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Le Franc-Maçon

Le Franc-Maçon

Travaux de recherche maçonnique

Torah / Pentateuque · Livre 1

Genèse

50chapitres
1 533versets
4 113mots de résumé
10,8 %du texte

Résumé établi sur Wikisource, Bible Crampon 1923

Sommaire

PREMIÈRE PARTIEHistoire primitive du monde et de l'humanité

I, 1 à XI, 32

I. Création du monde

I, 1 à II, 3

Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. La terre était informe et vide, et les ténèbres couvraient l'abîme. Dieu dit : que la lumière soit. Et la lumière fut. Ce fut le premier jour.

Les jours suivants, il sépara les eaux par le firmament, fit paraître la terre sèche et la couvrit de plantes. Il plaça dans le ciel le soleil, la lune et les étoiles, pour marquer les jours et les saisons. Puis il remplit les eaux, le ciel et la terre d'êtres vivants.

Le sixième jour, Dieu dit : faisons l'homme à notre image. Il le créa homme et femme, les bénit et leur soumit la terre. Et il vit que tout cela était très bon. Le septième jour, son œuvre achevée, il se reposa. C'est pourquoi il bénit ce jour et le sanctifia.

II. Le paradis terrestre

II, 4 à III, 24

Dieu forma l'homme de la poussière du sol et souffla dans ses narines un souffle de vie. Il planta un jardin en Éden et l'y plaça pour le cultiver et le garder. Il lui permit de manger de tous les arbres, sauf de l'arbre de la connaissance du bien et du mal : le jour où tu en mangeras, tu mourras.

Puis Dieu jugea qu'il n'était pas bon que l'homme fût seul. L'homme donna un nom à tous les animaux, mais aucun n'était une aide semblable à lui. Alors Dieu l'endormit, prit une de ses côtes et en forma une femme. L'homme dit : celle-ci est os de mes os et chair de ma chair. Ils étaient nus tous deux, sans en avoir honte.

Or le serpent était le plus rusé des animaux. Il dit à la femme : vous ne mourrez point. Dieu sait que le jour où vous en mangerez, vos yeux s'ouvriront et vous serez comme lui. La femme vit que le fruit était bon à manger et désirable pour acquérir l'intelligence. Elle en mangea et en donna à son mari. Leurs yeux s'ouvrirent. Ils se virent nus et se cachèrent parmi les arbres.

Dieu les appela. L'homme rejeta la faute sur la femme, et la femme sur le serpent. Dieu maudit le serpent, qui ramperait sur son ventre. Il annonça à la femme qu'elle enfanterait dans la douleur. À l'homme, il annonça un sol maudit dont il tirerait son pain à la sueur de son visage, jusqu'à retourner en poussière.

L'homme nomma sa femme Ève, la mère de tous les vivants. Dieu leur fit des tuniques de peau et les chassa du jardin, de peur qu'ils ne prennent aussi de l'arbre de vie. Devant l'entrée, il plaça les chérubins et l'épée tournoyante.

III. Premiers descendants d'Adam et d'Ève

IV, 1 à V, 32

Ève enfanta Caïn, qui cultiva la terre, puis Abel, qui garda les troupeaux. Dieu regarda l'offrande d'Abel et non celle de Caïn. Caïn en fut irrité, et Dieu l'avertit : le péché est couché à ta porte, mais toi, domine-le.

Caïn emmena pourtant son frère aux champs et le tua. À Dieu qui demandait où était Abel, il répondit : suis-je le gardien de mon frère ? Dieu le condamna à être errant et fugitif. Mais il mit sur lui un signe, afin que nul ne le tuât.

Caïn bâtit une ville. Sa descendance inventa la tente, la harpe et le travail du fer. Elle donna aussi Lamech, qui se vanta de tuer pour une blessure. Ève enfanta encore Seth. De Seth à Noé, dix générations vécurent et moururent. Seul Hénoch marcha avec Dieu, puis on ne le vit plus, car Dieu l'avait pris.

IV. Le déluge

VI, 1 à VIII, 22

Quand les hommes se multiplièrent, les fils de Dieu prirent pour femmes les filles des hommes, qui leur donnèrent les héros des temps anciens. Dieu fixa alors les jours de l'homme à cent vingt ans.

La méchanceté des hommes devint grande, et la terre se remplit de violence. Dieu se repentit d'avoir fait l'homme et résolut de tout effacer. Mais Noé, qui était juste, trouva grâce à ses yeux. Dieu lui ordonna de bâtir une arche et d'y entrer avec toute sa maison. Il y fit aussi monter des couples de tous les animaux, afin de conserver la vie.

Alors les sources de l'abîme jaillirent et les écluses du ciel s'ouvrirent. La pluie tomba quarante jours et quarante nuits. Les eaux couvrirent les plus hautes montagnes, et tout ce qui avait souffle de vie périt. Il ne resta que ceux de l'arche.

Puis Dieu se souvint de Noé, et les eaux baissèrent. L'arche s'arrêta sur les montagnes d'Ararat. Noé lâcha un corbeau, puis une colombe, qui rapporta une feuille d'olivier fraîche. Sept jours après, elle ne revint plus.

Quand la terre fut sèche, Noé sortit et offrit des holocaustes. Dieu se dit en son cœur qu'il ne maudirait plus la terre à cause de l'homme, et que les semailles et la moisson ne cesseraient plus.

V. Depuis le déluge jusqu'à Abraham

IX, 1 à XI, 32

Dieu bénit Noé et ses fils. Il leur livra les animaux pour nourriture, mais leur en défendit le sang. Quant au sang de l'homme, fait à l'image de Dieu, il en demanderait compte. Puis il conclut son alliance avec tout vivant : il n'y aurait plus de déluge, et l'arc dans la nue en serait le signe.

Noé planta la vigne et s'enivra. Cham vit la nudité de son père et la rapporta à ses frères, qui la couvrirent sans regarder. À son réveil, Noé maudit Chanaan, le fils de Cham, qui servirait ses frères.

De Sem, de Cham et de Japheth sortirent toutes les nations. De Cham vint Nemrod, le premier puissant sur la terre, dont le royaume commença à Babel.

La terre entière n'avait alors qu'une seule langue. Des hommes se dirent : bâtissons une ville et une tour dont le sommet touche le ciel, et faisons-nous un nom. Mais Dieu confondit leur langage, si bien qu'ils cessèrent de se comprendre et se dispersèrent. C'est pourquoi ce lieu fut appelé Babel.

Dans la lignée de Sem vint Tharé. Il engendra Abram, Nachor et Aran. Aran mourut jeune, laissant un fils, Lot. Abram épousa Saraï, qui était stérile. Tharé les emmena d'Ur en Chaldée vers Chanaan, mais il s'arrêta à Haran et y mourut.

DEUXIÈME PARTIEHistoire primitive d'Israël, les patriarches

XII, 1 à L, 26

I. Histoire d'Abraham

XII, 1 à XXV, 18

Premier stade (XII à XIV). Dieu dit à Abram : va-t'en de ton pays et de la maison de ton père, vers le pays que je te montrerai. Je ferai de toi une grande nation, et toutes les familles de la terre seront bénies en toi. Abram partit comme Dieu le lui avait dit, avec Saraï et son neveu Lot. Il avait soixante-quinze ans. En Chanaan, Dieu lui promit ce pays pour sa descendance.

Une famine le fit descendre en Égypte. Craignant d'être tué à cause de la beauté de Saraï, il la fit passer pour sa sœur, et Pharaon la prit. Mais Dieu frappa la maison du roi de grandes plaies. Pharaon comprit, lui rendit sa femme et le renvoya.

De retour au pays, Abram et Lot étaient trop riches pour demeurer ensemble, et leurs bergers se querellaient. Abram laissa le choix à son neveu. Lot prit la plaine du Jourdain et alla camper jusqu'à Sodome, dont les habitants étaient de grands pécheurs. Dieu promit alors à Abram tout le pays qu'il voyait, pour une descendance nombreuse comme la poussière.

Quatre rois d'Orient pillèrent Sodome et emmenèrent Lot. Abram arma les gens de sa maison, poursuivit les vainqueurs de nuit et ramena tout. Au retour, il fut béni par Melchisédech, roi de Salem et prêtre du Dieu Très-Haut. Celui-ci apporta du pain et du vin, et Abram lui donna la dîme. Mais il ne prit rien du roi de Sodome, pas même une courroie de sandale, afin que nul ne pût dire l'avoir enrichi.

Deuxième stade (XV à XVI). Abram se plaignit de s'en aller sans enfants. Dieu le mena dehors : compte les étoiles, si tu le peux. Telle sera ta descendance. Abram eut foi en Dieu, qui le lui imputa à justice. Dans une obscurité profonde, Dieu lui annonça que sa descendance serait asservie quatre cents ans sur une terre étrangère, puis qu'elle reviendrait. Une flamme passa entre les animaux partagés, et l'alliance fut conclue.

Saraï, toujours stérile, donna à Abram sa servante égyptienne Agar. Agar conçut et méprisa sa maîtresse. Saraï la maltraita si bien qu'Agar s'enfuit au désert. L'ange de Dieu l'y trouva et la fit retourner. Il lui promit un fils, Ismaël, car Dieu avait entendu son affliction.

Troisième stade (XVII à XXI). Quand Abram eut quatre-vingt-dix-neuf ans, Dieu changea son nom en Abraham, père d'une multitude de nations. Il lui donna la circoncision pour signe de l'alliance. Saraï devint Sara, et Dieu annonça qu'elle enfanterait un fils. Abraham rit, car il avait cent ans et sa femme quatre-vingt-dix. Dieu promit de bénir Ismaël, mais l'alliance passerait par Isaac.

Aux chênes de Mambré, trois hommes se présentèrent devant la tente d'Abraham. Il leur prépara un repas, et ils annoncèrent que Sara aurait un fils l'année suivante. Sara rit derrière la tente, car elle était trop vieille. Dieu demanda : y a-t-il rien de trop difficile pour Dieu ? Elle le nia, mais il lui dit : tu as ri.

Les hommes partirent vers Sodome, dont le cri montait jusqu'à Dieu. Abraham plaida : ferait-il périr le juste avec le coupable ? De cinquante justes il descendit jusqu'à dix, et chaque fois Dieu promit d'épargner la ville.

Deux anges arrivèrent le soir à Sodome, et Lot les reçut. Tous les hommes de la ville entourèrent la maison et réclamèrent les étrangers pour en abuser. Les anges frappèrent la foule d'aveuglement. Comme Lot tardait, ils le prirent par la main avec sa femme et ses deux filles, et leur défendirent de regarder en arrière.

Dieu fit pleuvoir sur Sodome et sur Gomorrhe le soufre et le feu. La femme de Lot regarda derrière elle et devint une colonne de sel. Au matin, Abraham vit monter du pays une fumée de fournaise. Lot se réfugia dans une caverne avec ses deux filles. Se croyant seules au monde, elles enivrèrent leur père et conçurent Moab et Ben-Ammi, pères des Moabites et des Ammonites.

À Gérare, Abraham dit encore de Sara qu'elle était sa sœur, et le roi Abimélech la prit. Averti par Dieu en songe qu'il allait mourir, Abimélech la rendit intacte. Il combla Abraham de présents et lui ouvrit son pays.

Enfin Dieu visita Sara comme il l'avait dit. Elle enfanta un fils, qu'Abraham nomma Isaac. Abraham avait alors cent ans. Sara dit : Dieu m'a donné de quoi rire, et tous riront avec moi.

Quand Sara vit Ismaël jouer avec Isaac, elle exigea que la servante et son fils soient chassés. La chose déplut à Abraham, mais Dieu lui dit d'écouter sa femme : c'est par Isaac que passera ta descendance. Agar partit donc au désert avec du pain et une outre d'eau. Quand l'eau manqua, elle laissa l'enfant sous un arbuste et s'assit à l'écart pour ne pas le voir mourir. Mais Dieu entendit la voix de l'enfant et ouvrit les yeux d'Agar sur un puits. Ainsi Ismaël grandit au désert.

Abimélech vint faire alliance avec Abraham, car il voyait que Dieu était avec lui. Pour un puits que ses gens avaient pris de force, Abraham lui offrit sept brebis en témoignage. Ainsi ce lieu fut appelé Bersabée, le puits du serment.

Quatrième stade (XXII à XXV, 18). Après cela, Dieu éprouva Abraham : prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, et offre-le en holocauste sur la montagne que je t'indiquerai. Abraham se leva de bon matin et partit avec Isaac. Il chargea le bois sur son fils et prit les braises et le couteau. En chemin, l'enfant demanda où était l'agneau. Son père répondit : Dieu y pourvoira.

Sur l'autel, Abraham lia son fils et étendit sa main pour l'égorger. L'ange de Dieu l'arrêta : ne porte pas la main sur l'enfant. Je sais maintenant que tu crains Dieu, puisque tu ne m'as pas refusé ton fils unique. Abraham vit un bélier retenu dans un buisson et l'offrit à la place de son fils. Alors Dieu jura de multiplier sa descendance comme les étoiles du ciel et le sable de la mer.

Sara mourut à Hébron. Abraham acheta aux fils de Heth, en insistant pour payer, le champ et la caverne de Macpéla. Il y ensevelit sa femme.

Devenu vieux, il envoya son serviteur chercher pour Isaac une femme dans sa parenté. Près d'un puits, le serviteur demanda à Dieu un signe : que celle qui lui donnerait à boire et abreuverait ses chameaux fût celle destinée à Isaac. Rébecca parut et fit exactement cela. On lui demanda si elle voulait partir. Elle dit : j'irai. Isaac l'aima, et il fut consolé de la mort de sa mère.

Abraham prit encore une femme, Cétura, et en eut d'autres fils. Il les pourvut de dons et les éloigna d'Isaac, à qui il donna tout. Il mourut rassasié de jours. Isaac et Ismaël l'ensevelirent à Macpéla, auprès de Sara. Ismaël engendra douze princes.

II. Histoire d'Isaac

XXV, 19 à XXVIII, 9

Isaac épousa Rébecca, qui était stérile. Il pria, et Dieu l'exauça. Les enfants se heurtaient dans son sein, et Dieu lui répondit : deux nations sont dans ton ventre, et l'aîné servira le cadet.

Ésaü sortit le premier, roux et velu, et devint chasseur. Jacob vint après, tenant son talon, et resta sous les tentes. Isaac préférait Ésaü, et Rébecca Jacob. Un jour qu'Ésaü revenait des champs épuisé, Jacob lui vendit du potage contre son droit d'aînesse. Ésaü jura, mangea et s'en alla. C'est ainsi qu'il méprisa son droit d'aînesse.

Une famine survint. Dieu défendit à Isaac de descendre en Égypte et lui renouvela la promesse faite à son père. À Gérare, Isaac dit lui aussi que sa femme était sa sœur. Abimélech les surprit un jour et défendit à son peuple de toucher à cette femme.

Isaac sema et récolta le centuple, car Dieu le bénissait. Les Philistins, jaloux, comblèrent ses puits, et le roi le pria de s'éloigner. Isaac creusa puits après puits, cédant chaque fois qu'on les lui disputait. Le troisième ne fut pas disputé, car Dieu lui avait enfin donné du large. Abimélech vint alors faire alliance avec lui. Ésaü prit deux femmes héthéennes, qui furent l'amertume de ses parents.

III. Histoire de Jacob

XXVIII, 10 à XXXVI, 43

Isaac, devenu vieux et aveugle, demanda à Ésaü un plat de gibier pour le bénir avant de mourir. Rébecca entendit ces paroles. Dès qu'Ésaü fut parti, elle couvrit Jacob des vêtements de son frère et de peaux de chevreaux, et l'envoya avec le plat.

Isaac s'étonna : la voix est la voix de Jacob, mais les mains sont les mains d'Ésaü. Ne le reconnaissant pas, il mangea, puis le bénit. Il lui promit la rosée du ciel, la graisse de la terre et la domination sur ses frères.

Ésaü rentra alors, et Isaac fut saisi d'un grand tremblement. Ésaü poussa un cri amer, mais la bénédiction était donnée et elle tiendrait. Il ne reçut qu'une vie loin des terres grasses, par l'épée, au service de son frère. Ésaü résolut de tuer Jacob après le deuil de leur père. Rébecca l'apprit et pressa Jacob de fuir chez son frère Laban.

En chemin, Jacob vit en songe une échelle dressée de la terre au ciel, où montaient et descendaient les anges de Dieu. Dieu se tenait au sommet. Il lui renouvela la promesse et lui dit : je te ramènerai dans ce pays. Jacob dressa sa pierre en monument et appela ce lieu Béthel, la maison de Dieu. Il fit un vœu : si Dieu me ramène en paix, il sera mon Dieu, et je lui donnerai la dîme de tout.

Chez Laban, Jacob servit sept ans pour Rachel, et ces années lui parurent quelques jours tant il l'aimait. Mais au matin des noces, c'était Léa, la sœur aînée. Jacob s'en plaignit, et Laban répondit : on ne donne pas la cadette avant l'aînée. Il lui accorda Rachel une semaine après, contre sept autres années.

Léa n'était pas aimée. Elle enfanta Ruben, Siméon, Lévi et Juda. Rachel restait stérile. Elle donna sa servante à Jacob, et Léa fit de même. Les servantes donnèrent Dan, Nephthali, Gad et Aser. Léa enfanta encore Issachar et Zabulon, puis une fille, Dina. Enfin Dieu se souvint de Rachel, qui enfanta Joseph.

Jacob voulut alors repartir. Laban le retint en lui laissant pour salaire les bêtes tachetées, puis écarta du troupeau toutes celles qui l'étaient. Jacob usa de baguettes pelées aux abreuvoirs, et les bêtes vigoureuses naquirent tachetées. Il devint très riche, et le visage de Laban changea envers lui. Dieu lui dit de retourner au pays de ses pères. Il partit en secret, et Rachel déroba les idoles de son père.

Laban le poursuivit et le rejoignit dans la montagne. Mais Dieu l'avait averti en songe de ne rien lui dire. Il fouilla les tentes en vain, car Rachel s'était assise sur les idoles. Jacob s'emporta et rappela ses vingt années de service. Les deux hommes dressèrent un monceau de pierres pour témoin et se séparèrent en paix.

Apprenant qu'Ésaü venait à sa rencontre avec quatre cents hommes, Jacob eut grand peur. Il partagea les siens en deux camps, pria Dieu de le délivrer et envoya devant lui un présent, troupeau après troupeau.

Resté seul cette nuit-là au gué du Jaboc, Jacob lutta avec un homme jusqu'à l'aurore. Ne pouvant vaincre Jacob, l'homme lui toucha la hanche et la démit. Puis il dit : tu ne t'appelleras plus Jacob, mais Israël, car tu as lutté avec Dieu et avec les hommes, et tu as vaincu. Jacob appela ce lieu Phanuel, car il avait vu Dieu face à face et sa vie avait été sauve. Depuis ce jour, il boitait.

Ésaü courut à sa rencontre, se jeta à son cou, et tous deux pleurèrent. Il refusa d'abord le présent, puis l'accepta sur l'insistance de Jacob. Ésaü repartit vers Séir, et Jacob s'établit près de Sichem.

Là, Dina sortit voir les filles du pays. Sichem, le fils du prince, l'enleva et la déshonora. Puis il la demanda en mariage, offrant toute dot qu'on voudrait. Les fils de Jacob répondirent avec ruse : que tous les hommes de la ville se fassent circoncire. Le troisième jour, quand ils souffraient encore, Siméon et Lévi tuèrent tous les hommes. Leurs frères pillèrent la ville. Jacob leur reprocha de l'avoir rendu odieux au pays. Ils répondirent : traitera-t-on notre sœur comme une prostituée ?

Dieu fit monter Jacob à Béthel, où il bâtit un autel et enterra les dieux étrangers de sa maison. Dieu lui confirma son nom d'Israël et lui promit le pays.

En repartant, Rachel mourut en donnant le jour à Benjamin, sur la route de Bethléem. Ruben souilla la couche de son père. Jacob rejoignit Isaac à Hébron, où Isaac mourut, enseveli par ses deux fils. Ésaü s'établit dans la montagne de Séir, et sa descendance devint le peuple d'Édom.

IV. Histoire de Joseph

XXXVII, 1 à L, 26

Joseph avait dix-sept ans. Son père l'aimait plus que tous ses fils et lui fit une tunique de plusieurs couleurs, si bien que ses frères le haïssaient. Joseph raconta ses songes : leurs gerbes se prosternaient devant la sienne, puis le soleil, la lune et onze étoiles devant lui. Ils le haïrent davantage encore.

Jacob l'envoya vers ses frères au pâturage, et ils complotèrent de le tuer. Ruben obtint qu'on le jette vivant dans une citerne, comptant le sauver ensuite. Quand passa une caravane, Juda dit : vendons-le plutôt, il est notre frère. Joseph fut vendu vingt sicles d'argent et emmené en Égypte. Les frères trempèrent sa tunique dans le sang d'un bouc et l'envoyèrent à leur père. Jacob la reconnut, crut son fils dévoré et refusa d'être consolé.

En ce temps-là, Juda maria son aîné à Thamar, mais celui-ci mourut. Le second devait donner une descendance à son frère. Il s'y déroba et mourut aussi. Craignant pour le troisième, Juda renvoya Thamar sans le lui donner. Alors Thamar se voila et s'assit au bord du chemin. Juda la prit pour une prostituée et lui laissa en gage son cachet et son bâton. Quand on lui rapporta que sa belle-fille était enceinte, il la condamna au feu. Elle produisit alors le gage. Juda le reconnut et dit : elle est plus juste que moi, car je ne lui ai pas donné mon fils. Elle enfanta des jumeaux.

En Égypte, Putiphar acheta Joseph. Dieu était avec lui, et son maître lui confia toute sa maison. Or Joseph était beau, et la femme de Putiphar voulut coucher avec lui. Il refusa : comment pécherais-je ainsi contre Dieu ? Un jour, elle le saisit par son vêtement. Il s'enfuit en le lui laissant, et elle s'en servit pour l'accuser. Putiphar le jeta en prison.

Là encore, Dieu était avec Joseph, et le chef de la prison lui confia tous les détenus. L'échanson et le panetier de Pharaon, tombés en disgrâce, y firent chacun un songe. Joseph dit : les explications appartiennent à Dieu. L'échanson serait rétabli dans trois jours, et le panetier pendu. Il en fut fait selon ses paroles, mais l'échanson oublia Joseph.

Deux ans après, Pharaon songea que sept vaches maigres dévoraient sept vaches grasses, et sept épis vides sept épis pleins. Nul ne sut l'expliquer. L'échanson se souvint alors de Joseph, qu'on tira de prison en hâte. Joseph dit : la réponse n'est pas en moi, mais en Dieu. Sept années d'abondance viendraient, puis sept années de famine si dures que l'abondance serait oubliée. Il conseilla de prélever le cinquième des récoltes pendant les bonnes années.

Le conseil plut à Pharaon. Trouverait-on un homme comme celui-ci, ayant en lui l'esprit de Dieu ? Il donna à Joseph son anneau et le commandement de toute l'Égypte. Joseph avait trente ans. Il amassa du blé comme le sable de la mer, et il eut deux fils, Manassé et Éphraïm.

La famine fut ensuite sur tous les pays, et de partout on venait acheter du blé en Égypte. Jacob envoya ses dix fils, mais garda Benjamin. Ils se prosternèrent devant Joseph, qui les reconnut sans être reconnu. Il les accusa d'espionnage, retint Siméon et exigea qu'on lui amenât le plus jeune. Puis il fit remettre leur argent dans leurs sacs. Se croyant punis par Dieu, ils s'épouvantèrent en le découvrant.

La famine durant, Juda se porta garant de Benjamin, et Jacob céda. Joseph les reçut chez lui et sortit pour pleurer en voyant son frère. Au départ, il fit cacher sa coupe d'argent dans le sac de Benjamin, puis les fit poursuivre. La coupe trouvée, tous revinrent désespérés. Alors Juda s'avança : le vieux père mourrait de perdre l'enfant. Il s'offrit comme esclave à la place de Benjamin.

Joseph ne put se contenir davantage. Il pleura si fort que la maison de Pharaon l'entendit, et il dit : je suis Joseph, votre frère, que vous avez vendu. Ce n'est pas vous qui m'avez envoyé ici, mais Dieu, pour vous conserver la vie. Il les pressa de ramener leur père, car il restait cinq années de famine.

Pharaon s'en réjouit et les invita tous. À Bersabée, Dieu dit à Jacob de ne pas craindre : je te ferai là-bas devenir une grande nation, et je t'en ferai remonter. Soixante-dix personnes entrèrent au pays de Gessen. Joseph pleura longtemps au cou de son père, et Jacob bénit Pharaon.

La famine s'aggravant, Joseph acquit pour Pharaon tout ce que possédait l'Égypte. L'argent puis les troupeaux, les terres et les hommes mêmes passèrent au roi, contre du pain. Seules les terres des prêtres restèrent libres. Israël s'établit en Gessen et s'y multiplia beaucoup.

Sentant sa fin, Jacob fit jurer à Joseph de l'ensevelir auprès de ses pères. Il adopta Éphraïm et Manassé, et croisa ses mains pour bénir le cadet avant l'aîné. Joseph voulut corriger le geste, mais son père refusa : je sais ce que je fais. Le plus jeune deviendra plus grand.

Puis Jacob assembla ses fils et annonça à chacun ce qui l'attendait. Ruben perdit son rang d'aîné, Siméon et Lévi furent dispersés pour leur violence, et Juda reçut le sceptre avec la soumission de ses frères. Joseph reçut les bénédictions du ciel et de l'abîme, et chacun des autres eut sa parole. Puis Jacob retira ses pieds dans le lit et expira. Un grand cortège l'ensevelit à Macpéla, auprès d'Abraham et d'Isaac.

Après ce deuil, les frères craignirent la vengeance de Joseph et se dirent ses serviteurs. Il pleura et répondit : suis-je à la place de Dieu ? Vous aviez médité le mal, mais Dieu l'a changé en bien, pour sauver la vie à un peuple nombreux. Et il parla à leur cœur.

Joseph vécut cent dix ans et vit les fils de ses petits-fils. Avant de mourir, il fit jurer d'emporter ses ossements quand Dieu ramènerait ses frères au pays promis. On l'embauma, et on le déposa dans un cercueil, en Égypte.

Le résumé suit l'ordre du texte, sans commentaire ni interprétation. Aucun épisode n'a été supprimé. La note d'établissement, qui détaille l'édition retenue et les partis pris, accompagne le fichier de travail.

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