Texte établi par reconnaissance optique du fac-similé (numérisation Gallica / BnF), fusionnée avec la couche texte de la numérisation, puis relue mot à mot sur les images. L'orthographe de 1886 est conservée telle qu'imprimée, y compris les coquilles de l'édition. Seul le rituel proprement dit est reproduit ici, pages 15 à 54 : le commentaire polémique dont Paul Rosen entoure sa publication, comme les développements doctrinaux des troisième à sixième parties, sont écartés. Les rares interpolations de l'éditeur, imprimées entre crochets dans l'original, sont conservées et signalées comme telles. Les repères entre crochets droits donnent la pagination de l'original.
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Chambre du Suprême Conseil
[Nous recommandons le symbolisme de ce Grade à l'attention du lecteur.]
Les tentures sont couleur pourpre, emblématique de l'autorité, recouvertes de têtes de mort, squelettes et os en sautoir brodés en argent, symbole de la régénération de la Nature par la mort, rappelant la régénération de la société par la Maçonnerie.
A l'Orient se trouve le trône du Président, élevé de cinq degrés, emblématiques des cinq parties que comprend l'ensemble de l'enseignement Maçonnique.
Il est couvert d'un dais pourpre et or, dont le [p. 16] fronton présente un aigle à deux têtes, les ailes déployées, symbole égyptien de la Sagesse exerçant partout son empire pour l'Ordre et le Progrès. Cet aigle est brodé en argent, et a les becs et les serres en or. Entre ses serres il soutient un glaive en or, emblème du Pouvoir, dont la poignée est du côté de la serre droite. Une banderolle, où se lit la devise « Dieu et mon droit », de Richard Cœur de Lion, traduite en latin par : Deus meumque Jus, s'étend de l'une à l'autre des extrémités du glaive.
L'aigle porte une couronne royale, emblème du Pouvoir matériel, sur ses deux têtes; et cette couronne est surmontée d'un triangle rayonnant en or, portant au centre, en rouge, le YOD hébraïque, emblème du Pouvoir spirituel.
Au-dessus du trône, figure un transparent où l'on voit le nom hébreu de JÉHOVAH, Cause Première, peint en or, émettant des rayons et entouré de trois triangles équilatéraux en or, enlacés en hexagone, et portant dans chacun de leurs angles une des neuf lettres, en rouge, du mot SAPIENTIA, Sagesse. Cela veut dire que la Sagesse suprême préside les travaux du Conseil en l'éclairant de ses rayons.
A droite et à gauche du trône sont groupés les 32 étendards, chacun de la couleur du grade et portant son emblème, des 32 grades du Rite Écossais Ancien et Accepté.
A l'Occident se trouve le trône du Vice-Président,
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élevé de trois degrés, emblème des éléments de toute Création : la Cause, le Moyen, la Fin. Il est surmonté d'un Phénix renaissant entre les flammes, emblème de l'Immortalité de la Lumière Maçonnique, dont l'enseignement a traversé intact les bûchers dressés par le Mensonge, l'Erreur, le Fanatisme et l'Hypocrisie.
Au centre du Conseil se trouve un autel quadrangulaire, recouvert en velours pourpre frangé d'or, portant sur le centre de la face dirigée vers l'Occident le chiffre 33 brodé en or.
Sur cet Autel se trouve le livre des Constitutions, sur lequel est croisée une épée.
Au Nord de cet Autel, c'est à-dire à sa droite, se trouve un squelette, dont le bras droit levé et portant un poignard dans la main semble s'apprêter à poignarder quelqu'un. La main gauche de ce squelette soutient le drapeau de l'Ordre. Sous le squelette, se trouve un fauteuil disposé de façon à ce que le coup de poignard paraisse destiné à celui qui l'occupe. Cette représentation symbolise que la mort des traîtres est nécessaire pour le maintien de l'Ordre.
Le drapeau de l'Ordre est de soie blanche, de 1 mètre de largeur sur 75 centimètres de hauteur; sa hampe a 2 mètres 1/2 de hauteur; il est frangé d'or, et porte, brodé en noir, un aigle à deux têtes, soutenant une épée nue entre ses serres, ayant les becs, les serres et la poignée de l'épée en or, et portant une couronne royale surmontée [p. 18] d'un triangle rayonnant dont le chiffre 33 occupe le centre. C'est le symbole du pouvoir matériel et du pouvoir spirituel dont dispose l'Ordre, grâce à la Sagesse de ses Souverains Grands Inspecteurs Généraux.
Au Sud de l'Autel, c'est à dire à sa gauche, se trouve une table à parfums, portant un réchaud sur lequel est placé un vase métallique rempli à moitié de mercure. Sur le réchaud on projette un gros encens formé d'ambre, d'olibanum, de résine, de storax labdanum et de benjoin.
Le Conseil est éclairé par onze lumières, disposées comme il suit : un chandelier à cinq branches à l'Orient, symbolisant les cinq parties de l'enseignement Maçonnique ; un chandelier à trois branches à l'Occident, symbolisant la Création universelle ; un chandelier à deux branches au Midi, symbolisant la Matière, le Principe passif; un chandelier à une branche au Nord, symbolisant le Feu Central, la Cause première, le Principe actif.
Les Officiers indispensables pour la constitution d'un Suprême Conseil sont au nombre de sept, nombre emblématique de la Perfection absolue. Ce sont :
Le Très Puissant Souverain Grand Commandeur,
Le Puissant Souverain Lieutenant Grand Commandeur,
Le Grand Trésorier du Saint Empire,
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Le Grand Chancelier du Saint Empire,
Le Grand Secrétaire du Saint Empire,
L'Illustre Grand Maître des Cérémonies,
L'Illustre Grand Capitaine des Gardes.
Le Très Puissant Souverain Grand Commandeur occupe le trône situé à l'Orient, ayant devant lui un autel triangulaire recouvert de velours cramoisi or.
Le Puissant Souverain Lieutenant Grand Commandeur occupe le trône situé à l'Occident, et a devant lui un Autel triangulaire recouvert de velours cramoisi et or.
Le Grand Trésorier du Saint Empire est placé à l'extrême gauche de l'Orient.
Le Grand Chancelier du Saint Empire est placé à la gauche du Grand Commandeur, entre celui-ci et le Grand Trésorier.
Le Grand Secrétaire du Saint Empire est placé à la droite du Grand Commandeur.
L'Illustre Grand Maître des Cérémonies est placé à l'extrême droite de l'Orient, de l'autre côté du Grand Secrétaire.
L'Illustre Grand Capitaine des Gardes se place au sud-ouest, à la droite du Lieutenant Grand Commandeur et à proximité de la porte d'entrée.
Au-dessus de cette porte d'entrée est écrite la devise de l'ordre : Deus meumque Jus.
Le costume des Illustres Souverains Grands Inspecteurs Généraux est le costume noir de ville, avec le cordon, les bijoux et la croix Teutonique.
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Le cordon est un ruban blanc, de soie moirée, de 11 centimètres de largeur, destiné à être porté de gauche à droite, c'est-à-dire du côté du cœur et de la volonté au côté de l'action. Sur le devant il porte brodé en or un triangle équilatéral rayonnant, au centre duquel est le chiffre 33, et à la droite et à la gauche duquel triangle se trouvent deux glaives d'argent dont les pointes convergent vers le centre. Il symbolise la vigilance constante, et l'apprêt constant à la lutte, des Souverains Inspecteurs Généraux, vengeurs des innocentes victimes des ennemis de l'Ordre. Le cordon se termine par une pointe entourée de franges d'or et portant au milieu une rosette rouge et verte, couleurs de la Vie et de l'Espérance.
Les bijoux sont : l'Aigle, la triple croix et l'alliance.
L'Aigle à deux têtes est en argent, a les becs, les serres et l'épée qu'il tient entre ses serres en or. Les deux têtes sont surmontées d'un triangle rayonnant, ayant la pointe en bas et au centre le י IOD hébreu, symbole de l'existence.
L'aigle est attaché à un ruban blanc de 11 centimètres, ayant de chaque côté un liseré d'or de 3 centimètres de largeur.
La triple croix est formée par la jonction de deux croix ordinaires par le sommet, d'où partent deux bras horizontaux, qui complètent, à ce point de jonction, la croix totale formée par la jonction des deux bras verticaux entiers. Elle est en émail [p. 21] rouge pour les dignitaires du Suprême Conseil.
Les anciens dignitaires la portent entourée d'une jarretière noire brodée d'or. Cette croix se porte suspendue à l'Aigle.
L'Alliance est un double anneau de deux lignes d'épaisseur, portant gravée à l'intérieur la devise : Deus meumque Jus, et le nom du propriétaire. Elle symbolise le mariage, l'union indissoluble du Souverain Grand Inspecteur Général avec l'Ordre.
La Croix teutonique est une croix puissant gueules, chargée sur une croix puissant or, surchargée d'un écusson aux lettres J∴ B∴ M∴ : la croix principale surmontée d'un principal bleu semé de France. Les Souverains Grands Inspecteurs Généraux la portent attachée sur le côté gauche, au-dessus du cœur.
Le Suprême Conseil a un tapis quadrillé rouge et noir, emblème de sa vitalité pour le châtiment.
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I. Ouverture des travaux
[Ce Grade, le plus élevé de tous, est naturellement celui dont les cérémonies revêtent aussi le plus de solennité.]
Un suprême Conseil doit être composé de neuf Souverains Grands Inspecteurs Généraux au moins, et de trente-trois au plus. Neuf, parce que ce nombre, étant le dernier des nombres simples, indique la fin de toute chose ; trente-trois, parce que c'est à Charleston, au 33° Latitude Nord, que le 1er Suprême Conseil s'est constitué le 31 mai 1801, sous la présidence de Isaac Long, fait Inspecteur Général par Moïse Cohen, qui tenait son grade de Spitzer, Hyes, Franken et Morin. Ce dernier, le tenait depuis le 27 août 1762, du prince de Rohan et de neuf autres Maçons du Rite de Perfection, qui l'avaient chargé « d'établir dans toutes les parties du monde la Puissante et Sublime Maçonnerie. »
Tous ayant occupé leurs postes, les dignitaires [p. 23]
leurs emplacements fixes, et les autres Illustres Souverains deux bancs disposés en demi-cercles au Nord et au Sud de la chambre du Suprême Conseil, le Très Puissant Souverain Grand Commandeur donne un coup sur son Autel avec le bout du pommeau de son épée, et s’adressant au Puissant Souverain Lieutenant Grand Commandeur, il lui dit :
Le Très Puissant Souverain Grand Commandeur : Puissant Souverain Lieutenant Grand Commandeur, quel âge avez-vous ?
Le Puissant Souverain Lieutenant Grand Commandeur : Trente-trois ans accomplis, Très Puissant Souverain Grand Commandeur.
Le Très Puissant Souverain Grand Commandeur : Quelle est notre mission, Puissant et Illustre Frère ?
Le Puissant Souverain Lieutenant Grand Commandeur : De discuter et promulguer les lois que la Raison et le Progrès rendent nécessaires pour la félicité des peuples, et de délibérer sur les moyens les plus efficaces à employer pour combattre et vaincre les ennemis de l’Humanité.
Le Très Puissant Souverain Grand Commandeur : Quel est notre devoir ?
Le Puissant Souverain Lieutenant Grand Commandeur : De défendre les immortels principes de l’Ordre et de les propager sans cesse sur toute la surface du Globe.
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Le Très Puissant Souverain Grand Commandeur : Quelle heure est-il ?
Le Puissant Souverain Lieutenant Grand Commandeur : Le mot d’ordre est donné, les gardes sont à leurs postes et nous sommes en parfaite sûreté.
Le Très Puissant Souverain Grand Commandeur : Puisqu’il n’y a lieu de craindre aucune interruption, veuillez, Illustre et Puissant Frère, donner avis par les nombres mystiques que le Suprême Conseil du 33e degré pour.... (tel pays)... va ouvrir ses travaux pour le gouvernement de l’Ordre, l’obtention de la justice et le triomphe de nos droits.
Le Très Puissant Souverain Grand Commandeur donne successivement cinq, trois, un et deux coups.
Le Puissant Souverain Lieutenant Grand Commandeur répète ces cinq, trois, un et deux coups.
Tous les Illustres Souverains Grands Inspecteurs Généraux se lèvent et se mettent à l’ordre, en plaçant sur leur cœur leur main droite, dont tous les doigts sont collés les uns aux autres.
Le Très Puissant Souverain Grand Commandeur dit :
« En vertu des pouvoirs dont vous m’avez investi, je déclare ouverts les travaux du Suprême Conseil du 33e et dernier degré du Rite Ecossais Ancien et Accepté pour le Gouvernement
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de l’Ordre en.... A moi, Illustres Souverains ! »
Tous les Illustres Souverains Grands Inspecteurs Généraux présents,
1° Croisent les bras sur la poitrine, le droit sur le gauche ;
2° Fléchissent le genou droit ;
3° Inclinent le corps vers la terre ;
4° Portent la main droite à la poignée de leur épée ;
5° Tirent l’épée du fourreau en se relevant ;
6° Fléchissent le genou gauche ;
7° Portent la main gauche sur leur cœur ;
8° Appliquent par trois fois, bien scandées, leurs lèvres sur la lame de leur épée.
Le Très Puissant Souverain Grand Commandeur : Veuillez prendre place, mes Illustres Frères !
Tous se rendent à cette invitation.
Le Puissant Souverain Lieutenant Grand Commandeur : Le Suprême Conseil du 33e et dernier degré pour.... est ouvert !
Le Très Puissant Souverain Grand Commandeur :
Illustre Souverain Grand Secrétaire du Saint-Empire, veuillez rendre compte du balustre de la précédente séance.
L’Illustre Grand Secrétaire du Saint-Empire donne lecture du balustre de la réunion précédente.
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Le Très Puissant Souverain Grand Commandeur :
J’invite les Illustres Souverains Grands Inspecteurs Généraux ici présents à émettre, s’il y a lieu, leurs observations sur le balustre dont lecture a été faite, pour que, après discussion, il puisse recevoir l’approbation du Suprême Conseil.
Les Illustres Souverains Grands Inspecteurs Généraux qui veulent faire usage de la parole présentent leurs observations.
Une fois la discussion terminée, le balustre est approuvé par mains levées.
L’approbation du balustre précédent une fois consignée par l’Illustre Grand Secrétaire du Saint-Empire sur le balustre de la séance actuelle, l’Illustre Grand Maître des Cérémonies présente au Puissant Souverain Lieutenant Grand Commandeur la liste des Illustres Souverains Grands Inspecteurs Généraux qui sollicitent l’honneur de rendre visite au Suprême Conseil, et qui ont été dûment tuilés par l’Illustre Grand Capitaine des Gardes auquel incombent les hautes fonctions de Tuileur.
Dans tous les pays où le rite est pratiqué en langue anglaise, le tuilage d’un visiteur au 33e degré est précédé de son tuilage au degré de Royal Arche, exécuté de la manière suivante :
Tuileur : Quelle est votre recommandation ?
Tuilé : Ma parole et un signe.
Tuileur : Dites-moi votre parole ?
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Tuilé : Je.
Tuileur : Ho.
Tuilé : Vah.
Tuileur : Montrez-moi le signe.
Le Tuilé forme sur son front un triangle dont les deux pouces, mis horizontalement bout à bout, forment la base, et les deux index, en contact par leurs bouts, les deux côtés.
Faute aux visiteurs, dans les pays où l’on parle anglais, de répondre de cette manière à ces questions, ils ne seront reçus dans aucune assemblée maçonnique que comme Maîtres-Maçons. L’accès de toutes les assemblées de grades supérieurs au troisième leur sera donc interdit, et conséquemment, ils ne seront pas reçus au Suprême Conseil, aussi en règle que leurs patentes et autres documents puissent être.
Le Puissant Souverain Lieutenant Grand Commandeur :
Très Puissant Souverain Grand Commandeur... D’Illustres Souverains Grands Inspecteurs Généraux, dont la légalité parfaite des titres a été dûment constatée, désirent être introduits dans le sein du Suprême Conseil et prendre part à ses travaux.
Le Très Puissant Souverain Grand Commandeur :
Veuillez ordonner que libre entrée leur soit donnée, Illustre et puissant Frère.
Les Illustres Souverains Grands Inspecteurs
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Généraux Visiteurs se présentent à la porte du Suprême Conseil, précédés de l’Illustre Grand Maître des Cérémonies et à l’ordre de Souverain Grand Inspecteur Général, c’est-à-dire la main droite placée à plat, les doigts tous réunis, sur le cœur.
Ils font alors le salut des Souverains Grands Inspecteurs Généraux qui consiste à croiser les bras sur la poitrine de façon à ce que les doigts touchent les épaules, et à incliner le corps vers la terre dans cette position.
Le Très Puissant Souverain Grand Commandeur, et tous les dignitaires et Souverains Inspecteurs Généraux présents rendent, debout, leur salut aux visiteurs en faisant le même signe.
Le Très Puissant Souverain Grand Commandeur :
« Illustres et Puissants Frères soyez les bien venus dans ce Conseil où règnent l’Harmonie, la Vertu et l’Amour de l’Ordre. Veuillez nous aider de vos lumières, coopérant ainsi aux fins de l’Ordre en remplissant le devoir le plus important du Suprême degré dont vous êtes investis.
Illustres Souverains Grands Inspecteurs Généraux, mes Illustres et Puissants Frères, veuillez vous joindre à moi pour applaudir, par les nombres mystiques, au noble désir de coopération efficace des Illustres et Puissants Frères Visiteurs. »
Le Très Puissant Souverain Grand Commandeur
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et tous les Grands Souverains Grands Inspecteurs Généraux présents, exception faite des Visiteurs, donnent cinq, trois, un, et deux coups avec le pommeau de leurs épées sur les tables placées devant eux.
Les Illustres et Puissants Frères Visiteurs s’inclinent à nouveau, après que la batterie de bon accueil a été faite.
Le Très Puissant Souverain Grand Commandeur :
Veuillez prendre place parmi nous, Illustres et Puissants Frères.
Tous s’asseoient, les Visiteurs prenant place sur les extrémités des bancs, du côté le plus éloigné de l’Orient.
Le Très Puissant Souverain Grand Commandeur :
Illustre Souverain, Grand Secrétaire du Saint-Empire, veuillez donner lecture de l’ordre du jour de cette illustre Assemblée.
Le Grand Secrétaire du Saint-Empire donne lecture de l’ordre du jour, dont la discussion commence immédiatement.
Les scrutins ont lieu par vote verbal, chaque Souverain Grand Inspecteur Général donnant sa voix séparément en motivant son vote.
Si une Réception au 33e degré doit avoir lieu, une fois cette partie de l’ordre du jour venue à discussion, l’Illustre Grand Maître des Cérémonies se lève, et s’avance vers le Très Puissant
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Souverain Grand Commandeur, à qui il remet un placet.
Le Très Puissant Souverain Grand Commandeur en donne lecture dans les termes suivants :
Le Très Puissant Souverain Grand Commandeur :
Illustres et Puissants Souverains, l’Illustre Grand Maître des Cérémonies vient de remettre entre mes mains un placet dont la teneur est comme il suit :
« Ardemment attaché à la glorieuse entreprise établie dans les grades du Grand Elu Chevalier Kadosh et de Sublime Prince du Royal Secret, et jaloux de parvenir au summum des connaissances maçonniques que vous seuls pouvez donner, je sollicite respectueusement la permission de me présenter comme candidat pour être admis dans votre Illustre et Suprême Conseil, et de déclarer que vos suffrages en ma faveur constitueront pour moi un titre impérissable à ma gratitude éternelle.
« Fait à l’Orient de — le — de — de l’année —
« (Signé) : A. B....
« Grand Elu Chevalier Kadosh,
« Sublime Prince du Royal Secret. »
Acte étant pris de cette demande, je prierai l’Illustre Grand Maître des Cérémonies de nous soumettre son rapport sur les qualités intellectuelles, morales, matérielles et sociales du can- [p. 31]
didat, et sur ses connaissances et ses aptitudes maçonniques. »
L'Illustre Grand Maître des Cérémonies, qui a longuement et minutieusement examiné le Candidat sur tous les 32 grades qui dans le Rite précédent le 33e, et qui, en outre, s'est entouré de tous les renseignements de nature à bien éclaircir les services que le Candidat peut rendre à l'Ordre comme Souverain Grand Inspecteur Général, émet son opinion sur la convenance de l'admission ou de l'exclusion du Candidat.
Cette admission ou exclusion est mise aux voix et votée incontinent par vote verbal.
Si l'admission du candidat est acceptée, le Très Puissant Souverain Grand Commandeur dit :
« Illustre Grand Maître des Cérémonies préparez convenablement le Candidat pour son initiation au grade Suprême, et veuillez le conduire parmi nous. »
L'Illustre Grand Maître des Cérémonies se retire et se rend auprès du Candidat pour le disposer à son initiation.
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II. Initiation
Première partie
[Le lecteur qui connait la vraie signification des symboles des 32 premiers degrés, reconnaitra facilement, au milieu de ce flot d'inutiles et ridicules cérémonies, tout ce qui peut désormais avoir une réelle portée. Il lui sera facile de constater avec quel art le but vrai de la Maçonnerie reste toujours couvert d'un voile discret ; mais aussi avec quelle persévérance il est poursuivi jusqu'à la fin.]
Le Candidat est habillé de noir des pieds à la tête, il est déchaussé et porte des chaussettes noires.
Il n'a ni chapeau, ni épée, ni tablier, ni décor maçonnique autre que le cordon et le bijou de Sublime Prince du Royal Secret.
L'Illustre Grand Maître des Cérémonies lui passe au cou une corde noire et lui remet une [p. 33] torche allumée que le Candidat soutient dans sa main droite.
Il lui fait croiser les bras sur la poitrine, les doigts près des épaules, pencher sa tête vers la terre, et, en le conduisant par la corde noire qui entoure son cou (a), il le mène à la porte du Suprême Conseil où il frappe cinq, trois, un et deux coups.
L'Illustre Grand Capitaine des Gardes se lève et dit :
Très Puissant Souverain Grand Commandeur, un Souverain Grand Inspecteur Général demande à entrer au Suprême Conseil.
Le Très Puissant Souverain Grand Commandeur :
Veuillez, Illustre et Puissant Frère, vous informer de son nom et du but de sa visite.
Le Puissant Souverain Lieutenant Grand Commandeur :
Veuillez exécuter cet ordre, Illustre Grand Capitaine des Gardes.
L'Illustre Grand Capitaine des Gardes s'approche de la porte du Suprême Conseil, y frappe cinq, trois, un et deux coups, l'ouvre et se renseigne auprès de l'Illustre Grand Maître des Cérémonies, sur le but de la présence de celui-ci à la porte du Suprême Conseil, accompagné qu'il est d'un maçon qui ne possède pas le Suprême degré de Souverain Grand Inspecteur Général.
(a) Et la Maçonnerie prétendra étre encore la grande, la seule école de dignité et de liberté ! (Note de l'Editeur.)
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Une fois renseigné, l'Illustre Grand Capitaine des Gardes rentre dans le Suprême Conseil, ferme la porte, et, s'adressant au Très Puissant Souverain Grand Commandeur, dit :
L'Illustre Grand Capitaine des Gardes :
Très Puissant Souverain Grand Commandeur, le Souverain Grand Inspecteur qui a frappé à la porte du Suprême Conseil est l'Illustre et Puissant Frère Grand Maître des Cérémonies, qui se trouve accompagné d'un Grand Elu Chevalier Kadosh et Sublime Prince du Royal Secret qui, sincèrement attaché à son Ordre, à son pays et au Grand Œuvre, sollicite humblement la faveur d'être admis à recevoir l'éclatante lumière du Suprême Conseil, pour pouvoir réfléchir ses clartés sur l'esprit de ceux qui sont dans les ténèbres (a).
Le Très Puissant Souverain Grand Commandeur :
Veuillez, Illustre Grand Capitaine des Gardes, leur donner entrée au Suprême Conseil.
L'Illustre Grand maître des Cérémonies verse de l'encens sur le réchaud de la table des parfums, et ouvre la porte du Suprême Conseil.
Le Très Puissant Souverain Grand Commandeur dit :
(a) Voilà donc bien le but final de la Maçonnerie : répandre dans le monde l'esprit maçonnique que nous connaissons déjà et que nous connaitrons encore bien mieux quand nous aurons lu ce volume. (Note de l'Editeur.)
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Debout et à l'Ordre, Illustres et Puissants Souverains.
L'Illustre Grand Maître des Cérémonies, tenant en laisse le Candidat par le cordon noir, s'avance lentement précédant celui-ci, qui, déchaussé, la tête penchée vers la terre, et la torche allumée dans la main droite, suit lentement son conducteur.
Arrivés devant l'Autel quadrangulaire qui occupe le centre du Suprême Conseil, l'Illustre Grand Maître des Cérémonies et le Candidat s'arrêtent, faisant face au Très Puissant Souverain Grand Commandeur.
L'Illustre Grand Maître des Cérémonies dit :
Très Puissant Souverain Grand Commandeur et Illustres et Puissants Souverains, j'ai l'honneur de vous présenter le Grand Chevalier et Sublime Prince A... B... qui, sincèrement attaché à l'Ordre, à son pays et au Grand Œuvre, sollicite humblement la faveur d'être admis à recevoir vos éclatantes lumières, pour pouvoir en réfléchir les clartés sur l'esprit de ceux qui sont dans les ténèbres.
Le Très Puissant Souverain Grand Commandeur :
Le Suprême Conseil vous remercie, Illustre et Puissant Frère, de lui fournir l'occasion de récompenser dignement les mérites du Grand Chevalier et Sublime Prince que vous venez de lui présenter.
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Illustres et Puissants Souverains, prenons place !
Tous s'assoient, excepté l'Illustre Grand Maître des Cérémonies et le Candidat, qui font successivement trois fois le tour du Suprême Conseil, passant chaque fois entre la table des parfums et l'Autel, et entre l'Autel et le squelette porte-drapeau.
Au premier tour, l'Illustre Grand Maître des Cérémonies s'arrête avec l'Aspirant devant le Très Puissant Souverain Grand Commandeur, le salue et fait faire un profond salut au récipiendaire.
Le Très Puissant Souverain Grand Commandeur dit :
Grand Chevalier et Sublime Prince du Royal Secret, votre amour pour la cause sacrée de la Rédemption sociale, et votre persévérance dans la défense des sublimes et immortels principes de l'Ordre, sont les titres qui vous ont permis aujourd'hui de pénétrer au milieu de ceux d'entre vos Frères à qui est confiée la direction Suprême du Rite Ecossais Ancien et Accepté, en.... Rentrez encore une fois en vous-même ; méditez encore une fois sur les devoirs que vous avez acceptés de votre plein gré. Considérez si vous possédez bien et toutes les vertus et toutes les connaissances qui seules vous permettront de vous rendre digne de la Suprême dignité que vous prétendez atteindre.
L'Illustre Grand Maître des Cérémonies fait faire un 2e tour au récipiendaire, et, en le terminant, [p. 37] vient saluer le Très Puissant Souverain Grand Commandeur, et le faire saluer par le récipiendaire.
Le Très Puissant Souverain Grand Commandeur dit :
« Rappelez à votre souvenir vos premiers pas dans la carrière maçonnique ; faible et aveuglé par les préjugés, vous auriez roulé au fond d'insondables abîmes sans la Maçonnerie, cette colonne éclatante de lumière qui a su guider vos pas jusqu'à ce jour.
Votre main droite soutient aujourd'hui la torche lumineuse de la Civilisation et du Progrès. Vous allez être appelé à la porter toujours, quand même, partout, devant l'Humanité, pour éclairer sa voie et lui permettre d'atteindre son but.
Songez donc aux lourdes responsabilités que vous allez encourir, si votre esprit et votre cœur ne sont pas à la hauteur d'une tâche aussi glorieuse. »
L'illustre Grand Maître des Cérémonies fait faire un 3e tour au récipiendaire, et, quand il est terminé, vient se placer devant le Très Puissant Souverain Grand Commandeur, et lui adresse un troisième salut que le récipiendaire imite.
Le Très Puissant Souverain Grand Commandeur dit :
« Grand Chevalier et Sublime Prince, avant de vous admettre à contracter la dernière obligation de la Maçonnerie, celle qui entre toutes est la plus [p. 38] sérieuse, la plus importante et la plus solennelle à laquelle un homme puisse se soumettre, nous sommes en droit de vous demander des preuves de votre courage et de votre présence d'esprit.
Veuillez laver vos mains dans le métal fondu qui remplit le vase qui se trouve à votre droite, pour les rendre complètement pures en effaçant les taches que le vice et l'immoralité auraient pu y imprimer. »
Pendant ce discours du Très Puissant Souverain Grand Commandeur, l'Illustre Grand Maître des Cérémonies ajoute de l'encens au réchaud qui se trouve sous le vase, de manière à produire une fumée épaisse.
Le discours terminé, le récipiendaire donne la torche à l'Illustre Grand Maître des Cérémonies qui l'éteint, et il lave ses mains dans le mercure, les essuyant avec un linge qui est disposé au préalable sur la table des parfums, à côté de la boîte à encens.
L'Illustre Grand Maître des Cérémonies amène alors le récipiendaire devant l'Autel pour y prêter le serment.
Le Très Puissant Souverain Grand Commandeur dit :
« Illustres Souverains Grands Inspecteurs Généraux, veuillez vous joindre à moi pour recevoir le serment du Grand Chevalier et Sublime Prince A... B... »
Tous les Souverains Grands Inspecteurs Géné- [p. 39]
raux se mettent debout, la main droite étalée sur le cœur, les doigts joints, et le corps profondément incliné en avant.
Le récipiendaire met la main droite sur l'épée qui est croisée sur le livre des Constitutions et lève la main gauche vers le ciel, répétant après le Très Puissant Souverain Grand Commandeur les paroles suivantes qui constituent le serment :
Serment
« Moi, A... B..., Grand Elu Chevalier Kadosh, Sublime Prince du Royal Secret, engage solennellement ma parole d'honneur la plus sacrée, et de mon plein gré jure sincèrement et loyalement, de ne jamais révéler aucun des secrets et mystères du Sublime grade d'Illustre Souverain Grand Inspecteur Général, et de n'être jamais cause ni directe ni indirecte de ce qu'ils soient divulgués.
« Je jure de suivre strictement et religieusement les Constitutions, Statuts, Règlements de ce grade, de remplir tous les devoirs qu'il impose, avec fidélité, diligence et dévouement, sans partialité, faveur ni affection, et de travailler sans cesse au triomphe des principes de l'Ordre, n'épargnant aucun effort pour parvenir à l'anéantissement de ses ennemis.
« Je jure d'inculquer, autant qu'il sera en mon pouvoir, par mes paroles et par mes actes, tous leurs devoirs aux hommes, pour parvenir à leur obtenir la complète possession de tous leurs droits.
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« Je jure et promets tout cela sans aucune équivoque et sans aucune réserve mentale, sans espoir d'être à tout jamais dispensé ni relevé de tout ou partie des engagements que je viens de prendre, par aucun pouvoir que ce soit.
« Et si je manquais en quoi que ce soit à ces serments, j'accepte résigné tel châtiment qu'il vous plaira de m'infliger. »
Le Très Puissant Souverain Grand Commandeur lève son épée sur la tête du récipiendaire, et, d'un son solennel, dit :
« Faisant usage de mon autorité comme Très Puissant Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil du 33e et dernier degré du Rite Ecossais Ancien et Accepté de la Franc-Maçonnerie pour la juridiction de....., et préalablement muni du plein consentement des Illustres Souverains Grands Inspecteurs Généraux ici présents, je vous nomme, crée et constitue, vous, A... B... Souverain Grand Inspecteur Général de l'Ordre, grade 33e et dernier du Rite Ecossais Ancien et Accepté de la Franc-Maçonnerie, et membre (actif ou honoraire) de ce Suprême Conseil exerçant l'Autorité Suprême Maçonnique dans la Juridiction de... »
Le Très Puissant Souverain Grand Commandeur donne, avec la main gauche et successivement, cinq, trois, un et deux coups séparés sur la lame de l'épée.
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Seconde partie
Investiture
L'Illustre Souverain Grand Maître des Cérémonies avertit le nouveau Souverain Grand Inspecteur Général d'avoir à relever la tête, qu'il avait tenue profondément inclinée jusqu'à ce moment.
Le Très Puissant Souverain Grand Commandeur prenant son épée par la lame, la remet par la poignée au nouveau Souverain Grand Inspecteur Général en lui disant :
« Illustre et Puissant Souverain Grand Inspecteur Général, nous plaçons dans vos mains une arme de mort, dont vous ne ferez usage contre la vie d'un homme que pour votre défense personnelle, pour la défense de votre pays et de notre Ordre, et contre les ennemis infâmes de la Maçonnerie.
Faites-en usage avec une bravoure à jamais indomptable et ne la rendez jamais, la brisant plutôt en mille morceaux entre vos mains, car vous avez juré, rappelez-vous-en, de « Vaincre ou Mourir. »
Le Très Puissant Souverain Grand Commandeur décore le nouveau Souverain Grand Inspecteur Général du Cordon du 33e degré, et lui dit :
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« Je vous décore du Grand Cordon des Souverains Grands Inspecteurs Généraux, de l'insigne de l'honneur suprême, du symbole du Non plus ultra humain. Sa couleur blanche vous indique que c'est en conservant la pureté immaculée de votre âme que vous vous êtes rendu digne de parvenir au rang suprême que vous venez d'atteindre.
Le Delta d'or qui brille sur votre poitrine et les épées d'argent qui dirigent leurs pointes vers son centre, vous rappellent la Liberté, l'Égalité et la Fraternité que vous devez vous tenir toujours prêt à défendre, par tous les moyens, contre les ennemis de la Vertu Maçonnique, de la Science Maçonnique et de la Puissance Maçonnique. Il répand d'éclatants rayons, pour représenter les clartés maçonniques que vous êtes voué à répandre à profusion sur les intelligences des maçons et des profanes qui n'ont pas, comme vous, le bonheur sans égal de pouvoir contempler la Vérité Suprême face à face et sans voiles. »
Le Très Puissant Souverain Grand Commandeur place une double alliance d'or, de l'épaisseur de 2 centimètres, dont l'intérieur porte gravés, sur l'un des cercles, le nom du nouveau Souverain Grand Inspecteur Général, et sur l'autre la devise de l'Ordre : Deus meumque Jus! autour de l'annulaire gauche du nouveau Souverain Grand Inspecteur Général, en lui disant :
« Recevez cette alliance comme gage précieux [p. 43] de votre union indissoluble avec l'Ordre, comme emblème de tous et chacun des devoirs importants que vous êtes dorénavant appelé à remplir. Vous ne devez vous en séparer qu'en quittant cette existence mortelle ; car c'est à vie que vous êtes uni à l'Ordre, et c'est pendant toute votre vie que vous lui devez l'accomplissement de tous les devoirs que vous avez volontairement acceptés.
Illustre Souverain Grand Maître des Cérémonies, veuillez donner au Souverain Grand Inspecteur Général les signes, attouchements et mots du 33e degré. »
L'Illustre Souverain Grand Maître des Cérémonies, s'adressant au nouveau Souverain Grand Inspecteur Général, lui dit :
« Quand vous voudrez pénétrer dans la chambre d'un Suprême Conseil, vous frapperez à la porte cinq, trois, un et deux coups bien espacés, qui constituent la batterie du grade, avec le pommeau de votre épée, car vous devez être habillé en noir, décoré complètement et armé de votre épée pour pouvoir pénétrer dans le Conseil.
Cette batterie date de la période où le 33e degré était considéré comme le complément du Grand Elu Chevalier Kadosch ; car elle se rapporte au chiffre 5312, chiffre maçonnique de l'année 1312 où l'Ordre du Temple fut détruit par la bulle papale.
Au bruit de ces onze coups, l'Illustre Souverain Grand Capitaine des Gardes ouvrira la porte, [p. 44] croisera ses bras sur sa poitrine, et inclinera son corps vers la terre en fléchissant les genoux, ce qui constitue le Premier Signe, en vous disant : DE MOLAY, qui est le premier Mot de Passe.
Vous porterez la main droite à votre glaive en le tirant du fourreau, fléchissant en même temps le genou gauche et portant votre main gauche sur votre cœur, ce qui constitue le Deuxième Signe, et vous prononcerez en même temps le second Mot de Passe, qui est : HIRAM ABI.
Ensuite l'Illustre Grand Capitaine des Gardes et vous, vous appliquerez trois fois vos lèvres sur la lame de vos épées, ce qui constitue le Troisième Signe, et vous échangerez le Mot Sacré, vous, disant à l'Illustre Grand Capitaine des Gardes, MIKAMOKA BEALIM, et lui, vous répondant ADONAI.
Les Mots de Passe embrassent la période légendaire de la Maçonnerie, en rappelant les noms de Hiram Abi, le fondateur légendaire de la Maçonnerie Juive ou prétendue telle, et de Jacques de Molay, le dernier Grand Maître des Templiers, prétendus continuateurs, dépositaires et propagateurs de ladite Maçonnerie.
Le Mot Sacré est une phrase hébraïque qui veut dire en latin :
Quis similis tui in fortibus, Domine ?
et en français :
Qui parmi les forts peut s'égaler à toi, Seigneur ?
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Allusion fort transparente à la qualité d'autorité suprême dont sont investis les Souverains Grands Inspecteurs Généraux.
Cela fait, l'Illustre Grand Capitaine des Gardes vous demandera :
Vous êtes donc Souverain Grand Inspecteur Général ?
Et vous lui répondrez :
Ma vertu, mon courage et mon zèle m'ont fait parvenir à ce grade éminent.
Il vous demandera encore :
Quel est votre âge ?
Et vous lui répondrez :
Trente-trois ans accomplis, Illustre et Puissant Souverain.
Là-dessus, il rentrera dans la chambre du Suprême Conseil, pour porter à la connaissance du Très Puissant Souverain Grand Commandeur la présence d'un Souverain Grand Inspecteur Général, dûment reconnu comme tel, qui se trouve à la porte du Suprême Conseil et demande à prendre part à ses travaux.
Le Très Puissant Souverain Grand Commandeur autorisera immédiatement votre admission, et l'Illustre Grand Capitaine des Gardes vous ouvrira la porte, en vous invitant à pénétrer dans le Suprême Conseil et à prendre place parmi les Souverains Grands Inspecteurs Généraux qui le composent.
Vous placerez alors votre main droite, tous les [p. 46] doigts serrés les uns aux autres, sur votre cœur, et vous inclinerez profondément la tête, ce qui constitue l'Ordre du Grade, et vous vous avancerez d'un pas lent et grave, car le 33e degré n'a pas de marche qui lui soit particulière, jusqu'au trône du Très Puissant Souverain Grand Commandeur, auquel vous adresserez un profond salut.
Le Très Puissant Souverain Grand Commanmandeur vous invitera à prendre place parmi vos Illustres et Puissants Frères, les Souverains Grands Inspecteurs Généraux. Vous vous placerez, par modestie, à la dernière place libre du côté de l'Occident. »
L'Illustre Grand Maître des Cérémonies, s'adressant au Très Puissant Souverain Grand Commandeur, lui dit :
« Très Puissant Souverain Grand Commandeur, l'instruction ritualistique que, d'après vos ordres, j'ai donnée au nouveau Souverain Grand Inspecteur Général et membre actif (ou honoraire) de notre Suprême Conseil, est complète. »
Le Très Puissant Souverain Grand Commandeur dit :
« Illustre Souverain Grand Maître des Cérémonies, je vous en remercie. »
S'adressant alors au nouveau Souverain Grand Inspecteur Général, il lui dit :
« Illustre Souverain et Très cher Frère, pour mieux graver dans votre mémoire la véritable [p. 47]
signification des emblêmes du grade Suprême qui vous a été conféré, veuillez prendre place dans le fauteuil qui vous est destiné, et prêter toute votre attention à l'interrogatoire d'instruction que je vais faire subir à l'illustre Grand Capitaine des Gardes, Grand Tuileur du Suprême Conseil, et auquel je prie cet Illustre et Puissant Frère de vouloir bien répondre. »
L'Illustre Grand Maître des Cérémonies accompagne le nouveau Souverain Grand Inspecteur Général jusqu'au fauteuil placé devant le squelette, où celui-ci prend place après avoir remis ses chaussures.
L'Illustre Grand Maître des Cérémonies revient à sa place et, aussitôt après, le dialogue d'instruction entre le Très Puissant Souverain Grand Commandeur et l'Illustre Grand Capitaine des Gardes commence, le Très Puissant Souverain Grand Commandeur faisant les demandes et l'Illustre Grand Capitaine des Gardes donnant les réponses.
Instruction ritualistique
« D. Êtes-vous Souverain Grand Inspecteur Général ?
R. Très Puissant Souverain, ma vertu, mon courage et mon zèle m'ont fait parvenir à ce grade éminent.
D. Comment puis-je m'en assurer ?
R. En obtenant de moi le mot de passe.
D. Commencez.
R. DE MOLAY.
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D. HIRAM ABI.
Que vîtes-vous en entrant pour la première fois au Suprême Conseil ?
R. Le mot symbolique de la Cause Première, émettant des rayons à travers trois triangles entrelacés dont les sommets portaient les lettres du mot SAPIENTIA.
D. Que signifie cet emblème ?
R. Que la Sagesse Suprême préside aux travaux du Suprême Conseil et l'éclaire de ses rayons.
D. Que signifient les squelettes, les crânes et les os qui paraissent dans notre Conseil ?
R. Ils nous rappellent le massacre de nos ancêtres, les Apôtres et les Soldats de la Vérité, de la Lumière et de la Vertu, par les suppôts du Mensonge, du Fanatisme et de la Tyrannie.
D. Pourquoi êtes-vous habillé de noir, et portez-vous une épée ?
R. Parce que je porte éternellement leur deuil, et suis toujours prêt à les venger.
D. Que vîtes-vous de plus dans la chambre du Suprême Conseil ?
R. Je vis un chandelier à cinq branches à l'Orient.
D. Que signifie-t-il ?
R. Les cinq lumières qui constituent l'ensemble de l'enseignement Maçonnique.
D. Quelles sont ces lumières ?
R. La religion naturelle, universelle et immuable, le secret des opérations de la Nature, la [p. 49] perfection du vrai temple qui est le cœur humain, la victoire du Soleil sur les ténèbres, et le triomphe de la Vérité et la Vertu sur les erreurs et les passions.
D. Que vîtes-vous à l'Occident ?
R. Un chandelier à trois branches.
D. Que signifie t-il ?
R. Les trois lumières qui constituent l'ensemble de la Création Universelle, Matérielle.
D. Quelles sont elles ?
R. La cause, le moyen et le résultat, ou le Mouvement, la Fermentation et la Vie.
D. Que vîtes-vous au Sud ?
R. Un chandelier à deux branches.
D. Que signifie-t-il ?
R. Les deux lumières qui constituent l'ensemble de la Création Universelle, Immatérielle.
D. Quelles sont-elles ?
R. Le Bien et le Mal.
D. Que vîtes-vous au Nord ?
R. Un chandelier à une branche.
D. Que signifie-t-il ?
R. La Lumière unique, la Cause Première.
D. Pourquoi l'autel du Suprême Conseil est-il quadrangulaire ?
R. Parce que les Constitutions de l'Ordre, qu'il supporte, s'appuient sur la Liberté, la Raison, la Justice et l'Équité.
D. Pourquoi une épée est-elle croisée sur le livre des Constitutions ?
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R. Pour indiquer que, pour interpréter la Loi, il faut d'abord que nous possédions l'Honneur chevaleresque dont l'épée est l'emblème.
D. Que signifie le drapeau de l'Ordre ?
R. La puissance matérielle et spirituelle dont dispose l'Ordre, grâce à la Sagesse Suprême de ses Souverains Grands Inspecteurs Généraux.
D. Que signifie l'Aigle à deux têtes ?
R. L'Aigle est le symbole égyptien de la Sagesse ; une de ses têtes représente l'Ordre, l'autre le Progrès ; et comme ses deux têtes lui permettent d'étendre circulairement, c'est-à-dire partout, ses regards vigilants, cet emblème signifie que la Vraie Sagesse consiste dans l'Ordre et le Progrès universel.
D. Pourquoi ses serres et ses becs sont-ils en or ?
R. Parce que l'or est le plus pur de tous les métaux.
D. Pourquoi soutient-il un glaive entre ses serres ?
R. Pour indiquer que c'est l'Honneur et la Puissance qui aideront à la Sagesse à se manifester par l'Ordre et le Progrès.
D. Pourquoi le drapeau de l'Ordre est-il tenu par un squelette ?
R. Pour indiquer que, étant soutenu par la mort, il est immortel et éternel comme l'Ordre dont il est l'emblème.
D. Pourquoi le squelette semble-t-il poignarder le nouvel initié ?
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R. Pour bien lui faire comprendre que, en cas de trahison de sa part, même les morts sortiront de leurs tombeaux pour le punir.
D. Le squelette, dans son ensemble, n'offre-t il pas encore un enseignement ?
R. Oui, Très Puissant Souverain, il nous rappelle qu'il faut vaincre ou mourir.
D. Que signifie le Phénix qui se trouve au-dessus du trône du Puissant Souverain Lieutenant Grand Commandeur ?
R. Le Phénix, étant l'emblème du Soleil et par suite de l'Immortalité, nous symbolise l'éternité de la Vérité, et l'Immortalité de la Justice.
D. Que signifie la devise de l'Ordre : Deus meumque Jus ?
R. Elle résume le secret de notre force et de notre puissance ; puisque, ayant été créés dans la plénitude de nos droits, nous avons droit à les posséder tous, sans exception.
D. Que signifie le cordon qui brille sur votre poitrine ?
R. Le blanc est l'emblème de l'innocence et de la pureté des véritables Maçons, le rouge symbolise le sang que ces Maçons purs et innocents ont versé pour l'Humanité. Le Soleil rayonnant rappelle que, ainsi que le soleil donne la lumière et la vie à toutes les régions du monde, le Grade suprême, le 33e de la Maçonnerie, donne la lumière et la vie aux grands corps maçonniques dans toutes les régions du monde.
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D. Quel est votre âge ?
R. Trente-trois ans accomplis.
D. Pourquoi cet âge ?
R. Parce que la Constitution du premier Suprême Conseil de Souverains Grands Inspecteurs Généraux s'accomplit sous le 33e degré de latitude nord, à Charleston, le 31 mai 1801.
D. A quelle heure les Souverains Grands Inspecteurs Généraux commencent-ils leurs travaux ?
R. Quand le mot d'ordre est donné, quand les gardes sont à leurs postes et quand règne la sécurité la plus parfaite
D. Pourquoi cela ?
R. Parce que, tous les devoirs administratifs dont le soin incombe au Suprême Conseil étant ainsi remplis, les Souverains Grands Inspecteurs Généraux peuvent travailler plus utilement au bien de l'Ordre.
D. Quel est le but des travaux des Souverains Grands Inspecteurs Généraux ?
R. Le bien de l'Ordre, amené par la victoire décisive sur tous ses ennemis.
D. A quelle heure les terminent-ils ?
R. Quand le soleil du matin illumine le Suprême Conseil.
D. Pourquoi cela ?
R. Parce que leur but sera alors atteint, la Lumière éclairant partout.
D. Comment sont tuilés les Souverains Grands Inspecteurs Généraux ?
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R. Par la demande des Signes et Mots de Passe et Sacrés du grade.
D. Et quoi de plus ?
R. Dans les pays où le Rite Écossais est pratiqué en anglais, ils sont aussi tuilés du grade de Royal-Arche.
D. Comment cela ?
R. Par le dialogue suivant :
Le Tuileur demande :
Quelle est votre recommandation ?
Le Tuilé répond :
Ma parole et un signe.
Le Tuileur demande :
Dites-moi votre parole.
Le Tuilé répond : JE. Le Tuileur continue par : HO. Et le Tuilé termine par : VAH.
Le Tuileur termine en demandant : Montrez-moi le signe ?
Le Tuilé forme un triangle ayant pour base les deux pouces réunis aux bouts, et pour deux côtés les deux index, et s'applique le triangle ainsi formé sur le front.
D. Ce tuilage au Royal Arche, quand a-t-il lieu ?
R. Après la présentation de la patente de Souverain Grand Inspecteur Général, et avant le tuilage au 33e degré.
D. Combien de Souverains Grands Inspecteurs Généraux sont nécessaires pour la Constitution d'un Suprême Conseil au 33e et dernier degré ?
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R. Neuf au moins, trente-trois au plus.
D. Pourquoi cela ?
R. Parce que, neuf étant le dernier des nombres simples, il est le symbole de la fin, du terme ; et que le 33e degré marque la fin, le terme de la hiérarchie maçonnique. Le maximum de trente-trois est évidemment dû au chiffre du grade.
D. Ordo ab Chao.
R. Deus meumque Jus. »
Le Très Puissant Souverain Grand Commandeur, s'adressant alors au nouveau Souverain Grand Inspecteur Général, lui dit :
« Illustre Souverain et très cher Frère, nous espérons que les enseignements qui vous ont été donnés sur le symbolisme du grade Suprême dont vous avez été investi, seront de fécondes semences qui porteront des fruits abondants de vertu et de dévouement dans votre cœur.
A cet enseignement symbolistique doit s'ajouter l'enseignement constitutionnel et statutaire du 33e grade, en tant que Suprême Conseil.
Puissant Grand Chancelier, veuillez donner lecture au nouveau Souverain Grand Inspecteur Général, dont notre Suprême Conseil s'est augmenté aujourd'hui, du texte officiel des Grandes Constitutions de 1786 du Rite Écossais Ancien Accepté, tel qu'il a été définitivement arrêté le 22 septembre 1875 par le Convent Universel des vingt-deux Suprêmes Conseils du Rite, réunis à Lausanne pour établir l'union, l'alliance et la
