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Le Franc-Maçon

Le Franc-Maçon

Travaux de recherche maçonnique

Les Textes maçonniques Thuileur des trente-trois degrés de l'Écossisme (Delaulnaye)

Rite Écossais Ancien et Accepté · Tuileurs · 1813

Thuileur des trente-trois degrés de l'Écossisme

33 846mots
35sections
147 minde lecture
françaislangue

Texte établi d'après Delaulnaye, « Thuileur des trente-trois degrés de l'Écossisme du Rit Ancien, dit Accepté » (Paris, 1813), premier tuileur imprimé du Rite Écossais constitué

Sommaire

Texte établi par reconnaissance optique du fac-similé (numérisation Google Books), fusionnée avec la couche texte de la numérisation, puis relue mot à mot sur les images, degré par degré : les mots hébreux, grecs et latins que l'océrisation avait perdus ont été restitués caractère par caractère, les tableaux et les notes de bas de page remis en place. L'orthographe de 1813 est conservée telle qu'imprimée, y compris les imparfaits en -oit et -oient et les coquilles de l'édition. Les repères entre crochets donnent la pagination de l'original.

1e degré — Apprenti

[p. 1]

I.re CLASSE.

Décoration de la Loge.

Tenture Rouge.

Trois Lumières.

Titres.

Il y a un Vénérable, placé à l'Orient ; deux Surveillants, l'un à l'Ouest, l'autre au Sud.

(1) Il paroît certain que le Rit ancien, dit aussi Maçonnerie de Perfection, n'étoit primitivement composé

[p. 2]

Signe.

Faire semblant de se couper la gorge avec la main droite étendue, le pouce levé ; faire ensuite le salut, en retirant la main à l'épaule, puis sur la hanche droite.

L'Ordre se compose de la première partie du Signe.

Attouchement.

Prendre la main droite du Frère, et presser la première phalange de l'Index avec l'ongle

que de vingt-cinq grades, divisés en sept classes, conformément au tableau suivant :

1 Apprenti 2 Compagnon } I.re Classe. 3 Maître

4 Maître secret 5 Maître parfait 6 Secrétaire intime } 2.e Classe. 7 Intendant des Bâtiments 8 Prévôt et Juge

9 Élu 10 Élu des quinze } 3.e Classe. 11 Chef des douze Tribus

[p. 3]

du pouce : on donne en même temps le mot Sacré.

Batterie.

Trois Coups égaux :

○ ○ ○

On y joint la triple acclamation Houzzé,

12 Grand-Maître architecte 13 Royal-Arche } 4.e Classe. 14 Grand-Élu ancien

15 Chevalier de l'Épée 16 Prince de Jérusalem 17 Chevalier d'Orient et d'Occident } 5.e Classe. 18 Rose-Croix 19 Grand-Pontife

20 Grand-Patriarche 21 Grand-Maître de la Clef } 6.e Classe. 22 Royal-Hache

23 Prince Adepte 24 Commandeur de l'Aigle Blanc et Noir } 7.e Classe. 25 Commandeur du Royal secret

Ces vingt-cinq grades ne pouvoient s'obtenir qu'après un travail constant de quatre-vingt-un mois. Ce fut, dit-on, Frédéric II, roi de Prusse, qui porta le nombre de ces grades à trente-trois, nombre des années du [p. 4] qu'il faut écrire HUZZA, mot anglois qui signifie : Vive le Roi, et qui remplace notre Vivat.

Marche.

Trois pas ordinaires, en partant du pied gauche.

Au grade d'Apprenti, le Récipiendaire fait trois voyages autour de la Loge.

Âge d'un Apprenti.

Trois ans.

Christ, en y ajoutant le Chef du Tabernacle, le Prince du Tabernacle, le Chevalier du Serpent d'Airain, le Prince de Mercy, le Grand-Commandeur du Temple, l'Écossois de Saint-André, le Grand-Inquisiteur-Commandeur, et le trente-troisième degré. Le Grand-Maître de la Clef fut en outre remplacé par le Noachite ; le Prince Adepte, qui étoit le 23.e degré, devint le 28.e ; le Kadosch passa du 24.e au 30.e, et le Royal-Secret, du 25.e au 32.e.

On ne peut nier que plusieurs de ces grades soient fort oiseux. Ils n'ont, avec la science maçonnique, que des rapports très-éloignés. La filiation d'ailleurs n'en

[p. 5]

Mot Sacré.

BOHAZ, nom d'une des deux colonnes du Temple de Salomon. (1)

בֹעַז

(in fortitudine)

dérivé de עז

Ce mot est, en France, celui du Compagnonage.

C'est une erreur commune à bien des Maçons de dire et d'écrire Booz.

Il n'y a point de mot de Passe.

est pas toujours raisonnablement établie, et ne présente point une déduction constante de l'un à l'autre grade, ainsi que cela devroit être. Aussi a-t-on plusieurs fois tenté de réformer l'Écossisme ; le Chevalier de St.-Martin le réduisit à dix grades, et il existe en Allemagne une réforme plus sévère et plus parfaite encore, dans laquelle on ne reconnoît que les sept suivants : App∴ Comp∴ M.e∴ Ancien Maître, Élu, Écossois, Sage ou Kadosch.

(1) Bohaz fut aussi, comme on le sait, le nom propre de l'amant de Ruth, fils de Salmon, et trisaïeul de Salomon.

[p. 6]

Heure.

Pour ouvrir ; Midi plein.

Pour fermer ; Minuit.

Tablier.

Entièrement Blanc. L'Apprenti doit porter ce tablier, la bavette relevée.

Au moment de sa réception, le Néophite n'est ni nu, ni vêtu ; il a les yeux bandés, le sein gauche découvert, le genou droit nu, le soulier gauche en pantoufle (1).

(1) On sait de plus qu'une des conditions exigées du Récipiendaire, est d'être dépouillé de tous métaux. Nous ferons remarquer à ce sujet que les prêtres Égyptiens, lorsqu'ils sacrifioient au Soleil, devoient déposer leurs bagues et ornements d'or. Une autre similitude frappera le Néophite ; c'est l'image du sceau dont ces prêtres scelloient la victime, lequel représentoit un homme à genou, les mains derrière le dos, ayant sur la gorge la pointe d'une épée.

[p. 7]

2e degré — Compagnon

[p. 7]

Décoration de la Loge.

La même qu'au grade d'Apprenti.

Cinq Lumières ; mais, ordinairement, on n'en allume que trois.

Titres.

Les mêmes.

On devient Compagnon en passant de la Perpendiculaire au Niveau.

Signe.

La main droite sur le sein gauche, le pouce levé pour former l'Équerre ; la main gauche élevée à la hauteur de la tête, les doigts étendus et serrés, le pouce écarté : dans cette position, tirer la main droite horizontalement en traversant la poitrine, et la laisser [p. 8] tomber sur la cuisse droite, en même temps que la main gauche redescend sur celle de son côté.

L'Ordre consiste dans la position première des deux mains.

Attouchement.

Poser le pouce entre le Medius et le troisième doigt de la main droite du Frère, et donner le mot de Passe ; puis appuyer l'ongle du pouce sur la première phalange du Medius, en donnant le mot Sacré.

Quelques-uns font l'attouchement sur la seconde phalange de l'Index.

Batterie.

Cinq Coups égaux (1).

○ ○ ○ ○ ○

(1) Ce fut, dit-on, par allusion aux Cinq années de silence exigées de ceux des disciples de Pythagore appelés Ἀκουστικοι, que l'on appliqua le nombre Cinq au compagnonage. (Voy. ci-après, sur l'application des nombres, le grade de Maître.)

[p. 9]

Marche.

Trois pas en partant du pied gauche, puis deux pas en partant du pied droit ; en tout, cinq.

Au second degré, le Récipiendaire doit accomplir cinq voyages ; le 1.er, avec le Maillet et le Ciseau, pour dégrossir ; le 2.e, avec le Compas et la Règle, pour dresser les matériaux ; le 3.e, avec la Pince et la Règle, pour le transport des pièces ; le 4.e, avec l'Équerre et la Règle, pour l'élévation des matériaux ; et le 5.e, les mains libres, ce qui désigne, que, suffisamment instruit dans la pratique, le Compagnon doit se livrer à l'étude de la théorie (1).

Âge d'un Compagnon.

Cinq ans.

(1) Nous prévenons d'avance le lecteur, et il en trouvera plus loin les preuves, que tous ces voyages de Loge, ainsi que les interprétations morales que l'on donne des outils maçonniques, ne sont eux-mêmes que des allégories, étrangères au vrai but de la Maçonnerie.

[p. 10]

Mot Sacré.

IAKIN, nom d'une des deux colonnes du temple de Salomon.

יָכִין

(Firmus, Stabilis, Rectus.) (1)

dérivé de כון (2)

(1) Ainsi, dans l'acception la plus rigoureuse, les deux qualités symbolisées par les colonnes sont (par J) Fermeté, et (par B) Force. C'est donc une erreur assez grave de traduire, comme on le fait dans toutes les instructions, Iakin par Force en Dieu, et Bohaz par Persévérance dans le Bien ; l'inverse même seroit moins inexact.

Iakin fut aussi le nom du troisième fils de Siméon (fils de Jacob) ; il fut le père des Iakinites, lesquels formèrent la vingt-unième des vingt-quatre familles sacerdotales des Juifs. (Voy. GENÈSE, ch. 46, v. 10.)

(2) On reconnoîtra sans peine l'analogie de cette racine hébraïque avec le nom (CHON) de l'Hercule Égyptien, auquel conviennent si bien les épithètes de Firmus, Stabilis, etc. Cette analogie est plus naturelle que l'étymologie proposée par Jablonski.

[p. 11]

Ce mot est, en France, celui de l'Apprenti (1). On ne doit pas écrire Jachin.

Mot de Passe.

SCHIBBOLETH. שִׁבֹּלֵת

On peut n'y mettre qu'un seul b, parce que c'est un Daghès doux.

Ce mot signifie également un Épi et un Fleuve. On sait qu'il servit de mot du guet aux habitants de Galaad, dans la guerre qu'ils eurent à soutenir, sous Jephté, contre les Éphraïmites, lesquels ne pouvoient pas prononcer le Schin hébreu. Les Francs-Maçons ont choisi l'acception d'Épi, et traduisent Schibboleth par nombreux comme des Épis de blé, ce qu'ils appliquent aux Membres de leur ordre.

Ce mot de Passe est celui du Compagnon de la Maçonnerie Bleue.

(1) Le mot Iakin signifie encore, en hébreu, Préparation. Cette acception convient parfaitement au degré de l'Apprenti, qui n'est qu'une préparation à la Maîtrise.

[p. 12]

Tablier.

Le même que celui d'Apprenti, mais la bavette rabattue. On peut le doubler et le border de Rouge.

[p. 13]

3e degré — Maître

[p. 13]

Décoration de la Loge.

Tenture Noire, parsemée de têtes de mort et de larmes, par 3, 5, 7.

Sept Lumières, mais ordinairement Trois.

Titres.

Le Vénérable est qualifié de très-Respectable ; les Surveillants, de très-Vénérables ; et tous les Frères sont appelés Vénérables Maîtres.

On devient Maître en passant de l'Équerre au Compas.

Questionné sur ce titre, on doit répondre : l'Acacia m'est connu.

Signe.

Paroître se traverser le ventre avec le pouce, les doigts étendus horizontalement ; lever ensuite les deux mains au-dessus de la tête, les [p. 14] doigts étendus, en disant : Ah ! Seigneur, mon Dieu, premiers mots qui échappèrent aux Maîtres, à la vue du corps d'Hiram : on laisse ensuite tomber les deux mains sur le tablier, en frappant de surprise.

Attouchement.

(1.o) Pied droit contre pied droit ; (2.o) genou contre genou ; (3.o) poitrine contre poitrine ; (4.o) la main de l'un sur l'épaule de l'autre ; puis (5.o) la Grippe, comme en France ; et l'on épelle alternativement, en trois temps, le mot sacré. Cet attouchement forme ce qu'on appelle les cinq points de la Maçonnerie.

Batterie.

Trois Coups égaux :

○ ○ ○

Marche.

Trois pas, en partant du pied droit, comme si l'on enjamboit par dessus un cercueil.

[p. 15]

Âge d'un Maître.

Sept ans (1).

Mot Sacré.

MOABON,

que l'on traduit par pourri jusqu'aux os.

(1) Les Francs-Maçons, ayant employé les trois premiers nombres impairs dans la formation d'une Loge, ont cru devoir appliquer ces mêmes nombres aux trois premiers grades. Ainsi, Trois est devenu le caractéristique de l'Apprenti ; Cinq, celui du Compagnon ; Sept, exprime l'âge du Maître. Ce choix, il faut l'avouer, est absolument contraire à la primitive et symbolique interprétation des puissances numérales. Si les Maçons se fussent conformés à ce symbolisme, ils eussent appliqué la Monade au premier grade, le Binaire au second, et le Ternaire à la Maîtrise ; ou, du moins, s'ils vouloient commencer par une Triplicité, ils eussent donné au Compagnon le Senaire, et le Novennaire au Maître. Car le Quinaire, qui exprime la Monade créée et créatrice au milieu des quatre Éléments générateurs, ne peut convenir qu'au Maître-Parfait, ou au second point du Rose-Croix ; et le Septenaire ne sauroit avoir aucun rapport avec la Légende qui fait l'objet principal du grade de Maître.

[p. 16]

La parole primitive du grade de Maître ne fut point Makbena. Les Anglois disoient anciennement Mahabone, mot évidemment altéré de Moabon, qui se compose de l'hébreu Moab.

מוֹאָב

lequel signifie littéralement à Patre ; parce que Moab naquit de l'inceste de la fille aînée de Loth avec son propre père. (Voyez GENÈS. c. 19, v. 36 et 37.)

Par ce mot Moabon, on a voulu exprimer qu'un Franc-Maçon devient, par le fait de sa réception, le Fils et le successeur d'Hiram, qu'il doit désormais regarder comme son Père adoptif et régénérateur. De plus, Moab et les Moabites furent constamment les antagonistes du peuple Juif, comme l'Initié doit l'être des profanes, et de tous ceux qui tenteroient de s'opposer aux progrès de l'Ordre.

Ce mot Moabon se retrouve dans le Grand-Architecte de la maç∴ adonhiramite, dans l'Élu de Pérignan, dans l'Écossois de la Perfection, dans celui de St. André, dans le M.e

[p. 17]

Anglois par curiosité, dans l'Écossois d'Hiram, etc.

Mot de Passe.

TUBALCAIN,

qui s'écrit en hébreu Thoubal-Kaïn.

תוּבַל קַיִן

(Possessio Orbis)

On veut communément que ce nom ait été choisi pour mot de Passe, parce que Tubalcaïn fut, suivant l'Écriture, le premier qui forgea les métaux. Mais, si l'on réfléchit à la signification des deux mots hébreux, on reconnoîtra facilement, dans leur assemblage, le vœu secret de l'Hiérophante, du Templier, du Franc-Maçon, de tout sectaire mystérieux, celui de gouverner le monde par ses principes et même par ses loix, vœu qui se trouve beaucoup plus clairement exprimé dans les grades supérieurs.

Ce mot est, au Rit moderne, celui de Passe de l'Apprenti.

Tablier.

Blanc, doublé et bordé de Rouge. Au milieu sont les lettres M. B.

[p. 18]

Cordon.

Bleu, moiré.

Bijou.

Un triple Triangle, couronné, attaché au cordon par une rosette Rouge.

Dans le Maître de la Maçonnerie Bleue, le mot Sacré est Macbenac, que l'on traduit par la chair quitte les os. Nous rapporterons ici ce qu'a dit, sur ce mot, l'auteur de la Récapitulation de toute la Maçonnerie.

On répète depuis long-temps que le mot Macbenac n'est point hébreu. C'est une erreur, dérivée d'une autre erreur.

D'abord, on ne doit point écrire Macbenac ; il faut dire, en deux mots, MAK BENAH, ou MAK BENA.

Les deux premiers, Mak Benah sont formés de

מַק בְּנָה

qui signifient : ædificantis putredo, ou filius putrificationis ; racines מק et בן.

[p. 19]

Les mots Mak Bena se forment de

מַכְבָּנא

qui signifie : Percussio, interfectio ædificantis ; racine נכה, ou מחא, Chald.

La première interprétation (ædificantis putredo) se rapproche beaucoup de celle que l'on donne communément ; elle a même, avec la légende maçonnique, une conformité frappante. La seconde (filius putrificationis) ne paroîtra pas moins naturelle à ceux qui connoissent les vérités cachées sous les emblêmes maçonniques. Car, sous tous les rapports connus des Enfans de la veuve, le Maître peut être dit le Fils de la mort, dont la putréfaction est l'image et le résultat, comme elle est en même temps le principe de la vie, la condition nécessaire au développement des êtres. Enfin, la troisième interprétation (ædificantis interfectio), à laquelle nous pensons que l'on doit donner la préférence, s'accorde parfaitement avec la fin tragique d'Hiram, et c'est celle qu'ont adoptée les Rose-Croix de Kilwining.

[p. 20]

Mais, nous le répétons, Makbena est tellement hébreu, que ce mot se trouve employé comme nom propre d'homme dans les Paralipomènes, l. 1, c. 2, v. 49. Au chap. 12, v. 13, on trouve aussi Makbanaï : מַכְבַּנַי, autre nom d'homme, qui a les mêmes racines et la même signification. Les lettres M. B. reçoivent, comme on le sait, plusieurs autres interprétations, suivant les grades.

Le mot de Passe du Maître Bleu, est Giblim, dont on trouvera plus loin l'interprétation, et le nom d'un Maçon, Gabaon, (en hébreu Ghibhon גִבְעוֹן) (collis). On sait que le tabernacle que Moyse avoit construit dans le désert par ordre du Seigneur, après avoir été déposé successivement à Ghilgal, à Schiloh, à Nob, le fut, à la mort de Samuel, dans la ville de Gabaon, dont Josué avoit autrefois réduit en servitude les habitants. Il y resta jusqu'au temps de Salomon, comme on peut le voir dans les Paralipomènes, l. 2, c. 1. v. 3. En recevant le nom [p. 21] de Gabaon, le Maître, veut-on dire, contracte l'obligation de garder dans son cœur les secrets de l'ordre, avec autant de fidélité que les Gabaonites, réconciliés depuis avec les enfants d'Israël, en mirent à garder le dépôt qui leur étoit confié.

Le nom du premier Maître est Hiram (en hébreu CHIRAM, חִירָם) (celsitudo vitæ). Dans les Paralipomènes, il est appelé CHOURAM, חוּרָם (candidus).

L'édification d'un Temple au Seigneur étant, comme chacun le sait, la légende allégorique que les fondateurs ou les restituteurs de la Franc-Maçonnerie ont substituée à celle qui faisoit la base des anciens mystères, une suite naturelle de ce choix a dû être de faire de Hiram le personnage principal de la légende Maçonnique. Cet Hiram, dit métaphoriquement l'Architecte du temple de Salomon (1), est

(1) Il étoit, dans la réalité, sculpteur, fondeur, ciseleur, et même ou teinturier, ou peintre. Operari scie- [p. 22] l'emblème du Grand-Architecte de l'univers, comme l'hiérophante représentoit Phtha, Osiris, Iacchus, ou la divinité quelconque au culte de laquelle il étoit consacré. Aussi, quoique nommé dans la Bible (1), Hiram, ne doit-il être

bat, dit l'Écriture, in auro et argento, in ære et ferro, in lapidibus et lignis, in purpura et hyacintho, in Bysso et Coccino, sciens scalpere sculpturas varias, etc. Ce fut lui qui jeta en bronze les deux colonnes avec tous leurs ornements, la Mer d'Airain, les dix cuves et les dix socles, les chaudières, coupes, et autres vases nécessaires pour les sacrifices. Cet Hiram étoit fils d'un Tyrien que Josephe nomme UR (Feu), et d'une veuve de la tribu de Nephtali. Il y eut, comme on le sait, un autre Hiram, roi de Tyr, contemporain de David et de Salomon : il étoit fils d'Abihal. L'Écriture en parle au 2.e livre des Rois, ch. 5, et au 2.e des Paralipomènes, ch. 2 et suivants. Ce fut lui qui envoya à Salomon l'ouvrier Hiram. On conçoit que cette conformité de noms a dû faire naître plus d'une méprise. Il est question du roi de Tyr dans plusieurs grades.

(1) Rois, liv. 3, ch. 7, v. 13 et suiv. Paralip., liv. 2, ch. 2, v. 13 et suiv.

[p. 23]

considéré dans la Maçonnerie que comme un personnage allégorique ; et cette assertion est si vraie que, dans des grades supérieurs, sa légende est appliquée à Jacques Mabiotte (1), à Jacques Molai (2), à Jésus-Christ (3), ou à tout autre.

On appeloit autrefois, et, dans beaucoup de grades, on appelle encore l'architecte du temple Hiram Abif (on doit écrire ABI, אָבִי) (pater).

Quelques-uns ont inféré de là que ce personnage étoit différent de l'autre, et qu'ainsi, l'on devoit distinguer deux Hiram architectes ; c'est une erreur. L'origine de cette expression se trouve dans un passage assez obscur des Pa-

(1) Voy. le Petit Élu de Lyon, 1743.

(2) Voy. le Kadosch et tous les grades de la Maçonnerie Templière. Dans les hauts grades, les lettres J. B. M. s'interprêtent par Jacobus Burgundus Molai.

(3) Voy. le Couronnement de la Loge Bleue, le Rose-Croix et plusieurs autres grades. Dans le Rose-Croix de Kilwining, Jésus-Christ est qualifié de Grand-Architecte de l'Église.

[p. 24]

ralipomènes (liv. 2, ch. 2, v. 13) ; voici ce passage :

ועתה שלחתי איש חכם יודע בינה לחורם אבי

mot à mot : nunc misi virum sapientem, scientem intelligentiam, Hiram PATREM (seu) PATER.

Or, il est évident qu'il y a ici une de ces éllipses ordinaires dans la langue hébraïque, et que l'on ne sauroit dire précisément à qui se rapporte le mot Abi. Aussi les interprètes sont-ils partagés sur le sens de la phrase. Les uns disent Hiram (DONT S'EST SERVI) mon père ; les autres, Hiram (QUE JE CHÉRIS COMME) mon père. Voilà ce qui a donné lieu aux Francs-Maçons de répéter, dans leur légende, l'expression Hiram Abi, qu'ils ont servilement copiée de la Bible.

ADON, אָדוֹן (1),

singulier d'Adonaï, signifie Seigneur. On

(1) Ce mot Adon, racine, ou plutôt singulier de l'Adonaï ou grand Dieu androgyne des Hébreux, l'est également de l'Adonis des Phéniciens, et le lecteur a

[p. 25]

doit toujours écrire, en deux mots, Adon-Hiram, et, par conséquent, Maçonnerie Adon-Hiramite.

Quant au nom propre Adoniram, formé d'un seul mot, il a d'autres racines, et, par conséquent, une autre signification. Dans l'Écriture, le personnage de ce nom est très-différent de celui d'Hiram. Voyez, ci-après, le Maître Parfait, cinquième degré.

Les noms des trois meurtriers d'Hiram varient beaucoup dans les différents grades, et suivant les diverses applications que l'on a faites de la Maçonnerie. Ce sont Abiram,

sans doute plus d'une fois remarqué que ces fêtes fameuses où les habitants de la Phénicie, après avoir rempli l'air de leurs gémissements, faisoient éclater une joie immodérée, se célébroient à la même époque où les les nouveaux Chrétiens, leurs imitateurs, placèrent leur brillante fête de Pâques, précédée de la triste liturgie des Ténèbres ; tant il est vrai que toutes les religions sont une, et se réduisent au culte de la nature et des diverses parties qui la composent.

[p. 26]

Romvel, Gravelot, ou Hobbhen, Schterké (1), Austersfuth, ou Giblon, Giblas, Giblos, ou Jubela, Jubelo, Jubelum, etc.

Le Templier y voit Squin de Florian, Noffodeï, et l'Inconnu, sur les dépositions desquels Philippe-le-Bel accusa l'ordre devant le Pape ; ou bien, encore, les trois abominables, Philippe-le-Bel, Clément V, et Noffodeï.

Le Maçon couronné, le Rose-Croix de France leur substituent Judas, Caïphe et Pilate, les trois auteurs de la mort de Jésus.

Dans le Rose-croix de Kilwining, les trois assassins de la Beauté, sont Cain, Hakan, Heni.

Les ouvriers employés à la construction du

(1) Ce mot signifie force en allemand, et le suivant, hors la porte ; or on sait que ce fut hors de la porte du temple que se tinrent ceux qui attentèrent à la vie d'Hiram.

[p. 27]

temple de Salomon consistoient, suivant la Bible, en

3,600 Préfets ou Chefs, pour activer l'ouvrage, (en hébreu, MENATSCHIM, מְנַצְחִים)... ci 3,600 (præfecti)

80,000 Tailleurs de Pierre dans la montagne, (en hébreu, CHOTZEBIM, חֹצְבִים).... ci 80,000 (cæsores)

70,000 Porte-faix, (dits en hébreu, SABBAL, סַבָּל)....... ci 70,000 (onus)

Plus, les 30,000 Coupeurs de bois au Liban, sous la conduite d'Adoniram... ci 30,000

Total... 183,600

(Voy. les Paralipomènes, l. 2, c. 2, v. 18).

[p. 28]

LOGE DE TABLE, OU BANQUET,

POUR LES TROIS GRADES SYMBOLIQUES.

Noms des objets qui servent au Banquet.

Table................. Atelier. Nappe................. Voile. Serviette............. Drapeau. Plat.................. Plateau. Assiette.............. Tuile. Cuiller............... Truelle. Fourchette............ Pioche. Couteau............... Glaive. Bouteille............. Barrique. Verre................. Canon. Lumières.............. Étoiles. Mouchettes............ Pinces. Chaises............... Stales. Les Mets.............. Matériaux. Manger................ Mastiquer. Boire................. Tirer un Canon. Pain.................. Pierre brute. Vin................... Poudre forte, (rouge ou blanche.) Eau................... Poudre foible. Cidre ou Bierre....... Poudre jaune. Liqueurs.............. Poudre fulminante. Sel................... Sable. Poivre................ Ciment, ou Sable jaune.

[p. 29]

Ordre pour Boire.

Les Canons chargés et alignés, à droite et en avant de la tuile.

Drapeau sur l'avant-bras.

Glaive de la main gauche.

A l'Ordre (d'Apprenti) (1), de la main droite.

Commandement.

Main droite aux armes.

Haut les armes.

En joue (approcher le verre de la bouche).

Boire en trois temps, aux mots feu, bon feu, le plus vif de tous les feux.

En avant les Armes.

1, 2, 3 } porter le verre sur le sein gauche ; 1, 2, 3 } puis sur le sein droit ; } répéter ces mouvements trois fois. 1, 2, 3 } puis en avant ;

ce qui forme un triangle.

1, 2, 3 : descendre le verre en trois temps, et le poser tous ensemble sur la Table.

(1) La Prudence exige que la Loge de Table se tienne au grade d'Apprenti.

[p. 30]

Trois fois la Batterie d'Apprenti avec les mains, et dire trois fois Vivat.

Dans tout Banquet Maçonnique, il y a sept Santés d'obligation, savoir : 1.o, celle du Souverain ; 2.o, celle du Grand-Maître de l'Ordre ; 3.o, celle du Vénérable de la Loge ; 4.o, celle des deux Surveillants ; 5.o, celle des frères Visiteurs ; 6.o, celle des Officiers et Membres de la Loge ; 7.o, enfin celle de tous les Maçons répandus sur la terre.

[p. 31]

II.e CLASSE.

4e degré — Maître Secret

[p. 31]

Décoration de la Loge.

Tenture Noire, parsemée de larmes. La Loge est censée représenter le Saint des Saints. On y remarque un grand cercle, dans lequel est inscrit un Triangle, au centre duquel est l'Étoile flamboyante.

Quatre-vingt-une Lumières, sur neuf chandeliers à neuf branches.

On les réduit souvent à trois candelabres à trois branches.

Titres.

Le Vénérable représente Salomon à l'Orient ; on l'appelle trois fois Puissant. Il tient son

[p. 32]

Sceptre, un Maillet noir, et, devant lui, sur un autel triangulaire, est une couronne de laurier et d'olivier, destinée au Récipiendaire. Il n'y a qu'un seul Surveillant, qui représente Adoniram (1); on le nomme Inspecteur ; il est placé à l'Occident, et ne doit avoir aucun outil en fer.

Le but apparent du grade est de remplacer Hiram par sept Maîtres-Experts, qui sont admis au rang des Lévites.

Signe, dit du Silence.

Mettre les deux premiers doigts de la main droite sur la bouche.

Réponse. Mettre également sur la bouche les deux premiers doigts de la main gauche.

Attouchement.

La Grippe, comme au Maître ; puis on se coule mutuellement la main sous le coude, en

(1) Voy. sur ADONIRAM, le Grade suivant.

[p. 33]

se balançant sept fois, et se croisant chacun la jambe droite.

Batterie.

Sept Coups, dont six égaux et un séparé.

○ ○ ○ ○ ○ ○——○

Âge d'un Maître-Secret.

Trois fois Vingt-sept ans accomplis (81 ans).

Mots Sacrés.

IOD,

י

Cette lettre, prise cabalistiquement, signifie Dieu, Principe, Unité;

ADONAI,

אֲדֹנָי

(Dii)

IVAH,

par syncope, pour Iehovah.

d'autres disent :

IAHO, ADONAI, IAH.

Ces mots Iod, Iah, Iaho, sont tirés, par [p. 34] décomposition, du tétragramme Iehovah ; les Cabalistes les forment ainsi :

י יה יהו יהוה

Les mots Iod, Iah, Iaho se retrouvent dans le Secrétaire Intime, dans l'Intendant des Bâtiments et dans le Royal-Arche.

Mot de Passe.

Zizon,

que l'on traduit par Balustrade.

Voici un exemple frappant d'une altération qui a fait perdre jusqu'au sens du mot primitif.

Zizon n'est d'aucune langue ; à la place de cette parole insignifiante, il faut dire :

ZIZA

זִיזָא

(Splendor)

d'où les Rabbins ont fait leur fameux oiseau

[p. 35]

Ziz, qui, lorsqu'il ouvroit les aîles, déroboit à la terre les rayons de l'astre du jour. Mais Dieu le sala prudemment au commencement des siècles, ensemble avec le poisson Leviathan de Job, et ce mets exquis doit faire, pendant l'éternité bienheureuse, la nourriture des fidèles. Ils auront pour breuvage le vin recueilli par Noé lui-même dans les celliers du Paradis.

Heure.

Pour ouvrir ; l'Éclat du jour a chassé les ténèbres, et la Grande-Lumière commence à paroître.

Pour fermer ; la Fin du jour.

Tablier.

Blanc, attaché avec des rubans Noirs ; bavette Bleue, sur laquelle est un œil, peint ou brodé. Deux branches, l'une de laurier, l'autre d'olivier, se croisent sur le tablier : dans le milieu est la lettre Z.

[p. 36]

Cordon.

Bleu, liséré de Noir, ruban large en sautoir.

Bijou.

Une Clef d'ivoire, au milieu de laquelle est la lettre Z.

Nota. Ce grade, assez insignifiant, n'existe point dans l'Écossisme réformé de Saint-Martin.

[p. 37]

5e degré — Maître Parfait

[p. 37]

Décoration de la Loge.

Tenture Verte ; quatre colonnes Blanches à chaque coin, en tout seize.

Seize Lumières, quatre à chaque angle ; d'autres en mettent soixante-quatre, par quatre fois seize.

Titres.

Le Vénérable représente Adoniram, fils de Abda, que l'on ne doit point confondre avec les deux Hiram (1). Il est appelé trois fois

(1) Adoniram, fils d'Abda, étoit le collecteur des tributs perçus par le roi Hiram, et non l'Intendant de ses jardins, comme on le dit ordinairement. Hiram lui donna le commandement de 30,000 ouvriers, chargés d'abattre les cèdres du Liban pour la construction du Temple. (Voy. Rois, liv. 3, c. 4, v. 6; et c. 5, v. 14.)

ADONIRAM, אֲדֹנִירָם,

signifie Dominus excelsus.

[p. 38]

Puissant-Respectable Maître. Il y a, de plus, un seul Surveillant, un Frère Assistant, et un Frère Conducteur, qui représente Zerbal, nom supposé du capitaine des gardes d'Hiram. Le Maître-Parfait connoît le Cercle et sa Quadrature.

Signe, dit d'Admiration.

Lever les yeux et les mains vers le ciel, puis laisser retomber les bras en les croisant sur le ventre, et baissant la vue vers la terre.

Ce signe rappelle celui de l'Écossois à la vue du Delta.

Signe.

pour se reconnoître.

Se joindre par degrés la pointe des pieds, puis les genoux ; porter chacun la main droite sur le cœur, et la retirer du côté droit en formant l'Équerre.

Attouchement.

Porter la main gauche sur l'épaule droite du

[p. 39]

Frère, se mettre mutuellement les mains droites l'une dans l'autre, quatre doigts serrés, les pouces levés pour former le triangle.

D'autres distinguent quatre Signes et quatre Attouchements.

Batterie.

Quatre Coups égaux.

○ ○ ○ ○

Âge d'un Maître-Parfait.

Un an pour ouvrir, et sept ans pour fermer (huit ans).

Mot Sacré.

IEHOVAH (1).

(1) Comme Symbole de la Parole primitive, le Iehovah appartient spécialement à l'ancien-Maître ou Maître-Parfait, et, comme Parole retrouvée, au véritable Écossois, consécrateur du prêtre de Iehovah, ou de l'ancienne loi, par opposition avec la nouvelle. Il se retrouve particulièrement dans le Royal-Arche, dans l'Écossois de la Perfection, dans le Maitre ad Vitam, l'Élu-Parfait, l'Élu-Suprême, les Écossois des fils aînés, de Prusse, de Montpellier, l'Intérieur du Temple, etc.

[p. 40]

Mot de Passe.

ACACIA (1).

Tablier.

Blanc, bavette Verte. Au milieu du Tablier, trois cercles à distances égales, au centre desquels est une pierre quarrée sur laquelle on voit la lettre J (Iehovah).

Dans ce tétragramme ineffable, que les Juifs ne pouvoient ni écrire ni proférer, dont ils ignoroient même la véritable prononciation, que Dieu ne communica qu'à Moyse sur le Mont Sinaï, le י initial exprime le Père, ou la première Personne; les deux ה ה symbolisent les deux natures du Fils, à la fois Agent et Patient, et le ו qui les unit représente l'Esprit Saint, le rouach Elohim, l'esprit de Dieu qui débrouilla le chaos. Ce mot Sacré, redoutable pour qui ne devoit point l'entendre, se retrouve chez tous les peuples de l'antiquité, parmi lesquels il forme le type radical du nom de leur Dieu Suprême. (Voyez la Récapitulation de toute la Maçonnerie.)

(1) Voyez, sur l'Acacia, la Récapitulation de toute la Maçonnerie.

[p. 41]

Cordon.

Verd, moiré, en sautoir.

Bijou.

Un Compas, ouvert à soixante degrés (1), posé sur une portion de cercle gradué.

Heure.

Pour ouvrir ; Une heure.

Pour fermer ; Sept heures.

Le degré de Maître-Parfait, qu'il est plus convenable d'appeler Ancien-Maître, est nécessaire dans la cathégorie des grades maçonniques. Il forme, en quelque sorte, le complément de la Maîtrise. En effet, si celle-ci nous offre le tableau de la Mort, l'autre est celui de la Vie, et ces deux modalités ne peu-

(1) Soixante degrés forment l'angle commun du triangle équilatéral, la première des figures rectilignes, et celle du sacré Delta, sur lequel étoit frappé, à jour, e nom ineffable de Dieu.

[p. 42]

vent avoir lieu l'une sans l'autre. En supprimant en France le Maître-Parfait, on a reporté la Parole perdue, ou primitive au grade d'Écossois, c'est-à-dire, après la Vengeance, mais l'intention particulière du premier de ces grades ne se trouve point assez clairement exprimée dans l'autre.

On compte plusieurs Maîtres-Parfaits ou Anciens-Maîtres. Dans celui de l'Écossisme réformé, comme dans la Maçonnerie adonhiramite, le mot de Passe est Mont-Liban ; mais les caractères distinctifs de ce grade sont, 1°, la couleur Verte, emblême de la végétation et de la vie ; 2°, l'application du quaternaire ou de ses multiples, nombre qui désigne celui des éléments générateurs ; 3°, l'emploi du fameux tétragramme יהוה, que l'on suppose avoir été la parole primitive du Maître lorsqu'arriva le meurtre d'Hiram, de même qu'il est le nom particulier que l'écrivain sacré donne pour la première fois à Dieu, au quatrième chap. de la GENÈSE, lorsqu'il décrit le meurtre d'Abel.

[p. 43]

6e degré — Secrétaire Intime

[p. 43]

Le Sujet de ce grade bizarre est tiré des versets 11, 12 et 13 du chap. 9 du 3e livre des Rois. On suppose que le roi Hiram, venant à Jérusalem pour se plaindre du mauvais état des pays qui lui avoient été concédés, entra si brusquement dans l'appartement de Salomon, que Jocabert, favori de ce monarque, qui ne connoissoit point Hiram, lui soupçonna de mauvais desseins. Il entr'ouvrit la porte pour écouter, fut surpris, etc.

Décoration de la Loge.

Tenture Noire, parsemée de larmes ; la Loge représente la salle d'audience des Maîtres.

Vingt-sept Lumières, sur trois chandeliers à neuf branches.

[p. 44]

Titres.

La Loge est présidée par Salomon, roi des Juifs, et par Hiram, roi de Tyr, (deux Vénérables), assistés d'un Capitaine des Gardes, et d'un Lieutenant, qui sont les deux Surveillants ; mais, au moment de la réception, les deux Chefs sont seuls dans la Loge, tous les autres, qui se trouvent en dehors, étant censés composer leur garde.

Signe.

La main droite sur l'épaule gauche ; la descendre ensuite sur la hanche droite.

Réponse. Croiser les bras à la hauteur de la poitrine, puis les laisser tomber à la poignée de l'épée, en levant les yeux au ciel.

Attouchement.

Se prendre mutuellement la main droite ; le premier, en la retournant, dit BERITH ; le second la retourne, et dit NEDER ; le premier la retourne encore, et dit SCHELEMOTH.

[p. 45]

Ces trois mots, qui forment comme le caractéristique de l'Écossois en général, sont hébreux, et, suivant l'observation que nous avons présentée ci-dessus, ils ne sont point en construction ; ils ne s'accordent même ni en genre ni en nombre.

Ils signifient littéralement :

בְּרִית נֶדֶר שְׁלֵמוֹת.

(integræ) (votum) (Fœdus.)

Quelques personnes, les isolant, les traduisent par Alliance, Promesse, Perfection ; d'autres, voulant en former un sens suivi, les interprètent par vœu d'une alliance complette.

Ces mots se retrouvent dans l'Ecossois de France, dans le Sublime Élu, dans l'Écossois de la Perfection.

Batterie.

Vingt-sept Coups, par trois fois Neuf, ainsi :

○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○-○,—○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○-○,—○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○-○,

d'autres la réduisent à neuf Coups.

[p. 46]

Mot Sacré.

Ivah, par syncope pour IEHOVAH.

Mots de Passe.

Johaber, ou Jocabert, nom du Frère Curieux.

Zerbal, nom du capitaine des Gardes d'Hiram.

Tablier.

Blanc, doublé et bordé de Rouge. Sur la bavette, un Triangle peint ou brodé.

Cordon.

Cramoisi, en sautoir.

Bijou.

Trois Triangles entrelacés, image des trois vertus théologales, ou bien de Salomon et des deux Hiram.

Ce grade et les deux suivants n'ont point été admis dans la réforme du chevalier St.-Martin. Ils sont, en effet, tous les trois assez oiseux.

[p. 47]

7e degré — Prévôt et Juge

[p. 47]

Décoration de la Loge.

Tenture Rouge.

Cinq Bougies, savoir une à chaque coin et une au milieu.

Titres.

Le Vénérable représente Tito, prince des Harodim ; le premier mot n'est point hébreu, le second, Harodim, signifie

הָרֹדִים

(Præsidentes.)

On appeloit ainsi les chefs ou conducteurs que Salomon établit sur les ouvriers du temple ; chefs dont l'Ecriture compte 3600 (Paralip. l. 2, c. 2, v. 18), et seulement 3300 (Rois, l. 3, c. 5, v. 16).

Le Vénérable est qualifié de trois fois

[p. 48]

Illustre ; les Surveillants s'appellent Illustres Frères.

Signe.

Porter les deux premiers doigts de la main droite à côté du nez.

Réponse. Porter le premier doigt de la main droite sur le bout du nez, et le pouce sous le menton.

Attouchement.

On s'entrelace les petits doigts de la main droite, et l'on se donne mutuellement sept Coups dans la paume de la main.

Batterie.

Cinq Coups (quatre et un).

○ ○ ○ ○——○

Le Récipiendaire doit exécuter Sept voyages.

Mot Sacré.

IAKINAI.

Ce mot Iakinai יָכִינָי n'est autre chose que le [p. 49] pluriel de Iakin, comme Adonaï est le pluriel de Adon.

Il se retrouve, plus ou moins altéré, dans l'Intendant des Bâtiments ; Royal-Arche, l'Écossois de Montpellier, l'Écossois Trinitaire, celui de Franville, celui des trois J, etc.

Grande Parole.

Geometros, Xincheu, Yzirie, Ivah, Hiram, Stolkin.

On traduit Xincheu par Siége de l'Ame ; ce mot est insignifiant.

Ivah est pour Iehovah.

Au lieu d'Yzirie, il faut écrire IZRACHIAH,

יִזְרַחְיָה

(oriens dominus)

D'autres forment ainsi la Grande Parole :

IZRACHIAH, IEHOVAH, HIRAM, STOLKIN, GÉOMÈTRE, ARCHITECTE.

Cette leçon doit être préférée.

Mot de Passe.

TITO.

[p. 50]

Suivant d'autres, le mot sacré est Tito, le mot de Passe Xincheu.

On dit aussi Civi, que l'on traduit par fléchissez le genou, et Ky ou Caki, auquel on fait signifier Levez-vous.

Heure.

Pour ouvrir, comme pour fermer ; Huit heures, Deux et Sept, ce qui signifie que le Prevôt et Juge doit, à toute heure, être prêt à rendre justice.

Tablier.

Blanc, bordé de Rouge. Une poche au milieu, avec une rosette Rouge et Blanche. Sur la bavette, une Clef peinte ou brodée. Le Rouge signifie l'Ardeur du Maitre Irlandois. La Poche est destinée à garder la Clef des Plans.

Cordon.

Cramoisi, en sautoir.

[p. 51]

Bijou.

Une Clef d'or. Elle est censée celle du coffre qui renfermoit le cœur d'Hiram.

Ce grade participe du Compagnonage et de l'Ecossois. On a cru y trouver une allusion aux ossements de Joseph, mort en Égypte, que Moyse emporta avec lui. Voyez GENÈSE, c. 50, v. 26, et EXOD., c 13, v. 19.

[p. 52]

8e degré — Intendant des Bâtiments

[p. 52]

Décoration de la Loge.

Tenture Rouge.

Vingt-sept Lumières, par trois fois neuf ; (5+7+15).

Cinq autres devant le Vénérable.

Titres.

Le Vénérable représente Salomon, on le nomme trois fois Puissant : un Inspecteur représente Tito, et est qualifié de trois fois Illustre ; enfin un Introducteur représente Adoniram. Le Récipiendaire est appelé Jocabert. Il a les pieds nus.

[p. 53]

Signe, dit de Surprise.

Porter les deux pouces aux tempes, les mains formant l'équerre ; reculer deux pas, en avancer deux ; porter les mains sur les paupières, en disant BENCHORIN בֶנחוֹרִים

(nobilium filius)

Second Signe, dit d'Admiration.

Entrelacer les deux mains, les retourner la paume en haut, puis les laisser tomber sur la ceinture, en regardant le ciel et disant : Achard. Au lieu de Achard, il faut écrire HAKAR עָכָר

(conturbans)

C'est un des noms de Dieu.

Troisième Signe, dit de Douleur.

Porter chacun la main droite sur le cœur,

[p. 54]

et la main gauche sur la hanche ; puis se balancer trois fois avec les genoux, le premier disant Ki, le second Iea.

Ces deux mots sont altérés ; au lieu de Ki, il faut dire CHAI חַי ; c'est une des épithètes de Dieu.

(vivans)

Au lieu de Iea, écrivez IAH יָהּ

(deus)

Attouchement.

Se frapper mutuellement le cœur avec la main droite, puis se la passer au milieu du bras l'un de l'autre, et se prendre l'épaule de la main gauche ; le premier dit IAKINAÏ, le second JUDA.

Batterie.

Cinq Coups égaux.

○ ○ ○ ○ ○

La marche est aussi de Cinq pas égaux.

Mots Sacrés et de Passe.

Ce sont ceux de l'Attouchement.

[p. 55]

Âge d'un Intendant des Bâtiments.

Trois fois Neuf ans (27 ans).

Heure.

Pour ouvrir ; le Point du jour.

Pour fermer ; Sept heures du soir.

Ce nombre ne cadre point avec le reste du rituel.

Tablier.

Blanc, doublé de Rouge, bordé de Verd. Au milieu est une Étoile à neuf pointes sur une balance. Sur la bavette, un Triangle renfermant les trois lettres B. A. I (Benchorim, Akar, Iakinai).

Cordon.

Rouge, moiré, en écharpe, de droite à gauche.

Bijou.

Un Triangle, sur l'un des côtés duquel sont gravés les trois mots Benchorim, Akar, Iakinaï.

[p. 56]

En loge, on traduit ces trois mots par Franc-Maçon, ô Dieu, tu es éternel. Cette traduction rappelle celle des mots turcs du Bourgeois-Gentilhomme. Si, en ajoutant des liaisons qui n'existent point, on vouloit former un sens avec ces trois mots, cela signifieroit le fils des nobles (ou, si l'on veut, le Franc-Maçon) (est) ferme (devant) celui qui trouble (qui épouvante) (tout).

Sur le revers du triangle sont gravés les deux mots Juda, Iah, que l'on n'a pas manqué de traduire par : Dieu puissant, Dieu, Dieu ! Ils signifient Louange à Dieu. Le Bijou tient au Cordon par une rosette verte.

L'Intendant des Bâtiments monte les sept marches d'exactitude, et pratique les cinq points de fidélité.

On suppose ce grade relatif à l'établissement des Juges du peuple d'Israël. (Voy. le DEUTÉRON., c. 16, v. 18).

[p. 57]

III.e CLASSE.

9e degré — Maître Élu des Neuf

[p. 57]

Décoration du Chapitre.

Il est censé se tenir dans un appartement du palais de Salomon. Cet appartement est décoré de colonnes Rouges et Blanches, parsemées de flammes.

Neuf Lumières, savoir, huit ensemble et une séparée.

Titres.

Le Vénérable représente Salomon, et est qualifié de Très-Souverain. Il n'y a, comme dans la Maçonnerie Adonhiramite, qu'un seul Surveillant, sous le titre d'Inspecteur ; il représente Stolkin.

[p. 58]

Premier Signe.

Faire semblant de frapper au front, avec un poignard, celui qu'on thuile. Il doit répondre en portant les mains au front, comme pour voir s'il n'est point ensanglanté.

Second Signe.

Faire semblant de plonger un poignard dans le cœur du Frère, en disant Necum, ou plutôt NEKAM, נְקַם, (Vengeance) (1). Il répond en

(1) Si le troisième grade de la Maçonnerie, celui de Maître, nous offre le tableau de la mort d'Hiram, dit l'Architecte du Temple, ou plutôt de celle d'Osiris, de Pan, de Thammuz, Grand-Architecte de la Nature, avec le premier Élu s'échappe le premier cri de vengeance, celle qu'Horus exerça contre les meurtriers de son père, Jupiter contre Saturne, etc. Ce grand et permanent système de vengeance, qui se retrouve plus ou moins clairement exprimé dans une foule de grades, et notamment dans le Kadosch, remonte aux temps les plus reculés. Indépendamment de l'interprétation que l'on peut lui trouver dans les opérations même de la [p. 59] portant la main droite au cœur, et disant Necar, ou plutôt NIKAR, נִקַר,

(perforavit).

Attouchement.

Fermer la main droite, le pouce levé ; l'autre Frère saisit ce pouce avec la main droite, et lève aussi le sien. Par ce moyen, l'on aperçoit huit doigts fermés et un levé, ce qui représente les neuf Élus.

Nature, qui présentent une suite de combats et de réactions entre le principe générateur et le principe destructeur (*), il appartient surtout à la Théocratie, le plus ancien des gouvernements. Suivant les différentes circonstances où se sont trouvés les fondateurs des Sociétés secrettes, et suivant l'esprit particulier qui les animoit, ils ont fait l'application de cette vengeance à telle ou telle légende, à tel ou tel fait historique ; de-là la différence des Rits ; mais les principes fondamentaux sont toujours les mêmes.

(*) Vetus hæc opinio Græciam opplevit insectum Cœlum à filio Saturno, Vinctum autem Saturnum ipsum a filio Jove : PHYSICA RATIO NON INELEGANS INCLUSA EST IN IMPIAS FABULAS.

Cic. de Nat. Deor.

[p. 60]

Batterie.

Neuf Coups (huit et un),

○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○——○

Mots Sacrés.

Ce sont ceux du second signe.

Mot de Passe.

Bagulkal, nom du chef du Tabernacle, ami et favori de Salomon.

Ce nom ne se trouve point dans la Bible, et n'a point de racines hébraïques ; aussi doit-il être rejeté, et l'on doit dire BEGOHAL KOL, dont on trouvera la signification au 30e degré.

Quelques-uns ajoutent à ce mot Jocabert, Choumer, Nééman ; ces deux derniers sont insignifiants.

Tablier.

Blanc, tacheté de Rouge, doublé et bordé [p. 61] de Noir. Sur la bavette, un bras ensanglanté tenant un Poignard.

Cordon.

Large ruban Noir, placé de gauche à droite. Neuf rosettes Rouges au bas du cordon.

Bijou.

Un Poignard d'or, à lame d'argent.

[p. 62]

10e degré — Illustre Élu des Quinze

[p. 62]

Décoration du Chapitre.

Tenture Noire, parsemée de larmes Rouges et Blanches.

(1) Le Grand-Orient de France a, comme on le sait, substitué le seul Élu Secret, aux trois Élus de la Maçonnerie adonhiramite, aux trois du Rit ancien, qui présentoient, dans leur légende, une série non interrompue d'événements. La substitution, ou plutôt la refonte, n'a pas toujours été heureuse. Par exemple, dans l'Élu Secret, l'assassin d'Hiram s'étant poignardé lui-même, le cri Necum devient ridicule, puisque, par la mort du traître, la vengeance se trouve accomplie. De même, on ne peut que sourire au vaillant exploit de Joaben, qui coupe bravement la tête à un homme mort. Ces inconvénients et quelques autres n'ont point lieu en divisant en trois scènes le mythe de la mort d'Hiram. Dans l'Écossisme réformé de Saint Martin, il n'y a pareillement qu'un seul Élu, dont les mots Sacrés sont Nekam, Moabon.

[p. 63]

Quinze Lumières, savoir : cinq à l'Orient et cinq devant chaque Surveillant.

Titres.

Le Vénérable se nomme Très-Illustre Maître ; deux Surveillants, dont le premier est appelé Inspecteur. Pour une réception, il ne peut y avoir plus de quinze Frères.

Signe.

Se porter le Poignard sous le menton, et le descendre le long du ventre, comme pour se l'ouvrir.

Réponse. Le Signe d'Apprenti, que l'on exécute les mains fermées le pouce tendu.

Attouchement.

S'entrelacer les mains droites.

Batterie.

Cinq Coups égaux :

○ ○ ○ ○ ○

[p. 64]

Marche.

Quinze pas triangulaires.

Mots Sacrés.

ZERBAL.

On répond BENAIAH, בְנָיָה

(filius domini)

C'est le nom du meurtrier de Joab. Voyez ROIS, l. 2, c. 23, v. 20, et liv. 3. c. 2, v. 29 et 34.

D'autres répondent BENHAKAR, בֶנעָקָר

(sterilitatis filius)

Nom de la caverne où se cacha le meurtrier d'Hiram.

D'autres, enfin, disent BENDAKA, בֶנדַכָא

(contritionis filius)

Nom de la carrière.

Mot de Passe.

Heleham qu'il faut écrire ELIHAM, אֱלִיעָם

(Deus populi)

Heure.

Pour ouvrir ; Cinq heures du Matin.

Pour fermer ; Six heures du Soir.

[p. 65]

Ces nombres (du moins le second) ne sont point en concordance avec le reste du Rituel.

Tablier.

Blanc, doublé et bordé de Noir. Au milieu, la Ville de Jérusalem, et les trois Têtes des coupables posées sur des piquets, aux portes de l'Est, de l'Ouest et du Sud.

Cordon.

Noir, de gauche à droite ; trois Têtes brodées au bas.

Bijou.

Un Poignard d'or, à lame d'argent.

Dans l'Élu Secret de France, le mot Sacré est NEKAM ; le mot de Passe, Abibalc, nom supposé du meurtrier d'Hiram. Au lieu de

[p. 66]

Abibalc, il faut écrire, en deux mots, ABI BALAH, אֲבִי בָלַע,

(destruens patrem)

le Meurtrier du Père.

Ailleurs, on appelle ce dernier Abiram, mot formé de ABI RAMAH, אֲבִי רָמָה

(dejiciens patrem)

Le nom du premier des neuf Maîtres (1) envoyés à la recherche du meurtrier est Joaben.

Il y a lieu de croire que, au lieu de ce mot, il faut dire IABIN, ou HABIN, הָבִין ou יָבִין, qui signifient Intelligent, rac. בין.

A moins que l'on n'ait voulu faire allusion à l'intrépidité de Joab, fils de Sarvia, que son oncle David chargeoit des expéditions les plus périlleuses, avant que l'ambition eût porté ce

(1) La plus grande confusion règne dans les noms donnés aux trois principaux Élus. Ce sont tantôt Sterkin, Zeomet, Eleham ; tantôt Jocabert, Élechior, Tercy ; tantôt Toffet, Tabaor, Edom, etc. Dans ce dernier cas, il faudroit écrire THOPHEL תֹפֶל (ruina), TEBACH טֶבַח (occisio), EDOM אֱדֹם (sanguineus).

[p. 67]

général à s'écarter de son devoir. Voy. les ROIS, l. 2, c. 2 ; et les PARALIP., l. 1, c. 18.

L'intendant de Salomon s'appelle

BEN-GHEBER, בֶן גֶבֶר (filius fortis) ;

le roi de Tyr, MAHAKAH, מָעְכָה, (compressus) ;

la Tour, HEZER, עֶזֶר, (de secours).

[p. 68]

BANQUET.

D'ÉLU SECRET.

Les Verres s'appellent Urnes.

Les Couteaux, Poignards.

Commandement.

Drapeau tortillé autour du bras gauche, les deux bouts dans la main.

Main droite au Poignard.

Poignard appuyé en long contre le cœur, le pouce sur le manche.

Poignard à la main gauche, la pointe en bas.

Main droite à l'Urne.

Haut l'Urne.

Videz l'Urne en trois temps, 1, 2, 3.

En avant l'Urne.

Plongez le Poignard trois fois dans l'Urne en disant Nekam, Nekam, 1, 2, 3.

L'Urne sur le cœur.

[p. 69]

1, 2, 3, (posez sur la table en trois temps).

Cela fait en tout quinze temps, par allusion aux quinze Élus.

Ensuite

Poignard à la main droite.

Haut le Poignard.

Poignard en avant, comme pour frapper.

Poignard sur l'Urne, transversalement.

La Batterie.

Puis on répète Nekam, Nekam

[p. 70]

11e degré — Sublime Chevalier Élu

[p. 70]

Décoration du Chapitre.

Tenture comme au grade précédent, ou parsemée de Cœurs enflammés.

Vingt-quatre Lumières.

Titres.

La Loge a le titre de Grand-Chapitre. Elle est composée de douze Élus.

Le Chef représente Salomon, et est appelé trois fois Puissant. Au lieu de Surveillants, il y a un Grand-Inspecteur et un Maître de Cérémonies.

Signe.

Croiser les bras sur la poitrine, les mains fermées, les pouces levés.

Premier Attouchement.

Se présenter mutuellement le pouce de la main droite, les autres doigts fermés ; l'un sai- [p. 71] sit celui de l'autre, et renverse le poignet trois fois, en disant, en trois temps, BERITH, NEDER, SCHELEMOTH.

Second Attouchement.

Prendre la main droite du Frère, et lui frapper trois Coups avec le pouce sur la phalange du doigt du milieu.

Batterie.

Douze Coups égaux.

○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○

Mot Sacré.

ADONAI (1).

Mot de Passe.

STOLKIN.

Quelques-uns y ajoutent Emerek, que l'on

(1) Ce mot Adonaï, joint au fameux Nekam, forme, comme on le verra, le cri redoutable et caractéristique du Kadosch, qui n'est qu'une confirmation, ou plutôt une spécification de l'Élu. Seul, Adonaï se retrouve dans le Maître Secret, dans le Grand-Maître Architecte, dans le Royal-Arche, l'Écossois de la Perfection, le Chevalier du Soleil, l'Inspecteur-Général, l'Élu Parfait, etc.

[p. 72]

suppose être le nom caractéristique d'un Élu, et que l'on traduit par Homme vrai.

Au lieu de ce mot insignifiant, il faut dire : AMARIAH, אֲמַרְיָה.

(eloquens)

Heure.

Pour ouvrir ; Douze heures.

Pour férmer ; le Point du jour.

Tablier.

Blanc, doublé et bordé de Noir ; une poche au milieu, sur laquelle est une Croix-Rouge. D'autres y peignent un Poignard, environné de Neuf Larmes, comme pour l'Élu de France.

Cordon.

Noir. On y brode ou trois Cœurs enflammés, ou la devise Vincere aut mori.

Bijou.

Un Poignard d'or, à lame d'argent.

[p. 73]

IV.e CLASSE.

12e degré — Grand Maître Architecte

[p. 73]

Décoration de la Loge.

Tenture Blanche (1), parsemée de flammes.

(1) Le Blanc est consacré à la Divinité ; le Noir, à Hiram et au Christ ; aussi se retrouve-t-il dans le Maître, l'Élu, le Kadosch, et dans le Rose-Croix. Le Verd, emblème de la Vie et de l'Espérance, l'est aussi de Zorobabel ; voilà pourquoi c'est la couleur du Maître-Parfait et du Chevalier d'Orient. Le Rouge appartient à Moïse, et sur-tout à Abraham ; à ce titre, il est la couleur spéciale de l'Écossois. Enfin le Bleu, qui, comme symbole du séjour céleste, est la couleur du Sublime Écossois, se reporte, parmi les Patriarches, à Adam, créé dans l'innocence à l'image de Dieu, et habitant le jardin d'Éden.

[p. 74]

Titres.

Le Chef se nomme Grand-Maître Architecte ; il est vêtu d'une robe Blanche. Il y a deux Surveillants.

Sur la table est un Étui de mathématiques.

Signe.

Glisser la main droite dans le milieu de la gauche ; s'arrêter un moment, fermer les doigts, à l'exception du pouce, avec lequel on feint de tracer un plan, en regardant le Grand-Maître, comme s'il en indiquoit le sujet.

Attouchement.

Entrelacer les doigts de la main droite avec ceux de la main gauche du Frère, et mettre tous les deux l'autre main sur la hanche.

Batterie.

Trois Coups, (un et deux).

○——○ ○

[p. 75]

Suivant d'autres, sept ainsi :

○ ○ ○——○ ○ ○——○

Marche.

Trois pas en équerre, le premier lent, les deux autres précipités.

Mot Sacré.

ADONAI.

Mot de Passe.

Rabacim, que l'on traduit par Architecte.

Ce mot est insignifiant, inintelligible ; celui qui, en hébreu, signifie Architectes (au pluriel) est BANAÏN, בָנָיִן. Il a donc fallu deviner que les fondateurs du grade ont voulu dire, en deux mots, RAB BANAÏN דַב בָנָיִן (ædificantium magister), Grand-Maître Architecte.

Tablier.

Blanc, doublé et bordé de Bleu. Une poche, au milieu, pour serrer les plans.

[p. 76]

Cordon.

Bleu, de droite à gauche.

Bijou.

Un quarré parfait, sur un des côtés duquel sont gravés quatre demi-cercles devant sept étoiles. Au centre, est un triangle renfermant un A (Architecte). De l'autre côté, sont les cinq ordres d'Architecture ; au-dessus, un niveau ; au-dessous, une Équerre, un Compas, une Croix : au milieu les lettres R. M., Rabacim (on vient de voir qu'il faut R. N., pour Rab Banaïn). Au bas des cinq colonnes sont les lettres C. D. T. I. C. qui signifient : Corinthien, Dorique, Toscan, Ionique, Composite.

Il existe une foule de grades d'Architectes, grands, petits, moyens. Leur légende diffère peu, et tous sont une préparation plus ou moins prochaine au caractère d'Écossois.

[p. 77]

13e degré — Royal Arche

[p. 77]

Décoration du Collége.

Le Collége, ou Loge Royale, se tient dans un lieu voûté, souterrain, s'il est possible, sans portes ni fenêtres. On s'y introduit par une trappe placée au sommet de la voûte, laquelle est peinte en blanc.

Titres.

Il y a Cinq officiers ; le premier, à l'Orient, est le Trois fois puissant-Grand-Maître, et représente Salomon, vêtu d'une robe jaune, par-dessus laquelle est un manteau de satin Bleu ; le second, placé à sa gauche, représente Hiram, roi de Tyr, en habit de voyageur, chapeau en tête, sabre à la main ; le troisième, au Nord, est le Grand-Trésorier, il représente Jabulum, et est décoré d'une clef d'or suspendue à un ruban blanc. On lit autour les lettres

[p. 78]

I. V. I. O. L. Inveni Verbum In Ore Leonis ; le quatrième, dit le Grand-Secrétaire, placé au Sud, représente Johaber ; le cinquième, à l'Occident, est le Grand-Inspecteur, et représente Stolkin. On doit recevoir à la fois trois Néophites.

Premier Signe.

Celui d'admiration, lever les mains au ciel, la tête penchée à gauche, et un genou en terre.

Deuxième Signe.

Tomber sur les genoux.

Attouchement.

Porter les mains sous les aisselles du Frère, comme pour l'aider à se relever ; on dit en même temps Toub, Banaï, Amalabec, que l'on traduit par Bon cœur, courage ! Le Frère fait la même chose que vous, et répond Jabulum. D'autres interprètent ces mots : Jabulum est un bon Maçon.

[p. 79]

Les trois premiers sont fort altérés. Il faut écrire, en quatre mots,

TOUB, BAHANI, HAMAL, ABEL,

טוֹב , בָעֳנִי , עָמָל , אָבֵל ,

(lugentis labor in afflictione Bonum).

Quant au mot Jabulum, qui reparoît dans plusieurs autres grades, et que l'on écrit indistinctement Johabulum, Jibulum, Jibellum, ou il dérive de IOBEL, יוֹבֵל, (jubilæum) ou, comme quelques-uns le prétendent, il faut dire Zabulon, en hébreu ZEBULOUN זְבְלוּן, qui signifie habitacle.

Batterie.

Cinq Coups (deux et trois).

○ ○——○ ○ ○

Mot Sacré.

IEHOVAH, (sum qui sum).

[p. 80]

NOMS DES NEUF ARCHITECTES

INSCRITS SUR LES NEUF ARCHES.

(Ce sont des noms de Dieu).

JOD, י (Principium). IAHO, יהו (Existens). IAH, יה (Deus). EHIEH, אהיה (Sum, ero). HELION, ἩΛΙΩΝ, ou, plutôt, ÉLIAH, אליה (Fortis). IAHEB, יהב (Concedens). ADONAI, ארני (Domini). ELCHANAN, אלחנן (Misericors deus). IOBEL, יובל (Jubilans).

Cordon.

Pourpre, mis en collier ; symbole d'amitié.

Bijou.

Un Triangle d'or, ou bien une médaille, où, d'un côté, est gravée la trappe dans laquelle on descend Jabulum avec des cordes ; de l'autre côté, un triangle.

[p. 81]

On débite pour ce grade un long discours historique, dans lequel on suppose qu'Henoch, éclairé par un songe divin, cacha, sous neuf arches, le précieux Delta, ensemble avec deux colonnes, l'une de marbre et l'autre d'airain, sur lesquelles étoient gravés les principes des sciences. Le Narrateur suit les destinées de ce dépôt jusques au temps de Salomon, où, par les ordres de ce prince, Jocabert, Stolkin, et Jabulum en firent la recherche, que l'on fait répéter par les trois Récipiendaires.

Au reste, il existe plusieurs grades du même nom, qui tous présentent des différences. Dans l'Écossisme réformé de St.-Martin (1), le

(1) Nous avons été surpris de voir le judicieux auteur de l'Histoire de la Fondation du Grand-Orient de France se plaire à déprimer l'Écossisme réformé de Saint-Martin, dans lequel il ne trouve que des Superstitions ridicules et des croyances absurdes. Nous n'ignorons pas que la plupart des copies existantes de ce Rit sont tellement altérées qu'elles peuvent induire en erreur l'homme le plus instruit : mais nous observerons, 1°, que de grandes lumières, jointes au talent d'écrire,

[p. 82]

Royal-Arche est remplacé par le Maçon du Secret ; mais ce dernier suit immédiatement le

assurent à Saint-Martin un rang distingué parmi les Sectaires particuliers ; 2°, que c'étoit du moins une entreprise louable que celle de resserrer dans un cercle étroit ce dédale de grades incohérents, enfantés par le caprice ou l'orgueil ; 3°, que la filiation des grades de Saint-Martin nous paroît présenter un système assez suivi, un ensemble que peut saisir facilement tout initié dans l'art-royal. Enfin, chaque grade en particulier suppose une connoissance profonde de la Bible, que personne en effet ne possédoit mieux que lui, même dans les textes originaux, connoissance assez rare parmi les Maçons. On pourroit peut-être seulement lui reprocher de s'être trop appesanti sur les détails.

Quant au systême général connu sous le nom de Martinisme, et que peu de personnes ont eu la patience d'étudier, ce systême a deux parties distinctes, l'une politique, qu'il pourroit être dangereux d'approfondir ; l'autre métaphysique, qui se rapproche assez du Rationalisme de Kant. Toutes deux, au surplus, diffèrent essentiellement de l'Anthropomorphisme et du Monde Spirituel de Swedenborg.

L'Écossisme réformé de Saint-Martin est divisé en deux Temples. Dans le premier, on trouve App∴,

[p. 83]

grade d'Écossois, au lieu de le précéder, comme dans le Rit ancien. Cela fait toujours deux grades consécutifs consacrés à la recherche du Delta.

Comp∴, M.e∴, Ancien Maître, Élu, Grand-Architecte, Maçon du Secret. Le second temple contient le Prince de Jérusalem, le Chevalier de la Palestine, et le Kadosch.

Louis-Claude de Saint-Martin, né à Amboise le 18 janvier 1743, mourut à Aunay, près Paris, le 15 octobre 1803.

[p. 84]

14e degré — Grand Élu Ancien Maître Parfait

[p. 84]

C'est de ce grade que se rapproche le plus l'Écossois de France. Ils renferment l'un et l'autre les premiers points de tout Écossisme. Les autres points, non moins importants, se trouvent, quant à la consécration du Prêtre, dans le 19.e degré, ci-après, et, pour le reste, dans le 26.e et dans le 29.e, où les principes que l'on veut exposer au Récipiendaire sont cachés sous le voile de la Philosophie Hermétique.

Décoration de la Loge.

Une Voûte souterraine, tendue de Rouge, avec des nuances innombrables couleur de feu.

[p. 85]

Vingt-quatre Lumières, savoir Neuf devant Salomon, Sept au sud, Cinq devant le premier Surveillant, et Trois devant le second.

Titres.

Il y a Dix Officiers, savoir : 1°, le Trois fois Puissant, qui représente Salomon ; 2°, Hiram, roi de Tyr, assis à la droite de Salomon ; 3°, le Respectable premier Grand-Surveillant, qui représente Adoniram, fils d'Abda ; 4°, le Respectable second Grand-Surveillant, qui représente Moabon ; 5°, le Garde des Sceaux, placé à la gauche de Salomon, et qui représente Galaad ; 6°, le Grand-Trésorier, placé au nord, devant la table des pains de Proposition, il représente Jabulum 7°, le Grand-Secrétaire, placé au sud, devant la table des parfums, il représente Johaber ; 8°, le Grand-Orateur, placé aussi au sud, près l'autel des sacrifices, il représente Abdamon ; 9°, le Grand-Maître des Cérémonies, au nord, c'est Stolkin ; 10°, enfin le Capitaine des Gardes, auprès du second Surveillant ; c'est Zerbal.

[p. 86]

Premier Signe, dit du Serment.

Porter la main droite sur le côté gauche du ventre, et la retirer précipitamment et horizontalement vers la droite, comme pour s'ouvrir le ventre (Écossois de France).

Premier Attouchement.

Se prendre mutuellement la main droite, et, la retournant alternativement trois fois, le premier dit BERITH, le second NEDER, et le premier SCHELEMOTH (Écossois de France).

Premier Mot Couvert.

Jibulum, ou Jabulum, que l'on traduit ici par ami, favori, chéri, zélé.

Premier Mot de Passe.

SCHIBBOLETH.

[p. 87]

Second Signe, dit du Feu.

Porter la main droite ouverte sur la joue gauche, comme pour se garantir de la chaleur du feu, et se tenir le coude droit avec la main gauche.

Second Attouchement.

La Grippe comme à la maîtrise ; puis on dit : Allez-vous loin ? à quoi l'on répond en avançant jusqu'à l'avant-bras, et ensuite jusqu'au coude ; puis on se met mutuellement la main gauche sur l'épaule droite, et l'on se balance trois fois.

Second Mot Couvert.

Mahabin, que l'on traduit par : c'est lui, il est mort.

Ce mot est altéré ; il faut dire

MAKOBIM, מַכְאֹבִים

(dolores)

D'autres disent, comme au Maître, MOABON.

D'autres encore, Gabaon-Notade, et rendent

[p. 88]

le dernier mot par Ami-Parfait, Élu. Au lieu de Notade, il faut dire

NOTEL, נוֹטֵל

(præponens)

Second mot de Passe.

Eleanam ;

Il faut écrire, comme on l'a vu ci-dessus, ELCHANAN (Gratia Dei).

Troisième Signe, dit d'Admiration et de Silence.

Lever vers le Ciel les deux mains ouvertes, la tête inclinée, les yeux en l'air ; porter ensuite les deux premiers doigts de la main droite sur les lèvres.

Troisième Attouchement.

En trois temps, 1°, se saisir la main droite ; 2°, se cramponner avec la gauche à l'épaule gauche ; 3°, passer cette main derrière le dos, comme pour relever quelqu'un.

[p. 89]

Troisième Mot Couvert.

ADONAI.

Batterie.

Vingt quatre Coups, par trois, cinq, sept, neuf, comme à l'Écossois de France.

Marche.

Huit pas précipités et un lent (neuf).

Âge d'un Écossois.

Sept fois Sept ans (49).

Mot Sacré.

IEHOVAH.

Grand Mot de Passe.

Macmaha, Rababack,

que l'on traduit par : Dieu soit loué, nous avons trouvé. Ces mots sont considérablement altérés ; il faut écrire

MAKAH, MEHARAH, BEHA, מַכָּה מְעָרָה בְּעָא

(quæsivit Spelunca Interfector) ;

[p. 90]

c'est-à-dire : Il a cherché (le) meurtrier (dans la) caverne.

Cette Parole appartient spécialement au caractère de l'Élu, et prouve que ce caractère forme un des points fondamentaux du véritable Écossisme. Elle se retrouve dans le grade appelé Élu-Parfait.

Tablier.

Blanc, doublé et bordé de Cramoisi. Un petit ruban Bleu est à cheval sur la bordure Rouge. Au milieu du Tablier est peinte une Pierre plate et carrée, dans laquelle est scellé un Anneau de fer.

Cordon.

Cramoisi, en sautoir.

Bijou.

Celui de l'Écossois de France.

Bague.

Une alliance, sur laquelle sont gravés ces [p. 91] mots : La Vertu unit ce que la mort ne peut séparer.

L'Écossois, cinquième des grades de France, se trouve le sixième dans la réforme de Saint-Martin. On l'y appelle Grand-Architecte d'Heredom, Vertus du Collège Ternaire de Saint-André d'Écosse. Tous ces grades présentent dans le rit des différences que nous ne nous sommes point engagés à faire connoître. Nous avons cru seulement devoir faire graver ici celle des faces de la Pierre Cubique sur laquelle sont tracés les mots Sacrés des sept grades de France ; parce que la planche qu'en a donnée le S.r Chereau est extrêmement fautive. Avec le zèle le plus irascible pour les mystères de l'ordre, le S.r Chereau en fut un des membres les plus ignorants. Nous joindrons à la Pierre Cubique la rectification et l'explication des mots hébreux employés dans l'Écossois de France et dans celui de Saint-Martin.

Les mots de l'Attouchement de l'Écossois de France sont BERITH, NEDER, SCHELEMOTH, (voy. ci-dessus pag. 44).

[p. 92]

Le mot Sacré doit s'écrire

SCHEM HAMMEPHORAS, שֵׁם הַמְפוֹרָשׁ, et signifie Nomen explicatum, expansum, pronuntiatum.

On a vu ci-dessus que le Iehovah étoit, chez les Juifs, un nom ineffable. Pour que la prononciation de ce nom ne se perdît point parmi les Lévites, le Grand-Prêtre le proféroit dans le temple une seule fois l'année, le 10 du mois Thisri, jour du jeûne de l'expiation. C'étoit alors que le Iehovah étoit dit Schem Hammephoras, c'est-à-dire, nom bien prononcé, bien expliqué ; ais on recommandoit au peuple de mener un grand bruit pendant cette cérémonie ; afin que ce nom Sacré ne fût entendu que de ceux qui avoient droit de l'entendre, car tout autre, disent les Juifs, eût été incontinent frappé de mort.

Le mot de Passe est Elehanam, ou, plutôt, EL CHANAN, אֵל חָנָן,

(gratia dei,)

seu

(misericors Deus).

[p. 93]

Les différents points de l'Écossois de France, sont, 1°, Imitation du sacrifice d'Abraham, 2°, Ablution ; 3°, Purification par le feu ; 4°, Esclavage ; 5°, Recherche et découverte du précieux Delta ; 6°, liberté rendue ; 7°, consécration du prêtre de Iehovah ; 8°, nouvelle purification par l'Auge et la Truelle ; 9°, Communion avec les Frères.

Dans l'Écossois de Saint-Martin, les mots Sacrés sont

EL, אֵל,

GOMEL, גֹמֵל, un des noms de Dieu (1).

(retribuens)

Le mot de Passe est Gabaon, en hébreu GHIBHON, גִּבְעוֹן, qui, dans cet endroit, signifie habitaculum excelsum, et est dérivé de גבה et de עון (2).

(1) C'est par erreur que l'on écrit Gomez, qu'on traduit par Beauté divine, et que l'on suppose avoir été la première parole prononcée par Adam.

(2) Dans la Maçonnerie Adonhiramite, le mot de Passe étoit Zedidiac, mot altéré, à la place duquel il faut écrire ZEBADIAH זְבַדְיָה (victima dei).

[p. 94]

Les douze grands noms de Dieu placés sur les douze pierres du Rational, sont :

MELEK, מֶלֶךְ (Rex), sur la Sardoine. GOMEL, גֹמֵל (Retribuens), sur la Topase. ADAR, אָדָר (Magnificus), sur l'Émeraude. ÉLOAH, אֱלוֹהַּ (Deus fortis), sur l'Escarboucle. HAIN, עַיִן (Fons, oculus), sur le Saphir. ELCHAI, אֵלחַי (Deus vivens), sur le Diamant. ÉLOHIM, אֱלֹהִים (Dii), sur le Lyncure. EL, אֵל (Fortis), sur l'Agathe. IAHO, יָהוּ (IAΩ), sur l'Amethyste. ISCHGOB, אִישׁ־גָּב (Pater excelsus), sur la Chrysolithe. ADONAI, אֲדֹנָי (Domini), sur l'Onyx. IEHOVAH, יְהֹוָה (Sum qui sum), sur le Berylle.

Les vingt deux noms de Dieu, par ordre alphabétique.

1. EHIEH, אֶהְיֶה (Sum, Ero). 2. BACHOUR, בָּחוּר (Electus, Juvenis), 3. GADOL, גָּדוֹל (Magnus).

[p. 95]

4. DAGOUL, דָּגוּל (Insignis). 5. HADOUR, הָדוּר (Formosus, Majestuosus). 6. VEZIO, וְזִיו (Cum Splendore). 7. ZAKAI, זַכַּי (Purus, Mundus). 8. CHASID חָסִיד (Misericors). 9. TEHOR, טָהוֹר (Mundus, Purus). 10. JAH, יָה (Deus). 11. KABBIR, כַּבִּיר (Potens) 12. LIMMUD, לִמֻּד (Doctus). 13. MEBORAK, מְבֹרָךְ (Benedictus). 14. NORA, נוֹרָא (Formidabilis). 15. SOMEK, סוֹמֵךְ (Fulciens, firmans). 16. HAZAZ, עָזָז (Fortis). 17. PHODEH, פּוֹדֶה (Redemptor). 18. TSEDEK, צֶדֶק (Justus). 19. KODESCH, קֹדֶשׁ (Sanctus). 20. RODEH, רֹדֶה (Imperans). 21. SCHADDAI, שַׁדַּי (Omnipotens). 22. THECHINNAH, תְּחִנָּה (Gratiosus).

[p. 96]

BANQUET.

DE GRAND-ÉLU ÉCOSSOIS (de France).

Les Verres s'appellent Coupes.

Commandement.

Main droite à la Coupe — Haut la Coupe. — Videz la Coupe en trois temps.

Coupe à l'épaule droite.

Coupe diagonalement à la hanche gauche.

Remontez la Coupe à l'épaule gauche.

Coupe diagonalement à la hanche droite.

Ces quatre évolutions forment une Croix de Saint-André X.

Remontez la Coupe à l'épaule droite.

En avant la Coupe.

Posez la Coupe.

Ces trois temps forment une Équerre.

La Batterie ;

Puis on dit :

Dieu bénisse le Roi et les Chevaliers.

[p. 97]

V.e CLASSE.

15e degré — Chevalier de l’Épée ou de l’Orient

[p. 97]

Décoration de la Loge.

Deux Appartements ; l'un tendu en Verd, l'autre en Rouge.

Soixante-dix Lumières, par dix groupes de Sept.

Titres.

Le Vénérable (Cyrus) est Souverain ; les Surveillants, Généraux ; le Secrétaire, Chancelier ; le Maître des Cérémonies, Grand-Maître ; et tous les Frères, Chevaliers. Le Néophite représente Zorobabel.

[p. 98]

Signe.

Porter la main droite à l'épaule gauche, et la descendre en serpentant à la hanche droite, pour imiter les ondes du fleuve. Puis tirer le Glaive et le présenter en avant comme pour combattre.

Attouchement.

Se saisir mutuellement la main gauche, le bras levé et tendu, comme pour repousser l'ennemi et se faire un passage ; se porter réciproquement la pointe de l'épée sur le cœur ; l'un dit JUDA, l'autre BENJAMIN.

Batterie.

Sept Coups, par cinq et deux.

○ ○ ○ ○ ○——○ ○

Marche.

Avancer fièrement par Cinq grands pas, l'épée à la main, le bras levé comme pour combattre.

Âge d'un Chevalier d'Orient.

Soixante-dix ans.

[p. 99]

Mot Sacré.

RAPHODON.

Ce mot, qui se retrouve dans le Rose-Croix de Kilwining, est dérivé de Rephidim, רְפִּדִים, nom du lieu où les Israélites firent leur dixième campement après leur sortie d'Égypte. Ce fut dans cet endroit solitaire, peu éloigné d'Horeb, que le manque d'eau les fit révolter contre Moyse. Voy. EXODE, c. 17, v. 1 et suiv.

Mot de Passe.

Ya vaurum hamen ;

Ces mots sont singulièrement altérés ; il faut écrire, en deux mots :

IAHABOROU HAMMAÏM, יַעֲבֹרוּ הַמַּיִם (aquas transibunt).

Grande Parole.

SCHILO, שִׁלוֹ SCHALLOUM, שַׁלּוּם } (Pax).

ABI, אֲבִי (Pater).

[p. 100]

Tablier.

Blanc, doublé et bordé de Verd. Sur la bavette, une Tête ensanglantée, des épées en sautoir ; dans le milieu, trois triangles de Chaînes de mailles triangulaires.

Cordon.

Verd d'eau, de droite à gauche. Sur ce Cordon sont peints des membres épars, des têtes, des couronnes, des épées entières et brisées. Au milieu, un pont, avec les trois lettres L. D. P. (Liberté de Passer).

Bijou.

Un petit sabre.

L'applaudissement des Chevaliers d'Orient est Gloire à Dieu et au Souverain.

[p. 101]

16e degré — Prince de Jérusalem

[p. 101]

Ce grade est comme le second point du Chevalier d'Orient. Le sujet de ce dernier est la permission accordée aux Juifs, par Cyrus, de retourner à Jérusalem, après une captivité de soixante-dix ans (Voyez ESDRAS, l. 1, c. 1). Dans le Prince de Jérusalem, on commémore la contestation qu'excita la réédification du Temple, et la décision que Darius donna sur ce sujet (ESDRAS, l. 1, c. 5 et 6).

Décoration de la Loge.

La Loge est séparée en deux parties ; la première représente Jérusalem, où préside Zorobabel ; elle est tendue en couleur Aurore, et, au retour de l'ambassade, éclairée par vingt-cinq Lumières, de cinq en cinq. La seconde [p. 102] partie représente Babylone, où règne Darius ; elle est tendue de Rouge ; mais le trône et le dais sont de couleur Aurore. La séparation des deux parties de la Loge est censée représenter le chemin qui conduit de Jérusalem à Babylone.

Titres.

Zorobabel se nomme Très-Équitable ; les Surveillants, Très-Éclairés Princes ; et tous les Frères, Valcureux.

Signes.

Se présenter fièrement comme pour combattre, la main gauche sur la hanche gauche.

Réponse. Tendre le bras à la hauteur de l'épaule ; comme pour commencer le combat, le pied droit en équerre sur la pointe du pied gauche.

Attouchement.

Se frapper mutuellement avec le pouce droit, sur la jointure du petit doigt, cinq coups, ainsi ○——○ ○——○ ○. En même temps, joindre [p. 103] les pieds droits par la pointe, ce qui forme la Planche à tracer ; puis joindre les genoux, ce qui représente l'Équilatéral. Enfin, l'on se met réciproquement la main gauche sur l'épaule en ouvrant les doigts. L'un dit VINGT ; l'autre, VINGT-TROIS (ces deux nombres vont être expliqués) : alors on ramène le talon gauche en équerre sur le droit, on se quitte les mains, on porte la pointe du pied droit au talon gauche, et l'on se salue en s'inclinant.

Batterie.

Vingt-cinq Coups, par cinq fois cinq égaux.

Mot Sacré.

ADAR, אֲדָר

Mot de Passe.

TEBETH, טֶבֵת, que l'on prononce aussi Teveth.

Ces deux mots Tebeth et Adar sont les noms du douzième et du dixième mois de l'année [p. 104] des Hébreux. Le Vingtième jour du mois Tebeth fut celui de leur rentrée dans Jérusalem, et, le Vingt-troisième jour du mois Adar, ils rendirent grâces au Seigneur de la réédification du Temple. Voilà l'explication et la raison du choix des mots Sacrés, de Passe et d'Attouchement.

Heure.

Pour ouvrir ; le Soleil est levé.

Pour fermer ; la Moitié du jour.

Tablier.

Rouge, doublé et bordé de Jaune. On peut y représenter le temple de Salomon, une équerre, un bouclier, un delta, une main de justice.

Gants Rouges.

Cordon.

Couleur d'Or, et liséré d'or. On y brode une balance, une main de justice, un poignard, cinq étoiles et deux petites couronnes.

[p. 105]

Bijou.

Une Médaille, sur laquelle on a gravé, d'un côté, une main tenant une balance égale ; de l'autre, une épée à deux tranchants et cinq étoiles.

Les Princes de Jérusalem jouissent de grands priviléges dans les Loges inférieures.

Les 15.e et 16.e degrés sont remplacés, dans l'Écossisme réformé, par le seul Prince de Jérusalem, de même qu'ils correspondent au Chevalier d'Orient du Rit françois.

Les mots Sacrés de ce dernier grade sont Juda, en hébreu IEHOUDAH, יְהוּדָה (laudatio) et Benjamin, (hébr. BINIAMIN), בִּנְיָמִין (dextræ filius).

Ce furent les deux tribus les plus empressées à retourner à Jérusalem.

Le fleuve que l'on doit passer est appelé Starbuzanaï, en hébreu, SCHETHAR BOZENAÏ, שְׁתַר בּוֹזְנַי (contemnentes me putrefaciens).

[p. 106]

Nous observerons, à ce sujet, que presque tous les faits de détail sur lesquels on appuie le grade de Chevalier d'Orient, sont matériellement faux, et ne peuvent appartenir qu'à l'allégorie. En revenant de Babylone à Jérusalem, les Juifs n'avoient aucun fleuve à traverser, et il n'en étoit aucun dans leur pays qu'on appelât Stharbuzanaï. Ce nom est celui d'un officier de Darius, commandant pour lui dans la Palestine, ainsi qu'on peut le voir dans le 1.er livre d'Esdras, et particulièrement dans le passage suivant : In ipso autem tempore venit ad eos Thathanaï, qui erat dux trans flumen, et Stharbuzanaï, et consiliarii eorum ; sicque dixerunt eis, (Esdras, l. 1, c. 5, v. 3).

Dans le Prince de Jérusalem, les principaux officiers sont le roi Cyrus, souverain Maître ; Nabuzardan (Nebouzaradan), officier de Nabucodonosor ; Mithridates (Mithredath), trésorier de Darius : on y trouve encore Nabucodonosor (Neboukadnetsar), son fils Belschatsar, le grand-prêtre Seraiah, le sacrificateur Sophonie (Tsephaniah), Hananiah, Intendant

[p. 107]

de Néhémie. La ville de Riblathah, en Syrie, est Antioche. Les trois chefs des portiers du temple, sont Schallum, Hakoub, Telmon ; les six portiers, Schelemiah, Zekariah, Hobededom, Schuphim, Chosah, Achiiah (1) ; le gardien de l'arche, architecte du temple, est Cephane (hébr. Tsaphon צָפוֹן) (reconditus) ; les trois intendans des Maçons de Jérusalem, sont Zorobabel, Josué, Néhémie ; les neuf Sous-Intendants, Hazariah, Rahamiah, Nachamani, Mardochée (Mordokai), Bilschan, Misphereth, Bigvaï, Nachum, Bahanah ; etc. Tous ces braves gens ont, dans la Maçonnerie Angloise, les noms les plus plaisants.

L'Instruction de ce grade est tirée du 4.e liv. des Rois, c. 25, et du 1.er liv. d'Esdras, c. 4 et suivants.

(1) Dans Esdras, l. 2, c. 7, v. 46, on ne nomme en tout que six Chefs des Portiers du temple, qui sont Schallum, Hakoub, Talmon, Ater, Chatita et Schobaï. Nous n'avons pas besoin de rappeler que tous les noms propres des Juifs sont significatifs.

[p. 108]

BANQUET.

DE CHEVALIER D'ORIENT (de France).

On sait que le caractère de ce grade est essentiellement militaire. Un Chevalier d'Orient doit travailler d'une main et combattre de l'autre. Ce caractère se retrouve dans le Rit du Banquet.

Commandement.

Aux Armes, Chevaliers.

Drapeau autour de la ceinture.

Main droite au Glaive. — Haut le Glaive. — Salut du Glaive, en trois temps. — Main gauche au Canon. — Haut le Canon. — Videz en trois temps. — En avant le Canon. — Exercice du Glaive, qui se fait en le promenant par trois fois (à gauche, à droite, et en avant), ce qui forme l'Équerre et neuf temps. Au neuvième, on pose sur la table le Glaive de la main droite, et le Canon, de la gauche.

[p. 109]

A ce moment, quelques-uns s'entrelacent les mains gauches comme dans l'Attouchement ; l'un dit : je suis de la tribu de Juda ; l'autre — de celle de Benjamin, puis on frappe un coup de pied contre la porte.

Ensuite la Batterie.

Puis on dit : Gloire à Dieu et au Souverain.

[p. 110]

17e degré — Chevalier d’Orient et d’Occident

[p. 110]

On fixe l'origine vraie ou supposée de ce grade à l'an 1118, époque à laquelle, dit-on, les Croisés (d'Occident) s'unirent aux Maçons (d'Orient), sous la conduite de Garimont (1), patriarche de Jérusalem. Le but de ce grade, ajoute-t'on, fut de veiller à la sûreté des Pèlerins ; il tire son rituel de l'Apocalypse.

Décoration du Conseil.

Tenture Rouge ; parsemée d'Étoiles d'or.

Titres.

La Loge s'appelle Grand-Conseil ; elle doit être composée de Vingt-quatre membres, qui figurent les vingt-quatre vieillards de l'Apocalypse, et qui, en conséquence, indépendam-

(1) Autre interprétation de la lettre G de l'Étoile flamboyante.

[p. 111]

ment d'une longue robe blanche, serrée d'une ceinture couleur de feu, portent une longue barbe. Le Vénérable est dit Très Puissant ; les Surveillants et les Frères, Respectables-Anciens. S'il en survient au-delà du nombre fixé, on les nomme Respectables-Chevaliers.

Signe.

Regarder son épaule droite.

Réponse. Regarder la gauche.

L'un dit Abaddon ; l'autre Jabulum.

Premier Attouchement.

Mettre la main gauche dans la droite du Frère, qui couvre la votre avec sa gauche : se regarder mutuellement l'épaule droite.

Second Attouchement.

Toucher de la main gauche l'épaule gauche du Frère, qui répond en touchant votre épaule droite avec sa droite.

[p. 112]

Signe pour entrer en Loge.

Se mettre mutuellement la main droite sur le front.

Batterie.

Sept Coups (six et un).

○ ○ ○ ○ ○ ○——○

Marche.

Sept pas en équerre sur les côtés de l'Heptagone.

Mot Sacré.

ABADDON, nom de l'ange de l'abîme, (Voy. APOCAL., c. 9, v. 11).

אֲבַדּוֹן (Exterminans)

en grec ἈΒΑΔΔΩΝ

on l'appelle aussi ἈΠΟΛΛΥΩΝ.

Mot de Passe.

Jabulum.

Suivant d'autres, Pérignan et Gadon.

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Heure.

Pour ouvrir ; le Temps est proche.

Pour fermer ; il n'y a plus de Temps.

Tablier.

De soie Jaune, doublé de Rouge.

Cordons.

Un ruban Blanc, mis de droite à gauche.

Plus un ruban Noir, en sautoir, auquel on pend le bijou.

Bijou.

Un Heptagone, partie en or, partie en argent, ou nacre de perle. D'un côté sont gravées, sur les pointes, les lettres B. D. S. P. H. G. F., initiales des mots Beauté, Divinité, Sagesse, Puissance, Honneur, Gloire, Force. Au-dessus de chaque lettre est une étoile. Au centre de l'Heptagone est représenté en argent l'Agneau de Dieu, couché sur le livre des sept

[p. 114]

Sceaux, portant les sept lettres. De l'autre côté, l'on voit deux épées en croix, la pointe en haut, s'appuyant sur une balance.

Quelques-uns joignent à l'Heptagone une lancette.

[p. 115]

18e degré — Souverain Prince Rose-Croix

[p. 115]

Ce grade est celui dont les Écossois font le plus de cas, et auquel, pour ainsi dire, ils réduisent toute la Maçonnerie. Ils le regardent comme le dépôt de la Science universelle, pour celui qui sait en pénétrer les mystères. La grande Loge d'Édimbourg distribue, pour ce grade, une instruction dont nous allons donner un extrait détaillé.

Chaque Frère, à sa réception, doit adopter un Caractéristique quelconque, dont on lui laisse le choix, tel que Prudence, Valeur, etc. Cependant, ceux du Président, des deux Surveillants, et du Frère Terrible, ne varient ja-

(1) D'autres écrivent Herodom, et font dériver ce nom du mot Harodim, dont nous avons donné l'interprétation au 7e degré. Mais les Maçons les plus instruits pensent qu'il faut écrire Rose-Croix HEREDUM (des Héritiers), parce que les Écossois se regardent comme les seuls légitimes Héritiers des vrais et anciens Maçons.

[p. 116]

mais ; ce sont Sagesse, Force et Beauté, Alarme. De plus, en écrivant son propre nom, on doit le réduire aux seules consonnes, en ayant soin qu'elles soient en nombre impair. Ainsi, par exemple, Cumberland s'écrira C. B. R. L. D ; Cagliostro, C. G. L. T. R., ainsi des autres. On retrouve des usages semblables chez les Illuminés d'Allemagne.

Le Signe d'abréviation, en écrivant, est ∴∴, au lieu de ∴, comme dans les premiers grades.

Au lieu de dire : Tracer une Planche, on dit : Graver une Colonne.

Les Colonnes portent pour inscription : Au nom de la sainte et indivisible Trinité ; pour souscription, Soit éternel salut en Dieu ; et, pour finale, Nous avons la faveur d'être dans l'unité paisible des Nombres sacrés, etc. Elles se datent de l'Orient d'Heredom, en ajoutant les degrés de latitude et de longitude, ou sous la voûte du Zénith, etc.

[p. 117]

Titres.

Le Très-Sage est appelé Athersata ;

Il faut écrire THIRSCHATHA, תִרְשָׁתָא

Ce mot se trouve dans la Bible, au premier livre d'Esdras, c. 2, v. 63. Après avoir énuméré tous les enfants d'Israël qui, emmenés captifs à Babylone, revinrent à Jérusalem, l'historien sacré ajoute : Et dixit THIRSCHATHA eis ut non comederent de Sancto Sanctorum, donec surgeret sacerdos doctus et perfectus.

Quelques auteurs regardent ce mot comme un nom propre ; on a même cru qu'il désignoit Néhémie (Voyez Esdras, liv. 2, c. 10, v. 1). Pour nous, nous partageons l'opinion de ceux qui le croyent un nom d'office ou de dignité, ce que prouve l'article préfixe ה, qui précède ce mot ; et comme Néhémie fut échanson du roi Artaxercès, nous pensons que Thirschatha, dérivé du verbe שתה, désigne spécialement l'office d'Échanson. Il est donc à remarquer que le chef des Rose-Croix de

[p. 118]

Kilwining est qualifié d'Echanson, ce qui se rapporte très-bien à ces paroles sacramentelles de l'Agneau : VENEZ ET BUVEZ.

Les deux Surveillants sont dits Gardiens de la Tour.

Le Rose-Croix de Kilwining se divise en trois points, 1°, Chevalier d'Hérédom ; 2°, Chevalier ou Garde de la Tour ; 3°, Rose-Croix, proprement dit : chacun de ces points exige un appartement particulier.

Parole.

La Parole générale de l'ordre est RAPHODON (Voyez ci-dessus, pag. 99).

On y joint Salathiel ;

en hébreu, SCHEALTHIEL, שְׁאַלְתִּיאֵל (dei postulatus).

Nom du père de Zorobabel, suivant S. Matthieu.

Parole particulière.

INRI.

Les Juifs considèrent ordinairement cette parole comme formée des initiales des mots

[p. 119]

Iesus Nazarenus Rex Iudæorum, placés ironiquement sur la croix du Rédempteur.

Les Franc-Maçons la tirent de ceux-ci, Iudée, Nazareth, Raphaël, Iuda, en disant :

D'où venez-vous ? .............de la IUDÉE. Par quelle Ville avez-vous passé ?...par NAZARETH. Qui vous a conduit ? ................RAPHAEL. De quelle Tribu êtes-vous ? ........de IUDA.

Les Philosophes Hermétiques en forment l'aphorisme suivant :

Ignem Natura Regenerando Integrat ; ou, Igne Natura Renovatur Integra.

Meilleur encore est cet autre, dans lequel sont spécifiés les trois Principes de l'œuvre, Sel, Soufre, Mercure :

Igne Nitrum Roris Invenitur.

Enfin, en substituant aux lettres I, N, R, I, leurs correspondantes hébraïques, י, נ, ר, י, on peut rapprocher les quatre mots :

Iammim.... יַמִּים ( Maria ) Nour........ נוּר ( Ignis ) Rouach...... רוּחַ ( Ventus ) Iebeschah.. יְבֵשָׁה ( Arida, Terra ),

qui indiquent les quatre Éléments.

[p. 120]

On peut aisément former d'autres combinaisons du même genre.

Mot de Passe.

Emmanuel, en hébreu

HIMMANOUEL עִמָּנוּאֵל. ( deus nobiscum ).

C'est le nom que St.-Matthieu donne à Jésus, c. 1, v. 23. Ecce virgo in utero habebit, et pariet filium : et vocabunt nomen ejus Emmanuel, quod est interpretatum NOBISCUM DEUS. Un passage à peu près analogue se trouve dans Isaïe, c. 7, v. 14. Nos théologiens expliquent ce nobiscum Deus par le Dieu Homme, ou composé Théandrique. Isaïe, disent-ils, a voulu exprimer par là la double nature, l'union hypostatique du Verbe, fils de Dieu à la nature humaine, c'est-à-dire, au fils mortel de Marie.

Batterie générale de l'Ordre.

Trois Coups égaux.

○ ○ ○

L'instruction générale présente une récapi-

[p. 121]

tulation de toute la maçonnerie, et se divise en quinze sections, dont voici l'analyse.

PREMIÈRE SECTION.

Elle a trait à la Maîtrise ; on y fait les questions suivantes :

D. En quel lieu l'ordre fut-il établi ?

R. D'abord à Icolmkill, ensuite à Kilwining (Killinen), où le roi d'Écosse présida en personne, comme Grand-Maître.

D. Pourquoi fut-il établi ?

R. Pour réformer les erreurs et corriger les abus qui s'étoient introduits chez les Frères des trois premiers grades.

D. Quelles sont les qualités requises pour être admis dans l'Ordre ?

R. Patience, Prudence, Fermeté, Justice.

On fait ensuite le Signe de Maître ; on en donne la Parole, qui est MAKBENA, et qui signifie Mort de l'Architecte.

D. Donnez-moi votre nom et votre titre

R. GIBLIM est mon titre ; ACACIA est mon nom.

[p. 122]

Ce mot Giblim sert de mot de Passe dans le Maître du rit françois. Il s'écrit en hébreu GHEBOLIM, גְבֹלִים, qui signifie Termini. Par l'adoption de ce mot, on veut exprimer que la Maîtrise est le Terme, la Fin de la vraie Maçonnerie.

Quelques auteurs veulent que l'on écrive GHIBLIM, גִבְלִים (les Gibléens), parce que ce peuple fut employé par Salomon à la construction du Temple ; d'où (Malach. 2, 12, 12 de la BIBL. Chald.) les Tailleurs de pierre sont appelés אַרְגּוּבְלֹיָא : mais nous préférons la première interprétation.

A la fin de cette section, l'on prête l'obligation ; puis on se met à voyager pour retrouver la Parole perdue.

SECONDE SECTION.

Elle contient un exercice sur les nombres 9, 7, 5, 3, dans le genre des Traités de Bongo et d'Oncieu ; mais cet exercice est très-superficiel, et ne sauroit faire connoître au Récipiendaire la véritable et symbolique signification des [p. 123] nombres (1), signification que les Instituteurs des grades ont tous ignorée, ou du moins né-

(1) Attribuer une vertu particulière à des nombres, c'est-à-dire à des signes abstraits, seroit le comble de l'absurdité : aussi telle ne fut point l'intention des Anciens, ni des Prêtres de Memphis, ni des Maîtres de l'École d'Alexandrie, ni de Pythagore lui-même, dont on n'a pas saisi les vrais principes. Les nombres ne furent jamais, pour les Anciens, que des symboles, des signes, des pensées, des mots, je dirois presque des phrases hiéroglyphiques. Je m'explique. Les peuples de l'Antiquité se sont accordés, par exemple, à reconnoître une Cause première et unique de l'existence de l'univers (matérielle ou spirituelle) : de là, la Monade, ou Unité est devenue le symbole de la Divinité suprême ; on s'en est servi pour exprimer, pour représenter Dieu ; mais le nombre Un n'a et ne sauroit avoir par lui-même aucune vertu divine ou surnaturelle. Le Binaire est le symbole naturel de l'union des deux principes générateurs, le mâle et la femelle, l'Agent et le Patient ; c'est dans ce sens que l'on a dit que Deux étoit le nombre du Mariage ; mais ce nombre n'a en lui-même aucune vertu génératrice, parce que, je le répète, il n'y a que les corps qui puissent avoir quelque vertu, et qu'un nombre est une abstraction. Il en est ainsi de tous les autres.

[p. 124]

gligée dans la détermination de leurs rits, et qui, pourtant, devoit en faire la base.

TROISIÈME SECTION.

Le Fils de l'homme y est symbolisé par la Pierre Angulaire (Perpend-aster), celle qui, rejetée par ceux qui bâtissoient, a été placée à l'Angle de l'édifice (1), et est le modèle le plus parfait des Ouvriers pour y essayer leurs bijoux moraux. Trois grands points la distinguent : Amour fraternel, Secours, Vérité. Son nom est Heleanam, ou plutôt, comme on l'a vu ci-dessus, EL CHANAN. Ces deux mots signifient Grâce de Dieu, et non pas, comme on le dit dans l'instruction, Dieu est avec nous :

(1) Cette Pierre Angulaire rappelle singulièrement la Pierre Noire de la Caabba, appelée Barktan, placée, comme la première, à l'un des Angles de l'édifice, et objet d'une vénération toute particulière chez les Musulmans ; tant il est vrai que les mêmes idées ont servi de base à toutes les allégories que l'on a revêtues du titre pompeux d'Histoires Sacrées.

[p. 125]

c'est Emmanuel qui a cette dernière signification.

QUATRIÈME SECTION.

On y traite de l'Arche de Noé, des huit (1) personnes sauvées par ce Patriarche, des sept Merveilles du Monde, qui se trouvent là on ne sait trop pourquoi, et des trois Élus de Dieu.

Ces trois Élus sont :

1. CYRUS, roi de Perse, qui mérita apparemment cette faveur insigne pour avoir rendu la liberté aux Juifs.

2 Beseleel (en hébreu BETSALEL, בְּצַלְאֵל), fils ( in umbra dei ), d'Uri et de Marie, sœur de Moyse. Il fut l'un

(1) Les deux fois quatre Éléments mâles et femelles, qui, confondus et comme absorbés dans le cloaque de la Putréfaction, s'en dégagent avec la semence, et survivent à la disgrégation du Mixte, pour donner l'être à de nouvelles aggrégations du même genre. Voilà un exemple du véritable symbolisme des nombres, qui eût dû servir de règle constante aux allégories des Maçons.

[p. 126]

des ouvriers du Tabernacle, et rempli de l'esprit de Dieu. Voyez EXOD. c. 31, v. 2 et suiv.

3. Maharsul, fils de Prophète, et cité par Isaïe.

On feuilleteroit en vain toutes les prophéties d'Isaïe, sans y trouver un nom semblable ; il faut écrire :

MAHER SCHALAL CHASCH BAZ,

מַהֵר שָׁלָל חָשׁ בַּז

(Prædam accelerans spolium festinans).

C'est le nom d'un fils, vrai ou supposé, d'Isaïe. Voyez ISAÏE, c. 8, v. 3.

Deux autres Élus sont toujours vivants ; ce sont Énoch et Élie.

Énoch (en hébreu CHANOK, חֲנֹךְ), pour (dedicatus) conserver les principes des sciences, les grava, comme Hermès, sur deux colonnes, l'une de pierre, l'autre de brique.

Élie (en hébreu HELIIAH, אֵלִיָה), fut en- (deus fortis) levé au Ciel dans un char de feu.

On sait que ces deux personnages ne sont qu'allégoriques.

[p. 127]

Trois événements majeurs doivent fixer l'attention du Rose-Croix : la Création du monde, (GÉNÉRATION), le Déluge de Noé (DESTRUCTION), et la Rédemption du genre humain (RÉGÉNÉRATION). Cette triple considération devroit en effet être sans cesse présente à l'esprit de tout Franc-Maçon, puisque l'Art-Royal n'a, comme les anciens mystères, d'autre but que la connoissance de la Nature, où tout naît, tout se détruit et tout se régénère.

CINQUIÈME SECTION.

On y commémore deux Montagnes Salvatrices ; le Moria (en hébreu MORIIAH, מֹרִיָה, (Myrrha Domini), et le Calvaire.

Sur la première, furent faits trois sacrifices célèbres ; celui d'Abraham, celui de David pour la peste, et celui de Salomon pour la dédicace du Temple.

On connoît tout le mérite de la seconde montagne aux yeux des Chrétiens.

Le plus grand honneur qu'aient pu recevoir les Maçons Juifs fut l'apparition du SCHEKINAH

[p. 128]

(שְׁכִינָה Majestas, seu præsentia Dei, c'est-à-dire, l'Esprit-Saint), lequel descendit deux fois du Ciel, l'une, lors de l'onction du Tabernacle ; l'autre, à la dédicace du Temple. Il se fixa alors sur le propitiatoire, entre les aîles des Chérubins, où il rendit des oracles pendant quatorze ans ; puis il disparut par l'infidélité des Juifs.

SIXIÈME SECTION.

Elle offre une allégorie morale sur les Outils Maçonniques. Trois Vertus étoient requises du Maçon pour être admis dans la Chambre du Milieu ; la Fidélité, le Silence, l'Hospitalité. On trouvoit dans cette chambre le Pavé Mosaïque, image de la Loi donnée à Moïse sur le mont Sinaï, l'Étoile flamboyante, emblème de la Majesté de Dieu sur cette montagne, et la Houppe dentelée qui exprime (assez mal) les Ornements d'une vie vertueuse.

Il est une autre Chambre du Milieu, où les Maçons doivent ambitionner une place, c'est le Corps Angélique du Temple de Jésus-Christ,

[p. 129]

où l'on ne peut être admis que par la Foi, l'Espérance, et la Charité. On y trouvera la Planche à tracer sur le Pavé Mosaïque (la voie du Salut écrite dans la Loi) ; la Pierre Angulaire sur l'Étoile flamboyante, c'est-à-dire Jésus-Christ, le roi de Jericho, le Lys de la Vallée, le Grand-Architecte de l'Église, dans toute sa Majesté : enfin le Broaching-Turnal, ou Marteau à pointe est sur la Houppe dentelée. Ce Marteau est l'emblème de la Grâce divine, qui s'insinue dans nos cœurs comme le marteau dans la pierre (1).

SEPTIÈME SECTION.

Elle traite des vertus civiles qu'on exige du Rose-Croix. Il doit vivre avec humilité, content de son sort, marchant dans la voie du Seigneur, et se conformant à ce précepte

(1) On ne doit pas perdre de vue que toutes ces explications morales, souvent assez peu naturelles, ne sont qu'un prisme brillant mis devant les yeux du Néophite, mais incapable d'éblouir celui qui sut sonder la profondeur des mystères anciens et modernes.

[p. 130]

sublime : Alteri ne feceris quod tibi fieri non vis. Il faut, en outre, qu'il s'arme de l'Épée de Justice, du Boclier d'Équité et du Casque du Salut, pour combattre les ennemis de son Dieu, de sa patrie et de son roi.

HUITIÈME SECTION.

Ici commence le Garde de la Tour.

Parvenu au pied de la Tour, où il a fait déposer son nom, le candidat demande aux Gardes des nouvelles de Sion.

R. La Beauté vient de périr, assassinée par trois scélérats.

CAIN.

HAKAN, עָכָן (conterens)

Heni, ou plutôt,

HUNNI, עָנִי ( miserabilis )

D. des Gardes. Ne seriez-vous pas un des Trois ?

R. du Récipiendaire. Eprouvez-moi, et désapprouvez-moi, si vous le pouvez, sinon aimez-moi.

[p. 131]

NEUVIÈME SECTION.

Elle contient des questions d'épreuve.

D. Que signifie le Soleil, lançant au loin ses rayons ?

R. La lumière céleste de la Révélation, qui dissipe les ténèbres de l'ignorance.

D. Que signifie la Lune, dont la lumière n'est que réfléchie ?

R. La Loi de Nature, infiniment moins parfaite que celle de Dieu.

Les autres demandes sont du même genre.

DIXIÈME SECTION.

D. Où avez-vous été ?

R. Dans la Tour du Rafraîchissement.

D. Comment y êtes-vous monté ?

R. Par un escalier en forme de vis, qui se ferme par Sept, Cinq, Trois.

Ici se fait l'exercice d'Apprenti, de Compagnon, et de Maître, dont le Récipiendaire doit répéter les Signes, Attouchements et Pa- [p. 132] roles. Il donne ensuite le premier Mot et le premier Signe d'Heredom.

Mot Sacré.

Zorobabel, en hébreu,

ZERUBBABEL, זְרֻבָּבֶל ( dispersio confusionis )

Signe.

Porter la main droite sur l'épaule gauche, et la main gauche à plat sur le côté.

ONZIÈME SECTION.

D. Où avez-vous été ?

R. Dans le Pied d'Estal.

D. Qu'y avez-vous trouvé ?

R. Trois jeunes hommes.

D. Que vous ont-ils demandé ?

R. Lequel est le plus fort ; à quoi j'ai répondu : le Vin, en premier ; la Femme, ensuite ; et en troisième lieu le Roi.

Ce gryphe est celui que Josephe, au 11e

[p. 133]

livre de son histoire, dit avoir été proposé par Darius à ses officiers. Il fut résolu par Zorobabel en faveur de la Femme ; mais il mettoit au-dessus la Vérité, qui étoit un quatrième sujet indiqué.

D. Qu'avez-vous trouvé de plus au Pied-d'Estal ?

R. Zorobabel.

Signe du Pied-d'Estal.

Porter le pouce de la main droite au front, les autres doigts étendus, la main renversée contre le front.

Parole.

SALATHIEL.

D. Qu'a fait de vous Zorobabel ?

R. Il m'a fait monter du Pied-d'Estal au Chapiteau, par le fust de la colonne.

D. Comment avez-vous monté ce fust ?

R. Par un escalier en forme de vis qui se monte par neuf fois neuf.

D. Comment s'appelle le faîte de la colonne ?

R. Sagesse.

[p. 134]

D. Et le Chapiteau ?

R. Beauté.

Signe du Chapiteau.

Les deux mains étendues contre le front.

D. Qu'avez-vous trouvé sur le Chapiteau ?

R. Une Loge en tablature.

D. Quoi dans cette Loge ?

R. Une Sphère représentant l'Univers.

D. Quoi sur la Sphère ?

R. Un Livre ouvert.

D. Quoi dans ce Livre ?

R. Une Parole, désignée par l'Équerre, la Perpendiculaire et le Niveau. Au-dessus, le Compas ouvert en équerre.

Signe.

Le Gardien de la Tour et le Récipiendaire se placent en regard, et se mettent réciproquement les mains sur les hanches l'un de l'autre

[p. 135]

Seconde Parole.

MOABON, HIRAM, IEHOVAH.

D. Quelle est la chose la plus forte ?

R. La Vérité.

(Voy. ci-dessus, page 133).

DOUZIÈME SECTION.

D. Où avez-vous été ?

R. Voyageant dans le monde.

D. Que cherchiez-vous ?

R. Le Saint-Rocher, et le Mont-Aimant.

D. Qu'y avez-vous vu ?

R. Une Fontaine jaillissante.

D. Qu'y avez-vous entendu ?

R. La voix de l'Agneau.

D. Que disoit-elle ?

R. Venez et Buvez.

D. Qu'avez-vous vu de plus sur le Rocher ?

R. Une grande Église, dans une grande Ville.

D. Où étoit cette Église ?

R. Au Centre.

[p. 136]

D. Quelle forme avoit-elle ?

R. Celle d'une Croix régulière.

D. Quelle longueur ?

R. de l'Orient à l'Occident.

D. Quelle largeur ?

R. Immense.

D. Quelle profondeur ?

R. Sans fin.

D. Quel étoit le nom de cette ville ?

R. Dieu soit loué (c'est la Jérusalem céleste).

D. Quelle en étoit la base ?

R. Ni le sang, ni l'iniquité, mais la justice et la vérité.

Suivent plusieurs autres questions du même genre.

TREIZIÈME SECTION.

D. Où avez-vous été ?

R. Dans la Chambre du Milieu.

D. Qu'y avez-vous vu ?

R. Trois grandes Lumières, la Loi de Nature, la Loi Mosaïque et la Loi Chrétienne.

Suivent de nouvelles allégories morales sur les outils et bijoux maçonniques.

[p. 137]

D. Qu'avez-vous rencontré dans la Chambre du Milieu ?

R. Trois Signes.

D. Où vous ont-ils conduit ?

R. Au Cabinet de Sagesse.

D. Comment nommez-vous ce cabinet ?

R. Une Étable à Bœufs.

D. Qu'y avez-vous trouvé ?

R. Un loyal Chevalier, avec la sainte Épouse, et la Parole sacrée.

D. Nommez-les.

R. MARIA, JOSEPH, JÉSUS.

QUATORZIÈME SECTION.

D. Qu'a-t-on fait depuis l'ouverture du Chapitre ?

R. On a cherché la Parole perdue (le Verbe), et nous l'avons retrouvée par votre assistance.

D. Quand l'a-t-on perdue ?

R. Les Enfants des hommes la perdirent lorsque leur esprit descendit dans la Caverne Infernale.

[p. 138]

D. Quand l'ont-ils retrouvée ?

R. Quand leur esprit s'éleva triomphant sur le péché et la mort des ennemis éternels.

D. Qu'a fait pour nous la Parole ?

R. Elle a vécu trente-trois ans et plus sur la terre, en nous donnant un grand exemple à suivre. Elle est morte, pour notre salut, d'une mort honteuse, sur la Croix ; et, montant ensuite à la Lumière céleste, elle y a intercédé pour nous auprès du Père, et conjointement avec le Saint-Esprit, etc.

QUINZIÈME et dernière SECTION.

Clôture.

D. Quels furent les derniers mots de la Parole ?

R. Consummatum est.

A ces mots, le Thirschatha, le premier et le second Gardiens de la Tour frappent successivement trois coups de maillet ; on fait le Signe, et le Chapitre est fermé sans autre cérémonie.

Ce long cathéchisme, par les métaphores dont il est rempli, devient susceptible des [p. 139] diverses interprétations que l'enthousiasme, l'imagination et le genre des études peuvent inspirer à chaque Maçon. Quant au fond, il présente une exacte récapitulation des grades antérieurs, c'est-à-dire de l'Apprenti, du Compagnon, du Maître, de l'Écossois, et du Chevalier d'Orient.

Cordons et Bijoux.

Pour ce grade il faut deux cordons ; l'un Rouge Cramoisi (l'Écossois), non moiré, placé de droite à gauche. Au bout est une rosette Bleue qui soutient un Compas d'or, dont les deux pointes s'appuyent sur deux angles d'un Triangle. L'autre Cordon est Verd (Chevalier d'Orient), également non moiré : il se porte de gauche à droite ; au bas est une rosette Rouge portant un Compas dont les deux pointes embrassent deux angles d'un triple Triangle, au centre duquel est une Croix. Sur l'habit, à la place du cœur, doit être brodée en or fin une Étoile. Les chevaliers portent chapeau en [p. 140] tête, l'épée au côté, et une jarretière brodée avec cette devise : Virtute et Silentio.

Tablier.

De Satin Blanc, doublé et bordé de Cramoisi. Sur cette bordure, une faveur Bleue et une Verte. Bavette Rouge à franges Vertes. La plupart des Chevaliers portent ce Tablier tout uni. On peut y faire broder un triple Triangle dans le milieu duquel est une Croix.

Sceau de l'Ordre.

Ce Sceau représente une Tour carrée et crénelée, flanquée de quatre tourelles ; le pont levis baissé, la herse levée. A droite est un Soleil ; aux deux côtés de la Tour, la devise Virtute et Silentio.

Dans le Rose-Croix de France, le nombre des Lumières est de Trente-trois, la Batterie est de Sept Coups, le Signe de danger et de se- [p. 141] cours est de croiser la jambe droite derrière la gauche, à la hauteur du mollet, à quoi l'on répond en faisant la même chose de la jambe gauche (1) ; les mots de l'Attouchement sont Emmanuel, pax vobis ou paix profonde, le mot Sacré est INRI, celui de Passe EMMANUEL, et le mot d'Applaudissement, Osée, qu'il faut écrire HOSCHEAH, הוֹשֵׁעַ ( salvator ).

(1) On sait que le signe général de danger des Francs-Maçons est de croiser les deux mains, c'est-à-dire de s'entrelacer les doigts, et de les renverser sur le sommet de la tête, la paume en l'air, en criant : à moi les Enfants de la Veuve.

[p. 142]

REFECTION

DU ROSE-CROIX DE FRANCE.

On ne doit pas confondre ce Banquet avec la Cène Mystique.

Les Verres s'appellent Calices.

Commandement.

Drapeau en sautoir.

Main droite au Calice. — Haut le Calice. — Videz en trois temps.

Calice à l'Épaule gauche.

Horizontalement à l'épaule droite.

Au front.

Descendez perpendiculairement, et posez en trois temps ;

Ce qui forme une Croix.

La Batterie ;

Puis le mot d'Applaudissement, Osée.

Le Chevalier de Saint-Martin n'a point [p. 143] admis le Rose-Croix dans son Écossisme réformé, parceque ce grade n'a aucun rapport au but qu'il se proposoit. Il a introduit à la place, entre le Prince de Jérusalem et le Kadosch, le Chevalier de la Palestine, qui, par sa légende, a du rapport avec le 17e degré du Rit ancien, et que l'on peut en outre regarder comme le premier point du Kadosch, puisqu'on y célèbre l'institution de l'ordre des Templiers.

Ce grade est censé tirer son origine des Croisades ; le Maître représente Godefroy de Bouillon. On y commémore, comme dans le Chevalier d'Orient et d'Occident, quatre vingt-un Maçons, qui, sous la conduite de Garimont, prétendu Patriarche de Jérusalem, passèrent en Europe, vers 1150, et se rendirent en Suède, auprès de l'Archevêque d'Upsal (1), qui les

(1) Il est à remarquer qu'à Upsal fut jadis un des plus fameux temples d'Odin. On n'a point assez réfléchi sur cet établissement (supposé) de la Maçonnerie en Suède. Les Suédois prétendent que c'est de leur pays que nous vient le Kadosch ; toujours est-il certain qu'on n'a pu, [p. 144] accueillit avec empressement. Il reçut d'eux le dépôt sacré des connoissances maçonniques, 'enferma dans une tombe de marbre scellée de quatre sceaux, et descendit cette tombe, à l'aide des Frères, dans un caveau de la Tour des quatre Couronnes, trésor ordinaire des rois de Suède. Dans les temps postérieurs, cette tombe fut retirée du caveau avec la même corde qui avoit servi à la descendre (application moderne du Royal-Arche). Ce furent ces quatre vingt-un Maçons qui établirent la Franc-Maçonnerie en Europe, de même que neuf d'entr'eux avoient institué l'ordre des Templiers.

La tenture est Verte, la Batterie de neuf Coups, l'âge d'un Chevalier quatre vingt-un ans ; le mot Sacré est Sion, en hébreu

TSIION, צִיוֹן (monumentum)

le mot de Passe, Dieu le veut, cri de guerre des Templiers.

sans une erreur grossière, en attribuer l'origine à Ramsay, car ce grade est plus ancien que l'auteur Écossois.

[p. 145]

Les Nathinéens (נְתִינִים), dont il est question (donati) dans Esdras et dans les Paralipomènes, furent, suivant l'instruction du grade, appelés Paulkal Pharat-Kados, ce qui signifie, ajoute-t-on, séparés par la sainteté de leurs mœurs.

Il faut écrire : PHOHAL PHERED KADOSCH,

פֹעַל פֶּרֶד קַדוֹשׁ

(sanctum separavit opus)

L'Etendard des chevaliers est Blanc, avec une Croix Verte (la croix primitive des Templiers), environnée de palmes et de lauriers. De l'autre côté, est une Mitre d'évêque, celle de l'évêque d'Upsal. La fête de l'ordre est fixée à celle de S. Jean l'aumonier, patron des Chevaliers de S. Jean de Jérusalem ; mais c'est à tort qu'on la célèbre le 10 mars, puisque le patriarche d'Alexandrie mourut le 11 Novembre (616). Ce fut S. Jean de Dieu qui mourut le 8 mars (1550), le même jour que celui de sa naissance

[p. 146]

VI.e CLASSE.

19e degré — Grand Pontife

[p. 146]

Décoration de la Loge.

Tenture Bleue, parsemée d'étoiles d'or.

Un seul fort transparent, placé derrière le dais sous lequel est assis le Maître, peut éclairer toute la Loge.

Titres.

Le Maître se nomme Trois fois Puissant. Il n'y a qu'un seul Surveillant à l'Occident. Tous les Frères sont appelés Fidèles et vrais Frères.

[p. 147]

Signe.

Lever la main droite horizontalement, les doigts tendus ; puis en baisser perpendiculairement trois.

Attouchement.

Se mettre réciproquement la paume de la main droite sur le front : le premier dit Alleluia ; le second répond : louez le Seigneur ; le premier dit Emmanuel, le second Dieu vous assiste ; tous deux ensemble, Amen אָמֵן, Dieu le veuille.

Batterie.

Douze Coups égaux.

○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○

Mot Sacré.

Alleluia, en hébreu HALLELOUIAH, חַלְלוּיָה.

(dominum laudate.)

Les Kamtschadales disent Alkalalai, cri de joie dans lequel on trouve quelque analogie avec l'Alleluia des Hébreux.

[p. 148]

Mot de Passe.

Emmanuel.

Heure.

Pour ouvrir ; l'Heure prédite.

Pour fermer ; l'Heure est accomplie.

Habit.

Le Vénérable est vêtu d'une robe de satin Blanc ; tous les Frères ont une robe blanche, et, sur le front, un bandeau de satin bleu, sur lequel sont brodées en or douze étoiles.

Cordon.

Cramoisi (Écossois), liséré de blanc, parsemé de douze étoiles d'or ; placé de gauche à droite. On y brode l'Alpha et l'Omega.

Bijou.

Un carré long, sur lequel sont gravés, d'un côté un Alpha de l'autre un Omega.

[p. 149]

Ce grade a pour objet la nouvelle Jérusalem, c'est-à-dire la Maçonnerie Régénérée, écrasant le serpent à trois têtes (la fausse et vaine Maçonnerie).

[p. 150]

20e degré — Vénérable Grand Maître ad vitam

[p. 150]

Décoration de la Loge.

Tenture Bleue et Jaune (l'or et l'azur des nuages dans lesquels l'Éternel apparut à Moyse). Le trône à neuf marches.

Un chandelier à neuf branches.

(1) Autrefois les Vénérables de Loge l'étoient tous à vie. Aujourd'hui, en France, depuis que la Maçonnerie est dans les mains de tout le monde, les Vénérables ne le sont plus que pour un an ; ils peuvent seulement être réélus deux fois consécutives.

[p. 151]

Le Chef est appelé Grand-Maître, et représente Cyrus Artaxercès.

Ce Cyrus Artaxercès n'est autre que Cambyse, fils de Cyrus roi de Perse, lequel Cambyse, Esdras (l. 1, c. 4, v. 7.) nomme Artaxercès, tandis qu'au verset précédent, il l'appelle Assuerus. Ce fut lui qui s'opposa à la réédification de Jérusalem et du Temple.

Ce chef est revêtu des ornements royaux. Il y a deux Surveillants. Le Candidat représente Zorobabel. La Loge ne peut-être composée de moins de neuf Grand-Maîtres.

Premier Signe.

Former quatre Équerres en portant la main droite sur le cœur, les doigts serrés, le pouce levé (ce qui en produit deux); puis mettant sur les lèvres la main gauche fesant équerre avec le pouce ; enfin, plaçant les deux talons en équerre.

[p. 152]

Second Signe.

Se mettre à genoux, les deux coudes à terre, la tête penchée vers la gauche.

Troisième Signe.

Croiser les deux mains sur la poitrine, la droite sur la gauche, les doigts fermés, les pouces levés ; et se mettre les talons en équerre, ce qui en forme en tout cinq, exécutés debout. Ce signe est celui de Salomon lorsque le temple fut achevé.

Quelques-uns, et cette leçon est préférable, substituent un seul Signe aux deux premiers, lequel consiste à mettre le genou droit en terre, le gauche étant droit et le pied gauche à plat par terre, ce qui forme deux équerres ; appuyer ensuite le coude gauche sur le genou, les doigts serrés et tendus, la tête penchée vers la terre, mais un peu à gauche, comme si l'on n'osoit pas regarder en face; ce qui forme en tout cinq équerres exécutés à genoux. Ce Signe

[p. 153]

est dit celui d'Aaron lorsque le tabernacle fut achevé.

Attouchement.

Se prendre réciproquement le coude avec la main droite, le pouce en dehors, les doigts serrés en dedans ; se le presser quatre fois; puis glisser les mains et descendre jusqu'au poignet, comme si l'on vouloit se donner la Grippe : on lève alors trois doigts et l'on presse avec l'index sur le poignet l'un de l'autre.

Batterie.

Trois Coups, (un et deux).

○——○ ○

D'autres frappent cinq Coups, et les Surveillants en répondent quatre (9).

Marche.

Neuf pas en équerre et neuf tours de Loge.

Mot Sacré.

Razabassti.

[p. 154]

Ce mot est altéré, il faut écrire en deux mots, RASAH BETSIIAH, רָזָה בְצִיָה

(in solitudine exterminavit)

Mots de Passe.

Jeksonne, à quoi l'on répond Stolkin ;

Jubellum ; Zanabosan. } mots insignifiants.

Jeksone est, comme on le verra tout-à-l'heure, le mot secret de tout Vénérable de Loge, mais altéré tant soit peu. Pour en découvrir le sens, il faut rétablir l'ortographe angloise, JACKS-SON, et l'on reconnoîtra facilement alors qu'il signifie fils de Jacques, c'est-à-dire de Jacques VI, roi d'Écosse, le père des Maçons, et dont un des grades Écossois porte le nom. Ce qui achève de le prouver c'est que Jeksone est le mot Sacré de l'Écossois des fils aînés.

Suivant d'autres, le mot Sacré est IEHOVAH ;

Le mot de Passe Balthazar (BELTESCHATSAR) בֵלְטְשַׁאצָר, le fils de Nabucodonosor.

[p. 155]

Cordon.

Ruban large Jaune et Bleu.

D'autres mettent en croix un cordon Jaune et un Bleu.

Bijou.

Un Triangle sur lequel est gravée la lettre R (Rasah Betsiiah).

Tout Vénérable de Loge subit, en cette qualité, une réception particulière.

On le purifie par le Fer et par le Feu.

Signe.

L'épée, ou, à défaut, les bras gauches croisés par-dessus la tête, ce que l'on nomme la Voûte.

Attouchement.

S'empoigner mutuellement la main droite, le pouce sur la jointure du poignet, et la faire glisser jusqu'au bout des doigts.

Quelques-uns, en donnant l'attouchement,

[p. 156]

se tirent mutuellement le poignet neuf fois, et répètent autant de fois Cyrus.

Batterie.

Un seul coup.

○

Il y a aussi une marche particulière.

Mot Sacré.

Jeksone, ou plutôt, comme on vient de le voir JACKS-SON ; il se dit à une oreille.

Réponse ou mot de Passe.

JE LE SUIS ;

Il se dit à l'autre oreille.

Cordon.

Bleu, en Camail.

Bijou.

Un Soleil en or, et, à côté, un compas [p. 157] ouvert sur un triangle où sont les trois lettres J H. V. (Iehovah).

Souvent le Bijou est seulement brodé en or sur le cordon.

[p. 158]

21e degré — Noachite ou Chevalier Prussien

[p. 158]

Décoration du Chapitre.

Ce doit être une grande pièce, dans un lieu retiré, ayant une grande fenêtre disposée de manière à recevoir en plein la lumière de la pleine-lune ; car l'assemblée ne se tient que la nuit du pleni-lunium, et l'on ne peut pas y admettre d'autre lumière que celle de l'astre.

Titres.

La Loge a le titre de Chapitre ; le Maître se nomme Chevalier-Commandeur-Lieutenant : Il représente Frédéric de Brunswick, roi de Prusse, fondateur de l'Ordre. Il y a six Chevaliers d'office, un Inspecteur, un Introducteur, un Chevalier d'éloquence (orateur), un

[p. 159]

Garde, un Chancellier, un Financier (trésorier). Tous les Frères sont dits Chevaliers-Maçons Prussiens.

Signe.

Montrer trois doigts de la main droite : le Frère en fait autant ; puis il prend les doigts du premier, et dit : Frédéric Trois. Le premier Frère répond, en prenant les doigts de l'autre, Noé.

Ordre.

Lever les bras vers le ciel, le visage tourné du côté de l'Orient, où se lève la Lune.

Attouchement.

Prendre, entre le pouce et l'index, le premier doigt du Frère, et le presser en disant Sem ; le second, faisant la même chose, dit Cham, le premier recommence et dit Japhet.

Marche.

Trois pas de Maître.

[p. 160]

Batterie.

Trois Coups lents.

○ ○ ○

Mots Sacrés.

SEM, CHAM, JAPHETH, שֵׁם חָם יָפֶת.

Mot de Passe.

PHALEG, פָּלֶג.

(divisio seu confusio)

On le répète trois fois d'un ton lugubre.

Cordon.

Noir, de droite à gauche.

Bijou.

Quand on le porte à la troisième boutonnière de la veste, c'est une Lune d'argent.

Quand il est suspendu au Cordon, c'est un Équilatéral d'or, traversé par une Fléche, la pointe en bas.

[p. 161]

Tablier.

Tablier et gants jaunes.

Le Tablier se porte en Compagnon.

Armes de l'Ordre.

Au premier d'Azur, à la Lune d'argent entourée d'étoiles d'or.

Au second de sable, à l'Équilatéral et à la Flêche d'or.

Il est défendu par les Statuts de tenir Loge de Table.

[p. 162]

22e degré — Chevalier Royal-Hache, Prince du Liban

[p. 162]

Décoration du Collége.

Deux appartements ; le premier tendu en Bleu, représentant l'Atelier du Mont-Liban ; il est éclairé de onze Lumières. Le second tendu en Rouge ; c'est le Conseil de la Table Ronde.

Titres.

La Loge se nomme Collége, au premier point, et Conseil au second. Le Maître est appelé d'abord Très-Sage, puis Grand-Patriarche ; il y a deux Grands-Officiers. Les Frères sont armés d'une hache au premier point, et du glaive au second.

[p. 163]

Signes.

Élever les deux mains vers l'épaule droite, et les laisser tomber sur la cuisse gauche, pour imiter la chute des Cèdres du Liban, sous les coups de hache. On répond en levant les deux mains à la hauteur du front, les doigts étendus, et les laissant tomber.

Attouchement.

Se prendre mutuellement les mains en les croisant, en signe de bonne foi.

Batterie.

Deux Coups égaux.

○ ○

Marche.

Trois pas croisés. Trois Voyages.

Mots Sacrés.

Noë, en hébreu NOACH, נֹחַ,

(requies)

[p. 164]

Beseleel (Voyez ci-dessus, pag. 125).

Sidonius, en hébreu TSIDONI, צִדֹנִי.

(venator)

C'est le nom appellatif du peuple Sidonien, lequel avoit une grande réputation pour couper les bois, puisque Salomon dit à Hiram, roi de Tyr : Scis enim quomodo non est in populo meo qui noverit ligna cædere SICUT SIDONII.

REG. l. 3, ch. 5, v. 6.

Mots de Passe.

JAPHETH,

OOLIAB,

LIBAN.

C'est par erreur que l'on écrit le second de ces mots Élial ou Éliab, il faut dire Ooliab. Bezeleel et Ooliab furent deux célèbres ouvriers du Tabernacle, remplis tous deux de l'esprit de Dieu (Exod. c. 31). On a déjà vu Bezeleel au rang des Élus dans le Rose-Croix de Kilwining. Ooliab s'écrit en hébreu AHOLIAB אָהֳלִיאָב.

(patris Tabernaculum, seu potius pater Tabernaculi).

Il étoit fils d'Achisamech, et de la tribu de Dan.

[p. 165]

Cordon.

Couleur d'Arc-en-ciel, en sautoir, doublé de Ponceau.

Bijou.

Une Hache couronnée, d'or. D'un côté du manche sont les lettres L. S. et, au sommet, A. A. C. D. X. Z. A. ; de l'autre côté, S, et, au bout, N. S. C. J. M. B. O.

Ces lettres sont, dans le même ordre, les initiales des mots suivants : Liban, Salomon, Abda, Adoniram, Cyrus, Darius, Xercès, Zorobabel, Ananias, Sidonius, Noé, Sem, Cham, Japheth, Moyse, Beseleel, Ooliab. Tous ces noms sont déjà connus du lecteur, à la réserve d'Ananias. Cet Ananias, (hébr. HANANIAH, עֲנַנְיָה) est probablement le Parfumeur de la tribu de Benjamin, qui, de concert avec Eziel, travailla aux murs de Jérusalem (voy. ESDRAS, l. 2, c. 3, v. 8).

[p. 166]

Tablier.

Blanc, avec une table ronde au milieu, sur laquelle sont des Plans. Sur la bavette un Serpent à trois têtes.

[p. 167]

23e degré — Chef du Tabernacle

[p. 167]

Les quatre grades suivants n'ont jamais été établis en France, et, il faut en convenir, c'est cette rareté qui fait leur seul mérite. Au reste, nous garantissons l'exactitude du thuilage suivant.

Décoration de la Loge.

Deux appartements : le premier, nommé Vestibule, sert de Vestiaire, et est décoré d'attributs maçonniques. Le deuxième, la Loge, doit être rendu parfaitement rond au moyen de la tenture. La décoration en varie aux trois

(1) Le Tabernacle que Moïse fit construire dans le désert, par ordre du Seigneur, est appelé en hébreu MISCHKAN, מִשְׁכַּן (habitaculum). On en trouvera la description, Exod. c. 26 et 36, et au troisième livre, c. 5, de l'histoire de Josephe.

[p. 168]

points de la réception. Au milieu est le chandelier à sept branches, allumé.

Quarante-neuf Lumières.

Titres.

La Loge est dite Hiérarchie. Le Maître est appelé Très-Puissant ; et les Surveillants, Puissants. Ils sont au nombre de Trois, au midi, au couchant et au nord.

Signe de Reconnoissance,

dit aussi du Cordon.

Lever les yeux au ciel, et les couvrir ensuite de la main gauche, main droite sur la poitrine, la tête inclinée. Ce Signe rappelle celui de l'Écossois à la vue du Delta.

Signe de Clôture.

Former un triangle avec les deux index, les mains tendues et renversées (Écoss.).

[p. 169]

Attouchement.

Se prendre mutuellement le coude gauche, en pliant le bras, pour former une espèce de cercle.

Batterie.

Sept Coups (six et un).

○ ○ ○ ○ ○ ○——○

Marche.

Six pas égaux et un plus grand (sept).

Mot Sacré.

IEHOVAH.

Mot de Passe.

OURIEL, אוּרִיאֵל, (ignis domini), nom de l'Ange du feu, qui préside à l'encensoir.

Réponse :

LE TABERNACLE DES VÉRITÉS RÉVELÉES

Habillement.

Une aube de taffetas Bleu, dont le collet est [p. 170] garni de rayons en gaze d'or, imitant ceux du Soleil, et le surplus est parsemé d'étoiles d'or. Sur la tête, une couronne fermée, surmontée d'un Triangle, et parsemée d'étoiles(1).

Cordon.

Ruban ponceau, moiré, en sautoir, ou en écharpe de droite à gauche.

Tablier.

Blanc, doublé de Ponceau.

Heure.

La première, pour ouvrir, et la dernière, pour fermer, du Jour de Vie et de Suavité.

(1) Cet habillement, on le voit, diffère beaucoup de celui que Dieu prescrivit pour Aaron, lequel étoit composé d'un caleçon, d'une tunique étroite, d'une robe par-dessus, de l'Éphod, du Pectoral, de la Mitre, et de la Ceinture. L'or, l'hyacinthe, la pourpre, l'écarlate teinte deux fois, et le fin lin retors étoient employés dans ces vêtements.

[p. 171]

On commémore dans ce grade l'erreur de Salomon qui sacrifia aux idoles, et perdit ainsi la communication qu'il avoit avec le Seigneur par l'Urim et le Thummim. Le Récipiendaire est soumis à une semblable épreuve ; il en sort triomphant, etc.

[p. 172]

24e degré — Prince du Tabernacle

[p. 172]

Titres.

La Loge est appelée Conseil Souverain ; le Chef, Grand-Commandeur.

Signe.

Étendre la main devant soi.

Attouchement.

Se prendre mutuellement les mains en les croisant l'une sur l'autre.

Batterie.

Trois Coups égaux.

○ ○ ○

Mot Sacré.

DIEU LE VEUT.

[p. 173]

Mot de Passe.

LE VOYAGE DE DIEU.

L'objet du grade est les douze Commandements des deux Tables de la Loi.

[p. 174]

25e degré — Chevalier du Serpent d’Airain

[p. 174]

Décoration de la Loge.

Tenture Rouge. On aperçoit le buisson ardent, au milieu duquel est le Iehovah.

Une seule Lumière.

Titres.

La Loge se nomme Cour du Sinaï ; le Chef est appelé Très-Puissant-Grand-Maître ; les Surveillants, premier et second Ministres ; l'Orateur, Pontife ; le Secrétaire, Grand Ciseleur, et tous les Frères Chevaliers. Il y a un Examinateur, un Voyageur, etc.

Signe.

Celui de la Croix.

[p. 175]

Ordre.

Indiquer la terre avec l'index, comme montrant une plante.

Attouchement.

Se placer à la droite de celui que l'on thuile, et lui prendre le poignet gauche avec la main gauche. On répond en prenant le poignet droit du Frère avec la main droite.

Batterie.

Neuf Coups, par cinq lents, trois précipités, et un, avec le pommeau du glaive.

○ ○ ○ ○ ○——○ ○ ○——○

Marche.

Neuf pas en serpentant, pour montrer qu'on ne parvient au but qu'avec peine et par la persévérance dans le bien.

[p. 176]

Mot Couvert.

JOANNES RALP, nom du fondateur de l'ordre.

Mot Sacré.

Moyse, hébr. MOSCHEH, מֹשֶׁה.

(assumptus)

Mot de Passe.

I·N·R·I, qui prouve que l'on a reçu le titre de Rose-Croix.

Heure.

La Cour s'ouvre à une heure, et se ferme à quatre, heure à laquelle ses conquêtes furent terminées.

Cordon.

Rouge, en sautoir, sur lequel est brodé Vertu et Courage.

[p. 177]

Bijou.

Le Serpent d'Airain, entortillé autour d'une croix.

Les chaînes qui couvrent le Récipiendaire, et dont le poids doit être au moins de trente livres, désignent que le but de ce grade, est la délivrance des captifs.

Le plaisir de porter le joug de nos Frères, en nous ressouvenant qu'ils sont nos semblables, et que nous ne pouvons tous être blessés que des mêmes traits, doit nous déterminer à recevoir ce grade. Nous devons être en outre animés par l'esprit divin à venger notre patrie, à faire respecter nos mystères, à porter la loi du Très-Haut aux quatre coins de l'univers, etc.

Le Serpent d'Airain, élevé par Moïse pour guérir les Israélites de la morsure des serpents, devint dans la suite l'objet de leur idolâtrie. Son nom hébreu est NECHUSCHTHAN נְחֻשְׁתָּן,

[p. 178]

qui signifie à la fois Æneus, Serpens et Augurans, parceque la superstition des Juifs en tiroit des oracles. Ézéchias, roi de Juda, le fit mettre en pièces (RÉG. l. 4, c. 18, v. 4).

[p. 179]

26e degré — Écossais Trinitaire, Prince de Mercy

[p. 179]

Décoration de la Loge.

Tenture Verte, ornée de neuf colonnes alternativement blanches et rouges. A chacune un bras portant neuf Lumières, ce qui en fait quatre-vingt-une. Un dais Verd Blanc et Rouge. Le Maître tient une Flèche au lieu de maillet. Il a une robe tricolore, et une couronne surmontée de neuf pointes de flèche.

Titre.

La Loge est dite Troisième Ciel ; le Maître, Très-Excellent. Indépendamment des Surveillants et autres Officiers, il y a un Sacrificateur et un Gardien du Palladium.

[p. 180]

Premier Signe, dit d'Entrée.

Porter la main droite au-dessus des yeux, en forme de Triangle, comme pour se garantir de la lumière (du Delta).

Second Signe, dit de Caractère.

Former un triangle avec les deux pouces et les deux index, et le porter sur le ventre.

Troisième Signe, dit d'Appel ou de Secours.

En disant : A moi les enfants de la vérité.

Ordre.

Debout, la main droite sur la hanche.

Attouchement.

Prendre avec les deux mains les épaules [p. 181] du Frère et les presser un peu, en disant Gomel.

Batterie.

Quinze Coups, par trois, cinq, sept.

○ ○ ○——○ ○ ○ ○ ○——○ ○ ○ ○ ○ ○ ○

Marche.

Trois pas égaux, en partant du pied gauche.

Age d'un Ecossois-Trinitaire.

Quatre-vingt-un ans.

Mots Sacrés.

IEHOVAH, IAKIN ;

qui signifient, dit-on, un Dieu seul, éternel, et souverain Maître de toutes choses.

Mots Profanes.

GIBLIM, GABAON.

On traduit le premier par Maître excellent, et le second signifie la Chambre du troisième

[p. 182]

Ciel, où n'étoient admis que ceux qui possedoient la Science et qui aidèrent Salomon dans ses travaux.

Mot de Passe.

GOMEL.

D'autres donnent pour mot Sacré Magacacia ; d'autres, Abi, et, pour mot de Passe, Iakinaï.

Cordon.

Sautoir tricolore, Blanc, Rouge, Verd.

Bijou.

Un Équilatéral d'or.

Tablier.

Rouge ; au milieu un triangle blanc et vert.

D Êtes-vous Maître-Écossois-Trinitaire ?

R. J'ai vu la Grande-Lumière (le Delta), et suis, comme vous, Très-Excellent, par la triple alliance du sang de J.-C., dont vous et moi portons la marque.

[p. 183]

D. Quelle est cette triple alliance ?

R. Celle que l'Éternel fit avec Abraham par la Circoncision ; celle qu'il fit avec son peuple (ÉLIHAM), אֱלִיעָם (1) dans le désert,

(dei populus)

par l'entremise de Moïse ; et celle qu'il fit avec les hommes par la mort et passion de N. S. J. C. son cher fils.

(1) Quelques-uns, au lieu de dire, dans l'Écossois, Berith Neder Schelemoth, disent Berith Neder ÉLIHAM, (vœu d'alliance avec le Dieu du peuple, ou avec le peuple de Dieu).

[p. 184]

27e degré — Grand Commandeur du Temple

[p. 184]

Décoration de la Loge.

Tenture Rouge, ornée, de distance en distance, de colonnes Noires, sur chacune desquelles est un bras tenant un flambeau. Un dais Rouge, parsemé de larmes Noires.

Au milieu de la salle est un lustre à trois rangs, chargé de vingt-sept Lumières, savoir douze au premier rang, neuf au second, et six au troisième.

Vingt-sept autres Lumières sont posées sur une table ronde, autour de laquelle siégent les Commandeurs.

Titres.

La Loge a le titre de Cour. Le Maître s'appelle Tout-Puissant ; quelques-uns se qua- [p. 185] lifient de Très-Illustres et Très-Valeureux. Les Surveillants ont le titre de Très-Souverains-Commandeurs ; tous les Frères s'appellent Commandeurs-Souverains.

Signe.

Former une Croix sur le front du Frère avec le pouce de la main droite, les autres doigts fermés.

La réponse est de baisser le front.

Ce Signe ne se fait qu'en Cour. On y supplée en portant sur la bouche les deux premiers doigts de la main droite, les autres fermés et tournés du côté de l'examinateur.

Ordre.

Main droite en équerre sur le ventre.

Attouchement.

Donner trois coups de la main droite sur l'épaule du Frère, qui répond en vous prenant la main, et lui faisant éprouver trois légères secousses.

[p. 186]

Batterie.

Vingt-sept Coups, par douze, douze et trois, avec le plat de l'épée.

○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○——○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○ ○——○ ○ ○

Trois voyages.

Mot Sacré.

I. N. R. I.

Mot de Passe.

Salomon, en hébreu SCHELOMOH, שְׁלֹמֹה

(pacificus)

Heure.

Pour ouvrir ; Dix heures.

Pour fermer ; Quatre heures.

Habit.

Le Tout Puissant est revêtu d'une robe bleue, par-dessus laquelle est un manteau rouge, doublé d'Hermine. Il a la couronne en tête.

[p. 187]

Cordon.

Blanc, liséré de rouge, en camail, à la pointe duquel est attaché le bijou. Sur les deux côtés du camail sont brodées en rouge quatre croix de Commandeur.

De plus, une écharpe rouge, bordée de noir. Elle se porte de droite à gauche, et l'on y attache une croix de Commandeur.

Bijou.

Un Triangle d'or, sur lequel est brodé en hébreu י נ ר י.

Tablier.

De peau rouge, doublé et bordé de noir. Sur la bavette la croix de l'ordre, entourée d'une couronne de laurier, et, au-dessous, une Clef, le tout peint en noir.

Gants blancs, doublés et brodés en rouge.

Quoique ce grade se confère également hors de l'Écossisme, on ne doit point le confondre [p. 188] avec l'Ordre des Templiers modernes, qui distribue des Commanderies dans toutes les parties du monde.

[p. 189]

VII.e CLASSE.

28e degré — Chevalier du Soleil

[p. 189]

Décoration de la Loge.

À volonté.

Quelques-uns font peindre une Forêt.

La Loge ne doit être éclairée que par la seule lumière d'un Soleil transparent, placé au-dessus de la tête du Grand-Maître, parceque un seul Soleil éclaire le monde.

Ce Soleil occupe le milieu d'un triangle inscrit dans un cercle. Aux trois angles du triangle sont trois S S S, qui signifient Stella Sedet Soli, ou, suivant d'autres, Science, Sagesse, Sainteté.

[p. 190]

Quelques-uns, au lieu d'un Soleil transparent, placent sur l'autel une forte Lumière, derrière un globe de verre rempli d'eau.

Titres.

Le Grand-Maître représente Adam. Son vêtement est Rouge et son manteau Aurore. Il doit avoir un Sceptre bleu, au bout duquel est un Globe d'or, pour montrer qu'Adam fut le premier Roi du Monde. Il n'y a qu'un seul Surveillant à l'occident ; on le nomme Frère la Vérité. Il tient à la main un bâton blanc, terminé par un œil d'or. Quelques-uns en font l'orateur ; d'autres, le maître des Cérémonies. Les Frères se nomment Chérubins ; il en faut sept pour que la Loge soit parfaite. Ces sept représentent les sept Anges qui président aux sept Planettes, dans l'ordre suivant :

MIKAEL (Michel), מִיכָאֵל (Pauper Dei), à ♄. GABRIEL, גָבְרִיאֵל (Fortitudo Dei), à ♃. OURIEL, אוּרִיאֵל (Ignis Dei), à ♂. ZERACHIEL, זְרַחִיאֵל (Oriens Deus), au ☉.

[p. 191]

CHAMALIEL, חָמַלִיאֵל (Indulgentia Dei), à ♀. RAPHAEL, רָפָּאֵל (Medicina Dei), à ☿. TSAPHIEL, צָפִּאֵל (Absconditus Deus), à la ☽.

Les Cabalistes varient entr'eux sur les noms et la distribution de ces intelligences célestes.

Quand il y a en loge plus de sept Frères, le surplus se nomme Sylphes ; mais il en faut douze. Ils sont en veste, portent un bonnet bleu, ceint d'un ruban aurore, et un tablier brun. Ce sont eux qui servent la Loge ; ils se composent des derniers reçus. Le Récipiendaire doit être voilé.

Signes.

Demande. Mettre la main droite à plat sur le cœur, le pouce en équerre.

Réponse. Lever la main droite, et montrer le ciel avec l'index, comme pour désigner qu'il n'y a qu'un seul Dieu, source de toute vérité.

[p. 192]

Attouchement.

Prendre dans ses mains celles du Frère et les presser doucement.

Suivant quelques-uns, lorsque l'on est dans cette position, on baise le front du Frère, en disant Alpha ; il doit répondre Omega.

Batterie.

Six coups égaux

○ ○ ○ ○ ○ ○

Mot Sacré.

ADONAÏ ;

on répond Albra, ou Abbraak, que l'on traduit par :

Roi sans tâche.

Mots de Passe.

STIBIUM (antimoine) ;

Par ce mot, on entend, avec les philosophes [p. 193] hermétiques, la premiere Matière de toutes choses.

Quelques-uns y ajoutent :

Helios, (ἩΛΙΟΣ, Soleil) ;

Méné, (ΜΉΝΗ, Lune) ;

Tetragrammaton.

Heure.

Pour ouvrir, il est Minuit sur la terre (les ténèbres de l'ignorance) ; mais le soleil est dans son plein Midi sur la Loge.

Cordon.

Large ruban Blanc, moiré, en sautoir, au bas duquel est un Œil brodé.

D'autres portent au col une chaîne d'or ; à laquelle pend le Bijou.

Bijou.

Un Triangle en or, au milieu duquel est un Œil.

[p. 194]

D'autres portent un Soleil rayonnant, placé au milieu d'un Équilatéral inscrit dans un cercle. Sur les trois angles du triangle sont trois S.

On ne porte point de Tablier dans ce grade.

Le Chevalier du Soleil, se confère souvent hors de l'Écossisme. On en compte même de plusieurs espèces, suivant que le but secret du grade s'y trouve plus ou moins développé. Car, sous une apparence hermétique, qui varie d'intensité suivant les occasions, on y fait connoître au récipiendaire les principes du Déisme ou de la religion naturelle. Quelquefois même on va plus loin encore, comme dans le Sublime Élu de la Vérité, rite philosophique plus moderne. Mais nous prouverons dans un autre ouvrage que, loin que cette interprétation des symboles maçonniques soit une conception nouvelle, la doctrine que l'on enseigne dans ces deux grades fesoit une partie essentielle et peut-être même la base de celle des mystères de l'antiquité.

[p. 195]

29e degré — Grand Écossais de Saint-André

[p. 195]

Voici encore un grade dont le but est caché sous une apparence hermétique ; mais le mot sacré de ce grade peut en rendre l'intention facile à saisir à ceux qui possèdent les degrés antérieurs.

Décoration de la Loge.

Tenture Rouge, parsemée de colonnes Blanches. Les siéges du Maître et des deux Surveillants sont Rouges et or ; mais ceux des Écossois sont Bleus.

A chaque coin de la salle, est une Croix de Saint-André, et, devant chacune, quatre Lu- [p. 196] mières de front, ce qui fait Seize ; mais la Loge doit être éclairée en tout de quatre vingt-une Lumières, disposées neuf par neuf, y compris néanmoins les seize dont nous venons de parler, et deux qui sont sur l'autel.

Titres.

La Loge est dite Grande-Loge ; le Maître a le titre de Patriarche, et les Écossois sont qualifiés de Respectables Maîtres.

Premier Signe, dit de la Terre, 🜃,

relatif à l'Apprenti-Écossois.

S'essuyer le front avec le revers des quatre doigts de la main droite, ayant la tête un peu baissée.

Premier Attouchement.

Se prendre mutuellement et successivement la première, la seconde, et la troisième phalanges de l'index de la main droite, en épelant [p. 197] alternativement le mot d'Aprenti Iakin, ainsi : I—a—k—i—n— Iakin.

Second Signe, dit de l'Eau, 🜄,

relatif au Compagnon-Écossois.

Porter la main droite sur le cœur, et, l'étendant à la hauteur de la poitrine, la laisser tomber tout-à-coup du côté droit, comme si l'on vouloit saluer.

Second Attouchement.

Se prendre mutuellement et successivement la première, la seconde, et la troisième phalanges du Médius, en épelant le mot de Compagnon (B—o—h—a—z — Bohaz).

Troisième Signe, dit d'Étonnement et d'Horreur.

Tourner la tête du côté gauche, regardant par terre, et lever les deux mains jointes, en les portant un peu sur la droite.

[p. 198]

Quatrième Signe, dit du Feu, 🜂,

relatif au Maître Écossois.

Entrelacer ses dix doigts, et se couvrir la vue du revers des mains, la paume étant en dehors.

Réponse,

dite Signe de l'Air, 🜁.

Porter en avant la main droite, à la hauteur de l'épaule.

Troisième Attouchement.

Prendre l'index par la phalange du bout du doigt, l'un dit Mak, et l'autre Bé ; on passe ensuite à la pareille phalange du petit doigt, l'un dit Na, et l'autre prononce Makbena.

Cinquième Signe, dit d'Admiration.

Lever les yeux au ciel, les deux mains en l'air, le bras gauche un peu plus bas que le [p. 199] droit, comme quand le prêtre dit : Dominus vobiscum ; le talon du pied gauche un peu relevé, de façon que le genou gauche fasse équerre avec le droit.

Sixième Signe, dit du Soleil.

Mettre le pouce de la main droite sur l'œil droit ; étendre en l'air le premier doigt en équerre, et viser au bout, comme si l'on vouloit prendre un point de vue, en disant : je compasse jusqu'au soleil.

Septième Signe.

Il est un dernier Signe général, qui consiste à former sur la poitrine une croix de Saint-André avec les deux bras, les mains en haut.

Attouchement général.

Prendre la phalange du bout du doigt index ; l'un dit Né, l'autre Ka : on passe à la sembla- [p. 200] ble phalange du petit doigt, l'un dit Mah, l'autre rassemble Nekamah.

Marche.

Sur la croix de Jérusalem, par trois pas d'Apprenti, trois pas de Compagnon, et trois de Maître.

Batterie.

Neuf Coups, ainsi :

○——○ ○——○——○ ○——○——○——○

Âge d'un Écossois de Saint-André.

Le carré de neuf, quatre-vingt-un ans.

Mot Sacré.

Celui de l'Attouchement général,

NEKAMAH, נְקָמָה

(ultio)

Voilà le cri de Vengeance de l'Élu répété, ce qui montre quel est le véritable caractère de l'Écossois de Saint-André. Ce cri se fait en- [p. 201] tendre une troisième fois dans le Kadosch ; mais alors il est plus particulièrement spécifié.

Mots de Passe.

Ardarel, ange du Feu ;

Casmaran, ange de l'Air ;

Talliud, ange de l'Eau ;

Furlac, ange de la Terre.

[p. 202]

NOMS DES TROIS ARCHITECTES

envoyés par Salomon pour couper les bois.

ADQNIRAM, אֲדֹנִירָם (Dominus excelsus). ZARAIAS (hébr. ZÉRACHIAH) זְרַחְיָה (Oriens Dominus). IORAM, יוֹרָם (Excelsus).

NOMS DES NEUF MAITRES

choisis par Salomon après la mort d'Hiram.

MOABON, מוֹאָבוֹן (A Patre). IAKIN, יָכִין (Firmus). BOHAZ, בֹעַז (In fortitudine). ANIHAM, אֲנִיעָם (Fortitudo populi). HAZARIAH, עֲזַרִיָה (Auxilium dei). IORAM, יוֹרָם (Excelsus). ISCHI, יִשְׁעִי (Salus). UKAL, אֻכָל (Comedens). HOBED, עובֵד (Servus).

[p. 203]

Heure.

Pour ouvrir ; Midi plein.

Pour fermer ; l'entrée de la Nuit.

Habit.

Une robe Rouge.

Cordon.

Ruban Ponceau, en écharpe.

D'autres portent, en sautoir, un ruban Verd, liséré de Rouge.

Plus, une écharpe Blanche, frangée en or.

Bijou.

Un Compas dans treize Triangles renfermés dans un seul. Au bas du bijou, une Équerre renversée ; un Poignard est dans l'angle de l'équerre.

Ceux qui portent le ruban verd ont pour bijou une Croix de St-André, surmontée de [p. 204] la couronne de France. Au milieu de la croix est une pomme de pin ou un J, renfermé dans un triangle faisant le milieu d'un anneau qui traverse la croix. A cet anneau est attachée une clef pendante entre les deux branches de la croix, sur les quatre extrémités de laquelle sont les quatre initiales des quatre mots Sacrés.

[p. 205]

30e degré — Grand Élu Chevalier Kadosch

[p. 205]

Quoique les Écossois ne confèrent, disent-ils, ce grade que par communication, et qu'il n'occupe dans le rit ancien que le 30e degré ; l'on ne doit pas moins le considérer comme le dernier terme de l'Écossisme (1), de même qu'il

(1) Cette assertion est si vraie, qu'il existe une autre série des trente-trois grades où le Kadosch se trouve le dernier. La voici : 1 App∴, 2 Comp∴, 3 M.e∴, 4 Maître-Parfait, 5 Prevôt et Juge, 6 Maître en Israël, 7 Élu des Neuf, 8 Élu Illustre, 9 Chevalier du Temple, 10 Élu de l'Inconnu, 11 Élu des Quinze, 12 Maître Anglois, 13 Maître Irlandois, 14 Petit Architecte, 15 Grand-Architecte, 16 Apprentif Écossois, 17 Compagnon Écossois, 18 Maître Écossois, 19 Élu Parfait, 20 Élu Suprême,

[p. 206]

est le Nec plus ultra de la Maçonnerie Templière. On y commémore l'abolition de l'ordre des Templiers par Philipe-le-Bel et le Pape Clément V, et le supplice du dernier Grand-Maître, Jacques Molay, qui périt dans les flammes le 11 mars 1314.

Dans cette réduplication de l'Élu, la scène change ; il n'est plus question d'Hiram et de sa fin tragique. Ce personnage allégorique est remplacé par J. B. M. (Jacobus Burgundus Molay), dont le Récipiendaire doit venger la mort, soit figurativement sur les auteurs même de son supplice, soit implicitement sur qui de droit.

Nous nous abstiendrons, et pour cause, de tous détails sur le caractère de ce grade. Nous

21 Chevalier Victorieux, 22 Chevalier de l'Aigle, 23 Chevalier d'Orient, 24 Chevalier du Soleil, 25 Sublime Écossois, 26 Chevalier d'Occident, 27 Royal-Arche, 28 Écossois de Saint-André, 29 Prince de Jérusalem, 30 Commandeur du Temple, 31 Chevalier du Grand-Aigle, 32 Rose-Croix d'Héredom, 33 G. I. G. E. Chevalier Kadosch.

[p. 207]

observerons seulement qu'il se confère fréquemment hors de l'Écossisme, et que l'on en compte à peu près huit espèces différentes, suivant que le but que l'on s'y propose est plus ou moins clairement exprimé. Celui qu'ont adopté la plupart des Loges de France est extrêmement mitigé.

Le mot KADOSCH, ou KODESCH, קדש, signifie Sanctus, Consecratus, Purificatus. Il ne faut pas croire pour cela que les Chevaliers de l'Aigle Blanc et Noir aient quelque prétention à la Sainteté. Ils veulent exprimer, par ce mot, qu'eux seuls sont les Élus, les hommes par excellence, purifiés de toute la souillure des préjugés.

Administré séparément, le Kadosch se confère en trois points, qui sont : Illustre Chevalier du Temple, (dont le mot Sacré est ADONAÏ) Chevalier de l'Aigle Noir, et Grand Élu.

Mais, dans la série des trente-trois, on le réduit aux deux derniers.

[p. 208]

Décoration de la Loge.

Il faut pour ce grade quatre appartements, non compris un lieu de réflexion.

Le premier est tendu de Noir. Une lampe triangulaire, suspendue au-dessus d'une trappe, laisse appercevoir un escalier qui conduit à un caveau, dans lequel on précipite le Récipiendaire. Il y trouve un cercueil, etc. On lit cette inscription : Quiconque pourra vaincre les frayeurs de la mort, sortira du sein de la terre, et aura droit d'être initié aux grands mystères.

Le deuxième est tendu de Blanc. Sur le devant sont deux urnes, l'une pleine d'encens fumant, l'autre contenant de l'esprit de vin enflammé qui, seul, éclaire la pièce, dans laquelle il ne doit y avoir que le Grand-Sacrificateur.

Le troisième Appartement est tendu en Bleu, voute étoilée ; éclairé de trois bougies Jaunes.

Le quatrième est décoré de colonnes Blanches et Rouges. A l'orient est un Trône surmonté [p. 209] d'un double Aigle couronné, tenant un Poignard dans ses serres. A son col est passé un Cordon noir, au bas duquel pend une Croix émaillée à trois pointes. Sur sa poitrine est un Équilatéral, au milieu duquel on lit אדני, et, tout autour, Nec proditor nec proditur, innocens fovet. Une draperie de velours Noir et Blanc, parsemé de Croix Rouges, descend entre les aîles de l'Aigle, et forme un pavillon. Derrière le Trône sont deux Étendards croisés ; l'un Blanc avec une Croix Verte, et ces mots : Dieu le veut ; l'autre noir, chargé, d'un côté, d'une Croix Rouge, de l'autre d'un double Aigle tenant un Poignard, avec ces mots, brodés en argent : Vaincre ou mourir. Dans cette pièce est l'Échelle à deux montants.

Neuf Bougies de cire jaune.

D'autres tendent la quatrième pièce de Noir, parsemé de colonnes et flammes Rouges, et l'éclairent de Cinq bougies jaunes. Lorsque le Récipiendaire y est entraîné, une épaisse fumée, produite par des cassolettes, laisse à peine entrevoir les objets. Le reste de la dé- [p. 210] coration diffère entièrement de ce qui vient d'être décrit.

D'autres enfin tendent cette pièce en Rouge, à colonnes et flammes Blanches, et l'éclairent de Sept bougies, ou même de quatre-vingt-une.

En un mot, le nombre, la distribution et la décoration des appartements varient autant que les grades.

Titres.

Dans le troisième appartement, la Loge est appelée Tribunal Supréme, et les Chevaliers composent l'Aréopage. Elle est présidée par le premier Surveillant, qui porte sur la poitrine l'image de la Vérité brodée en or. C'est une tête de femme couronnée d'un Soleil. Deux juges sont à ses côtés. Dans la quatrième pièce, la Loge est dite Sénat Le Chef s'appelle Grand-Maître, ou Grand-Commandeur, ou Souverain ; il est qualifié de trois fois Puissant, et représente Fréderic III, roi de Prusse. Les Frères sont dits Grands-Chevaliers.

[p. 211]

Signe.

Porter la main droite sur le cœur, les doigts écartés ; la laisser ensuite tomber sur la cuisse droite, en fléchissant le genou ; puis saisir le poignard qui est à l'écharpe, et le lever à la hauteur de l'épaule, comme pour frapper, en disant : Nekam Adonaï.

Suivant d'autres, porter la main droite sur le cœur, puis sur le genou droit et l'empoigner.

Autrement encore, mettre la main droite sur le cœur (1er temps), faire une génuflexion (2e temps), ouvrir la main droite et étendre le bras (3e temps).

Ordre.

L'Épée de la main gauche ; la droite sur la Croix rouge qui couvre le cœur.

Autrement ; main droite levée, le bras tendu, les doigts serrés, le pouce écarté, la paume vers la terre ; l'épée de la main gauche, le bras plié sur la hanche.

[p. 212]

Attouchement.

La pointe du pied droit contre celle du Frère, genou contre genou ; présenter le poingt droit, le pouce levé ; se le prendre alternativement en le laissant glisser et reculant un pas, le bras gauche levé comme pour frapper.

Autrement ; l'Attouchement d'Élu des neuf.

Autrement encore ; On dit Étes-vous Kadosch ? et l'on porte la main droite au front.

RÉPONSE : oui, je le suis, et l'on présente le poingt fermé, le pouce levé ; ce qui se fait alternativement trois fois ; à la troisième, le Frère empoigne le pouce et l'on s'embrasse trois fois.

Thuilage d'un Chevalier Kadosch.

D. A quelle heure s'ouvre le Chapitre ?

R. A l'entrée de la nuit.

D. Qui connoissez-vous ?

R. Deux Abominables.

[p. 213]

D. Nommez-les ?

R. Philippe-le-Bel et Bertrand de Goth (Clément V).

Batterie.

Cinq Coups, ainsi :

○——○ ○——○ ○

Autrement ; Sept Coups, ainsi :

○ ○——○ ○——○ ○——○

Autrement ; Neuf Coups, ainsi :

○——○ ○ ○ ○——○ ○——○——○

Autrement ; Trois Coups, à l'inverse de l'Apprenti ;

○——○ ○ ; c'est la plus usitée.

Autrement, enfin, un seul Coup ;

○

Cette dernière est celle que l'on doit préférer.

Marche.

Trois pas précipités, les mains croisées sur la tête.

[p. 214]

MOTS SACRÉS, DE PASSE, etc.

(Ier Point, CHEVALIER DE L'AIGLE NOIR).

Parole.

Jabamiah ;

Ce mot est altéré, il faut écrire

HABAMAH, הַבָּמָה (Fanum, excelsum).

On sait que, chez les Hébreux, Bamah étoit un lieu saint, élevé, près de l'autel, où l'on mangeoit les victimes immolées.

Mot de Passe.

ÉLIEL, אֱלִיאֵל (Dei fortitudo).

Autrement Manchem ;

Réponse, Nemehaniack.

Au lieu de ces deux mots, il faut écrire

MENACHEM, מְנַחֵם (Consolator).

NECHEMIAH, נְחֶמְיָה (Solatio Dei).

Autrement encore, Nika maka ;

Écrivez NEKAM, MAKAH, נְקָם מַכָּה

(Percussio ultio)

Voyez le Sublime Prince du Royal Secret.

[p. 215]

Mot de l'Attouchement.

Kiriès ;

Écrivez :

ΚΥΡΙΕ, de Κύριος (Dominus).

Second Point.

On sait que, dans la réception du Kadosch, il est question d'une échelle mystérieuse, sur laquelle on fait monter et descendre le néophyte. Cette échelle est symbolique ; chacun des sept échelons présente l'emblème d'une Vertu. Nous allons en rapporter les noms, avec leur rectification.

Premier Échelon.

Tesla cades ;

Écrivez :

TSEDAKAH, צְדָקָה, (Justitia).

[p. 216]

Deuxième Échelon.

Charlaban ;

Écrivez :

SCHOR LABAN, שׁוֹר לָבָן (Albus Bos).

Expression métaphorique pour désigner la Candeur.

Troisième Échelon.

Motech ;

Écrivez :

MATHOK, מָתוֹק (Dulcedo).

Quatrième Échelon.

Emmunac ;

Écrivez :

EMOUNAH, אֱמוּנָה, (veritas).

Cinquième Échelon.

Choemul Seal ;

Écrivez :

HAMAL SAGHIA, עָמָל שַׂגִּיא, (labor magnus),

[p. 217]

que l'on paraphrase par ces mots : Progrès dans la Vertu.

Sixième Echelon.

Sabael ;

Écrivez :

SABBAL, סַבָּל (Onus),

pour désigner la Patience.

Septième Échelon.

Choemal binen Rabira ;

Écrivez

GHEMOUL, BINAH, THEBOUNAH,

גְּמוּל, בִּינָה, תְּבוּנָה, (Retributio, Intelligentia, Prudentia).

Ces trois mots ne forment aucun sens déterminé ; on les explique dans le grade par Prudence pour garder les secrets.

Montants de l'Échelle.

Côté du Nord ; Oseb Eloa ;

[p. 218]

Ecrivez :

OHEB ELOAH, אֹהֵב אֱלוֹה (Deum amans), Amour du Prochain.

Côté du Midi ; Oseb Scherabal ;

Écrivez :

OHEB KEROBO, אֹהֵב קְרֹבוֹ, (propinquum ei amans), Amour du Prochain.

Les Templiers appliquent encore plusieurs autres septenaires aux échelons de cette échelle : quelques-uns, ne reconnoissant que sept grades inférieurs au leur, les symbolisent par ces échelons ; ces sept grades sont App∴, Comp∴, M.e, Élu, Chevalier du Temple, Élu-Illustre, Écossois. On peut imaginer mille spéculations de cette espèce.

Parole Sacrée.

NEKAM ADONAÏ.

Cette Parole est commune à tous les Kadosch, de Suède, d'Allemagne, de Prusse, d'Angleterre, de France, etc.

[p. 219]

Autres Mots.

NEKAMAH BAELIM, נְקָמָה בָאֵלִים

(inter fortes. ultio)

Voyez le 33e degré.

Réponse.

BEGOHAL KOL, PHARAS KOL,

בְּגֹעַל כֹל : פָּרַשׂ כֹל. (In abjectione omne, explicatum est omne), puis l'on s'embrasse en disant ADONAÏ

Mots de Passe.

Pour entrer ; NEKAM, R. MENACHEM.

Pour sortir ; PHAAL KOL, R. PHARAS KOL ;

פָּעַל כֹל : פָּרַשׂ כֹל (operatum est omne, explicatum est omne).

Parole que disoient les Croisés.

Avreca adonaï recolgetho thamith thabritath rephi.

[p. 220]

Au lieu de ce langage inintelligible et barbare, écrivez :

ABORKAH ETH ADONAÏ BEKOL HETH : THAMID THEHILLATHO BEPHI.

אֲבָרְכָה אֶת יְהֹוֹה בְּכֹל עֵה : תָּמִיד

semper tempore in omni dominum benedicam

תְּהִלָּתוֹ בְּפִי :

in ore meo laus ejus

(PSALM. 34, suiv. les hébr., v. 1).

Autres Mots

Banahanael jon hamey ;

Écrivez :

BAAHABAH ACHALLEK HIM HEHANI ;

בָאַהֲבָה אֲחַלֵּק עִם הֶעָנִי

paupero cum dividam pro dilectione

[p. 221]

NOM DU GRAND-MAITRE DES ESSÉENS.

ACHARON SCHILTON..... אַחֲרוֹן שִׁלְטוֹן.

(novissimum imperium)

Les Députés, CHORIM..... חוֹרִים (Nobiles).

Les Visiteurs, TSOHIN..... צֹעִים (Peregrinantes).

Les Officiers, ROZNIM..... רֹזְנִים (Principes).

On demande à un Templier quels sont ses droits ;

Il répond : j'ai MISCHTAR, מִשְׁטָר, (dominium), le pouvoir de Maître par excellence.

Age d'un Chevalier Kadosch.

Un Siècle et plus ;

ou bien,

Je ne compte plus.

Heure.

Pour ouvrir ; l'entrée de la Nuit : suivant d'autres, neuf heures après midi.

Pour fermer ; le Point du jour.

[p. 222]

Habillement.

Il varie comme tout le reste, suivant les différentes espèces de Kadosch.

Le Récipiendaire ne peut être vêtu qu'en Gris.

Les Chevaliers sont en Noir, avec des gants Blancs. Ils ont un chapeau rabattu, sur la forme duquel est un Soleil à fond d'argent, rayons d'or. Au centre du Soleil, l'Œil de Dieu en couleur naturelle, et, en Rouge, les deux lettres N. A.

Ou bien ils ont une Tunique Blanche, bordée de Noir, avec une Croix Rouge devant et derrière.

Ou bien encore, habit Noir avec une Croix Rouge sur le cœur ; le souverain, en robe Rouge, avec un manteau Noir chargé de la Croix. Quelques-uns, à la place de la Croix mise sur le cœur, portent un crachat à fond Rouge, au milieu duquel est un aigle écartelé, d'argent, tenant dans ses serres un poignard.

[p. 223]

Enfin, les plus réguliers portent l'habit exact des anciens Chevaliers Templiers, sont bottés et casqués.

Cordon.

Généralement il est Noir, placé de gauche à droite.

Les uns y brodent deux épées en croix ; d'autres, la devise Vincere aut mori ; d'autres, la Croix de l'ordre en or. Presque tous, les lettres C. K. S. Il est ou n'est point liséré en argent.

Indépendamment de ce cordon, on en porte un autre, noir également, et mis en sautoir.

Plus, de droite à gauche, une écharpe rouge, à franges d'or, dans laquelle est passé un Poignard, à manche d'ivoire et d'ébène : quelques-uns attachent ce poignard au grand-cordon, avec une rosette rouge.

Bijou.

La Croix Teutonique. On la porte le plus [p. 224] près possible du cœur, attachée soit au camail, soit à la boutonière de l'habit.

Ou bien, une Croix émaillée en rouge, au centre de laquelle, sur un ovale de nacre de perle, et d'un côté, est le chiffre J. M. (Jacques Molai) ; de l'autre, une téte de mort, traversée d'un poignard.

Ou un Aigle noir, écartelé, couronné d'or, tenant un poignard dans ses serres.

Tablier.

Un chevalier Kadosch n'en porte point en Chapitre. Lorsqu'il est en Loge inférieure, il a, sous la bavette du tablier du grade, une croix rouge, ou un aigle noir écartelé, tenant un poignard dans ses serres.

Le Banquet s'exécute comme celui d'Élu. Lorsque l'on plonge le poignard dans l'urne, on dit : Deus, sanctus (ou Sacratus), NOKEM, נֹקֵם (ultor). C'est une faute de dire Machem.

[p. 225]

31e degré — Grand Inspecteur Inquisiteur Commandeur

[p. 225]

Le titre de ce grade en indique le caractère. On ne le confère, dit-on, ni aux Souverains, ni aux ecclésiastiques, ni aux Chevaliers de Malte. Pour l'obtenir, il faut surtout posséder à fond les huit suivants, que l'on regarde comme fondamentaux. Apprenti, Compagnon, Maître, Élu, Écossois, Chevalier d'Orient, Rose-Croix, Kadosch.

Décoration de la Loge.

Tenture Blanche, ornée de huit colonnes d'or.

Titres.

La Loge est appelée Souverain-Tribunal. Le Maître se nomme Très-Parfait-Président ; les Surveillants, Inspecteurs ; le Secrétaire,

[p. 226]

Chancelier, et tous les Frères, Très-Éclairés. Il y a en tout neuf officiers.

Signe.

Croiser les deux mains sur le nombril.

Réponse :

Porter les deux mains croisées au-dessus de la tête.

Attouchement.

Se mettre pied contre pied, genou contre genou, se prendre mutuellement la main gauche, et se donner un coup de la main droite sur l'épaule droite.

Batterie.

Neuf Coups, ainsi

○——○ ○ ○——○ ○ ○ ○——○

Suivant d'autres, ainsi

○ ○ ○ ○——○ ○——○ ○ ○

[p. 227]

Mots Sacrés.

L'un dit JUSTICE ;

L'autre répond : ÉQUITÉ ;

Tous deux ensemble : AINSI-SOIT-IL.

Habit.

Celui de Grand-Élu.

Cordon.

Blanc, tout uni, en Camail.

Dans les Loges inférieures, un Grand-Inspecteur porte, au lieu du camail blanc, une chaîne d'or, entrelacée des attributs des huit grades fondamentaux.

Bijou.

La Croix de l'ordre en argent.

Tablier.

On ne porte point de Tablier dans le Souve- [p. 228] rain Tribunal, parce que l'ouvrage est fini. Dans les loges inférieures, on peut porter un Tablier tout blanc, sur la bavette duquel est brodée en argent la Croix de l'Ordre.

[p. 229]

32e degré — Sublime Prince du Royal Secret

[p. 229]

Décoration de la Loge.

La Loge se tient au second étage d'une maison sise en un lieu élevé. Elle est tendue en satin noir, parsemé de larmes, squelettes, têtes de mort, os en sautoir, le tout en argent. Le trône est élevé de sept degrés. La table seule qui est devant les Surveillants est couverte de satin cramoisi, bordé de noir, sur lequel sont les lettres N. K. M. K. (Nika Maka, ou, plutôt, comme on l'a vu, NEKAM MAKAH).

Titres.

La Loge se nomme Consistoire. Le Maître représente Frédéric III, Roi de Prusse ; il a le titre de Souverain des Souverains, Grand-Prince Illustre Commandeur en chef. Les deux Surveillants sont dits Lieutenants Com- [p. 230] mandeurs ; et l'Orateur, Ministre d'État. Il y a en outre un Grand-Chancelier, un Grand-Secrétaire, et un Grand-Trésorier.

Signe.

Mettre la main droite sur le cœur, la porter en avant, la paume en bas, puis la laisser tomber sur le côté droit.

Batterie.

Cinq Coups (un et quatre).

○——○ ○ ○ ○

Mots Sacrés.

Ceux du Tableau ;

L'un dit Salix ;

L'autre, Noni ;

Tous deux ensemble, Tangu.

Mots de Passe.

Ceux du Kadosch ;

PHAAL KOL, qu'on traduit par séparés ;

[p. 231]

PHARAS KOL, que l'on rend par réunis ;

NAKAM MAKAH, (pour se venger).

On a vu ci dessus la véritable signification de ces différents mots.

SCHADDAI, שָׁדַּי,

(omnipotens).

Trigramme, ou nom de Dieu en trois lettres, emblême du Delta.

[p. 232]

NOMS DES CINQ PRINCES,

PORTES-ÉTENDARD.

Beseleel,

Ooliab,

Mahuzen, ou, plutôt, MACHSIM מַהְשִׁים

(tacentes)

Garimont,

Emerek, ou, plutôt, AMARIAH.

MOTS D'ORDRE

POUR TOUS LES JOURS DE LA SEMAINE.

Jours. Demande. Réponse. Dimanche. Cyrus. Ézéchiel. Lundi. Darius. Daniel. Mardi. Xercès. Habacuc. Mercredi. Alexandre. Sophonias. Jeudi. Philadelphe. Aggée. Vendredi. Hérode. Zacharie. Samedi. Ézéchias. Malachie.

[p. 233]

Heure.

du Départ de l'armée.

La Cinquième, après le Soleil couché.

Décorations.

Le Souverain des Souverains est armé d'un Bouclier et d'une Épée. Son Sceptre et une Balance sont sur la table.

Les Lieutenants-Commandeurs ont aussi un bouclier et le chapeau en tête.

Au bas des Officiers doivent être placés six Membres du Consistoire, habillés en rouge, sans tablier, mais portant le bijou de l'Ordre à un large ruban noir, en sautoir.

Cordon.

Noir, liseré d'argent, en sautoir. Sur la pointe est brodée en rouge la Croix Teutonique ; le double aigle en argent au milieu de [p. 234] la Croix. Ce cordon est doublé de ponceau, la Croix teutonique en noir.

Ceinture noire, frangée d'argent ; la Croix brodée en rouge sur le ventre.

Bijou.

La Croix Teutonique, en or.

Tablier.

Blanc, doublé et bordé de Rouge. Sur la bavette, une Croix de Malte en Rouge, lisérée d'Argent ; sur le milieu de la Croix est appliqué l'Aigle Noir écartelé, tenant une épée dans ses serres.

La figure que l'on voit représentée planche XIV forme à la fois le Tableau, le Sceau de l'ordre, et la peinture du Tablier. Nous allons la décrire.

Elle se compose d'un Ennéagone, dans lequel est inscrit un Heptagone ; dans celui-ci est un Pentagone, au milieu duquel est un triangle équilatéral, et, dans le triangle, un [p. 235] cercle. Ainsi la figure géométrique présente un emblême des nombres 1, 3, 5, 7, 9.

Entre l'Heptagone et le Pentagone, sur les côtés de celui-ci, sont placés les pavillons ou drapeaux des cinq Portes-Étendard ; lesdits pavillons désignés par les lettres T. E. N. G. U, dont on forme le mot Tengu.

Le pavillon T porte un Lion d'or, tenant dans sa gueule une Clef de même métal, et ayant un Collier, aussi d'or, sur lequel est gravé 515. Le fond est d'azur. Sur le pavillon est écrit ad majorem Dei gloriam.

Sur le pavillon E est un Cœur enflammé, de gueules, avec deux ailes, et surmonté d'une couronne de laurier : le champ est d'argent.

Le pavillon N porte un Aigle à deux têtes, couronné, tenant une épée dans la serre droite, et un cœur sanglant dans la gauche. Champ Verd d'eau.

Au pavillon G, Bœuf de sable sur champ d'or.

[p. 236]

Pavillon U ; l'Arche d'Alliance, avec un chandelier allumé, de chaque côté. Deux palmes vertes environnent le tout ; le champ est Pourpre ; sur l'Arche est écrit : laus Deo.

Sur les côtés de l'ennéagonne sont neuf Tentes, et, sur les Angles, neuf flammes appartenant à ces Tentes. Les flammes sont distinguées par des chiffres ; les Tentes, par les lettres S. A. L. I. X. N. O. N. I., disposées de droite à gauche, et qui forment les deux premiers Mots Sacrés.

Les Tentes désignent les divers grades de la Maçonnerie, ainsi qu'il suit.

Tente S ; flamme blanche, tachée de rouge ; elle s'appelle Malachias, et désigne le Rose-Croix d'Héredom (dit de l'Aigle Blanc ou du Pélican), le Chevalier d'Orient et d'Occident, et le Prince de Jérusalem (18e, 17e et 16e degrés).

Tente A, dite Zorobabel ; flamme Verd clair ; elle représente le Chevalier d'Orient, ou de l'épée (15e degré).

Tente L, dite Nehemias ; flamme Rouge ;

[p. 237]

elle désigne le Grand-Élu, parfait et sublime Maçon (l'Écossois de la Perfection, 14e degré).

Tente I, dite Hobben ; flamme noire ; elle exprime le Sublime Élu, et l'Élu des quinze, (11e et 10e degrés).

Tente X, dite Phaleg ; flamme rouge et noire ; c'est l'Élu des neuf et le Grand-Maître Architecte (9e et 12e degrés).

Tente N, dite Joïada ; flamme noire et rouge, en lozange : Prévôt et Juge (7e degré).

Tente O, dite Ooliab ; flamme rouge et verte. Intendant des Bâtimens et Secrétaire Intime, (8e et 6e degrés).

Tente N, dite Josué, flamme verte. Maître Parfait (5e degré).

Tente I, dite Esdras ; flamme bleue ; Maître, Compagnon, Apprenti (3e, 2e, et 1er degrés).

[p. 238]

33e degré — Souverain Grand Inspecteur Général

[p. 238]

De même que, dans l'Illuminisme de Weishaupt, l'Aréopagite, qui forme le dixième grade, n'appartient qu'aux chefs suprêmes, et ne sert qu'à former le Conseil administratif de l'Ordre, de même le degré de Grand-Inspecteur n'est guères qu'administratif. Le Supréme Conseil de ce degré (pour la France) a été institué le 19 Janvier 1810. On trouvera l'acte constitutionnel qui le concerne dans l'excellente Histoire de la Fondation du Grand-Orient de France, page 154.

Du reste, on a voulu faire du Grand-Inspecteur le complément du Kadosch, qui n'a nullement besoin de complément.

Premier Signe.

Se mettre à genou, les bras croisés sur la [p. 239] poitrine, les doigts touchant l'épaule, le corps incliné vers la terre.

Deuxième Signe.

Tirer son épée, tomber sur le genou gauche, la main gauche sur le cœur, et baiser trois fois la lame de son épée.

Mots Sacrés.

D. Baclim ; écrivez

BEHALIM, בְעָלִים,

(domini, præditi).

Ou bien, NEKAMAH BAELIM, ou NEKAM MAKAH BEHALIM.

R. ADONAÏ.

Mots de Passe.

D. Endiague.

R. Lertecy, ou Lestercy.

D. Demscoy.

R. Hiram Abi.

[p. 240]

D. Frédéric III.

R. Roi de Prusse.

Cordon.

Blanc, en camail, liséré d'or. Des deux côtés une Gloire traversée par deux épées, et le numéro 33 brodé. Au bas, un Aigle Noir, à deux têtes, becqué d'or, tenant dans ses serres deux épées.

Bijou.

La Croix Teutonique.

[p. 241]

[p. 242]

Comme, dans plusieurs endroits de ce Thuileur, il est question du Système de Génération Universelle qui sert de base aux anciennes Mythologies, et dont on retrouve quelques traces dans le grade de Maître, nous croyons faire plaisir au Lecteur en lui donnant ici un court exposé de ce Systême, extrait d'un ouvrage encore manuscrit.

Annexe. Système de la Génération Universelle des Êtres

Suivant la doctrine des anciens. Exposé donné par Delaulnaye en fin de volume, pages 242 à 273, « extrait d'un ouvrage encore manuscrit ».

[p. 242]

Comme, dans plusieurs endroits de ce Thuileur, il est question du Systême de Génération Universelle qui sert de base aux anciennes Mythologies, et dont on retrouve quelques traces dans le grade de Maître, nous croyons faire plaisir au Lecteur en lui donnant ici un court exposé de ce Systême, extrait d'un ouvrage encore manuscrit.

[p. 243]

L'ASPECT de l'Univers offre aux yeux de l'observateur une rotation perpétuelle de Créations (aggrégations), de Destructions (disgrégations), et de Régénérations. Naître, mourir, se reproduire, telle est la loi imposée à tout ce qui existe.

Le Mouvement, ou, si l'on veut, Dieu, l'Esprit, le Feu, les Atomes, la Matière subtile, l'un de ces principes, dis-je, est la cause efficiente de ces divers [p. 244] états de la Matière. Lui seul donne la vie, lui seul cause la mort. C'est le bienfaisant Osiris, c'est le redoutable Typhon. Ces Dieux sont frères, ou, plutôt, ils ne font qu'un seul Dieu.

En langage symbolique, on dit communément que la Mort est la Porte de la Vie ; vérité peu connue de ceux qui possèdent le grade de Maître, quoique les emblêmes, mis sous leurs yeux, eussent dû les en instruire. On entend, par cette figure, que la fermentation, que la putréfaction précèdent la naissance et la donnent ; que, sans la première condition, la seconde ne peut avoir lieu ; qu'en un mot, pour que la génération s'accomplisse, il faut que les principes genérateurs meurent, pour ainsi dire, qu'ils se dissolvent, se désunissent par la putréfaction. En effet, sans un mouvement interne et fermentatif, sans l'é- [p. 245] cartement, sans la disgrégation des parties environnantes, comment le germe pourroit-il se faire jour à travers les enveloppes qui le tiennent captif ?

Le Phénomène de la Génération universelle peut être considéré sous une multitude d'aspects variés ; soit qu'on l'examine dans son ensemble, soit qu'on en détaille les différentes parties, soit que l'on sépare les divers temps dont il est composé, soit que l'on intervertisse l'ordre de ces temps, soit enfin qu'on envisage isolément et qu'on personnifie les différents principes qui concourent à ce grand acte de la Nature. De là cette immense variété de fables, de rites, de symboles, qui, tous relatifs au même but, ont néanmoins plus d'une fois embarrassé les Commentateurs mythographes. Car les religions, anciennes et modernes, sont toutes également phy- [p. 246] siques, et ce n'est que parmi les principes de la Nature que l'on doit chercher les Dieux des nations. Eos qui Dii appellantur rerum naturas esse, non figuras Deorum.

Les principales scènes que l'on peut distinguer dans l'acte important de la Génération, sont le rapprochement, l'union intime des deux principes créateurs ; la résistance que le plus foible oppose à l'action de la puissance fécondante ; l'émission de la semence, image assez exacte d'une mort au moins instantanée ; la fermentation, la corruption des principes séminaux ; la germination pour les végétaux ; la gestation, le développement, l'accroissement du foetus dans les animaux ; l'enfantement, la nutrition, l'éducation physique à travers mille dangers, etc. Qui ne voit, dans [p. 247] ces diverses révolutions des corps, dans cette lutte perpétuelle de la Mort et de la Vie, dans ce code sacré des loix de la Nature, auxquelles tout obéit, tout se rattache par des anneaux plus ou moins resserrés ? qui ne reconnoît, dis-je, la source où les mythographes ont puisé la plupart de leurs allégories, les amours et les combats des Dieux, la guerre des Titans, les incestes, les adultères, les mutilations, les meurtres, les expiations, le Chaos débrouillé par Eros ; Saturne dévorant ses enfants ; Jupiter conservé par les Curètes, les résurrections d'Osiris, d'Iacchus, d'Adonis, d'Amphiaraüs ; les incarnations de Wishnou, de Jésus, etc., etc. ?

J'ai dit que plusieurs principes concourent à l'acte de la génération. On peut en effet en reconnoître CINQ, essentiellement distincts, quoique sans [p. 248] doute de nature homogène ; ce sont la Cause, le Sujet, l'Intermède, l'Effet, le Produit ou résultat.

Par CAUSE, on entend le moteur, l'agent, le mâle, le soleil, le soufre, le principe igné, créateur, fécondant, la nature efficiente, en un mot, le Père.

SUJET (le) est la matière, le patient, la femelle, la lune, le mercure, le principe humide, générateur, fécondé, la nature passive, la Mère.

L'INTERMÈDE est le moyen, le corps médial, mais homogène, dont la Cause se sert pour agir sur le Sujet. C'est la Semence, l'esprit générateur, la forme, l'amour, l'éther, le fluide vital, qui, disséminé dans tous les êtres mâles, devient l'instrument de leur reproduction. On reconnoît ce principe dans le Souffle divin qui, suivant la Genèse, étoit porté sur les Eaux avant la formation de la

[p. 249]

Lumière. Il est encore cet Esprit saint, procédant des deux autres personnes, et par l'opération duquel le fils de Dieu fut conçu dans le sein de Marie.

Par EFFET on entend le principe même de la fécondation, laquelle ne peut avoir lieu que dans une Matrice analogue (1). Résultat immédiat, nécessaire, invariable du conflit des deux puissances génératrices ; ce principe est, dans la femelle, à peu près ce que la Semence est dans le père. Inactif avant

(1) Quelquefois le contenu fut pris pour le contenant. Ainsi, les anciens Mythographes entendent, par Effet, tantôt la Fécondation elle-même, d'où proviennent la fermentation, la putréfaction, le Chaos, la mort, principe de la vie ; tantôt la Matrice où se passent ces diverses scènes, parce qu'elle est douée d'une faculté développante, et que, sans elle, il ne pourroit y avoir aucune fécondation, aucune génération. [p. 250]

la commotion, comme l'est la semence dans ses réservoirs, il n'attend que l'étincelle électrique pour se manifester. Aussitôt les liqueurs séminales se mêlent, s'échauffent, se dilatent ; le germe propagateur s'élance, brise ses enveloppes, et naît à la vie. C'est le sublime Fiat lux de la Genèse. Car, dans la cosmogonie de Moïse, comme dans toutes les autres, on peut aisément reconnoître les cinq éléments dont nous avons parlé, savoir אלהים, le Dieu, créateur, omnipotent (Cause) ; ארץ תהו בהו, la Terre inculte et stérile (Sujet) ; רוח אלהים, l'Esprit de Dieu (Intermède) ; רהי אור, la manifestation de la volonté créatrice (Effet), et enfin le Lux facta est, ou la Génération de la Lumière (Résultat).

Le dernier des cinq principes que nous avons distingués est le PRODUIT ou résultat. Ce mot n'a pas besoin d'expli- [p. 251] cation. Tout rapprochement des sexes a pour but et pour suite ordinaire la procréation d'un Fils, d'un nouvel être, semblable à ceux dont il tient l'existence, et qui, devant contribuer à son tour à perpétuer sa race, peut bien être allégoriquement considéré comme le Réparateur de l'espèce, comme un principe Régénérateur.

Ainsi (je parle toujours d'après les anciens Sages), Cinq puissances accomplissent l'acte de la Génération. Le mâle (ELION) agit sur le patient (BEROUTH), par l'intermède de la semence (URANUS). Cette semence est déposée dans une matrice vivifiante, analogue à sa nature (GHÉ) ; elle y fermente, s'y décompose, s'y SATURNIFIE, et produit le dégagement du germe et la formation d'un nouvel individu, de même nature que [p. 252] son père (CRONUS, MONOGENES, JUPITER, etc.

Si l'on veut connoître maintenant les rapports de ces cinq puissances aux quatre Éléments, considérés par nos pères comme principes des choses, on trouvera que le mâle représente le FEU ; c'est en effet le Phtha, l'Osiris, le Vulcain des peuples de l'Égypte et de la Grèce. La femelle, dont la nature est humide, tient la place de l'EAU, ce principe universel sans lequel rien ne pourroit exister. La Semence fait l'office de l'AIR, et, comme ce fluide, s'insinue dans les replis les plus cachés des corps (1). Enfin la puissance génératrice de la femelle, ce feu terrestre, ce mouvement

(1) Voilà pourquoi le Paraclet, l'Esprit-Saint, qui procède du Père et du Fils, est représenté, chez les Chrétiens, sous la forme d'un Oiseau.

[p. 253]

intestin, qui développe les principes séminaux, et fait éclore le germe, est symbolisé par la TERRE, notre mère commune, matrice de tous les corps. Le Fils, l'être nouvellement émis à la lumière, produit de ce carré, en occupe le centre. C'est la Monade unie au Quaternaire, et voilà pourquoi le nombre CINQ étoit consacré à Thoth, Hermès, Mercure, Horus, Apollon ; pourquoi Pythagore le regardoit comme un nombre nuptial, favorisé de Junon (les Romains comptoient cinq dieux de cette espèce) ; pourquoi enfin ce nombre forme le Pentagrammaton du Sauveur du monde, ישועה, et, par cabbalisation, יהשוה (1).

(1) Delà vient encore l'étymologie du mot Quintessence. On entend, par ce terme, le Pur, l'Esprit, colligé de toute la substance d'un corps.

[p. 254]

Ce sont ces cinq puissances de la Nature qui, divinisées par les Sages de l'Inde et de l'Égypte, occupent le premier rang dans toutes les mythologies. Ce sont leurs aventures, c'est-à-dire les rôles divers qu'elles jouent dans les scènes variées du grand acte de la génération, qui composent les mythes fondamentaux des légendes sacrées. C'est encore à ces cinq points principaux, et aux différentes combinaisons que l'on peut former en les groupant (1), que se

Produit de l'élaboration des quatre Éléments, cet Esprit n'est pas, comme eux, sujet à perturbation : car l'idée de quintessence porte avec elle celle d'incorruptibilité. Prise au général. la quintessence est l'Éther, cinquième élément (l'Akash des Indiens), Horus, Jésus, le fils du Soleil, l'Étoile flamboyante. etc.

(1) Le Binaire offre dix combinaisons possibles. Les plus remarquables sont, 1°, Agent

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rapportent toutes les allégories numérales, depuis l'unité jusqu'au dénaire ; car, dans le dénaire, sont renfermés tous

et Patient, considérés comme Père et Mère, Frère et Sœur, Feu et Eau, Ciel et Terre, Soleil et Lune, premier Homme et première Femme, etc. ; 2°, Créateur et Destructeur, desquels dérivent le bon et le mauvais principes, le Paradis et l'Enfer, la Lumière et les Ténèbres, les Combats, les Mutilations ; 3°, Destructeur et Réparateur, Expiations, Régénérations, Hommes sauvés du déluge, Enfants échappés au meurtre, etc.

Parmi les nombreuses combinaisons que fournit le Ternaire, on remarquera Père, Mère, Fils ; Cneph, Athyr, Phtha ; Phtha, Neith, Osiris ; Osiris, Isis, Horus ; Créateur, Conservateur, Destructeur ; Brahma, Wishnou, Roudra, la Trinité des Indiens ; Cause, Intermède, Produit, celle des Chrétiens, le Père, le Fils et l'Esprit, qui procède des deux. Je ne pousserai pas ici plus loin cet examen.

[p. 256]

les nombres. Sur quoi j'observerai que, de même que l'intervalle que nous nommons Octave se trouvoit formé chez les Grecs par deux Tétracordes disjoints, de même la Décade est composée de deux Quinaires entièrement semblables. Ce fut ainsi que les Égyptiens partagèrent les dix sphères qui, chez eux, formoient le systême général du monde, en deux quinaires, l'un inférieur, l'autre supérieur, dont le soleil étoit le centre et le lien commun.

Pour rendre plus sensible la vérité de ces assertions, jetons un coup d'œil rapide sur la déification de ces cinq principes par les peuples de l'antiquité.

La Cause est susceptible de différens aspects. On peut l'envisager, ou seulement en puissance, et non encore manifestée ; ou bien en acte, principe incréé créateur du monde ; ou comme [p. 257] dieu du Feu (1), comme père de la Lumière (2) ; ou enfin comme roi des Astres et des Cieux, comme Soleil.

(1) Phtha est le Dieu Suprême, dit Hérodote ; son empire est éternel. Il régnoit avant les huit grands Dieux, avant Saturne, avant le Soleil ; il régnera toujours : Opas, Aphtas, Camephis, Pthtas, Hemphta, noms sacrés, noms redoutables ! A ce Dieu se rapportent et les Épreuves et les Purifications et les Baptêmes par le Feu. Le Triangle, la Pyramide, image assez exacte de la flamme, sont des symboles de cette puissante Divinité.

(2) Père de la Lumière, le principe créateur étoit en même temps considéré comme Dieu de l'Air ; car, sans ce milieu, nulle clarté ne parviendroit jusqu'à nous. Il recevoit alors les attributs analogues à ce nouveau caractère. L'Épervier, l'Aigle, le Garuda, le Paon, l'Ababil, le Scarabée fournissent la preuve de ce que j'avance. [p. 258]

En simple état de Puissance, l'Agent se confond aisément avec l'Intermède, et même quelquefois avec le Sujet (1). Il est, dans cet état, l'Esprit de Dieu porté sur les eaux, le Navayan des Indiens, l'Uzza des anciens Arabes, l'Eros, avant son mariage avec le chaos ; Brahma flottant sur une fleur de Lotos ; Birmah, sur une feuille de Betel ; Wishnou dormant sur la mer de lait, Jagrenat enfermé dans un arbre, Chrishna caché

(1) N'étant encore qu'en puissance, il n'a point de sexe, et peut aussi bien être considéré comme femelle que comme mâle. Au premier cas, c'est la Matière renfermant dans son sein le principe fécondant non développé ; au second, c'est l'Esprit flottant dans le vague, et qui, n'ayant point encore été mis en contact avec la Matière, ne peut être en état de fermentation ; car toujours la fermentation est le produit de deux principes.

[p. 259]

sous la forme d'un tronc, le géant Ymer sommeillant, etc.

Nous avons donné dans un autre ouvrage le tableau complet des noms et attributs de la cause première de tout ce qui existe. Passons à ceux qui sont particuliers au second principe de la Nature.

Qui pourroit méconnoître cette Divinité, mère de toutes choses, dominatrice des Éléments, source des Siècles, souveraine des Immortels, reine des Manes, première des Esprits célestes, type uniforme des Dieux et des Déesses ? Sous mille noms, sous mille formes, par mille cérémonies différentes, la Nature, cette puissance unique, éternelle, universelle, fut adorée chez tous les peuples de la terre. Les Phrygiens la nommoient Cybèle, les Athéniens Minerve, ceux de Chypre Vénus, les Crétois Diane,

[p. 260]

les Siciliens Proserpine, ceux d'Éleusis Cérès, d'autres Junon, Bellone, Hécate, Rhamnusie, et les Égyptiens, qu'aucun peuple n'égala dans la science des mystères, lui donnoient son vrai nom, ils l'appelloient Isis. Je ne pousserai pas plus loin ce tableau tracé par le philosophe de Madaure ; les premiers éléments de la mythologie suffisent à qui veut connoître l'universalité du culte de la Nature.

Le Patient ou principe femelle, sujet de toute création, soumis au mâle générateur, peut être symboliquement considéré ou avant, ou pendant, ou après la fécondation.

Les Mythographes ont encore étendu le champ de ces combinaisons, en peignant la Nature tantôt mâle, tantôt femelle, tantôt androgyne ; suivant qu'ils l'identifient avec le feu créateur, qu'ils [p. 261] la distinguent de cet agent, ou qu'ils supposent les deux éléments réunis dans un même type.

Prise avant la fécondation, la Matière est symbolisée par Buto, l'une des huit grandes divinités égyptiennes, la Latone des Grecs ; c'est encore l'Antre microcosmique de Mithra, le mystère de la génération qu'un voile impénétrable dérobe aux mortels. Buto fut nourrice d'Horus, comme la terre le devient des semences déposées dans son sein. A cette division appartient aussi le fameux Œuf Orphique, qui, tantôt dans la gueule du serpent, tantôt dans la bouche d'un jeune homme aîlé, chez les Japonois se brise sous les cornes du Taureau créateur.

Que la Nature ait été peinte sous les traits du sexe générateur, c'est un fait qu'on ne peut révoquer en doute. On

[p. 262]

connoît l'Isis mâle, la Vénus barbata, la Cerès Axieros. D'ailleurs quel symbole plus naturel pouvoit-on employer pour exprimer la faculté reproductrice des corps, la puissance fécondante de la Nature que l'organe même de la génération, le Phallus (1) ? A ce type radical, dont la Croix à anse est l'hiéroglyphe, se rapportent le Mendès, l'Amun des Égyptiens ; le Baal-phegor, le Miphletzeth des Hébreux ; les Nevropastes des Syriens ; le grand Pan des Grecs, leur Priape, leurs Phallophories, leurs

(1) Le culte du Phallus fut universel. Un auteur moderne, qui en a tracé l'histoire, le conduit jusqu'à l'établissement des Chrétiens, chez lesquels même il retrouve son Dieu chéri sous les symboles de Saint-Foutin, de Satnt Guerlichon, de Saint Guignolé. Cet auteur regarde même la Phallolatrie comme encore existante dans le midi de l'Europe.

[p. 263]

Ithyphalles ; le Friseo des Germains, le Lingam des Indiens, le Pasupati des Thibetains, les taureaux Mnevis, Onuphis. L'Ane est encore un symbole de cette espèce.

Le culte des Divinités Androgynes a couvert la surface du globe. Isis, Hermès, Bacchus, Typhon, Baal, Mithra, Dagon, avoient souvent ce caractère dans les simulacres qui les représentoient. On connoît l'Adagoüs des Phrygiens, l'Agdestis de Pessinunte, les Arsenothélées des Grecs (1), le Janus des Romains, l'Alilat des anciens

(1) Cecrops, Érichthonius sont encore des types androgynes, puisqu'ils réunissent les deux natures d'homme et de serpent. Ce n'étoit pas sans une raison secrète, que l'on supposoit l'enfant Ophiopode caché dans la Cyste consacrée, autre emblême du mystère de la génération.

[p. 264]

Arabes, l'Arta-Narissoura des Indiens, l'Adé des Banians, et beaucoup d'autres symboles à double nature que nous pourrions indiquer. Les auteurs des anciennes cosmogonies étoient tellement convaincus que tout est produit par l'union de deux puissances supérieures, qu'ils ne distinguèrent aucun principe des choses sans le supposer tantôt mâle, tantôt femelle, tantôt androgyne. Ainsi, l'on vit se rattacher aux mêmes types Saturne et Tellus, Jupiter et Junon, Apollon et Diane, Mercure et Minerve, Bacchus et Cérès, Vulcain et Vesta, Bubaste Œlurus, Isis Osiris (1), et

(1) Typhon et Nephthys, Vulcain et Vesta se rapportent au Feu ; Cneph et Neith, Jupiter et Junon, à l'Air ; Canope et Menuthis, Neptune et Amphitrite, à l'Eau ; Pan et Isis, à la Terre ; Lunus et Diane à l'Astre de la Nuit, etc. Il

[p. 265]

toutes ces Divinités furent en outre regardées comme androgynes. Ainsi, dans la Genèse, Moïse désigne le Dieu Créateur par le pluriel Élohim, et l'Homme, fait à son image, reçoit en naissant les deux Natures. Creavit Elohim hominem ad imaginem suam; ad imaginem Dei creavit illum : MAREM ET FEMINAM creavit EOS.

Nous avons indiqué déjà plusieurs symbolisations de l'Intermède, lorsqu'il est considéré isolément. C'est encore le Ta-aut des Phœniciens, l'Abaris des Scythes, traversant les airs sur une flêche ; le Baal-Tsephon, Dieu-Sentinelle des Hébreux, l'Adrastée des Grecs, etc. (1).

n'est point de mythologie où l'on ne trouve un semblable dualisme.

(1) La plupart des divinités de la Fable ne sont [p. 266]

d'Hésiode, l'Athyr des Égyptiens (1), la Déesse Baau de Sanchoniaton, la Nyx d'Orphée, l'Omorca des Chaldéens, le Monde de Surtur et l'Enfer des Scandinaves, le géant Ymer, formé des vapeurs gelées de l'abyme ; le חשך de la Genèse, répandu dans le vuide תהום ; le Thai-cue, matière inanimée des Tonquinois, etc. (2).

Les symboles relatifs au receptacle, à

(1) Athyr est la Nuit, elle est aussi la Vénus des Égyptiens, parce que le Chaos, fécondé ou non fécondé, est le principe prochain ou éloigné de toute création, de toute existence.

(2) Les anciens faisoient du Chaos ou un Feu urent et destructeur, celui de Surtur ; ou un Air épais ténébreux, comme les vapeurs de l'Averne ; ou une Eau froide, inféconde, comme celle du Phlegeton, ou une Terre aride et stérile, ראץ תהו בהו. La Musaragne, que l'on croyoit aveugle, étoit l'emblême du chaos.

[p. 267]

à la Matrice des corps se rapportent tous à Berouth, Ghé, Rhée, Cybele, Tellus, Boumidevi, Frigga, en un mot à tous les types terrestres. La Terre, en effet, n'est-elle pas la matrice où se développent les minéraux et les végétaux ; n'est-elle pas la nourrice de l'homme, et le sol sur lequel il vit comme attaché ? Au reste, on a souvent confondu la Matrice avec le Principe femelle lui-même (le tout avec la partie), comme l'Esprit fécondant, la semence des corps est fréquemment identifiée, dans les anciennes allégories, avec l'organe de la Génération et même avec le principe Générateur.

La dernière des cinq Puissances, ou plutôt le produit des quatre autres, le Fils peut être considéré comme le génie Conservateur, Législateur des Peuples, ou comme le Rédempteur et le Répara- [p. 268] teur de la mort, ou bien enfin comme Régénérateur. Je ne fatiguerai point le lecteur en lui retraçant le tableau qu'ont fait de ce personnage important les anciens mythographes. Il n'est personne à qui ces notions ne soient familières ; mais, afin de ne laisser aucune obscurité sur la doctrine des anciens, relativement à la génération des êtres, et pour rendre plus sensible en même temps la justesse de leurs allégories, je choisirai, parmi tous les corps de la Nature, un exemple, un point d'application, et cet exemple sera un grain de bled.

Ce corps est tout à la fois Cause et Résultat. Car, produit d'un grain semblable à lui, il doit à son tour en produire d'autres. Il sera donc allégoriquement considéré tantôt comme Père, tantôt comme Fils. De là, l'identité parfaite [p. 269] d'Élion et Uranus, d'Uranus et Cronus, d'Horus et d'Osiris. Ces deux dernières divinités sont perpétuellement confondues dans la mythologie égyptienne.

Ce grain renferme en lui la semence (1) ; nouvelle identité. Il est déposé dans le sein de la Terre (Berouth, Ghé, Tellus, Cybèle, etc.) ; la terre fut sa Mère ;

(1) Dans la contexture des corps, on doit distinguer le Sperme de la Semence proprement dite. Celle-ci n'est qu'un point imperceptible, une étincelle impalpable du Feu inné, de l'Ame du monde, dont le sperme forme l'enveloppe, comme celui-ci, au règne animal, se trouve enfermé dans la masse du corps. Au règne végétal, les Graines peuvent être considérées comme le sperme. L'auteur du Cosmopolite veut que la Semence soit, en capacité, la huit mil deux centième partie du corps qui l'enserre. Une telle évaluation ne peut guères être qu'idéale.

[p. 270]

elle est sa Femme puisqu'ils accomplissent ensemble l'acte de la génération : elle est encore sa Sœur, du moins celle du principe générateur qu'il renferme ; car, sans homogénéité, il ne peut y avoir de fécondation. Vous voyez avec quelle facilité s'expliquent les allégories des anciens, lorsque, dans ce dédale apparent, on peut saisir le fil d'Ariadne.

Les deux puissances génératrices ne sont pas plutôt en contact, que le grain enfle et s'amollit. Bientôt il fermente, noircit, se décompose. Les éléments qui le constituoient sont dans un véritable état de guerre. Un combat terrible s'engage eutre la vie et la mort ; celle-ci triomphe, toute aggrégation est rompue, le grain tombe en putréfaction, Consummatum est (1). Aussitôt le germe, que

(1) La destruction des corps opérée par la putréfaction est symbolisée par la Faulx de Saturnn.

[p. 271]

son étroite enveloppe déroboit aux yeux, et sembloit condamner à une prison perpétuelle, se dégage, s'élance, perce le sein de la terre. Il paroît, et sa naissance coûte la vie à son père.

Tel est le phénomène important, le mystère ineffable, vraie clef de la Nature (1), qu'avoient su pénétrer les an-

C'est encore cette même destruction qui a fait dire que l'époux de Rhée dévoroit ses enfauts. Le seul Jupiter (le germe fécondant) échappe à la mort. D'autre part, comme la dissolution des mixtes rompt leur aggrégation, absorbe leurs principes constituants, anéantit, pour ainsi dire, leur faculté génératrice, on a supposé que Saturne avoit privé son père des organes de la génération. Il reçoit ensuite le même traitement de son fils, ce qui signifie que la chaleur vivifiante se dégage du cloaque de la putréfaction, l'absorbe, s'en alimente et donne bientôt la vie à un nouvel être.

(1) Pluton, ce redoutable roi des enfers, tient

[p. 272]

ciens Sages, et dont ils firent le fondement unique de leur doctrine, le sujet principal des légendes sacrées, le type universel de toutes les allégories mythologiques. Cette prédilection de leur part fut bien naturelle. En effet, tout, dans l'univers, n'est-il pas soumis aux loix que je viens d'exposer ? Tout ne nous retrace-t-il pas la lutte éternelle des deux grands agents de la nature, et les victoires alternatives d'Orsmud sur Ahrimane, de Shiven sur Brama ? On ne sauroit trop le répéter, la Vie et la Mort se partagent le monde. Toutes deux en sont le Principe, toutes deux en sont le

deux Clefs dans ses mains puissantes. Elles expriment que, s'il a dans son empire les portes de la Mort, il est aussi gardien de celles de la Vie : le mot Amenthès, dit Plutarque, signifie celui qui REÇOIT et qui DONNE.

[p. 273]

Terme ; l'une ne peut exister sans l'autre, et toutes deux émanent d'une seule et même puissance (1).

(1) Nous terminerons ce court exposé par le tableau ci-joint, qui présente, réduit aux éléments les plus simples, le grand et beau systême de Physique générale qu'avoient formé les Sages de l'Égypte et de l'Asie, systême auquel se rattachent tous les faits observés, toutes les loix reconnues, toutes les hypothèses même des philosophes A quelqu'antiquité qu'il remonte, et quels qu'en aient été les auteurs, il fut adopté successivement par tous les peuples de la terre, et devint la base fondamentale de leurs dogmes religieux.

Le dernier terme de ce tableau fournit un exemple des liens qui toujours unissent le Moral au Physique, et de l'utilité que l'on peut tirer de ce dernier pour la science abstraite des Relations, la seule qui intéresse immédiatement l'homme.

Je crois superflu de rappeler au lecteur que, dans cet exposé, ce sont les idées des anciens, que j'ai décrites et non les miennes.

FIN.

Table alphabétique des mots rectifiés

Table alphabétique donnée par Delaulnaye en fin de volume, pages 274 à 317 : vingt-deux doubles pages où les quatre colonnes sont réparties sur les deux pages en regard, les noms au verso, leur sens et leurs renvois au recto. C'est cette disposition qui la rendait illisible pour la reconnaissance optique ; elle a été relue image en main, paire de pages par paire de pages, et les quatre colonnes rapprochées ici. 314 entrées. Les colonnes vides le sont dans l'imprimé : Delaulnaye donne parfois un nom rectifié sans forme corrompue, ou une forme corrompue qu'il ne redresse pas. Les renvois de page sont ceux de l'édition de 1813.

A B C D E F G H I K L M N O P R S T U X Y Z

Noms corrompusNoms rectifiésLeur significationGrades où ils se trouvent
A
AbadonABADDONqui ExtermineChevalier d'Orient et d'Occident, pages 111, 112.
AbdamonHABDAMONServiteurÉcossois de la Perf., 85.
AbibalcABI BALAHqui détruit le PèreÉlu de France, 66.
AbifABIPèreChevalier d'Orient; Écoss. Trinitaire, 99, 182.
AbyramABI RAMAHqui renverse le PèreÉlu de P., 66.
ACACIAMe Parfait, R. C. de K., 40, 121.
AcanHAKANqui BriseR. C. de K., 130.
Acaron SitoneACHARON SCHILTONEmpire tout nouveauKadosch, 221.
AchalUKALqui MangeEcoss. de St-André, 202.
AchiasACHIIAHFrère du SeigneurPrince de Jer. ref., 107.
AcobHAKOUBFrauduleuxPrinc. de Jer. réf., 107.
ADONSeigneur24.
ADONAÏles SeigneursMe Secr. Subl. Élu, Me Arch. R. Arche, Ecoss. de la Perf. Chever du Soleil, Chever du Templ. Ecoss. ref., 33, 71, 80, 89, 94, 192, 219, 239.
ADONIRAMSeigneur élevéMe Parfait, Ecoss. de St. A., 37, 75, 202.
AdouphHADOURMajestueuxEcoss. ref., 95.
AH! SEIGNEUR, MON DIEUMaître, 14.
AignHAINOEil, fontaineEcos. réf., 94.
AlbraChevalier du Soleil, 192.
AlleluiaHALLELOUIAHlouez le SeigneurSubl. Ecoss., 147.
ALLEZ-VOUS LOIN ?Ecoss. de la Perfection, 87.
ALPHA, OMEGAChevalier du Soleil, 192.
AMENDieu le veuilleSubl. Ecoss., 147.
A MOI, LES ENFANTS DE LA VÉRITÉCriPrince de Merci, 180.
A MOI, LES ENFANTS DE LA VEUVECri de Secours des MaçonsPartout, 141.
AnaniasHANANIAHDivination du SeigneurPr. de Jer. R. H., 106, 165.
AniamANIHAMForce du PeupleEcoss. de St. André, 202.
APOLLYONChev. d'Or. et d'Oc., 112.
A.ArchitecteMe Architecte, 76.
ArdarelEcoss. de St. André, 201.
AssardHAZAZFortEcossois réformé, 95.
ATERClosPrince de Jérusalem, 107.
AthersataTHIRSCHATHAÉchansonR. C. de K., 117.
Avreca Adonaï Recolgetho Tamith Thabritath RephiABORKAH ETH ADONAÏ BEKOL HETH: THAMIDTHE HILLATHO BEPHIJe bénirai le Sgr en tout temps ; sa louange sera toujours dans ma boucheKadosch, 220.
AzariasHAZARIAHSecours du SeigneurEcoss. de St. A., 107, 202.
B
BaanaBAHANAHPauvrePrince de Jérusalem, 107.
BaclimBEHALIMPréfetsGrand-Inspecteur, 239.
BagulcalBEGOAL KOLTout est expliquéElu des neuf, 60.
Bagulcal PharascalBEGOAL KOL PHARAS KOLTout est expliqué, tout est dans l'abjectionKadosch, 219.
BakolBACHOURJusteEcoss. réformé, 94.
BalthazarBELSCHATSARqui ne Thésaurise pointPrince de Jer. Vénér. Me ad Vitam, 106, 154.
B. D. S. P. H. G. F.Beauté, Divinité, Sagesse, Puissance, Honneur, Gloire, ForceChev. d'Or. et d'Occ., 113.
BenacaBEN HAKARfils de la StérilitéEl. des quinze, 64.
BenayaBENAIAHfils du SeigneurIbid, 64.
Benchanael jon HameyBAAHABAH ACHALLEK HIM HEHANIje Partagerai par amour avec le pauvreKadosch, 220.
Bencorim achard JakinaiBENCHORIM HAKAR IAKINAÏle fils des Nobles est ferme devant celui qui trouble toutIntendant des Bâtiments, 53, 56.
B. A. I.BENCHORIM HAKAR IAKINAÏIbid, 55.
BendecarBENDAKAfils de la ContritionElu des quinze, 64.
BengaberBEN-GHEBERfils du FortElu de France, 67.
Berit Neder AliamBERITH NEDER ELIHAMVœu d'alliance avec le Peuple de Dieu, ou avec le Dieu du peupleEcoss., 183.
Berit Neder SelemouthBERITH NEDER SCHELEMOTHAlliance, Promesse, Perfection ; ou Vœu d'une alliance complèteSecr. Int. Subl. El. Ecoss. de la P., 44, 71, 86, 91.
B. N. S.BERITH NEDER SCHELEMOTHIbid.
BezéléelBETSALELdans l'Ombre de DieuRose-Croix, Royal-Hache, R. Secr. 125, 164, 232.
BigvaBIGOAIIntrinsèquePrince de Jer. 107.
BilsanBILSCHANqui ScruteIbid, 107.
BoozBOHAZen ForceApp. Comp. Ecoss. Saint-André, 5, 197, 202.
BROACHING-TURNALMarteau à pointeRose-Croix de K., 129.
C
CainKAÏNPossessionRose-Croix, de K., 130.
CakiPrevôt et Juge, 50.
CamaelCHAMALIELIndulgence de DieuChevalier du Sol., 191.
CasmaranEcoss. de St-André, 201.
CephaneTSEPHONCachéPrince de Jér., 106, 107.
ChabireKABBIRPuissantEcoss. ref., 95.
CharlabahSCHOR LABANBœuf blanc (candeur)Kadosch, 216.
CHATITAPécheurPrince de Jér., 107.
ChaumexSOMEKBrillantIbid, 95.
Chemal Binem RabiraGHEMOUL BINAH THEBOUNAHPrudence, Intelligence, JusticeKadosch, 217.
Chœmul sealHAMAL SAGHIAgrand TravailKadosch, 216.
CHORIMNoblesIbid, 221.
CHOTSEBIMTailleurs de pierresMaître, 27.
CiviPrevôt et Juge, 50.
CodesqKODESCHSaintEcoss. ref., 95.
CONSUMMATUM EST.R. C., 138.
C. D. T. I. C.Corinthien, Dorique, Toscan, Ionique, CompositeMaître-Arch., 76.
CosaCHOSAHFortPrince de Jérusalem, 107.
CyrusR. C. Vénérable, 125, 156.
D
Demscoy—Hiram AbiGrand-Inspecteur, 239.
Deus sacratus machemDEUS SACRATUS NOKEMDieu sacré, vengeurKadosch, 224.
DIEU LE VEUT.Chevalier de la Palestine, Prince du Tabernacle, Kadosch, 144, 172, 209.
DIEU VOUS ASSISTE.Subl. Ecoss., 147.
DouglaDAGOULInsigneEcoss. ref., 95.
E
EDOMSanglantElu, 66.
EichISCHISalutEcoss. de Saint-André, 202.
EiecEHIEHJe suis, je seraiR. Ar. Ecoss. ref., 80, 94.
ELDieuIbid, 93, 94.
ElehiEL-CHAIDieu vivantIbid, 94.
EliabDieu fortRoyal-Arche, 80.
EliaelELIELForce du SeigneurKadosch, 214.
ELIAHvoyez Oliab.
ElieHELIIAHDieu fortRose Croix de K. 126.
ElionHELIONSoleilRoyal-Arche, 80.
EliosHELIOSSoleilChevalier du Sol., 193.
EloaELOAHDieuEcoss. ref., 94.
EloimELOHIMles DieuxIbid, 94.
EmereckAMARIAHÉloquentSubl. Elu, R. Secr., 71, 232.
EmmanuelHIMMANOUELDieu est avec nousRose-Cr. Subl. Ecoss., 120, 141, 147, 148.
EmmunackEMOUNAHVéritéKadosch, 216.
Endiague-LestercyGrand-Inspecteur, 239.
EnochCHANOKConsacréRose-Croix de K., 126.
EsdrasHEZRAAdjuteurR. Secr.
EsieVESIOSplendidementEcoss. réformé, 95.
F
Frédéric trois-NoéNoach, 159.
Fréd. trois-roi de Prusse.Grand-Inspecteur, 240.
FurlacEcoss. de Saint-André, 201.
G
G.God (Dieu), Géométrie, Garimont, Guimont, etc.Suivant les divers grades.
GabaonGHIBHONLieu élevéMaître. Ecoss. ref., 20, 93.
Gabaon-notadeGHIBHON NOTELEcoss. de la perf., 87.
GABRIELForce de DieuChevalier du Sol., 190.
GadonCheval. d'Or. et d'Oc., 112.
GalaadGHILHADréunion de TémoignagesEcoss. de la perf. 85.
GarimontChevalier d'Or. et d'Occ., R. Secr. 110, 232.
Géometros Xincheu Yzirie, Ivah, Hiram, Stolkin.Prevôt et Juge, 49.
GiblimGHEBOLIMles TermesMaître. R. C., 20, 121.
Giblim-GabaonPrince de Merci, 181.
GLOIRE A DIEU ET AU SOUVERAIN.Chev. d'Or., 109
GodelGADOL.GrandEcoss. ref. 94.
GomezGOMELQui donne à chacun suivant ses œuvres.Ecoss. ref. Pe de Merci, 93, 94, 181, 182.
Guimontle même que GarimontChev. d'Or. et d'Occ., 110.
H
HadaADARMagnifiqueEcos. réformé, 94.
HadarADARMois des HébreuxPrince de Jer., 103.
HARODIMPrésidentsPrévôt et Juge, 47.
HaudekPHODEHRédempteurEcoss. ref., 95.
HelehamELIHAMDieu du peuple, ou Peuple de Dieu.Elu des Quinze, 64, 183.
HeleanamEL CHANANGrâce de Dieu, Dieu miséricordieux.Royal-Arche, Ecos. de la perf. Rose-Cr. de Kilw. 80, 88, 92, 124.
HelialELIAHDieu fort.Rose-Croix de K., 126.
HELIONSoleilRoyal-Arche, 80.
HeniHUNNIMisérableRose-Cr. de Kilw., 130.
HeredonHERODOM, ou HEREDUM.des héritiersRose-Croix de K., 115.
HezedCHASIDMiséricordieuxEcossois ref., 95.
HiramCHIRAM ou CHOURAM.Vie élevée, Candidepartout, 21.
Hiram Abif.HIRAM ABIHiram pèrepartout, 23.
HisarHEZERSecoursElu de France, 67.
HobbhenR. Sec., 237.
HouzzéHUZZAVive le Roipartout, 3.
I
JabaniacHABAMAHLieu saint, élevéKadosch, 214.
JabulumRoyal-Arche, Ecos. de la perf., chev. d'Or. et d'Oc., 79, 86, 111, 112, 154.
JachinIAKINFermeApp. Comp. Ecos. de St-A. 10, 197, 202.
J. B. MIakin - Boaz - Makbena. Jacobus-Burgundus-Molai.Maître Kadosch, 206.
IAHDieuMe sec. Secrét. Int. R. Arch. Ecos., 33, 80, 95.
JahobeIAHEBqui accordeR. Ar., 80.
JakinaïPrév. et Jug., Intend. des bâtiments, Prince de Merci, 48, 54, 182.
IaoIAHOMaître-Secret, Intendant des bâtiments. R. Arch. Ecos., 33, 54, 80, 94.
JaphetIAPHETHBeau, persuadantNoach. Royal-Hache, 160. 164.
IeaIAHDieuIntendant des bât. 54.
JE COMPASSE JUSQU'AU SOLEIL.Ecoss. de St-André, 199.
JehobeISCHGOBPère élevéEcoss. réformé, 94.
IEHOVAHJe suis celui qui suisMaitre-parf. R. Ar. Ecoss. de la perf. Me ad vitam, Chef du Tabernacle, 39, 79, 89, 94, 154, 169.
J. H. VIEHOVAHMaître ad vitam, 157.
Jehovah-JakinPrince de Merci, 181.
JcksoneJACKS-SONfils de JacquesMe ad vit. Vénér., 154 156.
JibulumVoyez Jabulum.
I. N. R. IJudée-Nazareth-Raphael-Iuda, Ignem Natura Regenerando Integrat, Igne Natura Renovatur Integra, Igne Nitrum Roris Invenitur, Iammin, Nour, Rouach, Iebeschah, etc.Rose-Cr., Serp. d'Airain, Commandeur du Temp. 118, 141, 170, 186.
I. V. I. O. LInveni Veritatem In Ore LeonisR. Arche, 78.
JoabenIABINIntelligentElu de France, 66.
JOANNES RALPSerpent d'airain, 176.
JocabertSecrét. Int., 46.
IODPrincipeMe Secrét., Royal-Arche, 33, 80.
JohaberSecrét. Int., 46.
JoïadaIOIADAHConnoissance de DieuR. Secr., 237.
JosuéIESUAHSauveurPce de Jér. R. Secr., 107, 237.
ISRACHIAH, IEHOVAH, HIRAM, STOLKIN, GÉOMÈTRE, ARCHITECTE.Prévôt et Juge, 49.
JubelumVoy. Jabulum.
JubilIOBELqui donne la JoieRoyal-Arche, 79.
Juda-BenjaminIEHOUDAH-BINIAMINChevalier d'Or., 98, 105.
Judea-iaIEHOUDAH-IAHLouange à DieuIntendant des Bât., 56.
JUSTICE - ÉQUITÉ, AINSI-SOIT-IL.Insp. Inq. Command., 227.
IvahIEHOVAHMe Secr. Secrét. Int., 33, 46.
IvoranIORAMélevéEcoss. de St-A, 202.
K
KadosKADOSCHSaintEcoss. Kadosch, 95, 207.
KiCHAÏVivantIntendant des Bât., 54.
KirièsKYRIESeigneur !Kadosch, 215.
KyPrévôt et Juge, 50.
L
LA VERTU UNIT CE QUE LA MORT NE PEUT SÉPARER.Ecoss. de la perf., 91.
LemoudLIMMUDSavantEcoss. réformé, 95.
LE VOYAGE DE DIEUPrince du Tabernacle, 173.
LibanLEBANONBlanc, EncensRoyal-Hache, 164.
L. S. A. A. C. D. X, Z. A. S. N. S. C. J. M. B. O.Liban, Salomon, Abda, Adoniram, Cyrus, Darius, Xercès, Zorobabel, Ananias, Sidonius, Noé, Sem, Cham, Japheth, Moïse, Beseleel, Ooliab.Royal-Hache, 165.
L. D. P.Liberté De Passer Lilia Destrue PedibusChevalier d'Orient, 100. Mac. Templ.,
LOUEZ LE SEIGNEURSublime Ecoss., 147.
M
MaacaMAHAKAHCompriméElu de France, 67.
MacbenacMAKBENAMeurtre de l'ArchitecteMe de France, R. C. Ecoss. de St-A. 18, 121, 198.
M. B.MAK BENAPartout.
MacmaharababackMAKEH MEHARAH BEHA.Il a cherché le meurtrier dans la caverne.Ecoss. de la perf., 89.
MagacaciaPrince de Merci, 182.
MahabinMAKOBIMtes DouleursEcoss. de la perf., 87.
MahaboneMOABONdu PèreMaître, 16.
M. B.M.Moabon.
MaharsulMAHER SCHALAL CHASCH BAZqui hâte les dépouilles, qui accélère la proie.R. C. de K., 126.
MahuzenMACHSIMles SilentieuxRoyal-Secr., 232.
MalachiasMALAKIAngeIbid, 236.
ManchemMENACHEMConsolateurKadosch, 214, 219.
MardochéeMORDOKAIContrition amèrePrince de Jérusalem, 107.
MebaurelMEBORAKBéniEcoss. ref., 95.
MelechMELEKRoiIbid, 94.
MENATSCHIMPréfetsMaître, 27.
MenèsMENÉLuneChevalier du Sol., 193.
MichelMIKAELqui est comme DieuChev du Sol, 190.
MISCHKANTabernacleChef du Tabernacle, 167.
MISCHTARPouvoir suprêmeKadosch, 221.
MISPHERETHFontaineEcoss. réformé, 107.
MithridatesMITHREDATHqui explique la LoiPrince de Jérusalem, 106.
MoabonMOABdu PèreMe Ecoss. St-A. 15, 87, 202.
Moabon-Hiram-Jehovah.Rose-Croix de K., 135.
Mont-LibanMaître-Parfait, 42.
MoriaMORJIAHMyrrhe du SeigneurRose Croix de K., 127.
MotechMATHOKDouceurKadosch, 216.
MoyseMOSCHEHEnlevéSerpent d'airain, 176.
N
NabucodonosorNEBUKADNETSARGémissement du jugement de MisèrePrince de Jérusalem, 106.
NabuzardanNEBOUZARADANProphétie du jugement étranger.Ibid, 106.
NACHAMANIConsolateur.Chevalier d'Orient, 107.
NACHUMConsolateurChevalier d'Orient, 107.
LES NATHINÉENSChevalier de la Pal., 145.
NauralNORAFormidableEcoss. réformé, 95.
NECHUSTHANSerpent, oracleSerpent d'airain, 177.
NEC PRODITOR NEC PRODITUR INNOCENS FOVET.Kadosch, 209.
NecumNEKAMVengeanceElu, 58, 65, 219.
Necum AdonaïNEKAM ADONAÏVengeance, SeigneurKadosch, 211, 218.
N. A.NEKAM ADONAÏIbid.
NEKAMAHVengeanceEcoss. de St-A., 199, 200.
Necum BaclimNEKAMAH BAELIMVengeance parmi les forts219, 239.
NEKAM MAKAH BEHALIM.Vengeance, Meurtre, Elus,Kad. Grand-Insp., 239.
Necum NecarNEKAM NIKARVengeance! il a frappéElu des neuf, 58.
NIKAR NEKAMIl a frappé! vengeanceElu de France,
N. N.NEKAR NEKAMIbid.
NehemiasNEHEMIAHConsolation de DieuPr. de Jér. R. Sec. 107, 236.
NemehaniackNECHEMIAHConsolation de DieuKadosch, 214.
Nica MacaNEKAM MAHAHVengeance, meurtreKadosch, Royal Sec., 214,
N. M.NEKAM MAKAHIbid.
NoéNOACHReposRoyal Hache, 163.
Nojkesanagr. de Jeksone, pour Jaks-sonVénérable.
NoniRoyal Secret, 230.
NotadeNOTELqui préfèreEcossois de la Perf., 88.
O
ObedHOBEDServiteurEcoss. de St.-André, 202.
ObededdonHOBED EDOMServiteur de l'HommePrince de Jérusalem, 107.
OliabAHOLIABTabernacle du père, ou Père du tabernacleR.-H., R. Secr., 164, 232.
OniamANIHAMForce du PeupleEcoss. de St.-André, 202.
Oseb EloaOHEB ELOAHqui aime DieuKadosch, 217.
Oseb ScharabelOHEB KEROBOqui aime son ProchainIbid, 218.
OséeHOSCHEAHSauveurRose-Croix, 141.
P
Paulcal PharascalPHAALKOL PHARAS KOLtout est Opéré, tout est Expliqué.Kadosch, Royal-Secret, 219, 230.
Paulcal Pharat KadosPHOHAL PHERED KADOSCHla Sainteté de ses œuvres l'a Séparé.Chevalier de la Palestine, 145.
PAX VOBISRose-Croix, 141.
PerignanChev. d'Or. et d'Oc., 112.
PERPEN-ASTERPierre AngulaireRose-Croix, 124.
PHALEGConfusionNoach., 160.
PhaudeckPHODEHRédempteurEcossois réformé, 95.
R
RabacimRAB BANAÏNMaître des ArchitectesMaître-Architecte, 75.
R. M.RAB BANAÏN (R. N.)Ibid, 76.
RAPHAELMédecine de DieuChev. du Soleil, 191.
RaphodonChev. d'Or. Rose-Croix de Kilwining, 99, 118.
RazabassiRAZAH BETSHAHIl Extermina dans la Solitude.Maître ad Vitam, 153.
R.RAZAH BETSHAHMaître ad vitam, 155.
ReblataRIBLATAHRixe (la ville d'Antioche).Prince de Jer., 107.
RechamiasRAHAMIAHTonnantIbid.
RodeckRODEHqui CommandeEcossois réformé, 95.
ROZNIMles PrincesKadosch., 221.
S
SabaelSABBALPoids pris pour Patience. PortefaixKadosch, 217. Maître, 27.
SachaïZAKAÏPurEcossois réf., 95.
SadaïSCHADDAITout-puissantEcos. réf., R. Sec., 95, 231.
SalatielSCHEALTHIELPostulé de DieuRose-Cr. de K. 118, 133.
SalixRoyal-Secret, 230.
SalomeSCHALLUMPacifiqnePrince de Jer., Chev. d'Or., 99, 107.
SalomonSCHELOMOHPacifiqueCommand. du Temp., 186.
SaphiSCHUPHIqui IndiquePrince de Jer., 107.
SaraiasSERAIAHCantique du SeigneurIbid, 106.
SchiboletSCHIBBOLETHÉpiComp. Ecoss. de la Perf., 11, 86.
Schoemul ScolHAMAL SAGHIAgrand TravailKadosch, 216.
SedechTSEDEKJusteEcoss. réf., 95.
SekinacSCHEKINAHPrésence de DieuRose-Croix de Kilw., 127.
SelemiasSCHELEMIAHPaix du SeigneurChev. d'Orient, 107.
SemamphorachSCHEM HAMMEPHORASNom bien ExpliquéEcossois de France, 92.
SEM, CHAM, JAPHETHRenommée, Noir, BeauNoach., 160.
SidoniusTSIDONIChasseur, SidonienRoyal-Hache, 164.
SillexSCHILOPaixChev. d'Orient, 99.
SionTSIONMonument, TombeauChev. de la Palestine, 144.
SobaiSCHOBAIConversionPrince de Jérusalem, 107.
SophonieTSEPHANIAHSecret du SeigneurIbid., 108
S. S. S.Stella Sedet Soli, ou Science, Sagesse, Sainteté.Chev. du Soleil, 189.
StarbuzanaiSCHETHAR BOZENAÏConspuant ceux qui me méprisent.Chev. d'Orient, 105.
STIBILUMAntimoine des philos.Chev du Soleil, 192.
StolkinSublime Elu, 71.
LE TABERNACLE DES VÉBITES RÉVÉLÉES.Ch. du Tab., 169.
T
TabaorTEBACHMeurtreElu, 66.
TakentalTECHINNAHGracieuxEcossois réformé, 95.
TalliudEcos. de St.-André, 201.
TELMONprésent de RoséePrinc. de Jer., 107.
TanguRoyal-Secret, 230.
TebelTEBETHmois des HébreuxPrince de Jer., 103.
TeorTEHORPurEcossois réf., 95.
Tesla cadesTSEDAKAHJusticeKadosch., 215.
TETRAGRAMMATONnom de Dieu en quatre lettres.Chev. du Soleil, 193.
TitoPrev. et Juge, 47, 49.
ToffetTHOPHELRuineElu, 66.
Toub Banai AmalabecTOUB BAHANI HAMAL ABELle Travail soulage le malheureux dans l'afflictionRoyal-Arche, 79.
TSOHIMles VoyageursKadosch., 221.
TubalcainTHOUBAL-KAÏNPossession du MondeMaître, 17.
U
VAINCRE OU MOURIREl. de Fr. Kad., 72, 209, 223.
VINGT—VINGT-TROISPrince de Jérusalem, 103.
VIVATApplaudissement des Maçons30.
UrielOURIELFeu de DieuChevalier du Tabernacle, Chev. du Soleil, 169, 190.
X
XincheuPrevôt et Juge, 49, 50.
Y
Ya Vaurum AmmenIAHABOROU HAMMAIMIls passeront les EauxChevalier d'Orient, 99.
YvaIVAHpar syncope, pour IehovahMe. Secr. Secr. int. 33, 46.
YzirieIZRACHIAHDieu LevantPrevôt et Juge, 49.
Z
ZabulonZÉBULOUNHabitacleR. Arch., 79.
ZacharieZEKARIAHMémoire du SeigneurPrince de Jérusalem, 107.
ZanabosanMaître ad Vit., 154.
ZaphielTSAPHIELDieu cachéChevalier du Soleil, 191.
ZaraiasZERACHIAHDieu LevantEcoss. de Sainte Ande, 202.
ZarakielZERACHIELDieu LevantChevalier du Soleil, 190.
ZedidiacZEBADIAHVictime de DieuEcoss., 93.
ZerbalSec. Int. El. des 15, 46, 64.
ZizonZIZASplendeurMaître-Secret, 34.
Z.ZIZAIbid, 35.
ZorobabelZERUBABELDispersion de la ConfusionChev. d'Or. Prince de Jérusalem, R. C. de K., 97, 107, 132.

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