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Le Franc-Maçon

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Travaux de recherche maçonnique

Les Textes maçonniques Tuileur du Rite Écossais Ancien et Accepté (Vuillaume)

Rite Écossais Ancien et Accepté · Tuileurs · 1820

Tuileur du Rite Écossais Ancien et Accepté (Vuillaume)

27 699mots
34sections
120 minde lecture
françaislangue

Texte établi sur le fac-similé de Claude-André Vuillaume, « Manuel maçonnique, ou Tuileur de tous les rites de maçonnerie pratiqués en France » (Paris, Delaunay et Hubert, 1820), section du Rite Écossais, pages 41 à 224 : numérisation Google Books pour le texte, numérisation Gallica / BnF pour les planches

Sommaire

Texte établi sur le fac-similé : océrisation à 600 dpi de l'exemplaire numérisé par Google Books, fusionnée avec la couche texte de la numérisation Gallica, puis relue mot à mot sur les images, page par page. L'orthographe de 1820 est conservée telle qu'imprimée (applaudissemens, surveillans, tems), y compris les coquilles de l'édition. L'hébreu, le chaldaïque et le grec sont restitués dans leur écriture. Les batteries sont notées dans l'imprimé par des figures de musique : elles sont rendues ici par « ● » pour un coup bref et « ○ » pour un coup tenu. Les repères entre crochets droits donnent la pagination de l'original. Les trente planches gravées, absentes de la numérisation Google, proviennent de la numérisation Gallica : celles qui se rapportent à un grade sont placées à sa suite, les autres forment la galerie de fin.

1e degré — Apprenti

[p. 41]

TUILEUR

DU RITE ECOSSAIS, ANCIEN ET ACCEPTÉ.

Décoration de la Loge.

TENTURE rouge.

Trois lumières, une à l'est, vers le sud, deux à l'ouest, des côtés nord et sud.

A l'ouest, sont deux colonnes de bronze d'ordre corinthien ; sur chaque chapiteau sont trois grenades entr'ouvertes ; sur le fût de la colonne, à droite en entrant, est la lettre J, et sur celui de l'autre colonne, la lettre B.

Autour de la loge est la houpe dentelée.

Sur le pavé, au milieu de la loge, un peu vers l'est, est le tracé ou tableau de la loge (Voyez Planche Ire).

[p. 42]

A l'est, est un dais d'étoffe rouge avec franges en or ; au-dessous du dais, est un trône où se place le président ; devant le trône, est un autel sur lequel sont posés une équerre, un compas, une bible, un glaive et un maillet. Le trône et l'autel sont élevés au-dessus du pavé, sur une estrade de trois marches.

A la droite du trône, au-dessous de l'estrade, sont la table du secrétaire, et le bureau de l'hospitalier. Vis-à-vis ces deux tables, et à la gauche du trône, sont : le bureau de l'orateur, et ensuite celui du trésorier.

A l'ouest, en avant de la colonne J, est un fauteuil pour le premier surveillant ; au sud, en remontant vers l'est, est un autre fauteuil pour le second surveillant. Chacun des surveillans a devant soi une table sur laquelle est posé un maillet.

Un peu en avant de l'autel du trône est placé un petit autel triangulaire, nommé l'autel des sermens.

TITRES.

Une réunion de maçons se nomme Loge ; elle se compose des officiers dont le tableau suit :

[p. 43]

TABLEAU DES OFFICIERS QUI COMPOSENT UNE LOGE.

1°. Un Vénérable, président ; 2°. Deux Surveillans ; 3°. Un Orateur ; 4°. Un Secrétaire ; 5°. Un Trésorier ; 6°. Deux Experts ; 7°. Un Garde des Sceaux ; 8°. Un Aumônier ou Hospitalier ; 9°. Un Maître des Cérémonies ; 10°. Un Maître des Banquets ; 11°. Deux Diacres ; 12°. Un Porte-Etendard ; 13°. Un Porte-Epée ; 14°. Un Architecte du Temple ; 15°. Un Garde du Temple ;

En tout dix-huit officiers. Lorsque les loges sont nombreuses, on peut nommer des adjoints à tous les officiers, excepté aux trois premières lumières ou officiers.

En loge, les lumières sont nommées étoiles, et les épées, glaives.

On n'écrit point en loge, on trace une plan- [p. 44] che ; le papier est la planche à tracer, et la plume est un burin ou crayon.

Les banquettes sur les côtés, où se placent les frères, sont des colonnes.

SIGNES.

1°. Porter à la gorge la main droite ouverte, les doigts réunis, le pouce écarté et formant l'équerre. Lorsqu'on reste en cette position on est à l'ordre ;

2°. Retirer la main horizontalement vers l'épaule droite, et la laisser retomber le long du corps, le bras allongé, ce qui décrit une équerre.

ATTOUCHEMENT.

Prendre la main droite de celui dont on veut se faire connaître, presser légèrement avec l'ongle du pouce, la première phalange de l'index ; c'est la demande du mot ; en réponse, on donne le mot sacré, suivant la forme mystérieuse connue des seuls initiés.

BATTERIE.

Trois coups égaux : ● ● ● ! (1).

(1) On fait une grande faute, lorsqu'en ouvrant ou en fermant la loge d'apprenti, on triple cette batterie, en frappant trois fois trois coups. On ne doit frapper que trois coups avec le maillet, et pour l'acclamation trois coups dans les mains.

[p. 45]

Dans les acclamations ou dans les applaudissemens, on frappe trois fois dans les mains ; à la troisième fois, et en même tems, on frappe la terre avec la pointe du pied droit, que l'on a levée tant soit peu, sans avoir détaché du plancher le talon ; on s'écrie ensuite par trois fois, huzza ! (prononcez houzzai) (1).

MARCHE.

Trois pas en avant, en partant du pied gauche, et en assemblant à chaque pas. (Voyez Planche V, fig. 1.)

Dans le cours de la réception, le récipiendaire fait trois voyages.

AGE.

Trois ans.

TEMS DU TRAVAIL.

De midi à minuit.

HABILLEMENT (2).

Un tablier de peau blanche, dont la bavette est relevée.

(1) Ce mot nous vient des Anglais ; voilà la cause de la différence entre l'orthographe et la prononciation ; il est employé en signe de joie, et répond au vivat des Latins. Les anciens Arabes se servaient du mot Uzza, dans leurs acclamations ; c'est aussi un des noms de Dieu, dans leur langue.

(2) Sous le titre de vêtement ou d'habillement, on n'entend parler, dans cet ouvrage, que des ornemens ou décorations que l'on porte en loge.

[p. 46]

Pendant le cours de la réception, le récipiendaire a les yeux couverts d'un bandeau ; il n'est ni nu, ni vêtu ; il a le bras et le sein gauche découverts, le genou droit nu, le soulier gauche en pantoufle (1) ; il est dépouillé de tous métaux (2). (V. Planche II.)

MOT SACRÉ.

Booz (3), c'est le nom d'une des colonnes du temple de Salomon. (Paralip., liv. 2, ch. 3, v. 17 ; et Rois, liv. 3, chap 7, v. 21.) On ne fait qu'épeler ce mot.

Il n'y a point de mot de passe, c'est le mot sacré qui en tient lieu.

(1) Dans l'initiation ancienne, le candidat était dépouillé de tous ses vêtemens ; il recevait une nouvelle robe dans le cours de ses épreuves.

(2) Les prêtres égyptiens, pour sacrifier au soleil, déposaient leurs bagues et leurs autres ornemens d'or ou d'argent.

(3) Héb. בְּעָז Bogaz (in fortitudine) formé de עז chald. (fortis) et de la préposition ב (in). Booz est le nom de l'époux de Ruth. Il était fils de Salmon et trisaïeul de Salomon. (Ruth, chap. IV.)

Les Anglais prononcent Boaz, et ils ont raison, mais la prononciation Booz, conforme à la traduction latine, a prévalu en France.

Quelques-uns écrivent Bohaz ou Bohoz, c'est une faute, le ע ne peut s'exprimer par l'h, et il vaut mieux suivre alors l'usage admis, supprimer tout-à-fait cette lettre.

[p. 47]

Les apprentis reçoivent leur salaire à la colonne B.

Nota. Dans quelques cahiers ou régulateurs, on emploie indistinctement le mot de candidat ou de néophyte pour désigner le récipiendaire. Nous croyons utile de donner une définition de ces mots, afin d'en faire la juste application.

Le Candidat est celui qui est proposé pour l'initiation. Une fois que la loge a consenti à l'admettre, il n'est plus candidat, il est Postulant.

Admis aux épreuves, il est Récipiendaire.

Une fois reçu, c'est un Néophyte, du grec νεόφυτος, nouveau né, racine νέος, nouveau, et φύω, je nais.

Planche II
Planche II. Le récipiendaire préparé pour l'initiation : les yeux bandés, la poitrine et le bras droit découverts, le genou gauche nu, la jambe droite déchaussée, la main droite levée.
Planche V
Planche V. Les marches (pas) des trois premiers grades figurées par des empreintes de pieds (fig. 1 à 3), l'équerre et le compas entrelacés (fig. 4) et un bijou circulaire aux deux colonnes surmontées de l'étoile flamboyante entourée de lettres initiales (fig. 5). fig. 1 à 5.
Planche VI
Planche VI. Tabliers maçonniques : tablier d'Apprenti à bavette relevée (fig. 1), tablier de Compagnon (fig. 2), tablier de Maître portant les initiales M∴B∴ (fig. 3), et cordon en sautoir garni d'un bijou à l'équerre et au compas (fig. 4). fig. 1 à 4.

2e degré — Compagnon

[p. 48]

Décoration de la Loge.

La tenture comme au premier degré.

Au lieu de trois lumières, il y en a cinq.

Sur le pavé est le tracé de la loge (Planche III).

L'apprenti devient compagnon, en passant de la perpendiculaire au niveau.

Les compagnons reçoivent leur salaire près de la colonne J.

Les titres des officiers sont les mêmes qu'au premier degré.

SIGNES.

1°. Porter la main droite sur le cœur, les doigts un peu arrondis, comme pour saisir un objet.

2°. Élever la main gauche ouverte, et la paume en avant à la hauteur de la tête, le coude rapproché du corps. Ces deux mouvemens composent le signe d'ordre.

[p. 49]

3°. Retirer horizontalement la main droite, vers le flanc droit, et la laisser retomber le long du corps, le bras allongé ; pendant ce mouvement, abaisser la main gauche le long du corps.

Les trois mouvemens réunis composent le signe entier.

ATTOUCHEMENT.

Prendre la main droite du tuileur, poser le pouce entre la première phalange du doigt annulaire et du médius ; dans cette position, donner le mot de passe. Le tuileur passe ensuite le pouce sur la première phalange du doigt médius, en la pressant légèrement avec l'ongle ; c'est la demande du mot sacré.

Il y a des loges où l'on fait l'attouchement sur la seconde phalange de l'index, c'est une faute.

BATTERIE.

Cinq coups égaux : ● ● ● ● ● !

Dans les applaudissemens, il est assez d'usage d'employer la batterie d'apprenti, parce que l'on a contracté l'habitude vicieuse de la faire par trois fois trois ; mais, dans l'ordre, la batterie ne doit être que par cinq.

[p. 50]

MARCHE.

Trois pas d'apprenti, puis deux autres pas obliques, l'un à droite, en partant du pied droit et assemblé, l'autre, en partant du pied gauche et assemblé. (V. Planche V, fig. 2.)

Dans le cours de la réception, le récipiendaire fait cinq voyages. Le premier, avec un maillet et un ciseau ; le second, avec le compas et l'équerre ; le troisième, avec la pince et une règle ; le quatrième, avec l'équerre et la règle ; et le cinquième, ayant les mains libres.

AGE.

Cinq ans.

TEMS DU TRAVAIL.

De midi à minuit.

HABILLEMENT.

Un tablier de peau blanche, ayant la bavette rabattue.

MOT DE PASSE.

SCHIBBOLETH, héb. שִׁבֹּלֶת spica (Jug. ch. 12, v. 6), que l'on traduit ainsi : Nombreux comme des épis de bled.

Ce mot, qui signifie également épi et fleuve, servait de mot du guet aux Galaadites, dans la guerre qu'ils eurent sous Jephté contre les

[p. 51]

Ephraïmites ; ceux-ci ne savaient pas prononcer le schin (שׁ), dic ergo : schibboleth, qui respondebat sibboleth.

MOT SACRÉ.

JAKIN (Jachin), nom d'une des colonnes du temple de Salomon (Paralip., liv. 2, chap. 3, v. 17 ; Rois, liv. 3, chap. 7, v. 11), il ne se prononce pas, on ne fait que l'épeler.

Héb. יָכִן firmus, stabilis, rectus, preparatio. (Racine כוּן Coun) (1).

Jachin est aussi le nom du troisième fils de Siméon, fils de Jacob. Il fut père des Jachinites (Jakinites), (Gen. chap. 46, v. 10 ; Nomb, chap. 26, v. 12.)

(1) Quoique l'on doive écrive Jachin, et prononcer le ch comme le k, l'orthographe Jakin a prévalu, sans doute, pour éviter toute ambiguité dans la prononciation.

Planche III
Planche III. Tracé de la Loge de Compagnon. Tableau de la loge du grade de Compagnon, orienté Est-Ouest-Nord-Sud, avec les deux colonnes B et J, l'étoile flamboyante marquée G, le pavé mosaïque, la houppe dentelée, le soleil et la lune, les trois fenêtres, la pierre brute, la planche à tracer et les outils du grade.

3e degré — Maître

[p. 52]

Décoration de la Loge.

TENTURE noire, parsemée de larmes blanches, de têtes de morts et d'os en sautoirs, groupés par trois, cinq, sept.

Neuf lumières groupées par trois; un groupe à l'est, un au sud et un à l'ouest.

Sur le pavé le tracé de la loge (Planche IV).

TITRES.

La loge des maîtres est nommée chambre du milieu.

Le président se nomme très-respectable maître; les surveillans, très-vénérables maîtres; et les frères, vénérables maîtres.

On devient maître en passant de l'équerre au compas.

Les maîtres reçoivent leur salaire dans la chambre du milieu, où l'on parvient en montant un escalier en forme de vis. (Rois, liv. 3, chap. 6, vers. 8, pour la chambre du milieu.)

SIGNES.

1°. Porter la main droite horizontalement [p. 53] ouverte, les doigts étendus et rapprochés, le pouce séparé, et appuyé contre le flanc gauche au-dessous du pectoral : signe d'ordre;

2°. Elever ensuite les deux mains vers les cieux, les doigts étendus et séparés, en disant : Ah! Seigneur, mon Dieu! (héb. אֲדֹנָי אֱלֹהָי adonaï elohai, Domine, Deus meus!) Ce sont les mots que proférèrent les maîtres à la vue du corps de Hiram assassiné; laisser, après cette exclamation, retomber les deux mains sur le tablier, pour marquer la surprise et l'étonnement.

SIGNE DE SECOURS.

Dans le cas où un maître serait en quelque danger, il appelle ses frères à son secours par le signe suivant : élever les deux mains jointes au-dessus de la tête, la paume en dehors, en disant : à moi les enfans de la veuve! (hébr. אֵלַי בְּנֵי אַלְמָנָה elai b'ne al'manah, huc venite filii viduæ) (1).

Un maître interrogé sur ce qu'il est, répond : l'accacia m'est connu.

(1) On cite dans l'histoire des dernières guerres plusieurs exemples touchans de la fraternité maçonniqu , que la différence de nations ne détruit même pas. Dans la chaleur des combats, dans la poursuite des succès, le signe est-il aperçu? l'ennemi est désarmé, il protège la vie de son frère, il le secourt s'il est vaincu.

[p. 54]

ATTOUCHEMENT.

1°. S'approcher réciproquement du pied droit par le côté intérieur; 2° se toucher le genou droit; 3° s'approcher le haut du corps; 4° se poser réciproquement la main gauche sur l'épaule droite, pour se tenir plus étroitement et s'attirer l'un à l'autre; 5° se prendre mutuellement la main droite en formant la griffe pour embrasser la paume. Ce sont les cinq points parfaits de la maçonnerie.

Ensuite on prononce l'un et l'autre alternativement les trois syllabes qui composent le mot sacré.

BATTERIE.

Neuf coups, par trois fois trois : ● ● ○ — ● ● ○ — ● ● ○!

MARCHE.

Trois pas élevés, comme si l'on passait au-dessus de quelqu'objet placé à terre, en obliquant; le premier pas à droite, partant du pied droit, assembler; le second pas à gauche, partant du pied gauche, assembler; le troisième pas à droite, partant du pied droit, assembler. (Voyez Planche V, fig. 3.)

AGE.

Sept ans et plus.

TEMS DU TRAVAIL.

De midi à minuit.

[p. 55]

HABILLEMENT.

Tablier blanc doublé et bordé de rouge, avec une poche au-dessous de la bavette. Au milieu du tablier sont peintes ou brodées en rouge les lettres M∴ B∴

Un cordon de quatre pouces de largeur, bleu, moiré, porté en écharpe de droite à gauche; au bas du cordon est suspendu, avec une rosette rouge, le bijou, qui est composé d'une équerre, sur laquelle se croise un compas ouvert à 45 degrés.

Le bijou est en or; on peut l'enrichir de pierreries. (Voyez Planche V, fig. 4.)

MOT DE PASSE.

THUBALKAIN (héb. תּוּבַל־קַיִן thoubal-kain, possessio mondana). C'est le nom du fils de Lamech לֶמֶךְ (pauper) (1).

(1) Nous avons eu sous les yeux une explication astronomique des trois premiers grades, donnée par un maçon anglais, d'un mérite distingué, et qui n'est imprimée nulle part, dans laquelle il fait prononcer תּוּבַל־קַיִן Joubalkain, et l'on reconnaît que ce n'est pas sans intention, puisque le même nom est ainsi répété plusieurs fois. Cette particularité nous confirme dans l'opinion que nous avons émise sur la prononciation du ת (thau) des Hébreux, qui devait avoir la valeur et le son du th en anglais. Ce n'en serait pas moins

[p. 56]

MOT SACRÉ.

MOABON (héb. מואבן Racine מואב Moab, à patre). C'est le nom du fils de Loth, né de son inceste avec sa fille aînée (Gen. chap. 19, vers. 36 et 37) (1).

une corruption que d'écrire Joubalkain ou Zoubalkain, mais cependant cette orthographe rapprocherait davantage de la vraie prononciation, qu'aucun signe dans la langue française ne peut rendre.

(2) Dans plusieurs loges, on traduit מוֹאָבִי, pourri jusqu'aux os; nous ignorons sur quel fondement. Cette interprétation conviendrait mieux au mot sacré du rite français מַק־בְּנָה, mak-b'nah (et non pas mac-benac, comme on l'enseigne), qui signifie ædificantis putrido, filius putrificationis, racine, מק et בן.

Ce mot est le même que מַכְבְּנָא, Syriaque, qui signifie percussio, interfectio ædificantis, racine נכה ou מְחָא, Chaldéen, percussit.

Makb'nah vaudrait donc mieux, selon cette interprétation, et le cas dans lequel il est employé; mais le mot sacré Moabon (et non Mohabon ou Mahabon, comme quelques-uns l'écrivent), n'étant pas seulement dans le grade de maître, mais se reproduisant encore dans beaucoup d'autres du rite écossais, il se trouve consacré par un usage général.

[p. 57]

NOTICE

Sur les trois premiers Degrés de la Maçonnerie,

DÉSIGNÉS SOUS LE TITRE

De Maçonnerie bleue, ou Adonhiramite.

Nous ne répéterons pas ce que nous avons dit au commencement de cet ouvrage, sur l'origine probable de la forme maçonnique des mystères. On choisit pour fond de l'allégorie l'édification d'un temple au vrai Dieu, dont on trouva le modèle dans la construction de celui de Salomon, le premier qui ait été ostensiblement élevé au Dieu unique et immateriel on en fit la base du système, et on y rapporta toutes les connaissances que l'on réservait aux initiés, et que l'on voilait ainsi pour les yeux vulgaires.

Il est évident que l'histoire tragique du premier maître Hiram est controuvée; la Bible n'en fait nulle mention, c'est ce qui a fait dire à ceux qui prétendent que les mystères maçonniques sont tout-à-fait modernes, que cet Hiram n'était autre que le grand maître des

[p. 58]

Templiers, Jacques de Molay. Sans nous engager, à ce sujet, dans une discussion qui demanderait de plus grands développemens, nous dirons que l'histoire de la mort prétendue de Hiram peut être une allégorie qui retracerait le système des anciens sur les phénomènes de la nature.

Hiram est un personnage qui a réellement existé, et sur le compte duquel les premiers maçons, libres ou francs, mirent toute l'histoire astronomique du soleil, comme les autres formules étaient la figure des opérations de la nature, dans ses reproductions journalières; à l'exemple des anciens, qui avaient attribué à Apollon, à Bacchus, à Hercule, etc., des aventures qui toutes avaient pour objet de peindre des révolutions solaires.

Cette opinion est confirmée par le prénom d'Adon (héb. אָדוֹן dominus), qui a été donné à Hiram, l'un des noms le plus ordinairement employé par les Hébreux pour désigner Dieu.

Hiram (héb. חִירָם Hhiram, celsitudo vita, racine חַי hhai, vie vivante, et רָם ram, élevé) est désigné comme l'architecte suprême du temple de Salomon (Paralip., liv. 2, chap 2, v. 13); il est nommé dans la Bible חוּרָם Hhouram, candidus. Il y est dit qu'il était ex- [p. 59] pert dans l'art de sculpter, de fondre, de ciseler : Misi ergo tibi virum prudentem et sapientissimum Hiram, patrem meum, filium mulieris de filiabus Dan, cujus pater fuit Tyrius, qui noverit operari in auro et argento, ære et ferro, et marmore, et lignis, in purpura quoque, et hyacintho, et bysso, et coccino; et qui sciat cœlare omnem sculpturam et adinvenire prudenter quodcunque in opere necessarium est, cum artificibus tuis, et cum artificibus domini mei David patris tui. (Paralip., liv. 2, chap. 2, v. 13 et 14.)

Ce fut cet Hiram qui coula en bronze les deux colonnes qui étaient à l'entrée du temple, qui construisit la mer d'airain, les dix cuves, les dix socles, et qui fondit tous les vases et ustensiles nécessaires pour les sacrifices.

Hiram était fils d'un Tyrien que Joseph nomme אוּר ur, ignis, et d'une femme de la tribu de Dan (1). Il ne faut pas le confondre avec un autre Hiram, roi de Tyr, fils d'Abchal, contemporain et allié de David et de Salomon. (Paralip., liv. 1, chap. 14, v. 1.) Ce fut ce

(1) On lit dans quelques autres endroits de la Bible, que la mère d'Hiram était de la tribu de Nephtali, et c'est la version que l'on a suivie dans la Maçonnerie.

[p. 60]

même roi de Tyr, qui envoya l'architecte Hiram à Salomon (1).

Dans la tradition maçonnique, l'architecte est désigné spécialement par le titre de Hiram abi (héb. חִירָם אֲבִי) (2), et d'Adonhiram (héb. אֲדוֹן־חִירָם), que l'on pourrait traduire ainsi : Hiram consacré au Seigneur, ou bien Le seigneur, ou le divin Hiram, d'où est venu le titre de maçonnerie adonhiramite.

Il faut écrire Adonhiram, et non pas Adoniram (héb. אֲדֹנִירָם dominus excelsus, vel dominus celsitudinis), ce dernier nom est celui d'un des intendans des tributs perçus par Salomon (Rois, liv. 3, ch. 4, v. 6); il était fils d'Abda (héb. עַבְדָּא, gabda, servus aut servitus) (3).

(1) Il y eut encore du nom d'Iram (héb. עִירָם giram, aureum excelsus), un gouverneur ou prince d'Idumée. (Paralip., liv. 1, chap. 1, v. 54; Gen., chap. 36, v. 43.)

(2) Plusieurs maçons disent Hiram-Abif, c'est une faute, Abif est insignifiant.

(3) Nous citerons au sujet d'Adoniram ce que rapporte le continuateur de l'Histoire des Juifs par Josephe. Il dit qu'en 1480, on découvrit à Sagonte un corps d'une grandeur prodigieuse; qu'il y avait sur la pierre qui le couvrait, l'inscription suivante, dont la traduction nous

[p. 61]

Les ouvriers employés à la construction du temple de Salomon consistaient, suivant l'Ecriture (Paralip., liv. 2, chap. 2, vers. 17 et 18),

est donnée par Billerus. Villalpondus la regarde comme authentique.

זה הוא קבר

אדנירם

עבד המלך שלמה

שבא לגבת את המם

ונפטר יום

Prononciation.

ZE HOU KEBER

ADONIRAM

GEBAD HAMELECH SCHELEMOH

SCHEBBA LEGABOTH ATH HAMAS

VENIPHTER JOM.

Traduction.

HIC EST TUMULUS

ADONIRAM

SERVI REGIS SOLOMONIS

QUI VENIT UT EXIGERET TRIBUT

ET MORTUUS EST DIE....

[p. 62]

SAVOIR :

מְנַצְּחִים m'natshhim (præfecti), préfets pour diriger les ouvriers...... 3,600 (1)

חֹצְבִים hhots'bim (cæsores), tailleurs de pierres dans les montagnes.............. 80,000

סַבָּל sabbal (onus), manœuvres ou porteurs............ 70,000

153,600

Plus, les ouvriers employés sur le Mont-Liban à la coupe et à la préparation des bois. (Rois, liv. 3, chap. 5, vers. 13 et 14)...... 30,000

Total........ 183,600

Dans la Franc-Maçonnerie, on apprend que ces ouvriers furent divisés en trois classes, qui, toutes trois, étaient soumises à l'architecte Hiram-Abi, savoir : les manœuvres ou apprentis; les compagnons, qui étaient occupés à la préparation des matériaux; et les maîtres, qui les mettaient en place.

Il y avait aussi probablement parmi les

(1) Au livre 3 des Rois, chap. 5, ℣. 16, la Bible ne compte que 3300 préfets; mais nous ne nous chargeons pas d'expliquer cette contradiction.

[p. 63]

maîtres, des hommes plus distingués par leur savoir, qui faisaient les fonctions d'inspecteurs et secondaient le maître architecte; mais on ne voit pas qu'ils aient été distingués des autres maîtres.

On suppose facilement qu'une si grande multitude d'ouvriers exigeait un grand ordre, et des précautions à prendre pour éviter les abus ou les erreurs dans le paiement des salaires; il y eut donc pour chaque classe un mot d'ordre ou de passe.

On fait en conséquence payer les apprentis à la colonne B, les compagnons à la colonne J, et les maîtres dans la chambre du milieu.

On feint que l'architecte Hiram-Abi, ou Adon-Hiram, fut assassiné par trois compagnons, qui, impatiens de n'être pas encore maîtres, voulaient au moins en recevoir le salaire, en forçant Hiram à leur en révéler le mot de passe.

C'est cette fin tragique qui est la cause du deuil perpétuel des maîtres.

La vengeance de ce crime, que, dans les grades suivans, on apprend en avoir été tirée, n'est qu'une suite de la même allégorie.

Notre intention n'est pas d'entrer ici dans le développement de cette allégorie; ce serait le sujet d'un ouvrage que nous ne voulons pas [p. 64] entreprendre dans un simple tuileur; nous laissons aux initiés studieux à en chercher le mot.

NOMS DES TROIS ARCHITECTES

ENVOYÉS PAR SALOMON POUR FAIRE COUPER ET PRÉPARER LES BOIS.

אֲדֹנִירָם Adoniram. (Dominus excelsus.)

זְרַחְיָה Z'rahh'iah ou Zaraias. (Oriens Dominus.)

יוֹרָם Joram. (Excelsus.)

NOMS DES NEUF MAITRES

ÉLUS PAR SALOMON APRÈS LA MORT DE HIRAM.

מוֹאָבוֹן Moabon. (A patre.)

יָכִין Jachin ou Jakin. (Firmus.)

בָעָז Bogaz ou Booz. (In fortitudine.

עֲנִיעָם Ganigam ou Anigam. (Afflictio populi.)

עֲזַרְיָה Gazariah ou Azariah. (Auxilium Dei.)

יוֹרָם Joram. (Excelsus.)

יִשְׁעִי Jsch'gi. (Salus mea.)

אָכַל Achal ou Acal. (Comedit.)

עֹבֵד Gobed ou Obed. (Serviens.)

[p. 65]

DES BANQUETS

ET DES USAGES DE TABLE

Dans la Maçonnerie Adonhiramite.

Les banquets se tiennent presque toujours au grade d'apprenti, afin que tous les maçons puissent y être admis.

Il ne doit y avoir qu'une seule table, disposée en fer à cheval; les frères se placent en dehors, excepté le maître des cérémonies et les diacres, qui se placent dans l'intérieur du fer à cheval, en face du vénérable.

Le vénérable occupe le milieu de la table, ayant à ses côtés les officiers, suivant leur rang en loge. Aux deux extrémités sont les frères premier et second surveillans.

La loge en banquet prend particulièrement le titre d'atelier, quoique l'on se serve aussi quelquefois de cette expression pour désigner toute autre réunion de loge. De même qu'en loge, tout, dans l'atelier, est conduit et réglé par le vénérable, qui fait passer ses ordres aux surveillans par les diacres; c'est lui qui com- [p. 66] mande et ordonne les santés, excepté la sienne qui est ordonnée, avec permission, toutefois, par le premier surveillant. Le vénérable délègue quelquefois, par honneur, le commandement des armes, dans les santés, à quelques-uns des officiers ou des frères.

Tout ce qui est posé sur la table, doit être rangé sur des lignes parallèles; il est des ateliers où l'on porte cette attention jusqu'à placer des cordons de couleur pour marquer les alignemens. La première ligne, en partant de l'intérieur, est pour les plats; la seconde est pour les bouteilles; la troisième est celle des verres; et la quatrième enfin est celle des assiettes.

Il y a sept santés d'obligation :

1°. Celle du souverain;

2°. Celle du grand-maître, ou de la puissance suprême de l'ordre;

3°. Celle du vénérable de la loge;

4°. Celle des deux surveillans;

5°. Celle des visiteurs, lorsqu'il y en a;

6°. Celle des officiers de la loge;

7°. Enfin, celle de tous les maçons répandus sur la surface du globe.

On intercale entre la sixième et la septième [p. 67] santés, toutes celles que l'on juge à propos d'ajouter, telle que celle des nouveaux initiés lorsqu'il y a eu réception le jour même, etc., attendu que la santé de tous les Maçons doit être tirée la dernière.

Les frères servans sont appelés à celle-ci, et forment le cordon avec tous les frères.

Les trois premières santés, ainsi que la dernière, se tirent debout.

Manière de tirer les santés.

1°. Le vénérable ordonne de charger les canons et de tout aligner;

2°. Il prévient que l'on tirera la santé debout ou assis;

3°. Quand tout est disposé, un coup de maillet fait lever tous les frères; ils mettent le drapeau sur le bras gauche, et se tiennent à l'ordre;

4°. Le vénérable annonce la santé que l'on va tirer, et s'il ne commande pas lui-même les mouvemens, il désigne le frère qui en sera chargé;

5°. Il commande l'exercice comme il suit :

La main droite au glaive!

Haut le glaive!

[p. 68]

Salut du glaive!

Passons le glaive à la main gauche!

La main droite aux armes!

Haut les armes!

En joue!

Feu! — (On boit en trois tems, celui-ci est le premier.)

Bon feu! — (Second tems.)

Le plus vif de tous les feux! — (Troisième tems.)

L'arme au repos!

En avant les armes!

Signalons nos armes!

A ces mots, tous les FF∴ décrivent avec le verre qu'ils tiennent dans la main, par trois fois, un triangle dont la base est sur la poitrine et le sommet en avant.

Posons nos armes!

Un. — Deux. — Trois!

En prononçant ces nombres, on descend graduellement le verre, et au mot TROIS! on le pose sur la table avec le plus d'ensemble possible.

Le glaive à la main droite!

Haut le glaive!

Salut du glaive!

Le glaive au repos!

[p. 69]

Ensuite on fait la batterie d'acclamation dans les mains.

Lorsqu'il y a lieu, le maître des cérémonies, faisant les fonctions d'ambassadeur, répond à la santé.

Le vénérable ordonne ensuite de reprendre les occupations du banquet.

Il est d'usage de mettre l'atelier en récréation pendant l'intervalle des santés, et de laisser aux FF∴ la liberté de parler; mais au premier coup de maillet, tous doivent faire le plus grand silence, se mettre à l'ordre de table, et prêter attention à ce qui va être ordonné.

L'ordre de table est d'avoir la main droite au signe d'apprenti, et la gauche posée sur le bord de la table, les doigts réunis et étendus, le pouce écarté et longeant le bord pour former l'équerre.

Les ustensiles dont on se sert dans les banquets ont des noms mystiques par lesquels on les désigne en loge; en voici la nomenclature :

La table se nomme comme la loge..... Atelier.

La nappe....... Voile.

La serviette..... Drapeau.

Le plat....... Plateau.

L'assiette...... Tuile.

La cuiller...... Truelle.

[p. 70]

La fourchette.... Pioche.

Le couteau..... Glaive.

La bouteille..... Barrique.

Le verre........ Canon.

Les lumières.... Etoiles.

Les mouchettes... Pinces.

Les chaises...... Stales.

Les mets en général. Matériaux.

Le pain........ Pierre brute.

Le vin......... Poudre forte, rouge ou blanche.

L'eau......... Poudre faible.

Le cidre ou la bière. Poudre jaune.

Les liqueurs..... Poudre fulminante.

Le sel......... Sable.

Le poivre...... Ciment ou sable jaune.

Manger, c'est mastiquer.

Boire, c'est tirer une canonée.

Découper, c'est dégrossir.

[p. 71]

PAST-MASTER,

OU

MAITRE PASSÉ,

Donnant la faculté de présider les Loges.

Nul ne peut présider en titre une loge, s'il n'est au moins maître, et s'il n'est revêtu du grade de past-master.

Ce grade, qui n'est point inséré dans la série des trente-trois degrés, n'est en effet que le complément de la maîtrise, et doit être compris dans la première classe.

Décoration de la Loge.

Tenture rouge, comme dans les loges symboliques.

TITRES.

Les officiers ont les mêmes titres que dans les loges des trois premiers degrés.

SIGNE.

Mettre deux doigts de la main droite derrière l'oreille droite.

[p. 72]

ATTOUCHEMENT.

S'accrocher réciproquement par le petit doigt de la main droite, les autres doigts étant fermés, et se joignant mutuellement le pouce.

BATTERIE.

Quatre coups égaux : ● ● ● ●!

MARCHE.

Il n'y a point de marche particulière.

Le récipiendaire fait quatre voyages.

MOT DE PASSE.

ZABULON (héb. זְבֻלוּן Z'buloun, habitacle par excellence; le ciel, la demeure de Dieu) (1).

MOT SACRÉ.

Il se donne dans l'attouchement en tournant un peu la main; le premier dit : What shall we make with the stone? (que ferons-nous de cette pierre?) Réponse : heave it over (portons-la plus loin) (2).

(1) On lit dans plusieurs rituels Johabulum, Jibulum, Jibellum ou Chibullum; ces mots sont tous fautifs et insignifians.

(2) Nous avons trouvé dans quelques rituels les mots, heave it over, traduits ainsi : jetez-la, ou jetons-la. C'est

[p. 73]

BIJOU.

Une médaille en or, dans le champ de laquelle sont les deux colonnes B et J; entre les deux colonnes est l'étoile flamboyante, avec un jod (י) dans le centre; autour, pour exergue, sont les lettres, H∴ T∴ S∴ T∴ K∴ S∴ (Pl. V, fig. 5.)

Il y a beaucoup de loges où le past-master n'est pas connu, surtout dans le rite français. Pour en tenir lieu, on a fait un extrait du rituel du vingtième degré, Vénérable maître de loge, avec les mots qui suivent :

MOT DE PASSE. —

L'ancien maître. — CYRUS.

Le nouveau maître. — ZOROBABEL.

MOT SACRÉ.

JEKSAN (héb. יקשן), duricies sive scan-

une fausse interprétation, et qui serait très-insignifiante dans la place où se trouvent ces mots. To heave (prononcez tou hive) veut dire élever, porter; over veut dire au-delà; et comme il s'agit ici d'une faculté que l'on veut accorder, d'un avancement que l'on veut donner, on sent que l'on ne peut traduire heave it over que comme nous l'avons fait.

[p. 74]

dalum (c'est le nom d'un des fils d'Abraham et de Céthura, Gen., chap. 25, v. 2.) (1).

Nota. Nous pensons que c'est ici le lieu de donner les titres et qualités des chefs des initiés Esséens, qui, dans notre opinion, nous ont transmis les mystères de la maçonnerie.

Le grand maître se nommait אַהֲרוֹן שִׁלְטוֹן Ahharon Schil'ton (novissimus imperium).

Les officiers : רוֹזְנִים Roz'nim. (Principes.)

Les députés : חוֹרִים Hhorim. (Nobiles.)

Les visitans : צֹעִים Tsogim. (Peregrinantes.)

(1) Il est quelques rituels qui interprètent ce mot par : Je suis ce que je suis. Cette interprétation ne peut être qu'allégorique, puisqu'elle n'est pas grammaticale, mais nous avouons que nous ne le comprenons pas même dans ce sens. Il y a des maçons qui prononcent Jakson (Angl. fils de Jacques), et pensent que ce mot est purement anglais; mais c'est le petit nombre.

Planche IV
Planche IV. Tracé de la Loge de Maître. Tableau de la loge du grade de Maître : le cercueil d'Hiram couvert d'un drap semé de larmes, de têtes de mort et d'ossements en sautoir, la branche d'acacia, le compas et le delta, sur un fond de pavé mosaïque.

4e degré — Maître Secret

[p. 75]

Décoration de la Loge.

TENTURE noire, parsemée de larmes blanches. La loge représente le Saint des Saints (1). Au fond, est un grand cercle, dans lequel est inscrit un triangle; au centre du triangle est l'étoile flamboyante.

La loge est éclairée par quatre-vingt-une lumières, posées sur neuf chandeliers à neuf branches. On peut réduire ce nombre à neuf, avec trois chandeliers à trois branches.

TITRES.

Le vénérable représente le roi Salomon; il prend le titre de Trois fois puissant, il a un

(1) קדש הקדשים Kedesch hakedeschim, sanctita sanctitarum.

[p. 76]

sceptre en la main; devant lui, sur un autel triangulaire, est un maillet garni en étoffe noire, et une couronne d'olivier et de laurier, dont il est fait usage dans les réceptions.

Il n'y a qu'un surveillant, qui représente Adoniram (1); il prend le titre d'Inspecteur; il est placé à l'ouest, et ne doit avoir aucun outil de fer.

SIGNES.

Mettre l'index et le doigt médius, réunis, de la main droite, sur la bouche. La réponse est de faire le même signe de la main gauche.

ATTOUCHEMENT.

Se prendre réciproquement la main droite, comme au grade de maître, puis avancer la main jusqu'au coude que l'on empoigne, en se balançant par sept fois le bras, pendant que l'on s'approche de la jambe droite, en se touchant par l'intérieur.

BATTERIE.

Sept coups, dont un séparé : ● ● ● ● ● ○ — ●!

(2) Voyez ce que nous avons dit de ce personnage, page 60.

[p. 77]

MARCHE.

Il n'y a point d'autre marche que celle de maître.

AGE.

Trois fois vingt-sept ans accomplis. (Quatre-vingt-un ans.)

TEMS DE TRAVAIL.

Du point du jour à la nuit tombante.

HABILLEMENT.

Tablier blanc attaché avec des cordons noirs; la bavette bleue, avec un œil peint ou brodé; au milieu du tablier sont deux branches, l'une de laurier et l'autre d'olivier, formant une couronne non fermée, et au milieu la lettre Z.

Cordon bleu, liséré de noir, porté en sautoir; au bas du cordon pend une clef d'ivoire, sur laquelle est la lettre Z.

MOT DE PASSE.

ZIZA (héb. זיזא ou זזא resplendens)(1). C'est

(1) Quelques-uns disent Zizon, mais c'est une faute. On traduit aussi ce mot par balusirade, ce qui paraît sans fondement, à moins que l'on ne considère les rayons de la gloire de Dieu, auxquels pourrait être appliquée la signification vraie, resplendens, comme une balustrade qui en garantit l'approche.

[p. 78]

le nom du fils de Jonathan, fils de Juda, fils d'Onan. (Paralip. liv. 1er, chap. 2, vers. 33).

MOTS SACRÉS.

1er mot. — JOD (héb. י). Lettre qui, étant prise cabalistiquement, signifie Dieu, principe, unité.

2e mot. — ADONAÏ (héb. אדני Deus) (1).

3e mot. — JVAH (héb. יוה par contraction pour Jehovah).

Dans quelques rituels on trouve :

1er mot. — JAHO יהו (2).

2e mot. — ADONAÏ.

3e mot. — JAH יה

Ces mots dont l'initiale est la même, sont tirés de la décomposition cabalistique du mot Jehovah, qui, étant combiné de plusieurs manières avec la lettre initiale, donne toujours un des noms de Dieu.

La seule initiale même suffisait pour expri-

(1) C'est à tort que quelques personnes traduisent le mot אדני, Adonaï, par Dii; c'eût été pour les Hébreux un blasphême : ils mettaient au pluriel le nom de Dieu אדן Adon, pour marquer son excellence, et non pour indiquer une pluralité.

(2) Les mots Jvah et Jaho ne sont point hébraïques; ce ne sont que des corruptions du grand mot Jehovah.

[p. 79]

mer ce nom ineffable, et on est parvenu à en former un signe cabalistique qui l'exprime par excellence de cette manière :

יֹ יְ יָ

En même temps que l'on y trouve la lettre sacrée, avec les divers accens qui entrent dans la prononciation du mot Jéhovah, la disposition de ces trois signes, qui forme un delta ou triangle, est encore un des emblêmes par lesquels on désignait la divinité.

Le grand nom de Dieu יהוה, le nom innominable, était un des mystères de l'intérieur du temple, et l'on n'est pas bien certain de sa prononciation. Le grand-prêtre seul avait la permission de le prononcer, et une seule fois dans l'année; c'était le jour de l'expiation, 10e de la lune de Thischri. Les lévites, par le bruit qu'ils faisaient dans ce moment, empêchaient qu'il ne fût entendu par la multitude.

C'est le nom que le Seigneur se donna à lui-même, en parlant à Moïse sur le mont Horeb. (Exode, chap. 3, v. 14.)

Enos אנוש, fils de Seth, fils d'Adam, est le premier qui, selon l'Ecriture, a invoqué le Seigneur par son nom. (Gen., chap. 4, v. 26.)

[p. 80]

Le P. Souchet, dans une dissertation très-savante, a traité fort au long de la prononciation et de l'étymologie du mot Jéhovah. Genebrard, Vossius, et beaucoup d'autres, ont traité de la même matière avec une égale érudition.

On a poussé les recherches sur ce nom jusqu'à prétendre y avoir découvert la démonstration et l'expression positive du mystère de la Trinité divine. Nous ne pouvons nous refuser à mettre sous les yeux de nos lecteurs un des plus singuliers de ces systèmes, rapporté par l'auteur de la continuation de l'Histoire des Juifs; ceci est écrit dans le douxième siècle; l'auteur était un Juif, devenu chrétien.

Il dit, tome 4, page 409, que la Trinité se prouve par le nom de Jéhovah, dont la combinaison peut former trois noms, qui ne forment cependant qu'une seule essence.

Décrivez quatre cercles (V. Pl. VII, fig. 1.), dont deux grands et concentriques, et deux autres dont le centre est sur la circonférence du cercle intérieur; dans chacun des petits cercles, écrivez deux lettres du mot יהוה, de manière à ce qu'il y en ait une dans chaque hémisphère; alors joignez le jod au premier he, vous avez un des noms de Dieu, c'est le générateur; joignez encore le [p. 81] premier he avec le vaf, vous avez un autre nom de Dieu, c'est le verbe engendré; joignez aussi le vaf avec le second he, c'est un troisième nom, qui procède du premier et du second; enfin, comme le tout est réuni dans le grand cercle, vous avez trois dans un.

François Vatable, dans ses commentaires sur la Bible (Ex., chap. 28), rapporte à-peu-près le même système, hors la figure employée dans l'exemple qui précède. Voici ce qu'il dit : Hoc autem nomen יהוה Trinitatis mysterium continet, ut veteres Judæi qui Christum præcesserunt, dixere in suis traditionibus. Nam per י intelligitur Pater, qui est principium, et origo omnium rerum. Per ה, Filius per quem omnia quæ facta sunt, esse cœperunt. Per ו, quæ est conjunctio copulativa, intelligitur Spiritus Sanctus, qui est amor et nexus utriusque, qui ab utroque procedit. Geminatur autem ה propter duplicam naturam quæ est in Christo. Per primum ה natura divina intelligitur; per ה postremum, natura humana.

Hay, fils de Schérira, qui vivait l'an de J.-C. 997, rapporte dans un ouvrage sur la formation ancienne du mot Jéhovah, qu'à Jérusalem il l'avait vu écrit sur les monumens anciens, comme dans la fig. 2, planche VII.

5e degré — Maître Parfait

[p. 82]

Décoration de la Loge.

TENTURE verte, quatre colonnes blanches dans chacun des angles; au total seize colonnes.

Soixante-quatre lumières éclairent la loge, seize à chaque angle; on peut les réduire à seize en tout.

TITRES.

Le vénérable représente Adoniram, fils d'Abda; il prend le titre de Trois fois puissant respectable maître. Il y a un F∴ surveillant, un F∴ assistant, et un F∴ conducteur ou introducteur; ce dernier représente Zerbal (héb. שרב־יה sereb-iah ou schereb-iah, prævalens cum domino. Esd. liv. 2. chap. 9. v. 5.); c'est le nom supposé du capitaine des gardes de Salomon.

Le maître parfait connaît le cercle et sa quadrature.

[p. 83]

SIGNES.

D'admiration. — Lever les mains et les yeux vers le ciel, laisser retomber les bras en les croisant sur le devant, et en portant la vue à terre;

De reconnaissance. — S'approcher par degrés les pieds et les pointes l'une contre l'autre, les genoux se touchant; se porter réciproquement la main droite sur le cœur, et de là sur le côté droit en formant une équerre.

ATTOUCHEMENT.

Se porter mutuellement la main gauche sur l'épaule droite; se prendre la main droite, en tenant le pouce écarté.

BATTERIE.

Quatre coups égaux : ● ● ● ●!

MARCHE.

Former un carré par quatre pas assemblés. (Voy. Pl. VII, fig. 3.)

AGE.

Un an à l'ouverture des travaux, et sept à la clôture, ensemble huit ans.

HEURES DU TRAVAIL.

En ouvrant : une heure; en fermant : sept heures.

[p. 84]

HABILLEMENT.

Tablier blanc, bavette verte; au milieu du tablier sont trois cercles concentriques, au centre desquels est une pierre carrée sur laquelle est gravée la lettre J.

Cordon vert moiré, porté en sautoir, auquel pend pour bijou un compas ouvert sur un segment de cercle égal à 60 degrés; le cercle est gradué.

MOT DE PASSE.

ACCACIA (1).

MOT SACRÉ.

JEHOVAH (héb. יהוה sum qui sum).

(1) Ou, selon quelques rituels, Mont-Liban, comme dans l'Ecossisme réformé, et dans l'ancien rite français. Le mot que nous donnons est maintenant le seul usité.

6e degré — Secrétaire Intime

[p. 85]

Décoration de la Loge.

TENTURE noire, parsemée de larmes blanches. C'est la salle d'audience des maîtres dans le palais de Salomon.

Vingt-sept lumières sur trois chandeliers à neuf branches.

TITRES.

La loge a deux chefs; l'un représente Salomon, et l'autre Hiram, roi de Tyr; il y a ensuite deux officiers, savoir : un capitaine des gardes et un lieutenant.

Dans les réceptions, il n'y a dans la salle que les deux chefs; le reste des frères représente la garde du roi Salomon, et se tient dans le premier appartement.

[p. 86]

SIGNES.

Porter la main droite à l'épaule gauche, et la faire descendre ensuite vers la hanche droite, en dessinant le baudrier.

En réponse, on croise les bras horizontalement à la hauteur de la poitrine, on les abaisse ensuite vers la garde de l'épée, en levant les yeux au ciel.

ATTOUCHEMENT.

Se prendre mutuellement la main droite; le premier dit, en la retournant : berith (héb. ברית b'rith, fœdus, alliance); le second, tournant la main de l'autre côté, dit : neder (héb. נדר neder, votum, promesse, vœu). Enfin, le premier, revenant à la première position, dit : schelemoth (héb. שלמות sch'lemoth, integræ, intègre, pur, inaltéré).

Quelques maçons, voulant donner à ces trois mots un sens suivi, les interprètent ainsi : vœu d'une alliance complète (1).

(1) Il est des loges où les mots, dans l'attouchement, sont : Berith neder eliham; mais cela n'est pas d'accord avec les rituels écossais le plus généralement adoptés.

[p. 87]

BATTERIE.

Vingt-sept coups, par trois fois neuf : ● ● ● ● ● ● ● ○ — ●! par trois fois.

On réduit souvent cette batterie aux neuf premiers coups.

HABILLEMENT.

Salomon et Hiram sont vêtus d'une longue robe bleue, avec un manteau royal, de même couleur, doublé d'hermine; ils ont la tête ceinte d'un bandeau royal.

Ce costume n'est pas de rigueur.

Les gardes portent un cordon cramoisi en sautoir, au bas duquel est suspendu le bijou composé de trois triangles entrelacés. (Voyez Pl. VII, fig. 4.)

Tablier blanc, doublé et bordé de rouge; sur la bavette est un triangle en or, peint ou brodé.

MOT DE PASSE.

Premier mot. — JOHABEN (héb. יה־בן Jhaoben, filius Dei.) (1). C'est le nom donné au récipiendaire.

(1) On devrait prononcer Jhaoben, mais l'usage a consacré Johaben. Il y a des loges où l'on dit Johaber ou Jocabert; cela est fautif.

[p. 88]

Second mot. — ZERBAL.

MOT SACRÉ.

JVAH, par syncope, pour Jehovah.

7e degré — Prévôt et Juge

[p. 89]

Décoration de la Loge.

TENTURE rouge.

Cinq lumières; une à chacun des angles, et la cinquième au milieu de la loge.

TITRES.

Le vénérable représente Tito, prince des Harodim (1). Il prend le titre de Trois fois illustre.

(1) הַרֹדִים harodim præsidentes. C'est ainsi que l'on nommait les 3600 chefs ou préfets que Salomon avait établis sur les ouvriers du Temple (Paralip. 2, chap. 2, ℣. 17 et 18). On feint que Tito en était le chef ou le prince; ce nom n'est pas d'origine hébraïque; l'Ecriture ne le nomme pas. (Grec. Τιτος, lat. Titus, signifie honorabilis; Titus, cognomento justi (Act. 18, ℣. 7.). Ce pourrait être à ce personnage que l'on a voulu faire allusion.

[p. 90]

Il y a deux surveillans; ils se nomment illustres frères.

SIGNES.

Porter les deux premiers doigts de la main droite à côté du nez; en réponse, on porte l'index sur le bout du nez et le pouce sous le menton.

ATTOUCHEMENT.

S'entrelacer réciproquement le petit doigt de la main droite avec l'index; se donner sept coups légers dans la paume de la main.

BATTERIE.

Cinq coups, par quatre et un : ● ● ● ○ — ●

HEURES DU TRAVAIL.

Huit, deux et sept.

HABILLEMENT.

Tablier blanc, bordé de rouge, une poche au milieu, avec une rosette rouge et blanche. Sur la bavette, est une clef peinte ou brodée en or; la poche est destinée à garder les clefs du coffre à renfermer les plans.

Cordon cramoisi, porté en sautoir, au bas duquel pend, pour bijou, une clef d'or.

MOT DE PASSE.

TITO.

[p. 91]

MOT SACRÉ.

JAKINAÏ (héb. יַכִינַי Jachinaï, pluriel du mot Jachin). Voyez la note sur le nom de Jachin, page 51.

GRANDE PAROLE.

JZRACH-IAH. (Héb. יִזְרַח־יָה iz'rahh-iah, orietur Dominus, Paralip. 1. ch. 7, v. 3) JEHOVAH, HIRAM, STOLKIN, GÉOMÈTRES-ARCHITECTES.

Selon quelques rituels, cette parole est : Geometros, Xincheu, Yzirie, Jvah, Hiram et Stolkin; cela est fautif.

On dit aussi chivi (pron. kivi, de כִּפַת ou כַת inclinare) que l'on traduit ainsi : fléchissez le genou, et ki ou kai (de קַאֵי ou קַאִים stat, vel surgit ad standum) que l'on traduit par : levez-vous.

8e degré — Intendant des Bâtiments

[p. 92]

Décoration de la Loge.

TENTURE rouge.

Vingt-sept lumières, en trois groupes; l'un de cinq lumières, placé devant le second surveillant; l'un de sept, placé devant le premier surveillant; et le troisième de quinze, placé devant le président.

TITRES.

Le président représente Salomon, et prend le titre de Trois fois puissant. Le premier sur∴ représente Tito, et a le titre de Trois fois illustre inspecteur; le second représente Adoniram, et fait les fonctions d'introducteur.

Le récipiendaire est nommé Johaben (1).

(1) Nous insistons sur l'observation que nous avons déjà faite sur ce nom, qui dans plusieurs loges est changé en celui de Jocaber, Jocabert ou Johaber, ce qui est également fautif.

[p. 93]

SIGNES.

De surprise : — Porter les deux pouces aux tempes, les mains étendues en équerre; reculer de deux pas, avancer d'autant; porter ensuite les mains sur les yeux pour les couvrir, en disant : ben-chorim (héb. בֶּן־חוֹרִים ben-hhorim, nobilium filius);

D'admiration : — Entrelacer les deux mains, les tourner ensuite la paume en haut, puis les laisser retomber sur la ceinture, en regardant le ciel, et en prononçant : Achar (héb. עָכָר gachar ou achar, conturbans); pron. Akar. C'est un des noms de Dieu;

De douleur : — Porter la main droite sur le cœur et la main gauche sur la hanche, puis se balancer par trois fois sur les genoux, en disant le premier : hhaï (héb. חַי vivans); le second, jah (héb. יָה Deus).

On trouve dans un grand nombre de rituels Ki et Jea, au lieu des mots que nous venons de donner; c'est une erreur que la signification des premiers fait assez sentir.

ATTOUCHEMENT.

Se frapper mutuellement sur le cœur avec la main droite, puis la passer sous le bras gauche; ensuite prendre l'épaule droite avec [p. 94] l'autre main, en disant, le premier : Jachinaï (pron. jakinaï); le second répond, Juda (héb. יְהוּדָה jehoudah, laudatio. Gen. chap. 29, v. 35).

BATTERIE.

Cinq coups égaux : ● ● ● ● ●

MARCHE.

Cinq pas égaux.

L'intendant monte les sept marches d'exactitude, et connaît les cinq points de fidélité.

AGE.

Trois fois neuf ans.

TEMS DU TRAVAIL.

Du point du jour jusqu'à sept heures du soir.

HABILLEMENT.

Tablier blanc, doublé en rouge et bordé en vert. Au milieu du tablier est une étoile à neuf pointes sur une balance; sur la bavette est un triangle contenant les lettres B∴ A∴ I∴

Cordon rouge moiré, porté en écharpe, passant de droite à gauche, auquel est suspendu, pour bijou, un triangle, sur l'un des côtés duquel sont gravés les mots de passe et sacré,

[p. 95]

Ben-chorim, Achar, Jachinaï, qu'en loge on traduit ainsi : FRANC-MAÇON, Ô DIEU, TU ES ÉTERNEL ! Sur le revers du triangle sont encore gravés ces mots : Juda, Jah, que l'on traduit : DIEU PUISSANT : DIEU ! DIEU ! leur vraie signification est, LOUANGES SOIENT AU SEIGNEUR !

Le bijou est attaché au cordon par une rosette verte.

MOTS DE PASSE ET SACRÉS.

Ce sont ceux qui ont été donnés avec l'attouchement.

9e degré — Maître Élu des Neuf

[p. 96]

Décoration de la Loge.

Le lieu d'assemblée est un des appartemens du palais de Salomon; il est tendu en noir, la tenture parsemée de flammes; de distance en distance, sont des colonnes alternativement rouges et blanches.

L'appartement est éclairé par neuf lumières, huit dans un seul groupe, et une séparée.

TITRES.

La loge prend le titre de Chapitre.

Le président représente Salomon, il prend le titre de Très-souverain.

Il n'y a qu'un seul surveillant, qui est nommé Inspecteur; il représente Stolkin.

Le récipiendaire représente Johaben, chef [p. 97] des neuf élus envoyés à la recherche des assassins de Hiram; ce fut celui qui tua de sa main l'un des meurtriers, qui s'était réfugié dans une caverne située au bord de la mer, près de Joppé (1).

SIGNES.

1°. Faire le mouvement de frapper au front le Tuileur, avec un poignard; la réponse est de porter la main au front, comme pour s'assurer s'il ne serait point ensanglanté.

2°. Lever le bras, et frapper au cœur, comme si l'on tenait un poignard, celui dont on veut se faire connaître, en disant : Nekam ! (héb. נְקָם ultio, vengeance ! et non nekum ou necum, comme on le voit dans quelques cahiers ou régulateurs). En réponse, on porte la main droite sur le cœur, en disant : NECHAH ! (prononcez, NEKAH). On devrait dire Hichah, ou

(1) Héb. יָפוֹ Japho, pulchritudo (Jos. chap. 19, ℣. 46), aujourd'hui, Jaffa. C'est dans ce port qu'abordaient les vaisseaux que le roi de Tyr envoyait à Salomon, chargés des matériaux destinés à la construction du Temple (Paral. 2, chap. 2, ℣. 16).

Selon la fable, c'est près de Japho qu'était le rocher où Andromède était attachée, lorsque Persée vint la délivrer.

[p. 98]

Hikah (héb. הִכָּה percussit), mais l'usage contraire a prévalu. Il y a des loges où l'on dit Nekar; c'est une faute.

ATTOUCHEMENT.

Fermer la main droite, le pouce levé, et le présenter au Tuileur; en réponse, celui-ci saisit le pouce qu'on lui présente, avec la main droite, en tenant aussi le pouce levé.

AGE.

Huit et un an accomplis.

BATTERIE.

Neuf coups par huit et un : ● ● ● ● ● ● ● ○ — ●

HABILLEMENT.

Tablier blanc tacheté de rouge, doublé et bordé en noir. Sur la bavette est peint un bras ensanglanté, tenant un poignard à la main (Pl. VIII, fig. 1).

Le cordon est un large ruban noir, passant de gauche à droite, ayant vers le bas neuf rosettes rouges, quatre par devant, quatre par derrière, et la neuvième servant d'attache au bijou, qui est un poignard à poignée d'or et lame d'argent.

[p. 99]

MOT DE PASSE.

BEGOGAL-CHOL, ou BEGOAL-CHOL (héb. בִּגֹעַל־כֹל in abominatione omnium). Dans un grand nombre de cahiers on lit : Bagulkal; le mot est mal transmis.

MOTS SACRÉS.

NEKAM; réponse : NECHAH !

Planche XX
Planche XX. Paysage rocheux figurant l'antre des assassins : un ravin encaissé de blocs éboulés menant à une caverne éclairée d'une lampe, des personnages fuyant sur la hauteur et un chien flairant la piste au premier plan.

10e degré — Illustre Élu des Quinze

[p. 100]

Décoration de la Loge.

TENTURE noire, parsemée de larmes rouges et blanches.

Quinze lumières éclairent la salle : cinq devant le président à l'est, et cinq devant chacun des surveillans.

TITRES.

L'assemblée se nomme Chapitre.

Le président est nommé Très-illustre Maître; le premier surveillant se nomme Inspecteur, et le second surveillant, Introducteur.

Il ne peut y avoir plus de quinze élus dans le chapitre pour les réceptions, le surplus se tient en dehors.

SIGNES.

Se porter le poignard sous le menton, et le faire descendre le long du corps, comme si l'on voulait s'ouvrir le ventre.

[p. 101]

En réponse, on fait le signe d'apprenti, ayant le poing fermé et le pouce levé.

ATTOUCHEMENT.

S'entrelacer réciproquement les doigts de la main droite.

BATTERIE.

Cinq coups égaux : ● ● ● ● ●

MARCHE.

Quinze pas triangulaires.

HABILLEMENT.

Tablier blanc, doublure et bordure noire; au milieu du tablier est peinte une ville carrée, représentant la ville de Jérusalem, dont on voit trois portes en perspective, sur chacune desquelles est une tête plantée sur un pal (Pl. VIII, fig. 2.)

Cordon noir, passant de gauche à droite; trois têtes sont brodées ou peintes sur le devant.

Pour bijou, un poignard d'or à lame d'argent, que l'on porte suspendu au bas du cordon.

TEMS DU TRAVAIL.

De cinq heures du matin à six heures du soir.

[p. 102]

MOT DE PASSE.

ELIGAM ou ELIAM (héb. אֱלִיעָם eligam, populus Dei).

MOTS SACRÉS.

ZERBAL; en réponse : BEN-IAH (héb. בֶּן־יָה filius Dei). Il était fils de Joïada (Rois 3, chapitre 1, vers. 8). Ce Ben-iah ou Benaïas devint, dans la suite, général de l'armée de Salomon, après la mort de Joab. (Rois 3, chapitre 2, vers. 25.)

Il y a des régulateurs où l'on trouve pour second mot sacré, BEN-AKAR (héb. בֶּן־עָקָר ben-gakar, filius sterilis); nom que l'on donne à la caverne où s'était réfugié l'un des meurtriers de Hiram.

Dans d'autres, on lit : BENDAKA (héb. בֶּן־דַכָא Ben-dacha, filius contritus). C'est le nom de l'intendant de Salomon, dans Maccès. (Rois 3, chap. 4, vers. 9.)

L'usage le plus général nous a fait adopter le premier mot, Ben-iah ou Benaïas, qui est le même nom.

Planche VIII
Planche VIII. Emblèmes des grades de vengeance : un bras sortant d'une nuée et brandissant un poignard (fig. 1), une enceinte fortifiée à tours crénelées d'où émerge une tête (fig. 2), et un bijou couronné à soleil rayonnant accompagné de l'étoile flamboyante au G et des nombres 3, 5, 7, 9 (fig. 3). fig. 1 à 3.

11e degré — Sublime Chevalier Élu

[p. 103]

Décoration de la Loge.

TENTURE noire parsemée de cœurs enflammés. Il y a vingt-quatre lumières.

TITRES.

La loge prend le titre de Grand Chapitre ; il ne peut y avoir que douze élus.

Le président représente Salomon ; il est nommé Trois fois Puissant. Au lieu des surveillans, il y a un grand Inspecteur et un Maître des cérémonies.

SIGNE.

Se croiser les bras sur la poitrine, ayant les mains fermées, le pouce écarté.

ATTOUCHEMENT.

1°. Se présenter mutuellement le pouce de la main droite, les autres doigts étant fermés ;

[p. 104]

l'un des FF∴ saisit le pouce de l'autre et lui renverse le poignet par trois fois, en disant entre eux alternativement ces trois mots : Berith, Neder, Schelemoth (Voyez l'explication de ces mots au sixième degré).

2°. Prendre la main droite du Tuileur ; lui frapper trois coups avec le pouce sur la première phalange du doigt medius.

BATTERIE.

Douze coups égaux.

TEMS DU TRAVAIL.

De douze heures au point du jour.

HABILLEMENT.

Tablier blanc, doublure et bordure noire ; au milieu du tablier est une poche, sur laquelle est peinte ou brodée, en rouge, une croix. Il y a quelques loges qui, au lieu de la croix, font broder sur la poche du tablier, un poignard environné de neuf flammes.

Cordon noir, porté de gauche à droite, sur lequel sont brodés trois cœurs enflammés, ou simplement la devise : VINCERE AUT MORI. Au bas du cordon est suspendu un poignard d'or à lame d'argent.

[p. 105]

MOT DE PASSE.

STOLKIN, que l'on interprète par : eau courante.

Il y a des chapitres où l'on ajoute le mot Emerek ou Emereh, que l'on traduit ainsi : Homme vrai ou véridique. Ce mot est fautif ; il faut dire Amar-iah (héb. אָמַר־יָה verbum domini).

MOT SACRÉ.

ADONAÏ.

Remarques.

On lit dans l'historique des élus, que Ben-gabel, l'un des intendans de Salomon, informa ce prince, que les deux complices d'Abiram, meurtrier de Hiram, s'étaient retirés dans le pays de Geth, dont Maacha était roi, et tributaire de Salomon ; que les coupables ayant été saisis et amenés à Jérusalem, ils furent mis, en y arrivant, dans une tour nommée Achizar.

Nous devons signaler les fautes que nous apercevons dans la tradition de tous ces noms.

1°. Ben-gabel est une corruption de Ben- [p. 106] gheber (héb. בֶּן־גֶּבֶר filius hominis), qui était, en effet, l'un des intendans de Salomon à Ramoth-galaad (Rois 3. ch. 4. v. 13).

2°. Magachah ou maachah (héb. מַעֲכָה magechah, compressus) était effectivement roi ou prince du pays de Gheth (héb. גת torcular) et non pas Geth (Rois 3. ch. 2. v. 39), la prononciation française ne permettant pas de rendre le g dur sans être suivi de l'h.

3°. Abiram, nom du meurtrier, est tronqué ; c'est Abi ramah (héb. אֲבִי־רָמָה dejiciens patrem).

4°. La tour que l'on nomme Achizar, était nommée Gezer ou Ezer (héb. עֵזֶר de secours).

On varie aussi beaucoup sur le nom des trois principaux élus, qui, au surplus, ne paraissent être que des êtres allégoriques et supposés. Les uns les nomment Sterkin ou Stolkin, Zeomet et Eleham ; d'autres, Johaben, ou Jocabert ou Johabert, Elechior et Tercy ; d'autres, enfin, les nomment Toffet, Tabaor et Edom.

Nous ne chercherons point à accorder entre elles ces variantes, ni à trouver un sens, ou une signification, à des noms qui paraissent tout défigurés ; nous ne les citons ici que pour ne rien négliger de ce qui peut intéresser nos lecteurs.

12e degré — Grand Maître Architecte

[p. 107]

Décoration de la Loge.

TENTURE blanche, parsemée de flammes rouges.

Sur la table des trois premiers officiers, est un étui de mathématiques.

TITRES.

Le président se nomme Grand-Maître Architecte.

Il y a deux surveillans.

SIGNE.

Passer la main droite dans la gauche, comme si l'on tenait de l'une un crayon, et de l'autre une planche à tracer ; on fait le mouvement d'y tracer un plan, en regardant par intervalles [p. 108] le grand-maître, qui est sensé en indiquer le sujet.

ATTOUCHEMENT.

Entrelacer les doigts de la main droite avec ceux de la gauche du Tuileur, et mettre chacun la main libre sur la hanche.

BATTERIE.

Trois coups par un et deux : ○ — ● ●

Et sept autres : ● ● ○ — ● ● ○ — ●

MARCHE.

Trois pas en équerre, le premier, fait lentement, et les deux autres, plus vivement.

HABILLEMENT.

Le grand-maître porte, par-dessous les ornemens que nous allons décrire, une robe blanche.

Un tablier blanc, doublure et bordure bleue ; une poche est au milieu du tablier, pour porter les plans.

Cordon bleu, passant de droite à gauche ; au bas du cordon est suspendu le bijou.

Le bijou est une plaque carrée, dont les côtés sont égaux ; sur l'une des faces sont gravés quatre demi-cercles devant sept étoiles ;

[p. 109]

au centre, est un triangle contenant la lettre A ; sur l'autre face, sont les cinq ordres de l'architecture ; au-dessus est un niveau ; au-dessous est une équerre, un compas et une croix ; au milieu sont les lettres R∴ M∴ ; au-dessous des colonnes des cinq ordres, sont les lettres initiales de leurs noms : C∴ D∴ T∴ I∴ C∴

MOT DE PASSE.

RAB-BANAÏN (héb. רָב־בָּנִין ædificantium magister).

Dans quelques rituels on lit Rabacim ; c'est évidemment une faute de copiste, car ce mot n'a aucune signification.

MOT SACRÉ.

ADONAÏ.

13e degré — Royal Arche

[p. 110]

Décoration de la Loge.

La loge se tient, autant qu'il est possible, dans un lieu souterrain et voûté, sans portes ni fenêtres ; on y entre par une trappe placée au sommet de la voûte.

Neuf arches ou arceaux supportent la voûte ; sur chacune des arches est écrit le nom d'un des neuf premiers architectes qui suivent :

JOD...... י Principium.

JHAO..... יהַוֹ Existens.

JAH...... יָהּ Deus.

EHEIAH.... אֶהְיָה Ero.

ELIAH..... אֶלִיָה Fortis.

JAHEB..... יָהֵב Concedens.

ADONAÏ.... אֲדֹנָי Dominus.

EL-HHANAN.. אֶל־חַנַן Misericors Deus.

JOBEL..... יוֹבֶל Jubilans.

Ce sont tous des noms de Dieu.

[p. 111]

TITRES.

La loge prend le titre de Collège ou de Loge royale.

Il y a cinq officiers nécessaires : le président, qui se place toujours à l'est, est nommé Trois fois puissant grand-maître ; il représente Salomon. Le second officier représente Hiram, roi de Tyr ; il se place près de Salomon du côté du sud. Le troisième se place au nord, c'est le grand trésorier ; il représente Jabulum (1). Le quatrième est le grand secrétaire, il se place au sud ; il représente Johaben. Le cinquième qui est placé à l'ouest, est le grand inspecteur ; il représente Stolkin.

On ne peut admettre moins de trois récipiendaires à la fois.

SIGNES.

D'ADMIRATION. — Lever les mains vers le

(1) Ce nom se trouve écrit de différentes manières dans divers rituels ; dans l'un on lit : Johabulum, dans d'autres Jibullum, Jibellum, et enfin Chibullum. Quelques maçons le font dériver de Jobel ; d'autres prétendent que l'on doit dire Zabulon (héb. זַבֻלוּן habitacle par excellence, le ciel, la demeure de Dieu), et nous nous rangeons à ce dernier avis ; mais l'usage maintient Jabulum, auquel nous ne trouvons point de signification.

[p. 112]

ciel, la tête penchée vers la gauche, et un genou en terre ;

D'ADORATION. — Tomber sur les deux genoux.

ATTOUCHEMENT.

Porter les mains sous les bras du Tuileur, comme pour l'aider à se relever, en disant : Toub bagani gamal abel, ou Toub baani amal abel (1), que l'on traduit ainsi : ayez bon cœur, courage !

Voici la traduction littérale :

טוּב , בָעֳנִי עָמָל אָבֵל

lugentis labor in afflictione bonum.

Le Tuileur fait, en réponse, le même attouchement, et dit : Jabulum : mot que quelques-uns interprètent ainsi : Jabulum est un bon maçon.

BATTERIE.

Cinq coups, par deux et trois : ● ○ — ● ● ●

TEMS DU TRAVAIL.

Du soir au matin.

(1) On lit dans un grand nombre de cahiers : Toub banaï amalabec ; cet assemblage est défectueux et insignifiant.

[p. 113]

HABILLEMENT.

Le grand-maître est vêtu d'une robe jaune, pardessus, est un manteau royal en satin bleu.

Hiram est en habit de voyage à l'antique, la tête couverte ; le glaive à la main.

Le grand trésorier porte au cou un cordon blanc, auquel est suspendue une clef en or ; sur le cordon, sont peintes ou brodées les lettres, I∴ V∴ I∴ O∴ L∴ que l'on explique ainsi : Inveni verbum in ore leonis.

Le surplus des officiers, et les membres du collège, ont un cordon pourpre, mis en sautoir, auquel pend, pour bijou, un triangle en or, ou bien une médaille, sur un des côtés de laquelle est gravée une trappe fermant une voûte, et sur l'autre côté, un triangle.

MOT SACRÉ.

JEHOVAH.

14e degré — Grand Écossais de la Voûte Sacrée

[p. 114]

Décoration de la Loge.

Une voûte souterraine, tendue en rouge pourpre et flambée couleur de feu.

Vingt-quatre lumières éclairent cette salle; savoir, neuf à l'est, devant le trône; sept au sud; cinq à l'ouest, devant le premier surveillant; et trois devant le second surveillant.

En avant du trône, du côté du sud, est un autel, dit des parfums, sur lequel est un réchaud allumé, dans lequel brûle le plus pur encens. Du côté du nord, est une table carrée, [p. 115] sur laquelle sont les douze pains de proposition, formant deux piles, chacune composée de six pains. Sur cette table, en avant, est une auge en or, avec une truelle de même métal; l'auge contient une mixtion dont il est fait usage dans les réceptions. Un autel, dit des sacrifices, est également placé à l'est, en avant du trône.

A l'ouest, est un grand vase ou cuve, en airain, rempli d'eau.

Dans le fond du dais qui orne le trône, est un delta transparent, où l'on voit, en caractères hébraïques, le grand nom de Dieu.

Le nombre des colonnes qui décorent la loge n'est point fixé; elles doivent être riches et du meilleur goût. On trouve sous cette voûte la pierre cubique. (Pl. IX, X, XI et XII.)

TITRES.

La loge prend le titre de Collège.

Il y a dix officiers :

1°. Le président, qui représente Salomon, et se nomme Trois fois puissant;

2°. Un officier qui représente Hiram, roi de Tyr, assis à la droite du président;

3°. Le resp∴ premier surv∴ qui représente Adoniram;

[p. 116]

4°. Le resp∴ deuxième surv∴ qui représente Moabon;

5°. Le garde des sceaux, qui se place à la gauche du président, et représente Galaad (1);

6°. Le grand trésorier, placé au nord, devant la table des pains de proposition; il représente Jabulum;

7°. Le grand secrétaire, placé au sud, devant la table des parfums; il représente Johaben;

8°. Le grand orateur, au sud, près l'autel des sacrifices; il représente Abdamon (2);

9°. Le grand maître des cérémonies, au nord; il représente Stolkin;

10°. Enfin le capitaine des gardes, qui se place près du deuxième surv∴ et représente Zerbal.

SIGNES, ATTOUCHEMENS ET MOTS.

1er signe, celui du serment. — Porter la main droite vers le flanc gauche; la retirer

(1) Héb. גַל־עֵד gal-ged, tumulus testis (Gen. ch. 31, ℣. 48). Galaad était le fils de Machir, fils de Manassé, fils aîné de Joseph (Josué, ch. 17, ℣. 1).

(2) עֶבֶד־הָמוֹן gebed-hamon, servus turbæ.

[p. 117]

avec vivacité, et horizontalement vers la droite.

1er attouchement. — Se prendre mutuellement la main droite, et la retourner alternativement jusqu'à trois fois. L'un dit : Berith; l'autre, neder; le premier réplique : Schelemoth.

1er mot couvert. — JABULUM.

1er mot de passe. — SCHIBBOLETH.

2e signe, celui du feu. — Porter la main droite ouverte sur la joue gauche; la paume en dehors, et se tenir le coude avec la main gauche.

2e attouchement. — Se prendre réciproquement la main droite, et se l'empoigner comme au 3e degré; on dit : Allez-vous plus loin? Pour réponse, avancer la main le long de l'avant-bras jusqu'au coude; ensuite se poser mutuellement la main gauche sur l'épaule droite, et se balancer par trois fois, ayant les jambes avancées les unes entre les autres par la droite.

2e mot couvert. — MACHOBIM (pron. makobim) (héb. מַכְאבִים dolores), et que l'on interprète ainsi : C'est lui, il est mort!

Selon quelques rituels, on fait dire Mahabin, ou Mohabon, ou Moabon, ou enfin Makobin; tous ces mots, ou sont fautifs, ou ne [p. 118] sont pas à leur place. Dans d'autres, nous avons trouvé Gabaon notade (1), que l'on traduit par ces mots : Gabaon, ami parfait, ami élu! Mais cela est d'un usage peu répandu.

2e mot de passe. — EL-HHANAN (héb. אֵל־חָנָן gratia Dei, misericors Deus). On lit dans quelques rituels : Eleanam ou Elehanam, ces deux mots sont également fautifs.

Il ne faut pas confondre ce nom avec El-chanan אֵל־כָנָן, nom d'un des plus braves officiers de David (Paral. 1, chap. 11, vers. 26.).

3e signe, celui d'admiration et de silence. — Lever les deux mains ouvertes vers le ciel, ayant la tête inclinée, les yeux élevés; porter ensuite les deux premiers doigts de la main droite sur les lèvres.

3e attouchement. — Se saisir réciproquement la main droite, se cramponner avec la main droite, et avancer la main gauche sur le dos comme pour attirer à soi.

3e mot couvert. — ADONAÏ.

BATTERIE.

Vingt-quatre coups, par trois, cinq, sept et neuf : ● ● ○ — ● ● ● ● ○ — ● ● ● ● ● ● ○ — ● ● ● ● ● ● ● ● ○!

(1) On devrait dire Gabaon-Notel גִבְעוֹן־נֹטֵל ghibgon-notel assumens collis.

[p. 119]

MARCHE.

Huit pas précipités et un plus lent, ensemble neuf.

AGE.

Sept fois sept ans.

TEMS DU TRAVAIL.

De midi à minuit.

HABILLEMENT.

Tablier blanc, doublure et bordure cramoisi; un ruban bleu, ou faveur, est achevalé sur la bordure sans la couvrir en toute sa largeur; au milieu du tablier, est peinte ou brodée une pierre plate carrée, au centre de laquelle est représenté un anneau de fer qui y est scellé.

Cordon cramoisi, porté en sautoir; au bas du cordon est suspendu le bijou, qui est un compas en or, surmonté d'une couronne à pointes, ouvert sur un quart de cercle. Entre les jambes du compas, est une médaille, représentant d'un côté le soleil, et de l'autre l'étoile flamboyante, au milieu de laquelle est la lettre G. Sur le quart de cercle sont gravés les chiffres 3, 5, 7 et 9 (Pl. VIII, fig. 3).

Chaque écossais porte un anneau en forme d'alliance, dans l'intérieur duquel sont gravés, [p. 120] d'un côté, le nom de l'Ecossais, et la date de sa réception; de l'autre, ces mots : Virtue unites what death cannot separate; la vertu unit ce que la mort ne peut séparer.

GRAND MOT DE PASSE.

BEA MACHEH (prononcez makeh). BAMFARAH, que l'on interprète : Dieu soit loué! nous avons trouvé! (héb. בְעָא מַכֶה בָמְעָרָה bega macheh bam'garah, quærit interfectorum vel percussorum spelunca.) Ces mots se sont fort corrompus dans la tradition; il y a des rituels où l'on trouve, macmaha rababack, mots ablument insignifians.

MOT SACRÉ.

JEHOVAH.

Planche IX
Planche IX. Grand Écossais de la voûte sacrée. Pierre Cubique. 1re face. Première face de la pierre cubique du Grand Écossais de la voûte sacrée : un damier de lettres surmonté d'un fronton triangulaire à cases où se lit le nom mystérieux, encadré de deux têtes d'anges ailées et bordé de chiffres.
Planche X
Planche X. Pierre Cubique. Côté droit. Côté droit de la pierre cubique : au fronton, la clef des chiffres accompagnée du compas et de l'équerre ; au corps, cercles et carrés concentriques portant les mots Essence, Immensité, Puissance, Unité et les quatre points cardinaux, au centre un triangle aux lettres M, J, S, S ; le tout bordé d'étoiles.
Planche XI
Planche XI. Pierre Cubique. Côté gauche. Côté gauche de la pierre cubique : au fronton la « Clef des Lettres » en grille pointée avec truelle et équerre ; au corps, table de l'alphabet chiffré donnant les caractères correspondant aux lettres, aux signes de ponctuation et aux nombres de 1 à 100 ; bordure d'étoiles.
Planche XII
Planche XII. Pierre Cubique. dessus — dernière face. Dessus de la pierre cubique orné de l'étoile flamboyante au G entourée de sept étoiles, et dernière face portant les sept symboles planétaires au fronton et, entre « Dieu » et « la Nature », une roue de triangles entrelacés répartissant les sciences et les arts autour d'un triangle central marqué L, G, T.

15e degré — Chevalier d’Orient ou de l’Épée

[p. 121]

Décoration de la Loge.

La Loge se tient dans deux appartemens; l'un est tendu en étoffe de couleur vert-d'eau, et l'autre en rouge.

Chaque appartement est éclairé par soixante-dix lumières, divisées en dix groupes de sept.

TITRES.

Le président représente Cyrus, roi de Perse et de Médie; il prend le titre de souverain; les surveillans prennent celui de généraux de Cyrus; le secrétaire, celui de chancelier; le maître des cérémonies, celui de grand-maître.

[p. 122]

Le récipiendaire est nommé Zorobabel, et représente le roi des Israélites (chald. זְרֻבָּבֶל Zerubbabel, dispersio confusionis). Il était fils de Salathiel (Aggée, chap. 1. v. 1).

SIGNES.

Porter la main droite à l'épaule gauche, et la descendre en serpentant vers la hanche droite, comme pour imiter les ondes d'un fleuve; ensuite, tirer le glaive du fourreau, et le présenter en avant, comme pour le combat.

ATTOUCHEMENT.

Se saisir mutuellement la main gauche, le bras levé et tendu, comme pour repousser une attaque, tandis que de la droite on semble vouloir se frayer un passage; ensuite, se porter réciproquement la pointe de l'épée sur le cœur. Le premier dit : Juda, le second répond : Benjamin (héb. בִנְיָמִין Binjamin dextræ filius, sive ætatum filius). (Gen. chap. 35. verset 18). C'est le nom du dernier des douze enfans de Jacob, et le père de la tribu de Benjamin.

BATTERIE.

Sept coups, par cinq et deux : ● ● ● ● ○ — ● ○!

[p. 123]

MARCHE.

Avancer fièrement, par cinq grands pas, l'épée haute.

AGE.

Soixante-dix ans.

HABILLEMENT.

Tablier blanc, doublure et bordure verte. Sur la bavette est peinte une tête ensanglantée, et deux épées en sautoir. Dans le milieu du tablier sont brodées trois mailles de chaîne, d'une forme triangulaire.

Cordon vert-d'eau, passant de droite à gauche. Sur le cordon, sont peints ou brodés des ossemens et des membres épars, des têtes, des couronnes, des épées entières et d'autres brisées; au milieu est un pont, sur le cintre duquel sont les lettres : L∴ D∴ P∴

Pour bijou, un glaive en forme de sabre.

CRI D'ACCLAMATION.

Gloire à Dieu et au souverain !

MOT DE PASSE.

JAABOROU-HAMMAIM (héb. יַעַבְרוּ הַמַּיִם jagaborou hammaim, aquæ transibunt). On lit dans beaucoup de rituels, Ya vaurum hamen, [p. 124] ce sont évidemment les premiers mots corrompus dans la tradition.

GRANDE PAROLE.

SCHALAL SCHALOM ABI (héb. שָׁלַל שַׁלוֹם אֲבִי diripuit pacem patri) (1).

MOT SACRÉ.

RAPHODON (dérivé de רְפִדִים ou de רְפִידִים rephidim reclinatoria). C'est le nom donné au lieu où les Israélites firent leur dernier campement après la sortie d'Egypte, sous Moïse. (Exod. chap. 17. v. 1. et suivant.)

(1) On trouve dans quelques rituels, Schilo Schalom abi; le premier mot est fautif et insignifiant.

16e degré — Prince de Jérusalem

[p. 125]

Décoration de la Loge.

La loge est séparée en deux parties; ou plutôt, il est mieux d'avoir deux appartemens contigus, avec une communication dans l'intérieur.

Le premier appartement représente la cour de Zorobabel, roi de Jérusalem; la tenture en est aurore; il est éclairé au dernier point de la réception, par vingt-cinq lumières, en cinq groupes de cinq lumières chacun.

Le second appartement représente la cour de Darius, successeur de Cyrus, qui règne à Babylone; la tenture en est rouge; le trône et le dais sont de couleur aurore.

Le passage par où l'on conduit le récipiendaire, pour aller d'un appartement dans l'autre, représente le chemin qui conduit de Babilone à Jérusalem.

[p. 126]

TITRES.

Dans les deux appartemens, le président prend le titre de très-équitable prince; les surveillans, celui de très-éclairés princes, et tous les frères, celui de valeureux princes.

La loge a le titre de Conseil.

Les princes de Jérusalem jouissent de grands privilèges dans les loges inférieures, dont le conseil a la surveillance et l'administration.

SIGNES.

Se présenter fièrement, l'épée haute, prêt à combattre, la main gauche appuyée sur la hanche. En réponse, tendre le bras à la hauteur de l'épaule, oomme pour commencer le combat, ayant le pied droit en équerre, le talon à la pointe du pied gauche.

ATTOUCHEMENT.

Se frapper mutuellement avec le pouce droit sur la jointure du petit doigt, cinq coups par un, deux et deux : ○ — ● ○ — ● ○; se joindre en même tems le pied droit, par la pointe, formant ensemble une ligne droite; puis se toucher les genoux; enfin, se porter réciproquement la main gauche ouverte sur l'épaule; le premier dit : vingt; le second ré- [p. 127] pond : vingt-trois; ce qui rappelle l'époque de la rentrée des Israélites à Jérusalem, après la captivité de Babylone, qui eut lieu le vingtième jour de Tebeth, dixième de l'année; et celle des actions de grâces rendues par le peuple Juif après la réédification du temple, ce qui fut fait le vingt-troisième jour d'Adar, douxième mois de la sixième année du règne de Darius. Le temple avait été terminé le troisième jour du même mois, et le quatorzième jour du mois suivant, la Pâque y fut célébrée. (Esdras 1. chap. 6. v. 15. et 19.)

BATTERIE.

Vingt-cinq coups, par cinq fois cinq ● ● ● ● ○! cinq fois.

MARCHE.

Un pas grave, sur la pointe des pieds.

On en fait quelquefois cinq; étant au signe, avancer le pied gauche en glissant; rapporter le pied droit à la pointe du gauche, en marquant le pas, et ainsi de suite jusqu'à cinq pas.

HEURES DU TRAVAIL.

On commence au soleil levant, et l'on termine à la moitié du jour.

[p. 128]

HABILLEMENT.

Tablier rouge, doublure et bordure jaune aurore. On peint quelquefois sur le tablier le temple de Salomon, une équerre, un bouclier, un delta, et une main de justice. Les princes portent des gants rouges.

Cordon couleur aurore, liséré d'or; sur le cordon est brodée une balance, une main de justice, un poignard, cinq étoiles et deux couronnes.

Le bijou est une médaille en or; sur l'une des faces est gravée une main tenant une balance; sur l'autre est une épée à deux tranchans, et cinq étoiles.

MOT DE PASSE.

TEBETH ou TEVETH, nom du dixième mois lunaire (héb. טֵבֵת).

MOT SACRÉ.

ADAR, nom du douxième mois (héb. אֲדָר).

17e degré — Chevalier d’Orient et d’Occident

[p. 129]

On croit généralement que ce grade a été institué en 1118, lorsque les croisés s'unirent aux initiés d'orient, sous la conduite de Garimont, patriarche de Jérusalem, et formèrent un corps armé pour la défense et la protection des pélerins qui visitaient la Terre-Sainte.

Décoration de la Loge.

Tenture rouge, parsemée d'étoiles d'or.

TITRES.

La loge se nomme Grand Conseil; elle est composée de vingt-quatre membres.

Le président prend le titre de Très-puissant; les autres membres du conseil sont nommés Respectables anciens.

Les membres reconnus dans le grade, et qui [p. 130] excèderaient le nombre de vingt-quatre, fixé pour la composition du conseil, peuvent y assister sans voix délibérative, et ils sont nommés respectables chevaliers.

SIGNES.

Signe général. — Regarder son épaule droite; en réponse, se regarder l'épaule gauche, en prononçant alternativement ces mots : Abaddon (héb. אֲבַדּוֹן exterminans, vel perditio; Abyssus, racine אָבַד abad, periit, desperiit, nom de l'ange de l'abîme; Apoc., chap. 9 v. 11.) et Jabulum.

Signe pour l'entrée. — Se mettre mutuellement la main droite sur le front.

1er ATTOUCHEMENT.

Mettre la main gauche dans la main droite du Tuileur, les doigts alongés; celui-ci la couvre de son autre main, pendant que l'on se regarde chacun l'épaule droite.

2e ATTOUCHEMENT.

Toucher de la main gauche l'épaule gauche du Tuileur, tandis que celui-ci touche l'épaule droite du premier avec la main droite.

[p. 131]

BATTERIE.

Sept coups, par six et un : ● ● ● ● ● ○ — ●!

MARCHE.

Sept pas en équerre, marquant les côtés d'un heptagone.

HEURES DU TRAVAIL.

Pour commencer : Le tems est proche.

Pour terminer : Il n'y a plus de tems.

HABILLEMENT.

Tablier jaune, doublure et bordure rouge.

On porte deux cordons, l'un blanc, passant de droite à gauche, l'autre noir, et mis en sautoir. Au cordon noir est suspendu le bijou, qui est une médaille heptagone, partie or et partie argent ou nacre de perles. Sur une des faces, dans chacun des angles, sont gravées les lettres B∴ D∴ S∴ P∴ H∴ G∴ F∴ initiales des mots : beauté, divinité, sagesse, puissance, honneur, gloire, force. Au-dessus de chaque lettre est une étoile. Au centre est un agneau en argent, couché sur le livre des sept sceaux, et chacun des sceaux portant une des lettres ci-dessus. Sur l'autre face sont deux épées en [p. 132] croix, la pointe tournée vers le haut, posées sur une balance en équilibre. Il y a des conseils où l'on joint une lancette à l'heptagone.

MOT DE PASSE.

JABULUM.

MOT SACRÉ.

ABADDON. Il y a des loges où l'on dit APOLYON, en grec Απολυον, exterminans, vel perditio, aut destruens (Ap., chap. 9, v. 11.).

18e degré — Chevalier Rose-Croix

[p. 133]

Décoration de la Loge.

Il y a trois appartemens.

Le premier, qui est celui où se fait l'ouverture des travaux pour les réceptions, est tendu en étoffe noire parsemée de larmes blanches; il y a trente-trois lumières en cire jaune, en trois groupes de onze chacun, et qui sont masquées jusqu'aux moment indiqué dans le rituel.

A l'est, au sud et au nord, sont trois colonnes, sur le fût desquelles on lit : Foi, Espérance, Charité.

Le dais et l'autel sont également en noir, à franges blanches. Au fond de la salle est un tableau sur lequel sont peintes trois croix; celle du milieu porte la rose mystique, placée au centre de la croisée, entourée d'une cou- [p. 134] ronne d'épines. Les deux autres croix portent chacune une tête de mort décharnée et deux os en sautoir.

L'autel, ainsi que ce tableau, est caché par un rideau noir qui se lève dans le cours de la réception.

Au devant de ce rideau, et au bas des marches de l'autel, est une table couverte d'un tapis noir, sur laquelle est posé le livre de la sagesse, un compas, une équerre, un triangle, un cordon noir, et un habit de rose-croix destiné au récipiendaire.

Lorsqu'il y a réception, le président se place entre cette table et l'autel qui est derrière le rideau, sur les marches duquel il s'assied; tous les autres membres sont à demi-couchés par terre, sur le côté.

Au milieu de la salle, est le tracé de la loge. (Planche XIII.)

La seconde chambre représente un lieu de réprobation.

La troisième est tendue en rouge; elle est éclairée par trente-trois lumières groupées comme dans la première.

Sous le dais, il y a une gloire éclatante; au milieu de la gloire est l'étoile flamboyante, et dans le centre de l'étoile est un jod (י), initiale [p. 135] du nom de Dieu. Au dessous, est un tombeau vide et ouvert (1).

Sur le pavé, est le tracé de la loge (Pl. XIV).

TITRES.

La loge prend le titre de souverain chapitre de Rose-croix.

On le nomme aussi de l'Aigle noir, du Pélican, d'Heredom, ou de saint André d'Écosse, et ces titres sont retracés dans le bijou attribué au grade.

Le maître, ou président, est nommé très-sage Athirsatha ou Athersatha (héb. הָתִרְשָׁתָא Hathir'schatha contemplans annum, vel tempus. C'est le nom du fils d'Achelaï, Esd. 2, chap. 2, v. 1; chap. 10, v. 1; et chap. 7. v. 65.)(2). Les

(1) Selon quelques rituels, on place dans le centre de l'étoile flamboyante la lettre G, qui est aussi un emblême du nom de Dieu en maçonnerie. Selon d'autres, c'est une S∴ ce qui paraîtrait une erreur, causée par la ressemblance du jod avec une S. Au surplus, la lettre S pourrait également convenir ici, en l'interprétant ainsi : Soli Deo, ou seulement Solus.

(2) Et dixit Athersatha eis, ut non comederent de sancto sanctorum, donec surgeret sacerdos doctus atque perfectus (Esd. 1, chap. 2, ℣. 63). Quelques personnes ont pensé qu'Athersatha étoit un nom propre; mais on voit par ce que nous venons de citer que c'est un titre, ou

[p. 136]

surveillans sont nommés très-excellens et parfaits maîtres, et les chevaliers, très-puissans et parfaits maîtres. Dans le premier point de la réception, on n'emploie pas le titre de parfait.

Les pièces d'écriture sont des colonnes gravées.

SIGNES.

Signe de l'ordre. — Les bras croisés sur la poitrine, les mains étendues, les yeux élevés vers le ciel. Ce signe se nomme aussi du bon pasteur.

Signe de reconnaissance. — Elever la main droite, en montrant le ciel, avec l'index levé; en réponse, montrer la terre du même doigt, faire alternativement ces deux signes.

Il y a des rituels d'après lesquels on fait en place de celui qui précède, le signe suivant : étant au signe d'ordre, élever les mains vers

une qualité. D'où l'on a pensé que ce titre avoit été donné au prophète Néhémie, parce qu'il avait exercé l'office d'échanson près d'Artaxercès (Esd. 2, chap. 2, ℣. 1), en faisant dériver ce nom de שתה ou שתא bibit, potavit. Mais ce mot veut dire aussi annus. N'est-il pas plus naturel de suivre la première interprétation que nous avons donnée, et qui pouvait convenir au prophète, soit qu'il prédît par l'aspect des cieux, soit qu'il se livrât à l'étude des astres ?

[p. 137]

le ciel, les bras restant croisés, la paume des mains tournée en dehors; pour réponse, on montre le ciel avec l'index de la main droite; ces deux signes se font aussi alternativement.

Signe de secours. — Croiser les jambes en passant la droite derrière la gauche. Si l'on est compris, le frère à qui on a fait le signe y répond par le même mouvement de la jambe gauche.

ATTOUCHEMENT.

Etant au signe du bon pasteur, se placer l'un en face de l'autre; s'incliner pour le salut; ensuite se poser réciproquement les deux mains sur la poitrine, sans décroiser les bras, et dans cette position, se donner le baiser fraternel, en prononçant le mot de passe.

BATTERIE.

Sept coups, par six et un : ● ● ● ● ● ○ — ●!

AGE.

Trente-trois ans.

HEURES DU CHAPITRE.

Les travaux sont censés être toujours en activité, et lorsque l'on entre en chapitre, comme après un repos, c'est la reprise des travaux.

[p. 138]

Les travaux recommencent à l'instant que la parole fut perdue.

Et on les suspend au moment où la parole est retrouvée.

HABILLEMENT.

Les princes de Rose-croix portent, par-dessus l'habit de ville, qui doit être noir, une dalmatique de laine blanche, bordée en noir, ayant une croix latine, en étoffe rouge, sur le devant et sur le derrière.

Tablier de satin blanc, doublure noire, bordure rouge. Sur la doublure est une croix rouge; sur le devant est peint ou brodé l'un des côtés du bijou.

Un cordon porté en sautoir, rouge d'un côté et noir de l'autre; au bas du cordon est suspendu le bijou, qui est un compas couronné, posé sur un quart de cercle; entre les branches du compas, d'un côté est un pélican, de l'autre un aigle; entre ces deux emblêmes s'élève une croix sur laquelle est une rose (V. Pl. XV, fig. 1 et 2).

Dans le premier point de la réception, le bijou est voilé; le cordon et le tablier sont tournés du côté qui est en noir.

[p. 139]

MOT DE PASSE.

EMMANUEL (héb. עִמָּנוּאֵל Gimmanouel, Deus nobiscum, S.-Math., chap. 1, v. 23). En réponse : Pax vobis, ou paix profonde.

MOT SACRÉ.

J. N. R. I. Il ne se prononce pas; on nomme l'une après l'autre, chacune de ces quatre lettres, dans l'ordre de leur inscription.

CRI D'ACCLAMATION.

HOSCHEA ou HOSCHEE (héb. הוֹשִׁיעַ hoscheag, Salvator).

Il ne faut pas confondre cette parole avec le cri de huzza, ou houzzai; ce sont deux mots tout-à-fait différens.

[p. 140]

USAGES DES BANQUETS.

DES SOUVERAINS PRINCES ROSE-CROIX.

Il ne faut pas confondre les banquets dont nous allons donner les usages, avec la cène mystique dont les cérémonies sont décrites au long dans les rituels.

Il y avait, dans l'origine, ce que l'on appelait des réfectoires, où l'on ne mangeait que debout, et où l'on ne servait que des légumes; nous en avons une description sous les yeux, que nous n'insèrerons pas ici pour ne pas grossir cet ouvrage que nous voudrions rendre portatif. Nous ne traiterons donc que des banquets ordinaires.

Lorsque le local le permet, on donne à la table la forme d'une croix grecque.

Les verres sont nommés calices, la table est un autel, le surplus des ustensiles a le même nom que dans les premiers degrés.

[p. 141]

Commandemens pour les santés.

Debout, chevaliers! Le drapeau en sautoir! La main au calice! Haut le calice!

On l'élève à la hauteur du front.

Vidons le calice en trois tems! Le calice à l'épaule gauche! Le calice à l'épaule droite! Haut le calice! Posons le calice! A moi, pour la batterie!

Planche XIII
Planche XIII. Tracé de la Loge des Souv∴ P∴ R∴ ✠ premier Appartement. Tableau du premier appartement de la loge des Souverains Princes Rose-Croix : ciel nuageux avec lune et soleil, aigle éployé, houppe dentelée à glands, delta contenant cercles, carrés et étoile entrelacée, colonnes renversées et outils brisés au bas ; cartouches Sagesse, Force, Beauté et points cardinaux.
Planche XIV
Planche XIV. Tracé de la loge des Souv. P. R. ✠ second appartement. Tableau du second appartement de la loge des Souverains Princes Rose-Croix : croix rayonnante, soleil et lune, guirlande de têtes ailées, aigle et pélican, étoile flamboyante au G, figure géométrique aux triangles entrelacés, pierre brute, arche et outils ; cartouches Foi, Espérance, Charité.
Planche XV
Planche XV. 1re face — 2e face. Les deux faces du bijou de Rose-Croix : un compas ouvert surmonté d'une couronne et d'une rose, portant une croix rayonnante, avec le pélican nourrissant ses petits à l'avers et l'aigle éployé au revers, le segment inférieur portant une inscription hébraïque.

19e degré — Grand Pontife ou Sublime Écossais

[p. 142]

Décoration de la Loge.

Tenture bleue, parsemée d'étoiles d'or.

La loge n'est éclairée que par la lumière qui pénètre à travers un transparent qui est au fond du dais, sous lequel est placé le président.

TITRES.

Le maître ou président se nomme Trois fois puissant. Il n'y a qu'un seul surveillant, qui se place à l'ouest. Tous les membres sont nommés fidèles et vrais frères.

[p. 143]

SIGNE.

Etendre le bras droit horizontalement, la main également étendue; abaisser perpendiculairement les trois derniers doitgs.

ATTOUCHEMENT.

Se mettre réciproquement la paume de la main droite sur le front; le premier dit : alleluia; le second répond : louez le Seigneur; le premier réplique : Emmanuel; et le second : Dieu vous assiste; tous deux ensemble : amen (héb. אמן firmum sit. Saint-Math., chap. 21, vers. 21 et 31; Tobie, chap. 9, vers. 12; et Judith, chap. 10, vers. 9).

BATTERIE.

Douze coups égaux.

HEURES DU TRAVAIL.

A l'ouverture. — Il est l'heure prédite.

A la clôture. — L'heure est accomplie.

HABILLEMENT.

Le maître est vêtu d'une longue robe de satin blanc; les autres membres sont également en robe blanche, mais en lin. Tous ont le front ceint d'un bandeau de couleur bleu- [p. 144] céleste, sur lequel sont brodées en or, douze étoiles.

Par-dessus cet habit, un cordon cramoisi écossais, liséré de blanc, ayant douze étoiles brodées en or sur le devant. Vers le haut, est aussi brodé un A (alpha), et vers le bas, un Ω (omega), qui sont les deux extrémités de l'alphabet grec. Ce cordon se porte de gauche à droite.

Le bijou est suspendu au cordon; c'est une plaque d'or en forme de carré long, sur laquelle sont gravés d'un côté un A, et de l'autre un Ω.

MOT DE PASSE.

EMMANUEL.

MOT SACRÉ.

ALLELUIA (héb. הַלְלוּ־יָהּ hall'lou-iah, Dominum laudate).

20e degré — Vénérable Grand Maître ad vitam

[p. 145]

Dans les premiers tems de l'introduction de la maçonnerie en Europe, la charge de vénérable de loge était à vie, et le pouvoir s'en conférait par le présent grade.

Mais, depuis environ un démi-siècle, ce n'est plus qu'une charge temporaire que l'on ne peut exercer, particulièrement en France, plus de trois années de suite dans une même loge; encore faut-il que la réélection en ait lieu tous les ans. Il faut, après trois années d'exercice, un intervalle d'une année avant de pouvoir être réélu.

[p. 146]

Décoration de la Loge.

Tenture bleue et jaune ( par allusion à l'or et à l'azur des nuages dans lesquels l'Eternel apparut à Moïse ). Le trône est élevé sur une estrade de neuf marches.

Derrière l'autel est un chandelier à neuf branches ; et en avant, est un réchaud allumé, avec de l'encens à côté, lorsqu'il y a réception.

TITRES.

Le chef ou président de la loge est nommé Grand-Maître, et représente Cyrus-Artaxercès (1). Il est revêtu des ornemens royaux.

Il y a deux surveillans, qui représentent deux des premiers officiers d'Artaxercès.

Le récipiendaire représente Zorobabel, roi des Israélites.

Il ne peut y avoir moins de neuf maîtres pour composer la loge.

SIGNES.

Premier. — Former quatre équerres; 1°. en

(1) Cet Artaxercès est Cambyse, fils de Cyrus, roi de Perse, nommé Assuerus dans Esdras (liv. 1, ch. 4, ÿ. 6), et Artaxercès, dans le même livre (ÿ. 8).

[p. 147]

portant la main droite sur le cœur, les doigts rapprochés, le pouce écarté, ce qui forme deux équerres; 2°. en mettant la main gauche sur les lèvres, le pouce écarté, ce qui forme encore une équerre ; 3°. enfin, en joignant les deux talons, les pieds ouverts en équerre.

Second signe. — Se mettre à genoux, poser les coudes à terre, prosterné, la tête un peu penchée vers la gauche.

Troisième signe. — Croiser les bras sur la poitrine, le droit par-dessus le gauche, les doigts étendus et rapprochés, le pouce en équerre, les pieds placés en équerre, se joignant par le talon, ce qui forme cinq équerres.

Il y a des rituels où l'on n'indique qu'un seul signe, en place des deux premiers, qui est de mettre le genou droit à terre, le gauche étant relevé, ce qui forme deux équerres ; poser ensuite le coude gauche sur le genou relevé, les doigts étendus et rapprochés, le pouce en équerre, la tête penchée vers la terre, inclinée un peu à gauche, comme si l'on n'osait regarder en face.

Signe d'introduction. — L'épée haute, ou à défaut, le bras droit élevé au-devant de la tête, comme pour parer un coup ; en se rencontrant, les glaives des deux frères se croi- [p. 148] sent, et forment ce que l'on nomme la voûte d'acier.

ATTOUCHEMENT.

Se prendre réciproquement le coude du bras droit avec la main droite; le presser par quatre fois; puis laisser glisser la main le long de l'avant-bras jusqu'au poignet ; appuyer ensuite avec l'index seulement sur la ligature du poignet.

A l'introduction. — Se prendre mutuellement la main droite, le pouce sur la ligature du poignet; ensuite, la laisser glisser le long de la main en se retirant, jusqu'au bout des doigts.

Il y a des maîtres qui, dans ce dernier attouchement, se serrent mutuellement le poignet en tirant à soi, par neuf fois alternativement, et en répétant à chaque fois le mot Cyrus.

BATTERIE.

Trois coups, par un et deux : ○ — ● ●

MARCHE.

Neuf pas en équerre.

Le maître fait neuf voyages dans le cours de sa réception, après lesquels il est purifié par le fer et par le feu.

[p. 149]

HABILLEMENT.

Cordon jaune et bleu, ou deux cordons, l'un jaune et l'autre bleu d'azur; on les croise sur la poitrine.

Le bijou est un triangle en or, sur lequel est gravée la lettre R∴

MOT DE PASSE.

JEKSAN ; à quoi l'on répond : STOLKIN.

Selon quelques rituels, au lieu de faire répondre Stolkin, on fait dire : Zabulon, et le premier réplique : Nabuzardan ( héb. נְבוּזַר־אֲדָן N'bouzar-adan, c'est le nom d'un des officiers de Nabuchodonosor, princeps exercitus ; Rois IV. chap. 25. v. 8).

Selon quelques autres, au lieu de Stolkin, on répond : Jubellum, Zanabosane ou Janaborane ; ce sont des mots insignifians.

MOT SACRÉ.

RAZAH-BETSIJAH ( héb. רָזָה־בְּצִיָּה macis in solitudine ).

On lit ce mot fort corrompu dans quelques cahiers, où l'on trouve : Razabassi ; ce dernier est absolument insignifiant.

Il y a des rituels où l'on donne Jehovah

[p. 150]

pour mot sacré, et pour mot de passe Balthazar ( héb. בֵּלְטְשַׁאצַּר Bel'tschatzar, nom qui fut donné à Daniel par Nabuchodonosor. Daniel chap. 1. v. 7.).

Nous avons choisi les mots le plus généralement usités.

21e degré — Noachite ou Chevalier Prussien

[p. 151]

Décoration de la Loge.

L'assemblée se tient dans un lieu retiré ; la salle est disposée de manière à ce qu'elle reçoive la lumière de la lune, par une seule fenêtre ; c'est la seule lumière qui doive l'éclairer. C'est pourquoi la loge ne se réunit que dans la pleine lune.

TITRES.

La loge prend le nom de Chapitre.

Le maître se nomme Chevalier Commandeur Lieutenant ; il représente Frédéric II, roi de Prusse, fondateur de l'ordre.

Il y a six chevaliers d'office.

[p. 152]

SAVOIR :

Un Inspecteur ;

Un Introducteur ;

Un Chevalier d'éloquence (orateur) ;

Un Garde ;

Un Chancelier ;

Un Financier (trésorier).

Tous les membres sont nommés Chevaliers Prussiens.

ARMOIRIES DE L'ORDRE.

Au premier, d'azur, à la lune d'argent, entouré d'étoiles d'or ; au second, de sable, à l'équilatéral et à la flèche d'or.

Il est défendu par les statuts d'avoir loge de table.

SIGNES.

D'ordre. — Lever les bras vers le ciel, le visage tourné vers le côté de l'est, où se lève la lune.

D'introduction. — Montrer trois doigts levés de la main droite. Le Tuileur prend les doigts, avec la main droite, et dit : Frédéric II ; il présente à son tour les trois doigts, on les saisit également, en disant : Noé (héb. נֹחַ

[p. 153]

noahh, requies. Il était fils de Lamech, Gen., chap. 5, vers. 29).

2e ATTOUCHEMENT.

Prendre l'index de la main droite du Tuileur, et le presser avec le pouce et l'index, en disant : Sem ; le Tuileur fait le même attouchement, en disant : Cham ; répéter l'attouchement en prononçant Japheth.

Héb. שֵׁם Schem, fama ; חָם hham, calidus vel niger ; יֶפֶת Japheth, pulcher. C'est le nom des trois fils de Noé. (Gen., chap. 5, vers. 31, et chap. 9, vers. 18.)

BATTERIE.

Trois coups lents : ○ — ○ — ○

MARCHE.

Trois pas de maître.

HABILLEMENT.

Cordon noir, porté de droite à gauche, auquel pend, pour bijou, un triangle équilatéral en or, traversé par une flèche ayant la pointe tournée vers le bas.

On peut aussi porter à la boutonnière le bijou de l'ordre, qui est une lune d'argent.

Tablier et gants jaunes.

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MOT DE PASSE.

PHALEGH, que l'on répète par trois fois d'un ton lugubre. ( Héb. פֶּלֶג divisio ; il était fils de Héber. Gen., ch. 10, v. 25. )

MOTS SACRÉS.

SEM, CHAM, JAPHETH.

22e degré — Chevalier Royal-Hache, Prince du Liban

[p. 155]

Décoration de la Loge.

Il y a deux appartemens.

Le premier est tendu en bleu, et représente l'atelier du mont Liban. Il est éclairé de onze lumières.

Le second est tendu en rouge; c'est le Conseil de la table ronde.

TITRES.

La loge se nomme Collège au premier point; le maître y est nommé Très-sage.

Au second point, la loge prend le titre de Conseil, et le maître y est nommé Grand Patriarche.

Après le maître, il y a deux grands officiers.

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SIGNES.

Faire le mouvement d'élever une hache avec les deux mains, et de frapper, comme pour couper un arbre par le pied.

En réponse, lever les deux mains à la hauteur du front, les doigts étendus, et les laisser retomber.

ATTOUCHEMENT.

Se prendre mutuellement les mains en croisant les doigts, en signe de bonne foi.

BATTERIE.

Deux coups égaux.

MARCHE.

Trois pas croisés.

Le récipiendaire fait trois voyages dans le cours de la réception.

HABILLEMENT.

Tablier blanc; au milieu est peinte ou brodée une table ronde ; sur la table on voit des plans déroulés.

Il y a des loges où l'on se borne à peindre un œil sur le tablier.

Cordon aux couleurs de l'arc-en-ciel, doublé en soie, couleur ponceau, porté en sautoir.

[p. 157]

Au bas du cordon est suspendu pour bijou une hache d'or, surmontée d'une couronne. Sur un des côtés du manche de la hache, sont les lettres L∴ S∴ Au sommet, du même coté : A∴ A∴ C∴ D∴ X∴ Z∴ A∴ Sur l'autre côté du manche est la lettre S∴ Et au sommet : N∴ S∴ C∴ J∴ M∴ B∴ O∴ Ce sont les initiales des noms qui suivent, dans le même ordre : Liban, Salomon, Abda, Adoniram, Cyrus, Darius, Xerxès, Zorobabel, Ananias, Sidonius, Noé, Sem, Cham, Japheth, Moïse, Beseleel, Ooliab.

Les princes du Liban sont armés d'une hache, au premier point de la réception, et d'un glaive au second.

MOTS DE PASSE.

JAPHETH, OOLIAB ( héb. אָהֳלִיאָב Aholiab, patris tabernaculum, seu pater tabernaculi) (1), et LIBAN ( héb. לְבָנוֹן l'banon, blanc, encens).

On sait que c'est dans les forets du Liban que furent coupés et préparés les bois em-

(1) Il y a des rituels, où, au lieu d'Ooliab, on lit Elial ou Eliab; c'est une faute. Beseleel, Ooliab étaient deux célèbres ouvriers qui furent employés par Moïse à la construction du tabernacle ( Exode, chap. 31, ÿ. 2 ; et chap. 38, ÿ. 22 et 23 ).

[p. 158]

ployés dans la construction du temple de Salomon.

MOTS SACRÉS.

NOÉ, BESELEEL ( héb. בְּצַלְאֵל betsalel, in umbra Dei, fils d'Uri, fils de Hur, de la tribu de Juda, et de Marie, sœur de Moïse), et SIDONIUS ( héb. צִידֹנִי tsidoni, venator, nom appellatif du peuple de Sidon, qui était réputé pour sa science dans la coupe des bois. Rois, 3., chap. 5, v. 6).

23e degré — Chef du Tabernacle

[p. 159]

Décoration de la Loge.

Tenture blanche, soutenue par des colonnes rouges et des colonnes noires, accouplées, et placées à distances, selon le goût de l'architecte.

Au fond, est le sanctuaire, séparé du reste par une balustrade, et par un rideau rouge, relevé de chaque côté.

Dans le sanctuaire, est un trône élevé sur une estrade de sept degrés ; devant le trône est un autel couvert d'une étoffe rouge. Sur l'autel est le livre de la sagesse, et un poignard.

Au-dessus du trône est l'arche d'alliance, surmontée d'une gloire, au milieu de laquelle est le nom de Dieu (יְהֹוָה), et sur les côtés, les images du soleil et de la lune.

Sur la droite du premier autel, et un peu en avant, est l'autel des holocaustes ; en face, à la gauche, est celui des parfums.

[p. 160]

A l'ouest, sont deux chandeliers à cinq branches, en forme pyramidale ; à l'est, est un chandelier à deux branches.

Le président se place sur le trône, et les deux surveillans en avant de l'autel.

Pour les réceptions, il y a une chambre obscure, au milieu de laquelle est un autel. Sur cet autel est une lampe, et trois têtes de mort. Au-devant de l'autel est un squelette humain.

TITRES.

Le président prend le titre de grand souverain sacrificateur ; les deux sur∴ prennent celui de grands-prêtres ; les autres frères sont nommés lévites.

La loge est désignée sous le titre de hiérarchie.

SIGNE.

Avancer le pied gauche, en faisant le mouvement de saisir de la main droite l'encensoir que l'on est censé tenir de la gauche.

ATTOUCHEMENT.

Se prendre mutuellement le coude gauche avec la main droite, en arrondissant le bras pour former un peu le cercle.

[p. 161]

BATTERIE.

Sept coups, par six et un : ● ● ● ● ● ○ — ●

HEURES DE SERVICE.

Pour commencer. — L'heure où le fils de Hiram doit venir pour sacrifier;

Pour fermer. — L'heure où le sacrifice est consommé.

HABILLEMENT.

Le grand sacrificateur porte une longue robe rouge, par-dessus est une autre robe jaune, plus courte que la première, et sans manches ; il est coiffé d'une mitre fermée, en étoffe d'or, au-devant de laquelle est peint ou brodé en rouge, un delta, avec le nom ineffable. Par-dessus son vêtement, est une écharpe noire à franges d'argent, au bas de laquelle est attaché, par une rosette rouge, un poignard ; elle se porte de gauche à droite.

Les deux surveillans, grands-prêtres, ont le même costume, à l'exception du delta sur la mitre, qu'ils ne portent pas.

Les lévites sont vêtus d'une robe blanche, par-dessus laquelle est une écharpe rouge à franges en or. Au bas de l'écharpe est suspendu [p. 162] avec une rosette noire, un encensoir pour bijou.

MOT DE PASSE.

URIEL. ( héb. אוּרִיאֵל Ouriel, ignis Domini, nom de l'ange du feu, qui préside à l'encensoir.)

En réponse, on dit : LE TABERNACLE DES VÉRITÉS RÉVÉLÉES (1).

MOT SACRÉ.

JEHOVAH. On ne le prononce pas, on l'épelle.

(1) Le tabernacle que Moïse fit construire dans le désert, par l'ordre du Seigneur, est nommé dans la Bible מִשְׁכָּן misch'chan habitaculum (Exod., ch. 26, v. 36).

24e degré — Prince du Tabernacle

[p. 163]

Décoration de la Loge.

Il y deux appartemens.

Le premier, qui précède immédiatement le second, est nommé vestibule, il sert de vestiaire. Il est décoré d'attributs variés de maçonnerie.

Le second appartement est de forme circulaire ; il est éclairé par quarante-neuf lumières.

La décoration varie, dans cet appartement, aux trois points de la réception.

Au milieu de la loge est un chandelier à sept branches.

TITRES.

La loge se nomme hiérarchie.

Le maître prend le titre de Très-puissant.

Il y a trois surveillans, qui ont le titre de

[p. 164]

Puissans ; ils se placent, l'un au sud, le second à l'ouest, et le troisième au nord.

SIGNES.

De reconnaissance. — Porter la main droite ouverte sur les yeux, comme pour se garantir d'une vive lumière, ayant la main gauche sur la poitrine ; ensuite porter la main droite vers l'épaule gauche et la ramener diagonalement sur le côté droit. Ce signe est nommé, signe du cordon.

Grand signe. — Porter les deux mains ouvertes sur la tête, joindre les deux pouces et les deux index par les extrémités, pour former un triangle.

L'attouchement, la batterie et les mots sont les mêmes que dans le grade précédent.

HEURES DE SERVICE.

Pour ouvrir. — La première heure du jour des sept de la construction de la hiérarchie.

Pour fermer. — La dernière heure du jour, de vie et de suavité.

MARCHE.

Six pas égaux et un plus grand, ensemble : sept pas.

[p. 165]

HABILLEMENT.

Une robe de soie bleue, dont le collet est garni de rayons en gaze d'or, imitant l'auréole ; le surplus de la robe parsemé d'étoiles d'or. Sur la tête, une couronne fermée, environnée d'étoiles, et surmontée d'un delta.

Cordon ponceau moiré, porté en sautoir ou en écharpe, passant de droite à gauche.

Tablier blanc, doublure ponceau.

[p. 166]

CÉRÉMONIE DE TABLE

DES CHEFS ET DES PRINCES DU TABERNACLE.

La table est ronde ; les mets ne sont pas déposés dessus ; ils sont présentés successivement à chacun, qui se sert à son gré.

Au milieu de la table est un groupe de cœurs enflammés, et de l'encens.

Il ne peut y avoir que sept lumières sur la table.

MANIÈRE DE PORTER LES SANTÉS.

1re SANTÉ.

Le maître dit : L'ardent midi de nos solemnités sollicite nos cœurs à des libations nouvelles, chargeons nos canons !

Puissant F∴ second surveillant, quelle suite de bonheur nous annoncez-vous ?

La réponse se fait selon le rituel.

Frères surveillans, et vous, puissans frères de cette hiérarchie, célébrons la grandeur du glorieux destin qui nous unit !

On vide la coupe d'un seul trait.

[p. 167]

2e SANTÉ.

Le maître dit : L'ardent midi de nos solemnités, etc.

Puissant F∴ premier surveillant, quelle heure est-il ?

Réponse, comme dans le rituel.

Quels talens réunissez-vous ?

Réponse, comme au rituel.

Où sont nos frères ?

Réponse : Le souverain grand-maître les dirige en loge et les conserve en hiérarchie.

Le maître reprend : Puissans frères de la sapiente loge hiérarchique, je porte la santé de tous les maçons élus et à élire, par les accords de sept et de trois fois trois.

3e SANTÉ.

Le maître fait charger les canons comme on l'a vu, et dit :

Puissans frères, nous portons la santé du Roi notre souverain, et de toute la famille royale. Que le souverain grand-maître leur donne joie et prospérité !

Planche XXVIII
Planche XXVIII. SIGNES HIEROGLYPHIQUES. Princes du Tabernacle — Chevaliers Kadoch. Deux alphabets secrets : celui des Princes du Tabernacle, où chaque lettre est figurée par un chevron diversement pointé, et celui des Chevaliers Kadosch, où chaque lettre correspond à un nombre.

25e degré — Chevalier du Serpent d’Airain

[p. 168]

Décoration de la Loge.

TENTURE rouge.

Au-dessus du trône est un transparent où l'on voit un buisson ardent, au milieu duquel est Jehovah.

Au milieu de la loge est une montagne haute d'environ cinq pieds, elle a la forme d'un cône tronqué.

Un seul flambeau ou torche éclaire la loge.

TITRES.

La loge se nomme la cour de Sinaï.

Le président prend le titre de Très-puissant grand-maître ; les surveillans, celui de Ministres ; l'orateur, celui de Pontife ; le secrétaire est nommé Grand Ciseleur, et tous les frères sont qualifiés Chevaliers.

Il y a en outre un Examinateur ; le récipiendaire est un Voyageur.

[p. 169]

SIGNES.

D'ordre. — Incliner la tête, et indiquer un objet à terre, avec l'index de la main droite ;

De reconnaissance. — Faire le signe de la croix sur soi-même.

ATTOUCHEMENT.

Se plaçant à la droite du Tuileur, lui prendre le poignet gauche avec la main gauche ; en réponse, le Tuileur prend le poignet droit du premier avec la main droite.

BATTERIE.

Neuf coups, cinq lents, trois précipités et un séparé : ○ ○ ○ ○ ○ — ● ● ○ — ○ !

MARCHE.

Neuf pas en serpentant.

HEURES DU TRAVAIL.

La cour s'ouvre à une heure et se ferme à quatre.

HABILLEMENT.

Cordon rouge en sautoir, sur lequel est peinte ou brodée la devise : Vertu et courage.

Le bijou est un serpent entortillé autour [p. 170] d'une baguette terminée en T. C'est l'image du serpent que Moïse fit élever dans le camp des Israélites, et dont la vue avait la vertu de guérir la morsure des serpens dont ils avaient été poursuivis dans le désert (Nomb., chap. 21, vers. 9). Le serpent d'airain avait été, depuis, conservé avec soin dans le temple ; mais, comme il devint dans la suite un objet d'idolâtrie pour les Juifs, Ezéchias, roi de Juda, le fit mettre en pièces ; et, dans son indignation, le nomma נְחֻשְׁתָּן (nehhus'tan, æneus serpens) vieux cuivre à mettre à la fonte ; vile matière. (Rois, 4 chap. 18, vers. 4.)

MOT DE PASSE.

J. N. R. J.

MOT COUVERT.

JOHANNES RALP ; c'est le nom du fondateur de l'ordre.

MOT SACRÉ.

MOÏSE. Il s'épelle. (héb. מֹשֶׁה moscheh, assumptus.) Il fut le chef et le législateur des Hébreux. Il mourut sur la montagne Nebo. (Deut., chap. 34.) On n'a jamais pu découvrir le lieu de sa sépulture. On fixe l'époque de sa mort au dernier jour de la lune d'Adar, dernier de l'an du monde 2553, et 1451 avant Jésus-Christ.

26e degré — Écossais Trinitaire ou Prince de Mercy

[p. 171]

Décoration de la Loge.

TENTURE verte, supportée par neuf colonnes, alternativement blanches et rouges. A chacune des colonnes est un bras ou candelabre, portant neuf lumières, ce qui forme au total quatre-vingt-une lumières.

Le dais, sous lequel est le trône, est en étoffe verte, blanche et rouge ; la table qui est devant le trône est couverte d'un tapis aux mêmes couleurs.

Au lieu de se servir d'un maillet, le maître tient une flèche, dont il frappe sur l'autel ; les empennes de la flèche sont teintes en rouge d'un côté et en vert de l'autre ; le bois en est blanc et la pointe en or.

[p. 172]

Sur l'autel est une statue représentant la Vérité, couverte d'un voile aux trois couleurs du grade. C'est le palladium de l'ordre.

TITRES.

La loge se nomme le troisième ciel.

Le maître prend le titre de Très-excellent.

Outre les deux surveillans et les officiers ordinaires, il y a un Sacrificateur et un Gardien du palladium.

SIGNES.

D'entrée. — Porter la main droite ouverte en triangle au-dessus des yeux, comme pour se garantir d'une vive lumière ;

De caractère. — Former un triangle avec les deux pouces et les deux index, réunis par les extrémités, ayant les mains devant soi, touchant au corps ;

De secours. — Croiser les deux bras au-dessus de la tête, les mains ouvertes, la paume en avant, en disant : à moi les enfans de la vérité ! (héb. אֵלַי בְּנֵי אֱמֶת ou לִי li, ou elaï beni émeth) ;

D'ordre. — Debout, la main droite appuyée sur la hanche.

ATTOUCHEMENT.

Porter les deux mains sur les épaules du

[p. 173]

Tuileur, les lui presser légèrement par trois fois en disant : gomel.

BATTERIE.

Quinze coups, par trois, cinq et sept : ● ● ○ — ● ● ● ● ○ — ● ● ● ● ● ● ● !

MARCHE.

Trois pas égaux, en partant du pied gauche.

AGE.

Quatre-vingt-un ans.

POUR COMMENCER LE TRAVAIL.

Avertissez.

HABILLEMENT.

Le prince très-excellent est vêtu d'une longue tunique aux trois couleurs, vert, blanc et rouge. Il porte une couronne à pointes de flèches en or.

Les autres membres de la loge portent un tablier rouge, au milieu duquel est peint, ou brodé, un triangle blanc et vert ; un cordon aux trois couleurs de l'ordre, placé en sautoir, auquel est suspendu pour bijou un triangle équilatéral en or.

[p. 174]

MOT DE PASSE.

GOMEL.

On lit dans quelques cahiers, Gomez ; c'est une faute.

Il y a aussi des loges où l'on donne pour mot de passe Jachinaï, mais ce n'est pas le mot véritable.

MOTS VULGAIRES.

GHIBLIM (1) et GABAON (2).

MOTS SACRÉS.

JEHOVAH, JACHIN (pron. Jakin).

MOT SUBLIME.

EDUL-PEN-CAGU. (Chald. עֲבִיד פְּנָא כְּגוֹן gabid pena chegon : Fais ce que tu voudrais qui te fût fait.)

(1) De l'hébreu גִבְלִים termini. Les ghibliens, que ce nom désigne, furent occupés par Salomon à la coupe des pierres pour la construction du temple. Il y a des rituels où l'on a écrit giblim, ne faisant pas attention que le ghimel (ג) a toujours la prononciation d'un g dur.

(2) Héb. גִבְעוֹן ghib'gon ou ghibon, collis. C'est chez les Gabaonites que fut déposée l'arche d'alliance, en attendant l'édification du temple de Salomon (Paralip., 2, chap. 1, v. 3).

27e degré — Grand Commandeur du Temple

[p. 175]

Décoration de la Loge.

TENTURE rouge, colonnes noires, à chacune desquelles est un bras tenant un flambeau.

Le dais et le trône sont rouges, avec des larmes noires.

Au milieu de la loge, est un lustre à trois rangs, portant vingt-sept lumières ; savoir, douze au rang inférieur, neuf au second, et six au troisième.

Vingt-sept autres lumières sont posées sur une table ronde, autour de laquelle siègent les commandeurs.

TITRES.

La loge prend le titre de Cour.

[p. 176]

Le maître est qualifié, Tout-Puissant. Dans quelques cours on lui donne le titre de très-illustre et très-valeureux.

Les surveillans sont nommés Très-souverains Commandeurs.

Les autres membres sont Souverains Commandeurs.

SIGNES.

De reconnaissance. — Marquer sur son front le signe de la croix, avec le pouce de la main droite, les autres doigts étant fermés. En réponse, le Tuileur baise le front à la place où le signe a été fait. Cela n'a lieu qu'en cour. Hors de la cour, au lieu de baiser le front, la réponse est de porter sur la bouche les deux premiers doigts de la main droite, en fermant les autres, le dedans de la main tourné en dehors ;

D'ordre. — En cour, la main droite étendue sur la table ronde, formant avec le pouce écarté, une équerre ; étant debout, la main droite sur le corps, au-dessous de la poitrine, formant aussi l'équerre.

ATTOUCHEMENT.

Frapper légèrement de la main droite trois coups sur l'épaule gauche du Tuileur, qui ré- [p. 177] pond en prenant la main droite, et faisant sentir trois légères secousses.

BATTERIE.

Vingt-sept coups, avec le plat de l'épée, par douze, douze et trois : ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ○ — ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ○ — ● ● ● !

MARCHE.

Le récipiendaire fait trois voyages. Il n'y a point de marche particulière.

HEURES DE SERVICE.

Pour ouvrir. — Dix heures.

Pour fermer. — Quatre heures.

HABILLEMENT.

Le Tout-Puissant porte une robe blanche, et par-dessus, un manteau rouge doublé d'hermine. Il a sur la tête une couronne à pointes.

Tablier rouge, doublure et bordure noire. Sur la bavette est une croix teutonique, qui est celle de l'ordre, entourée d'une couronne de laurier. Au-dessous de la bavette est une clef ; le tout est peint ou brodé en noir.

Gants blancs, doublure et bordure rouge.

Cordon blanc, liséré de rouge, porté en ca- [p. 178] mail. A la pointe du cordon est suspendu le bijou ; sur les deux côtés, sont brodées en rouge quatre croix de commandeurs. (Voyez Pl. XVI, fig. 1.)

Les commandeurs portent aussi une écharpe rouge, bordée en noir, passant de droite à gauche, à laquelle est suspendue la croix de commandeur, en or émaillé.

Le bijou est un triangle en or, sur lequel est gravé, en lettres hébraïques, le mot sacré.

MOT DE PASSE.

SALOMON (héb. שְׁלֹמֹה Sch'lomoh, pacificus ; fils de David et de Betzabée, femme d'Urie. Rois, 2, ch. 12, v. 24).

MOT SACRÉ.

J. N. R. J. (1).

(1) Ces lettres sont les initiales de quatre mots bien connus, mais dont l'interprétation n'est pas toujours telle qu'elle nous est donnée dans Saint-Jean, chap. 19, ℣. 19.

Dans le dix-huitième degré, Souv∴ Pr∴ Rose-croix, elles signifient : Judée, Nazareth, Raphaël, Juda.

Les philosophes hermétiques, les anciens Rose-croix, en formèrent les aphorismes suivans :

[p. 179]

NOTE.

Nous avertissons nos lecteurs qu'il ne faut pas prendre l'ordre des commandeurs du temple, vingt-septième degré de l'Écossisme, dont nous venons de donner le tuileur, pour celui des Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, plus connus sous le nom de Templiers, successeurs immédiats des anciens chevaliers du temple.

Cet ordre militaire et religieux subsiste toujours, malgré l'abolition qui en a été prononcée par le pape Clément V. On sait que, depuis, la bulle d'abolition a été cassée et annullée.

Ignem natura regenerando integrat,

Igne natura renovatur integra,

Igne nitrum roris invenitur.

D'autres, en employant les signes hébraiques, les ont interprétés ainsi :

יַמִים Iammim, Maria.

נוּר Nour, ignis.

רוּחַ Rouahh, ventus.

יַבֶשֶׁה Iabescheh, arida terra.

C'est le nom que l'on donne aux quatre élémens de l'ancienne physique.

(Note extraite du Tuileur de l'Ecossisme 1813.)

[p. 180]

Le grand-maître Jacques de Molay, avant de mourir, se nomma un successeur, qui a transmis ses pouvoirs, jusqu'au grand-maître actuel, par une suite non interrompue de chefs de cet ordre, célèbre à tant de titres. Parmi ces chefs on compte plusieurs princes de la maison de Bourbon.

Les chevaliers du temple ne sont donc point un ordre de maçonnerie. Cependant ils fraternisent, ainsi que faisaient leurs ancêtres, avec les Franc-Maçons, et ils les visitent sous le titre de maçons de l'ordre d'orient, mais sans avoir aucun rite maçonnique.

Planche XVI
Planche XVI. 27e Degré. Cordon. — Croix de l'Ordre. Insignes du vingt-septième degré : le cordon de l'ordre semé de croix potencées et portant en pendentif un triangle à inscription hébraïque, et la croix de l'Ordre à huit pointes cantonnée d'un anneau central.

28e degré — Chevalier du Soleil

[p. 181]

Décoration de la Loge.

Il n'y a point de tenture particulière ; on peut faire peindre sur les panneaux de la salle, des champs, des montagnes, des forêts, et tout ce que présente la nature, ou sauvage, ou cultivée.

Le local n'est éclairé que par la seule lumière d'un soleil transparent, placé au-dessus de la tête du président. Ce soleil occupe le milieu d'un triangle inscrit dans un cercle. Dans chacun des angles de ce triangle, est peinte une S ; ces trois lettres sont traduites [p. 182] ainsi : Stella, sedet, soli, ou bien : science, sagesse, sainteté (1).

Dans quelques loges, au lieu d'un soleil en transparent, on place sur l'autel une grande lumière derrière un globe de verre, rempli d'eau.

Tracé de la loge (V. Pl. XVII).

TITRES.

Le maître, ou président, se nomme Adam (héb. אָדָם humus, terra). Il représente le père des hommes.

Il n'y a qu'un seul surveillant, qui est en même temps, introducteur et préparateur, lorsqu'il y a réception ; il se nomme F∴ de la

(1) On voit que l'interprétation de ces trois S est forcée, et qu'au lieu de cette lettre, ce devrait être trois jods (י י י) (Voyez ce que nous avons dit sur le nom de JEHOVAH, page 78) ; car ici, il s'agit de représenter la divinité sous le symbole de l'astre vivifiant qui nous éclaire, et rien ne convient mieux que le tétragramme cabalistique du mot Jehovah, si souvent employé dans la maçonnerie. Malgré notre conviction à cet égard, nous avons dû suivre les rituels ; mais nous n'avons pas dû négliger, non plus, de communiquer notre remarque aux maçons studieux, et qui aiment à se rendre compte de ce qu'ils voient.

[p. 183]

Vérité, et, comme tel, il est aussi l'orateur en titre du conseil.

Les autres membres de la loge sont nommés Chérubins (1).

Il ne peut y avoir que sept chérubins, composant le conseil ; cependant, s'il y a des membres au-delà de ce nombre, on peut les porter jusqu'à douze ; les cinq, excédant, sont nommés Sylphes (2).

Le nombre fixe de sept chérubins est déterminé par celui des anges préposés à la conduite des sept planètes que connaissaient les anciens.

Nous donnons ici le nom de ces anges.

מִיכָאֵל MICHAEL, Pauper Dei, gouverne Saturne.

גַּבְרִיאֵל GAB'RIEL, Vir Dei, — Jupiter.

אוּרִיאֵל OURIEL, Ignis Dei, — Mars.

זְרַחִיאֵל Z'RAHHIEL, Oriens Deus, — Le Soleil.

(1) כְּרוּב CHEROUB (pron. Kéroub) signifie charrue, aratrum, et fût d'un dard ou d'une pique, caulis. Au pluriel כְּרוּבִים ou כְּרוּבִין CHEROUBIN ou CHEROUBIM ; il signifie, selon Kimhi, des images qui ont la figure humaine, avec des ailes, et représentent des anges : Sunt imagines angelorum quæ habebant figuram corporis humani, erantque alatæ.

(2) Sylphes, habitans des airs.

[p. 184]

חֲמַלִיאֵל HHAMALIEL, Indulgentia Dei, gouv. Venus.

רְפָאֵל RAPHAEL, Medecina Dei, — Mercure.

צָפִיאֵל TSAPHIEL, Mirans Deus, — La Lune.

Les cabalistes ne sont pas tous d'accord sur le nom, ni sur la distribution des intelligences célestes ; mais nous donnons le système adopté dans le grade.

SIGNES.

Mettre la main droite à plat sur le cœur, le pouce écarté, pour former l'équerre. En réponse, lever la main droite, et montrer le ciel avec l'index.

ATTOUCHEMENT.

Prendre dans ses mains celles du Tuileur, et les lui presser légèrement.

Suivant quelques régulateurs, on baise le front du Tuileur, tandis qu'on lui tient les mains, comme on vient de le dire, en prononçant, alpha, à quoi la réponse est, oméga. Cela est peu usité.

BATTERIE.

Six coups égaux.

ÉTAT DU TEMS.

— Lorsque l'on ouvre, il est nuit sur la terre, mais le soleil est à son midi sur la loge.

[p. 185]

Lorsque l'on ferme, — les hommes suivent toujours l'erreur ; peu la combattent, peu parviennent au saint lieu.

HABILLEMENT.

Le maître a une robe rouge, et un manteau de couleur aurore ; il tient en la main un sceptre, peint en bleu, au bout duquel est un globe en or.

Le Fr∴ de la Vérité porte un bâton blanc, à l'extrémité duquel est un œil en or.

Les chérubins portent un cordon blanc moiré, mis en sautoir. Sur la pointe du cordon est peint ou brodé un œil. Le bijou est suspendu au cordon ; c'est un triangle radieux, en or, au milieu duquel est un œil.

Les chérubins ne portent point de tablier.

Les sylphes portent un habit, ou tunique courte, un tablier brun, un bonnet bleu, serré par un ruban couleur aurore.

En entrant en loge, le récipiendaire est voilé.

MOT DE PASSE.

STIBIUM (antimoine).

Quelques loges y ajoutent : HELIOS, MÉNÉ, TETRAGRAMMATON (1).

(1) Trois mots grecs, qui signifient : le soleil, la lune et le nom de Dieu en quatre lettres, ou יְהֹוָה.

[p. 186]

MOT SACRÉ.

ADONAÏ ; à quoi l'on répond : ABRA ou ABRAG, que l'on interprète : roi sans tache.

Selon quelques rituels, on fait dire : Abbraak ou Albra ; c'est une faute. Il faut dire, Abra (héb. אַבְרַע ab'rag malus pater).

Remarques.

On connaît plusieurs ordres qui répondent au 28e degré qui précède, et qui, dans beaucoup de loges, se confèrent hors de l'écossisme. Nous connaissons un certain nombre de loges du rite français qui ont près de leurs chapitres un conseil de princes adeptes, quoique ce grade ne soit pas donné dans le rite moderne.

Le plus estimé et le plus répandu, est le Sublime élu de la Vérité, dont il existe un conseil métropolitain, près du chapitre des Souv∴ Princes Rose-croix de la parfaite union à l'O∴ de Rennes.

Le Sublime élu de la Vérité est divisé en deux grades : le Prince adepte ou Chérubin, qui n'est que l'introduction au second, l'Elu de la Vérité.

La décoration est la même que dans le che- [p. 187] valier du soleil ; les officiers sont en même nombre : ils ont les mêmes titres, au premier degré seulement.

Le nombre de sept membres que ne peut excéder le conseil, est aussi rigoureusement recommandé, et l'on n'y admet point de sylphes ; on ne les connaît pas dans cet ordre.

Nous pensons faire plaisir à nos lecteurs, en leur donnant le tuileur de ces deux grades philosophiques.

CHEVALIER ADEPTE

ou

CHÉRUBIN.

HABILLEMENT.

Cordon ponceau, sur lequel est brodé, en or, un soleil.

Tablier blanc, doublure et bordure ponceau. Au milieu du tablier, trois rosettes, couleur ponceau, placées en triangle.

Pour bijou, un soleil en or, suspendu avec une chaîne d'or passée au cou.

Le surplus est absolument conforme au 28e degré qui précède.

[p. 188]

SUBLIME ÉLU DE LA VÉRITÉ.

Décoration de la Loge.

La salle n'a aucune décoration obligée.

Une table ronde est placée au milieu de l'appartement ; les élus se placent autour sans distinction de rang.

Une seule lumière, comme dans les chevaliers du soleil.

TITRES.

La loge prend le titre de Souverain Conseil.

Le président est nommé Vénérable Frère.

Les membres du conseil s'intitulent Très-humbles frères, serviteurs des serviteurs de Dieu.

HABILLEMENT.

Cordon ponceau avec franges en or, passant de droite à gauche, attaché vers le bas par une rosette blanche. Sur le devant du cordon est brodé un delta rayonnant, en or et en argent, au milieu duquel est un œil ; sur la partie du cordon qui passe sur l'épaule, est une épaulette en or, avec trois étoiles en argent.

[p. 189]

Point de tablier.

Le bijou se porte au cou avec une chaîne d'or, c'est une gloire en or ou en pierreries ; au milieu est un triangle, et dans le triangle est un œil.

Il n'y a point de signe, d'attouchement, de marche, ni de batterie.

MOT DE PASSE.

Il n'y a qu'un mot de reconnaissance qui est NATURA, et qui se donne à l'oreille, à voix basse, même dans le conseil.

Quelques maçons prétendent que le Sublime élu de la Vérité est d'invention moderne ; nous pensons, au contraire, qu'il est de la plus haute antiquité, et que c'était le dernier degré de l'initiation des anciens.

Les sublimes élus datent leurs actes de l'an du monde : 0 0 0 0 0 0 0.

Planche XVII
Planche XVII. Tracé de la Loge des Chevaliers du soleil. Tableau de la loge des Chevaliers du Soleil : delta rayonnant aux trois S entouré de sept têtes de chérubins et des symboles planétaires, la colombe « Spiritus », la figure d'« Anima » agenouillée sur les nuées, le globe et le « Stibium », le caducée, trois chandeliers, la croix et le portique aux colonnes B et J.

29e degré — Grand Écossais de Saint-André

[p. 190]

Décoration de la Loge.

Tenture rouge, supportée par des colonnes blanches.

Le siège du maître, et ceux des deux surveillans, sont en étoffe rouge, à franges en or ; ceux des Ecossais sont bleus.

A chacun des angles de la salle, est une croix de Saint-André ; devant chacune de ces croix, sont quatre lumières de front, ce qui forme seize lumières. Le nombre total des lumières, dans cette loge, est de quatre-vingt-un, savoir, deux sur l'autel, sept groupes de neuf, et les seize premières, devant les quatre croix.

[p. 191]

TITRES.

La loge prend le titre de Grande Loge.

Le maître prend celui de Patriarche, et les Ecossais, celui de Respectables Maîtres.

SIGNES ET ATTOUCHEMENS.

1er Celui de la terre. — S'essuyer le front avec le revers de la main droite, la tête un peu inclinée en avant.

1er Attouchement. — Se prendre mutuellement et successivement la première, la seconde, et la troisième phalange de l'index de la main droite, en épelant alternativement le mot d'apprenti (Booz).

2e Signe, celui de l'eau. — Porter la main droite sur le cœur, l'étendre horizontalement à la hauteur de la poitrine, la laisser ensuite retomber du côté droit, comme dans le salut de la main.

2e Attouchement. — Se prendre mutuellement la première, la seconde et la troisième phalange du doigt médius, comme on a fait pour l'index, au premier attouchement, en épelant le mot de compagnon (Jachin).

3e Signe, celui d'étonnement et d'horreur. — Tourner la tête du côté gauche, en regardant [p. 192] par terre ; élever les deux mains jointes vers le ciel, un peu à droite.

4e Signe, celui du feu. — Joindre les deux mains, les doigts entrelacés, et s'en couvrir la vue, la paume tournée en dehors.

En réponse, signe de l'air. — Etendre en avant le bras et la main droite, à la hauteur de l'épaule.

3e Attouchement. — Prendre l'index de la main droite par la phalange du bout ; prononcer alternativement chacun, une des trois syllabes du mot de maître (Moabon).

5e Signe, celui d'admiration. — Lever les yeux et les mains vers le ciel, le bras gauche un peu moins élevé que le droit, le talon du pied gauche un peu relevé, de manière à ce que le genou fasse équerre avec la jambe droite.

6e Signe, celui du soleil. — Mettre le pouce de la main droite sur l'œil droit, élever l'index pour former l'équerre, et l'aligner, comme si l'on voulait marquer un point de vue, en disant : je compasse jusqu'au soleil.

7e Signe, SIGNE GÉNÉRAL. — Former sur la poitrine une croix de Saint-André, avec les deux bras, les mains vers le haut.

[p. 193]

ATTOUCHEMENT GÉNÉRAL. — Se prendre la phalange extrême de l'index de la main droite, en disant, le premier : ne, le second ka. Passer ensuite à la phalange extrême du petit doigt, en disant, le premier : mah ; le second, assemblant le mot, prononce nekamah.

MARCHE.

Sur le plan de la croix de Jérusalem, par trois pas d'apprenti, trois de compagnon, et trois de maître.

AGE.

Le carré de neuf, quatre-vingt-un ans.

BATTERIE.

Neuf coups, par deux, trois et quatre : ● ○ — ● ● ○ — ● ● ● ○!

HEURES DES TRAVAUX.

Pour ouvrir : midi plein.

Pour fermer : l'entrée de la nuit.

HABILLEMENT.

Robe rouge.

Cordon ponceau, porté en écharpe. Au bas du cordon, est attaché le bijou, avec une rosette, en ruban gros vert, liséré de rouge.

Lorsque l'on porte le cordon en camail, il est vert, liséré de rouge.

[p. 194]

Une ceinture en soie blanche, avec franges en or.

Le bijou est un compas dans trois triangles, renfermés dans un seul. Au-dessous du grand triangle, est une équerre renversée ; un poignard est posé dans l'angle de l'équerre.

Avec le cordon en camail, on porte pour bijou une croix de Saint-André, surmontée d'une couronne fermée. Au centre, et sur la croisée, est une pomme de pin, ou un J, renfermé dans un triangle, placé au milieu d'un anneau. A cet anneau est attachée une clef pendante entre les deux branches inférieures de la croix. Sur l'extrémité des bras de la croix, sont les initiales des quatre mots sacrés : B∴ J∴ M∴ N∴

MOT DE PASSE.

ARDAREL, ou plutôt ARDRIEL, ange du feu.

CASMARAN, ange de l'air.

TALLIUD, ange de l'eau.

FURLAC, ange de la terre.

MOT SACRÉ.

C'est celui de l'attouchement général, NEKAMAH (héb. נְקָמָה ultio).

30e degré — Grand Inquisiteur Grand Élu Chevalier Kadosch

[p. 195]

On connaît, hors de l'Ecossisme, plusieurs ordres, sous le titre de Chevaliers Kadosch (héb. קֹדֶשׁ ou קדוֹשׁ kadosch ou kodesch, sanctus, consecratus, purificatus).

Celui-ci, désigné sous le titre particulier de Chevalier de l'Aigle blanc et noir, est même très-varié dans ses rituels.

C'est, dans tous, une commémoration de l'évènement tragique qui a marqué la fin d'un ordre illustre par ses vertus et par ses malheurs.

Le chevalier Kadosch, dont nous allons donner le tuileur, est le seul admis en France; il est purement philosophique, et n'a d'autres [p. 196] rapports avec les autres ordres du même nom, que les mots, signes et attouchemens qui sont communs à tous.

Décoration de la Loge.

Il y a, pour les réceptions, dans ce grade, quatre appartemens obligés.

Le premier est tendu en noir, il est éclairé par une seule lampe de forme triangulaire, suspendue au plafond. Cet appartement communique à un cabinet, espèce de caveau, où l'on entre en descendant quelques marches. Il n'y a, dans ce cabinet, d'autre lumière que celle que l'on y porte en conduisant le récipiendaire. C'est le lieu des réflexions. On y voit un cercueil couvert d'un voile noir, et d'autres images de la destruction.

Le second appartement est tendu en blanc; vers le milieu de la salle sont deux autels, sur l'un desquels est une urne remplie d'esprit de vin allumé, qui éclaire l'appartement; sur l'autre autel, est un réchaud avec du feu, et de l'encens à côté. Il ne paraît, dans cette pièce, que le F∴ sacrificateur.

Le troisième appartement est tendu en bleu; la voûte est étoilée; il n'est éclairé que par trois bougies jaunes. C'est l'Aéropage.

[p. 197]

Le quatrième appartement est tendu en rouge. A l'est, est un trône, au-dessus duquel est un double aigle couronné, ayant les ailes déployées, tenant un poignard dans les serres. Au cou de l'aigle est passé un ruban noir, auquel pend la croix de l'ordre. Sur sa poitrine est un triangle équilatéral, au milieu duquel on lit le nom de Dieu אֲדֹנָי Adonaï, et autour, cette légende : Nec proditor, nec proditur, innocens feret.

La draperie du dais est en velour noir et blanc, parsemé de croix teutoniques en étoffe rouge. Derrière le trône, sont les étendards de l'ordre : l'un, fond blanc, avec deux bandes croisées vertes, et la légende : Dieu le veut; l'autre, fond vert, ayant d'un côté une croix teutonique rouge, et de l'autre un aigle noir à deux têtes, tenant dans ses serres un poignard, avec la devise : Vaincre ou mourir, brodée en argent. L'aigle a les becs et les ongles en or.

Neuf bougies jaunes éclairent cette salle; au milieu de la salle est une échelle à deux montans.

Il y a des loges où le quatrième appartement est tendu en noir, et la tenture parsemée de flammes rouges, et n'est éclairé que de cinq bougies jaunes. Une épaisse fumée, produite [p. 198] par l'encens qui brûle dans des cassolettes, laisse à peine apercevoir les objets.

Dans d'autres, la tenture est rouge, avec des colonnes blanches, des flammes blanches; il y a sept bougies, et quelquefois quatre-vingt-une.

Enfin, le nombre, la distribution et la décoration des appartemens, varient suivant les ordres, et même dans chaque loge d'un même ordre.

La première décoration que nous avons décrite, est celle adoptée pour l'Ecossisme en France.

TITRES.

Nous avons déjà dit que la loge prend, dans le troisième appartement, le titre d'Aréopage. Les deux premiers appartemens n'étant que des lieux de préparation, pour le cas où il y a réception, la loge ne se forme que dans la salle de l'Aréopage, où elle est présidée par le premier surveillant, assisté de deux Juges. Il porte sur la poitrine une image allégorique de la Vérité, brodée en or.

Dans le quatrième appartement, la loge prend le titre de Sénat. Le chef se nomme Grand-Maître ou Grand-Commandeur, ou Grand-Souverain; il est qualifié de Trois fois [p. 199] puissant, et représente Frédéric II, roi de Prusse. Les frères ont le titre de Chevaliers.

L'on se tutoie dans le Sénat.

SIGNES.

De Kadosch. — Porter la main droite sur le cœur, les doigts écartés; laisser ensuite retomber la main sur le genou droit, que l'on empoigne, en fléchissant. Après ce mouvement, saisir le poignard qui est suspendu au cordon, l'élever à la hauteur de l'épaule, comme pour en frapper, en disant Nekam Adonaï! (héb. נְקַם אֲדֹנָי vengance, Seigneur!)

Il y a des loges où, ayant la main droite sur le cœur, on fait une génuflexion, en étendant le bras droit, la main ouverte, comme en prêtant un serment. Nous ferons remarquer que le premier signe est le véritable.

Signe d'ordre. — Le glaive étant passé dans la main gauche, avoir la main droite étendue sur le cœur.

Dans quelques loges, le signe d'ordre se fait ainsi : le glaive dans la main gauche, le poignet appuyé sur la hanche, étendre le bras droit, la main alongée, les doigts rapprochés, le pouce écarté, comme pour prêter le serment.

[p. 200]

ATTOUCHEMENT.

En se touchant réciproquement par la pointe des pieds et par les genoux, présenter le poing fermé de la main droite, le pouce levé; se saisir alternativement le pouce, le laisser glisser en reculant d'un pas et en levant le bras comme pour frapper d'un poignard. En faisant ce mouvement, le premier dit : Nekamah-bealim (héb. נְקָמַה־בְאַלִם ultio proditorum!) le second répond : Pharasch-chol (héb. פָרָשׁ־כֹּל explicatum est omne (1).

Dans quelques rituels, on trouve, à la place de cet attouchement et des paroles, l'attouchement et les mots de l'Elu des neuf.

Selon d'autres, pour l'attouchement, on porte la main droite au front, en disant : êtes-vous Kadosch? la réponse est : oui, je le suis; et l'on présente le poing fermé et le pouce levé comme nous l'avons dit; on fait trois fois alternativement le mouvement de saisir le poignard, qui est figuré par le pouce, et à la troisième fois, on s'embrasse.

(1) C'est à tort que selon quelques cahiers on a fait dire Pharas-chol, qui n'a aucun sens.

[p. 201]

BATTERIE.

Il y a plusieurs batteries; celle adoptée par l'Ecossime en France, est de sept coups, par trois fois deux et un : ● ○ — ● ○ — ● ○ — ●

Les batteries en usage dans quelques autres Aréopages, sont :

Un coup : ●

Trois coups : ○ — ● ●

Cinq coups : ○ — ● ○ — ● ●

Ou neuf coups : ○ — ● ● ● ○ — ● ○ — ○ — ●

MARCHE.

Trois pas précipités, les mains croisées sur la tête.

HEURES DE L'ASSEMBLÉE.

On se réunit à l'entrée de la nuit, et l'on ferme l'Aréopage au point du jour.

Selon quelques rituels, on ouvre l'Aréopage à neuf heures du soir, et on le ferme au point du jour.

AGE.

Les chevaliers Kadosch ne comptent point leur âge; ils ont un siècle et plus.

[p. 202]

HABILLEMENT.

Tunique blanche, ouverte sur le côté, en forme de dalmatique, bordée en noir; par-dessus, est une écharpe noire, portée en ceinture, avec franges en argent. Un poignard à manche d'ivoire et d'ébène est passé dans la ceinture.

Chapeau rabattu; sur le devant de la coiffe, est un soleil à fond d'argent, rayons en or. Au centre du soleil est peint un œil; le soleil est placé entre les lettres N∴ A∴

En habit de ville, les Chevaliers doivent être en noir; ils portent (outre la ceinture, qui, alors est rouge) un cordon noir en écharpe, passant de gauche à droite, au bas duquel est attaché un poignard. Sur le devant du cordon, sont brodées en rouge, deux croix teutoniques; il y a aussi un aigle à deux têtes, avec les lettres C∴ K∴ H∴ brodées en argent.

On peut porter le cordon en sautoir; il est noir, avec une croix teutonique, brodée en rouge, sur chacun des côtés.

Point de tablier.

Il y a des Aréopages où les Chevaliers portent l'ancien costume des chevaliers du temple; ils sont bottés, cuirassés et casqués; ce sont ceux de l'antique et stricte observance.

Le bijou est une croix teutonique, émaillée [p. 203] en rouge, suspendue au camail, ou attachée à la boutonnière sur le côté gauche.

On peut porter, en place de ce bijou, une croix émaillée qui a été faite pour cet ordre; elle porte au centre un médaillon en nacre de perle; sur un des côtés on voit les lettres J∴ M∴ et sur l'autre, une tête de mort, traversée d'un poignard.

Quelques Aréopages ont adopté, pour bijou, un aigle noir à deux têtes, portant une couronne, ayant un poignard dans les serres. (V. Pl. XVIII, f. 1 et 2.)

Lorsqu'un chevalier Kadosch assiste dans les loges inférieures, il peut se dispenser du costume que nous venons de décrire, ne conserver que le cordon, et prendre un tablier blanc, doublé et bordé en rouge ou en noir; sous la bavette, est brodée en rouge une croix teutonique; au milieu du tablier est un aigle noir à deux têtes, couronné, tenant un poignard dans les serres.

Il y a quelques chevaliers qui font broder sur le tablier l'échelle à deux montans, posée sur un serpent à trois têtes. Cela est contraire à l'ordre de l'Ecossisme, adopté en France.

MOTS DE PASSE.

Pour entrer. — NEKAM. La réponse est :

[p. 204]

MENAHHEM (héb. מְנַחֵם m'nahhem, consolator).

Pour sortir. — PHAGAL-CHOL ou PHAAL-CHOL (héb. פְעַל־כֹּל operatum est omne). La réponse est : PHARASCH-CHOL.

MOTS SACRÉS.

NEKAMAH-BÉALIM; à quoi l'on répond : PHARASCH-CHOL.

Mais plus généralement on dit :

NEKAM ADONAÏ. — Réponse : PHARASCH-CHOL.

Selon quelques rituels, la réponse au mot sacré est : BEGOAL-CHOL, mot tiré de l'Elu des neuf.

Description de l'Échelle mytérieuse.

Elle est composée de deux montans, ayant chacun sept échelons (V. Pl. XVIII, fig. 3). Le premier montant, à droite, se nomme OHEB ELOAH (héb. אֹהֵב אֱלוֹהַ Deum amans).

Le second montant, à gauche, se nomme OHEB KEROBO (héb. אֹהֵב קְרֹבוֹ propinquum ei amans).

[p. 205]

Noms des échelons du premier montant.

1er TSEDAKAH, héb. צְדָקָה Justitia, eleemosina.

2e SCHOR-LABAN.. שׁוֹר לָבָן Bos albus.

3e MATHOC..... מָתוֹק Dulcis.

4e EMOUNAH.... אֱמוּנָה Fides, firmitas.

5e AMAL SAGGHI.. עָמָל שַׂגִּיא (Gamal sagghi.) Labor magnus.

6e SABBAL..... סַבָּל Onus.

7e GHEMOUL BINAH THEBOUNAH.... גְּמוּל בִּינָה תְּבוּנָה Retributio, intelligentia, prudentia (1).

Les échelons du montant à gauche sont nommés comme suit :

1er ASTRONOMIE.

2e MUSIQUE.

3e GÉOMÉTRIE.

4e ARITHMÉTIQUE.

5e LOGIQUE.

6e RHÉTORIQUE.

7e GRAMMAIRE.

(1) Tous ces noms sont singulièrement altérés dans un grand nombre de cahiers; nous pouvons assurer qu'ils sont rétablis ici avec la plus grande exactitude.

[p. 206]

NOTE.

Dans le chevalier Kadosch ancien, ou le Templier, la réception se fait en deux points. Dans le premier, on donne les mots qui suivent :

PAROLE.

HABBAMAH (héb. הַבָּמָה fanum excelsum.) (1).

MOT DE PASSE.

ELIEL (héb. אֱלִיאֵל Dei fortitudo); ou bien MENAHHEM. La réponse est :

NEHEMIAH (héb. נְחֶמְיָה nehem'iah, solatio Dei; ou bien :

NEKAM-MACCHAH (héb. נְקַם מַכָּה ultio percussionis).

MOT DE L'ATTOUCHEMENT.

KYRIE (grec ΚΥΡΙΕ de χύριος, Dominus). Dans quelques rituels, on lit kiriès : c'est une faute.

PAROLES DES CROISÉS.

EVARECHAH ETH ADONAÏ BECHOL-GETH THAMID THEHILLATHO VEPHL.

(1) Il y a des Aréopages où l'on fait dire Jabamiah; ce mot est insignifiant.

[p. 207]

(héb.) אֲבָרְכָה אֶת־יְהֹוָה בְּכָל־עֵת תָּמִיד תְּהִלָּתוֹ בְּפִי׃

Benedicam Dominum in omni tempore, semper laus ejus in ore meo (Psal. 34; v. 1, suivant les héb.) (1).

AUTRES PAROLES.

BAHABAH AHHALLEK IM HEANI (héb. בְּאַהֲבָה אֲחַלֵּק עִם הֶעָנִי bahabah ahhallek gim hegani. In dilectione dividam cum paupero) (2).

AUTRE PAROLE.

Si l'on demande à un Kadosch-Templier, quels sont ses droits, il répond : MISCHTAR (héb. מִשְׁטָר ministerium).

DES BANQUETS.

Les banquets des chevaliers Kadosch se nomment agapes; ils suivent, au surplus, le rituel des élus, que l'on trouvera ci-après, au rite français.

(1) On lit dans un grand nombre de cahiers : Avreca adonaï recolgetho thamith rephi. On reconnaît aisément que ce sont des fautes de copistes. C'est mots sont absolument insignifians.

(2) On trouve aussi : Banahamel jon hamey, mots tous fautifs et insignifians.

[p. 208]

Lorsque l'on plonge le poignard dans l'urne, on dit : Deus sanctus ou sacratus, NOKEM (héb. נֹקֵם ultor) (1).

(1) Quelques-uns disent : Machem, c'est une faute.

Les banquets fraternels, ou faits en commun, sous le nom d'agapes, sont de la plus haute antiquité. Leur nom fait assez connaître que leur but était de resserrer, le plus possible, les liens de l'amour fraternel des initiés. Αγαπη, signifie dilectio, du verbe ἄγαπω, diligo, j'aime.

Planche XVIII
Planche XVIII. Emblèmes du grade de Kadosch : l'aigle bicéphale couronné tenant une épée dans ses serres (fig. 1), un médaillon à la tête de mort percée d'un poignard (fig. 2), et l'échelle mystérieuse à sept échelons portant les sept arts libéraux et les lettres G, S, A, E, M, S, T (fig. 3). fig. 1 à 3.
Planche XXVI
Planche XXVI. Pierre Cubique. Carré hiéroglyphique des Chev∴ Kadosch.. Pierre cubique des Chevaliers Kadosch : carré hiéroglyphique de quatre-vingt-une cases remplies de caractères hébraïques, sous l'inscription 9 × 9 = 81, encadré des lettres repères G, E, A, N, T, B, M, V.

31e degré — Grand Inspecteur Inquisiteur Commandeur

[p. 209]

Décoration de la Loge.

TENTURE blanche, soutenue par huit colonnes dorées.

TITRES.

La loge se nomme Souverain Tribunal.

Le maître prend le titre de Très-parfait Président ; les surveillans celui d'Inspecteurs ; le secrétaire, celui de Chancelier ; et tous les membres du souv∴ tribunal, celui de Très-éclairés.

SIGNES.

Croiser les deux mains devant soi sur le nombril.

La réponse, dite d'équité, est de croiser les deux bras en-dessus de la tête, les doigts alon- [p. 210] gés, la paume de la main tournée vers le dehors.

ATTOUCHEMENT.

S'approcher réciproquement du pied droit, faire toucher le genou, se prendre la main gauche, et, de la droite, se frapper mutuellement un coup léger sur l'épaule droite.

BATTERIE.

Neuf coups : ○ — ● ● ○ — ● ● ● ○ — ● !

Suivant quelques rituels, la batterie devrait se faire par quatre, deux et trois ; les trois derniers coups plus lents que les autres : ● ● ● ○ — ● ○ — ○ ○ ○ !

HABILLEMENT.

On ne porte point de tablier dans le souverain tribunal. Dans les loges inférieures, on peut avoir un tablier blanc, sur la bavette duquel est brodée une croix teutonique, qui est celle de l'ordre.

Le cordon est blanc, il se porte en camail ; sur la pointe du cordon, est brodé, en or, un triangle radieux, au milieu duquel est le nombre 31, en chiffres arabes.

Dans les loges inférieures, au lieu d'un cordon, les grands inspecteurs portent une [p. 211] chaîne d'or, passée au cou, à laquelle est suspendue la croix de l'ordre ; les chaînons sont composés des attributs, entrelacés, des degrés fondamentaux de la maçonnerie.

Une croix teutonique, en argent, est le bijou de ce grade.

Il n'y a point de mot de passe.

MOTS SACRÉS.

JUSTICE ; réponse : ÉQUITÉ ; ensemble : AINSI SOIT-IL !

Planche XXIX
Planche XXIX. SIGNES HIEROGLYPHIQUES. Grand Inspecteur Inquisiteur Commandeur. Alphabet secret du Grand Inspecteur Inquisiteur Commandeur : schéma de formation des caractères par une croix et une grille répartissant les lettres, suivi de l'application donnant les vingt-six signes correspondants.

32e degré — Sublime Prince du Royal Secret

[p. 212]

Décoration de la Loge.

LA loge se tient dans un lieu élevé ; elle est tendue en noir ; la tenture est parsemée de larmes, de squelettes, de têtes de mort, d'os en sautoirs, le tout brodé en argent.

Le trône du président est élevé de sept marches ; il y a un dais au-dessus du siège de chacun des surveillans.

Devant chaque surveillant est une table couverte d'un tapis cramoisi, bordé en noir ; sur le devant de ce tapis sont brodées, aussi en noir, les lettres : N∴ K∴ M∴ K∴

Une balustrade divise la salle en deux parties, est et ouest. En avant de la balustrade, dans la partie de l'ouest, est le tableau du camp des princes (V. Pl. XIX).

[p. 213]

TITRES.

La loge se nomme Consistoire.

Le maître prend le titre de Souverain des souverains, grand Prince, illustre Commandeur en chef ; il représente Frédéric II, roi de Prusse.

Les deux surveillans sont nommés Lieutenans Commandeurs, et l'orateur, Ministre d'état.

Il y a, outre ces officiers, un grand Chancelier, un grand Secrétaire, un grand Trésorier, et un grand Capitaine des gardes.

SIGNE.

Mettre la main droite sur le cœur ; la porter ensuite en avant, la paume tournée vers le bas ; puis la laisser retomber sur le côté.

BATTERIE.

Cinq coups, par un et quatre : ○ — ● ● ● ● !

HEURE DU DÉPART DE L'ARMÉE.

La cinquième heure, après le soleil couché.

HABILLEMENT.

Le souverain des souverains, président, est revêtu du costume royal, à la moderne, en [p. 214] étoffe rouge ; il est armé d'un glaive et d'un bouclier. Son sceptre est sur la table, qui est devant lui, avec une balance.

Les lieutenans-commandeurs ont aussi un glaive et un bouclier, et le chapeau sur la tête.

Les officiers, et six membres au moins, doivent être vêtus en rouge ; ils se tiennent dans la partie de l'est du consistoire.

Les officiers ni les membres en costume ne portent point de tablier ; ils n'ont que le cordon, auquel est suspendu le bijou de l'ordre.

Le cordon est noir, liséré d'argent ; il se porte en sautoir. Sur la pointe, est brodée en rouge, une croix teutonique ; l'aigle à deux têtes, en argent, est placé dans le centre de la croix. Le cordon est doublé en ruban couleur ponceau, et sur la doublure, est brodée en noir, une croix teutonique.

Ceinture noire, avec franges en argent ; une croix est brodée, en rouge, sur le devant.

Le bijou est la croix teutonique en or.

Tablier blanc, doublure et bordure rouge. Sur la bavette, est brodée, en rouge, la croix rehaussée d'argent sur les contours. Au milieu du tablier est tracé le plan du camp des princes.

MOTS D'ORDRE DE L'ARMÉE.

Il y a un mot différent pour chacun des [p. 215] jours de la semaine, le second est donné en réponse du premier.

JOURS. 1er MOT. 2e MOT.

Lundi... DARIUS. Daniel (héb.) דָּנִיאֵל Judicium Dei.

Mardi... XERCÈS. Habacuc. חֲבַקּוּק Amplector.

Mercredi.. ALEXANDRE. Sophonias. צְפַנְיָה Scrotum Domini.

Jeudi.... PHILADELPHE. Aggée. חַגַּי Festivus, solemnis.

Vendredi. HÉRODE. Zacharie. זְכַרְיָה Memoria Domini.

Samedi... EZÉCHIAS. Malachie (chald.) מַלְאָכִי Angelus.

Dimanche. CYRUS. Ezéchiel (héb.) יְחֶזְקִיאֵל Fortitudo Dei.

MOTS DE PASSE.

PHAAL-CHOL, que l'on interprète : séparés.

PHARASCH-CHOL, — réunis.

NEKAM-MACCHAH, — pour la vengeance.

Ensemble : SCHADDAÏ (héb. שַׁדַּי omnipotens). C'est un des noms de Dieu.

[p. 216]

MOTS SACRÉS.

SALIX ; réponse : NONI ; ensemble : TENGU. Ces trois mots sont composés des lettres qui marquent les tentes du camp des princes, et de celles qui sont au-dessus des cinq étendards.

NOMS DES PORTE-ÉTENDARDS.

BESELEEL, pavillon T.

OOLIAB, pavillon E.

MAHUZEM (héb. מַחְשִׁים mahh'schim, hœsitantes). Pavillon N.

GARIMONT, pavillon G.

AMARIAH, pavillon U (1).

DESCRIPTION DU CAMP.

Son contour est un ennéagone, dans lequel est inscrit un heptagone ; dans l'heptagone est un pentagone ; dans ce dernier, un triangle équilatéral ; et enfin, dans le triangle, un cercle ; figures emblématiques des nombres mystiques 1, 3, 5, 7 et 9.

(1) Voyez ce que nous avons remarqué sur les mots Emerek ou Emereh, que l'on trouve quelquefois à la place de Amar-iah, ONZIÈME DEGRÉ, page 105.

[p. 217]

Dans les intervalles qui sont entre l'heptagone et le pentagone, et sur les côtés de cette dernière figure, sont les cinq drapeaux, ou étendards, désignés par les lettres T. E. N. G. U.

L'étendard T est pourpre ; il porte l'arche d'alliance, avec la devise laus Deo.

L'étendard E est azur ; il porte un lion d'or, tenant dans la gueule une clef d'or ; un collier d'or au cou ; devise : ad majorem Dei gloriam.

L'étendard N est argent ; il porte un cœur enflammé et ailé, avec une couronne de laurier.

L'étendard G est vert d'eau ; il porte un aigle à deux têtes, couronné, tenant une épée dans la serre droite, et un cœur sanglant dans la gauche.

L'étendard U est or, portant un bœuf.

Sur les côtés de l'ennéagone, sont neuf tentes, et sur les angles, neuf flammes, aux couleurs des pavillons des tentes qui les précèdent. Les flammes sont marquées par des chiffres, et les tentes sont désignées par des lettres, disposées de droite à gauche, dans l'ordre suivant : I. N. O. N. X. I. L. A. S. et qui, étant lues dans l'ordre inverse, forment les deux premiers mots sacrés.

Ces neuf tentes sont celles de la milice de la maçonnerie, répartie ainsi qu'il suit :

[p. 218]

1°. Tente S, nommée Malachias, pavillon et flamme, n° 1, blanc, tacheté de rouge. C'est la tente des Princes de Rose-croix, des Chevaliers d'Orient et d'Occident, et des Princes de Jérusalem.

2°. Tente A, nommée Zorobabel, pavillon et flamme, n° 2, vert-clair. C'est la tente des Chevaliers de l'Orient, ou de l'épée.

3°. Tente L, nommée Nehemias, pavillon et flamme, n° 3, rouge. C'est la tente des Grands Elus.

4°. Tente I (première), nommée Johaben, pavillon et flamme, n° 4, noir et rouge. C'est la tente du Sublime Élu, et de l'Élu des quinze.

5°. Tente X, nommée Phalegh, pavillon et flamme, n° 5, noir. C'est la tente de l'Elu des neuf et du Grand-maître architecte.

6°. Tente N (première), nommée Joïada (1), pavillon et flamme, n° 6, rouge et noir losangé. C'est la tente du Prévôt et juge.

7°. Tente O, nommée Ooliab, pavillon et flamme, n° 7, rouge et vert. C'est la tente de l'Intendant des bâtimens et du Secrétaire intime.

(1) Héb. יְהוֹיָדָע Domini scientia.

[p. 219]

8°. Tente N (seconde), nommée Josué (1), pavillon et flamme, n° 8, vert. C'est la tente du Maître parfait.

9°. Tente I (seconde), nommée Esdras (2), pavillon et flamme, n° 9, bleu. C'est la tente des Maître, Compagnon et Apprenti.

(1) Héb. יְוֹשׁוּעַ Salvator.

(2) Héb. עֶזְרָא Adjutorum.

Planche XIX
Planche XIX. Disposition du Camp des sublimes Princes du Royal secret. Plan du camp des Sublimes Princes du Royal Secret : enceinte en polygones concentriques divisée en secteurs figurant les bannières des tribus, entourée de tentes surmontées d'étendards et de lettres et chiffres repères, avec au centre un triangle contenant une roue rayonnante.
Planche XXXI
Planche XXXI. SIGNES HIEROGLYPHIQUES. Subl∴ Pr∴ du Royal secret — Ordre de la Félicité. Deux alphabets secrets : celui des Sublimes Princes du Royal Secret, composé de figures équerrées et de petits emblèmes, et celui de l'Ordre de la Félicité, formé de signes géométriques et nautiques.

33e degré — Souverain Grand Inspecteur Général

[p. 220]

Décoration de la Loge.

TENTURE pourpre ; des squelettes, des têtes de morts, des os en sautoirs, peints ou brodés sur la tenture.

Au-dedans du dais, est un transparent, représentant un delta, dans lequel on voit le nom ineffable de Dieu (יהוה).

Vers le milieu de la salle, est un piédestal quadrangulaire, couvert d'un tapis cramoisi, sur lequel est une bible ouverte, une épée nue en travers. Au nord de ce piédestal, est un squelette humain, debout, tenant de la main gauche le drapeau blanc de l'ordre, et de la droite, un poignard, dans le mouvement de frapper.

Au-dessus de la porte d'entrée, dans l'intérieur, on lit, sur une écharpe bleue, la devise, Deus meumque jus.

[p. 221]

A l'est, est un chandelier à cinq branches ; à l'ouest, un à trois branches ; au nord, un avec une seule branche ; et au sud, un autre à deux branches : ce qui produit en tout onze lumières.

TITRES.

L'assemblée se nomme Conseil suprême.

Le grand maître prend le titre de Très-puissant Souverain, grand Commandeur ; il représente Frédéric II, roi de Prusse.

Il n'y a qu'un Surveillant, qui est nommé Souverain lieutenant commandeur.

Il y a en outre un Trésorier du Saint Empire, un grand Chancelier ; un illustre grand Secrétaire du Saint Empire, un illustre Maître des cérémonies, et un illustre Capitaine des gardes.

Les membres ordinaires du conseil sont nommés, illustres Souverains, grands Inspecteurs généraux.

SIGNES.

Premier signe. — Se mettre à deux genoux, croiser les bras sur la poitrine, les doigts étendus vers le haut, le corps et la tête inclinés en avant.

Second signe. — Tirer le glaive du fourreau, tomber sur le genou gauche, et poser la main gauche sur le cœur.

Troisième signe. — Baiser par trois fois la lame de son épée.

[p. 222]

Il n'y a pas d'attouchement.

BATTERIE.

Onze coups : ● ● ● ● ○ — ● ● ○ — ○ — ● ● !

HEURES DU CONSEIL.

Pour ouvrir. — Le mot d'ordre est donné.

Pour fermer. — Le soleil du matin illumine le conseil.

HABILLEMENT.

Le très-puissant souverain, grand commandeur, est vêtu d'une robe de satin cramoisi, bordée de blanc. Il a une couronne royale sur la tête, l'épée nue dans la main droite.

Le puissant souverain, lieutenant commandeur, a sur la tête une couronne ducale, et l'épée nue à la main.

Le capitaine des gardes a un costume militaire antique.

Tous les membres du conseil suprême portent un grand cordon blanc moiré, liséré d'or. Au bas du cordon, est une rosette, blanc, rouge et vert ; franges en or. Sur le devant, est brodé en or, un delta environné d'une gloire ; sur deux côtés du delta, est un poignard, dont la pointe est dirigée vers le centre. Au milieu du delta, on lit le nombre 33, en [p. 223] chiffres arabes. Ce cordon passe de gauche à droite.

On porte en outre, sur l'habit de ville, du côté gauche, une croix teutonique rouge.

Le bijou est un grand aigle noir à deux têtes, couronné, ayant les ailes étendues, tenant un glaive dans les serres ; les becs, les ongles et le glaive sont en or. On porte ce bijou suspendu au bas du cordon, ou à une chaîne d'or, passée au cou.

MOTS DE PASSE.

Premier mot. — DE MOLAY. Réponse : HIRAM-ABI.

Second mot. — FRÉDÉRIC. Réponse : DE PRUSSE.

GRAND MOT DE PASSE OU MOT SACRÉ.

MI-CHAMICHAH BEALIM ADONAÏ (pron. MiKamikah) (héb. מִי כָּמֹכָה בְּאַלִים אֲדֹנָי michamochah bealim adonaï, quis similis tui in fortibus, Domine ? Exode, chap. 15. v. 11.) (1).

(1) Nous ferons remarquer que בְּאַלִים ou בְּעַלִים begalim ou bealim signifie idole et traître, et que c'est dans le premier sens que ce mot doit être pris ici, tandis que, dans la phrase suivante, le même mot est employé dans le second sens.

Quis similis tui s'entend des idoles.

[p. 224]

Dans quelques rituels on trouve pour mots sacrés : Nekamah bealim adonaï (héb. נְקָמָה בְּעַלִים אֲדֹנָי ultio proditorum, Domine !) ou Nekamatha bealim adonai (chaldaïque נְקָמָתָא בְּעַלִים אֲדֹנָי), dont la signification est la même.

Nous avons quelque raison de penser que les premiers mots sont les véritables.

NOTA.

Nous avons rectifié avec soin tous les mots dont la corruption nous a paru évidente ; nous avons aussi rappelé, pour servir de point de comparaison, les mots fautifs que la tradition, ou des copies inexactes, ont introduits dans les divers degrés de l'Ecossisme et dont nous avons eu connaissance. Il est très-probable que nous ne les avons pas tous cités ; mais nous nous sommes assuré de l'exactitude de ceux que nous avons donnés ; et nous pouvons garantir que les mots qui pourraient y avoir été substitués, ou sont fautifs, ou ne sont pas conformes à ceux qui sont reçus dans le rite écossais adopté en France.

FIN DU TUILEUR DU RITE ÉCOSSAIS.

Les planches du volume

Le volume porte trente et une planches gravées hors texte. Celles qui illustrent un grade sont reproduites à la suite de ce grade ; on trouvera ici le frontispice et celles qui se rapportent aux autres rites décrits par Vuillaume.

Frontispice
Frontispice. MANUEL MAÇONNIQUE. Frontispice allégorique du volume : le titre gravé sur le flanc d'une pyramide, entouré d'un ange ailé, d'un sphinx, des Tables de la Loi en hébreu, d'une croix plantée sur un tombeau surmonté d'un agneau, d'un chandelier à sept branches, d'un buste barbé, d'une équerre renfermant un delta rayonnant, et dominé par un soleil radié entouré d'étoiles.
Planche VII
Planche VII. Décompositions du nom divin : le tétragramme « Jehovah » réparti en cercles entrelacés (fig. 1), le même nom en caractères hébreux formés de globules (fig. 2), la marche du grade en quatre empreintes numérotées (fig. 3) et trois triangles entrelacés formant une étoile à neuf pointes (fig. 4).
Planche XXI
Planche XXI. Élus. Rite moderne. Tracé de la Loge.. Tableau de la loge des Élus au rite moderne : la caverne creusée dans les rochers, éclairée par une lampe où paraît une main tenant un poignard, surmontée de neuf étoiles, avec le chien traversant le premier plan.
Planche XXII
Planche XXII. Écossais. Rite français. Tracé de la Loge.. Tableau de la loge des Écossais au rite français : le buisson ardent, le compas ouvert, le puits circulaire, la table à pieds de sphinx portant les vases sacrés, la mer d'airain soutenue par des taureaux, l'escalier conduisant au temple et les nombres 3, 5, 7, 9.
Planche XXIII
Planche XXIII. Composition allégorique où figurent un lion à queue de serpent, un personnage couronné assis et un personnage à tête de bélier, sous un aigle portant une banderole et un delta rayonnant dans les nuées (fig. 1), et tracé schématique en barres et anneaux formant le plan du grade (fig. 2).
Planche XXIV
Planche XXIV. Rite Égyptien. Signes caractéristiques des vingt-quatre derniers degrés. Table de vingt-quatre vignettes numérotées du 67e au 90e degré, chacune renfermant le signe géométrique caractéristique du degré : triangles, carrés, cercles, croissants, étoiles à six branches et delta rayonnant.
Planche XXV
Planche XXV. Pierre Cubique. Carré des Écossais au rite français.. Pierre cubique du grade d'Écossais au rite français : damier de neuf sur neuf lettres surmonté d'un fronton en losanges où se lisent d'autres lettres, avec l'inscription 3 × 3 = 9 au sommet et les nombres 3, 5, 7, 9 en soubassement.
Planche XXX
Planche XXX. SYSTÈME DES 33 DEGRÉS de l'Écossisme. Tableau synoptique du Rite Écossais : polygones et cercles emboîtés portant, de la circonférence au centre, les mots sacrés et de passe des trente-trois degrés, jusqu'à l'étoile flamboyante au G placée au milieu.

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