils doivent nouer à ceux qui sont décorés du même titre une amitié inviolable et à l'épreuve des intérêts les plus puissants. Ils doivent désirer l'augmentation du nombre des chevaliers et craindre pour conférer ce grade d'avoir trop de confiance en un ami ordinaire de la discrétion duquel on ne serait pas aussi sûr que de la sienne propre.
Vous vous rappelez, mon très cher frère, le serment que vous avez prêté entre les mains du commandeur de cette cérémonie ; en vous rendant la justice que vous méritez, j'ai de vous une trop bonne opinion pour craindre quelque indiscrétion de votre part. Si dans le cours de ce [65r°] discours, vous aviez fait quelque [65r°] remarque qui vous détournât de prononcer les vœux que nous exigeons de vous, avant de vous donner des plus grandes connaissances sur le grade de grand élu, consultez-vous, et voyez si vous vous trouvez disposé à pénétrer plus avant en remplissant exactement, et sans modification tous les points de l'obligation que vous allez
- Fin -
Si le récipiendaire craint de se trop engager, balance ou hésite, le grand commandeur sur le champ ferme le chapitre sans aller plus avant. A l'égard des notions que l'on a pu donner au récipiendaire, son serment nous assure de sa discrétion déjà reconnue. Si, au contraire, il veut prononcer ses vœux, le grand commandeur les reçoit en continuant la cérémonie de la manière suivante :
Obligation que doit prononcer le récipiendaire
Le récipiendaire, pour prêter son obligation, se met à genoux aux pieds du grand commandeur, la main gauche dans la sienne, et la main droite sur l'Evangile ; le grand commandeur, le voyant dans cette posture lui dit : Vous me jurez et promettez sur ce que vous avez de plus cher et de plus sacré :
1° De pratiquer les œuvres de miséricorde, et de vivre et mourir dans la religion que vous professez, et de ne déclarer à personne, ni qui vous a reçu ni qui a assisté à votre réception.
R. Je le promets et je le jure.
D. Dites donc avec moi – Tsed-hacad. – Le récipiendaire le dit.
2° Vous me jurez et promettez la candeur dans toutes nos actions, en conséquence, de ne jamais recevoir à ce grade personne, même de vos amis les plus intimes sans en avoir auparavant obtenu le consentement de deux autres grands élus.
R. Je le promets et je le jure.
D. Dites donc avec moi – Scarlabac. – Le récipiendaire le dit.
3° Vous me promettez toute la douceur de caractère dont vous croyez être capable, d'aimer et chérir vos frères autant et plus que vous-même, de pouvoir à leurs besoins dans l'adversité, de les visiter et soulager quand ils seront malades et de ne jamais tourner vos armes contre eux sous tel prétexte que ce puisse être.
R. Je le promets et je le jure.
D. Dites donc avec moi – Motteck. – Le récipiendaire le dit.
4° Vous me promettez et jurez de régler tous vos discours, et toujours sur la vérité et de garder la plus grande circonspection sur ce qui regarde le grand élu.
R. Je le promets et je le jure.
D. Dites donc avec moi – Emmunah. – Le récipiendaire le dit.
5 ° Vous me promettez et jurez de travailler à notre avancement dans la pratique des cieux. Vous promettez de plus de suivre en tout temps et en tous points ce qui pourrait vous être prescrit et ordonné par le très illustre chevalier grand commandeur aux ordres duquel vous me jurez une soumission et une obéissance aveugle en toutes occasions.
R. Je le promets et je le jure.
D. Dites donc avec moi – Hamach-schiats. – Le récipiendaire le dit.
6° Vous me promettez et jurez la patience dans l'adversité, et de ne jamais recevoir à ce grade sous tel prétexte que ce puisse être personne dont les volontés ne sont pas libres, comme moines, religieux, et généralement tous ceux qui ont voué l'obéissance à leurs supérieurs.
R. Je le promets et je le jure.
D. Dites avec moi – Sabaël. – Le récipiendaire le dit.
7° Vous me promettez enfin et jurez de garder inviolablement le secret que je vous confie, d'immoler les traîtres à la Maçonnerie, de regarder comme vos ennemis les chevaliers de Malte, de renoncer à l'être jamais, de ne voir en eux que les usurpateurs injustes des biens, titres et dignité des chevaliers templiers dans la possession des quels vous espérez pouvoir [65v°]
R. Je le promets et je le jure.
D. Dites donc avec moi – Schocmal, Binah, Tabunah. – Le récipiendaire le dit.
Le grand commandeur lui dit ensuite : A ces conditions par le pouvoir qui m'a été transmis je vous reçois grand inspecteur des loges, grand élu chevalier templier. Prenez séance désormais avec les chevaliers Kados dont nous portons tous le nom que je vous prie, mon très cher frère, de ne pas oublier.
Il est indispensable, mon très cher frère, de monter à présent une échelle mystérieuse qui servira à vous instruire par gradation des mystères de notre Ordre dont il est essentiel que vous ayez une exacte connaissance.
Le récipiendaire monte l'échelle mystérieuse en prononçant à chaque échelon le mot qui y est écrit. Lors qu'il est au septième et qu'il a prononcé le dernier mot, on fait écrouler l'échelle pour que le récipiendaire ne la descende pas, ce qu'il ne ferait qu'en reculant. Et un grand élu qui a prononcé ses vœux ne peut plus reculer sur les vues et l'intérêt de l'Ordre ; c'est pourquoi on le fait tomber tout doucement avec l'échelle et lorsqu'il est en bas, on lui fait lire ces mots tracés sur le plancher aux pieds de l'échelle qui doit aussi lui être figurée : Nec plus ultra173
Le chevalier grand commandeur embrasse ensuite le récipiendaire et lui dit : Je vais vous donner les signes, paroles, attouchements, et mots de passe des grands élus après vous avoir donné l'explication de l'échelle mystérieuse que vous venez de monter, sans la connaître ; elle est, mon cher frère, l'emblème le plus analogue à l'histoire que je vais vous réciter.
Elle est composée de deux montants qui peuvent nous donner une juste idée de la force que reçut Philippe le Bel par son union avec le pape Clément sixième.
La réunion de ces deux montants par sept échelons nous donne une juste idée des sept conditions que Philippe le Bel imposa à l'archevêque Bertrand Goth pour le faire élire pape et comme les sept échelons ferment à assembler les deux montants, de même les sept conditions imposées furent le gage et la base fondamentale de l'union qui devait régner entre le roi Philippe le Bel et le pape Clément six.
Ces sept échelons sont encore l'image des sept points d'obligation, que vous avez contractée et, comme par la septième condition que Philippe le Bel impose à Clément, il lui fait jurer la perte et destruction totale des templiers, de même par le septième point de votre obligation, vous jurez une haine implacable aux chevaliers de Malte, vous promettez de travailler à leur perte et destruction, et vous réclamez les biens et dignités qu'ils possèdent.
C'est à présent mon très, cher frère, qu'il est temps de vous instruire à fond du grade du grand élu et de vous donner une connaissance précise de l'origine de la Maçonnerie et son origine. Prêtez beaucoup d'attention, je vous prie, aux faits principaux et essentiels de l'histoire que je vais vous réciter ; vous en ferez aisément l'application vous-même. Dénouement de la Maçonnerie, ou histoire de son origine ; de la manière dont elle nous est parvenue ; comment et par qui elle nous a été transmise
Apres la mort de Benoît onze arrivée le 18 juillet 1304 les cardinaux assemblés pour l'élection d'un nouveau pape se divisèrent en deux factions de Français et d'Italiens. Philippe le Bel, qui avait différentes vues qu'il ne pouvait remplir sans l'assistance du pape qui le concile devrait choisir, avait suscité ces divisions pour favoriser ses desseins et profitant de ces circonstances, il manda Bertrand Goth alors archevêque de Bordeaux, fils d'un nommé
Bertrand, seigneur de Villandreau dans le même diocèse. Dans l'entrevue qu'il eut avec cet archevêque en une maison de plaisance près Saint Jean d'Angely, il flatta son ambition et lui dit que la division du concile lui donnait les moyens et le pouvoir de le faire élire pape et qu'il y était disposé [66r°] pourvu qu'il voulut lui jurer de remplir sept conditions qu'il lui imposerait, se réservant de ne lui donner connaissance de la dernière condition que lors qu'il serait temps d'en venir à l'exécution. Du reste il lui manifesta les six premières que je passerai sous silence parce qu'elles sont étrangères à cette histoire. Fixons seulement toute notre attention sur la dernière et septième pour gage à laquelle comme pour la sûreté de son exécution, Bertrand Goth prit une hostie qu'il partagea en deux, en garda une moitié et donna l'autre à Philippe le Bel pour caution de sa promesse. Le roi, ayant donc trouvé l'homme qu'il désirait pour en faire le ministre de sa vengeance, le fit élire pape l'an 1305 sous le nom de Clément six.
Ce pape, sitôt après son élection, alla établir son siège à Lyon où ses premiers soins furent d'exécuter les six premières conditions que Philippe le Bel lui avait imposées.
Le temps de lui manifester la dernière étant venu, Philippe ne tarda pas à déclarer au pape que par son serment il s'était obligé de s'unir à lui pour détruire jusqu'au dernier des templiers dans toute la Chrétienté. Voici ce qui leur avait attiré la haine de Philippe le Bel et ce qui lui avait fait prendre la résolution barbare de les exterminer tous.
Quelque temps avant la mort de Benoît onze, il était arrivé à Paris une sédition au sujet des monnaies que Philippe le Bel avait fait frapper qui étaient faibles et de bas aloi. Le peuple de Paris s'était mutiné à ce sujet, avait pillé et démoli la maison d'Etienne Barbet, maître de la Monnaie, s'était ensuite porté au temple où le roi était logé, y avait commis une infinité d'indécences et beaucoup de désordre, en un mot tout menaçait d'une révolte prochaine.
Les templiers, contre lesquels l'envie avait déjà soulevé des puissants ennemis, furent soupçonnés d'avoir contribué à cette mutinerie en répandant parmi le peuple des paroles séditieuses et atteint à la personne sacrée du roi qui, dès cet instant projetant leur perte, avait juré qu'il s'en déferait. Il en cherchait les moyens et désirait trouver quelque puissance qui voulut lui prêter la main dans cette entreprise lors que la mort de Benoît onze lui offrit l'occasion la plus favorable de mettre dans ses intérêts un pape qu'il placerait lui-même sur le Saint Siège, aux conditions qu'il voudrait lui imposer.
On vit bientôt après l'effet des promesses que le pape avait fait au roi de le venger des templiers et lui aider à les détruire entièrement ; il ne fallait qu'un prétexte pour les entamer et en imposer à une populace crédule et dangereuse ; avec la force et le pouvoir en main tout devenait aisé. On gagna à prix d'argent deux scélérats, l'un nommé Gérard Habé, et l'autre Benoît Mesny. Il leur proposa de se faire recevoir templiers et peu de temps après d'accuser l'Ordre entier des plus grandes horreurs. Ces deux scélérats exécutèrent de point en point ce qu'on s'en était promis ; ils demandèrent à être reçus dans l'Ordre des templiers. Cela leur fut aisé : un extérieur honnête, des mœurs et des qualités apparentes, un prétendu crédit à la cour. Tout enfin détermina les voix en leur faveur. Ils furent reçus mais on ne fut pas longtemps à se repentir d'avoir allumé le flambeau qui devait causer la déplorable et tragique incendie où presque tous les templiers furent enveloppés.
Les deux fourbes abominables que j'ai nommé plus haut, peu de temps après leur réception, accusèrent l'Ordre entier des crimes les plus affreux, demandant à rentrer dans le sein de la société pour se soustraire aux abominations qu'on leur suggérait : on aime la trahison, mais on déteste les traîtres, aussi subirent-ils le sort qui était réservé aux templiers.
Sur leur dénonciation le roi, qui avait eu une nouvelle entrevue avec le pape Clément à Poitiers, prit avec lui les mesures les mieux assurées pour les faire arrêter tous en un même jour dans l'étendue du royaume, ce qui fut exécuté le 12 octobre 1307 deux ans après la
réception des deux infâmes accusateurs. On s'empara en même temps du temple à Paris, on saisit leurs papiers, titres, trésors et généralement tous leurs biens sur lesquels on établit aussitôt des séquestres [66v°].
[66v°] Le roi Charles de Naples fit arrêter le même jour tous ceux qui étaient en Provence. Ceux qui furent pris en France ont été enfermés dans le château de Melun pour y voir faire leur procès.
Le pape manda dans le même temps leur grand-maître nommé Jacques de Molay, Bourguignon de naissance, lequel faisait alors la guerre aux Turcs dans l'île de Chypre. Sur le mandat du pape il se rendit à Paris avec soixante chevaliers de son Ordre, parmi lesquels était Guy frère du Dauphin, Deniennois, Hugues Deparaldes et Théodore Bazile Demoraucourt ; on les arrêta tous, on leur fit souffrir les tourments les plus affreux pour leur faire avouer les crimes, qu'on leur imputa pour s'en procurer d'autres preuves que la dénonciation de deux infâmes subornés. Comme il était impossible de parachever leur procès et on les brûla tout vifs et à petit feu.
57 furent exécutés en un seul jour ; 59 une autre fois, enfin on ne fit grâce à personne, on n'épargna pas même ceux dont on s'était servi pour accuser l'Ordre entier. Comme templiers ils furent compris dans le jugement qui fut prononcé, et brûlés avec les autres.
Que la fin de ces malheureux deux scélérats serve de leçon à ceux d'entre nous que l'on pourrait entreprendre de séduire par de belles promesses, pour en apprendre des vérités qui leur deviendront funestes : car leur lâcheté et leur indiscrétion les entraîneraient avec tous les chevaliers Kados dans une perte commune !
Le grand-maître et les trois ci-dessus nommés ne furent cependant pas compris dans les premières exécutions qui se firent, parce que le pape s'en était réservé le jugement.
Tous les templiers dans le temps de cette persécution qui dura jusqu'à 1314 furent arrêtés dans tous les états de la Chrétienté, mais ils ne furent pas tous mis à mort, et comme Philippe le Bel pressait continuellement le pape de finir le jugement de Jacques de Molay, le grand- maître, et de ses trois compagnons, après avoir gémi près de sept ans dans les prisons accablés de fers, ils furent brûlés vifs le 11 mars 1314 dans l'île du palais, attendrissant et faisant répandre des larmes au peuple qui les vit mourir avec une fermeté et une constance héroïque, protes tant de leur innocence, dont on put dans la suite avoir des preuves apparentes par un événement dont le hasard peut avoir décidé. Voici ce que l'histoire nous en dit :
Jacques de Molay, grand-maître de l'Ordre de templiers, se voyant sur l'échafaud prêt à finir dans les flammes la vie malheureuse qu'il traînait dans les fers depuis plusieurs années, se tournant vers le peuple adressa au Seigneur la prière qui suit :
Dieu tout-puissant et éternel, qui connaissez l'innocence des victimes que l'on accuse depuis plusieurs années, faites-moi la grâce de méditer sur les tourments, l'opprobre et l'infamie dont vous avez permis que Jésus-Christ, notre Sauveur, fut couvert à sa mort pour nous racheter de l'esclavage du péché et donnât l'exemple aux innocents, en leur apprenant par sa douceur à souffrir sans murmurer la persécution et les tourments que l'injustice et l'aveuglement leur préparent. Pardonnez, ô mon Dieu, à la calomnie qui à causé la destruction entière de l'Ordre dont votre Divine Providence m'avait établi le chef, et si vous avez pour agréable la prière que nous vous adressons, permettez, ô mon Dieu, que les peuples désabusés puissent connaître l'innocence de ceux qui, s'étant efforcés de vivre dans votre sainte crainte et amour, attendent de votre bonté et de votre miséricorde la récompense des peines, qu'ils vous offrent à leur mort pour jouir de votre divine présence dans l'éternité bien heureuse. Ainsi soit-il… Puis il s'écria :
Vous, peuple qui nous voyez prêts à périr dans les flammes, vous pourrez juger de notre innocence par les comptes que le pape Clément, dans quarante jours, et Philippe le Bel, dans un an, iront rendre à Dieu du sang qu'ils font répandre injustement. On pressa leur exécution,
La prédiction de Jacques de Molay s'est effectivement accompli : le pape Clément six mourut le 19 avril de la même année à Roquemaure sur le Rhône, quarante jours après l'exécution de Jacques de Molay et le roi mourut à Fontainebleau la même année [67r°].
[67r°] Cependant la nouvelle de la persécution des templiers était parvenue aux chevaliers que Jacques de Molay avait laissés à l'île de Chypre. Pendant l'absence de leur grand-maître ils avaient eu le dessous dans la guerre contre les Turcs, ils avaient laissé prendre Acre et plusieurs autres places fortes, et avaient été forcés de se retirer dans l'île de Rhodes et dans quelques autres îles adjacentes.
Comme le procès avait été fait à tous les templiers, dans un concile ouvert à Vienne le premier octobre 1311, l'Ordre condamné et éteint, leurs biens confisqués et laissés à la disposition du pape qui, en 1312, en donna une partie aux chevaliers de Saint Jean. Ceux qui avaient échappé à la persécution et s'étant retirés dans l'île de Rhodes furent obligé de se déguiser et ne perdant point entièrement l'espoir de voir un jour leur Ordre se rétablir, ils jurèrent une haine implacable aux chevaliers de Saint Jean qui possèdent encore aujourd'hui tous leurs biens. Cette haine fait partie de l'obligation ou du serment des grands élus chevaliers templiers. Comme le petit nombre de ceux qui avaient échappé rendait cette haine impuissante, ils cherchèrent à renouveler et augmenter leur Ordre en y admettant des personnes en qui ils croyaient reconnaître des mœurs et des qualités suffisantes, ceux enfin qu'ils jugeaient capables de garder un secret de la plus grande importance, ils crurent ne pouvoir mieux placer leur confiance que dans les grands élus parfaits maîtres.
Instruits des merveilles qu'avaient opérées en différents temps les bons et vertueux maçons, dignes héritiers de ceux que Salomon avait distingués et favorisé après la construction de son temple, connaissant l'ardeur inouïe et l'intrépidité qu'ils avaient fait paraître dans les plus grands dangers, la sagesse de ce peuple maçon, son union, sa charité, son amour fraternel, son désintéressement, sa fermeté, sa discrétion, son zèle etc., ils se persuadèrent aisément qu'ils ne pouvaient mieux faire que de tâcher de s'unir à ces bons et fidèles maçons qu'ils commencèrent par nommer leurs frères, leurs protecteurs, leur soutien et leur appui. Ils demandèrent à être admis dans leur société et initiés dans leurs mystères.
Instruits de leur histoire, ils leur apprirent de leur côté qui ils étaient, les événements barbares et tragiques auxquels ils avaient échappé, la résolution qu'ils avaient pris dans le secret d'augmenter leur nombre pour pouvoir un jour réclamer leurs droits, rétablir leur Ordre et rentrer dans leurs possessions. Ils offrirent aux bons et fidèles maçons de prendre leur défense comme celle d'une cause commune et d'accomplir le tribut de la plus juste reconnaissance. Les grands élus chevaliers maçons approuvèrent leurs généreux desseins, agréèrent leurs offres et commirent entre eux au lieu du caractère distinctif de l'Ordre ou de la croire qui servait à les faire reconnaître et qu'ils n'osaient plus porter, de mettre en usage les signes, mots et attouchements des maçons d'Hyram parla conformité de plusieurs événements analogues à leur histoire. Ils leurs persuadèrent que les différents signes des maçons les mettraient entièrement à couvert, puisqu'ils seraient un obstacle qui arrêterait la malignité de ceux qui comme Gérard Habé ou Benoît Mesmy tâcherait en d'être admis dans un Ordre dont ils entreprendraient inutilement de devenir les délateurs. Ceux qu'ils avaient parfaitement approuvé et dont ils étaient sûrs comme d'âge même, après les avoir fait passer par les différents grades que nous connaissons dans la Maçonnerie qui, ayant pris naissance à la construction du temple de Salomon depuis son origine jusqu'à la destruction de ce même temple, a caractérisé ses événements les plus remarquables par des emblèmes entièrement analogues à la destruction des templiers qui, comme les élus de la Maçonnerie, ne respirent que pour venger la mort de leur respectable et très illustre grand-maître.
En effet, mon très cher frère, depuis le grade de maître que vous avez reçu et où vous avez appris à verser les larmes sur le tombeau d'Hyram Abif n'a-t-on pas cherché, dans d'autres
les couleurs les plus affreuses ? Serait-ce exagérer que de comparer la conduite de Philippe le Bel à la sienne et les deux infâmes délateurs des templiers aux deux scélérats qui s'unirent à Jubelum-akiroff pour assassiner Hyram-Abif ? Les noms de Gérard Habé et Benoît Mesmy ne doivent-ils pas allumer dans notre cœur une haine semblable à celle qui mérite les faveurs de Salomon aux vengeurs des assassins de notre respectable maître [67v°] ?
[67v°] Les détours que l'on a pris, et les épreuves que l'on vous a fait subir pour vous apprendre les faits historiques de l'Ancien Testament ne doivent-ils pas plutôt servir à fonder les dispositions de votre cœur pour vous mettre à même de faire la juste application de la mort d'Hyram en la comparant à celle de Jacques de Molay, et par le grade de petit élu, on a tâché de disposer votre cœur à la vengeance. N'a-t-on pas essayé de vous préparer à la haine implacable que vous avez jurée aux chevaliers de Malte sur qui vous devez venger la mort de Jacques de Molay. Comme grand élu, qui a acquis par notre discrétion approuvée dans la Maçonnerie symbolique des lumières qui ne vous laissent plus rien à désirer.
Voilà, mon très cher frère, comment et par qui la Maçonnerie est parvenue jusqu'à nous et nous a été transmise. Vous devez y voir que c'est pour rentrer dans nos justes droits que nous cherchons à nous associer d'hommes. Tout le mérite la bravoure et les bonnes mœurs nous tiennent lieu de titres que la seule naissance accordait à nos ancêtres. Vous voilà chevalier au même niveau qu'eux, vous avez les mêmes événements à courir, tant du coté de l'envie que de la précaution. Vous pouvez les éviter en gardant soigneusement notre obligation et en cachant au contraire notre état et ce que vous êtes.
Parvenu au degré de lumière que notre seul mérite et la connaissance que nous avons de vos mœurs vous a acquis parmi nous, nous sommes plus que persuadés que notre seule confiance à votre égard suffira pour vous faire comprendre combien il vous est important de ne pas vous mettre à même de nous en répondre. Nous connaissons trop parfaitement vos bonnes qualités pour qu'il nous reste la plus légère inquiétude à cet égard. Aussi n'avons nous pas hésité de vous éclairer sur les véritables intérêts de l'Ordre, afin qu'en vous unissant à nous, vous travailliez à acquérir cette perfection qui mérite notre zèle. – Amen –
Apres ce discours le très illustre chevalier grand commandeur frappe un coup pour annoncer aux autres chevaliers qui sont en dehors de rentrer dans le chapitre ; lorsqu'il y [sic] fait, il achève en leur présence la réception en donnant au nouveau chevalier les signes, mots, et attouchements des grands élus et l'arme chevalier, le décore de l'attribut et lui communique le nom qu'il doit porter à l'avenir et qui lui est commun avec tous les grands élus. C'est celui de chevalier Kados.
L'attribut est une croix rouge, telle que nous l'avons désignée au commencement de ce grade ; il est encore un autre attribut que l'on porte qui est un aigle noir à deux têtes ayant les ailes déployées et tenant en ses serres un poignard.
Le signe est de porter la main droite sur le cœur, l'étendre ensuite et la laisser tomber sur le genou droit.
L'attouchement est de se présenter réciproquement la main droite fermée, comme si on voulait frapper quelqu'un d'un coup de poignard en tenant le pouce haut ; celui à qui on donne cet attouchement doit empoigner de la même manière le pouce élevé de celui qui veut se faire connaître en prononçant alternativement les mots suivants :
Les mots de passe sont : Necum – ou Necak – Vengeance.
Les grands mots sont : Nikamaca – Bullion – JJJ.
On répond : – Paulkal – ou – Pharascal
et on s'embrasse en disant ensemble : Adonaï.
Doctrine des grands élus etc.
D. Etes-vous grand élu ?
R. Oui, très illustre chevalier, je le suis.
D. Qui vous a reçu en ce grade ?
R. Un député grand-maître avec le consentement de deux autres.
D. Que vous a-t-il fait ?
R. Il m'a créé chevalier.
D. Comment pourrais-je vous croire ?
R. Le nom que je porte est la preuve de ce que j'avance.
D. Comment vous appelez-vous ?
R. Le chevalier Kados, vous devez en avoir entendu parler. – Oui, oui, répond le grand-maître commandeur.
D. Ne vous a-t-on fait rien de plus ?
R. Le député grand-maître m'a donné l'habit, le cordon et l'attribut.
D. A quoi sert le cordon ?
R. A lier plus intimement dans mon âme les sentiments d'honneur, de religion et de vertu [68r°].
[68r°] D. Quelle récompense donna Salomon à ceux, qui le servirent fidèlement ?
R. Il les établit surintendants de 153592 ouvriers, savoir 3593 maîtres, 79997 compagnons et 70000 apprentifs.
D. Comment nomma-t-on les ouvriers qui s'unirent sous un chef après la construction du temple ?
R. Prince Kados, qui veut dire séparé.
D. Quel fut le maître qui s'acquit le plus de réputation ?
R. Ptolémée Philadelphe, roi d'Egypte, prince des astrologues, qui ordonna aux 70 frères de faire la version de l'Ecriture Sainte.
D. L'Ordre se soutient-il longtemps ?
R. Jusque la fin du sixième siècle, ensuite il tomba presque dans l'oubli, quoi qu'il y eut toujours des frères zélés qui, s'étant présentés à Garimon, prince de Jérusalem, ils prononcèrent leurs vœux entre ses mains.
D. Où avez-vous reçu le prix de votre élection ?
R. Dans une grotte profonde et dans le silence de la nuit.
D. A quoi vous appliquez-vous ?
R. Je travaille de toutes mes forces à élever dans mon cœur un édifice digne de mes frères.
D. Quel progrès avez-vous fait ?
R. J'ai acquis la connaissance de l'échelle mystérieuse.
D. Qu'est-ce qui la compose ?
R. Deux montants et sept échelons.
D. Comment nomme-t-on ces deux montants175 ?
R. Le premier O lebur eloë, et O leb berabac.
D. Que nous désignent-ils ?
R. Le premier l'amour de Dieu, et l'autre l'amour du prochain.
D. Quels sont les sept échelons ?
R. Les vertus que je dois pratiquer conformément à mon obligation.
D. Nommez-les176.
R.Le 1 Tsed-hacad, la pratique des œuvres de miséricorde.
Le 2 Scarlabac, la candeur dans nos actions.
Le 3 Motteck, la douceur que les frères doivent avoir dans le caractère.
Le 4 Emmunah, la mérite dans nos discours.
Le 5 Hamack schiats, l'avancement dans la pratique des cieux.
Le 6 Sabaël, la patience sans l'adversité.
Le 7 Schoemal binah tabunah, la prudence avec la quelle nous devons garder le secret confié.
D. Quel est votre mot de passe ordinaire ?
R. Manchen, nom du grand-maître le plus renommé connu parmi les solitaires sous le nom de chevalier Kados.
D. Que signifie ce nom ?
R. Il signifie séparé ou solitaire.
D. Que répondaient ces solitaires quand on leur demandait ce qu'ils prétendaient faire ?
R. Avarecha recolget Adonaï clounid teltillahe vophi, qui signifie : Je bénirai le Seigneur en tout temps et aurai toujours sa louange dans la bouche et ils ajoutaient : Begaherad stebion hemny, dont l'explication est : J'assisterai toujours les pauvres et les soutiendrai de mes biens.
On sent la controverse allégorique de ces anagrammes177.
D. Pourquoi portez-vous la croix rouge ?
R. Pour faire voir comme chrétien que je ne dois point rougir de l'Evangile.
D. Pourquoi surmonte-t-elle le poignard ou l'épée ?
R. Pour me faire ressouvenir que je dois employer l'un et l'autre pour sa défense.
D. Où travaillez-vous ?
R. Dans un lieu secret pour y rétablir secrètement l'édifice ruiné par les traîtres.
D. Quel doit être le gage de votre réussite ?
R. Le règne de la vertu dans le commun accord des frères.
D. Quelle récompense espérez-vous ?
R. La destruction du vice, l'amour et la reconnaissance de mes frères [68v°].
[68v°] D. Très illustre chevalier, avez-vous pleuré ?
R. Oui, très illustre chevalier grand commandeur.
D. Avez-vous porté le deuil ?
R. Oui, et je le porte encore. Ici tous répondent de même.
D. Pourquoi ?
R. A cause que la vertu est méprisée, que le vice règne encore, que l'innocence a été opprimée et le crime récompensé.
D. Qui agira autrement à l'égard du crime et de la vertu ?
R. Le Grand Architecte de l'Univers.
D. Comment cela ?
R. En favorisant nos desseins et nos désirs.
Alors tous ensemble disent par trois fois : – Qu'il les favorise.
D. N'avez-vous pas d'autre nom que celui de chevalier Kados ?
R. Je porte encore celui d'Adama pour m'apprendre que du plus bas je puis monter au plus haut.
D. Donnez-moi le signe de reconnaissance contre la surprise.
R. J'obéis. – Tous font le signe – en mettant l'épée à la main.
D. Pour quoi portez-vous la main sur le cœur ?
R. Pour marquer ma confiance en Dieu.
D. Pourquoi l'étendez-vous ?
R. Pour témoigner à mes frères l'envie que j'ai de leur faire bon accueil et les exciter à la vengeance.
D. Pourquoi la faites-vous descendre sur le genou ?
R. Pour faire voir qu'il faut le fléchir pour adorer Dieu.
D. Quelle heure est-il ?
R. Le point du jour paraît.
Alors le grand commandeur dit : Partons donc illustres chevaliers et courons à la vengeance.
Tous les chevaliers s'embrassent ; de l'un à l'autre cela parvient jusqu'au très illustre chevalier grand commandeur, chacun le salue, on éteint les lumières et le chapitre est fermé.
Fin de l'instruction Index pour l'explication des mots que nous lisons sur l'échelle mystérieuse ; des grands mots et mots de passe ; ainsi que ceux que répondent les solitaires. Tous ces mots sont des combinaisons ou arrangements de lettres tirées de l'anagramme du nom et du caractère de chacun de ceux qui ont joué quelque rôle important dans cette histoire. En voici quelques exemples pour faciliter la recherche des autres à ceux qui voudraient chercher :
1° Les deux montants de l'échelle mystérieuse sont appelés O lebur eloë, O leb berabac, faites en l'anagramme vous trouverez 21 lettres qui arrangées différemment vous désignent Philippe le Bel dans cette exclamation : – O Bel cruel, ô Bel barbare.
2° La réponse des solitaires exprimée par Begarerad stebion hemny vous donne encore 21 lettres dont la combinaison par anagramme donne le nom de Gérard Habé et Benoit Mehny.
L'anagramme convertie de tous les mots désigne : Philippe le Bel, roi de France ; Bertrand Goth, élu pape sous le nom de Clément sixième ; Berraud, son père, seigneur de Villandreau ; Etienne Barbet, maître de la Monnaie à Paris ; Gérard Habé / Benoit Mehny, les deux accusateurs de l'Ordre des templiers ; Le roi Charles de Naples qui les fit tous arrêter en Provence ; Jacques de Molay, grand-maître et les trois chevaliers qui périrent avec lui.
Il y a pour l'Ordre deux fêtes dans l'année : le 12 8 1307, pour les chevaliers arrêtés le 11 mars 1314, pour le supplice de Molay.
[Signature]
Apparat critique de la transcription Aeditimus
173. Cf. figure en page 62v°.
174. Surchargé, et corrigé dans l’interligne supérieur.
175. Cf. page 62v°.
176. Cf. page 62v°.
177. Cf. « Fin de l’instruction », page 68v°.
178. Cf. note 17, page 22 de la présente transcription (page 8v° du manuscrit). La signature (si c’en est bien une) paraît ici surchargée et accompagnée de ce qui peut en être une autre.
179. Cette partie figure en ajout, dans l’interligne supérieur, annoncée par un signe de renvoi : #.
180. Ecrit verticalement dans la colonne : Demandes (puis un autre mot en partie illisible).
181. Ecrit verticalement dans la colonne : Les protecteurs sont.
32e degré · Sublime Prince du Royal Secret
Cahier « Ralliement des princes sublimes » (p. 204-205 de la transcription).
[69r°]
Frédéric III, roi de Prusse, grand-maître et commandant général avec son armée des princes sublimes français, anglais et prussiens et les chevaliers de Flandre, d'Ecosse, gardiens fidèles du temple.
Le Triangle △ représente le centre où seront les chevaliers de Malte qui se joindront à nous et se feront connaître les gardiens fidèles de notre trésor. A leur tête : le prince ou à son défaut les princes... Tous les cinq successivement l'un à l'autre et par rang d'ancienneté ou tous les cinq ensemble recevront l'ordre directement du roi de Prusse. Ils occuperont le [figure d'un pentagone où est inscrit 5] à chaque angle duquel sont les cinq pavillons, savoir l'étendard où le T au lion d'or tenant à la gueule une clef d'or et ayant un collier d'or avec ces lettres S. Q. S. sur un fond d'azur et, au bas, les lettres initiales de ces mots : Ad majorem Dei gloriam. E. au cœur enflammé de gueule ailé de sable et couronné de laurier sinople fond d'argent. N. à l'aigle à deux têtes, une couronne d'or servant de collier aux deux cols ensemble tenant une épée de la serre droite, la pointe en bas, sur un fond sinople. G. au bœuf de sable fond d'or U. à l'arche d'Alliance d'or, deux palmiers sinoples, le fond pourpre avec ces mots : Laus Deo. L'[figure d'un heptagone où est inscrit 7] est pour les princes du Liban et les princes de Jérusalem. Ceux ci recevront les ordres des premiers qui les recevront des princes sublimes. L'[figure d'un ennéagone où est inscrit 9] est pour les neuf camps des maçons en tous grades suivant l'arrangement ci-après. N.B. que chaque tente représente un camp et les pavois et pavillons la couleur du grade. Chaque lettre pour indiquer chaque grade par tente ainsi que chaque lettre pour indiquer les étendards ou pavois [des] pavillons ci-dessus sont [sic] prises des trois mots consacrés aux seules cérémonies sublimes. S. au pavillon et pavois blanc, flamme rouge, représente le camp des chevaliers de Rose- Croix ou de l'Aigle blanc ou d'André d'Ecosse. A. au pavillon et pavois vert d'eau représente le camp des chevaliers d'Orient. L. au pavillon et pavois rouge représente le camp des grand élus parfaits maîtres et sublimes écossais. I. au pavillon et pavois noir et rouge représente le camp des chevaliers de la Royale Arche. X. au pavillon et pavois bandes rouges et noires représente le camp des maîtres irlandais. N. au pavillon et pavois noir représente le camp des élus, maîtres élus et chevaliers élus. O. au pavillon et pavois bandes vertes et rouges représente le camp des maîtres anglais. N. au pavillon et pavois vert représente le camp des maîtres parfaits. S. au pavillon et pavois bleu représente le camp des maîtres symboliques et volontaires. Les noms des neuf camps sont : S. Malachias ; A. Zorobabel ; L. Nehemias ; I. Homen ; X. Phaleg ; N. Joyada ; O. Eliab ; N. Josué ; S. Esdras. Heures indiquées
La cinquième après Soleil couché par cinq coups de canon ainsi tirés : 1 et 4.
Rendez-vous
A Paris au temple, à Naples au Palais royal, à Rome au Capitole, à Malte à l'hôtel, en mer de l'île de Chypre, où se rendra l'armée navale de toutes les nations, après avoir passé pour second rendez-vous au port de Malte et le troisième rendez-vous est à Jérusalem, où sont nos gardiens fidèles.
Les noms des garde-étendards sont : Bezeleel, Eliab, Manchem, Garinous et Emerk.
Les mots de l'Ordre pour chaque jour de la semaine qui ne changeront que par la volonté du roi de Prusse commandant général, sont ainsi : Ezechiel Cyrus Dimanche
Les mots de passe sont : Lundi Daniel Darius Demande : Poolkal... séparés Mardi Habacuc Xerces Réponse : Pharaskal... réunis Mercredi Sophonie Alexandre
Pour accomplir Jeudi Aggée Philadelphe ils disent ensemble : NIKA-MEKA Vendredi Zacharie Hérode Les mots pour ouvrir et fermer le conseil Samedi Malachie Ezéchias souverain des princes sublimes [69v°]…
[69v°] …sont : le premier officier dit : SALIX, le second dit : NONIS, et le troisième : TENGU, qui signifie : Ralliement des frères sages.
Toutes les lettres de ces mots de l'ouverture du conseil prises l'une après l'autre sont les initiales de cette prophétie : Soutenons à présent ; l'invincible Xercès nous offre notre incomparable trésor sacré et nous gagnerons victorieusement… Les princes sublimes posséderont les trésors comme aux anciens temps et les chevaliers de Malte qui s'y joindront auront les mêmes honneurs et prérogatives
Les princes de Jérusalem seront reçus commandeurs de l'Aigle noir et commanderont les chevaliers d'Orient, les grands écossais, les symboliques et les volontaires avec le mot de passe à triple prononciation.
Imitons notre grand-maître qui jusqu'à la fin mit son espérance au Grand Architecte de l'Univers et proféra les dernières paroles en passant d'ici à la gloire : Spes mea in deo est182. La partie supérieure du frontispice est : Virtute et silentio.
Le signe se fait en levant les bras ouverts les mains renversées les doigts écartés et les laisser retomber sur les cuisses. L'aigle qui ouvre ses ailes en signe de protection pour les ordres, qui lui sont soumis.
[Signature]
Apparat critique de la transcription Aeditimus
182. Psaume LXII, 7 (Vulgate).
183. Cf. note 17, page 22 de la présente transcription (page 8r° du manuscrit).
184. A été l’objet d’une publication dans Renaissance Traditionnelle, n° 79, juillet 1989. Cf. article de Rogez Dachez, « Les élus coëns à Saint-Domingue. En 1767-1768. Textes d’instruction sur les deux premiers grades bleus », p. 189-192 (présentation) et p. 197-203 (transcription).
185. Nous donnons ci-après le commentaire de Roger Dachez (article cité supra) : « Cette distinction en trois classes, sans plus de détail, semble a priori se référer à une distribution des grades où les trois grades bleus, ainsi que le précise le discours, forment la “première classe”. Il serait plus aventuré de répartir les autres grades du système. »
186. Nous donnons ci-après le commentaire de Roger Dachez (article cité supra) : « Il s’agit en fait de deux versets de Prov. VIII, selon la Vulgate : - “Dominus possedit me in initio viarum suarum, antequam quidquam faceret a principio” Prov. VIII, 22. (Traduction de la Bible de Jérusalem : “Yahvé m’a créée au début de ses desseins, avant ses œuvres les plus anciennes.”) - “Cum eo ream, cuncta componans” Rov. VIII, 30. (Traduction de la Bible de Jérusalem : “J’étais à ses côtés comme maître d’œuvre.”) Dans ces versets, c’est la Sagesse qui s’exprime et fait son propre éloge. »
187. Nous donnons ci-après le commentaire de Roger Dachez (article cité supra) : « Cette attribution paraît cohérente avec la note qui figure à la suite du catéchisme d’Apprenti, faisant de Caïn l’un des “trois compagnons” (allégoriquement évoqués dans la légende d’Hiram ?). Quant à Abel, c’est très classiquement une figure du Christ ; son association au troisième grade est donc logique. »
188. Nous donnons ci-après le commentaire de Roger Dachez (article cité supra) : « L’évocation de ces colonnes d’avant le Déluge est très remarquable, puisqu’elle fait évidemment référence aux “deux colonnes” renfermant toutes les sciences, et destinées à l’humanité régénérée. Apparues dans Flavius Josèphe et notamment transmises en Europe par Pierre Comestor, ces deux colonnes figurent en bonne place dans les “Old charges”, les “Anciens Devoirs” de la Maçonnerie anglaise, et Anderson en fait naturellement mention dans l’Histoire du Métier qui figure en tête des Constitutions de 1723. Ces deux colonnes sont beaucoup moins familières aux Maçons français du XVIIIe siècle. Toutefois elles pouvaient être connues grâce à la traduction de l’œuvre d’Anderson publiée par La Tierce, en 1742, qui eut un succès certain et une grande diffusion. »
189. A été l’objet d’une publication dans Renaissance Traditionnelle. Cf. article cité supra, p. 192-196 (présentation) et p. 204-206 (transcription).
190. Nous donnons ci-après le commentaire de Rogez Dachez (article cité supra) : « Nous avons signalé que notre texte permet de combler une lacune de la version Faivre-La Haye, avec le mot “tiers”. Si l’on reprend le schéma de la cosmogonie martinésiste, telle que l’expose notamment le “Traité de la Réintégration”, nous voyons qu’après avoir “émancipé” diverses classes d’esprits dans “l’immensité surcéleste” (premier des trois mondes étrangers à Dieu lui-même, ou “immensité divine”), Dieu procéda, en raison de la prévarication des esprits pervers, à une seconde émancipation, au terme de laquelle Adam fut constitué gouverneur de “l’immensité céleste” (deuxième monde) et de “l’immensité terrestre” qui devait servir de prison aux esprits rebelles. Adam, marqué par le nombre 4, occupe bien, comme le montre la “Figure Universelle” de Martinès de Pasqually, la jonction entre l’immensité surcéleste dont il est issu, d’une part, et les deux immensités céleste et terrestre qu’il doit gouverner, d’autre part. On peut ainsi comprendre qu’il est “Chef sur les deux tiers”. »
191. Le manuscrit porte : possede, ce qui semble devoir être rendu en fait par : procède.
192. Un catéchisme d’Apprenti donné par Antoine Faivre (document La Haye) continue la description du Temple. Dans le manuscrit Baylot, cette description reprend avec le catéchisme de Compagnon.
193. A été l’objet d’une publication dans Renaissance Traditionnelle. Cf. article cité supra, 192-196 (présentation) et p. 207-211.
194. Nous donnons ci-après le commentaire de Roger Dachez (article cité supra) : « L’attribution du deuxième grade à la prévarication d’Adam est déjà bien établie ici. Dans des textes plus tardifs, décrivant la cérémonie synthétique des trois premiers grades “remis en un seul”, on lit encore : “Au grade de Comp il retrace la prévarication du premier homme par celle de Kain tipe de celle des premiers esprits rélégués au midy (…)” (cf. R.T. n° 73-74, p. 94). »
195. Nous donnons ci-après le commentaire de Roger Dachez (article cité supra) : « Selon un enseignement constant de “l’arithmosophie” martinésiste, le nombre 5 est le nombre “diabolique” par excellence, combinant le nombre de la matière (3) et celui de la confusion (2). »
196. A été l’objet d’une publication dans Renaissance Traditionnelle. Cf. article cité supra (p. 212-213).
197. Nous donnons ci-après le commentaire de Roger Dachez (article cité supra) : « Il s’agit de la seconde lacune de la version Faivre-La Haye. Le mot “souche”, pour désigner une génération d’hommes, est déjà utilisé deux réponses plus haut. »
198. A été l’objet d’une publication dans Renaissance Traditionnelle. Cf. article cité supra (p. 211).
199. Roger Dachez met ici pentacule.
